Sur le vif - Page 3

  • Prudence, austérité, bon sens

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    Sur le vif - Mardi 08.06.21 - 10.16h
     
     
     
    Il y a un temps pour la croissance, et un temps pour la prudence. Nous sommes entrés dans le temps de la prudence la plus extrême. Elle est absolument nécessaire au contrôle de nos Finances, à la réduction de la dette, au salut des classes moyennes, étouffées par l'impôt, les taxes, les primes. Et ne touchant pas, elles, un seul centime de subvention. Il n'est pas possible que le travail soit à ce point la vache à lait de la machine étatique.
     
    A cet égard, un mythe doit être frontalement attaqué : celui du distinguo - si subtilement avancé dans les débats - entre "dépenses de fonctionnement" et "dépenses d'investissements". Ces dernières sont souvent présentées comme sanctifiées, inattaquables, parce que relevant de la bonne cause, celle de l'avenir à très long terme, les fameux horizons 2030, 2050.
     
    Eh bien non. Citoyen, mais aussi petit entrepreneur, j'appelle à un contrôle aussi strict des "investissements" que du ménage de l'Etat. Notre dette genevoise atteint déjà des sommets hallucinants. Et il faudrait l'augmenter encore pour "investir" dans l'immense palais des glaces spéculatif que les Verts, évoquant le grand Roosevelt, appellent "Green New Deal". Ces emprunts-là devraient, on se demande bien pourquoi, échapper à toute tentative de frein à l'endettement.
     
    Non, non et non. Citoyen, entrepreneur, confronté comme tous à la gestion des modestes unités dont j'ai la responsabilité, je dis qu'on économise, AVANT d'investir. Et, si on n'a pas les fonds, eh bien on "n'investit" pas. C'est peut-être une conception timorée de l'économie. Mais c'est la mienne. Elle place l'humain avant les flux financiers, la prudence et le bon sens avant la course au profit spéculatif, la durabilité avant la création de bulles, vouées à l'éclatement. Ainsi doit se gérer un ménage, une entreprise, un Etat.
     
    Alors, pour ma part, le pacte passé entre Verts et ultra-libéraux, non merci. Lecteur infatigable de Rerum Novarum (1891), de Léon XIII, je veux une économie simple et saine, au service des gens. Et non des humains esclaves de la mathématique d'ombre du profit.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Genève dépensière : ça suffit !

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    Sur le vif - Mardi 08.06.21 - 07.58h
     
     
    Genève, canton le plus dépensier de Suisse. La TG nous révèle le rapport de l'institut bâlois BAK, et ses conclusions vont au-delà de nos appréhensions les plus folles : Genève dépense 89% de plus, par habitant, que la moyenne suisse !
     
    Et la gauche qui veut emprunter davantage (alors que nous détenons déjà le record de la dette), pour dépenser davantage, distribuer davantage !
     
    Citoyen de ce Canton, je maintiens ma position de toujours : rigueur, austérité, prudence, réduction de la dette et des dépenses, réduction drastique du train de vie de l'Etat, moins d'impôts pour les classes moyennes, moins de taxes, moins de pression fiscale sur le travail.
     
    Cela ne suffira pas. Une réflexion sur la diminution de la pression migratoire sur le Canton s'avère urgente. Et vitale. Et tant pis si ça relève du tabou.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • DECAPROD : quinze ans aujourd'hui !

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    Sur le vif - Dimanche 06.06.21 - 15.11h
     
     
    6 juin 2006 : il y a quinze ans, jour pour jour, je fondais mon entreprise. Inscription officielle, au Registre du Commerce.
     
    Quinze ans après, nous sommes toujours là, mon entreprise et moi. Pour une fois, le mot "durable " me convient. Alors que je déteste le mot "start-up".
     
    A ce succès, je vois quatre causes :
     
    1) Ma capacité de travail.
     
    2) Le lien de confiance mutuelle avec mes partenaires. A commencer par la chaîne Léman Bleu. Mais aussi GHI. Et tous les autres.
     
    3) La qualité des gens qui, au fil de ces quinze années, ont, de l'intérieur, partagé mon aventure : Marina Wutholen, Laurent Keller, Audrey Covo. Ma reconnaissance, aussi, envers les prestataires de services ponctuels (comptabilité, bilans annuels, installateurs de mon studio radio, dépanneurs informatiques, etc.).
     
    4) Mon extrême prudence dans la gestion financière, excluant tout emprunt, bannissant toute dette, finançant moi-même mes investissements. Ca n'est peut-être pas très audacieux, limite frileux, j'en conviens. Mais ça m'a permis de survivre. De me concentrer à fond sur le boulot, que j'exerce moi-même. Et ça me convient très bien.
     
    A tous ceux qui, par leur souci de finition du travail, leur qualité humaine, ont permis à ces quinze ans d'exister, j'adresse mon amitié et ma reconnaissance. Ainsi qu'à mes partenaires. Et à ma famille, souvent au premier plan pour contempler mes angoisses et mes inquiétudes. Mon épouse Caroline, mes deux filles, Pauline et Louise.
     
    Un petit entrepreneur, c'est un homme seul. C'est sa limite. C'est son extrême fragilité. C'est sa vulnérabilité. Mais c'est aussi sa puissance. Et sa fierté.
     
    Ah oui, un détail encore : mon père, Paul Décaillet (1920-2007), ingénieur en génie civil, a été, je crois, le plus jeune entrepreneur de Suisse. Il a obtenu sa Maîtrise fédérale pendant la guerre, alors qu’il construisait le Fort de Champex. C'est là, sur la Commune d'Orsières, qu'il a rencontré ma mère, Gisèle Décaillet-Rausis (1920-2010), en 1942, année de leur mariage. En ce jour, je pense à eux.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Les barbichettes, ça suffit !

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    Sur le vif - Dimanche 06.06.21 - 12.38h
     
     
    Mon excellent confrère Raphaël Leroy, de la RTS, est formel au 12.30h : le Service des votations était parfaitement au courant de la sous-traitance de la Poste à un privé.
     
    Alors maintenant, ça suffit. La responsabilité de l'Etat est engagée, ce que nous soulignons depuis le début. Elle s'ajoute à celle de la Poste.
     
    Ce qui est insupportable, depuis le début, c'est l'empressement de tout un petit monde à immédiatement exonérer l'Etat de toute responsabilité envisageable. Sans même se pencher sur les faits.
     
    Le défilé des barbichettes de tous les partis gouvernementaux, et jusqu'à un parti naguère protestataire et devenu aujourd'hui plus royaliste que le roi dans l'obédience au gouvernement, ça suffit.
     
    Vos barbiches et vos postiches, allez les acheter à la Gaîté, si ça vous chante de vous travestir en porte-parole du gouvernement. Et laissez travailler ceux qui sont rompus à la critique et à la distance face à tout pouvoir, d'où qu'il vienne.
     
    Il s'agit tout de même du vote souverain de sept mille de nos concitoyennes et concitoyens. On l'a laissé gésir trois jour, sur le trottoir.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Misérable plagiat

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    Sur le vif - Jeudi 03.06.21 - 10.55h
     
     
    Que M. Hodgers, ou Mme Fischer, nous tiennent un discours Vert, avec le langage des Verts, la liturgie verbale des Verts, je n'y vois aucun inconvénient. Ils ont leurs idées, les assument, c'est la vie démocratique.
     
    Que les gens du PLR (pas tous, Dieu merci) nous reproduisent le même discours, avec le même charabia, le même sabir, "urgence climatique", "neutralité carbone", alors là je vois rouge.
     
    Que les radicaux nous parlent de l'Etat ! Ils ont fait la Suisse moderne ! Que les libéraux nous parlent de la responsabilité individuelle ! C'est passionnant, et ça va chercher jusque dans les textes (sublimes) de Martin Luther ! Que les droites suisses nous parlent de leurs valeurs, à elles ! Plutôt que de plagier misérablement, par peur de déplaire, les mots de leurs adversaires.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Trottoirs de la négligence et loi du silence

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    Sur le vif - Jeudi 03.06.21 - 09.27h
     
     
    Service des votations : tout mettre sur la Poste, et rien sur le Canton, c'est le discours en vogue dans la classe politique genevoise, principalement dans les deux partis de l'Entente. Ce discours, je ne n'accepte pas.
     
    Bien sûr que le facteur a commis une bourde monumentale. Mais désolé, c'est le Conseil d'Etat genevois qui est responsable du parfait acheminement, en totale sécurité, de l'acte suprême des citoyennes et citoyens du Canton, leur vote souverain.
     
    Le Conseil d'Etat, dont dépend la Chancellerie, donc le Service des votations. Si ce dernier choisit l'acheminement des bulletins par la Poste, il doit en assumer toutes les conséquences. S'il est incapable, un week-end de Pentecôte, d'envoyer quelqu'un s'assurer, par acquis de conscience, que tout est en ordre (cela prend quelques minutes), s'il ne transmet pas à la Poste un code d'entrée, alors il y a un problème.
     
    Dans notre démocratie suisse, le patron, c'est le peuple. Et là, le peuple genevois, on a laissé gésir 7'000 de ses bulletins sur un trottoir, pendant 72 heures. Il y a une responsabilité de la Poste. Et il y a une responsabilité du Service des votations : impéritie, fonctionnement archaïque, manque d'anticipation, négligence. Nous sommes en plein processus de vote, liturgie républicaine sacrée, pour le 13 juin, elle inclut le long week-end de Pentecôte, eh bien on est au taquet, on envoie quelqu'un "guigner" si tout est OK : il n'est pas supportable que ces bulletins aient croupi 72 heures, sur le trottoir.
     
    Seulement voilà, dans la classe politique genevoise, notamment du côté de l'Entente, on s'y entend à merveille pour protéger les siens. Deux émanations de l'Etat sont concernées, aux mains de ces deux partis. Alors, on met tout sur la Poste, et on s'empresse de nous dire que le Canton n'a rien à se reprocher. Eh bien ce discours, je le conteste. Il suinte la barbichette. Il y a, autour du Service des votations et des opérations électorales à Genève, depuis longtemps, des réseaux de protection, et une loi du silence.
     
    Cela, il faut le dire. Et rien, ni personne, ne m'empêchera de le dire.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Le Conseil d'Etat en génuflexion devant la Vérité climatique

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    Sur le vif - Mercredi 02.06.21 - 14.35h
     
     
    Comment le Conseil d'Etat genevois, in corpore, peut-il commettre une pareille bourde ? Pour nous présenter, cet après-midi, son "Plan climat cantonal renforcé", avec "Objectif neutralité carbone", il choisit le siège de l'OMM, l'Organisation météorologique mondiale.
     
    Première erreur. L'autorité exécutive suprême du Canton de Genève n'a pas, quelles que soient les qualités de cet office, à nous faire part de ses projets politiques ailleurs que dans un lieu officiel de la République. Encore moins dans le siège d'une organisation internationale ! L'impression de subordination est dévastatrice.
     
    Mais cela n'est rien, en comparaison de la deuxième erreur. La première personne à parler n'est autre que la Secrétaire générale adjointe de l'OMM. Assurément une personne de qualité, cela n'est pas en cause. Mais cette dame ne se contente en aucune manière du discours de la maîtresse des lieux, délivrant un message d'accueil à ses hôtes. Elle nous parle du contenu, le climat, s'ingère dans les propositions que va nous faire le gouvernement genevois, par avance les adoube, les légitime. Après quoi, elle "donne la parole" au Président du Conseil d'Etat, M. Dal Busco.
     
    Désolé, mais cela ne va pas. Avant même de vous délivrer ici un avis critique sur ce fameux "Plan climat cantonal" (cela viendra), avant même de décrypter et dénoncer la totale mainmise de la liturgie verbale des Verts sur le langage gouvernemental genevois, je veux dire ici, très clairement, ma désapprobation citoyenne totale de cette mise en scène de subordination de notre gouvernement cantonal à une institution mondiale, et par essence mondialiste.
     
    Cela ne va pas. Personne, à Genève, n'a à "donner la parole" au Président du Conseil d'Etat genevois, si ce n'est le Chef du Protocole, par courtoisie, pour une conférence de presse gouvernementale. Mais tout cela, le Conseil d'Etat n'en a cure. Parce que l'OMM, où agit la Congrégation mondiale pour la Doctrine de la Foi climatique, c'est le Bien. Donc, aucun problème à donner l'impression de s'y subordonner.
     
    Il me semblait, depuis 1907, que ce Canton avait renoncé à toute allégeance à une doctrine supérieure, même inspirée des meilleures intentions. Je m'étais trompé : la laïcité, c'est pour les religions. Pas pour les théologiens de la Vérité climatique.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Service des votations : l'affaire est gravissime

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    Sur le vif - Mardi 01.06.21 - 11.12h
     
     
    22 caisses, contenant des enveloppes de vote, sont donc restées trois jours, soit tout le week-end de Pentecôte, sur le trottoir, devant l'entrée du Service des votations. Affaire révélée par mon confrère Raphaël Leroy, de la RTS. C'est un scandale, l'un des plus importants de ces dernières années. Il doit avoir des suites. Et pas seulement à la Poste. Pas seulement en jouant du fusible sur le facteur.
     
    Le facteur ? Bien sûr qu'il a commis une erreur monumentale. Il aurait dû ramener ce matériel à la poste, pour distribution remise au mardi suivant.
     
    Mais tout mettre sur le Géant jaune, c'est exonérer un peu vite le Service des votations, la Chancellerie, et, in fine, la responsabilité suprême de contrôle du Conseil d'Etat.
     
    Nous sommes en plein processus de vote pour le scrutin du 13 juin. Des milliers de gens déposent chaque jour leur enveloppe dans une boîte postale jaune, pour acheminement au Service des votations. Ce dernier, avec un minimum de jugeote, pouvait peut-être se douter que des enveloppes arriveraient un samedi, et donner à une personne la responsabilité de les recueillir, et de les placer en lieu sûr. Ou alors, pour le moins, le Service des votations aurait pu, en amont, passer un accord avec la Poste pour prévoir ce genre de cas.
     
    Il s'agit de nos votes, bon sang ! Il ne s'agit pas de prospectus publicitaires. Il s'agit de l'acte - sacré, en démocratie - par lequel les citoyennes et citoyens font part de leur décision suprême sur des affaires touchant aux intérêts supérieurs de la Cité. Nos autorités - clairement, le Conseil d'Etat - ont le devoir absolu de garantir le parfait acheminement de ces votes jusqu'à un lieu sûr, qui sera celui du dépouillement. Puisqu'on en est encore à passer par la Poste, alors le Conseil d'Etat et la Poste doivent avoir mis au point, en amont, le plus parfait des processus, incluant toutes les hypothèses. Celle d'une porte fermée, un samedi, le facteur n'ayant pas le code, et personne n'étant là pour assurer la réception, relève de la galéjade, du pataquès, de la pantalonnade, de l'incurie la plus totale, jusqu'au plus haut niveau de l'exécutif genevois.
     
    Tout mettre sur ce pauvre facteur, c'est exonérer l'autorité politique genevoise de sa responsabilité. Nous n'en sommes pas à la première bourde au Service des votations. Que fait la Chancellerie ? Qu'a fait la Présidence du Conseil d'Etat pour assurer aux citoyennes et citoyens genevois que le vote du peuple, seul souverain dans notre démocratie suisse, serait acheminé en totale sécurité vers son lieu de dépouillement ?
     
    Cette affaire doit avoir des suites. Personne ne doit être épargné, par des petites combines ou des copinages politicards. On ne peut plus laisser le Service des votations, la Chancellerie, le Conseil d'Etat, jouer ainsi avec la démocratie.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Que chacun assume ses mots, à lui !

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    Sur le vif - Lundi 31.05.21 - 13.52h
     
     
    Désolé, mais l'expression "neutralité carbone" appartient au jargon des Verts. Tout comme "urgence climatique". Les Verts ont le droit d'en user à leur guise, chacun est libre de ses choix de langage. Mais en aucun cas ces formules, qui reflètent un choix idéologique bien précis, n'ont à être reprises, telles quelles, par des gouvernements.
     
    Quand je vois le Conseil d'Etat genevois nous annoncer, pour après-demain, une conférence de presse in corpore pour nous chanter la liturgie du "Plan climat cantonal", avec comme objectif "la neutralité carbone d'ici 2050", je n'ai pas l'impression d'être à hauteur d'un langage gouvernemental, mais à celle d'une Grand-Messe des Verts.
     
    Je ne conteste en rien aux Verts le droit d'avoir leurs idées, ni de les défendre haut et fort. Mais l'empressement, par peur de déplaire au vent des modes, à reprendre leurs mots, leurs formules, leurs incantations, est insupportable. Tout le monde se met à parler comme les Verts : les gouvernements, les médias, les flous du PLR, les tièdes du Centre. A droite, seuls résistent encore les PLR non-contaminés, les conservateurs, les souverainistes, et une gauche du travail peu sensible aux bobos gentrifiés des villes. Pour le reste, c'est la débandade, le joyeux Rethondes de la capitulation, on prend les mots des Verts, on signe sans regarder, et va pour le "Plan climat cantonal", et vogue la galère pour la "neutralité carbone".
     
    Dans cette affaire, je ne reproche strictement rien aux Verts, ils jouent leur jeu sur l'échiquier politique. Mais de grâce, que chacun assume ses mots, à lui. Le plagiaire est l'incendiaire de la diversité de la pensée. Les choristes, sages repreneurs de formules, étouffent tout courage, toute puissance de solitude, toute aspiration au cisèlement individuel, pourtant fondateur de l'acte de langage.
     
    Que les Verts parlent comme des Verts ! Mais alors, que les radicaux se remettent à nous parler d'Etat, les socialistes du peuple, et la droite, qu'elle recommence à s'intéresser aux valeurs intellectuelles, spirituelles et philosophiques qui fondent, depuis la Révolution, son existence dans le débat public.
     
    J'invite chacun à être lui-même. Plutôt que de reprendre misérablement les syllabes de propagande des autres.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Plaidoyer d'un souverainiste viscéralement européen

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    Sur le vif - Jeudi 27.05.21 - 14.50h
     
     
    Je suis souverainiste, depuis toujours. Et je suis profondément européen. Non au sens de la machinerie de l'UE, mais dans celui, autrement plus fondateur, de mon appartenance totale à ce continent que j'aime, au sein duquel je voyage depuis six décennies, dont je parle une ou deux langues, en tentant d'en apprivoiser quelques autres, dont l'Histoire m'habite et me passionne.
     
    Toute ma formation, tous mes chemins de connaissance, le français, l'allemand, le latin, le grec, puis l'italien, un peu de grec moderne, me mènent à l'Europe. Elle est mon terroir, mon terreau, je lis ses écrivains, j'écoute ses musiciens. J'ai passé pas mal de temps en Allemagne, y compris à l'époque de la DDR, j'ai étudié avec passion la littérature allemande, je prépare une Histoire de l'Allemagne en 144 épisodes, dont 32 sont déjà publiés. Je lis la presse européenne en plusieurs langues, je m'essaye aux journaux grecs, mais là, j'ai encore un sacré boulot.
     
    Tout ça, pour inviter mes compatriotes à partager mon amour du continent. Je ne suis pas un occidental, encore moins un atlantiste, le monde anglo-saxon ne m'attire guère, je vibre pour l'Europe continentale, les Balkans, le Proche-Orient (où je me suis rendu maintes fois), l'Afrique du Nord. Je rends hommage à mes parents, qui nous ont permis, ma soeur et moi, de découvrir de fabuleux pays, dans notre enfance, aujourd'hui lointaine. Le Proche-Orient, justement, mais aussi par exemple la Scandinavie, été 1968, avec un voyage mémorable jusqu'au Cap Nord, et retour, dans la Mercedes 280 S de mon père. Inoubliable.
     
    Pourquoi j'écris ça ? Pour bien séparer deux choses. Le sentiment profond d'appartenance au continent européen (en Prusse, en Saxe, en Thuringe où vécurent Bach et Luther, je me sens chez moi, tout autant que dans un monastère perdu de la Grèce). Et puis, d'un autre côté, la défense d'une Suisse intraitable sur son indépendance, sa souveraineté. Non parce qu'elle est la Suisse, mais parce que toute nation doit être souveraine, ou n'être pas, sans troisième voie. Le destin de notre pays, pour moi, n'est pas de se fondre dans une entité supérieure. Collaborer, oui. Échanger. Apprendre à se connaître. Partager la culture, les langues. Mais en demeurant souverain.
     
    J'écris ça, aussi, parce que je couvre l'actualité Suisse-Europe depuis plus de trente ans, depuis Delamuraz, dont le souvenir illumine encore ma mémoire. J'ai couvert tous les combats, EEE, bilatérales, initiatives de l'UDC. Et maintenant, j'aspire à l'apaisement. Cet accord institutionnel était touffu, atrocement mal fagoté, le Conseil fédéral a mille fois bien fait de tirer la prise. Maintenant, il nous faut nous calmer. Respirer. Ne rien précipiter. Retirer le dossier aux diplomates et aux technocrates. Prendre quelques années pour nous demander, entre nous, les citoyennes et citoyens suisses, ce que nous voulons, en termes de politique européenne.
     
    Laissons, quelques années, nos amis Européens tranquilles, tout en maintenant avec eux des relations de confiance et de respect mutuel. Et instaurons le seul débat qui vaille : non pas celui des Suisses avec l'Europe, mais celui des Suisses avec la Suisse. Car à l'intérieur de notre pays complexe et fragile, la plus grande conquête n'est pas d'aller vers la connaissance de l'univers. Mais vers celle de nous-mêmes. Notre petit pays, riche de ses tranquilles inquiétudes, en vaut la peine.
     
     
    Pascal Décaillet
     
     
     

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  • PLR-UDC : champ libre !

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    Sur le vif - Mercredi 27.05.21 - 11.23h
     
     
    Stupidement divisées pendant trente ans par la question européenne, les deux grandes composantes de la droite suisse, le PLR et l'UDC, ont désormais le champ libre pour cheminer ensemble, beaucoup plus que sur les seules questions économiques, financières et fiscales. C'est valable en politique fédérale. Et c'est valable dans les cantons.
     
    Si, captives de leurs propres baronnies, elles ne saisissent pas la divine surprise d'hier (je connais la référence, l'utilise à dessein, et l'assume pleinement), alors nous aurons définitivement en Suisse la droite la plus bête du monde.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Suisse-Europe : restons calmes, et voyons large !

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    Sur le vif - mercredi 26.05.21 - 16.56h
     
     
    Ce mercredi 26 mai 2021 restera dans l'Histoire de la Suisse contemporaine comme un jour de salut par la clarification. Entre notre pays et l'Union européenne, deux entités parfaitement respectables par ailleurs, trois décennies d'extrême complication devaient trouver une issue, de même que le Noeud Gordien doit être tranché. Depuis aujourd'hui 16h, c'est chose faite : le Conseil fédéral tire la prise. Il enterre l'Accord cadre. Et il a mille fois raison.
     
    Je suis le dossier Suisse-Europe depuis plus de trente ans. J'ai accompagné Jean-Pascal Delamuraz dans plusieurs de ses voyage, lorsque j'étais correspondant à Berne, j'ai couvert avec une rare intensité, dans quasiment tous les cantons et dans la Berne fédérale, la votation du 6 décembre 1992 sur l'Espace économique européen. J'ai couvert Eurolex, les bilatérales, les initiatives de l'UDC, bref j'ai vibré plus de trente ans sur la question.
     
    J'aime la Suisse, mon pays. Et j'aime l'Europe, notre merveilleux continent. J'aime son Histoire, ses langues, sa musique, sa poésie, sa culture. En Provence, je me sens chez moi. En Prusse, je me sens chez moi. En Toscane, je me sens chez moi.
     
    Alors, quoi ? Alors, restons calmes. Respirons. Voyons large. Félicitons-nous d'être de ce continent, et d'avoir ces voisins-là. Les Français, les Italiens, les Allemands, et tous les autres, sont nos amis. Notre refus d'aller dans la machine institutionnelle de Bruxelles n'empêche pas cet élan de fraternité continentale, loin de là.
     
    Le Conseil fédéral a raison de tirer la prise. Notre relation avec l'Union européenne, ni adhésion ni voie solitaire, beurre et argent du beurre, était devenue insupportable de complexité. Déjà l'écheveau de Jean-Pascal Delamuraz, auquel je croyais et auquel j'avais dit oui le 6 décembre 1992, était beaucoup trop touffu. Dévoré par la pieuvre des fonctionnaires ! Dépourvu de la nécessaire clarté en politique dont parle si souvent l'un des hommes que j'admire le plus, Pierre Mendès France.
     
    Le Conseil fédéral arrête les frais, c'est une bouffée d'air. Ne précipitons rien. Restons calmes. Demeurons aimables avec nos partenaires. Et prenons le temps, entre nous, de savoir exactement ce que nous voulons. Ensuite, peut-être, nous donnerons un mandat à nos diplomates. Et puis, peut-être pas. La Suisse est un grand peuple, une démocratie à l'écoute des ses citoyennes et citoyens. Et l'Europe est un grand continent, qui n'a pas à rougir de son rôle dans l'Histoire du monde. C'est avec ces voisins-là que nous devons, sans nous énerver, construire quelque chose de solide pour l'avenir. Il nous appartient, entre nous, à l'intérieur du débat politique suisse, d'en définir les contours, avant de donner le moindre signal à l'extérieur.
     
    Le Conseil fédéral, aujourd'hui 16h, a pris son épée. Et il a tranché le Noeud Gordien. Ca fait du bien. On respire. La Suisse ne va pas s'écrouler, l'Europe non plus. Ne nous laissons plus jamais impressionner par les surexcités, les pistolets sur les tempes. Soyons des citoyennes et des citoyens libres, cultivés, ouverts aux autres peuples, avides de savoir et de connaître. Lisons Thomas Mann, lisons les poèmes de Pasolini, lisons la poésie grecque, ancienne et contemporaine. Pénétrons-nous de la musique de ce continent. Arrachons l'idée européenne aux fonctionnaires et aux pusillanimes. Soyons citoyens. Cheminons vers la connaissance. Cheminons, comme Heidegger nous y invite, vers la langue, et vers le langage. C'est cela, en Suisse et en Europe, l'enjeu de notre destin.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Arvo Pärt, la musique de la vie

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    Sur le vif - Lundi 25.05.21 - 15.03h
     
     
    Enfant, j'accompagnais régulièrement mon père, ingénieur en génie civil, le samedi, sur des chantiers qu'il avait en Valais, des tunnels de montagne. Il avait rendez-vous avec le chef de chantier, nous nous engouffrions dans la roche, il y avait de l'eau, de la boue, les gouttes suintaient de partout dans la pierre, c'était saisissant. Je me souviens aussi qu'il y avait des anfractuosités avec un sifflement d'air, comme du vent qui aurait réussi à s'immiscer dans les galeries.
     
    C'est exactement à cela que j'ai pensé hier soir, en écoutant sur Mezzo le prodigieux concert donnant cinq oeuvres du compositeur estonien Arvo Pärt, né en 1935. Enregistrement le 20 octobre 2018, Philharmonie de Paris, Talinn Chamber Orchestra, Estonian Philharmonic Chamber Chor, le tout dirigé par le grand chef estonien Tonu Kaljuste.
     
    Je vous invite, si vous ne la connaissez pas, à découvrir la musique d'Arvo Pärt. C'est l'un de nos plus grands contemporains. On le qualifie de "minimaliste", et c'est vrai que son style est le plus épuré qu'il nous soit donné d'entendre. Il joue de quelques accords, rejette toute fioriture, toute modulation, nous donne à écouter la note, dans une totalité qui rappelle le plain-chant grégorien. Parfois, cet effet qu'Arvo Pärt appelle le style "tintinnabuli", et qui simule le son d'une cloche, ou de clochettes. Des gouttelettes aussi, peut-être.
     
    La note s'étend dans l'immensité de ce qui pourrait bien être une grotte de montagne. Un tunnel en construction, d'où perlent les gouttes, de partout. C'est une musique de barrage, dans ses entrailles. C'est une musique de cathédrale. Une musique d'une incroyable modernité, contemporaine à nos angoisses, nos aspirations à l'unité retrouvée.
     
    Hier, sur Mezzo, c'étaient Fratres, puis le Cantus in memoriam Benjamin Britten, puis Adams Lament, puis Salve Regina, puis son fameux Te Deum.
     
    Cet univers sonore nous amène dans un autre monde. Ou plutôt non : dans ce monde-ci, le nôtre, dans ce qu'il a d'élémentaire, d'aérien, de liquide, de minéral. Des tuyaux d'orgues, en plus simple, avec comme seul jeu celui de la vie et de la mort. La vie, avec ses pulsations, son rythme, le temps qu'elle prend. Comme Jean-Sébastien Bach, c'est une musique pour les vivants. La musique de la vie.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Que la droite soit la droite !

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    Sur le vif - Vendredi 21.05.21 - 07.22h
     
     
    Je l'ai dit, je le répète : le soutien des instances PLR à la loi CO2 est incompréhensible.
     
    Je dis bien "les instances". Pas la base du parti ! Pas les petits artisans, les petits entrepreneurs, les livreurs, les propriétaires de camionnettes, ceux qui se lèvent le matin au fond d'une vallée latérale et doivent faire des kilomètres pour aller bosser dans la plaine. Pas les bons vieux radicaux cassoulet, qui ont encore les mains dans le cambouis, et qui nous manquent tant. Ils ont fait la prospérité de la Suisse !
     
    Cette adhésion de la droite à un projet culpabilisant et surtaxant est révélatrice de la contamination des esprits par la doxa des Verts. Ils réussissent, par leur discours moralisateur et apocalyptique, à faire douter leurs adversaires de leurs propres valeurs.
     
    Quand la droite aura retrouvé ses fondamentaux, dont elle n'a absolument pas à rougir et dont beaucoup ont fait ce pays, elle pourra, tout en se montrant attachée à la protection de la planète (dont les Verts ne détiennent absolument pas le monopole), recommencer à tenir un rôle signalé dans les esprits.
     
    Sinon, ravagée par la mauvaise conscience instillée à dessein par ses adversaires, elle continuera de rouler de défaite en défaite.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Décevant, M. Dal Busco !

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    Sur le vif - Jeudi 20.05.21 - 15.03h
     
     
    La circulation redevient insupportable à Genève, on sent la fin de crise. Le lundi 31 mai, le jour même où les bistrots rouvriront, le Pont du Mont-Blanc transformera Genève en enfer. Rafraîchissante coïncidence.
     
    Il eût été trop simple, M. Dal Busco, de commencer les travaux pendant la crise Covid, alors que la circulation était moins pesante, sur Genève.
     
    Il eût été trop simple de les commencer au début de l'été, laissant ainsi aux Genevois le répit de juin.
     
    Il eût été trop simple d'éviter le collusion avec le redémarrage de l'économie.
     
    Les Genevois, M. Dal Busco, ne vous reprochent pas d'entreprendre des travaux sur le Pont du Mont-Blanc.
     
    Mais une quantité d'entre eux ne supportent plus le manque de coordination, de recul, de vision d'ensemble, de vos décisions. Elles tombent, l'une après l'autre, comme des couperets successifs. On ne sent ni empathie pour le brave automobiliste moyen, ni largeur de vue. Juste des ukases, égrenés sans état d'âme.
     
    C'est décevant, M. Dal Busco. Très décevant. Le Docteur Faust avait vendu son âme au Diable. Auriez-vous vendu la vôtre à la doxa des Verts ?
     
     
    Pascal Décaillet

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  • D'abord les nôtres !

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    Sur le vif - Vendredi 14 mai 2021 - 10.31h
     
     
    La situation économique extraordinairement difficile dans laquelle va s'installer la Suisse post-Covid va vous imposer des choix de survie.
     
    Au premier plan d'entre eux, s'imposera tout naturellement une régulation draconienne des flux migratoires. Le concept "D'abord les nôtres" sera de moins en moins contesté, l'idée s'imposera doucement, de même que la préférence cantonale, à Genève, a progressivement conquis les consciences, ces dix dernières années.
     
    Des secteurs comme l'hôtellerie-restauration, le transport aérien, sont exsangues, parmi hélas beaucoup d'autres. Il faudra une solidarité nationale. Les Suisses y sont prêts. Mais une majorité d'entre eux exigeront que l'aide parvienne en absolue priorité à ceux d'ici, ceux qui depuis des décennies ont fait ce pays, ceux qui ont travaillé toute leur vie pour sa prospérité. Avec une attention toute particulière au régime des retraites. Et à la diminution des charges sur les classes moyennes.
     
    Nulle relation internationale de la Suisse, nulle politique extérieure, notamment face à l'Union européenne, nulle cléricature de diplomates, ne pourra faire l'économie de cette exigence ascendante, puissante, tellurique, de l'opinion publique suisse : d'abord les nôtres.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Penthes, un lieu où doit souffler l'esprit !

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    Sur le vif - Mardi 11.05.21
     
     
    Je suis, depuis des décennies, un amoureux du Château de Penthes, comme je le suis, depuis ma plus tendre enfance, du Jardin Botanique. J'ai passé mes premières années dans le quartier, j'y ai grandi, j'en connais personnellement chaque arbre. Puis, j'ai vécu ailleurs. Et, depuis 28 ans, à nouveau à l'endroit de ma naissance.
     
    Depuis un quart de siècle, j'accomplis toujours la même boucle, environ quatre kilomètres, en passant exactement aux mêmes endroits, qui sont ceux de mon enfance : Parc Mon-Repos, Jardin Botanique, Château de Penthes, avenue de la Paix, Parc de l'Ariana, Nations, puis retour vers le Parc Mon-Repos.
     
    Je ne veux pas entrer ici dans les bisbilles entre l'Etat et telle Fondation, pour les différentes affectations du Château et de ses dépendances.
     
    Amoureux fou de Genève, et notamment de cette Rive droite qui mérite davantage de culture, de reconnaissance et de mémoire, je ne puis imaginer qu'un Domaine aussi sublime que celui de Penthes puisse échoir à d'autres fins que celles du Patrimoine, de la culture, du débat citoyen, de la vivacité de l'esprit, de la puissance des arts. Il faut que Penthes, pour reprendre la très grande phrase de Maurice Barrès, soit de ces lieux où souffle l'esprit.
     
    J'ajoute une chose : le Domaine de Penthes est d'une telle beauté qu'il doit appartenir à tous les Genevois. Le Parc doit impérativement demeurer public. Les dépendances du Château doivent être affectées à l'élévation, voire la sublimation, du niveau culturel du plus grand nombre. Musées, expositions, débats d'actualité, fureur du verbe, puissance des arguments, idées nouvelles. Pas de poussière, par pitié : juste la lumière.
     
    J'ai dit "le plus grand nombre". En clair, tous les Genevois. Le peuple. Accès gratuit. Temple de la connaissance. Respect de la nature et du silence. Oui, l'esprit doit souffler. Et cette petite brise, entre les ramées des arbres centenaires, doit s'entendre comme un signe des dieux. Jusque sur Jupiter.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Le champ du possible

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    Sur le vif - Mardi 11.05.21 - 01.33h
     
     
    Profs d'Histoire, en ces heures où tout s'embrase à nouveau,
    enseignez à vos élèves ce qu'est l'Esplanade des Mosquées ! Ce qu'est le Mur des Lamentations ! Ce qu'est le Saint Sépulcre ! Racontez-leur Jérusalem ! Initiez-les à l'Orient compliqué !
     
    Plus ils sauront, moins ils seront péremptoires, moins ils seront partisans, moins ils seront unilatéraux. Plus ils respecteront l'ensemble des peuples impliqués dans les conflits.
     
    Je suis allé maintes fois au Proche-Orient, depuis mon premier voyage familial, en 1966. Pour l'enfant de huit ans que j'étais, un éblouissement, pour la vie. Onze mois plus tard, c'était la Guerre des Six Jours.
     
    Il faut ouvrir les livres d'Histoire. Les laisser parler. Les confronter. C'est l'œuvre d'une vie, jamais accomplie, toujours recommencée.
     
    Il faut se confronter aux textes, aux langues, aux témoignages.
     
    Je suis, depuis des années, sur une entreprise gigantesque autour de l'Histoire de l'Allemagne, de 1522 à nos jours. Plus j'ouvre des livres, plus je dévore, plus je suis saisi de vertige devant l'immensité de ce qui me reste à accomplir. C'est terrifiant, mais nourrissant.
     
    Il faut, toute sa vie, cheminer vers la connaissance, vers le langage. Non pour résoudre. Mais, peut-être, pour écarter un peu le champ du possible.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • L'amour partagé du sens et de la langue

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    Sur le vif - Mercredi 05.05.21 - 16.06h
     
     
    J'ai toujours été opposé à l'idée de coller des images sur des mots. Comme dans certaines méthodes scolaires d'enseignement des langues, niaises et méprisantes pour la capacité d'abstraction de l'élève.
     
    Un mot est un mot. A lui-même, il se suffit. Par son simple énoncé, sonore ou écrit, il porte le sens. Si j'écris "éléphant", vous voyez immédiatement l'animal, dans votre cerveau. Nul besoin pour moi, à moins de vous prendre pour de parfaits demeurés, d'en dessiner un, juste en face du mot, pour être sûr que vous ayez saisi.
     
    De même, j'ai toujours méprisé l'usage des rétroprojecteurs. J'ignore s'il en existe encore, mais il fut un temps, années 80, 90, où tout locuteur, devant une assistance, se croyait obligé de soutenir son discours par le plan de ce dernier, doucement dévoilé au fil des mots, parce qu'on tient caché ce qui va suivre. Ca s'appelle prendre les gens pour des cons.
     
    Or, les gens ne sont pas cons. Si vous les regardez en face, dans les yeux, en vous tenant debout, si vous parlez d'une belle voix, claire et posée, avec des syllabes articulées, du rythme, des silences, de la conviction, rassurez-vous : le message passera. Et vous n'aurez besoin de nul autre support que celui de votre éloquence.
     
    Il ne s'agit pas d'effets d'orateurs. Non. Juste parler. Vouloir convaincre, ou expliquer. Utiliser sa voix, ses cordes, son sourire, son humour, créer une complicité avec l'auditeur. Rien de plus. Ni Démosthène, ni Cicéron, ni Bossuet. Non, juste un humain qui s'adresse à d'autres humains. Dans l'amour partagé du sens et de la langue.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Loi CO2 : le Conseil d'Etat est pour. Et alors ?

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    Sur le vif - Mercredi 05.05.21 - 15.21h
     
     
    "Le canton apporte pleinement son soutien à la loi sur le CO2 dans la perspective de la votation populaire du 13 juin 2021". A quoi rime cette prise de position, publiée à l'instant dans le communiqué hebdomadaire du gouvernement ?
     
    La loi CO2 est une affaire fédérale. Les citoyennes et citoyens du Canton de Genève s'exprimeront sur cet objet à hauteur des intérêts supérieurs de l'ensemble du pays. Ils voteront oui. Ou ils voteront non. Chacun est libre. Nul besoin que le Canton où ils résident vienne en rajouter une couche, en tentant d'influencer leur vote.
     
    Citoyen, je n'aime pas ces procédés. Où on se camoufle sous l'officialité d'un communiqué pour balancer une propagande idéologique.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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