Sur le vif - Page 12

  • Thuringe : les leçons d'un scrutin

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    Sur le vif - Lundi 28.10.19 - 05.33h

     

    Avec quelque 24% des voix pour l'AfD et plus de 29% pour Die Linke (gauche radicale), le Land de Thuringe écrit une nouvelle page dans l'Histoire politique de l'Allemagne. La CDU, parti de la Chancelière Merkel, est complètement larguée. Et devient une formation de second plan.

    J'expliquais ici même, avant-hier, les raisons de l'immense colère sociale, confinant parfois au désespoir, dans ce Land de l'ex-DDR, riche d'une culture et d'une Histoire incomparables, que j'ai la chance de bien connaître. Nous sommes sur les terres de Martin Luther, de Jean-Sébastien Bach, des mille feux de Weimar.

    À chaque élection régionale, c'est le même scénario : les deux partis qui ont fait l'Allemagne de l'après-guerre, CDU/CSU (le parti de Konrad Adenauer) et SPD (le parti de Willy Brandt), disparaissent un peu plus dans le paysage politique. Au contraire, une droite plus nationale et une gauche plus radicale émergent, chaque fois plus haut.

    La nouvelle donne politique des Allemagnes, c'est cela. Cette montée inexorable de fronts plus tranchés nous ramène dans une situation beaucoup plus proche de 1919 que des années de quiétude politique de l'après-guerre, lorsqu'il fallait filer doux.

    À partir de là, rien de plus spécieux, rien de plus ridicule, que de crier au populisme, brandir les années trente, prendre les Allemands de haut parce qu'ils voteraient mal. Les habitants du Land de Thuringe n'ont de leçons à recevoir de personne. Ce sont eux qui souffrent de la politique de Mme Merkel, eux qui n'ont ni emploi, ni avenir, ni la protection sociale des années DDR, dont les aînés ont la nostalgie. Ce sont eux qui ont subi de plein fouet les effets de la politique migratoire de l'automne 2015. Eux qui n'arrivent pas à joindre les deux bouts.

    Mais ces gens de la Thuringe, je les connais. Même chez les plus déshérités, demeure un trésor, intime et partagé : l'appartenance à la communauté allemande, la Gemeinschaft. Il leur reste la patrie. Et cela, nulle politique ultra-libérale, nul capitalisme brutalement importé de l'Ouest, nulle déchirure de la cohésion sociale ne pourra le leur ôter.

    Au pays de Luther et de Bach, il existe d'autres valeurs que celles du marché. Il existe la puissance du verbe, et celle de l'esprit. Les Allemagnes ont connu la Guerre des Paysans, le Sac du Palatinat, la destruction totale du pays en 1648 (Guerre de Trente Ans), puis celle de 1945. Mais dans l'ordre du verbe et celui de l'esprit, elles n'ont jamais capitulé.

    Cette nouvelle donne, à chaque élection régionale, tentons de la comprendre en profondeur, plutôt que la juger à l'emporte-pièce. Pour cela, il faut lire et se renseigner. Cela prend des années, des décennies. Cela occupe une vie. Les enjeux de la connaissance passent par le sacrifice du temps et l'énergie de l'esprit.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Mathias et les huîtres

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    Sur le vif - Dimanche 27.10.19 - 10.19h

     

    Mathias Reynard : je ne suis quasiment d'accord avec aucune de ses idées. Mais comment ne pas reconnaître chez cet homme, encore si jeune, un tempérament politique de premier plan ? Du courage. De la clarté. De la lucidité dans le combat. Il aurait totalement sa place aux États.

    En cela, même si ses propos récents relèvent d'une atavique fureur à affaiblir l'ennemi "majoritaire", vieille tactique tellement lisible et prévisible, mon illustre homonyme de Martigny n'a, sur le fond, pas tort.

    En politique, aux États plus que partout ailleurs, il faut de puissantes personnalités. Le jeune Saviésan en est une. Taillée dans le roc. Ça nous change du charisme des huîtres. A Genève, nous pouvons envier le Valais d'avoir encore, dans la course à la Chambre des Cantons, des candidats dotés d'une telle ardeur combative.

    Je ne suis quasiment d'accord avec aucune des idées de Mathias Reynard. Mais il fait partie, par son courage et son aptitude au combat, de ceux qui me donnent encore envie d'aimer la politique.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Seuls, les Verts ne peuvent rien !

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    Sur le vif - Samedi 26.10.19 - 15.55h

     

    Que nous soyons, dans les quatre ans qui viennent, écrasés de taxes idéologiques, ou non, ne dépend absolument pas des seuls Verts. Aux élections de dimanche dernier, ils ont certes progressé. Mais 28 sièges sur 200, à ma connaissance, ne représentent pas une majorité.

    Donc, notre avenir fiscal, enfer ou non, dépend de qui ? Non des Verts, dont on connaît la chanson. Mais des autres partis du Parlement fédéral, principalement le PLR et le PDC.

    On peut imaginer que l'UDC ne les votera pas, ces taxes. Et puis, on peut supputer que le reste de la gauche, le PS notamment, les votera. Les Verts libéraux, ça dépendra. Bref, le PLR et le PDC, la bonne vieille droite classique, traditionnelle, bien sage et bien présentable, la droite des notables convenables, en costumes et cravates, aura à jouer beaucoup plus qu'un rôle d'arbitre : elle portera la responsabilité des votes.

    Sans ces partis, les Verts, au Parlement, ne sont rien. Sans eux, les taxes sont mortes. Seulement voilà, ces deux partis sont rongés, notamment le PLR, par l'idée de mimer à tout prix le climatisme ambiant. J'ai maintes fois souligné ici, pendant la campagne, à quel point ce petit jeu était perdant, l'électeur préférant l'original à la copie.

    Mais ils sont tombés dans le panneau : plus Verts que les Verts, plus climatiques que le plus apocalyptique des prophètes, ils ont passé leur temps à brasser les thèmes de leurs adversaires, au lieu de traiter en priorité les leurs.

    S'ils continuent, pendant quatre ans, à se laisser tétaniser par ce qui n'aura été que la mode d'un moment, au lieu de se concentrer sur les fondamentaux de leurs propres idéologies politiques, alors non seulement nous aurons les taxes. Mais eux, partis qui ont fait la Suisse, se perdront eux-mêmes. Est-ce là leur dessein ? La balle est dans leur camp.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Thuringe : l'Apocalypse, ils connaissent !

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    Sur le vif - Samedi 26.10.19 - 07.26h

     

    Dans le Land de Thuringe, ex-DDR, que j'ai la chance de bien connaître, les élections de demain pourraient bien engendrer, elles aussi, une vague, ou une déferlante.

    Et cette vague, si elle advient, ne sera pas celle de bobos urbains qui veulent asperger le peuple de taxes. Parce que l'Apocalypse, en Thuringe, ils ont déjà donné, il y a 74 ans. Et puis, il y a 30 ans, le miracle de la Réunification, ils n'en ont strictement rien vu, à part quelques spéculateurs, qui en ont profité en collaborant avec l'Ouest conquérant. Eux se sont enrichis, mais pas le peuple.

    Au pays de Luther et de Jean-Sébastien Bach, ce sommet de culture et de civilisation au centre de l'Europe, des catégories entières de la population, immenses, n'ont plus ni avenir ni espoir. Le libéralisme triomphant, importé d'un coup de l'Ouest, leur a tout pris. Même leur passé. Même leur mémoire.

    Pour ces gens-là, en Thuringe, en Saxe, en Prusse, Mme Merkel, pourtant native de la DDR, n'a strictement rien fait. En accordant une massive priorité, à l'automne 2015, à une altérité, extérieure à la Communauté germanique, elle a commis une erreur majeure. Elle a sacrifié la cohésion sociale allemande, si importante depuis Bismarck, sur l'autel de son prestige international, à elle. Bref, elle a fait du Stresemann.

    Gustav Stresemann, l'une des figures majeures de la République de Weimar (1919-1933), c'est le brillant ministre qui voulait plaire a la France, plaire à la SDN, plaire au monde, quand les populations allemandes étouffaient sous le poids des Réparations de Guerre, imposées par l'odieux Traité de Versailles (1919). Et quand la France occupait la Rhénanie. Dans l'âme meurtrie des Allemands, la colère fulminait, Stresemann ne voulait pas la voir. Il avait voulu jouer l'image extérieure, contre la Gemeinschaft.

    En Thuringe, pays de la Wartburg, coeur vibrant de l'identité historique, littéraire et musicale des Allemagnes, fin octobre 2019, ce ne sont pas les prophètes d'Apocalypse qui ont la cote. Mais ceux qui défendent la priorité indigène à l'emploi, le retour à un Etat social, fierté des Allemagnes depuis Bismarck, le primat de la communauté allemande, la Gemeinschaft, sur le cosmopolitisme.

    Les enjeux de l'élection de demain, dans le Land de Thuringe, sont autrement signifiants, pour l'avenir de l'Europe, que la vague de mode, en Suisse, dimanche dernier.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Ils se feront vite détester !

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    Sur le vif - Vendredi 25.10.19 - 18.40h

     

    Une vague politique n'est jamais que l'effet lunaire d'un moment de grâce. Elle déboule, déferle, et puis un jour vient le reflux. De la vague poujadiste de 1956, en France, à la vague socialiste de 1981, ou la vague bleu horizon de 1919, ou celle de juin 1968, cette loi mécanique de la politique se vérifie, toujours.

    La vague Verte est là, c'est vrai. Encore faut-il relativiser : l'UDC demeure, de très loin, le premier parti du pays. Et seuls, les Verts ne pourront pas faire grand-chose.

    Mais enfin, ils sont là. Si la législature 2019-2023 consiste, pour eux, à se comporter comme des ayatollahs, imposer à tous leur vision d'Apocalypse, faire la morale au pays tout entier, négliger le social au profit du sociétââââl, taxer tous azimuts, punir, menacer, alors le reflux surgira beaucoup plus vite que prévu. Et les mêmes, envoyés à Berne cet automne suite à une campagne d'enfer, seront les premiers à se faire détester dans l'ensemble du pays. De leur stratégie 2019, on ne verra plus que la ficelle. De leurs discours, on ne déduira plus que l'aubaine d'avoir été les prophètes de la peur.

    La vague aura passé. La politique suisse demeurera. Avec ses fondamentaux : nécessité de cohésion sociale, respect entre parties du pays, besoin absolu de justice fiscale, souci des plus démunis. Cela s'appelle le social. C'est peut-être, ces jours, moins vendeur que le climat. Mais ce sont les valeurs auxquelles moi, je crois dur comme fer. Et je n'ai aucune intention, sous prétexte d'une marée de mode, d'en changer.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • PLR ou UDC : il faut choisir !

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    Sur le vif - Vendredi 25.10.19 - 08.03h

     

    08.03h - Entre les deux candidats proposés en commun par les Jeunes PLR et les Jeunes UDC à Genève, il y a le fossé de la libre circulation, de nos relations avec l'Union européenne, de la notion de frontière, et donc finalement de la souveraineté de la Suisse, en tant que nation.

    Ce fossé est infranchissable. On ne peut être à la fois d'un côté, et de l'autre. Entre la Suisse du libre-échange et celle du protectionnisme, il faut choisir. Entre l'ouverture des frontières et le contrôle des flux migratoires, il faut choisir. Entre le cirage de pompes aux multinationales et le retour à une économie de proximité, au service des PME suisses, il faut choisir.

    Entre la mort des paysans suisses, à cause des Accords de libre-échange, et leur survie, il faut choisir. Entre la mise au chômage des travailleurs suisses à cause de la concurrence importée et sous-payée, et la préférence indigène, il faut choisir.

    Entre Céline Amaudruz et le candidat du PLR, il faut choisir.

    Dans leur louable souci de droite élargie, Jeunes PLR et Jeunes UDC veulent concilier l'inconciliable. Il existe une autre solution à droite : avoir le courage de choisir. Pour que le décompte des voix de chacun, au soir du 10 novembre, représente le nouvel indicateur, pur et cohérent, des rapports de forces au sein des droites genevoises.

    Oui, il faut avoir le courage de choisir. Quand, mais quand donc, l'UDC genevoise s'affranchira-t-elle de son vieux complexe d'infériorité, à la fois métayer et subalterne, avec le parti du libre-échange et des frontières grandes ouvertes ? Un parti qui ne cesse de la traiter en soubrette. Le 10 novembre, il ne faudra pas composer, mais trancher. Mettre fin au complexe du strapontin, ébloui par la lumière de la loge.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • La vie des gens

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    Sur le vif - Dimanche 20.10.19 - 10.25h

     

    Si la législature fédérale qui s'annonce n'empoigne pas, en absolue priorité, la question des classes moyennes, étranglées d'impôts et de taxes, alors la Suisse sera amenée à vivre des troubles sociaux de grande envergure, comme elle n'en a plus connus depuis novembre 1918.

    Ca n'est pas le prolétariat, depuis 230 ans, qui fait les Révolutions en Europe. Ce sont les classes moyennes, lorsqu'elles se sentent prises à la gorge, privées d'avenir, par un système qui les étouffe. Elles travaillent, on leur prend tout. La Ferme générale, incarnée aujourd'hui par les assureurs, se charge de leur arracher leurs ultimes plumes. Ne parlons pas de la détresse de certains de nos paysans.

    C'est cela, l'enjeu de la législature 2019-2023. En comparaison, savoir si le parti A pique trois points au parti B, ne relève que du Monopoly des factions, des ambitions fragmentées des uns et des autres.

    Pour ma part, observateur passionné de la vie et de l'Histoire politiques et sociales de mon pays, je passerai ces quatre
    prochaines années, si la vie m'est prêtée, à m'intéresser de toutes mes forces aux thèmes qui touchent en profondeur la vie des gens. Cela va des soins dentaires aux primes maladie, en passant par les retraites, le prix de l'essence, celui des denrées alimentaires, celui des médicaments.

    Le jeu des personnes et des chaises musicales, j'ai donné.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • L'intérêt supérieur de la nation

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    Sur le vif - Samedi 19.10.19 - 10.54h

     

    Pendant toute cette campagne électorale, dès la rentrée du 26 août, j'ai mis l'accent, infatigablement, sur les thèmes suivants :

    * Cohésion sociale en Suisse, justice fiscale, solidarité entre générations, entre riches et pauvres, entre régions du pays.

    * Système de santé. Indispensables réformes.

    * Primes maladie, préoccupation no 1 de nos compatriotes.

    * Consolidation de notre système de retraites. Renforcement de l'AVS, fleuron de nos assurances sociales.

    * Statut des seniors. Solitude des personnes âgées. Nécessité de les garder à tout prix dans la communauté vivante qui est nôtre.

    * Formation et emploi des jeunes. Valorisation de l'apprentissage. Formation continue, toute la vie.

    * Absolue nécessité de protectionnisme pour notre agriculture et notre viticulture. Valorisation du terroir, souveraineté alimentaire, consommation locale, solidarité envers nos paysans.

    * Prix des médicaments.

    * Prix de l'essence.

    * Soins dentaires.

    * Classe moyenne, thème sur lequel j'ai multiplié débats, éditos, prises de position personnelles.

    * Étranglement fiscal de ceux qui travaillent. Notre système taxe beaucoup trop le revenu sur le labeur. La classe moyenne suisse étouffe ; un jour elle se révoltera.

    * Paperasserie et taxes, à n'en plus finir, pour les PME. Je sais de quoi je parle. Il en faut, du courage, de la persévérance, pour être entrepreneur.

    Tels furent, parmi d'autres, les thèmes que j'ai brassés, dans des débats ou des réflexions personnelles, dans la campagne. Sans me soucier des modes, ni des pressions. En radiographiant ce pays où je suis né, où je vis depuis six décennies, dont j’étudie et scrute l'Histoire et la sociologie politique depuis plus de 33 ans que je suis journaliste professionnel.

    J'ai privilégié les thèmes de la structure profonde du pays. J'ai écouté les souffrances de nos compatriotes. J'ai toujours privilégié le SOCIAL sur le sociétââââl.

    A partir de là, votez pour qui vous voulez. Pour ma part, je ne suis candidat à aucun poste politique, ne l'ai jamais été. La démocratie élective ne m'intéresse que moyennement, parce qu'elle met l'accent sur les personnes. Je lui préfère mille fois la démocratie directe, vivante, intégrale, parce qu'elle est centrée sur des THÈMES, d'intérêt public.

    Non pour faire triompher telle loge, tel parti, telle chapelle, telle coterie, telle faction. Mais pour servir le seul dessein qui m'intéresse comme citoyen : l'intérêt supérieur de la nation.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Les structures, on s'en fout !

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    Sur le vif - Vendredi 17.10.19 - 05.47h

     

    Le DIP peut phosphorer tant qu'il veut sur les structures, regroupement X contre regroupement Y, tronc commun, modèle A contre modèle B, il suffit d'une affaire comme celle du C.O. Renard pour annihiler comme vaines toutes ces puissantes cogitations.

    L'enseignement a besoin de confiance, de sérénité, d'autorité. Le lien, magique, entre maître et élève, est la clef de toutes choses. Il y faut la passion de transmettre, du charisme (eh oui !), un don de soi, un humanisme dans l'approche du savoir.

    Là sont les enjeux, où la relation humaine est centrale. L'enseignement n'est pas une science. Tous ne sont pas égaux dans le don de communiquer. L'obsession structurelle des éternels réformateurs camoufle leur incapacité à saisir cet essentiel, aussi intime qu'invisible.

    Tant qu'éclateront des affaires comme celle du C.O. Renard, où des profs sont physiquement attaqués par des élèves, les discours sur les structures, et sur la énième réforme d'une machine à Tinguely, demeureront parfaitement inaudibles.

    Aucune table ronde, aucune commission inter-partis, aucune recherche de consensus pour s'assurer le succès d'un projet de loi, n'aura le moindre crédit, tant que l'autorité, la confiance, le respect, mais aussi la joie métaphysique de la transmission, ne seront pas au rendez-vous.

    Et ça n'est ni une question de nombre de postes, ni de dotations financières. Le DIP dispose largement des moyens. À lui de mettre de l'ordre dans ses structures, privilégier le front contre les états-majors, dégager des priorités, placer la relation humaine de transmission au centre de tout. C'est cela, la grande idée de l'école. Les structures, on s'en fout.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Weltwoche Nr 42 - Hölderlin, Handke !

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    Kurz und klar, Donnestag, den 17.10.19 - 13.44 Uhr


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    Weltwoche von heute, Donnerstag, den 17. Oktober 2019 - Vier Seiten über Friedrich Hölderlin (250. Geburtstag am nächsten 20. März, 2020, und jetzt eine grandiose Biografie von Rüdiger Safranski, die ich so früh wie möglich lesen werde). Und zwei Seiten über Nobelpreis Peter Handke. An alle diejenigen, die sich für die deutsche Literatur interessieren, möchte ich diese Nummer 42 herzlich empfehlen !

    Pascal Décaillet

    PS - Eine Erinnerung, natürlich (wie könnte es anders sein ?), an meinen ehmaligen Professor Bernhard Boeschenstein (1931-2019). Von ihm - und niemandem anderen - hatte ich zum ersten Mal, Ende 1976, von Friedrich Hölderlin gehört. Dafür, auch für Paul Celan, bleibe ich diesem unvergleichbaren Germanist ewig dankbar.
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  • Verts : l'insoutenable légèreté !

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    Sur le vif - Jeudi 17.10.19 - 08.40h

     

    Hallucinante irresponsabilité financière des Verts ! Ils refusent le budget, non parce que ce dernier est déficitaire et creuse la dette, ce qui serait une sérieuse raison. Mais parce qu'on ne DÉPENSE pas assez pour le climat !

    Mais dans quel monde vivent-ils ? Sur quelle planète ? Quel respect ont-ils de l'argent des contribuables ? Quelle considération portent-ils aux classes moyennes, prises à la gorge par une fiscalité totalement confiscatoire ? Quelle attention vouent-ils aux petits indépendants, qui payent seuls l'intégralité de leur AVS, financent seuls leurs retraites, et en plus doivent payer celles des fonctionnaires, oui les centaines de millions de la CPEG !

    Portés par la mode et le tintamarre climatique de cet automne de folie électorale, les Verts vont marquer des points dimanche. Oui, ce parti-là, avec son insoutenable légèreté !

    Certains, éternellement habités par l'attrait du pouvoir, la tiédeur courtisane, le doux zéphyr des modes, les cajolent et les encensent. Eh bien moi, au moment où ils vont pavaner, je demeure fidèle à mes valeurs. J'ose dire qu'ils ont éhontément récupéré le thème climatique pour engranger des voix, comme ils l'avaient fait avec Fukushima en 2011. Je le dis, parce que c'est tout simplement la vérité.

    Parce que pour ma part, je n'ai jamais cherché, de toute ma vie, ni à être élu, ni surtout à plaire à qui que ce soit. Je dis ce que je pense, ce à quoi je crois. Et rien, ni personne, ni les censeurs, ni les millions parfumés du Grand Horloger, ni les pressions des Frères, ni les manigances des réseaux de l'ombre, ne pourront m'en empêcher.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Serge Dal Busco : en progrès !

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    Sur le vif - Mercredi 16.10.19 - 09.49h

     

    Les mesures annoncées par Serge Dal Busco sur la "mobilité douce" (je mets toujours des guillemets autour de la novlangue que veulent imposer les Verts) vont dans le bon sens.

    Elles favorisent les pistes cyclables, ce qui est très bien. Pour autant, elles ne bannissent pas un trafic motorisé privé qui a parfaitement le droit à l'existence, et a été avalisé par le libre choix du mode de transport, voté par la population.

    Là, le ministre des Transports fait juste. Il me plaît de le relever, les signaux de ces derniers mois ayant été très inquiétants, tant ils donnaient de gages à certains ayatollahs anti-voiture, et tant ils donnaient l'impression de trahir les engagements historiques de l'Entente en termes de mobilité.

    Surtout, il émane de ces mesures un bon sens, une modération, une prise en compte du concret et des besoins réels des usagers, qui tranchent avec la guerre de religion dans laquelle les ayatollahs, justement, voudraient tant enfermer la classe politique.

    M. Dal Busco, cette fois, votre ductilité aura été utile au bien commun.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Climat : on nous somme, on nous assomme !

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    Sur le vif - Mardi 15.10.19 - 13.47h

     

    Que restera-t-il, dans dix ans, vingt ans, du prodigieux tintamarre climatique de cet automne électoral suisse ? Dans cinq jours, bien sûr, les Verts marqueront des points, comme il y a huit ans, lorsqu'ils avaient exploité à fond l'affaire de Fukushima. Les Verts sont un parti respectable, mais ils sont un parti comme un autre, habités par les mêmes ambitions, le même démon du pouvoir, les mêmes rivalités internes, que n'importe quelle autre formation. Ils en ont le droit, c'est le jeu, mais de grâce, qu'ils nous épargnent le coup de la "politique autrement", où ils seraient les agents du Bien, et leurs adversaires, ceux du Mal.

    La politique est une affaire temporelle. Elle amène des sociétés humaines à se donner des lois, qui ne valent pas pour l'éternité, ni face au Ciel, ni surtout pour l'universalité de la planète, mais pour un territoire donné, délimité par des frontières, dont les habitants partagent une communauté d'appartenance, déterminée par l'Histoire, les guerres, les traités, le rapport à la langue, à la littérature, à la culture. La politique est l'affaire de Créon, pas celle d'Antigone.

    Comme maintes fois dit, il ne s'agit pas de nier la question climatique. Ni la nécessité de protéger notre planète. Mais on peut aborder ces questions dans l'ordre d'une rationalité temporelle, où on discute, confronte des arguments, c'est cela la politique.

    Hélas, dans l'affaire climatique, nous ne sommes plus dans cette disputatio, où le choc idées, comme celui de deux silex, produit des étincelles de lumière. Non, nous sommes dans la religion. On ne nous propose pas de suivre des pistes, on nous somme, et bien souvent, on nous assomme. Celui qui, par aventure, ne suivrait pas le dogme (prétendument démontré, ah la perversité de la "science" !), se trouve immédiatement exclu du champ. Sur lui, l'anathème. On le traite de négationniste. On le qualifie, lui, on lui jette une étiquette, on s'évite ainsi la contre-argumentation. Ce procédé porte un nom : il est celui de l'Inquisition.

    Dans dix ans, vingt ans, d'autres jetteront un œil critique, avec la distance de l'Histoire, sur cet automne de folie autour d'un thème unique, en Suisse.

    Dans dix ans, vingt ans, les grandes souffrances sociales d'aujourd'hui, autour des primes d'assurance maladie, de la santé, des retraites, du prix des médicaments, de la solitude des aînés, du lâchage de nos paysans, comment seront-elles considérées ?

    Dans dix ans, vingt ans, se rendra-t-on compte, enfin, de l'immense effet de paravent du thème unique climatique, pour mieux laisser dans l'ombre les questions premières, qui ne sont pas théologiques, mais temporelles ? Elles ne sont pas célestes, ni cosmopolites. Mais propres à des terroirs déterminés, à l'organisation de sociétés, nommées nations, délimitées par des frontières, avec responsabilité de cohésion sociale.

    Dans cet immense effet de paravent, les bobos libertaires auront, une nouvelle fois, été les alliés objectifs des ploutocrates et des possédants. Contre une classe moyenne qui, elle, prise à la gorge, demeure le grand acteur, invisible et muet, des tragédies qui se préparent.

     

    Pascal Décaillet

     

     
     
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  • Cher Willy

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    Sur le vif - Dimanche 13.10.19 - 14.49h

     

    Cher Willy, je vous apprécie au plus haut point. Votre combat, celui de la paysannerie pour l'alimentation de proximité, la qualité des produits du terroir, le lien de confiance entre une population et ses agriculteurs, est juste et bon. Il est l'une des grandes batailles de notre époque, l'un des enjeux majeurs de nos sociétés européennes.

    Votre candidature aux Etats, qui porte ces valeurs, va dans le bon sens. Juste dommage que l'actuel système écrase les voix minoritaires, les indépendants, les solitaires : ils sont pourtant le sel et la vie, dans l'ordre de l'engagement et des idées. Il faudra modifier en profondeur ce système, qui favorise les grégaires, les partis, les corporations, les associations, les courtisans, les grimpaillons. Vivent les solitaires, vivent les solaires, dans leur joie parfois désespérée !

    Je dis donc "Vive Willy Cretegny", ouvreur de voies, candidat solide, plein de bon sens et d'humanité. Mais au même Willy, je dis "Arrêtez votre grève de la faim !". Ce procédé excessif me fait toujours peur, il joue avec la santé, avec la vie, qui sont des biens trop précieux. Je sais à peu près de quoi je parle. Je l'avais dit, exactement en ces termes, il y a quelques années, à Stéphane Valente, lors de sa grève de la faim contre les citernes de Vernier, autre combat honorable.

    Genève a besoin d'un Willy Cretegny en pleine forme. Avec son sourire, sa bonne humeur, sa formidable vitalité. Genève et la Suisse ont besoin, plus que jamais, d'hommes et de femmes comme Willy Cretegny, surgis de la terre, respectueux des cycles, amoureux de l'environnement, sans pour autant jouer les Philippulus d'Apocalypse.

    Alors, Cher Willy, je vous invite à manger une bonne assiette, avec un bon verre de rouge. Et à reprendre le combat. Le débat politique a besoin de vous.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Réunification : on a humilié les Allemands de l'Est !

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    Sur le vif - Samedi 12.10.19 - 10.21h

     

    Je ne me suis pas réjoui lorsque le Mur de Berlin est tombé, le 9 novembre 1989. D'abord, très concrètement, parce que je n'en ai, sur le moment, pas eu le temps : j'ai été préposé, jusqu'à deux ou trois heures du matin, à traduire les discours de MM Kohl et Genscher pour la Matinale du lendemain. J'ai adoré faire ça, d'ailleurs.

    Je ne me suis pas réjoui, parce qu'il était évident qu'un pays souverain qui m'était cher (malgré son régime, sa police politique, la vétusté des infrastructures, l'absence de liberté d'expression face au Parti, tout ce qu'on voudra), et dont j'avais lu avec passion les écrivains, allait, non pas "se réunifier" avec l'Ouest, mais purement et simplement disparaître.

    Cela s'est produit, au-delà de tout ce qu'on aurait pu imaginer. Ce qu'on appelle "réunification" n'a rien été autre, en réalité, qu'un phagocytage pur et simple de la DDR par le glouton Kohl, Rhénan détestant l'Est, suppôt de l'atlantisme et des intérêts américains en Europe, anti-communiste viscéral, comme l'avaient été, avant lui, le Chancelier Adenauer (1949-1963) et le Taureau de Bavière, le Ministre-Président Franz Josef Strauss.

    Immense admirateur des deux Chanceliers ayant immédiatement précédé Kohl, les sociaux-démocrates Willy Brandt (1969-1974) et Helmut Schmidt (1974-1982), comment aurais-je pu vouer la moindre estime à un Helmut Kohl qui, sous prétexte "d'aller vite" et saisir le vent de l'Histoire , a traité ses partenaires de la DDR, en 1989-1990, avec le même mépris qu'on trouverait, chez un aristocrate milanais, pour un travailleur agricole du Mezzogiorno, Pouilles ou Calabre.

    On le sait maintenant, Kohl s'est comporté de manière parfaitement immonde avec le gouvernement est-allemand chargé de négocier avec lui la réunification. Complice et valet des Américain, il a traité ses frères allemands en vaincus du capitalisme triomphant. Il fallait faire vite, liquider la DDR, l'avaler tout cru, l'acheter avec les milliards de l'Ouest, passer en pertes et profits le système social de ce pays. Ne parlons pas de ce que l'Allemagne de l'Est avait fait pour la culture, Kohl n'en avait sans doute jamais entendu parler.

    Si le Rhénan Kohl s'était contenté d'envoyer aux oubliettes un régime communiste que peu regretteront, ce serait une chose. Mais, sous-estimant totalement les questions nationales internes aux équilibres des Allemagnes, il a surtout humilié deux nations, la Prusse et Saxe. La première, croyez-moi, n'est pas morte. Tout au plus a-t-elle subi, juste après la guerre, une damnation de mémoire dont elle se remettra, un jour ou l'autre. On ne gomme pas ainsi une aussi grande nation, ayant joué un tel rôle en Europe depuis Frédéric II (1740-1786).

    Les Allemands qui, aujourd'hui, habitent sur les territoires historiques de la Prusse, de la Saxe et de la Thuringe, aspirent à être reconnus dans leur dignité nationale. Dans ces régions, en Saxe notamment, subsistent de terribles îlots de pauvreté. Chômage, aide sociale, immense précarité : ce sont les grands oubliés du capitalisme brutalement imposé, de l'Ouest, par la réunification. Beaucoup d'entre eux, parmi les aînés, regrettent la DDR, son système social. Le miracle libéral, il ne l'ont vu passer que par-dessus leurs têtes, tout là-haut, chez les spéculateurs qui s'enrichissaient en collaborant avec l'Ouest.

    Ce sont ces oubliés-là, de tous âges, qui aujourd'hui disent leur colère dans les Länder de l'ex-DDR. Parce que pour eux, rien n'a été fait. L'ogre Kohl, le glouton, n'aura été qu'un marchand d'illusions, distributeurs des capitaux de l'Ouest à quelques-uns, oubliant les autres, se souciant comme d'une guigne de la cohésion sociale allemande, de l'équilibre et du respect entre les différents corps des Allemagnes.

    Il est temps, aujourd'hui, de parler de la réunification avec les éléments critiques que l'Histoire ne cesse de nous fournir. Se refuser à cet exercice, c'est accepter comme vérité dogmatique les discours de propagande des ultra-libéraux et des atlantistes, qui sont d'ailleurs les mêmes.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Jamais la dette !

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    Sur le vif - Vendredi 11.10.19 - 04.08h

     

    En aucun cas il ne faut revenir sur le frein à l'endettement. Nulle gestion financière, ni celle d'une famille, ni celle d'une PME, ni celle d'un Etat, ne doit reposer sur la dette. Il faut d'abord réunir les fonds, et ensuite investir. Il ne faut jamais rien devoir à personne, pour assurer sa marge de manœuvre et son indépendance. Il faut maintenir son activité dans des proportions humaines, maîtrisables, respectueuses des personnes et de l'environnement. C'est peut-être vieux jeu, conservateur, tout ce qu'on voudra. Mais c'est ma conception - et ma pratique - de la gestion économique.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Peter Handke, enfin !

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    Sur le vif - Jeudi 10.10.19 - 14.08h

     

    Mon émotion fut immense, il y a environ une heure, en apprenant l'attribution du Nobel de Littérature 2019 à l'écrivain autrichien Peter Handke, quelques semaines avant ses 77 ans.

    Ma première pulsion aurait été de vous dire pourquoi, depuis l'âge de 18 ans, je lis cet immense auteur. Au Collège, où j'étais pourtant déjà très porté sur la littérature allemande, je n'avais pas entendu parler (enfin, il ne me semble pas) de celui qu'une prof d'Uni, à l'automne 76, avait appelé "Das schreckliche Kind der deutschsprachigen Literatur". Elle avait dit "Enfant terrible", alors nous étions allés voir, dans la bibliothèque. Le moins qu'on puisse dire est que nous ne fûmes pas déçus.

    Je réserve à un autre texte, dans les jours qui viennent, le soin de vous décrire pourquoi, à mes yeux, Handke a été l'un des écrivains majeurs, en langue allemande, depuis les années soixante, aux côtés de Heiner Müller ou Christa Wolf. D'autres, d'ici là, s'en chargeront, et ils auront bien raison.

    Mais j'en viens à un point, qui est à la fois littéraire et politique. C'est le courage, de la part de Handke - je l'avais relevé sur le moment, il y a 25 ans - d'avoir parlé des guerres balkaniques, au pire moment de l'anti-Serbie hallucinant qui se déversait sur l'Occident, en proposant, par le biais du récit littéraire, une vision serbe des événements. Aussitôt, cet écrivain majeur de la littérature de langue allemande avait été pris en haine par la communauté batracienne de ceux qui pensaient juste. Ce fut un moment terrible, de ceux qui vous désespèrent de la mission des intellectuels.

    A cet égard, le Nobel enfin attribué à Peter Handke, en plus d'une reconnaissance littéraire totalement méritée, c'est un magnifique camouflet à tous les BHL, les Kouchner, tous les donneurs de leçons, qui ont passé la décennie des guerres balkaniques, les années 1990, à nous instruire le procès de ceux qui ne pensaient pas comme eux. Donc, ceux qui ne pensaient pas comme l'OTAN, les États-Unis d'Amérique, la trahison mitterrandienne, et surtout l'Allemagne de Kohl, voulaient que nous pensions.

    Hommage au jury du Nobel. Cette fois, comme pour Günter Grass en 1999, comme pour Thomas Mann en 1929, ils ont vu incroyablement juste.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Les gueux demanderont des comptes aux bobos !

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    Sur le vif - Jeudi 10.10.19 - 10.39h

     

    L'ouvrier, le paysan, le travailleur agricole, qui a trimé, économisé, depuis des années pour s'offrir une automobile familiale, je ne suis pas sûr que les chants d'Apocalypse du bobo climatique ravissent particulièrement ses oreilles.

    Il a bossé dur. Il l'a enfin, cette voiture, pour emmener les siens à la mer. Il n'a aucune espèce d'envie de prendre le train. Il remplit son coffre de valises, ils ont tout sous la main, pendant les quelques semaines d'été. Ils aiment ça. Ils sont heureux, vivent avec le soleil, vont où ils veulent.

    Beaucoup d'entre eux, oh des Allemands pas millions, ou des Néerlandais, louent un camping-car, pour un mois. Ils y vivent, font des grillades, vont nager dans des lacs sauvages. Pour eux, pas de week-ends de foire à Berlin ou Barcelone, juste l'esprit congés payés, Nationale 7, ils sont les héritiers directs de Charles Trenet et Léon Blum.

    Ah, la doxa du climat ! L'immense paravent, pour jeter dans l'ombre les vrais sujets qui préoccupent les gens, à commencer par les plus précaires d'entre eux. Ceux qui ont besoin de leur voiture pour aller bosser, et qui vont adorer la taxe sur l'essence. Ceux qui ne vont plus chez le médecin, ne parlons pas du dentiste.

    Bobos, votre tour de passe-passe, avec le grand paravent, vous aurez un jour à le payer. Vous aurez à répondre de votre totale incurie sociale. Un jour, votre alliance objective avec les grands décideurs libéraux, les mêmes qui nous enfument avec leur "finance durable", éclatera d'évidence.

    Ce jour-là, les gueux demanderont des comptes aux bobos. La facture sera salée.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Les journalistes et la pomme de Newton

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    Sur le vif - Mardi 08.10.19 -

     

    14.06h - Depuis 33 ans, je suis membre, et fidèle cotisant, de la Fédération Suisse des Journalistes, aujourd'hui appelée Impressum. Membre de ma section cantonale (Genève), et membre de la faîtière fédérale. Je soutiens cette association professionnelle.

    Mais là, j'enrage. A douze jours des élections fédérales, voilà qu'Impressum adresse à ses membres ce qui peut aisément s'interpréter comme un mot d'ordre. On y apprend que 450 candidats aux fédérales, dans toute la Suisse, ont signé un Manifeste en faveur de la liberté de la presse. Et que, par conséquent, Impressum nous "recommande de leur donner la préférence".

    Je me suis intéressé à mon canton, Genève. Sur 32 signataires, 25 candidats de gauche ! Puis, trois gentils PDC. Puis, deux Jeunes PLR. Enfin, deux Verts libéraux.

    Il faudrait en déduire qu'il ne faudrait surtout voter pour aucun candidat PLR, aucun MCG, aucun UDC, notamment.

    Il faudrait - par une induction intellectuelle dont d'aucuns ne se priveront pas - en conclure que les partis de gauche seraient des amis de la presse. Et les partis de droite, des ennemis. Je n'exclus pas que la réalité soit un peu plus complexe.

    L'idée même que les gentils signataires du gentil Manifeste aient pu, par aventure, avoir été guidés par la démagogie et le souci de plaire à la presse en période électorale, ne semble pas avoir traversé les têtes pensantes d'Impressum.

    Il faudrait que les praticiens du journalisme, profession très individualiste, et détestant à juste titre les pressions et les mots d'ordre, se plient à une recommandation de leur organisation professionnelle, qui va très clairement dans l'apologie de la gentille gauche contre la méchante droite.

    Pour ma part - mais je n'engage jamais que moi - cette missive a été classée avec une verticalité qui pourrait faire mûrir d'envie la célèbre pomme de Newton.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Julian Jackson, Charles de Gaulle, la perfide Albion

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    Sur le vif - Mardi 08.10.19 - 10.12h

     

    10.12h - Je viens d'écouter l'historien britannique Julian Jackson, ce matin à la RSR, sur son livre monumental consacré à Charles de Gaulle, "Une certaine idée de la France", Seuil, 980 pages. Livre que je vais évidemment acheter, dans les jours qui viennent.

    Julian Jackson parle parfaitement français, et tout ce qu'il a dit ce matin est exact et intéressant, encore que rien de nouveau, pour qui est peu ou prou immergé dans la gaullologie, n'ait émergé.

    Le seule vraie nouveauté ne réside peut-être pas tant dans le livre (que je me réjouis tout de même de découvrir) que dans la qualité, l'originalité, d'un regard britannique sur de Gaulle.

    Charles de Gaulle, très porté sur l'Allemagne dès le début de son adolescence, accumulant les références à la littérature allemande dans ses écrits, déteste l'Angleterre. Il n'en parle pas la langue, n'a même pas réussi, en près de quatre ans d'exil à Londres (40-44), à la parler correctement. Il admire la grandeur et la solidité des institutions britanniques, mais reconnaît dans la perfide Albion l'ennemi héréditaire que l'Allemagne, elle (malgré 1870 et 1914), n'est pas du tout.

    L'entretien de ce matin, intéressant, a porté justement sur ce paradoxe : il s'exile à Londres le 17 juin 1940 pour porter la voix de la France, reçoit l'aide de Churchill, mais "dévore la main qui le nourrit". C'est parfaitement exact, de même que son ingratitude : Charles de Gaulle, l'un des plus grands hommes qu'ait hanté la France, est l'une des figures politiques les plus ingrates de l'Histoire.

    Je lirai donc Julian Jackson. Et vous invite (https://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/…/john-e-jackson-lisez-l…) à relire mon blog du 27 septembre, où je dis ma colère contre son homonyme, le grand critique littéraire John E. Jackson, qui croit bon de rabaisser le prodigieux triptyque de Lacouture (le Rebelle, le Politique, le Souverain), première grande biographie du Général dans les années 80, la rangeant à tort parmi les hagiographies.

    C'est une forfaiture que d'avoir laissé entendre cela, car la biographie en trois volumes de Jean Lacouture a été, en son temps, porteuse d'innombrables nouveautés, des choses que personne ne connaissait, et qu'il avait su défricher. A cela s'ajoute la qualité - exceptionnelle - du style. Jean Lacouture, dont j'ai lu tous les livres, de Nasser à Champollion, et que j'ai eu maintes fois l'honneur d'interviewer, était un écrivain.

    Alors oui, lisons Julian Jackson. Et n'oublions jamais de lire et relire encore le triple chef d’œuvre de Lacouture.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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