Sur le vif - Page 3

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    Sur le vif - Jeudi 21.05.20 - 18.42h

     

    Selon nos informations, Saint Paul, alias le Centurion Saül, se rendait en voiture à Damas. Suite à une panne d'essence (précédant de peu sa nouvelle existence), il a fini son chemin à vélo. Sa vie, comme on sait, en fut transfigurée. Et, comme si souvent les néo-convertis, il a voulu que l'univers entier fasse comme lui.

     

    Pascal Décaillet

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  • Mobilité : M. Dal Busco doit partir

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    Sur le vif - Jeudi 21.05.20 - 11.01h

     

    J'ai beaucoup de considération, et même d'amitié, pour M. Dal Busco. C'est un homme pétri de valeurs, soucieux du bien public. Il a en lui une dimension d’État. Il a parfaitement sa place au gouvernement, où le peuple l'a porté.

    Mais il doit quitter la Mobilité. Il n'a pas réussi à s'imposer face aux apparatchiks. Il est passé avec armes et bagages dans le camp des Verts. Il a fait preuve, au détriment des siens, et en faveur de l'adversaire, d'une transversalité (voyez, je demeure mesuré dans mes termes, mais la journée n'est pas finie) coupable.

    Ce ne sont pas là des comportement que l'on puisse admettre.

    Je souhaite vivement que M. Dal Busco, au sein du Conseil d’État, puisse passer les trois prochaines années à servir au mieux Genève. Il en a le coeur, les capacités. Mais pas à la Mobilité.

    Il n'y a là rien de grave. La politique, ce sont des objectifs à atteindre. Si on réussit, c'est bien. Si on échoue, on doit se dessaisir de son champ de responsabilités. Soit pour aller respirer quelques mois à Limoges, comme il en allait des généraux en échec, lors de la Guerre de 14. Soit - et c'est évidemment ce que, comme citoyen, j'appelle de mes vœux - pour être investi, au sein du collège, d'une autre responsabilité.

    M. Dal Busco a réveillé à Genève la guerre des transports. Il a tout misé sur un camp, au détriment de l'autre. Il a oublié ceux qui l'avaient porté au pouvoir. Il n'a plus de marge de manœuvre, dans le secteur de la Mobilité. Ne perdons pas trois ans : il doit faire autre chose.

    On ne gouverne pas en faisant donner, la nuit, en catimini, la peinture du pouvoir sans la moindre consultation autour de soi. On ne gouverne pas en paniquant face à l'idéologie du moment, sous le seul prétexte qu'elle a le vent en poupe.

    Vous êtes, M. Dal Busco, une personne parfaitement respectable. Mais à la Mobilité, prisonnier de l'Appareil de vos hauts-fonctionnaires, inféodé à une faction, vous n'avez plus les moyens de servir Genève.

     

    Pascal Décaillet

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  • Cela s'appelle des combattants

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    Sur le vif - Mercredi 20.05.20 - 08.40h

     

    Non, Raphaël, les partisans du trafic motorisé privé n'ont pas perdu la guerre des transports à Genève. Il reste la colère du peuple. Si la majorité silencieuse parvient un jour à transformer sa rage légitime en décision du démos, par le seul canal qui vaille, la démocratie directe, la situation peut se retourner.

    Pour cela, il faut, comme souvent, oublier les canaux désuets de la représentation politique. Et faire exactement (mais en respectant la loi !) ce qu'ont fait les cyclistes lundi : créer une force populaire rapide, éveillée, habitée par une stratégie du mouvement et non par celle des tranchées, capable de prendre des décisions fulgurantes, en utilisant les armes modernes que sont les réseaux. La presse traditionnelle, aussi alerte et vivace que Madame dans l'oraison de Bossuet, vous pouvez oublier. À part les colères noires des Gueux du Mercredi.

    Cette force n'a absolument pas à s'ancrer dans le monde politique. Ni à chercher des relais dans les "élus" ou "représentants" : ce sont justement eux qui ont échoué, à Genève ! Eux qui nous ont concocté le compromis vantard de la fameuse votation sur la "paix des transports". Fausse paix ! Menteuse ! Munichoise ! La défaite du trafic motorisé privé y était parfaitement visible, sous le filigrane de la tromperie et de la duplicité.

    Le camp de la "mobilité douce" a, avec lui, la triste coagulation d'intérêts de la démocratie représentative. Il a avec lui les élus, les notables, le ministre félon du PDC, le silence rusé du ministre MCG. Il a de son côté le vent de la mode, l'air du temps, Nina Ricci, les bobos urbains, le parfum des illusions, la droite qui cherche à plaire à la gauche. Ca fait du monde.

    Mais c'est oublier la colère du peuple. Implacable, rentrée, silencieuse. Ce sont souvent, à Genève, des gens très modestes qui prennent leur voiture en ville. Le vélo, c'est, tout aussi souvent, pour les bourgeois branchés. Ils habitent en ville, travaillent en ville, ne se salissent pas, n'ont rien à livrer. Alors, le frisson de la douceur, tout en se rachetant quelques indulgences par le salut de la planète. Théologie du convenable, pour Pharisiens branchés !

    Les élus, surtout pas ! La machine à se coopter, non merci ! La guerre des transports se jouera sur les fiertés intérieures, sur la noirceur des colères, sur le rejet des modes, sur la conjonction d'explosives solitudes.

    Celui qui représente désormais, en Ville de Genève, l'institution, le pouvoir, le convenable, la doxa, c'est le bobo. Face à lui, il faut des caractères trempés, guerriers, intransigeants. Des sales tronches. Qui ne craignent ni pour leur image, ni pour leur confort. Cela porte un nom, l'un de ceux que je respecte le plus au monde : cela s'appelle des combattants.

     

    Pascal Décaillet

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  • Vous avez fermé les yeux, M. Poggia ?

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    Sur le vif - Mardi 19.05.20 - 09.17h

     

    M. Poggia, vous êtes à la fois le ministre de la Police et celui de la Santé. Cette double casquette vous donne un pouvoir considérable, sans doute sans précédent dans l'Histoire de Genève, depuis les années Fazy.

    Un pouvoir immense ! A cause de la crise sanitaire. Des normes très sévères ont été édictées, principalement par Berne. Elles concernent la santé. Et elles concernent la police, chargée de veiller à leur application.

    Depuis deux mois, coiffé de ces deux casquettes, vous êtes l'homme le plus puissant à Genève. Vous paraissez, vous ordonnez, vous menacez de sanctions. Vous incarnez le pouvoir en temps de crise.

    M. Poggia, hier soir, entre 1000 et 1500 personnes ont bafoué les règles et ordonnances que vous passez votre temps, depuis plus de deux mois, à nous rappeler, nous marteler, pour qu'elles s'impriment bien dans nos consciences.

    Réseaux sociaux, films en direct, sous tous les angles, toutes les coutures : l'affaire est claire, nulle distance réglementaire n'a été respectée, on a violé la loi, transgressé les règles.

    Témoins, nombreux : la police a laissé faire. Avait-elle des ordres en ce sens ? Si oui, des ordres de qui ?

    M. Poggia, la population genevoise, brave et docile, depuis deux mois, s'efforce de respecter à la lettre les consignes de distances. Queues devant les magasins, nul attroupement, nulle grappe humaine. Hier en fin d'après-midi, à Plainpalais, ce fut la masse humaine, toutes distances abolies, tout respect dilué.

    Quelles suites juridiques entendez-vous donner à cette provocation ? Entendez-vous fermer les yeux ? Faire semblant de n'avoir rien vu ? Homme de caractère, auriez-vous, comme l'un de vos collègues, peur d'aller contre un effet de mode ? La doxa en vogue vous ferait-elle frémir ? Votre police serait-elle à deux visages, intransigeante pour les honnêtes citoyens confinés, accommodante pour un rassemblement qui défie la légalité républicaine ?

    M. Poggia, deux casquettes c'est bien. Pour couvrir le chef. Mais cela donne des responsabilités. Le rassemblement d'hier, sous l'empire des normes par vous-mêmes constamment rappelées, n'avait pas lieu d'être. Ses responsables, aisément identifiables, doivent en répondre. Ceux qui appellent publiquement à recommencer, avec dix fois plus de monde, si on ne cède pas à leurs exigences, aussi.

    Sinon, à quoi sert la loi ? A quoi sert la République ? A quoi sert un gouvernement ? A quoi sert un ministre ?

     

    Pascal Décaillet

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  • Le camp de la colère

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    Sur le vif - Lundi 18.05.20 - 10.12h

     

    Avec la complicité de Serge Dal Busco, et sans doute mercredi celle du Conseil d’État, l'idéologie Verte tente l'un de ces coups de force dont elle a le secret : donner un signal très clair d'extension du champ de la "mobilité douce", et de réduction de l'espace urbain pour les véhicules privés à moteur.

    Cette idéologie, à la faveur de l'hystérie climatique de 2019, a gagné du terrain. C'était une année électorale : les Verts ont engrangé des bénéfices (c'était le but du tintamarre), les voilà avec quatre parlementaires fédéraux pour Genève, et depuis le 1er juin deux conseillers administratifs en Ville, détenteurs des leviers de pouvoir que sont les Finances et l'Aménagement.

    Ils ont gagné du terrain, mais ne sont absolument pas majoritaires à Genève, ni en Suisse. Le problème, ce n'est pas eux. Ils participent à notre vie démocratique, et ont parfaitement le droit d'avoir leurs idées. A cela s'ajoutent des personnalités souvent compétentes et avec qui le débat est très agréable, respectueux, argumenté.

    Non. Le problème, c'est les autres. Les Verts ayant grimpé vers les strates du pouvoir, dans lesquelles ils se sont toujours sentis fort bien, et représentant aujourd'hui l'idéologie à la mode (ce qui peut parfaitement se fracasser demain), on les associe aujourd'hui au pouvoir lui-même. Comme les radicaux vaudois des grandes années, ou les conservateurs valaisans, la simple évocation de leur nom évoque la puissance.

    Les caractères faibles, peu sûrs d'eux-mêmes, n'ayant guère de valeurs propres, ni de vertus particulières pour l'esprit de résistance, aiment cela. Mimes, ils reproduisent. Moutons, ils suivent. Perroquets, ils répètent. Fidèles, ils disent la liturgie. Jusqu'à reprendre le jargon : transfert modal, transition énergétique, urgence climatique. Oui, s'il est une victoire de l'idéologie Verte, c'est bien d'avoir laissé transpirer leur sabir jusque dans les paroles des faibles, toujours là pour se mettre à la remorque.

    C'est cela, l'enjeu du coup de force nocturne sur les pistes cyclables. L'affaire n'est en rien celle de l'opportunité de ces pistes (elles sont assurément nécessaires, pour la sécurité des cyclistes), ni de la largeur. L'enjeu réel, c'est le coup de force lui-même, longuement mûri, avec la complicité d'un ministre passé avec armes et bagages dans le camp de l'idéologie Verte. Pour laquelle il roule désormais ouvertement. Entre deux virées en décapotable.

    Du Conseil d’État, il n'y a rien à attendre. L'idéologie Verte y est désormais majoritaire, avec trois ministres de gauche, un PDC ductile comme le vent qui tourne, un MCG polymorphe et aux mille ruses, un radical qui n'aime pas la voiture. Reste une inconnue sur la libérale. Mais une contre six, c'est un peu juste.

    Reste le peuple. Les cyclistes s'organisent ? Eh bien pourquoi pas les utilisateurs de véhicules privés, automobiles ou deux-roues motorisés ! Pourquoi eux, qui sont nettement majoritaires, n'ont absolument pas à se sentir coupables, ni à se justifier de prendre leur véhicule, devraient-ils raser les murs, laisser l'idéologie Verte régenter les consciences, dicter le tempo, inventer les mots, se parler de la morale, prétendre incarner la vérité et l'avenir ?

    C'est dans ce camp-là que se trouve la balle. Le camp de ceux qui travaillent, payent des impôts, des taxes, font vivre les autres. Le camp de la majorité silencieuse. Le camp de la révolte contre une idéologie qui veut tous nous placer sous sa férule. Le camp de la colère.

     

    Pascal Décaillet

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  • Celle qui nous précède et nous survit

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    Sur le vif - Dimanche 17.05.20 - 16.14h

     

    Avant-hier soir, Mezzo : au milieu d'une Philharmonie de Berlin vide comme le temps qui passe, la musique absolument sublime d'Arvo Pärt, en l'occurrence la pièce "Fratres".

    Depuis la fin de l'enfance, j'ai toujours pensé que l'expression "musique contemporaine" n'avait aucun sens : toute musique est contemporaine. Haendel, Beethoven, Wagner, Bartók, et tous les autres, sans exception, qu'ont-ils fait d'autre que de composer de la musique contemporaine ? De la musique pour leurs contemporains !

    Et même quand aujourd'hui, on joue la musique ancienne, ce sont des soeurs humaines, des frères humains d'ici et de maintenant, avec leur souffle de vie instantané, simultané au nôtre, qui lui restituent sens et vie. Le plus bel exemple : Johann Nikolaus comte de La Fontaine et d'Harnoncourt-Unverzagt (oui, il s'appelait vraiment comme ça, il descendait de l'Empereur du Saint-Empire, et a vécu entre 1929 et 2016 !), l'homme qui, avec le plus éclatant génie, nous a réactualisé, au sens le plus brechtien, cette musique, en soufflant sur sa poussière. Harnoncourt, l'un des plus contemporains de nos grands chefs.

    Avant-hier, Berlin, Philharmonie, ombre immense et silencieuse de Furtwängler, salle vide. La musique de l'Estonien Arvo Pärt, né en 1935, l'un de nos plus grands musiciens vivants. Sous la direction de Kirill Petrenko, une quinzaine de musiciens, peut-être vingt, distances respectées, c'était le 1er mai dernier, sous l'empire du confinement. Un concert sans public. Et pourtant, jamais la présence de la musique n'aura été aussi puissante. C'est elle qui est centrale. Elle qui vit. Elle qui nous précède et qui nous survivra. C'est par elle que se jouent l'absence ou la présence.

    Jamais concert ne fut à ce point contemporain.

     

    Pascal Décaillet

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  • Valets des Verts

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    Sur le vif - Dimanche 17.05.20 - 07.46h

     

    Le problème, ce ne sont pas les Verts, qui ont parfaitement le droit d'apporter leurs idées dans le débat démocratique.

    Le problème, c'est la sur-adaptation des autres, notamment chez certains gentils centristes, à l'idéologie Verte.

    C'est un défaut de caractère. Les Verts, ces temps (peut-être plus pour si longtemps, d'ailleurs), ont le vent en poupe. Leur vision constitue la doxa du moment, tout comme l'ultra-libéralisme fut celle du début des années 2000.

    Alors, certains se mettent à la remorque. Ils font tous les caprices des Verts, précèdent même leurs désirs. Ils élargissent démesurément les pistes cyclables, mais rétrécissent le champ de leur propre liberté intérieure : ils deviennent des valets de la domination des consciences par les Verts.

    Ceux-là seront toujours du côté du pouvoir du moment. Aujourd'hui, celui des Verts. Demain, un autre. C'est un défaut de caractère, oui.

    Nous avons, plus que jamais, besoin d'esprits libres. D'hommes et de femmes capables de penser par eux-mêmes. Résister à l'esprit du temps. Se contre-foutre des modes de pensée. Chacun avec sa vision, sa conception, son univers mental. Sa plume. Et sa voix

     

    Pascal Décaillet

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  • Quand le ministre voit large

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    Sur le vif - Vendredi 15.05.20 - 18.43h

     

    La question n'est pas de savoir s'il faut des pistes cyclables à Genève. Il en faut, c'est certain, et la protection des cyclistes doit être garantie. Sur certains tronçons, il y a des ruptures de continuité qui obligent les utilisateurs de vélos à surgir sur la chaussée, donc se mêler aux voitures, ou alors sur le trottoir, avec le risque d'incommoder les piétons. Bref, pistes cyclables oui.

    Mais il faut les aménager correctement. Et là, désolé, mais ce qu'on vient de nous tracer, boulevard Georges-Favon direction Coulouvrenière, ou après la place du Cirque en sens inverse, ce ne sont pas des pistes cyclables, mais des aires d'atterrissage pour jets privés, retour du Grand Prix d'Abu-Dhabi. On dira, pour demeurer courtois, que le ministre a vu large. Il a dû se rêver Baron Haussmann, Paris Second Empire, Champs-Élysées, boulevard des Italiens, Belle-Epoque, champagne avec les danseuses, Offenbach, grande vie.

    On a surtout l'impression qu'il a pris sa décision à la hache. Ou avec la machette du défricheur de la forêt amazonienne, on coupe, on tranche, on fonce. Il s'est permis cela, pourquoi ? Parce qu'hélas, cet homme de valeur, attachant, avec un vrai sens du service de l'Etat, a tendance à se sur-adapter à l'esprit du temps. Lors des très riches heures de François Longchamp, il nous faisait à sa manière du Longchamp, reproduisant sa terminologie, le verbe "indiquer" par exemple. Du Longchamp trottinant, du Longchamp en cavalcades, comme à l'hippodrome.

    Aujourd'hui, la doxa est au Vert. Des Verts partout, les uns galants, d'autres luisants, des Verts tenant toutes les manettes du pouvoir. Alors, le ministre se sur-adapte à l'idéologie Verte. Et il trace large. Et il élargit encore !

    Ce ministre, je l'ai déjà dit et n'en démords pas, est un magistrat de qualité. Tout au plus pourrait-on souhaiter qu'il se régente lui-même avec un peu plus d'autonomie, un peu moins de mimétisme aimanté sur le pouvoir du moment.

    Pour le reste, vive le vélo. Vive le respect de TOUS les modes de transports. Mort aux Torquemadas. Et longue vie à la liberté d'esprit, celle du verbe, celle des mots. Et celle des étalons étincelants, sur les pistes de lumière des hippodromes.

     

    Pascal Décaillet

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  • Têtes de bétail, têtes de pipe

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    Sur le vif - Jeudi 14.05.20 - 10.15h

     

    Le démographe, ou l'épidémiologiste, nous parlent, à longueur de journées, de "population". Bevölkerung.

    Je n'ai jamais aimé ce mot, "population", qui ne considère dans les humains que leur amas de chair physique. On décompte, on recense les gens comme des troupeaux. Têtes de bétail, têtes de pipe. Les puissants cerveaux de la crise sanitaire, M. Koch à Berne, ou tel médecin cantonal, ne parlent de nous que comme composante anonyme d'une "population" humaine.

    En politique, je n'utilise jamais le mot "population". Il a en lui quelque chose de grégaire, de massif, d'indifférencié, qui résonne à mes oreilles comme une tourbe, toute en monceaux, où toute singularité serait malaxée.

    Lorsque je m'exprime sur la politique, je parle à des citoyennes et à des citoyens. Je parle au démos. C'est un peu élitaire, j'en conviens, par rapport à l'universelle glaise du mot "population", j'assume. Citoyen (c'est le seul titre dont je me revendique), je m'adresse à des hommes et des femmes partageant mes droits et mes devoirs, mon horizon d'attente, mes responsabilités. Des hommes et des femmes formant avec moi, quatre dimanches par an, le collège électoral de ma Commune, de mon Canton, de mon Pays.

    Je m'adresse à mes pairs. À des têtes pensantes. À des cœurs. À des êtres de sensibilité, de souffrances, de cicatrices et de mémoire.

    Je m'adresse à des sœurs humaines, et à des frères humains, avec lesquels j'ai en commun la passion de construire mon pays.

     

    Pascal Décaillet

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  • Parlement, gouvernement : la barbichette intégale !

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    Sur le vif - Mercredi 13.05.20 - 17.06h

     

    Le Parlement a été bien gentil, lors de la session qui vient de se dérouler, en adoubant bien benoîtement la gestion de crise du Conseil d'Etat. Et en écoutant bien sagement les magistrats défendre - certains avec arrogance - leurs décisions "irréprochables" de ces deux derniers mois.

    Quid de la dictature sanitaire qu'on a doucement, au nom du bien commun, laissé s'imposer à Genève ? Quid des directives du médecin cantonal ? Quid de la légitimité politique, derrière ces textes ? Quid de la double casquette, Police-Santé, de Mauro Poggia, concentrant sur ce dernier à peu près tous les pouvoirs de ce temps de crise ?

    Toutes ces questions, il appartenait au Parlement, enfin réuni à nouveau, de les poser. La mission de contrôle de l'exécutif est un DEVOIR du Grand Conseil, pas seulement un droit.

    Seulement voilà : l'extrême perversité de notre système politique, c'est la composition plurielle de l'exécutif, incluant dans le gouvernement presque toutes les forces du Parlement. A part deux : l'UDC et Ensemble à Gauche. Résultat : la BARBICHETTE intégrale ! J'épargne ton ministre, tu épargnes le mien, on boit un verre, on se tutoie, on se répartit postes et prébendes, et tout le monde est content.

    Longue vie à ce système ! La consanguinité y règne. Le Perchoir y ressemble à un arbitrage de confrérie. Longue vie aux petits copains.

     

    Pascal Décaillet

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  • Celui qui repart au combat

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    Sur le vif - Mardi 12.05.20 - 16.09h

     

    A qui je pense ? Je vais vous le dire !

    Je pense au patron de pizzeria, qui a mis des années à se faire une clientèle, et qui a réussi. Des clients fidèles, confiants, en nombre suffisant pour lui permettre de payer son loyer, son personnel, ses charges. Cela, dans une pizzeria comme ailleurs, ne vient jamais tout seul : cela nécessite des années de compétences, de sacrifices, de labeur. C'est cela, une entreprise, et pas la frime des start-ups, avec leur marketing.

    Ce patron de pizzeria, qui a commencé à bosser à seize ans, comme pizzaiolo, qui a pris un jour le risque de se lancer comme entrepreneur, qui a consacré toute sa vie à son boulot, on lui a intimé l'ordre, il y a deux mois, de tout arrêter.

    Depuis deux mois, il ronge son frein. Il hante sa pizzeria, le soir, pour quelques plats "à emporter". Il angoisse. Il attend.

    Depuis hier, il a repris. Avec son personnel, ou plutôt une partie d'entre eux. La reprise, c'est calme, très calme. Parce que beaucoup d'entre nous, pendant ces deux mois, ont pris des habitudes. On mange bien, très bien même, à la maison. On s'accommode fort bien du confinement, chez soi. On fait des économies ! On craint pour l'avenir, alors on n'a pas très envie de griller son fric au restaurant.

    Et lui, le patron de pizzeria, il est là. Pour un peu, comme en Italie, il ferait le rabatteur, sur le trottoir.

    Je pense à lui, très fort. Parce que le VRAI ENTREPRENEUR, c'est lui. Celui qui sait faire. Celui qui a pris des risques. Celui qui a tout donné. Celui qui a risqué de tout perdre. Celui qui repart au combat. Comme à seize ans. Comme au premier jour.

     

    Pascal Décaillet

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  • La voix active

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    Sur le vif - Lundi 11.05.20 - 16.25h

     

    Je ne parle jamais du confinement (sauf pour dire que je n'en parle jamais !), pour une raison simple : le thème du confinement m'emmerde. Il range les humains dans la catégorie des passifs. Le confiné, heureux ou non de l'être, est un humain qui subit. Joyeux de subir pour certains, déprimé pour d'autres, là n'est pas mon problème : le confiné, même tout excité à l'idée de repeindre pour la vingtième fois son appartement, conjugue sa vie à la voix passive.

    Je ne dis pas que je n'aime pas le confinement. Je dis que le thème m'emmerde. Je n'ai pas envie, dans mon existence, de parler de ce que je subis. Oh, je subis plein de choses, comme tout le monde, mais je n'entends pas en parler. Das soll für mich kein Thema sein !

    Je suis un homme d'action. Ce qui m'intéresse, chez les humains, ce sont leurs actes. Leur esprit critique, aussi. Par exemple, face à une autorité. Pour préciser encore : face à l'autorité qui nous impose le confinement. Ou des règles sanitaires à n'en plus finir, édictées par les fonctionnaires, à Berne ou dans les Cantons.

    Pendant les deux mois qui viennent de s'écouler, j'ai multiplié éditos et débats sur la situation sociale, économique de notre pays. En mettant l'accent sur les solutions : comment s'en sortir, comment trouver des issues, comment réorganiser nos relations, entre nous ? Projections sur l'avenir, prises de responsabilités demandées aux interlocuteurs. Homme d'action, je m'adresse à des femmes et des hommes d'action. Peu importe que je sois d'accord ou non avec eux. Nous agitons nos méninges dans la voie de l'action. Nous conjuguons nos vies à la voix active.

     

    Pascal Décaillet

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  • La régence des petits chefs, ça suffit !

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    Sur le vif - Lundi 11.05.20 - 10.08h

     

    Les tonalités du Médecin cantonal ont parfois des similitudes avec celles - totalement malencontreuses - de la lettre de Thierry Apothéloz à Mme Theubet. Il faut lire le ton des directives de ce Monsieur au corps médical, ou aux laboratoires d'analyses. On croirait une circulaire de Gamelin aux chefs de fortins de la Ligne Maginot, pendant la Drôle de Guerre.

    Il est temps de rappeler à certains que nous sommes en démocratie. Le souverain, c'est le peuple. Le personnage principal, c'est la citoyenne, le citoyen. Pas l'élu. Encore moins le fonctionnaire ! Le rôle de ce dernier, tout médecin soit-il, tout cantonal soit-il, c'est de servir l’État, non de régenter le peuple en l'infantilisant.

    C'est cela, le message de la rentrée. La politique doit reprendre ses droits. Donc, la démocratie. Donc, le pouvoir des citoyens. La régence des petits chefs, ça suffit.

     

    Pascal Décaillet

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  • Comment les choses DEVRAIENT ÊTRE !

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    Sur le vif - Dimanche 10.05.20 - 16.15h

     

    En aucun cas, l'ordre du jour du Conseil municipal de la Ville (ni, d'ailleurs, d'un quelconque délibératif de l'une de nos 45 Communes) ne devrait regarder le Canton. C'est cela, dans la Constitution, qu'il faut changer !

    En aucun cas, un Conseiller d'Etat ne devrait se sentir autorisé à juger de l'importance de tel ou tel point inscrit à l'ordre du jour.

    La Commune genevoise doit s'affranchir des petits fonctionnaires cantonaux jacobins qui, au nom de la mission "d'Autorité de surveillance", passent leur temps à lui chercher noise.

    C'est dans ce sens que la Constitution doit être amendée. Merci de ne pas me rétorquer "C'est comme cela". Je sais bien que c'est comme cela ! Je vous dis, moi, comme citoyen, comment les choses à mes yeux, dans un ordre nouveau, dûment modifié par le souverain, DEVRAIENT ÊTRE.

    Il me semble que c'est clair.

     

    Pascal Décaillet

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  • 10 mai 40 : la fin d'un monde

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    Sur le vif - Dimanche 10.05.20 - 00.42h

     

    Il y a, jour pour jour, 80 ans, l'attaque à l'ouest. Six semaines d'une offensive foudroyante, l'une des plus impressionnantes de toute l'Histoire militaire. Au bout du chemin, pour la France, la plus grande défaite de son Histoire. Défaite militaire, mais défaite morale surtout. Lire Marc Bloch. Lire Julien Gracq, lieutenant et accessoirement génie de l'écriture.

    Défaite intellectuelle. Défaite conceptuelle : pétri de certitudes défensives, on n'a rien vu venir, on a préparé la guerre d'avant, celle qu'on avait gagnée. On s'est pétrifié dans la routine, dans ses certitudes.

    On s'est enfermé dans une immense forteresse, autour de laquelle rien, au moment décisif, ne s'est passé. Désert des Tartares. On s'est confiné. Oui, confiné ! Là où le destin se jouait dehors, en plein air, dans le monde du mouvement, de la force mécanique, des liaisons interarmes coordonnées par radio. Et non par le vieux téléphone de campagne !

    Ces six semaines, depuis quarante ans ou plus, je les ai étudiées jour après jour, parfois heure après heure. Six semaines d'une exceptionnelle densité dramatique. Avec des points de bascule (le passage de la Meuse), des moments de rupture, la permanence du mouvement, des Allemands parfois dépassés par l'ampleur de la victoire. Pourquoi Hitler, un moment, arrête-t-il la division victorieuse de Rommel, qui vient de percer les Ardennes, fonce vers l'ouest, direction mer du Nord ?

    Et des Français qui, contrairement à une légende tenace (dûment entretenue par Vichy, qui veut charger la prétendue impéritie du Front populaire), se battent, font ce qu'ils peuvent. Mais n'arrivent pas : ils ont affaire à trop forte partie.

    Et finalement, l'effondrement. La fin d'un monde. Pas seulement la fin de 70 ans de Troisième République. Non, la fin de beaucoup plus que cela. Il faut aller chercher plus antérieurement, plus loin, dans les entrailles de l'Histoire de France.

    Défaite militaire. Défaite politique. Défaite morale. Défaite spirituelle, même, peut-être.

    La France ne s'en est pas remise.

     

    Pascal Décaillet

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  • La jouissance du pète-sec

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    Sur le vif - Samedi 09.05.20 - 12.50h

     

    Genève est un Canton suisse. Le statut de la Commune doit y être ancré, dans la Constitution cantonale, conformément à ce qu'il est dans l'esprit de notre démocratie nationale : l'échelon premier de proximité, majeur, souverain.

    Ne pas l'avoir fait lors des travaux de la Constituante s'avère un monumental raté. Et laisse la place à des dérives jacobines du Canton, à la française. Où tel secrétaire général adjoint d'un conseiller d'État se croit paré, dès qu'il prend la plume pour écrire à la première citoyenne de la deuxième ville de Suisse, des pouvoirs d'un chef de cabinet place Beauvau, voire des attributs verticaux de la préfectorale.

    Tout cela doit cesser. Toute cette arrogance, surgie droit de l'ère Longchamp. Tous ces pète-sec qui, de leur bureau douillet où ils servent le Prince, s'adressent à des élus du peuple comme à des valets.

     

    Pascal Décaillet

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  • Le jacobinisme anti-Communes a parlé !

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    Sur le vif - Vendredi 08.05.20 - 17.12h

     

    La missive cingle, cinglante et cinglée. Elle pourrait émaner d'un héraut, sanglé dans son uniforme. Ou d'un Commissaire de la République, Place de Grève.

    Une lettre. Signée Thierry Apothéloz, au demeurant le meilleur des hommes. Mais le monde est ce qu'il est, le meilleur y côtoie le pire, le Saint y fraie avec le Maudit, la Fée y sourit à la Fille perdue.

    Le ministre, donc, vit. C'est déjà une excellente nouvelle. Tout sonore de son éveil, il surgit. Et envoie à la Présidente du Conseil municipal de la Ville, Mme Theubet, l'une de ces circulaires que n'eussent renié ni le Général André, ni le Petit Père Combes, ni le Saint Just des charrettes matinales.

    Il lui dit, en substance : "Pas question de reprendre les séances du Municipal, COVID oblige. Je vous donne l'ordre d'annuler toutes les sessions prévues pour mai (les 12, 13, 19, 20, 26 et 28). Vous risquez trois ans de prison".

    Et voilà ! Le tour est joué ! Le jacobinisme anti-Communes, de plus en plus féroce à Genève, portant les griffes de l'ère Longchamp, avec les mêmes commis, les mêmes scribes, les mêmes petits Peyrolles, a fait son oeuvre. Le ministre vit. Il existe. Et le doux confinement de la vie peut continuer. Jusqu'à la prochaine crise.

     

    Pascal Décaillet

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  • Défaite d'étape

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    Sur le vif - 08.05.20 - 08.46h

     

    En ce 75ème anniversaire du 8 mai 1945, une réflexion s'impose sur l'Histoire allemande, et sur la parfaite continuité de la résurrection de ce peuple depuis la Guerre de Sept Ans (1756-1763), soit depuis l'immense Roi de Prusse Frédéric II (1740-1786).

    Les Allemagnes venaient de très loin : en 1648, à l'issue de la terrible Guerre de Trente Ans, elles s'étaient retrouvées dans un état de destruction et de dévastation qui préfigure - de façon biblique, saisissante - l'Année Zéro 1945. Lire, absolument, le Simplicius Simplicissimus, publié en 1668 par Hans Jakob Christoffel von Grimmelshausen. Lire aussi Günter Grass.

    Lire aussi l'Histoire du Sac du Palatinat, en 1688-1689, sur ordre de Louis XIV et Louvois (https://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2015/07/29/serie-allemagne-no-8-le-sac-du-palatinat-1688-1689-269035.html) . Pendant des décennies, après 1648, les armées étrangères, principalement françaises, se promènent dans les Allemagnes, pillent, incendient, se servent. Deuxième partie du 17ème, première partie du 18ème : les Allemagnes, politiquement, sont en état de mort clinique.

    Jusqu'à Frédéric II, il aura fallu près d'un siècle pour que le monde germanique refasse surfasse, en Europe. Friser le néant, le destin allemand avait déjà connu cela, trois siècles avant 1945. Et déjà une fois, il s'était relevé. Et avec quel éclat ! Oui, la renaissance allemande est passée par la Prusse. Par l'armée prussienne. Par l'industrie prussienne. Par la conception prussienne de l’État. Par l'éclosion des sciences en Prusse. Par la philosophie prussienne. L'Allemagne, ça n'est certes pas la Prusse, loin de là. Mais sans la Prusse, il n'y aurait pas eu de nation allemande, à partir de 1866.

    Mai 1945, dans le mouvement inexorable de cette renaissance, ne constitue, au fond, qu'une défaite d'étape. Elle n'a fait que renforcer la détermination allemande en Europe.

    Je ne suis pas sûr du tout que l'Allemagne ait perdu la Seconde Guerre mondiale. Elle s'est retrouvée détruite, de fond en comble. Hambourg, Dresde, rayées de la carte. Elle a capitulé. Son régime du moment s'est effondré. Et pourtant, malgré toutes ces évidences, je ne suis pas sûr du tout que la nation allemande, dans son chemin de renaissance depuis Frédéric II, ait perdu. Elle a beaucoup moins perdu que la France, en 1940 !

    J'ai encore tant à dire, sur ce sujet, sans doute celui qui m'occupe le plus, pour des raisons personnelles autant qu'historiques, depuis la fin de mon enfance.

     

    Pascal Décaillet

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  • Haut et fort

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    Sur le vif - Mercredi 06.05.20 - 14.39h

     

    Bon, à ce stade, amies citoyennes, amis citoyens, il convient de rappeler un ou deux fondamentaux de notre Etat de droit :

    1) Ton dossier médical n'appartient qu'à toi. Et à ton médecin, qui a l'interdiction absolue d'en faire état sans ton consentement. Cela s'appelle le secret médical. Si ça te chante de raconter à toute la République ton état de santé, libre à toi. Mais nul ne peut t'y contraindre.

    2) Le salaire que tu perçois, ou le revenu que tu déclares, ne concernent que trois entités : toi-même, celui qui te paye, le fisc. Ce dernier a l'interdiction absolue de rendre publiques ces données. Si ça te chante de raconter à toute la République ta situation financière, libre à toi. Mais nul ne peut t'y contraindre.

    3) Ta vie privée, famille, amis, maîtresses, amants, orientation sexuelle, ne regarde que toi. Et ta famille, amis, maîtresses, ou amants. Si ça te chante de raconter à toute la République tes galipettes, libre à toi. Mais nul ne peut t'y contraindre.

    4) Tu es libre de ton mode de paiement, cartes ou cash. Si le type, en face de toi, t'impose le paiement par carte, tu lui brandis le cash en disant : "C'est ça, ou rien". On verra bien s'il prendra le risque de refuser.

    5) Si tu vas au bistrot, c'est pour boire ton verre, peinard. Si tu vas au restau, c'est pour croquer ton plat du jour. Tu n'y vas pas pour remplir des formulaires destinés aux services de traçage de M. Koch, à Berne. D'ailleurs, ce M. Koch commence gentiment à nous les briser.

    6) Ta vie, c'est la tienne. Tu veux bien bosser, et même dur. Tu veux bien aider, participer à la vie sociale. Mais tu n'es pas là pour te faire emmerder. Au besoin, tu dois le dire, haut et fort.

     

    Pascal Décaillet

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  • Là, ça suffit !

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    Sur le vif - Mardi 05.05.20 . 18.02h

     

    Les restaurateurs qui devront fournir les noms, prénoms et téléphones de leurs clients ! Alors là, il faut dire haut et fort que le flicage généralisé, ça suffit ! Nous sommes en Suisse, pays de libertés, de confiance, de citoyennes et citoyens adultes, mûrs et vaccinés. Nous ne sommes pas dans la Tchécoslovaquie de la normalisation, post-Dubcek !

    À ce stade, après l'affaire Swisscom, ça devient du délire. En deux mois, notre magnifique démocratie, modèle à tant d'égards, s'est transformée, sous prétexte de "traçage" sanitaire, en une machine à suspicion généralisée. Sans parler du traitement réservé aux personnes âgées.

    Le Parlement doit reprendre ses droits. La démocratie directe, encore plus. Les voix citoyennes, de partout, doivent s'élever. Pour dire que ça suffit.

    Toute décision concernant les libertés individuelles, la protection de la sphère privée, de la personnalité, doit être frappée du sceau de la démocratie : avalisée non seulement par le Parlement, mais par le peuple ! Nul Office fédéral, nulle association professionnelle, nul pacte passé entre ces derniers, n'en a la légitimité ! Nous ne voulons pas d'une dictature des chefs d'Office, des Koch, des médecins cantonaux. Nous voulons la démocratie !

    Les citoyennes, les citoyens ne vont pas au restaurant pour remplir des formulaires d'identité, destinés à faire d'eux les maillons d'une "chaîne de traçage". Là, désolé, mais c'est non, non et non !

     

    Pascal Décaillet

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