Sur le vif - Page 15

  • Fonction publique : un minimum de décence !

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    Sur le vif - Lundi 25.11.19 - 16.25h

     

    Les gens qui, à Genève, travaillent dans le secteur privé, notamment les petits entrepreneurs indépendants, qui n'ont aucune garantie sur rien, paient seuls la totalité de leur AVS, ainsi que de leur prévoyance professionnelle (s'ils en ont contacté une), et d'ailleurs l'ensemble de leurs assurances sociales (pertes de gain, etc.) apprécieront vivement d'apprendre que la fonction publique s'apprête à manifester, le 5 décembre prochain.

    Cet appel, dans les circonstances économiques que nous vivons, avec le chômage des jeunes et celui des seniors, voire la dépendance de l'assistance sociale, confine à l'indécence.

    Faut-il rappeler que la fonction publique genevoise a bénéficié ce printemps, suite à une enchaînement complexe de votes, de l'incroyable cadeau de pouvoir continuer à ne cotiser qu'à hauteur d'un tiers pour sa prévoyance professionnelle ?

    Un tiers pour l'employé, cela signifie deux tiers pour l'employeur. L'employeur, c'est l'Etat. Donc l'employeur, c'est nous ! Les classes moyennes à Genève, déjà pressées de toutes parts, comme des citrons, doivent financer comme contribuables ces fameux deux tiers de l'employeur !

    Ainsi, un petit indépendant, qui rame pour s'assurer une retraite correcte, doit non seulement la financer tout seul, premier et deuxième pilier, mais en plus il passe à la caisse pour les deux tiers "employeur" des fonctionnaires. Et lui n'a aucune garantie d'emploi, puisque par définition, il n'a pas d'emploi, mais des mandats, donnés par des clients.

    Dans ces conditions, un minimum de retenue, dans l'occupation la rue, devrait être observé par une fonction publique particulièrement nantie à Genève. Tous n'ont pas leurs chances. Tous n'ont pas leurs privilèges !

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • CCIG : au service des PME, SVP !

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    Sur le vif - Dimanche 24.11.19 - 14.34h

     

    Membre, depuis des années, comme petit entrepreneur, de la CCIG, fier d'appartenir à cette Chambre qui défend la vitalité économique de Genève, je l'encourage vivement à revoir ses priorités en direction des PME, de toutes celles et ceux qui, même au niveau modeste, ont pris à Genève le risque d'entreprendre, avec tout l'inconfort que cela signifie.

    Désolé, mais les signaux de ces dernières années ne sont pas allés dans ce sens. Prise dans des réseaux, voulant copier d'autres associations, faîtières du grand patronat et de la finance, la CCIG s'est embarquée dans tous les combats donnant l'impression d'une allégeance aux multinationales, à la finance cosmopolite, et à l'idéologie d'une croissance démesurée.

    Cette idéologie pour l'aéroport, véhiculée par le Président du Conseil d'Etat 2013-2018, qui avait pour cette plateforme des regards d'enfant rêveur, puis colportée par l'autre conseiller d'Etat radical, puis par ce qui reste de la droite économique au gouvernement, est désormais aussi caduque que décalée. Le succès de l'initiative 163 le démontre avec éclat. La population genevoise veut une économie dynamique et inventive, mais au service de l'humain et de l'environnement.

    Membre de la CCIG, instance que je respecte et apprécie, je demande une nouvelle politique économique, moins servile envers les puissants, les spéculateurs et les internationaux, et vraiment tournée vers les petites et moyennes entreprises, humaines, laborieuses et honnêtes, qui font la valeur ajoutée de notre canton.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Aéroport : une page se tourne

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    Sur le vif - Dimanche 24.11.19 - 12.03h

     

    Aéroport : victoire de ceux qui se battent pour un développement raisonnable, contrôlé par la démocratie, et respectueux de l'environnement. Lourde défaite pour les réseaux oligarchiques qui se croient propriétaires de Genève. La voix du peuple aura été plus forte que la machine de propagande - éhontée, et dénoncée ici même - des opposants à l'initiative. Dans l'Histoire économique du Canton, une page se tourne. La droite de la spéculation commence à ne plus faire la loi.

     

    Pascal Décaillet

     

     

     

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  • Petits et grands soucis

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    Sur le vif - Samedi 23.11.19 - 15.52h

     

    Les gens, dans la rue, me parlent des primes d'assurance maladie. Ils me parlent du prix des médicaments. Ils me parlent du niveau beaucoup trop bas des retraites, de l'injustice pour les couples mariés, de la détresse de certains divorcés. Ils me parlent énormément protection des mineurs, ou tutelles pour adultes. Ils me parlent du temps d'attente aux urgences. Ils me parlent du prix de l'essence. Ils me parlent des impôts : les classes moyennes à Genève ploient sous la charge fiscale.

    Les gens me parlent de tout cela. Et d'autres choses encore. Ils savent bien que je ne suis pas un politique, mais que je peux, au besoin, relayer les souffrances, par des prises de position éditoriales, des interviews, des débats.

    Les gens me parlent de ces choses-là, oui. Mais je n'ai, à ce jour, encore été harponné par personne, le samedi en ville lorsque je fais mes courses, au sujet de la Présidence unique (ou non) du Conseil d'Etat.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Un peu de tripes et de courage !

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    Sur le vif - Vendredi 22.11.19 - 14.44h

     

    Le ralliement de M. Dal Busco aux thèses les plus dogmatiques des Verts, en matière de circulation urbaine, est in-com-pré-hen-sible !

    Vous n'avez pas été élu pour cela !

    Qu'on commence par accorder la préférence, pour la circulation en ville, aux résidents de la Ville. Puis, à ceux du Canton. En troisième lieu, aux autres. Cercles concentriques : d'abord les nôtres !

    Là oui, macarons, et tout ce que vous voudrez. Plutôt que vos conneries de circulation alternée, "en cas de pics de pollution". Catéchisme Vert, juste recraché, copié collé, pour moutonner dans le flux du temps. Peur panique du bûcher d'hérésie !

    De grâce, qu'on arrête d'emmerder systématiquement, en les culpabilisant, les citoyens-contribuables de la Ville qui ont un véhicule motorisé, payent dûment leurs taxes, émoluments et assurances, respectent toutes les règles de la route, font régulièrement leurs contrôles anti-pollution, et usent de leur libre choix constitutionnel du mode de transport pour aller bosser.

    Nous sommes au sommet de la mode Verte. Elle ne manquera pas de décliner. De grâce, sachons résister ! Un peu de tripes et de courage ! Protéger l'environnement oui, nous laisser terroriser par des idéologies imposées par des minorités, non.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Satellites et démons

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    Sur le vif - Jeudi 21.11.19 - 14.52h

     

    Le culot de Regula Rytz, présidente des Verts suisses : "tentée" par le Conseil fédéral, alors qu'elle vient d'échouer aux Etats, dans le Canton de Berne !

    De grâce, qu'on cesse de nous rabâcher que les Verts "font de la politique autrement".

    Ils font de la politique exactement comme les autres. Ni meilleurs, ni pires. Ils ont exactement le même rapport au pouvoir, à l'ambition.

    Homme, femmes, jeunes, vieux, de gauche ou de droite : tout humain qui transite dans les allées du pouvoir devient le satellite des mêmes démons. Le pouvoir corrode et corrompt, d'où qu'il vienne.

    Seule la richesse ciselée d'une solitude, nourrie d'interactions, intellectuelles ou spirituelles, avec ce que le monde produit de meilleur, sera de nature à nous élever. La quête du pouvoir, jamais.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Cyril Aellen, vigile de la saine gestion

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    Sur le vif - Jeudi 21.11.19 - 13.47h

     

    Suite au départ de Cyril Aellen, ne restent bientôt plus que des dépensiers, à une ou deux exceptions près, en Commission des Finances. Il y a lieu, pour l'Etat et surtout pour les contribuables, déjà pressés comme des citrons à Genève, de s'en inquiéter. Le député PLR quitte cette Commission, mais Dieu merci demeure au Grand Conseil.

    Partisan absolu de la rigueur, opposé à tout déficit et à toute dette, dans tout budget, quel qu'il soit (personnel, familial, d'entreprise ou d'Etat), détestant l'idée d'être redevable aux usuriers et aux spéculateurs, je tiens, comme citoyen, à remercier vivement Cyril Aellen de son travail au sein de cette Commission.

    Il y fut un vigile de la saine gestion. Puissent ses collègues s'inspirer de son exemple. Et toujours se souvenir que l'argent dépensé est celui des contribuables, donc principalement généré par le travail des gens honnêtes et laborieux, ceux qui constituent la majorité - hélas trop souvent silencieuse - de Genève et surtout de la Suisse.

    Ces gens-là, qui se lèvent le matin pour aller bosser, entretiennent leurs familles, donnent des mois de salaire ou de revenu à l'Etat, n'ont de leçon, dans notre République, à recevoir de personne. Ni de la gauche, ni de la droite de casino.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Trump, trois ans après : amorce d'un bilan

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    Sur le vif - Mercredi 20.11.19 - 12.56h

     

    J'avais été l'un des rares, en 2016, à déclarer publiquement que l'élection de Trump me semblait préférable à celle de Mme Clinton. Non que je fusse un fan de l'homme, mais son programme me semblait nettement meilleur, pour son pays et pour le monde, que celui de sa rivale.

    Défendant Trump, je ne roulais pas pour un style, mais pour une philosophie politique : protectionnisme, souci de la cohésion sociale intérieure, contrôle des flux migratoires, volontarisme d'Etat pour relancer l'économie et moderniser les infrastructures. Face à l'extérieur, isolationnisme, retour aux relations bilatérales entre Etats, rejet d'une toile multilatérale qui m'apparaît, depuis toujours, comme totalement vaine.

    Je n'éprouve pour Trump, l'homme Trump, ni sympathie, ni antipathie. On l'avait accusé, pendant la campagne, d'être vulgaire, c'est peut-être vrai, je dis juste que cela m'est indifférent : chez moi, les thèmes priment sur les hommes et les femmes, c'est son programme qui m'intéressait.

    A l'inverse, tout ce que représentait Mme Clinton m'inspirait le rejet. Appartenance à un clan démocrate, proche des faucons et des milieux bellicistes, interventionniste à souhait, toujours prêt à faire rouler la machine guerrière en brandissant au monde le Livre de la Morale. Je n'ai cessé de dire, en 2016, qu'avec Mme Clinton, ce serait la guerre. Avais-je raison ? Impossible de le savoir, puisqu'elle ne fut pas élue : on ne refait pas l'Histoire.

    Mais en parlant de guerre, une chose est sûre : Trump, tout matamore soit-il dans ses postures, ne l'a, aux trois quarts de son (premier ?) mandat, pas faite. Des opérations-marketing, comme envoyer un commando tuer le chef de l'Etat islamique, à l'instar d'Obama / Ben Laden. Des menaces, face à la Corée du Nord. Des prises de position catastrophiques (je n'ai cessé, en trois ans, de les souligner) concernant le Proche-Orient : reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël, aval donné aux colonies installées depuis 1967, isolement de l'Iran, etc.

    Des coups de gueule, des phrases malencontreuses, tout ce qu'on voudra. Mais une vraie guerre frontale, pour l'heure, non. Comparez cela, je vous prie, aux interminables bombardements menés, un peu partout, pendant les huit années de l'ère Obama. Ma crainte, en 2016, était que Mme Clinton, si elle venait à être élue, ne parvînt qu'à empirer, à cause de ses liens avec l'oligarchie militaro-industrielle américaine, ce bellicisme permanent dont les démocrates ont la spécialité.

    Je ne dis évidemment pas que Trump est parfait, et suis le premier à condamner ses déclarations sur la politique étrangère, lorsque je les juge intempestives. Je ne doute pas qu'il soit vulgaire, mal élevé, peu compatible avec les salons dorés de la Côte Est. Mais j'estime, aux trois quarts de son (premier ?) mandat, que bien des aspects de sa politique, notamment en économie intérieure et en protectionnisme, sont dignes d'intérêt, et seront retenus comme tels par l'Histoire.

    J'ignore absolument s'il sera réélu en novembre 2020. Je doute fort qu'il soit destitué. J'invite tout observateur politique à le juger sur les effets de sa politique, en tenant compte de l'économie à l'interne du pays, et non sur son côté Tartarin. Encore moins, comme cela fut fait juste avant son élection par la chroniqueuse d'un journal de révérence, sur la couleur de ses cheveux.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Colonialisme israélien : la Suisse doit parler

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    Sur le vif - Mardi 19.11.19 - 15.17h

     

    C'est un nouveau pas historique franchi par les États-Unis, qui désormais ne reconnaissent plus les colonies israéliennes, issues de l'occupation de 1967, comme contraires au droit international. Position du Département d'Etat qui datait de 1978, sous Carter. En clair, la première puissance du monde, également premier protecteur de l'Etat d'Israël, avalise le fait accompli, à savoir le fait colonial.

    Si l'on ajoute cette décision à d'autres, ces derniers mois, comme la reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d'Israël, véritable gifle aux Palestiniens et à tout processus de paix au Proche-Orient, on voit que Trump pense déjà, très fort, à l'objectif unique, pour lui, d'ici exactement un an : sa réélection.

    A cet effet, il aura besoin non seulement, comme tout candidat à la Maison Blanche, des voix traditionnellement favorables à Israël. Mais il devra bien consolider celles des évangéliques les plus extrêmes, ceux qui puisent dans leur lecture fondamentaliste de la Bible leur soutien à l'Etat hébreu. Cela, en Europe, peut nous sembler surréaliste. Mais ce courant de pensée, aux États-Unis, existe, et il est puissant.

    Nous Européens, membres ou non de l'UE, nous les citoyennes et citoyens de ce vieux continent que nous aimons, exigeons de nos autorités qu'elles tiennent, face à la politique coloniale de l'actuel gouvernement israélien, le langage de fermeté qui s'impose. Reconnaissance d'Israël, oui. Mais, avec une exacte symétrie, reconnaissance du droit des Palestiniens à disposer d'un Etat souverain. Voilà 71ans que dure le calvaire de leur peuple, aggravé depuis 52 ans.

    Tant que les États-Unis, quel que soit le Président, démocrate ou républicain, soutiendront inconditionnellement Israël, y compris dans sa politique coloniale, nul processus de paix ne sera possible. Mais le jour où les pays d'Europe, y compris notre petite Suisse, amie d'Israël et aussi des Palestiniens, clarifieront et unifieront leur message, les fronts pourront bouger.

    En attendant ce jour, il n'est pas interdit à notre Conseil fédéral, sans rien entamer à la neutralité, de dire à Israël les choses avec clarté. Condamner le colonialisme, reconnaître les droits d'un peuple bafoué à disposer de lui-même, c'est honorer sa parole, et semer l'espoir, pour l'avenir.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Aéroport : où est la République ?

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    Sur le vif - Mardi 19.11.19 - 10.22h

     

    La campagne d'enfer, omniprésente et onéreuse, menée par les opposants à l'initiative 163, sur l'aéroport, donc par les partisans d'une croissance sans entraves de cette plateforme, dénote une singulière nervosité. Donc, de colossaux intérêts financiers en jeu.

    À cela s'ajoute, dans cette campagne, par le choix des intervenants, la maladresse de dévoiler les réseaux qui tiennent le vrai pouvoir à Genève, notamment au plus haut niveau des grandes régies. Je vous fais un dessin ?

    Lorsque ces réseaux s'associent à la droite financière ultra-libérale, nous obtenons ce que Genève est capable de produire de plus arrogant.

    Dans la tiédeur entrelacée de cette toile de copains, où est l'intérêt supérieur ? Où est la République ?

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Le tapis d'équarrissage

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    Sur le vif - Lundi 18.11.19 - 05.21h

     

    Je me suis beaucoup intéressé au Zollverein, à partir de 1834, véritable prélude (avec 32 ans d'avance) à l'unité allemande.

    Que font les Allemagnes, en ce premier tiers du dix-neuvième ? Elles abattent les frontières douanières à l'intérieur d'une nation que, de tous leurs cœurs, de toute la vivacité de leurs âmes, elles veulent construire.

    Mais regardez l'Histoire allemande, lisez les livres : plus on circule librement à l'intérieur de l'espace allemand, plus ce dernier érige des barrières protectionnistes avec l'extérieur. Sous Bismarck, elles culmineront. On vivifie son propre espace de vie, et en même temps on protège l'ensemble.

    Les gens qui, autour de Jacques Delors et de l'Acte unique, ont tenté dès 1992 le même pari sur l'Europe y avaient pensé, à cette Allemagne de 1834-1866, ou peut-être aussi à la Suisse de 1798-1848. Mais pour l'Europe, ils ont obtenu exactement l'effet contraire : le libre-échange, la libre-circulation, au lieu de solidifier l'espace commun, provoquent un puissant retour des idées nationales.

    Cela, pour une raison simple : on ne peut unir que ce qui est du même terreau, du même terroir. Jamais la seule vertu du commerce, si elle n'est accompagnée de la fusion des âmes, ni d'une communauté dans l'ordre de l'Histoire et de la mémoire (Luther, Schiller, Frères Grimm), ne pourra tenir ensemble des populations humaines.

    Le Zollverein de 1834 fut une réussite dans l'Histoire allemande. L'Acte unique de 1992 conduit l'Europe à sa désagrégation.

    Quant aux spéculateurs cosmopolites qui nous érigent, depuis trente ans, la liberté du commerce et la primauté du Marché comme seul horizon de vie et d'espoir, ils nous asservissent au Veau d'or. La nation libère, elle crée des citoyennes et des citoyens. Le Marché, comme but en soi, fait de nous de simples clients, au final des êtres sans liberté, tout juste bons à consommer. En attendant, dans un Grand Soir écarlate et sacrificiel, le tapis d'équarrissage.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Heureux pays, aimé et joyeux

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    Sur le vif - Dimanche 17.11.19 - 15.07h

     

    C'est un miracle, en Suisse, que d'avoir deux Chambres. L'une, le National, pour représenter tous les citoyens, à la proportionnelle (depuis 1919). On l'appelle la Chambre du peuple. L'autre, pour équilibrer cela, et défendre la voix des Cantons : le Conseil des Etats.

    Autant la France, notre voisin et ami, a de sérieuses raisons de se demander à quoi sert exactement sa seconde Chambre, le Sénat. La question de sa suppression avait d'ailleurs été dûment posée par Charles de Gaulle, mais au sein d'un paquet ficelé de façon suicidaire, le fameux référendum d'avril 1969, au soir duquel le Général, séance tenante, quitta la scène. Autant les pays fédéralistes, comme la Suisse ou l'Allemagne (Bundesrat, Bundestag), construisent leur unité et leur survie sur la richesse des équilibres internes.

    Que l'UDC, il y a quelques années, fît une remarquable percée au National, cela ne fut pas confirmé aux Etats. Il arrive, aujourd'hui, à peu près la même chose aux Verts. Le mode électoral n'est pas le même. Le peuple donne un signal, puis affine et corrige quelques semaines plus tard. Ainsi, la présidente nationale des Verts, Regula Rytz, n'est pas élue aux Etats, pour le Canton de Berne, et c'est un UDC, Werner Salzmann, qui passe. Un autre UDC, Marco Chiesa, passe au Tessin, où le PDC, parti historique, perd le siège de Filippo Lombardi.

    Au final, le Conseil des Etats demeurera une Chambre de contrôle. Avec le nouveau souffle d'une Lisa Mazzone ou d'une Adèle Thorens. Mais aussi, les équilibres maintenus, avec des partis plus traditionnels. Ainsi va la Suisse, avec sa démarche de crabe, qui nous met tout autant à l'abri de la Restauration bedonnante que de la Révolution du Grand Soir. Heureux pays, aimé et joyeux.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Frontaliers : un chiffre, un scandale

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    Sur le vif - Jeudi 14.11.19 - 14.49h

     

    Frontaliers actifs à Genève : ils sont 85'199, soit une augmentation de 4,9% en un an ! Le chiffre est celui de l'Office de la statistique, cité par la Tribune de Genève.

    Désolé si je viens troubler l'ordre libéral ambiant, et la silencieuse quiétude autour de ce tabou, mais ce chiffre est tout simplement hallucinant. Il ne s'agit pas d'en vouloir aux personnes qui viennent travailler à Genève, mais bel et bien à une classe politique qui, après avoir fait un petit effort juste avant les élections du printemps 2018, semble avoir perdu le contrôle de cette folle croissance, malgré les grands discours du ministre de l’Économie sur l'inspection du travail, et la pseudo-application de la préférence cantonale.

    85'199 frontaliers, chaque jour, sur Genève ! Tant qu'il y aura, dans notre canton, une seul chômeur genevois, un seul jeune sans emploi, un seul senior laissé sur le bord du chemin, ce chiffre demeurera un scandale.

    Le principe de préférence cantonale, vilipendé dès 2005 par tout ce petit monde soumis à l'idéologie du libre-échange, par le patronat libéral, par la droite craignant de voir monter le MCG, par les syndicats de la gauche internationaliste, a immensément progressé dans les âmes, en une quinzaine d'années. Même la classe politique la plus arrogante avait bien été obligée d'en reconnaître la nécessité. Et là, patatras : 85'199 ! Ce chiffre est un scandale. Il n'y a, pour l'heure, rien d'autre à dire.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • D'une gauche l'autre

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    Sur le vif - Jeudi 14.11.19 - 09.12h

     

    Les socialistes, je ne partage pas leurs idées, notamment en matière financière et fiscale, mais je les comprends. J'aime leur Histoire, depuis le milieu du dix-neuvième siècle, elle me passionne, elle appartient totalement au paysage politique de nos pays européens. Dans mon panthéon personnel, il y a les immenses figures sociales-démocrates d'un Willy Brandt, ou d'un Hans-Peter Tschudi. Je partage avec les socialistes les idéaux de justice sociale, de fraternité, de soutien aux plus défavorisés. Je rejette aussi beaucoup de choses, chez eux, dont le pacifisme, l'internationalisme, l'usage des déficits et celui de la dette. Je condamne aussi, avec la dernière énergie, leur tendance à oublier les fondamentaux du social, au profit du sociétâââl.

    Les Verts, je ne les comprends absolument pas. Enfin, si : je comprends - et partage - leur souci de protéger l'environnement. Mais de là à en faire un parti politique, à prétention généraliste ! Surtout, je suis totalement étranger à leur langage, urgence climatique, transfert modal, finance durable : leur liturgie n'opère sur moi aucune magie, je n'y perçois que la ficelle pour enlacer l'électeur. Je n'aime pas, non plus, leurs points communs avec les libéraux dans la surestimation de l'individu au détriment du collectif, encore moins leur utilisation de la morale, quand ça les arrange pour se faire élire : votez climat, ou vous serez responsables de la mort de la planète.

    Les socialistes, je ne suis pas des leurs, mais je les comprends, en profondeur, leur Histoire me passionne. Les Verts, eux, me donnent l'impression de surgir d'une autre planète, d'autres modèles de pensée, d'autres champs de références. Une seule chose, chez eux, m'apparaît avec une totale clarté : l'immensité de leur opportunisme, un jour Fukushima, l'autre jour le climat, pour se saisir des peurs d'un moment, et se hisser vers les attraits du pouvoir.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Faute de frappe sur Gaza

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    Sur le vif - Mardi 12.11.19 - 15.36h

     

    Il faudra quand même expliquer un jour, concrètement, ce qui se cache derrière la traditionnelle expression "frappe israélienne sur Gaza".

    Le mot "frappe" est apparu lors de la première Guerre du Golfe, en janvier 1991. J'étais journaliste à la RSR, je me méfiais de ce mot, qui suintait l'euphémisme, directement repris des communiqués de propagande de l'armée américaine.

    Le mot "frappe" est un terme voulu par les attaquants, dans le langage savamment pesé de leur communication à l'extérieur, pour laisser entendre qu'on s'est comporté de façon raisonnable, ciblée, évitant au maximum les victimes aux alentours, non-concernées par le conflit entre militaires.

    Le mot "frappe" est destiné à rendre l'assaillant sympathique. Donner de lui l'image d'un guerrier humain, limitant la casse.

    La réalité, celle de Gaza 2019, comme celle de l'Irak 1991, ou du Vietnam des années 60/70, n'a évidemment rien à voir avec ce montage intellectuel.

    La réalité, c'est cette autre invention de vocabulaire, odieuse, les "dommages collatéraux". Entendez les victimes civiles, autour de la "frappe chirurgicale".

    A Gaza, il n'existe de "frappes" que dans les communiqués de l'armée israélienne. La réalité est celle de bombardements d'une grande violence, sur un univers urbain d'une extrême densité : imaginez un million et demi d'habitants, sur un étroit littoral, entre Genève et Lausanne !

    Il ne faut plus jamais parler de "frappes" lorsqu'il s'agit de Gaza. Ou alors, il faut préciser que ce mot trompeur est celui des communiqués israéliens.

    La guerre, c'est avant tout la guerre des mots.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Conservateurs romands : le Noeud Gordien

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    Sur le vif - Mardi 12.11.19 - 10.12h

     

    Autant il est excellent que le PLR et l'UDC, à Genève, travaillent ensemble, et passent des accords électoraux, sur les plans cantonal et communal, autant il était, après tout, totalement justifié de partir séparément pour des élections nationales.

    Ce qui unit le PLR et l'UDC, ce sont, par exemple, les questions financières et fiscales. Ou encore, la sécurité publique. Dans le Canton, la Commune, on peut œuvrer ensemble dans ces domaines.

    Ce qui les désunit, c'est la question fondamentale, vitale même, de notre relation à l'Union européenne. Les bilatérales. Le libre-échange. Le protectionnisme. Les deux partis, sur ces thèmes cruciaux, poursuivent des objectifs radicalement différents. A la réflexion, il était en effet préférable qu'ils partissent séparément dans la course aux Chambres fédérales.

    A cela s'ajoute un élément plus complexe, mais fondamental : l'impérieuse nécessité d'une clarification, au sein des sections romandes de l'UDC, de leurs positions face au libéralisme. Je suis, pour ma part, un conservateur anti-libéral, attaché à l’État social, à la proximité avec les gens, la défense des plus défavorisés. Mais d'autres, se réclamant de l'étiquette conservatrice, se laissent porter par le vent libéral, fréquentent les huiles, promeuvent le libre-échange et l'économie de casino. Entre ces deux tendances, antinomiques, il faut choisir.

    Je l'ai déjà exprimé ici ces dernières semaines, appelant à la renaissance, en Suisse romande, d'un courant conservateur joyeux, simple, populaire, proche des petits entrepreneurs indépendants, des artisans, et surtout du monde paysan. Un courant souverainiste, attaché à la langue, aux textes, à la mémoire, portant ses attentions sur la cohésion sociale, la solidarité entre les Suisses, et non sur la recherche d'un profit spéculatif.

    Il y a, en Suisse romande, une place pour ce courant. Mais pour cela, il faudra peut-être rompre avec le capitalisme zurichois. Les radicaux, en Suisse romande, ont déjà connu cette équation, dans le passé, par rapport à la Bahnhofstrasse, demandez à Guy-Olivier Segond. Il est peut-être temps que les sections romandes de l'UDC tranchent, à leur tour, le Nœud Gordien.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Christian Levrat, socialiste digne de respect !

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    Sur le vif - Mardi 12.11.19 - 07.09h

     

    Christian Levrat aura été, sur l'essentiel, un grand président du parti socialiste suisse. Énergique, compétent, combatif, tacticien, plurilingue, il a défendu les valeurs de sa famille politique.

    Le revers socialiste, aux élections fédérales, est davantage dû à la mode Verte qu'à une faiblesse des valeurs du PS. Plus que jamais, avec entre autres la famille socialiste, la Suisse a besoin d'un univers politique plaçant au centre de tout les valeurs de cohésion et de solidarité internes.

    Ces valeurs, la droite suisse doit, elle aussi, impérativement les porter. L'idéologie qui s'effondre, aujourd'hui, ça n'est certainement pas l'aspiration à une cohésion sociale. Non, c'est cet insupportable libéralisme de casino qui, depuis trente ans, a laissé spéculateurs et usuriers vendre les nations, trahir les peuples, sur l'autel du grand marché cosmopolite.

    Je ne suis pas socialiste, mais je respecte des socialistes comme Christian Levrat, ou Pierre-Yves Maillard. Puissent-ils privilégier les questions sociales sur la mode sociétâââle. Et continuer de se battre pour les plus faibles de nos compatriotes.

    Dans quatre ans, huit ans, douze ans, quand la mode Verte aura montré sa vacuité, l'impérieuse nécessité de cohésion interne demeurera. Elle n'est autre qu'une condition sine qua non de la survie de notre pays.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Droite genevoise : plus rien ne sera comme avant

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    Sur le vif - Dimanche 10.11.19 - 14.37h

     

    Talonnant la candidate PDC, Céline Amaudruz, partie seule dans la course aux Etats, sans alliance, réalise, en nombre de voix, un très bon résultat.

    Désormais, au sein de la droite genevoise, devenue machine à perdre tous les quatre ans, plus rien ne sera comme avant. L'Entente, née en 1936, est moribonde. Depuis longtemps, elle n'est plus que jeu de masques, mécanisme de trahisons internes, qu'on remonte comme une horloge des temps anciens. Hélas, le Grand Horloger a fait son temps. Il est épuisé.

    Le résultat, de plus de vingt mille voix, décroché par Céline Amaudruz représente un immense avantage : contrairement aux résultats d'alliance, où un candidat peut tirer son colistier vers le haut, ce chiffre nous révèle le poids exact, à Genève, de la droite souverainiste et nationale. Le résultat est bon, le curseur fait son oeuvre.

    L'UDC genevoise, et autour d'elle les forces protectionnistes, souverainistes, proches du peuple, des petits indépendants, des artisans, des commerçants, des PME, et bien sûr de la paysannerie, ne doit plus rien attendre du PLR, ne parlons pas du PDC.

    Sur le plan national, le contentieux est tel, sur un enjeu aussi majeur que les bilatérales, et nos relations avec l'Union européenne, qu'il était après tout justifié de ne pas faire alliance avec les forces du libre-échange et de l'économie spéculative. Au prochain rendez-vous, celui des municipales 2020, des synergies peuvent se discuter. Mais à armes égales. En aucun cas, avec le complexe de la soubrette face au maître des lieux.

    En cela, au sein des droites genevoises, où l'Entente de 1936 est en état de mort clinique, plus rien ne sera comme avant.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Céline Amaudruz, le curseur, les alliances à droite

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    Sur le vif - Samedi 09.11.19 - 15.58h

     

    Le seul véritable intérêt de ce second tour, demain, mais il est de taille, sera de jauger la redistribution des cartes au sein des droites genevoises. En prenant de l'ampleur et du recul dans l'analyse, au moins depuis 1936. C'est pour cela que j'annonce, depuis plusieurs jours, le nombre de voix de Céline Amaudruz, en valeur absolue, comme un paramètre déterminant.

    Céline Amaudruz est partie seule, et elle a eu raison. Son résultat, demain, pourra ainsi refléter l'exacte représentation de la droite souverainiste et protectionniste, à Genève, fin 2019. Si son résultat est bon, et représente une percée par rapport aux années précédentes, on pourra parler d'une évolution du curseur vers la droite, à Genève.

    Mais pas n'importe quelle droite ! Il est temps, je l'ai dit plusieurs fois cette semaine, que l'UDC, en Suisse romande, choisisse son camp entre le libéralisme et l'Etat, entre libre-échange et protectionnisme, entre proximité avec tous les gens, notamment les plus modestes, et ronds-de-jambe devant les ultra-libéraux zurichois. On n'envoie pas des UDC genevois siéger à Berne pour qu'ils soient copains avec les libéraux.

    Demain, nous en saurons plus. Capital sera le rapport de forces entre PLR et UDC. Non que ce dernier dépasse le premier. Mais qu'il gagne un ou deux points, sur le curseur, et les alliances à droite, dans les années qui viennent, pourraient changer. Depuis la fin des années trente, une nouvelle donne, dans cette famille politique, pourrait voir le jour.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • KKS : bien sûr qu'il existe une alternative au libéralisme !

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    Sur le vif - Samedi 09.11.19 - 09.20h

     

    "Il n'y a pas d'alternative au libéralisme" : pour avoir prononcé cette phrase, qui dénote une absence totale de compréhension du besoin profond, aujourd'hui, de retour à l'Etat, la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter, dont j'ai toujours été un fervent admirateur, perd mon estime.

    Non seulement il y a une alternative au libéralisme, mais cette alternative revient en force, avec une incroyable puissance, après trois décennies de dédain de l'Etat, de rejet de l'intérêt commun, au profit d'une idéologie délirante autour de la réussite individuelle, de la déification du Marché, du culte de l'Argent-roi, avec comme grands-prêtres les spéculateurs et les usuriers.

    Madame Keller-Sutter, vous venez du grand parti qui a fait la Suisse, le Parti radical. Il a fait la Suisse, et il a fait l'Etat. Il a été au centre de la genèse de nos assurances sociales. Il a fait nos voies ferrées et nos routes, il a jeté des ponts, creusé nos tunnels. Il fut le parti du Gotthard et des Écoles polytechniques fédérales.

    Comment pouvez-vous ramener à ce seul mot, "libéralisme", tellement dévoyé par les trente dernières années, l'aventure commune de la société suisse vers son destin ?

    La Suisse, notre pays, a besoin de solidarité interne et de cohésion sociale. Elle ne survivra, comme nation, qu'au prix d'une attention extrême portée aux équilibres. Entre riches et pauvres. Entre générations. Entre régions du pays. Toutes choses que le libéralisme déchire. Et qu'au contraire, une vision d'Etat, solidaire et inventive, régénère. Il ne s'agit pas de multiplier les fonctionnaires, surtout pas ! Il s'agit de définir ensemble les objectifs d'un espace commun.

    Allez encore parler de libéralisme aux retraités ne touchant que le minimum de la rente, aux assurés des Caisses étouffés par les primes, aux jeunes sans emploi, aux Suisses oubliés par la libre-circulation. Mais ce modèle, Madame la Conseillère fédérale, a lamentablement échoué, partout en Europe ! Comment pouvez-vous pousser le décalage jusqu'à en faire encore l'éloge ?

    En ce trentième anniversaire de la chute du Mur, allez expliquer à un chômeur saxon, ou prussien, ou de Thuringe, dont le pays a été brutalement dévasté par un capitalisme envahissant surgi de l'Ouest, qu'il n'y a "pas d'alternative au libéralisme".

    Il faut choisir son modèle de société : le libéralisme semble être le vôtre, fort bien. Il n'est assurément pas le mien.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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