Sur le vif - Page 4

  • Ukraine : l'équation allemande

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    Sur le vif - Samedi 17.09.22 - 10.48h
     
     
    Depuis des années, ici même, j'appelle à considérer l'expansion économique et commerciale de l'Allemagne, depuis trente ans, vers l'Europe centrale et orientale. Pologne, Pays-Baltes, Hongrie, Tchéquie, notamment.
     
    Dans ces pays, qui correspondent d'ailleurs exactement aux différents théâtre d'opérations d'une autre avancée allemande, il y a 80 ans, d'immenses sociétés sont certes dirigées par des gens du lieu, mais... les capitaux sont en mains allemandes. En clair, l'Allemagne, depuis la chute du Mur, a réinventé son tropisme vers l'Est "par d'autres moyens", aurait dit Bismarck. Pas un coup de feu. Applaudissements dans la "communauté internationale", entendez l'ordre vassal des Etats-Unis d'Amérique.
     
    Beaucoup mieux : une certaine satisfaction dans les pays concernés, ravis de voir leur niveau de vie augmenter. Commencent certes à poindre, dans ces pays, des partis nationaux, dénonçant la tutelle germanique. Ils sont aussitôt traités de populistes, d'extrême droite, d'ultra-nationalistes, par la doxa de l'Ordre américain. Leur crime : défendre la souveraineté économique et politique de leurs patries.
     
    C'est dans ce contexte, que (vous m'en donnerez acte) je rappelle toujours en détails dans mes textes sur la question, qu'il faut placer l'évolution de l'Allemagne dans l'affaire ukrainienne. Scholz n'est pas Merkel. Et il est, hélas, à des années-lumière du grand Willy Brandt, figure de légende de son parti, à Scholz, le SPD, l'une des grandes familles politiques à avoir construit l'Allemagne moderne.
     
    Scholz est un atlantiste. C'est contraire aux fondamentaux les plus sacrés de son parti, l'Ostpolitik, sublimée par Brandt, entre 69 et 74. Mais les Américains doivent se méfier de l'Allemagne. Et les Européens aussi. Aujourd'hui, la quatrième puissance économique du monde nous entonne encore la chanson de l'élève modèle, celui qui cherche à plaire à l'Oncle Sam. L'Allemagne investit cent milliards, votés sur le siège, rubis sur l'ongle, pour se remilitariser. Le réarmement le plus important depuis 1935. Les gens, dans l'Ordre américain du Juste et du Bon, bavent de satisfaction : "Regardez les Allemands, comme ils sont formidables, ils vont aider les gentils Ukrainiens".
     
    Ils vont les aider ? Peut-être. Mais jusqu'où vont-ils s'impliquer eux-mêmes ? A terme, que vont-ils faire de toutes ces armes ultra-modernes, fabriquées avec la bénédiction de l'ineffable "communauté internationale" ? Qui, un jour, succédera à Scholz ? Comment lui-même, face à la nécessité des choses, peut-il évoluer ?
     
    Les Américains ont pris pied sur sol européen un an avant le Débarquement de Normandie. C'était en 1943, en Sicile, puis sur la botte italienne, montagneuse et revêche, où la résistance de la Wehrmacht, par la Ligne Gothique, leur a mené une vie incroyablement dure. Ils sont donc sur notre continent, puissance étrangère, depuis bientôt 80 ans. Il n'est pas dit qu'ils y demeurent éternellement. Leur propre opinion publique, depuis 1776, ne cesse d'osciller entre expansionnisme et isolationnisme.
     
    Disciples de Clausewitz et Bismarck, n'écoutons pas les paroles, regardons les faits : le visage du réel, c'est celui d'une Allemagne dans une forme extraordinaire, géant économique, en pleine reconstruction de sa stature politique, ayant placé l'une des siens à la tête de la Commission européenne (où elle oeuvre à un bellicisme d'inspiration churchillienne), et surtout en expansion continue sur les Marches de l'Est. Jamais l'Allemagne n'a été aussi efficace, dans l'inexorable lenteur de sa pénétration. Là où la Blitzkrieg, fulgurante et théâtrale en percée de font, avait fini par se briser les reins sur le réveil des patriotismes opprimés, la vieille patience bismarckienne, concrète, sonnante et trébuchante, sourit au destin allemand.
     
    Là où les divisions du 22 juin 1941 avaient fini par échouer, face au réveil du patriotisme russe (car c'est sur ce front, et non à l'Ouest, que la guerre s'est jouée), le Drang nach Osten est en train de réussir. Sur le même terrain. "Par d'autres moyens". Pas un coup de feu. Des capitaux allemands, pour contrôler les entreprises d'importance stratégique.
     
    Dans cette lecture-là, la maîtrise de l'Ouest ukrainien, exactement sur les lignes de partage qui ont toujours existé entre influence russe et tropisme vers la Mitteleuropa, loin d'être un détail de l'Histoire, apparaît sous son vrai visage : celui d'une progression dûment préméditée, depuis de longues années, des intérêts économiques allemands jusqu'aux frontières de la Russie.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • La mer. Celle qui nous submerge.

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    Sur le vif - Vendredi 16.09.22 - 17.29h
     
     
    Winter in der DDR : une image, parmi des milliers d'autres, sur un site d'archives de l'Allemagne de l'Est, en ligne. J'en suis très friand. Un village, quelque part, sous la neige. En Thuringe ? En Prusse ? En Saxe ? Un couple, de dos, qui se tient par le bras, ne pas glisser ! Une Trabant, sur la route blanche. Quelques maisons de bois, aux toits très pentus. Au fond, derrière les sapins, le clocher d'une église, sans doute luthérienne.
     
    L'image est en noir et blanc. Elle est belle, apaisante. C'est en DDR, mais franchement, ça pourrait parfaitement être dans la Forêt-Noire. On est tellement loin de l'imagerie de la grande plaine du Nord de la Prusse, celle du Mecklenburg-Vorpommern. Il faut toujours dire "Les Allemagnes", si on veut parler un peu sérieusement.
     
    L'image court, sur le fil. Sous elle, plus de 800 commentaires des internautes, abonnés au réseau. Tous en allemand. Et 99%, venant d'Allemands de l'Est. Ces commentaires m'ont bouleversé. Partout, la nostalgie. Partout, "C'était mieux avant". Ils ne regrettent pas le régime, ces gens-là, ils ne regrettent pas la Stasi. Ils ne regrettent pas Honecker, bien sûr que non.
     
    Alors, que regrettent-ils ?
     
    Lisons-les. Ils regrettent leur jeunesse. "C'était une époque tranquille". "Nous n'avions pas de soucis". "Dis, tu te souviens, on se chauffait au bon vieux charbon". "Quelqu'un peut-il situer ce village, il me semble que c'est........". "Cette époque me manque".
     
    Ils regrettent les neiges d'antan, comme dans le poème de François Villon. Ils regrettent leurs enfances. Tous ces visages passés, aimés, perdus. Il regrettent cette période de leur vie, et le disent par des très courts messages, et c'est tellement touchant, tellement troublant.
     
    J'ai été prof d'allemand. J'ai lu des textes avec mes élèves, Brecht notamment. Si je devais, aujourd'hui, expliquer à des jeunes ce qu'est le puissant, l’indicible, l'intraduisible sentiment appelé "Sehnsucht", avant même de leur balancer les grands poètes romantiques, Novalis, Eichendorff, Heine, je leur ferais lire ces 800 commentaires.
     
    Chaque intervention est brève, lapidaire parfois. Il y a des fautes, on sent que tout le monde intervient, pas seulement les gens de plume. Il y a du verbe actif, des images, des indépendantes saccadées, très peu de principales et de subordonnées. Le langage n'est pas articulé, ils ne cherchent pas à démontrer, nous ne sommes pas dans l'Aufklärung, pas dans Kant, pas dans Hegel. Nous sommes dans un collage de fragments de la vraie vie.
     
    Nous sommes dans 800 internautes anonymes d'aujourd'hui, fin d'été 2022. On sent des gens d'un certain âge, avec un passé, une mémoire, des cicatrices, des océans de nostalgie.
     
    Ca n'est pas un fil de commentaires, c'est la mer. Celle qui nous caresse. Celle qui nous submerge.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Et l'image est la fille de la voix

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    Sur le vif - Jeudi 15.09.22 - 15.02h
     
     
    Je suis un homme de radio. Et un passionné de musique. Et je me rends compte, tout à coup, du rôle joué par mon hypersensibilité à l'élément auditif, dans ma folle attraction pour certains films de Godard. Le Mépris, le plus grand à mes yeux, mais pas mal d'autres, aussi. J'ai revu Prénom Carmen, hier soir.
     
    Bien sûr, Godard donne à voir. Dans le Mépris, parmi les plus belles images de l'Histoire du cinéma. Chaque plan, un tableau, et pas seulement autour de la maison de Malaparte, à Capri, avec cet incomparable bleu de mer, au fond.
     
    Il donne à voir, dans tous ses films, c'est un montreur d'images. Mais il donne aussi à entendre. La bande-son de ses films est une oeuvre en soi. Il a beaucoup été copié, notamment dans ces fameuses conversations dont l'auditeur (spectateur) ne perçoit qu'un vague murmure, un peu comme chez Tati. C'est même devenu un procédé, chez certains de ses épigones.
     
    Et puis, il y a la voix off. La sienne, ou alors une voix qui lui ressemble. Un homme parle, derrière l'image, on se dit "Tiens, c'est Godard", pourquoi pas d'ailleurs, il apparaît bien dans certains de ses films, comme Hitchcock. On se dit, "Godard nous parle", mais souvent, c'est la voix d'un autre, on dirait du Godard.
     
    Mais surtout, cette voix, originale ou semblable, est extraordinaire. Elle n'est pas une surimpression, sur l'image. Elle est, à mes oreilles d'homme de radio, de mélomane, le centre même de l'histoire. Et l'image est avec elle. Et l'image est fille de la voix. Et la voix engendre l'image, elle la materne, elle la façonne, elle l'élève jusqu'à nos sens. Et la voix se confond avec l'image. Et la voix devient image.
     
    J'ignore absolument comment Godard travaillait. Et c'est dommage, car en toute chose, j'aime l'atelier. Mais ce montreur d'images est un montreur de voix. Et cette confluence, comme d'un fleuve dans la mer bleue, me trouble, oui, infiniment.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Un jour ou l'autre, la Suisse

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    Sur le vif - Jeudi 15.09.22 - 10.19h
     
     
     
    Le déficit. La dette. Les chiffres rouges. Le cadeau empoisonné, légué à nos enfants. L’Etat, plus dépensier que jamais. Le Canton le plus gourmand de Suisse, en impôts. Le plus délirant, en création de nouveaux postes de fonctionnaires. Le plus engraisseur de sa propre machine. Celui qui coûte le plus cher, par habitant.
     
    Ce gouvernement de gauche, derrière le nuage de fumée de ses incantations, « transition écologique », « urgence climatique », « société inclusive », se révèle, dans la vérité des chiffres, le plus assommant du pays pour ses classes moyennes. Les gens qui bossent, parfois comme des malades. Ne touchent pas un seul centime de subvention. Sont tondus par la fiscalité, les loyers, les primes maladie, le prix de l’essence, bientôt celui des combustibles, de l’électricité.
     
    Les flux migratoires ? Surtout pas un mot sur le sujet ! C’est tabou.
     
    La révolte ne viendra pas des assistés, ils n’y ont aucun intérêt. Elle viendra des classes moyennes, qui n’en peuvent plus, je l’annonce depuis des années.
     
    Aujourd’hui, la Suède. Dans dix jours, l’Italie. Bientôt la France. Bientôt l’Allemagne. Un jour ou l’autre, la Suisse.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • J'ai revu le Mépris. J'ai rêvé en rouge. J'ai vu la mer.

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    Sur le vif - Mercredi 14.09.22 - 14.09h
     
     
    Bon, j'essaie quelques mots, parce que ça me tourne dans la tête depuis hier soir. Plus exactement, depuis une quarantaine d'années.
     
    Le Mépris. Pourquoi ce film, à chaque fois, me scotche. Pourquoi j'adhère. A chaque image. Chaque plan. Pourquoi il me travaille. Pourquoi il me touche à ce point.
     
    Quelques pistes, en vrac. Je ne vous refais pas le film, tout a été dit, les plus grands critiques ont décortiqué, tartiné. Je ne vous fais pas le coup de la déconstruction, même si là, pour une fois, il y a tant à dire.
     
    Quand je rêve, la nuit qui suit le film, je vois du rouge. Et un peu d'orange. Ce rouge indicible, celui d'une robe, ou peut-être un meuble, tiens on dirait le Bauhaus, je pense à Weimar, le Musée que j'ai visité avec mon épouse, il y a deux ans. Et tiens, puisqu'on parle d'Allemagne, il y a aussi Fritz Lang, l'un des plus grands cinéastes de l'Histoire, jouant son propre rôle, celui d'un réalisateur. Mieux : il y a aussi Jean-Luc Godard, l'un des plus grands cinéastes de l'Histoire, jouant... l'assistant de Fritz Lang. Ils montent l'Odyssée, on voit d'ailleurs passer Ulysse, personnage secondaire, sur la prodigieuse maison de Curzio Malaparte, à Capri.
     
    Mais je n'aime pas ce film parce qu'il se joue des codes. Je l'ai vu une vingtaine de fois, je ne cherche pas trop à comprendre, mais à prendre. Le réalisateur ne démontre pas, il montre. Il y a un fragment d'Héraclite, célébrissime pour les hellénistes, qui nous dit à peu près ça de la Pythie, celle de Delphes. Et tiens, puisqu'on parle de la Grèce, elle est partout, dans le film.
     
    C'est un film sur l'Italie. Et c'est un film EN Italie. Fronton d'un cinéma, pompe à essence, tiens du rouge là aussi, incomparable début des années 60. Tiens, mes premiers souvenirs en Italie, justement. Le pays des miracles.
     
    C'est un film sur le rouge. Je ne peux pas en dire plus. Mais le beauté de ce rouge, depuis quarante, ans, me travaille.
     
    Et puis... Et puis.... Et puis, il y a Bardot. Je ne trouve pas les mots pour qualifier la beauté, la justesse, l'intelligence avec lesquelles elle tient le rôle. Il m'est parfaitement égal, face à l'ampleur de cette réussite, de dégager ce qui vient de la direction de Godard, ce qui vient de Bardot elle-même, son instinct du personnage. Seul compte le résultat : en l'espèce, il est génial.
     
    Quand j'étais enfant, dans les années soixante, les gens, autour de moi, ricanaient en parlant de Bardot. Jamais compris pourquoi. Gamin amoureux des femmes, je la trouvais plutôt magnifique, je n'avais vu aucun de ses films.
     
    Je n'ai jamais ricané de Brigitte Bardot. Elle m'apparaît plutôt comme une très grande dame. En elle, je veux voir, et voir encore, Camille. L'épouse de Paul. La femme qui, doucement, se détache. La femme qui prend distance. La femme qui, déjà, s'en va. Dans la rupture de Camille et Paul, celle du Mépris, je veux voir la douleur, l'inéluctable, de toute rupture. Et jamais, je dis jamais, un réalisateur n'a aussi génialement fait repartir, chaque fois à la seconde près, oui la juste seconde, le thème de la magnifique musique de Georges Delerue, que Godard, dans le Mépris.
     
    C'est un film sur la musique. Le retour du thème. Il accompagne le processus de séparation chez Camille. Il soutient l'inéluctable. Il est au-delà des dialogues, ou plutôt en amont. Il y a quelque chose du Liebestod dans cette récurrence qui nous balance, comme la vague.
     
    C'est un film sur le mouvement. Piccoli, au sommet de son art, est celui qui bouge, traverse les pièces, passe d'un point à un autre. Bardot, immobile. Sobre, comme jamais. L'austérité romane, la présence d'une statuaire, et chaque réplique, juste et cinglante. Nous avons affaire, dans ce film-là, à une très grande actrice.
     
    Le Mépris, Jean-Luc Godard, 1963. Il y a des gens qui n'aiment pas. Je fais partie, depuis quarante ans, de ceux qui aiment. Le mot est faible. J'ai revu le film hier soir, sur RTS 2. J'ai reçu le même choc qu'à vingt ans. J'ai rêvé en rouge. J'ai vu la mer.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Hollywood, scène du shérif, acte V

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    Sur le vif - Mardi 13.09.22 - 16.45h
     
     
    Le scénario doit ressembler à un récit hollywoodien. Être américain jusqu'aux entrailles du narratif, ou n'être pas. Comme dans les grands westerns, toujours la même trame : les passages obligés du drame, au sens grec d'action. D'ailleurs, quand on lance une scène, au tournage, on dit : "Action !".
     
    Le Pentagone a pour lui quelques grands esprits créatifs. Il fallait un scénario pour l'Irak. Un scénario pour la Serbie. Voici le scénario pour la Russie. La même histoire, comme la Mer de Paul Valéry : toujours recommencée.
     
    Il faut d'abord un prétexte pour l'entrée en action de l'Oncle Sam. Sinon, on dira qu'il agit par impérialisme, ce qui est évidemment une calomnie. Alors, un faut un grand méchant, un Saddam, un Milosevic, un Poutine.
     
    Un Olrik, quoi. Un Rastapopoulos. Le sale type de l'histoire.
     
    Ensuite, il faut l'amener à agresser. Il convient donc d'avoir un gentil faible à défendre. Nous les Américains, nous "l'Occident", nous n'allons tout de même pas laisser faire ? A toi, Bernard-Henri, première intervention, raconte-nous quelque chose sur le Débarquement de Normandie, action, moteur !
     
    Acte III, débloquer des fonds, par milliards, pour aider le gentil faible. Convaincre l'opinion publique américaine.
     
    Acte IV, il faut qu'il y ait, sans trop tarder, avant que cette opinion publique ne se fatigue, une "contre-offensive". Et elle doit, bien évidemment, être victorieuse. Bernard-Henri, ta deuxième irruption, le Chant des Héros.
     
    Acte V, bien souligner la discorde chez l'ennemi. Tout Général factieux sera le bienvenu. Le peuple ne supporte plus le tyran. Le régime est prêt à tomber. Bernard-Henri, tu nous racontes Brutus, Cassius, Marc-Antoine, les Ides de Mars ?
     
    Je vous passe la suite. Disons juste qu'il faut toujours un Acte XVIII, quelque part du côté de La Haye, avec une gentille justice internationale, de gentils juges, de gentils procureurs. Dont l'indépendance face au camp "occidental" est évidemment assurée. Promis, juré.
     
    Et le tour est joué.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Electricité : merci, les flambeurs !

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    Sur le vif - Mardi 13.09.22 - 13.13h
     
     
    Mais qui a géré aussi mal nos grands distributeurs d'électricité, en Suisse, pour que le pays ait besoin de prendre dix milliards d'argent des contribuables, notre argent, pour venir en aide à ces géants qui, du temps de leur splendeur, nous narguaient de leur arrogance ?
     
    Dix milliard, votés en urgence ce matin par le Parlement ! Quatre milliards, offerts la semaine dernière à Axpo, par le Conseil fédéral ! Pour Swissair, pour les grandes banques, pour les géants électriques, on trouve immédiatement les milliards. Pour nos personnes âgées, jamais ! Le même Conseil fédéral vient de leur refuser l'indexation des rentes !
     
    Qui, ces dernières décennies, a géré ces grands fournisseurs d'électricité ? Qui a investi dans des fonds spéculatifs ? Quelle a été l'activité de contrôle, d'anticipation des risques, de la part du Conseil fédéral, du DETEC, de Mme Sommaruga ?
     
    Qu'en est-il de nos grands distributeurs, en Suisse romande ? Quel contrôle politique, dans les Cantons ? Certains d'entre eux, idéologisés à l'extrême, et à la fois bien souples face à la finance spéculative et aventureuse, n'ont-ils pas été laissés en roue libre ? Ne le sont-ils pas, aujourd'hui encore ?
     
    Citoyen et et contribuable, je veux bien que mes impôts viennent en aide aux personnes âgées, aux plus démunis. Mais pas qu'ils servent à éponger des erreurs de gestion, ou des errances financières, ou des prises de risques inconsidérés par des flambeurs. Cela, non, non et non !
     
     
    Pascal Décaillet

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  • La fougue des convertis

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    Sur le vif - Mardi 13.09.22 - 09.53h
     
     
    Qu'une entreprise fasse payer un loyer à ses employés pour une place de parking qu'elle met à leur disposition, ou qu'elle leur offre cette place, cela est du ressort contractuel privé entre l'entreprise et l'employé.
     
    En aucun cas l'Etat, en l'occurrence M. Dal Busco, ministre porté au pouvoir par un électorat qui respecte la sphère privée et n'entend pas nationaliser les consciences, n'a à s'en mêler. Mais notre homme est habité par la fougue des convertis.
     
    Une entreprise fait strictement ce qu'elle veut de ses surfaces, elle les loue ou les offre à qui elle veut. Un employé vient comme il veut sur son lieu de travail. Libre à lui de prendre le CEVA, s'il arrive à se retenir d'aller aux toilettes pendant un certain temps et n'a pas oublié dans sa poche les quelques sachets d'anti-dépresseurs nécessaires à un tel pèlerinage, ou alors de venir à pied, à cheval, à vélo, en Oldsmobile, ou en bateau à voile.
     
    Pascal Décaillet
     
     

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  • Tiens, un problème au DIP !

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    Sur le vif - Lundi 12.09.22 - 16.20h
     
     
    Des problèmes, entre les directeurs de Collèges, et autres établissements du Secondaire 2, et le Département ? Vous n'y pensez pas !
     
    J'étais bien seul, quand j'ai sorti l'affaire, à l'époque. La presse de gauche, à Genève, sous la plume de l'un de ses représentants les plus obédients au pouvoir socialiste, niait toute gravité de l'affaire, quand elle ne contestait pas son existence.
     
    L'eau a coulé sous les ponts. La Commission de Contrôle de gestion du Grand Conseil a fait son boulot. Et elle a bien bossé ! Le malaise, dit-elle, n'est absolument pas dû à des questions de sous-dotations financières, mais bel et bien à un manque total d'écoute de la souffrance des directeurs et directrices, de la part des apparatchiks du Département. Elle parle de "rupture du lien de confiance".
     
    Les choses sont dites. Mais pour certain(e)s, il est trop tard. Le mal est fait.
     
    Ce Département est à reconstruire. De fond en comble.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Giorgia

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    Sur le vif - Lundi 12.09.22 - 10.43h
     
     
     
    Le 25 septembre, le peuple souverain d’Italie pourrait bien écrire une page d’Histoire, en portant Giorgia Meloni au pouvoir. À un mois du centième anniversaire (28 octobre) de la Marche sur Rome.
     
    Les futurs perdants ont déjà préparé la parade, qu’ils nous servent, à l’envi, depuis que Mme Meloni affole les sondages : sa victoire, diront-ils, est l’œuvre de Poutine. Oui, ils diront ça. On parie ?
     
    Il est bien connu, en revanche, que les Américains, par services interposés, n’ont jamais entretenu le moindre rapport de financement avec, allez prenons un exemple au hasard, la Democrazia Cristiana et ses affidés, depuis 77 ans. Et n’ont jamais été traversés, une seule seconde, par l’idée d’intervenir dans un processus électoral, à l’extérieur de leurs frontières.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Electricité : contre requins et vautours, l'Etat

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    Sur le vif - Vendredi 09.09.22 - 07.18h
     
     
    Avatar de la délirante vague ultra-libérale de la fin des années 1990, qui haïssait l’Etat, la libéralisation du marché de l’électricité a été l’une des plus monumentales conneries de ces dernières décennies.
     
    Bien seul à droite à l’époque, je la combattais. Même une partie de la gauche, aveuglée par la mode Tony Blair, défendait cette privatisation qui n’avait pas lieu d’être. L’électricité, comme l’eau, sont des biens publics.
     
    Oui, j’étais bien seul à droite, il y a 25 ans. Pourtant, il existe une droite non-libérale, j’en fais partie. Pour l’entreprise, oui. Pour les PME. Pour les petits indépendants. Pour la plus extrême rigueur dans la gestion financière, à commencer par celle des deniers publics. Contre la machine tentaculaire de l’Etat. Contre les armadas de fonctionnaires. Contre les usines à gaz. Mais pas contre l’Etat en tant que tel, lorsqu’il accomplit sa tâche au service du bien commun.
     
    Il y a 25 ans, ce discours ne passait pas à droite. Parce que la vague ultra-libérale, dévoiement du vrai libéralisme humaniste et patrimonial, déferlait sur notre continent. Ami des libéraux humanistes, ancien élève d’un très grand libéral (Olivier Reverdin), ayant accompli mes premières années de journalisme à la rubrique nationale du Journal de Genève, je combattais de toutes mes forces la déviance ultra, le primat de la spéculation boursière sur l’économie réelle, qui me passionne.
     
    Mon père était ingénieur. Il était très actif, toute sa vie, pour animer des activités avec les anciens élèves de son École, dont il avait même présidé l’Association. Toute mon enfance, cela m’a permis de visiter des usines. En Suisse, mais aussi en Allemagne, et même en Suède.
     
    Ces visites figurent parmi les plus beaux souvenirs de ma vie. Au même titre que les ruines archéologiques de la Grèce, du Proche-Orient. Au même titre qu’une église romane. La journée entière que j’ai passée, en juillet 1972, dans les usines VW de Wolfsburg, qui produisaient encore des Coccinelles, m’a marqué davantage que bien des livres. Oui, j’aime l’industrie, passionnément. Mais pas les spéculateurs.
     
    Face à la crise énergétique, la Suisse doit trouver des solutions d’Etat. Pour cela, le politique doit s’imposer sur les féodalités et baronnies de l’électricité. C’est tout, sauf gagné. Les enjeux financiers sont colossaux. Les requins et vautours, omniprésents.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Le Conseil fédéral gifle nos aînés. Et lacère notre cohésion nationale !

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    Sur le vif - Jeudi 08.09.22 - 16.01h
     
     
    Le refus d'adaptation des rentes AVS, par le Conseil fédéral, est un absolu scandale. Un de plus. Jamais le pouvoir d'achat, à commencer par celui des plus précaires, n'a chuté aussi vite dans notre pays, depuis la guerre. Prix des aliments, loyers, prix des médicaments, primes maladie, essence, et maintenant chauffage, électricité. Jamais un geste n'a été autant nécessaire, de la part de Berne, envers nos aînés, ceux qui ont fait la Suisse d'aujourd'hui. Certains d'entre eux, on le sait, vivent dans des conditions indécentes.
     
    A dix-sept jours d'une votation capitale sur l'avenir de notre système de retraites, ce fleuron voté le 6 juillet 1947, entré en vigueur le 1er janvier 1948, le Conseil fédéral gifle les rentiers de notre pays. Pour Swissair, on a trouvé les milliards. Pour les géants bancaires, on a trouvé les milliards. Pour Axpo, on vient de trouver les milliards. Pour la "cohésion de l'Union européenne", dont nous ne sommes même pas membres, on trouve les milliards. Pour la "coopération internationale", on trouve les milliards. Pour l'asile, et son organisation en forme d'usine à gaz, on trouve les milliards. Pour l'altérité lointaine, on trouve toujours les milliards ! Pour éponger les dépenses inconsidérées des années Covid, on trouve les milliards. Pour nos personnes âgées, qui ont fait ce pays avant nous, on ferme les bourses. C'est tout simplement dégueulasse. Et je pèse mes mots.
     
    En Suisse, nous n'avons pas l'habitude de bousculer nos gouvernements. Nous l'avions, au dix-neuvième. Nous l'avions, en 1848, lors du Printemps des peuples. Nous nous sommes bien assagis, dans les années de prospérité. Mais je vous le dis : cette obédience silencieuse et complice face aux pouvoirs en place n'est pas installée pour l'éternité. Longtemps tus par nos manuels scolaires, ou juste mentionnés à la sourdine, de spectaculaires mouvements de bascule ont secoué l'ordre établi. Avec succès, en 1848. Avec un coup de semonce sans précédent, en novembre 1918. Le calme de la Suisse n'est qu'apparent.
     
    Nous, citoyennes et citoyens de ce pays, nous le démos, nous la pierre angulaire du système suisse (bien avant les "élus", les corps intermédiaires, les cléricatures), crions notre colère face à ce Conseil fédéral. Exigeons justice pour nos aînés. Il en va de notre cohésion sociale. Il en va de notre fierté nationale. Il en va de nos intimes fureurs dans l'amour de ce pays. C'est aussi simple que cela. Simple comme la patrie. Simple comme l'émotion. Simple, comme la mémoire. Simple, comme le sentiment d'appartenance à une même communauté. Diverse, certes. Mais indivisible.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Le passant n'est pas - a priori - un con

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    Sur le vif - Mercredi 07.09.22 - 18.22h
     
     
    Interdire l’affichage publicitaire. La nouvelle mascotte d’une caste d’élus bobos, totalement coupés du monde réel, du fonctionnement de l’économie, de l’entreprise, bref de tous ces gens qui n’ont pas le salaire automatique à la fin du mois, et doivent mouiller le maillot pour faire tourner leur boîte.
     
    Au demeurant, prendre les gens pour des cons. Une pub est une pub, elle est donnée comme telle, avec sa part de rêve, d’exagération volontaire, d’humour, de dérision, de provocation.
     
    Une pub est une fiction, libellée pour des hommes et des femmes assez mûrs, assez intelligents, assez rompus à un minimum de sémiologie pour faire la part des choses. Les passants, sous les murs de nos rues, ne sont pas des abrutis manipulables. Nul besoin de s’être tapé l’intégrale de Roland Barthes pour saisir qu’une pub est une fiction, et non un message au premier degré.
     
    Certes, il y a des cons. Je veux les croire minoritaires. Légiférer pour eux, à leur aune, se mettre à leur niveau de bouffeurs de pâquerettes, c’est mépriser l’humain, son sens critique, sa distance, sa capacité à résister à la provocation. Pire que tout : c’est mépriser son aptitude à l’humour.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • La Suisse n'a strictement rien à faire dans l'OTAN !

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    Sur le vif - Mardi 06.09.22 - 15.26h
     
     
    Le voilà donc, le vrai visage du PLR suisse : "rapprocher" la Suisse de l'OTAN ! Nous pourrions pérorer sur toute l'hypocrisie de cet euphémisme, "rapprocher", édulcoration pour dire : passer dans la zone d'attraction, en un mot se subordonner. Être sensible aux mots, décrypter les effets de langage, c'est aussi la tâche de toute citoyenne, tout citoyen. Cela s'appelle l'esprit critique.
     
    Le PLR pourrait y aller franco. Et nous dire : "Adhérons à l'OTAN". Il préfère demeurer dans sa zone grise des trois dernières décennies : "Collaborons". Comme si la "collaboration" d'un minuscule pays neutre avec la première organisation militaire mondiale relevait d'un pacte inodore, insensible, sans le moindre effet sur l'indépendance et la souveraineté du petit.
     
    Pour ma part, je suis clair. Je dis : "La Suisse n'a strictement rien à faire dans l'OTAN". On partage ou non ma position, mais au moins j'annonce la couleur, sans la moindre ambiguïté.
     
    L'OTAN, c'est quoi ? C'est, dès le lendemain de la Seconde Guerre mondiale et l'arrivée de la Guerre froide, bref dès 1949 et la création des deux Allemagnes, le club des affidés des Etats-Unis d'Amérique. De l'autre côté, il y avait le Pacte de Varsovie, le club des satellites de Moscou. Dans ce monde séparé en deux, la toute petite Suisse a choisi de préserver son indépendance, sa neutralité. Elle dialoguait avec Moscou, avec Washington, organisait des Conférences internationales sur son territoire neutre et apprécié de tous, se frayait un chemin au milieu des géants. A-t-elle eu tort ?
     
    L'OTAN, aujourd'hui, c'est toujours - et plus que jamais - le fan's club de l'Oncle Sam. Lorsque le Mur est tombé, le Pacte de Varsovie s'est dissous, l'OTAN a continué. Pire : elle n'a cessé d'avancer ses pions vers l'Europe centrale et orientale, avec les résultats que nous connaissons aujourd'hui. Si cette politique impérialiste vous convient, si vous estimez que notre petite Suisse doit jouer ce jeu-là, s'intégrer dans cette vision du monde manichéenne et belligérante, alors OK, foncez avec le PLR suisse vers l'OTAN.
     
    Si, au contraire, vous avez encore, dans votre âme patriote, ce minimum de non-alignement aux grandes puissances qui a fait l'essence de la Suisse, alors dites non. Car notre pays, que j'aime infiniment, n'est petit que par la taille. Il est grand par son Histoire, complexe et passionnante. Il est grand par les idéaux du Printemps des Peuples, en 1848. Il est grand par ses assurances sociales, dont l'AVS de 1948 est le fleuron. Il est grand par l'intimité de son rapport à sa nature, à son patrimoine. Il est grand par ses institutions. Par son fédéralisme, son respect des différences. Il est immense par sa démocratie directe, qui fait du peuple citoyen, le démos, la pierre angulaire des grands arbitrages du destin national.
     
    Il ne s'agit pas de savoir si nous aimons les Russes ou les Américains. Non. Il s'agit de savoir si nous avons encore la capacité de nous aimer nous-mêmes. Comme nation souveraine. Comme patrie. Comme lieu commun de cohésion sociale et humaine. Cela implique la volonté de défendre toutes ces valeurs par nous-mêmes. Et non en nous subordonnant à l'un des géants, éternellement belligérants, de la planète.
     
    C'est pourquoi je vous dis : "La Suisse n'a strictement rien à faire dans l'OTAN".
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Elevage intensif : un dilemme autour du principe de vie

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    Sur le vif - Dimanche 04.09.22 - 16.45h
     
     
    Je suis plongé, depuis quelques jours, dans la votation passionnante concernant l'élevage intensif des animaux. Passionnante, parce qu'elle touche à des êtres vivants, volatiles ou mammifères, nos contemporains de vie, tout simplement. Pour moi, ça n'est pas rien.
     
    Je m'y suis plongé, pour préparer le débat du GRAND GAC, en direct ce soir 19h sur Léman Bleu. Avec quatre personnes de qualité.
     
    Je m'y suis plongé, comme citoyen, parce que je veux entendre tous les arguments, avant de voter. Pour l'AVS, pour l'impôt anticipé, ma décision est prise. Pour les animaux, j'hésite. Je suis sur la corde raide. Rarement à ce point oscillé entre le OUI et le NON, depuis ma première participation à une votation fédérale : c'était pour dire OUI, du fond du coeur et de l'âme, à un nouveau Canton du Jura, en septembre 1978. J'avais vingt ans et trois mois.
     
    Pour être clair : il faudra que les opposants à l'initiative, ce soir, soient TRÈS FORTS pour me retenir de voter le texte.
     
    Je ne suis pourtant ni un bobo des villes, ni un rêveur. Et je respecte infiniment le monde paysan. Non. Disons que c'est une question de rapport à la vie, tout simplement.
     
    A titre personnel, je ne mange plus du tout de viande, depuis quelques années. Mais je n'en fais absolument pas une affaire publique. Je n'ai rien contre la viande. Rien contre les mangeurs de viande. De ma position alimentaire personnelle, je n'aspire à strictement aucun prosélytisme. Je ne milite dans aucune organisation. Ca n'est donc pas ce choix nutritif qui m'amène à recevoir favorablement une partie des arguments de l'initiative.
     
    Non. C'est une affaire de questionnement intime par rapport au principe de vie.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Quand l'Etat fait la vaisselle

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    Sur le vif - Jeudi 01.09.22 - 10.00h
     
     
    Nos gouvernements ne gouvernent plus. Ils nous prodiguent des conseils d’École ménagère.
     
    Je le dénonçais, hier soir et ce matin, dans la pitoyable et infantilisante politique du Conseil fédéral pour promouvoir des économies d'énergie.
     
    Mais le record sera pulvérisé mardi prochain à Genève. Le conseiller d'Etat Vert, le conseiller administratif Vert en Ville de Genève, le directeur des Services industriels, tout ce beau monde donnera conférence de presse pour promouvoir........ "la vaisselle réutilisable dans la restauration à l'emporter" ! Sic. Vous avez bien lu !
     
    L'horizon d'Etat, c'est fini. Il nous reste l'horizon domestique. Et, comme l'Etat s'ennuie, il s'en occupe à notre place.
     
    A nous, au printemps prochain, de faire le ménage. Au sommet de l'Etat.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Radio de gouvernement

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    Sur le vif - Jeudi 01.09.22 - 07.07h
     
     
    Hallucinant ! Dans un commentaire diffusé à l’instant, dans le Journal de 7h, le chef du service politique de la RTS appelle les partis politiques à s’abstenir de critiquer le Conseil fédéral dans sa stratégie énergétique. Il faudrait une « union sacrée ». Comme dans la crise Covid ?
     
    Jamais, autant que ce matin, la RTS n’est apparue à ce point comme la voix officielle du gouvernement. L’UDC n’aurait pas le droit de souligner l’incompétence absolue de la ministre responsable de l’énergie, manifestement dépassée par les événements ?
     
    Les partis politiques devraient renoncer à leur fonction critique, ferment essentiel de la citoyenneté ? Les citoyennes et citoyens devraient se la coincer ? Le chef du service politique de la RTS se prend pour le porte-parole du gouvernement.
     
    La vérité, je vais vous la dire. Le Conseil fédéral, hier, n’avait strictement rien de nouveau à nous annoncer. Parce qu’il patauge dans la gadoue. Il avance à l’aveugle. Il est incapable de vision claire. Alors, il nous infantilise en nous sortant des conseils d’École ménagère. Prenez des douches. Éteignez les lumières inutiles. Couvrez vos casseroles. On n’y aurait pas pensé tout seuls.
     
    La RTS est au service de la diversité des opinions. Elle n’a pas à être l’officine de propagande du Conseil fédéral.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Une piste Décaillet, précise et concrète, pour des économies au DIP

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    Sur le vif - Mercredi 31.08.22 - 16.30h
     
     
    A quoi ça rime, dans la Genève de 2022, de demander encore soixante millions de francs pour construire de coûteuses annexes à des bâtiments scolaires ? A quoi ça rime ?
     
    Je me souviens des années soixante, j'étais enfant, les écoles poussaient comme des champignons, mais c'était normal : tout poussait ! C'étaient les années Chavanne, le baby-boom, les Glorieuses, les vagues migratoires, il fallait construire. Je me souviens que mes parents n'étaient pas d'accord : mon père, ingénieur en génie civil, entrepreneur, se réjouissait de cette croissance ; ma mère, profondément conservatrice, y voyait un emballement fatal. Leur dialectique, profondément, est restée enracinée en moi : j'oscille entre les deux visions, il faut la croissance, mais il faut la maîtrise.
     
    Mais construire des bâtiments scolaires, en 2022, 2023 ! A quoi ça rime ? Nous avons, à Genève, des tonnes de bureaux vides. Des locaux commerciaux, vides. Des anciens ateliers, vides. Beaucoup d'entre eux sont en parfait état d'hygiène et de propreté.
     
    La démographie scolaire se remet à galoper ? Eh bien, que le DIP se fasse locataire de ces espaces vacants, plutôt que réclamer soixante millions pour construire !
     
    L'essentiel, c'est l'école. Nous croyons en l'école. Je crois, de toutes mes forces, en l'école. Mais l'école, à la base, ça n'est pas un bâtiment. C'est un principe de transmission, d'un humain à l'autre. Cela peut se faire n'importe où, pas besoin que l'Etat soit propriétaire des lieux. A l'Uni déjà, il y a 45 ans, nous avions des séminaires de littérature allemande moderne disséminés un peu partout, et la transmission se passait parfaitement. Nous regardions les textes, par les plafonds. Nous écoutions la musique des mots.
     
    Je demande à la classe politique d'activer l'idée que je lance ici : amener le DIP à louer des locaux vides, plutôt que repartir dans des constructions somptuaires.
     
    L'école, à la base, ça n'est pas un bâtiment. De même que l’Église, à la base, oui l'ecclesia des tout premiers chrétiens, ça n'était pas une bâtisse. C'était juste l'Assemblée des fidèles. Le mot grec était le même que celui qui, cinq siècles avant le Christ, désignait à Athènes l'Assemblée des citoyens, j'ai presque envie de dire la Landsgemeinde.
     
    L’Église, l'école : une assemblée d'humains. Où doit souffler l'esprit. Pas la structure.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Quand la gauche morale sort de la République

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    Sur le vif - Dimanche 28.08.22 - 14.45h
     
     
    Hallucinant. La RTS nous apprend que la section Ville de Genève du PS entend prendre à sa charge les frais de remise en état de la chaussée, suite à l'ineffable "dégrappage" du bitume au marteau-piqueur, commis le 22 juin dernier aux Pâquis.
     
    En clair, un parti gouvernemental, en Ville de Genève (deux magistrats), dans le Canton de Genève (deux magistrats), au Conseil fédéral (deux magistrats), un parti responsable, présent depuis plus d'un siècle dans la vie politique suisse, lui ayant donné de très grands hommes d'Etat (Tschudi, Chavanne, et beaucoup d'autres), décide, dans sa section de la deuxième Ville du pays, de se mettre en marge des lois de la République.
     
    C'est une décision ahurissante. Elle doit être prise en compte comme telle, au-delà de la gravité intrinsèque (ou non) de l'affaire du marteau-piqueur aux Pâquis. Nous sommes en République. Nous avons un Etat de droit. Des lois. Un ordre juridique. Il prévoit la protection du patrimoine, celle des personnes et des biens. L'acte des Pâquis était illégal, il a transgressé l'ordre, il doit être sanctionné, comme toute transgression. On ne juge pas le bien-fondé moral, on juge la conformité (ou non) à l'ordre juridique.
     
    Dans ces conditions, le geste financier du PS de la Ville envers les militants transgresseurs de l'ordre juridique n'est autre qu'une complicité à leur acte. Le message est clair : "Casseurs, jouissez sans entraves, défoncez-vous, nous assumerons vos frais juridiques". De la part d'un parti gouvernemental, la position est totalement irresponsable.
     
    Que nous révèle cette affaire ? Ce que nous savions déjà, et que nous écrivons ici depuis longtemps. La gauche urbaine genevoise a déserté le terrain de la politique pour celui des grands combats moraux, ceux qui, par leur finalité théologique, justifieraient la désobéissance civile. Cette gauche-là, infestée par la morale, est devenue chapelle, Eglise, pastorale. Elle n'est plus dans la Cité. Elle a reconquis le Temple.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • La chute

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    Sur le vif - Vendredi 26.08.22 - 09.54h
     
     
    La gauche s’effondre en Suisse. Elle a tout fait pour cela. De la morale, au lieu de la politique. Du sociétal, au lieu du social. Du mondial, au lieu du national. Du cosmopolite, au lieu du patriote. De l'universel, au lieu du particulier. De l'altérité, au lieu de l'identité. Du déraciné, au lieu des entrailles. Du sectarisme de genre, au lieu de l'humanisme. Des points médians, au lieu de la limpidité. Des chercheurs en sciences sociales, au lieu de la culture. De la structure, au lieu de l'élévation. Du bruit, au lieu de la musique. Des banderoles et des slogans, au lieu des arguments. Les citoyens ne sont pas dupes. Ils la sanctionneront.
     
     
    Pascal Décaillet

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