Sur le vif - Page 3

  • Réflexions sur les saveurs et les complexités de la question autrichienne

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    Sur le vif - Samedi 30.01.21 - 16.04h
     
     
     
    Ca travaille sec, dans mon for, je rumine à mort l'Histoire littéraire et musicale autrichienne, fin dix-neuvième, début vingtième. Rien que sur ce thème, je pourrais vous proposer 144 épisodes. Seulement voilà, il faut choisir. Et déjà, bien décider dans ma tête la part exacte que veux laisser à l'Autriche dans ma Série Allemagne.
     
    Comme je l'ai déjà écrit ici, l'Autriche ça n'est pas l'Allemagne, mais ça n'est pas non plus la non-Allemagne. Il y eut un millénaire de proximité, ce fut le Saint-Empire (800-1806). Puis, il y eut une rupture. Puis, l'Anschluss (1938-1945), puis à nouveau deux Etats bien séparés. Pour être franc, le statut exact de l'Autriche, dans le monde germanique, me fascine et m'habite intensément, depuis très longtemps.
     
    Mes portes d'entrées, depuis 1806 en tout cas, sont presque exclusivement littéraires et musicales concernant l'Autriche : la rupture du Saint-Empire, causée par les victoires de Napoléon, notamment celle d'Iéna contre la Prusse, a cassé quelque chose dans l'Histoire autrichienne. A bien des égards, la grande aventure de l'Autriche-Hongrie, au dix-neuvième, et le modèle impérial (jusqu'en 1918) avec ses innombrables minorités, montant jusqu'à la Galicie polonaise, ont servi de paravent de gloire à une incapacité, à partir de 1806, à intervenir avec crédit sur les fronts de l'Europe occidentale. Désormais, ces derniers (1870, 1914, 1940) seront franco-allemands. A Sadowa (1866), la Prusse avait vaincu l'Autriche, les Allemagnes du Nord avaient montré à celles du Sud qu'elles étaient, désormais, les maîtresses du jeu.
     
    Alors oui, je pourrais consacrer 144 épisodes à la seule Histoire autrichienne, de 1806 à 1945. Mais pour l'heure, il me faut parler d'Autriche, intégrer la grande équation autrichienne, qui est celle de toute la germanité du Sud, dans ma Série en 144 volets sur l'Histoire allemande. A priori, je pense qu'une bonne quinzaine des 115 épisodes qui me restent à construire devraient être consacrés, de près ou de loin, à des affaires autrichiennes, principalement musicales, poétiques et littéraires. Mais c'est un ordre de grandeur : rien que sur la Prusse, qui me fascine autrement que l'Autriche, et depuis l'enfance, et dont je connais par coeur chaque fragment d'Histoire depuis la Guerre de Sept Ans (1756-1763) je pourrais me plonger dans un monumental ouvrage en soi. C'est compliqué de choisir : cela a toujours été mon grand problème.
     
    Pour l'heure, j'écoute Mahler, que je pensais ne pas aimer dans mon adolescence, et vers lequel, maintenant, une forme irrévocable de puissance astrale m'attire. J'écoute Bruckner, auquel je fus initié dans la plus belle Basilique de Haute-Bavière, en juillet 1973, par Eugen Jochum et les Wiener Symphoniker. J'écoute Schönberg. J'équilibre, en me laissant guider par l'apparence hasardeuse de l'instinct, mon violent tropisme pour le Nord luthérien, par un attachement tout aussi viscéral à la latinité catholique des Allemagnes du Sud. En musique, cela donne un univers d'une saveur et d'une complexité qui, adolescent, me faisaient un peu peur. Et qui maintenant, en vieillissant, en contemplant, dans la jouissance de la simplicité, les splendeurs de la vie, m'emportent complètement. Je ne peux plus vivre sans Mahler. Je ne peux plus vivre sans Bruckner. Je ne peux plus vivre sans Schönberg.
     
    La question autrichienne, ces temps, me poursuit jour et nuit. Alors, je voulais juste vous en faire part. Le prochain épisode, no 30, est en préparation. Ceci n'était pas un épisode. Juste un intermezzo. Une viennoiserie. A l'heure du goûter.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Pourquoi sommes-nous ici ?

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    Publié sur mon site FB - Jeudi 28.01.21 - 14.56h
     
     
    Si le géant sur lequel nous nous exprimons ici, perçu par nous comme espace de liberté, devient un cloître de censure, alors il nous appartient, à nous, de choisir l'émigration.
     
    Pourquoi sommes-nous ici ? Parce que nous sommes des hommes et des femmes libres, et que nous entendons le rester. Nous n'avons pas attendu le féminisme pour nous respecter d'un genre à l'autre. Nous n'avons pas attendu le climatisme pour aimer passionnément la nature. Nous n'avons pas attendu le moralisme pour nous comporter correctement sur cette Terre.
     
    Pourquoi sommes-nous ici ? Parce que ce réseau social (Facebook) offre à chacun d'entre nous, tel qu'il est et sans avoir à se farder, une fenêtre ouverte pour s'exprimer. Pour ma part, depuis une dizaine d'années, je tiens ici mon journal. Politique, culturel, historique, musical. J'écris des textes, vous aimez ou non, chacun est libre, et c'est tant mieux. Je tiens mon journal, et je vous prends à témoins, depuis juillet 2015, de l'immense chantier dans lequel je me suis lancé : raconter l'Histoire de l'Allemagne, depuis 1522, en 144 épisodes. Je publie ici ce qui sera, sans doute, un jour, un ouvrage. Je publie en feuilleton, en attendant le résultat d'ensemble.
     
    Pourquoi sommes-nous ici ? Parce que nous aimons la liberté. Celle du verbe, celle de l'esprit. Nous ne sommes pas des traceurs de marges, nous vivons dans le corps des textes, nous voulons vivre, respirer, à visage découvert. Et, puisque le temps est au masque pour raisons sanitaires, que du moins, ici, nous puissions rire et sourire, séduire, laisser se rapprocher nos âmes. Car nous avons des âmes.
     
    Pourquoi sommes-nous ici ? Parce que nous ne trouvons plus, dans les journaux traditionnels, cette liberté d'être et de dire qui vivifie les cœurs. Nous n'y trouvons plus que convenance, obédience, uniformité. Nous espérons mieux de l'écriture. Nous en attendons autre chose.
     
    Nous sommes ici pour la liberté. Mais si le support lui-même se met à ressembler à ces dieux qui dévorent leurs enfants, ou d'autres leurs parents, ou à ces chasseurs d'hérétiques qui bâillonnent les âmes, alors nous émigrerons. Nous irons chercher ailleurs le support de nos échanges. Au besoin, nous en créerons nous-mêmes. Une infinité de réseaux locaux, confiants et fraternels, dans la passion du savoir et dans celle du verbe, plutôt qu'un Moloch mondial.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Courageux Jeunes PLR

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    Sur le vif - Jeudi 28.01.21 - 08.33h
     
    À juste titre, les Jeunes PLR suisses rappellent ce matin l'absolue nécessité d'indépendance de la BNS. Il fallait, dans l'hystérie actuelle, avoir le courage de le dire. Comme il en avait fallu pour attaquer frontalement Billag. Des positions claires, qui tranchent avec la tiédeur du Marais.
     
    Hier après-midi, pour rappel, les sections romandes du PLR défendaient l'idée d'aller allègrement piocher quelques milliards dans notre Banque centrale. Voilà qui arrangerait bien les humeurs capitulardes, face à la dette, de certains de leurs grands argentiers cantonaux.
     
    Les optimistes diront qu'on voit dans cette diversité d'opinions, sur une question majeure, toute la richesse d'un grand parti national, héritier de celui qui a fait la Suisse. Les autres songeront aux dernières décennies de l'Empire romain. Lorsque le ver était dans le fruit. Et que néanmoins, on chantait, on dansait.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Mme Fontanet et ses paravents

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    Sur le vif - Mercredi 27.01.21 - 14.17h
     
     
    Désolé si je suis très seul à le dire et si je jette un froid, mais je ne suis absolument pas convaincu par la passion que semble investir Mme Fontanet dans les questions liées au genre, à l'anti-discrimination et à l'égalité.
     
    Thèmes à la mode, éminemment rassembleurs. Nul n'osera s'y opposer, de peur d'avoir face à lui la meute communautariste des collectifs et des associations, dûment subventionnés par le contribuable pour rugir, s'indigner, anéantir toute opinion contraire à leur dogme, dresser le bûcher des hérétiques.
     
    J'en veux à Mme Fontanet de tant insister sur ces sujets. Je ne suis pas dupe de son petit jeu : en brandissant des questions sur lesquelles le Parlement sera d'accord (en vertu des contraintes et intimidations énumérées plus haut), on s'achète à bas prix un label de rassembleuse, celle qui sait dégager des majorités, oh la grande dame, que même la gauche applaudira.
     
    Eh bien moi, je n'aime pas ce procédé. La ficelle est lisible, pour qui sait lire, c'est une forme de populisme, que personne n'osera condamner, puisqu'il va dans le sens de la doxa ambiante.
     
    J'y vois surtout un immense paravent. Habile, la ministre nous jette un rideau de fumée avec un sujet de société où elle sait qu'elle sera gagnante. Et ce procédé de trompe-l’œil lui permet de cacher quoi ? Réponse : l'essentiel de sa mission ! L'état terrible des Finances genevoises, dont elle a, jusqu'à nouvel ordre, la responsabilité. Les déficits se cumulent, la dette se creuse à n'en plus finir, Mme Fontanet elle-même s'y est convertie, nous allons laisser à nos enfants une ardoise hallucinante. Nous allons à la catastrophe.
     
    Dans ces conditions, en termes d'image, mieux vaut avancer des sujets de société où l'on pourra apparaître comme une réformatrice devant l'Histoire. Déjà, la notice biographique est prête. Déjà, le choeur des louanges est programmé. Le salut des contribuables, des classes moyennes, de ceux qui se lèvent le matin pour bosser, ce sera pour une autre vie.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Les survivants du Déluge

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    Sur le vif - Mardi 26.01.21 - 23.43h
     
     
    Dans la Saxe de Haendel et la Thuringe de Bach, s'est produit, dans les premières décennies du dix-huitième siècle, comme un éblouissement de la conscience humaine. Une lumière supérieure à celle de la foudre, plus douce et plus intense.
     
    Ce miracle ne s'est pas forgé par la science, bien que nous fussions dans les prémisses de l'Aufklärung, mais par des notes de musique, posées sur des paroles.
     
    Cette parole, c'est, chez Bach, celle de la traduction de la Bible par Luther, deux siècles plus tôt (1522).
     
    De ces provinces paisibles et paysannes, avec leurs villages nichés aux creux des vallons, à l'orée de l'immense forêt, le Thüringer Wald, juste signalés par le surgissement d'un temple, a surgi cette jonction d'une parole, d'un rythme et d'une tonalité, qui ont traversé les siècles.
     
    Il faut savoir une chose. Les Allemagnes du jeune Bach, du jeune Haendel, tous deux natifs de 1685, reviennent littéralement du néant. Une génération plus tôt, en 1648, à la fin de la Guerre de Trente Ans, c'était la ruine totale. Comparable à ce que sera celle de 1945.
     
    Bach, Haendel, et, juste avant eux, le grand Buxtehude à Lübeck, ont pour mission de réinventer un monde. Ils sont, comme Noé et ses fils débarquant sur le Mont Ararat, les survivants du Déluge.
     
    Ils reviennent de l'Apocalypse. Ils doivent tout reprendre à zéro. Pour l'un, c'est la sublimation des Psaumes. Pour l'autre, la narration du monde en opéras et en oratorios.
     
    Et avec eux, le destin allemand qui redémarre. Par les syllabes et par les notes. Par la langue, et par la musique. Par la voix, par le souffle et par le corps. Par le verbe, par l'esprit et par le chant.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Maudites plumes !

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    Sur le vif - Mardi 26.01.21 - 13.07h
     
     
    Dernière minute - Le peuple pakistanais se prononcera le 7 mars sur une initiative visant à ancrer dans la Constitution l'interdiction du costume tyrolien.
     
    La population locale semble avoir de plus en plus de peine à supporter l'omniprésence - bien connue - des chapeaux à plume et cuissettes de cuir dans les rues des quartiers populaires de Karachi.
     
    Le costume bavarois, quant à lui, style Oktoberfest, n'est pas concerné par le texte. "Nous avons voulu, affirment les initiants, concentrer notre texte sur un objet précis. Nous n'entendons en aucun cas amalgamer notre interdiction à l'ensemble des coutumes vestimentaires traditionnelles de l'Arc alpin germanophone".
     
    Philosophes et parlementaires se déclarent favorables à l'interdiction. Et le martèlent à l'envi sur les réseaux sociaux.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Cyril Aellen : une campagne qui commence bien

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    Sur le vif - Lundi 25.01.21 - 13.59h
     
     
    Le début de campagne de Cyril Aellen est excellent. Parce qu'il nous surprend. Et a l'audace d'ouvrir des horizons.
     
    De ce spécialiste des Finances cantonales, avec qui, depuis une décennie, nous avons tant débattu de la dette et des déficits, on aurait pu craindre une campagne sur ce seul thème. Il n'en est rien : le candidat PLR défriche là où on ne l'attend pas. Et il a parfaitement raison.
     
    Il multiplie, par exemple, les interventions sur la Formation, au sens très large, incluant à juste titre la formation professionnelle et l'apprentissage. Et puis, ce matin, un autre thème, qui pointe une réalité en souffrance : il annonce intervenir au Grand Conseil pour une réouverture (dans le respect des normes sanitaires) des lieux culturels. C'est un vrai problème, il a raison de l'empoigner, il esquisse une solution, il ouvre une fenêtre, il nous donne un peu d'air, ça fait du bien par les temps qui courent.
     
    La Formation, la Culture. Deux domaines qui ne sont pas voués pour l'éternité à relever de la gauche. On rêve d'un DIP enthousiasmant, performant, passionné de culture et de transmission, sans pour autant charrier des armées d'apparatchiks. On rêve d'autre chose que d'un amas de décombres, un champ de ruines. On rêve d'une culture qui nous ébouriffe et nous élève, qui nous remue et nous soulève, sans pour autant verser dans le clientélisme. Une droite intelligente, éclairée, audacieuse, pourrait parfaitement gérer, à Genève, ces deux domaines.
     
    Une campagne qui commence bien. Ce qui, bien sûr, ne préjuge en rien de son résultat final. Nul d'entre nous, pour l'heure, ne peut prédire qui sera élu. Et c'est très bien ainsi : la démocratie est faite pour nous surprendre, elle est une affaire du peuple face au peuple, à des milliers de lieues des intermédiaires, des états-majors et des petits calculs des partis.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Ni anges, ni bêtes !

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    Sur le vif - Dimanche 24.01.21 - 14.39h
     
     
    Des esprits libres ? Mais chacun d'entre nous est persuadé d'en être un ! Convaincu, aussi, d'être soi-même un peu plus libre que tous les autres. Écrire, prendre position, c'est affirmer cette liberté, faire sans cesse vibrer d'infinies variations sur le thème du libre-arbitre, face à la convenance. Comme nous sommes très orgueilleux, chacun, dans cette dialectique, s'attribue le beau rôle : celui du penseur libre, face à la masse captive.
     
    En réalité, c'est plus compliqué, et nous le savons bien. Même ceux qui s'efforcent de penser librement (d'aucuns s'en dispensent facilement) se trouvent en fait configurés par un nombre impressionnant de paramètres, sur lesquels ils n'ont pas prise : leur passé, leurs souffrances, leur éducation, les choix de lectures qu'ils se sont eux-mêmes imposées. On érige sa statue comme on bâtit des murs, même glaise, même ciment.
     
    Personne n'est totalement libre. Et personne n'est entièrement captif. Nous sommes tous dans les méandres d'un entre-deux. Il y a ce qui nous conditionne, et il y a, parfois (on l'espère, tout de même), le feu de certaines percées. De la banalité comme de la saillie, nous sommes tous capables. Nul d'entre nous n'est maudit pour l'éternité, nul n'est sauvé a priori. Vivre, écrire, c'est tenter de se frayer un chemin entre l'erreur et la vérité, entre le masque et la sincérité, entre la parole qui porte et celle qui nous enferme dans notre solitude.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Demain l'insolence, promis juré !

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    Sur le vif - Vendredi 22.01.21 - 19.20h
     
     
     
    Ils disent tous : "Nous allons être insolents, impertinents, vous allez voir ce que vous allez voir !".
     
    C'est bien, mes amis, constamment interrogés, par vos confrères, sur ce que vous ALLEZ FAIRE. Un jour ! C'est fou, en passant, cette manie de se focaliser sur les INTENTIONS, là où on dispose d'une certaine matière, me semble-t-il, pour juger sur ACTES.
     
    C'est bien, avec vos futurs journaux, qui paraîtront UN JOUR, soyez insolents, impertinents.
     
    Mais juste une question : vous vous exprimez dans l'espace public depuis des années, et même des décennies pour certains. Vous avez déjà derrière vous de longues carrières dans la presse romande. Vous avez été rédactrices en chef de journaux, tiens certains d'entre eux ont disparu, d'ailleurs. Vous n'avez jamais songé, pendant ces longues années où vous en aviez le pouvoir et l'occasion, même de l'extrême commissure des lèvres, à vous montrer insolents, impertinents ?
     
    Ne me dites pas que la promesse de l'insolence, l'imminence de l'impertinence, ne seraient qu'un argument marketing. Ce serait un peu désespérant, non ?
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Chair, feu, esprit

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    Sur le vif - Jeudi 21.01.21 - 22.53h
     
     
    Depuis l'enfance, grâce à un homme de lumière que j'ai fréquenté pendant quatre ans (1965-1969), je déteste l'idée qu'une religion soit supérieure à une autre.
     
    C'est pourquoi je n'en stigmatise aucune - je dis bien AUCUNE - et respecte infiniment tout mouvement spirituel, exprimé dans ses particularismes et au sein de l'infinie diversité du monde, amenant l'humain vers une forme de transcendance.
     
    Je combats absolument l'idée de religion universelle, qui devrait s'imposer sur les autres. Le polythéisme antique, tel que revisité par les plus fulgurants poètes allemands, Friedrich Höldelin en tout premier, m'habite intensément.
     
    J'écris ces quelques lignes en écoutant, sur la remarquable chaîne Stingray Classica, le violoniste letton Gidon Kremer interpréter, seul devant un autel doré, l'intégrale des Partitas pour violon seul, BWV 1001-1006, de Jean-Sébastien Bach.
     
    Chaque fois que je me rends en Thuringe, la patrie de Bach (j'y étais encore l'été dernier, 2020), je me dis que de ces racines-là, ancrées dans la palpitation du destin allemand, a jailli un jour l'universel.
     
    Pas du ciel ! Des racines.
     
    Faut-il préciser, à tout hasard, que c'est aussi, Saxe-Thuringe, la patrie de Martin Luther ?
     
    Cette patrie-là, de chair, de feu et d'esprit, matrice d'une musique et d'une langue, est aussi, au plus profond de ma vie intérieure, la mienne.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Capitole : le Bal des Revenants

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    Sur le vif - Jeudi 21.01.21 - 15.50h
     
     
    On les croyait sur l'Aventin, les voici au Capitole. Tous, ceux de la Garde et ceux de l'Arrière-Garde, vétérans de toutes les guerres, à commencer par celles qu'en bon Démocrates, ils ont eu soin de déclencher. Quel casting : les époux Obama, les époux Clinton, le Ban et l'Arrière-Ban de l'Amérique qui pense si juste, si bien, que tous nos médias, en Europe, reprennent à l'unisson leurs couplets.
     
    Une investiture ? Non, Sire, une Restauration ! Il nous manquait juste, sur le parvis militarisé du Capitole, les Comtes de Provence et d'Artois, frères du Roi guillotiné il y a aujourd'hui 228 ans, devenus Louis XVIII et Charles X. Après la Révolution, le Consulat et l'Empire, ça fait rêver, non, le retour des perruques et des bas de soie ?
     
    Une investiture ? Non, tout au plus un Bal des Revenants. L'Amérique du New York Times et du Washington Post. L'Amérique qui a réussi, en août 1974, à avoir la peau de Richard Nixon. L'Amérique des flux cosmopolites et des déclarations de guerre au monde entier. Les consciences immaculées de la Pax Americana.
     
    Hier, devant le Capitole, sous une protection policière et militaire sans précédent, la Cérémonie de la Restauration. Le grand retour de l'Ancien Régime. Pendant quatre ans, ils vont nous dire que tout est rentré dans l'ordre. Quel ordre ? Mais le leur, pardi !
     
    Pendant quatre ans, ils vont totalement noircir le mandat de Trump. Occulter son absence de guerre, les remarquables résultats en économie et contre le chômage. Nous dire que ces quatre ans furent une anomalie de l'Histoire, une parenthèse. Mais que l'ordre juste, le cosmos qui est aussi beauté, en ce 20 janvier 2021 fut rétabli.
     
    Pendant quatre ans, tous nos médias européens vont, bien docilement, reprendre le refrain.
     
    Pendant quatre ans, ceux qui défendront le legs de Trump, et surtout sa doctrine politique, protectionnisme, priorité à l'économie intérieure, lutte contre le chômage, régulation des flux migratoires, se feront insulter. Pour délit d'opinion.
     
    Hier au Capitole, ce fut le Bal des Vampires, sans Polanski, surtout pas lui, vous pensez ! Et les vampires, politiquement incorrects avec leurs dents trop longues, juste remplacés par la diaphane tiédeur des Revenants.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Anti-Trump, défoulez-vous, c'est votre jour !

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    Sur le vif - Mercredi 20.01.21 - 12.34h
     
     
    Comment le 1230h RSR ose-t-il qualifier Donald Trump, dans ses titres, de "Président déchu" ?
     
    Donald Trump, comme Jimmy Carter en 1980 (face à Ronald Reagan), n'a pas été réélu. Comme George Bush Senior, en 1992, face à Bill Clinton. Ces trois Présidents ont intégralement accompli leur mandat. Il n'ont fait l'objet d'aucune "déchéance".
     
    C'est ma première remarque - il y en aura d'autres - sur l'hystérie contre un Président sortant qui n'a (contrairement à tous ses prédécesseurs) mené aucune guerre pendant son mandat, qui a relevé (jusqu'à la crise Covid) l'économie de son pays, fait baisser le taux de chômage.
     
    Hystérie, également, en faveur d'un Joe Biden qui n'a encore rien prouvé, si ce n'est sa précipitation à nous ramener au premier plan les poulains de l'écurie Obama. Cela porte un nom, comme en 1814, 1815 : cela s'appelle une Restauration.
     
    Mais vous ne restaurerez rien du tout, mes pauvres amis ! Trump s'en va, mais le trumpisme, comme doctrine politique, est plus vivant que jamais. 75 millions d'électeurs, et c'est un record, on voté pour le Président sortant : près d'un Américain sur deux !
     
    Les États-Unis sont coupés en deux. Les valeurs portées par Trump, protectionnisme, bilatéralisme, régulation des flux migratoires, sont plus vivaces que jamais. Peut-être davantage, encore, que lors de son élection, il y a quatre ans.
     
    Alors, médiateurs, éditorialistes, chroniqueurs bien pensants, perroquets des Démocrates, allez-y, défoulez-vous bien aujourd'hui, vomissez tout votre fiel sur le Président sortant. Profitez, c'est votre jour ! Et rendez-vous dans quatre ans, pour juger du bilan de Biden. Et de la santé des États-Unis d'Amérique.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Religions antiques : comme mille lumières

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    Sur le vif - Vendredi 15.01.21 - 17.26h
     
     
    Se plonger dans l'Histoire des religions antiques, c'est s'immerger dans une extrême complexité, une infinie variété des cultes, très locaux, qui rompt totalement avec la prétention chrétienne à la totalité. Le mot katholikos, en grec, signifie "universel". Bien qu'issu de ce monde, et avec quelles racines, je n'ai jamais partagé cette aspiration à la religion planétaire.
     
    J'ai été éduqué dans le catholicisme, je l'assume totalement, mais tout autant (par un homme d'exception le Père Louis Collomb, aumônier du primaire entre 1965 et 1969), à un RESPECT TOTAL des autres courants spirituels de notre monde. Notamment les deux autres grandes religions du Livre, le judaïsme et l'islam. Et puis, tous les autres, que je connais moins, faute de les avoir étudiés.
     
    Ce qui frappe, dans la diversité cultuelle de l'Antiquité (en Grèce, à Rome, chez les Étrusques, etc.), c'est l'absence de prétention à l'unité, même si les courants dits "monistes" (un seul Dieu) apparaissent déjà, dans la philosophie grecque, avant le christianisme. Les dieux sont multiples, les divinités sont locales, les cultes sont villageois, familiaux même, les images racontent les mythes, par exemple sur les vases à figures rouges : l'occasion pour moi de vous recommander à tout prix mon musée préféré à Rome, celui de la Villa Giulia. Mais aussi, les musées étrusques du Latium, ou de Toscane.
     
    Cette complexité antique, je l'aime infiniment, depuis que je l'ai fréquentée, dans ma jeunesse. Dans cet univers, ni pape, ni dogme. La pluralité s'exprime, sans Livre saint, juste la modestie familiale des lieux de culte, les variations d'images sur les thèmes de la mythologie. On retrouve l'infinie diversité des papyrus, avec leurs fragments.
     
    C'est cela, dans la redécouverte de la Grèce à la fin du dix-huitième siècle, qui a tant frappé les esprits allemands. Un génie de la fulgurance de Friedrich Hölderlin. Mais aussi, plus prosaïquement, des générations de philologues, qui se sont patiemment mis à nous restituer ces textes, en les éditant. Ils méritent notre reconnaissance, par leur plongée dans les particularismes. Ils sont des donneurs de vie. Grâce à eux, la Grèce d'il y a vingt-cinq siècles vient frapper de plein fouet nos âmes d'aujourd'hui. Et cela, c'est un petit miracle, sans cesse recommencé.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Les Lumières et l'atelier de la langue

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    Sur le vif - Vendredi 15.02.21 - 11.20h
     
     
    Tribu (RSR) - La philosophe Corine Pelluchon parle admirablement des Lumières.
     
    L'écouter nourrit ma réflexion sur l'Aufklärung, puis sa dénonciation par le Sturm und Drang, et la plongée dans les particularismes de la langue et des récits allemands, à partir des années 1770.
     
    Corine Pelluchon évoque à plusieurs reprises, dans son entretien de ce matin, l'opposition entre la prétention des Lumières à l'universalisme, et l'immersion de leurs adversaires dans le foisonnement des singularités. Je pense, en l'écoutant, aux Frères Grimm et à leur époustouflant Dictionnaire de la langue allemande. Je pense au Sturm und Drang. Je pense à la redécouverte des textes grecs - autre civilisation de la pluralité - par Friedrich Hölderlin.
     
    La prise de congé de l'Aufklärung par les plus grands esprits allemands, autour de 1770, et pour plusieurs générations, dans les années de la Révolution française et les décennies qui suivent, constitue, vous avez pu vous en rendre compte, l'un des axes majeurs de ma réflexion sur la genèse de l'idée de nation (cf Fichte) dans les Allemagnes.
     
    À tout cela, j'ai déjà consacré de nombreux textes de ma Série en 144 épisodes sur l'Histoire allemande. Et j'y reviendrai largement. Particularismes contre universalisme, Gemeinschaft en opposition à Gesellschaft, ces thèmes centraux doivent absolument être traités. Si on veut, plus tard, aborder, dans l'Histoire allemande, les tragédies du vingtième siècle.
     
    Toute ma réflexion sur l'Histoire allemande est une réflexion sur l'Histoire de la langue allemande elle-même, c'est pourquoi je commence en 1522, avec la traduction de la Bible par Luther. Puis, tous les poètes, Hölderlin, Stefan George, Paul Celan. En parallèle, l'Histoire musicale allemande, qui me passionne jusque dans ses moindres détails.
     
    Tout cela forme un tout. Il me semble qu'un fil invisible relie les éléments d'apparence disparate, comme chez Wagner. Écouter Corine Pelluchon, la qualité de sa langue et de ses réflexions, nourrit l'atelier - encore tellement désordonné - de mon travail.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Formation : au PLR les idées, au DIP les fortins

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    Sur le vif - Mercredi 13.01.21 - 14.54h
     
     
     
    D'un côté, Cyril Aellen, qui a lancé dimanche soir (au GRAND GAC) d'importantes idées sur la formation. De l'autre, Natacha Buffet-Desfayes, qui sera ce soir aux Yeux dans le Yeux, à propos des filières mixtes dans le Secondaire II. En plus de ces deux-là, et de Jean Romain, pionnier de la réflexion sur l'école, on peut multiplier le nombre de députés, ou personnalités politiques, du PLR qui veulent faire avancer, en le réformant, le système de formation à Genève. Leurs idées foisonnent. Et elles sont intéressantes.
     
    En face d'eux, désolé de le dire comme ça, mais nous avons un DIP, jusqu'au plus haut niveau, cramponné sur sa défensive. Face à la guerre de mouvement que lui lance le PLR, que font-elles, nos huiles d'appareils ? Réponse : elles s'enterrent au plus profond d'une ligne Maginot. Au plus haut niveau, on ne connaît de parole que celle de la complainte : pas assez d'argent, paraît-il, pas assez de moyens. C'est faux, archi-faux ! En réduisant les états-majors, en supprimant des services d'intendance totalement inutiles, en plaçant les forces sur le front de l'enseignement, on peut faire mieux, sans constamment quémander des deniers supplémentaires.
     
    L'imagination est au PLR, les forteresses de survie sont au DIP. A ce rythme, le parti socialiste, celui d'André Chavanne, ne se rend pas compte qu'inévitablement, d'ici un peu plus de deux ans, il va perdre le DIP. On ne gagne jamais avec des gémissements. Ni en se blottissant dans des fortins. On gagne avec des idées, de l'inventivité, de l'imagination. Et une force vitale d'attaque pour les faire triompher.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • N'adhérez surtout pas à un parti politique !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 13.01.21

     

    Vous aimez la politique ? Vous avez mille fois raison ! L’organisation de la Cité, au sens le plus large (une Commune, un Canton, la Confédération), est l’une des activités les plus nobles. Elle vise le bien public, elle s’opère au service de tous, et non d’une caste. Elle tente d’améliorer la vie des gens. Donc oui, vive la politique ! Bien conçue, elle élève l’humain, l’obligeant à entrevoir les enjeux collectifs, au-delà de ses seuls intérêts personnels. La politique exige également, pour être menée avec pertinence, une profonde connaissance de l’Histoire : le jeu des causes et des conséquences, la lente construction ayant abouti à nos sociétés actuelles, la recherche de la vérité sous les paravents, la propagande, les mensonges des puissants. Et puis, l’Histoire vous donne du champ : elle vous arrache à votre seule époque, pour mieux la situer dans un contexte. En termes savants, on appelle cela la vision diachronique, celle qui prend en compte la durée, de même qu’existe, pour un peintre, le sens de la perspective, la vision dans l’espace.

     

    Vous aimez donc la politique. Si ce n’était pas le cas, vous ne seriez d’ailleurs pas ici, sur cette page, où vous savez qu’on empoigne, non la vie privée des gens, mais les affaires publiques. Vous l’aimez, alors je vous donne un conseil, vous en ferez ce que vous en voudrez. Je vous dis : n’adhérez surtout pas à un parti ! Oh, je sais, cela ne va trop plaire à mes amis qui, de la gauche à la droite, ont choisi depuis des années, parfois toute une vie, de se ranger derrière une bannière. Ils vont se dire : « Décaillet est fou, cette fois il dépasse les bornes ». Eh bien ils ont tort. J’affirme ici qu’on peut aimer passionnément la politique, s’y engager avec ardeur, efficacité pour le bien public, sans aller grossir les rangs de ces paroisses, de gauche comme de droite, qui depuis deux siècles ont – c’est vrai – structuré notre vie publique.

     

    La Suisse possède un outil incomparable, qui permet de faire avancer les sujets politiques, sans être membre d’un parti : la démocratie directe. Nous avons aujourd’hui le référendum. Et nous avons, bien mieux, le droit d’initiative. Un groupe de citoyennes, de citoyens, motivés sur un sujet précis, peut soumettre l’idée de son choix aux signatures, puis (s’il les obtient) au suffrage universel. C’est un outil incomparable, le monde nous l’envie. Surtout, il permet d’exercer la politique par objectifs, sur des thèmes, et non autour de l’élection des personnes, avec l’éternel jeu de miroirs des ambitions personnelles, des opportunismes, des arrivismes que cela implique toujours, hélas. Notre démocratie directe ne doit en aucun cas être prise en otage par les appareils des partis : elle doit être l’affaire des citoyens, l’affaire du peuple face à lui-même, à des milliers de lieues des élus, des intermédiaires, des incrustés de toute une vie dans des paroisses partisanes. Citoyen, j’interpelle mes compatriotes de ce pays que nous aimons tous. Je leur dis : vive la politique, laissons les partis à leur petite cuisine, il y a une vie hors d’eux. Une vie sans eux.

     

    Pascal Décaillet

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  • Marre du Berufsverbot !

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    Sur le vif - Mardi 12.01.21 - 15.29h

     

    Marre du Berufsverbot, imposé par des mecs qui gagnent vingt tickets par mois, salaire assuré treize fois par an, à d'autres qui n'en gagnent que cinq ! Voire moins. Et qui ne demandent qu'une chose (car notre magnifique peuple suisse est bosseur, honnête et motivé) : ALLER BOSSER !

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Faites-vous des ennemis !

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    Sur le vif - Dimanche 10.01.21 - 14.20h
     
     
    Il ne saurait exister de "liberté d'expression, mais...". Il faut la liberté d'expression, tout court.
     
    Je suis partisan, depuis toujours, de la liberté d'expression la plus large possible. La seule chose que nous ayons à respecter, c'est la loi.
     
    A part la loi ? Rien ! Tout le reste, c'est de l'autocensure. De la morale ambiante. De la poisse, dans nos surmois. Si nous y cédons, nous ne devons nous en prendre qu'à nous-mêmes : manque de courage, obédience face aux puissants et leurs cercles de courtisans, leurs copinages de carnotzets, peur des meutes. Ces dernières, immondes, se déclenchent pour un rien, alors on préfère renoncer à exprimer ce qu'on ressent en profondeur, on baste, pour éviter les vagues, et puis voilà.
     
    On a tort ! La liberté d'expression est une conquête. Elle ne se quémande pas, elle s'arrache. Le prix à payer : solitude, mise à l'écart, chasse à courre par la cohorte de ceux qui pensent juste, douleurs d'estomac, nuits sans sommeil. C'est ça, le tarif.
     
    Ne vous laissez surtout pas impressionner par les aimables correctifs de ceux qui, toute leur vie, n'ont jamais rien fait d'autre qu'arpenter les allées du pouvoir. Ceux-là, toujours, tenteront d'atténuer les antagonismes, prôner les vertus du "consensus", vous faire la leçon sur vos manières, jugées trop raides. Ils savent se tenir, ils ont appris, tout petits, ils tiennent à le rappeler. Regardez comme leurs mains sont propres, manucurées.
     
    Si vous aspirez à vous exprimer dans l'espace public, je vous encourage à tout dire. Tout ce que vous avez sur le coeur. En respectant la loi. Mais sans vous laisser intimider par la force de nuisance de la doxa ambiante. Vous vous ferez des ennemis ? Et comment ! Si vous préférez n'avoir que des amis, taisez-vous.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Haddock, Tintin : deux solitudes, une amitié sublime

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    *** Essai sur le miracle d'une rencontre - 80 ans après, jour pour jour - Samedi 09.01.21 - 17.45h ***

     

    Première apparition, le Crabe : dans sa cabine, face à sa bouteille de whisky, un homme seul. Une épave. Il se morfond, il réclame sa drogue, il invoque sa maman, il pleure. Première rencontre avec Tintin, qui surgit de l’extérieur, par le hublot. Comme deux pierres à étincelles, le choc de deux solitudes.

     

    Celle du gamin, qui vit déjà avec un petit chien, seul, prend tout seul son petit-déjeuner, vieux garçon : derrière la façade lisse, derrière la ligne claire, quels secrets ?

     

    La solitude du vieux Capitaine, enfin un homme d’âge mûr, il a vécu, il a souffert, il trimbale ses mystères. La solitude du tout jeune homme, cœur pur, mais jeté là, dans la vie, plongé dans des aventures, où est sa famille, a-t-il des amis ?

     

    La solitude de Haddock est humaine, infiniment. Un homme qui boit, toujours, a une histoire. Il boit pour la dissimuler, ou peut-être la laisser perler, de l’intérieur, par infiltrations de mémoire. Il revit ses émotions. Il appelle sa maman.

     

    La solitude de Tintin, jeune humain plein d’énergie, inventif, clairvoyant, est glaçante. Il ne boit pas. Il ne renie ni passé, ni destin. Où en est-il, de sa vie, ? Que fabrique-t-il, si jeune, dans la seule compagnie de Milou ?

     

    La solitude de Haddock transfigure notre curiosité : qui est-il, ce Capitaine, quelles mers a-t-il fréquentées, avec son vieil ami le Capitaine Chester, quelles femmes a-t-il rencontrées, quelle est son ascendance, quelles cicatrices porte-t-il, dans l’ancestrale noblesse de son âme, derrière les jurons ?

     

    Haddock vient de quelque part, il porte en lui une Odyssée, il pourrait avoir l’âge d’Ulysse, homme mûr, lorsqu’il échoue, nu, seul rescapé du naufrage, sur les rivages du Roi Alkinoos, et que la fille de ce dernier, la troublante Nausicaa, le recueille.

     

    Tintin n’a pas d’âge. Il n’est jeune que par les traits. Il promène sa solitude. Glaçante, comme l’intérieur lunaire d’une caverne.

     

    Et, dans cette scène si décisive du Crabe, dans cette cabine au seuil de la mort, les deux solitudes se rencontrent. Chez l’un comme chez l’autre, aussitôt, quelque chose renaît. Ils sont cernés, l’infâme Allan veut leur peau. Ils sont prisonniers d’un bateau, dont leur ennemi est le maître. Jetés là, à la merci du mal. Sans un mot, sans déclaration d’amour, ni d’amitié, les deux solitudes se nouent l’une à l’autre. Le sort de l’un devient le sort de l’autre.

     

    C’est le début d’une sublime histoire, un seul roman familial fragmenté dans la diversité des albums. Jamais ces deux-là ne se trahiront. Montaigne et La Boétie, en plein vingtième siècle, sur les mers polaires et tropicales, sur la Lune, au Tibet. Qui dit mieux ? Oreste et Pylade, peut-être, premier vers d’une tragédie : « Oui, puisque je retrouve un ami si fidèle… ».

     

    Ce sont les aventures de Tintin. Et ce sont les aventures de Haddock, Archibald de son prénom, bouleversant second très vite propulsé au rôle de héros paritaire. L’un est l’antithèse du premier, et pourtant quelque chose, d’infiniment secret, semble à jamais les réunir.

     

    Tintin et Haddock, deux hommes, deux destins, deux solitudes. La plus belle histoire d’amitié depuis Achille et Patrocle. Il faut reprendre l’œuvre, dans le désordre, laisser faire le hasard, puiser, laisser monter en nous la finesse inestimable, sous le chaos des aventures, de cette relation entre deux hommes. Seul un génie de la pudeur, du non-dit, pouvait la concevoir. Hergé en était un, dans les feux du vingtième siècle.

     

    Pascal Décaillet

     

     

     

     

     

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  • Blanc bonnet, bonnet blanc

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    Sur le vif - Samedi 09.01.21 - 12.33h
     
     
    Pour moi, un candidat de droite qui accepte la dette, face à une candidate de gauche qui (par nature) accepte la dette, c'est blanc bonnet, bonnet blanc.
     
    Deux candidats qui se sont déjà rangés (l'un par une surprenante conversion, l'autre par orthodoxie) au défaitisme financier des deux dernières années de législature. La première, à droite, à se convertir fut l'actuelle Ministre des Finances. Le ton était donné. L'ampleur du passage dans l'autre camp, sans ambiguïté. On l'a vécu à la Mobilité, on l'a vécu aux Finances : de facto, l'actuel Conseil d'État est déjà à gauche !
     
    Cette politique de l'endettement constamment creusé n'est pas la mienne, vous le savez pour me lire depuis des années. Je ne veux pas qu'on taxe encore plus les classes moyennes, les indépendants, les petits entrepreneurs, les gens qui se lèvent le matin pour aller bosser.
     
    Je n'attends rien de la gauche. Et je constate le passage de la droite libérale (dont je n'ai jamais rien attendu, sauf justement en matière de rigueur financière) dans l'autre camp.
     
    Blanc bonnet, bonnet blanc. Dans les deux cas, davantage d'impôts pour les classes moyennes. Je voterai donc pour Jacques Duclos, le 7 mars.
     
     
    Pascal Décaillet

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