Sur le vif - Page 16

  • Eté 1972 : la DDR, juste devant la porte

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    Sur le vif - Vendredi 08.11.19 - 16.55h

     

    Eté 1972 - Long séjour en Allemagne, tout au Nord. Plus de quatre mille kilomètres, en un été, dans une Coccinelle vert bouteille, conduite par un ancien combattant du Front de l'Est, un Allemand de Pologne (Posen), ayant fait la guerre, perdu trois doigts en Russie, passé l'Elbe en catastrophe en mai 45, passé une année de captivité abominable (on commence à parler de ces choses-là) dans un camp de prisonniers allemands tenu par les Américains. Puis, dès la fin des années 40, reparti de zéro, construit seul sa maison de briques rouges, en Basse-Saxe. Seul, avec ses sept doigts.

    Eté 1972. Mon troisième séjour en Allemagne, il y en aura de nombreux autres. Nous habitions tout près du Mur de Fer. Nous allions le visiter, comme nous serions allés au zoo. Nous nous rendions sur un savant système de miradors et de blockhaus, avec une impressionnante largeur, entre les deux Allemagnes, de fils de fer barbelés, de tranchées. On appelait cela : "Die Sperrgürtel der DDR". J'en ai gardé des croquis, des photos, des dessins réalisés par moi-même.

    Eté 1972. Du sommet de nos miradors, nous contemplions la DDR. Nous étions près de l'Elbe, exactement sur la frontière historique entre la Saxe et la Prusse, la même que pendant la Guerre de Sept Ans (1756-1763). Nous croyions être sur la ligne Niedersachsen / Mecklenburg, ou encore à la frontière BRD-DDR, nous nous trouvions en réalité sur la très vieille ligne de partage entre la Saxe et la Prusse ! Mais cela, à 14 ans, bien que je connusse à fond, déjà, la Seconde Guerre mondiale, je ne le savais pas. Comment l'aurais-je su ? Je ne m'étais pas encore plongé dans les entrailles de l'Histoire allemande.

    Eté 1972. La propagande de l'Ouest multipliait les panneaux ridicules nous annonçant que nous étions aux confins du monde libre. Et que, derrière les barbelés, commençait l'Enfer. Le "monde libre", vieille crétinerie de Kennedy, Berlin 1963, et dire que ça avait marché ! Ni mon hôte, ni moi, n'y avons jamais cru. Nous contemplions la DDR, il me parlait du Front de l'Est, il était Allemand, mais Polonais ; Polonais, mais Allemand. Il a fallu, bien plus tard, que je lise Günter Grass, pour comprendre. Il a fallu que je me renseigne sur la conquête de la Silésie et de la Poméranie, au moment de la Guerre de Sept Ans, par l'immense Roi de Prusse Frédéric II. A 14 ans, je ne savais rien de tout cela, mais j'étais habité par l'intuition que les Américains nous mentaient.

    Eté 1972, ligne de démarcation, Sperrgürtel der DDR. Miradors, barbelés, journal de la DDR, sur notre TV noir-blanc, tous les soirs, puis interminables discussions sur la Guerre à l'Est. Pour le reste, Brême, Hambourg, Lübeck, Baltique, week-ends chez d'autres anciens combattants, dont l'un avait fait la Campagne de France de mai-juin 40. Musées, avions militaires, U-Boots. Je tenais mon journal, inlassablement. Je ne sais faire à peu près que cela: tenir un journal. Avec ma voix, ou avec ma plume.

    Eté 1972, des milliers d'autres souvenirs encore. Passion grandissante pour la langue allemande, dizaines de visites d'églises luthériennes en briques rouges, Bach et Buxtehude, longues heures de tir à la carabine dans le jardin. Visite des usines VW à Wolfsburg, baignades dans le Mittellandkanal, avec d'autres anciens combattants, des "Kameraden". Et toujours, juste là, présence et immanence de la DDR. Nous n'étions absolument pas sur le parvis de l'Enfer, ni à la fin du "monde libre". Nous étions juste sur la frontière entre la Prusse et la Saxe. Nous étions en plein coeur de l'Allemagne. Là où vibre l'incandescence de son Histoire. Quelque part, sur la ligne d'incertitude, entre les fantômes de son passé et les promesses de son destin.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Les fonctionnaires, qu'il pleuve ou qu'il vente !

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    Sur le vif - Vendredi 08.11.19 - 08.07h

     

    La répartition des cotisations LPP pour les fonctionnaires genevois, 2/3 par l'employeur, 1/3 par l'employé, doit une nouvelle fois être remise en question, même si elle fut sauvée ce printemps lors des votations très complexes sur la CPEG.

    Il faut bien évidemment accepter le verdict populaire, mais rien n'interdit de remettre la question sur le tapis. Et le peuple, un jour, sera de nouveau appelé à trancher.

    Il est proprement scandaleux que le contribuable genevois, notamment les classes moyennes déjà tondues fiscalement, passent à la caisse à cause d'un mode de répartition qui privilégie à ce point l'employé.

    Faut-il rappeler que, dans le privé, on n'est pas loin d'une clef de répartition moitié-moitié, entre employeur et employé ?

    Faut-il rappeler qu'un indépendant finance lui-même la totalité de ses cotisations AVS, et la totalité de sa prévoyance professionnelle, s'il en a contracté une ? Et en plus, comme contribuable, déjà taxé à mort, il se trouve saigné pour financer le deuxième pilier des fonctionnaires, qui ont toute leur vie la garantie de l'emploi ?

    Et en plus, voilà que les fonctionnaires genevois, relayés par des syndicats idéologisés à l'extrême, ultra-conservateurs dans la défense de privilèges d'une caste, ont le culot de menacer de descendre dans la rue. Et ils arrivent à tétaniser un Conseil d'Etat sans courage ni vision, gouvernant en marche arrière !

    Il y a là un scandale. Le politique doit avoir le courage de rétablir justice et équité entre un corps social en souffrance, pressé de toutes parts par les primes, les taxes et l'impôt, et d'autre part un cocon de protection d'un autre âge, pour une catégorie de population jouissant d'infinis avantages, avec le salaire qui tombe à la fin du mois, qu'il pleuve ou qu'il vente. Chez les fonctionnaires, il fait toujours beau.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • UDC : l'heure du choix

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    Commentaire publié dans GHI - 06.11.19

     

     Il y a un moment, dans la vie, où il faut trancher : se vouloir proche des gens, notamment des plus faibles, ou accepter le diktat d’un milliardaire. Son diktat, donc nécessairement son idéologie, son rapport à l’ultra-libéralisme, au libre-échange. Soyons clairs : le milliardaire a totalement le droit d’être un milliardaire. Le droit de frayer dans les hautes sphères de la finance.

     

    Le problème, c’est lorsque ce milliardaire s’appelle Christoph Blocher. L’homme qui, depuis trente ans, a tant fait pour l’UDC suisse ! Au point que même les agrariens, les Latins, les Vaudois, les Fribourgeois, les Bernois de l’Oberland, plus proches de l’aile conservatrice et paysanne, qui sont tout sauf des ultra-libéraux, ne peuvent se départir, à son égard, d’un sentiment de reconnaissance : il a fait de l’UDC le premier parti du pays.

     

    Seulement voilà, il faut choisir. En Suisse romande, Valais, Vaud, Genève, commence à germer un sentiment d’affranchissement. Non face à la personne de Blocher, mais face à l’idéologie économique que, de facto, il incarne. Il existe, je l’affirme, une place, en Suisse romande, pour un conservatisme populaire, sensible aux souffrances des plus défavorisés, soucieux de cohésion sociale, proche des petites entreprises, des artisans, des indépendants. Et profondément opposé, non au libre marché, mais à son dévoiement, depuis trois décennies, par un capitalisme de casino où règnent les usuriers et les spéculateurs.

     

    Alors oui, au sein de l’UDC romande, il est peut-être temps de choisir.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Bon vent, Sébastien !

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    Sur le vif - Jeudi 07.11.19 - 09.56h

     

    Avec l'arrivée de Sébastien Desfayes, le Grand Conseil genevois s'enrichit d'un homme de culture et d'intelligence. La chose n'est pas banale, mérite d'être relevée.

    Il n'existe plus beaucoup d'hommes politiques avec lesquels on puisse avoir, en profondeur, des conversations sur l'Histoire politique de l'Europe au vingtième siècle. La Suisse, bien sûr, mais aussi la France, l'Allemagne, l'Italie. Et puis, Balkans, Proche-Orient, Afrique du Nord (Algérie, principalement). Et puis, tout de même, l'Histoire américaine.

    Ces hommes, rares et précieux, existent dans tous les partis. J'ai interviewé André Chavanne, sans avoir la chance d'avoir avec lui des conversations personnelles. J'ai maintes fois, par le passé, eu des entretiens passionnants avec Guy-Olivier Segond. On peut parler d'Histoire avec Jacques-Simon Eggly, François Longchamp, Pierre Maudet, Pascal Couchepin, Gérard Deshusses, Jean Batou, le jeune Paul Michel, et pas mal d'autres, je ne puis tous les citer.

    Avec un homme comme Sébastien Desfayes, il ne s'agit pas de parler d'Histoire pour le seul plaisir de confronter ses connaissances. Non, la conversation est enrichissante pour les deux parties, elle se nourrit d'humour et d'anecdotes, elle a les saveurs de l'inattendu. Chaque partie, au fond, attend que l'autre la surprenne, c'est un ping-pong sans vaincu ni vainqueur, juste la jouissance d'effleurer le filet.

    Et puis, c'est un homme charpenté politiquement qui fait son entrée au législatif cantonal. Avec une vision du pays. Nourrie des mille racines de l'Histoire. Avec une philosophie de la pensée politique. Je ne partage ni son rapport à l'Europe, ni son libéralisme économique, mais je respecte la cohérence et la construction de sa vision.

    Avec des députés comme Sébastien Desfayes, Cyril Aellen, et quelques autres, peu importe le parti, on peut être certain que le Grand Conseil gagnera en élévation. Il ne s'agit pas d'être d'accord ou non avec eux : il s'agit de prendre acte d'une certaine maturité dans la structure, d'une certaine cohésion dans la mise en place des hiérarchies, d'une certaine exigence dans l'idée qu'ils se font de leur fonction.

    Bon vent, Sébastien !

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • La connerie alternée, ça existe, aussi ?

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    Sur le vif - Mercredi 06.11.19 - 15.16h

     

    Emmerder au maximum les automobilistes, leur compliquer la vie, leur balancer de nouvelles taxes et réglementations, tout cela pour plaire à l'idéologie Verte à la mode, telle est la politique du Conseil d'Etat genevois.

    Car la mesure annoncée aujourd'hui, pudiquement appelée "circulation différenciée", brille par son aspect antisocial. Si vous êtes riche, et que vous avez les moyens d'avoir constamment une voiture neuve, pour la simple raison que vous changez tous les deux ans, vous pourrez arborer le macaron du vainqueur. Si vous êtes pauvre, ou tout au moins de cette classe moyenne qu'on n'en finit plus de tondre, et que vous traînez affectueusement, depuis des années, votre bonne vieille bagnole, à vous le macaron du maudit. L'exemple même de mesure Verte antisociale. Plaire à l'esprit du temps, faire trinquer les braves et honnêtes gens.

    Le plus fou, c'est que le ministre de la Mobilité est issu d'un parti de l'Entente. Est-il définitivement passé à gauche ? Son surmoi est-il tétanisé par l'idée de ne surtout pas déplaire à la mode Verte ?

    Genève nous propose là ce qu'il y a de pire. Une mesure voulue et pensée par des bobos, qui ont les moyens de s'offrir le beau macaron, ou l'urbaine félicité de la "mobilité douce", au détriment de toute une classe moyenne qui n'en peut plus. Et qui, un jour, bien plus tôt que vous ne le pensez, se révoltera.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Marre des "collectifs" !

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    Sur le vif - Mardi 05.11.19 - 15.57h

     

    Je n'en peux plus d'entendre parler de tous ces "collectifs", dont 99,999 % sont à gauche, dont on se demande quelle est la légitimité, et dont certains, en plus, sont subventionnés !

    N'importe quelle escouade de camarades peut, de nos jours, à tout moment de la journée ou dans le bleu d'une nuit d'ivresse, fonder un "collectif". Nul statut. Nulle inscription dans un registre, comme on l'exige d'une société, ou même d'une association. Nulle preuve de représentativité. Quelques soudards suffisent.

    Et on gueule, dans la rue. Et on brandit des pancartes. Et on s'autoproclame. Et on confond la rue, le caniveau parfois aussi, avec la démocratie.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • L'indécence d'un excédent

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    Sur le vif - Mardi 05.11.19 - 13.32h

     

    20 milliards d'excédent pour les assurances sociales en Suisse ! Et un capital de quelque 1000 milliards ! Et des milliers de retraités qui n'arrivent pas à tourner, parce qu'ils touchent le minimum de la rente !

    Dès lors, deux possibilités : soit on fait, très vite, un geste pour les plus défavorisés, notamment parmi les rentiers AVS. Soit on envisage une diminution des cotisations. Faut-il rappeler qu'un indépendant paye seul la totalité de ses cotisations AVS. Et de sa future retraite. Le saviez-vous, cela, Mesdames et Messieurs les fonctionnaires, tiens genevois, par exemple ?

    Dans les deux cas, ça exige une classe politique qui se bouge. Se montre sensible à la souffrance de nos compatriotes. Et consacre sa législature 2019-2023, à Berne, à d'autres priorités que la mode véhiculée par les bobos climatiques.

    Les classes moyennes sont tondues, en Suisse. Et les assurances sociales ne savent plus que faire de leurs milliards !

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Entre rêve et néant, la nation !

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    Sur le vif - Mardi 05.11.19 - 10.20h
     
     
    Chaque nation ne doit compter que sur elle-même. Le multilatéralisme, c'est du rêve, du château de cartes, de la grande illusion. Dès que vient poindre le premier vent contraire, le trompe l'œil multilatéral s'effondre. Et nous laisse découvrir la vérité nue de chaque nation, seule, livrée à elle-même.
     
    Chaque nation doit, en absolue priorité, s'occuper d'elle-même. Sa cohésion sociale, son souci des plus démunis, sa fraternité interne, la rendront forte pour assumer la solitude de son destin, au milieu des mensonges des puissants, des diplomates, de tous ces gens qui nous sourient par beau temps, et ne manqueront pas de nous étouffer lors de la tempête.
     
    Chaque nation doit trouver en elle-même, dans son génie propre, dans son Histoire, son narratif à elle, dans les récits qui forgent sa communauté d'appartenance, les ressorts de sa survie. Car il s'agit de survivre, ou mourir.
     
    N'accordons aucune foi à la pieuvre internationale. Souvenons-nous de la SDN. Souvenons-nous d'Adrien Deume, qui taillait ses crayons, dans la Genève internationâââle. Souvenons-nous du Traité de Versailles, signé par les mêmes hommes qui, la même année, lançaient à Genève la Société des Nations.
     
    Le Traité de Versailles, totalement ignoble à l'endroit du peuple allemand, cause première de l'essor du nazisme dans les années vingt, puis de sa prise de pouvoir le 30 janvier 1933.
     
    Et on ose commémorer le Traité de Versailles ! Et on ose commémorer la fondation de la SDN !
     
    Ne rien attendre de la toile internationaliste, menteuse et furtive. Tout attendre de soi-même. De son caractère propre. De ses fureurs internes, de ses révoltes. Et aussi de la puissance, fondatrice, poétique, libératrice, de nos rêves.
     
     
    Pascal Décaillet
     
     
     

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  • Poids et mesures

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    Sur le vif - Lundi 04.11.19 - 16.52h

     

    Si Genève appliquait autant de rigueur aux multinationales, aux opérateurs de transactions financières dénuées de tout contrôle, aux usuriers de grand luxe, boursicoteurs et traficoteurs de tout poil, qu'aux taxis et aux bistroquets, nous aurions un peu moins l'impression, peut-être, d'une extrême sévérité pour faire trinquer les petits, et d'une si grand mansuétude face aux puissants.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • D'abord les nôtres !

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    Sur le vif - Dimanche 03.11.19 - 10.39h

     

    Pas un seul centime pour un "fonds de cohésion" de l'Union européenne", ni pour quantité de plaisanteries internationales, tant que nous avons des Suisses, et notamment des retraités, sous le seuil de pauvreté !

    Une communauté nationale a pour mission première, impérative, de s'occuper des siens. Sa cohésion sociale, à l'interne, la solidarité qu'elle organise entre ses membres, priment sur l'image face à une "communauté internationale" qui n'est qu'une fiction, et se dissout à la première difficulté.

    La "communauté internationale" n'existe pas. La nation existe. C'est déjà un début, dans la vie, d'exister.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • UDC romande : un frisson d'affranchissement

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    Sur le vif - Samedi 02.11.9 - 18.15h

     

    Jérôme Desmeules à Forum : excellente prise de parole, qui sonne comme un affranchissement de l'UDC latine face aux ukases de Zurich. Avec une fibre sociale, un souci des vraies préoccupations des gens, une attention aux souffrances de nos compatriotes. Je reviendrai sur ce moment, qui m'apparaît comme important dans l'Histoire complexe, entrelacée de paradoxes, des droites, en Suisse romande. Une Histoire qu'il convient évidemment de connaître à fond, canton par canton, pour porter sur elle un jugement qui soit celui du recul et de la perspective.

    Juste dommage que M. Desmeules se défende d'être "étatiste" : ce mot, dans l'univers politique romand, n'est pas une insulte ! Dommage, aussi, qu'il se cramponne à l'étiquette de "libéral".

    Il y a une grande place, en Suisse romande, pour une droite nationale, souverainiste, mais aussi sociale, humaniste, et n'ayant nulle peur de l'Etat comme instrument de sa politique. Une droite anti-libérale.

    L'Etat, ce ne sont évidemment pas des milliers de fonctionnaires derrière des guichets, surtout pas ! Encore moins, des budgets déficitaires, et la dette publique qui se creuse. Mais une conception de l'intérêt commun, dans une très longue tradition, au fond héritée de Rome, la "res publica". Le rapport à l'Etat est assurément plus fort chez les Latins que chez les Alémaniques, où le Freisinn, avec son rapport philosophique au libre-échange, à bien des égards hérité du Zollverein allemand de mars 1833, déborde sur l'UDC. Franchement dit, Blocher et Bahnhofstrasse, ce fut longtemps blanc bonnet, bonnet blanc.

    Mais au-delà de cette divergence sur l'Etat, je dis bravo à Jérôme Desmeules. Dans la petite musique de ses mots, s'esquissait comme l'amorce d'une prise de liberté de la tradition conservatrice romande, pétrie de cohésion sociale, par rapport à l'UDC des milliardaires, celle qui signe sans sourciller les Accords de libre-échange. Ou, tout au moins, l'UDC du milliardaire, au singulier.

    Quelque chose est en train de se passer, c'est sûr. Enfin, disons : quelque chose commence.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Aller-simple pour le Larzac

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    Sur le vif - Samedi 02.11.19 - 13.22h

     

    "Neutralité carbone", "transfert modal", "urgence climatique", "finance durable" : le nouveau latin d'église des Verts. La guerre des mots. La liturgie du Bien.

    Reprendre ce charabia, sans lui adjoindre des guillemets, c'est foncer tête baissée dans le suivisme de la mode Verte.

    Les Verts, c'est 28 députés sur 200, au National.

    Les Non-Verts, c'est 172 députés sur 200.

    Alors, SVP, on remet les pendules à l'heure. On garde la tête froide. Et on les envoie paître, dans le Larzac, avec leur terminologie à la noix.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Le budget du peuple !

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    Sur le vif - Samedi 02.11.19 - 04.01h

     

    Le budget de l’État doit être le budget du peuple. Sur les grandes sommes allouées aux politiques publiques, les arbitrages doivent être ceux du suffrage universel, notamment par le référendum obligatoire. Ils auront enfin la légitimité qui leur fait aujourd'hui défaut.

    Ma vision est antiparlementaire ? Réponse : oui, elle l'est. Je lutte depuis des années pour le primat de la démocratie directe sur la démocratie dite "représentative".

    Citoyen, passionné depuis l'enfance par la chose publique, connaissant à fond les affaires de l’État, je n'ai, pour ma part, aucune envie de me faire "représenter" par des corps intermédiaires. Je veux que ma voix, même infinitésimale (une sur des centaines de milliers), soit ma voix, directe, indivisible.

    Dans les législatifs, trop de copinage, trop de lobbying, trop de barbichettes qu'on se tient, quant aux attributions de postes budgétaires.

    Je ne supporte plus, dans les communiqués du Conseil d’État, de voir attribuer, par centaines de milliers de francs, des "subventions" à quantité "d'associations" militantes. Pourquoi les contribuables doivent-ils les financer ? Tout au moins, que le corps des citoyennes et des citoyens en décide !

    Quand on voit la ronde des lobbyistes, autour des parlementaires, dans les trois niveaux de notre vie fédérale (Commune, Canton, Confédération), à la veille des débats budgétaires, on considère avec un autre œil la "démocratie représentative" chère à Montesquieu. Dévoyée par les intérêts sectoriels, elle ne "représente" plus que la somme des avidités particulières. Au détriment de l'intérêt supérieur de tous.

    Je plaide, depuis des années, pour que nous inventions, dans les décennies qui viennent (cela prendra du temps, et doit en prendre, pour mûrir), un autre système démocratique. Dont la pierre angulaire soit le suffrage universel, pas le théâtre parlementaire. Où les thèmes priment sur les personnes, comme c'est déjà le cas dans les initiatives populaires. Où la comédie de l'élection, ce jeu de masques des ambitions personnelles, s'efface doucement,. Et où monte en puissance, au fil du temps, la capacité d'arbitrage du peuple souverain.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Un corps électoral est indivisible, M. Apothéloz !

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    Sur le vif - Vendredi 01.11.19 - 17.05h

     

    J'apprécie beaucoup M. Apothéloz, c'est un vrai militant social, connaissant les quartiers, les besoins réels de la population. Des socialistes comme lui, proches du terrain, j'en redemande.

    Je l'apprécie beaucoup, mais suis en désaccord total avec sa politique visant à "encourager le vote des étrangers".

    Voici pourquoi. Je suis un républicain, c'est la seule étiquette qui me caractérise. J'étais contre le vote des étrangers au niveau communal. Mais je suis aussi un démocrate : ce vote a été accepté par le peuple, dont acte.

    Sur les affaires municipales, les étrangers vivant à Genève sont donc, exactement comme moi, des citoyens. Ils ne le sont pas sur le plan cantonal, ni fédéral, mais quant à la commune, ils le sont.

    Eh bien, je considère que parmi les citoyens, donc ceux qui ont le droit de vote à un certain échelon, il ne saurait exister de catégories. En clair, il n'est pas question, à mes yeux, qu'il y ait d'un côté des "électeurs communaux suisses", et d'un autre des "électeurs communaux étrangers". Avec la dernière énergie, je rejette cette idée. J'étais contre le vote des étrangers dans les communes, j'ai perdu, eh bien maintenant ils l'ont, fort bien, ils doivent l'avoir pleinement, et ne plus être considérés du tout - à l'échelon communal - comme des "étrangers". Pour le canton, la Confédération, c'est autre chose.

    Dès lors, il ne saurait être question d'accepter une politique d'apartheid, fût-ce dans l'ordre d'une "discrimination positive", entre "électeurs communaux étrangers" et "électeurs communaux suisses". Il n'y a que des électeurs communaux, tout court. Un corps électoral est indivisible.

    Un étranger ayant obtenu le droit de vote a le droit d'aller voter, pour qui il veut. Mais aussi, le droit de s'abstenir. Il a le droit de se passionner pour la politique. Et aussi, le droit à la plus parfaite indifférence pour la chose publique. Bref, il mène sa vie citoyenne comme il l'entend, il n'a pas à être materné par les autorités.

    M. Apothéloz, vous êtes en train de nous créer, avec cette affaire, une forme de préférence communautariste qui ne ressemble pas à la République.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Des visages sur les créanciers !

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    Sur le vif - Vendredi 01.11.19 - 12.16h

     

    Ainsi donc, l'Etat emprunte. Et ne cesse d'emprunter. Au fait, à qui ? Les citoyens contribuables ont le droit de mettre des noms, des visages, sur ces généreux créanciers - non, je n'ai pas dit "usuriers" - qui font preuve de tant de largesses pour creuser encore la dette publique. Et, par la même occasion, lier des gouvernements élus, en les tenant sous leur férule, à tout un système de spéculation qui relève plus du capitalisme de casino, cosmopolite, que d'une économie au service de tous.

    Combattre la dette doit être notre impératif premier. Pour cela, nous devons nous démarquer à la fois des sirènes dépensières de la gauche et de l'idéologie libérale, si prompte à partir dans des jeux d'avion, et nous enfumer avec sa terminologie doucereuse : "emprunt vert", finance durable", et autres petites musiques de propagande.

    Mon chemin à moi est celui de la plus extrême rigueur dans la gestion des deniers publics. Je me défie autant de la pensée libérale que des rêves de la gauche. En économie, je suis prudent, méfiant et conservateur. Je veux une économie au service de l'humain, de son épanouissement, et non esclave du profit et des mirages spéculatifs.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Ne pas nous prendre pour des cons, SVP !

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    Sur le vif - Jeudi 31.10.19 - 15.42h

     

    Comment ne pas voir, dans les mots "finance durable", autre chose que le prodigieux culot d'une récupération : celui de la magie facile de la mode et de la terminologie Vertes, au profit de l'argent et de la spéculation ?

    En d'autres termes : faites des affaires, tant que vous voulez, adaptez votre marketing à l'esprit du temps. Mais, quant à la finalité réelle de l'opération, évitez, si possible, de nous prendre pour des cons.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • L'enfer des taxes

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     Commentaire publié dans GHI - 30.11.19

     

    La grande crainte de l’écrasante majorité des Suisses qui, le 20 octobre, n’ont pas voté pour les Verts, c’est l’enfer des taxes. C’est la crainte des citoyens et des citoyennes de ce pays, celle des usagers de véhicules privés, celle des familles, celle des petits entrepreneurs, celle de la classe moyenne. Déjà qu’on étouffe, en Suisse, et particulièrement à Genève, sous le poids de l’impôt et des redevances, et voilà qu’on viendrait un peu plus nous serrer le garrot.

     

    Pour que la Berne fédérale nous balance une nouvelle taxe dans les gencives, il faudra 101 conseillers nationaux sur 200, et 24 conseillers aux Etats sur 46. Alors à première vue, en gardant la tête froide, on se dit qu’on est sauvés : les Verts, certes en remarquable progression, n’auront, entre 2019 et 2023, que 28 députés sur 200 au National, ce qui est très loin d’être une majorité ! Sans alliance, ils ne seront donc rien.

     

    Seulement voilà, il y a le surmoi du PLR et du PDC. Ce sont ces deux partis, avec parfois les Verts libéraux, qui, entre la gauche et l’UDC, joueront les arbitres. S’ils demeurent tétanisés, notamment le PLR, comme ils l’ont été pendant la campagne, à l’idée de mimer le climatisme des Verts, les taxes passeront. S’ils savent résister à la mode ambiante, elles seront refusées. Si les taxes pleuvent, il ne faudra donc pas en vouloir aux Verts, cohérents à leur idéologie. Mais au mimétisme timoré de partis n’ayant plus d’autre ambition que de jouer une musique écrite par d’autres.

     

    Pascal Décaillet

     

     

     

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  • Bobos : l'addition sera salée !

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    Sur le vif - Mercredi 30.10.19 - 05.18h

     

    La colère montante d'une classe moyenne étouffée par les primes, les taxes, les impôts, travaillant dur et ne pouvant plus mettre un centime de côté, sera l'un des paramètres majeurs de la prochaine législature fédérale.

    Rester sourd à cette colère, c'est condamner la Suisse à revivre des déchirements comparables à ceux de novembre 1918.

    La Suisse est, depuis 1937, un pays de paix sociale. Mais elle ne l'est ni par nature, ni par essence, ni en vertu d'une onction du ciel.

    Non, notre cohésion est le produit d'une culture politique, et d'une attention aux souffrances de nos compatriotes. Ne jamais laisser personne, ni aucune catégorie de population, sur le bord du chemin. La création de l'AVS, notre fleuron, en 1947/48, incarne la grandeur de cette ambition.

    Aujourd'hui, attention danger ! Personnes âgées laissées dans le dénuement et l'abandon. Jeunes sans emploi. Paysans sacrifiés sur l'autel du libre-échange. Travailleurs pauvres. Primes maladie, taxes, impôts, totalement confiscatoires. Et là, l'idéologie Verte qui va nous concocter de nouvelles taxes !

    Le problème no 1 de la Suisse est social. Notre cohésion, secret de notre réussite, est en danger. Toucher aux réseaux de solidarité, de mutualité, qui ont fait la Suisse moderne, c'est jouer, à terme, l'existence de notre pays.

    Sur tous ces thèmes, absolument majeurs, l'obsession monothématique de la campagne fédérale 2019 a joué le rôle d'un paravent. Les responsables de cet effet de leurre, évidemment profitable aux plus favorisés du système ultra-libéral, seront un jour amenés à rendre des comptes. L'addition sera salée.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Foutez-nous la paix avec le Brexit !

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    Sur le vif - Mardi 29.10.19 - 16.09h

     

    De grâce, laissons le Brexit ! Le destin de l'Europe ne se joue pas dans ses rapports avec le Royaume-Uni, mais sur le continent ! L'obsession anglophile - et anglomane, et anglophone - de la presse romande l'amène à surestimer totalement le rôle d'une nation certes importante, mais périphérique pour le destin européen.

    Par pitié, considérons l'Allemagne ! L'Histoire allemande. La langue allemande. La littérature allemande. L'Histoire musicale allemande. Le prodigieux renouveau du destin national allemand, depuis Frédéric II (1740-1786), mouvement ininterrompu (le 8 mai 1945 n'est qu'une défaite d'étape).

    Passionnons-nous pour l'Ostpolitik, cette idée de l'immense Chancelier Willy Brandt (1969-1974). Analysons sans concessions la réunification de 1989/1990, entendez le pur et simple, le vulgaire et glouton phagocytage de la DDR par un Kohl atlantiste à souhait. Tentons de comprendre le vote en Thuringe. Le vote en Saxe. Le vote en Ombrie. Tentons de saisir ce qui se passe en Italie, en Pologne, en Hongrie, en Grèce, dans les Balkans.

    Et cessez de vous focaliser, à cause de votre anglomanie née de la propagande post-1945, sur une Perfide Albion qui vivra très bien son destin hors de l'Union européenne, ce qu'elle n'avait pas trop mal réussi depuis Hastings (1066) jusqu'à 1972 !

    Tout ce tropisme obsessionnel des médias sur le Brexit, tout ce bruit, toute cette fureur, nous en disent beaucoup plus long sur l'importance totalement sur-évaluée du monde anglo-saxon dans les consciences formatées de nos observateurs politiques. Et, par symétrie, sur l'incroyable sous-estimation de l'univers germanique, dans l'ordre de l'Histoire, de la politique, et avant tout dans celui de la culture.

    Foutez-nous à la paix avec le Brexit !

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Les Lumières du Prince-candidat

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    Sur le vif - Mardi 29.10.19 - 12.50h

     

    Il devient un peu lassant d'entendre le PLR genevois expliquer sa contre-performance du 20 octobre par le slogan : "Notre électorat ne s'est pas mobilisé".

    Singulière manière de se défausser. Monsieur X se présente à une élection, les citoyens n'élisent pas Monsieur X, ils plébiscitent d'autres personnes à la place de Monsieur X. Et pour toute explication, Monsieur X regrette que "son électorat" ne se soit pas mobilisé !

    Ce sophisme appelle deux remarques. D'abord, l'usage du possessif : "notre électorat". Comme si tel candidat disposait, de façon invariable, d'un patrimoine de voix, qui lui reviendraient d'office. S'il n'est pas élu, ça n'est pas qu'on l'ait désavoué, détestable hypothèse, mais que les serfs - ou métayers - constituant le socle électoral naturel du Prince-candidat ont eu la paresse de lui rendre l'hommage de l'urne.

    Deuxième remarque, le don de divination pour identifier les abstentionnistes. Un esprit simple, comme le nôtre, pourrait a priori s'imaginer que ces derniers sont dans tous les partis, parce qu'il y a des gens qui votent, et d'autres non. Mais la Lumière du Prince-candidat, infiniment plus éclairante, est assez pénétrante pour définir que ses adversaires ont fait le plein, et que les abstentionnistes sont les ingrats, les paresseux, les dormeurs du dimanche matin de son propre camp.

    Monsieur le Prince-candidat est logé à excellente enseigne, pour disposer d'une lucidité d'une telle tenue.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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