Sur le vif - Page 5

  • La voix du pouvoir, à l'état pur !

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    Sur le vif - Jeudi 18.12.20 - 18.01h
     
     
    Titres Forum : "Nous demanderons à la Présidente de la Confédération si ces mesures vont assez loin".
     
    Il leur faut quoi ? Mettre la planète sous clef ? Entrer tous en hibernation jusqu'en l'an 30'000 ?
     
    Et l'interview de Simonetta Sommaruga, derrière, est tout simplement délirante. Et, juste dans la foulée, une membre de la "task force". Et on en remet une couche : "Ces mesures sont-elles vraiment suffisantes ?".
     
    Plus royalistes que le Roi !
     
    La voix du pouvoir, à l'état pur !
     
    La RTS a-t-elle été officiellement investie de la mission métaphysique et morale de confiner l'univers ?
     
    Qui, dans notre pays, se soucie encore des petits entrepreneurs ? Pas les nababs ! Les petits ! Les tout petits ! Faudra-t-il lancer, dans la Suisse de 2021, un mouvement de type poujadiste, comme dans la France de 1956 ? Va-t-il vraiment falloir que nous nous fâchions ?
     
    La RTS, et autour d'elle les courtisans du pouvoir, à Berne et dans les Cantons, éprouvent-ils la moindre empathie pour les dizaines de milliers de cafetiers, restaurateurs, commerçants, indépendants, touchés par les décisions de magistrats exécutifs dont le salaire, qu'il pleuve ou qu'il vente, tombe à la fin du mois ?
     
    Telle est ce soir ma colère. Comme citoyen (je ne revendique aucun autre titre, aucune autre qualité). Mais aussi, comme petit entrepreneur, qui se bat depuis quinze ans pour sa boîte. Et qui dit sa solidarité à tous ceux qui se lèvent le matin. Et qu'on empêche, d'un ukase, d'aller bosser.
     
    Comme citoyen. Mais au fond, comme homme libre, tout simplement. Libre de ses paroles. Libre de ses positions. Et que personne, jamais, n'empêchera de s'exprimer. Personne ! Et surtout pas le pouvoir en place.
     
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Flavio Cotti, aux petites lueurs de l'aube

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    Sur le vif - Jeudi 17.12.20 - 16.47h
     
     
    Peu après René Felber, voilà que disparaît Flavio Cotti. Avec ces hommes, c'est le Conseil fédéral de mes années à Berne, il y a trente ans, qui doucement s'en va. Il reste, Dieu merci, Adolf Ogi. Et un ou deux autres. Le plus éblouissant, celui dont j'ai été le plus proche à tous égards, Jean-Pascal Delamuraz, nous quittait, beaucoup trop jeune, en octobre 1998.
     
    A Flavio Cotti, d'innombrables souvenirs me lient, plusieurs voyages aussi. C'était un homme d'un grande intelligence, parfait polyglotte (il parlait français sans le moindre accent), cultivé, compétent. Ce qui lui a manqué, c'est le charisme d'un Delamuraz, ou d'un Ogi. Flavio Cotti, qui a mené d'une main de fer la valse des diplomates, était un cérébral, très attaché au pays, mais montrant peu ses sentiments. Il fut parfois un mal aimé.
     
    Un souvenir personnel, tout simple, sur cet homme. J'étais à l'époque correspondant à Berne pour la RSR. Je me levais vers 04.45h pour aller à la gare, en alternance avec mes collègues, chercher le paquet ficelé de journaux qui nous permettrait, en direct à 07.20h, de présenter la revue de presse alémanique, avant d'attaquer, au troisième étage, juste sous la Coupole fédérale, une longue journée de journaliste politique. Je faisais, à 05.30h précises, tous les matins mon entrée triomphale dans un Palais fédéral totalement vide.
     
    Totalement ? Pas tout à fait ! Un homme, avant même Jean-Pascal Delamuraz, entrait au Palais exactement en même temps que moi. "Bonjour Monsieur, comment allez-vous ?". Toujours parfaitement courtois. Il voulait être le premier à occuper son poste, dans le silence matinal de la Berne fédérale. Cet homme, intelligent et immensément travailleur, s'appelait Flavio Cotti. Il a été un grand serviteur de la Suisse. Nous lui rendrons hommage, avec Philippe Roch, ancien directeur de l'Office fédéral de l'Environnement, ce dimanche 20 décembre, 19h, en ouverture du GRAND GAC.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Ludwig, héros porteur du feu

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    Sur le vif - Mardi 15.12.20 - 16.27h
     
     
    Je reviens à ma réflexion d'hier soir sur le Beethoven biographique. Je dis qu'il y a une vraie vie, et que c'est celle de la musique. Mais je comprends fort bien que le parcours biographique, les 57 ans de cette vie d'homme, entre 1770 et 1827, fascinent. J'ai moi-même, dès l'âge de douze ans, ayant commencé fort tôt à écouter les Symphonies (bien avant les Sonates, les Quatuors), donné dans cette fascination totale pour le destin de cet homme, toujours en mouvement.
     
    Les 57 ans de vie de Ludwig van Beethoven correspondent, avec une saisissante magie, à cette exceptionnelle période de l'Histoire allemande (dans laquelle on nous permettra d'inclure Vienne pour la musique), qui m'habite avec la plus démoniaque des présences. Fin de l'Ancien Régime, Révolution française, Consulat, Empire, début de la Restauration. Et influence considérable des idées révolutionnaires sur le jeune Beethoven. Il a lu Plutarque et Rousseau, il épouse les idées nouvelles, il ne sera déçu par Bonaparte qu'en 1804, lorsque le Premier Consul déposera sur sa propre tête la couronne impériale.
     
    Beethoven est, absolument, un homme de son temps. Il avance. Il devance. Il affronte le destin. Il s'émancipe des mécènes. Il fait constamment évoluer la forme musicale, aucune oeuvre ne ressemblant à la précédente. Il façonne. Il invente. Il transgresse les matrices du prévisible. Il cherche. Il trouve. Il ne se repose jamais.
     
    Il est l'homme de la Révolution. Non celle de la politique, qu'il admirait dans sa jeunesse. Mais celle de la constante remise en cause d'une forme musicale, dès que celle-ci deviendrait convention. Le chemin, entre ses premières compositions, très jeune, et les derniers Quatuors, est époustouflant. Des années-lumière. Un autre monde.
     
    Et c'est bien pourquoi j'invite, une fois consommée notre fascination pour le Beethoven biographique, à laisser un peu les 57 années de cette vie terrestre pour nous immerger dans l'étude musicologique de cette évolution, à nulle autre pareille. A la découverte de la vraie vie de cet homme - celle de tout compositeur - les chemins de création, entre la musique d'Ancien Régime (qu'il ne s'agit pas une seule seconde de dénigrer), et l'évolution vers "autre chose", qu'on appellera le Romantisme, la personnalisation, l'irruption du "je" dans la création musicale, tout cela est parfaitement connu, recensé par les musicologues. Quand j'écoute les derniers Quatuors, années 1820, composés par un homme sourd et isolé du monde, je me demande parfois si je ne suis pas en train d'entendre du Bartók, ou du Alban Berg, ou du Sibelius. Des auteurs du vingtième siècle !
     
    J'invite donc, tout en nous plongeant dans le Beethoven biographique, pour être en phase avec l'une des périodes les plus fastes dans l'Histoire des arts, des textes et des idées dans l'univers germanique, à une seconde immersion, vitale cella-là, et sans doute aussi baptismale, dans les chemins de création musicale de cet homme d'exception.
     
    Baptismale, oui. Promesse d'une autre vie. Au-delà du parcours entre une naissance et une mort. La vie de la musique elle-même. Portée par un personnage prométhéen, digne de Kleist. Ou de Friedrich Hölderlin. L'un et l'autre, contemporains de Beethoven. Époque de feu. Le temps des mythes et des récits. Le temps des héros.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Jennifer Covo : soutien total

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    Sur le vif - Lundi 14.12.20 - 18.27h
     
    A l'issue d'une journée consacrée à tenter d'identifier l'un ou l'autre bobos (organiques, pas urbains !), je découvre l'ampleur du miasme contre ma consœur Jennifer Covo. Alors, deux ou trois choses :
     
    1) Il est parfaitement normal, lorsqu'on a face à soi un représentant du pouvoir, sur un sujet muni d'un fort enjeu, de mener une interview sans concession. Hier soir, face à Alain Berset, Jennifer l'a fait. Elle a eu parfaitement raison. Vous auriez préféré un entretien de complaisance ?
     
    2) Un Conseiller fédéral n'a pas à être ménagé. En tout cas, pas plus (ni moins) que n'importe quel interlocuteur. Ni plus, ni moins. Sur ce deuxième point, Jennifer a parfaitement fait son boulot.
     
    3) Elle l'a un peu cuisiné pour obtenir des réponses. Et alors ? Il ne s'agissait pas d'une causerie sur la vie et l’œuvre d'Alain Berset, ses goûts musicaux, ses oeuvres littéraires préférées. L'interview était exactement dans la tonalité qui sied à un entretien sur un enjeu d'actualité brûlante, fort et puissant, correspondant aux inquiétudes légitimes de l'ensemble de nos compatriotes.
     
    4) J'ai travaillé avec Jennifer Covo, pendant des années, à Léman Bleu. Plus exactement, nous ne travaillions pas ensemble. Elle était à la rédaction, comme journaliste. Et moi, venant du bureau de ma propre entreprise, j'arrivais le soir pour présenter Genève à chaud, comme producteur indépendant venant de l'extérieur, ce que je suis depuis quinze ans. J'ai rarement connu une consœur aussi compétente, soucieuse de précision, douée pour la présentation en direct, vive d'esprit, aimable avec ses collègues. Un rayon de soleil dans une équipe. Jennifer est pour moi un modèle de qualité, dans les métiers de l'audiovisuel.
     
    5) Je suis un partisan absolu des réseaux sociaux, vous le savez. Je m'y exprime moi-même fort souvent, les tenant comme un outil de travail précieux pour mon journal de bord, sur la politique, la littérature, la musique, tout ce qui compte pour moi. Mais là, en reprenant le fil de ce qui a été dit sur cette consœur à laquelle je voue une immense estime, je suis simplement ulcéré. La bagarre, oui, les combats d'idées oui. Mais pas ce tsunami sur une personne.
     
    6) Je dis à Jennifer qu'elle est une grande professionnelle. Je l'admire. Je lui apporte mon total soutien.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Juste le verbe. Juste le chant.

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    Sur le vif - Dimanche 13.12.20 - 16.38h
     
     
    Du plus loin qu'il m'en souvienne, j'ai toujours été tourné vers l'Orient. Voyages familiaux, puis professionnels, vers le Proche-Orient, le monde arabe, la Grèce (innombrables), les Balkans, l'Afrique du Nord, la Turquie. Mosquées, Synagogues. Eglises orthodoxes des rites chrétiens d'Orient, syriaques, arméniens, coptes. Icônes byzantines. Grec néo-testamentaire. Dans ces pays-là, comme en Allemagne, je me sens dans une sorte de "chez moi", sous les apparences d'un ailleurs.
     
    En ce temps de l'Avent, je pense à ces trois Rois, "venus d'Orient". Porteurs de cadeaux. L'or, la myrrhe, l'encens. Denrées rares, sensuelles, précieuses. De ces passants étranges, fascinants, on ne sait presque rien. Depuis deux mille, ans, à leur sujet, on fantasme sur quelques lignes, toujours les mêmes, tirées des Écritures.
     
    Je pense à Martin Luther, et sa prodigieuse traduction de la Bible, en 1520. Lui aussi, un passeur. Il tire les mots des textes grecs, hébraïques. Il les transmute dans la langue véhiculaire de son temps, l'allemand du début du seizième siècle. Il invente des mots. Il invente la littérature allemande moderne. Et les plus grands musiciens, de Bach à Brahms (Deutsches Requiem), installeront leur musique sur cet allemand-là, ces mots-là. Luther est un Mage. Il encense les mots. Il prend les syllabes, les transforme en or.
     
    On peut aimer l'Orient tout en aimant passionnément les Allemagnes. Par la langue et par la musique. Il n'y plus ni Elbe, ni Jourdain. Juste le verbe. Juste le chant.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Populisme de la gentillesse

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    Sur le vif - Samedi 12.12.20 - 11.40h
     
     
    Méfions-nous des sourires, des douceurs et des bons sentiments. Méfions-nous du suave. Regardons la réalité des choses.
     
    L'effondrement de la classe moyenne à Genève. La taxation hallucinante du travail. La maigreur famélique des retraites. Le chômage des jeunes. La fabrication de milliers d'assistés. La dette abyssale, que même des ministres de droite contribuent à creuser. La dette, ce poison légué à nos enfants.
     
    Jugeons nos dirigeants - et nos dirigeantes - sur leurs actes. Pas sur leurs belles paroles, leur côté "société libérale avancée", leurs maternalisme façon RH.
     
    Ils parlent d'ailleurs beaucoup trop, avec leurs shows du mercredi. Qu'ils agissent ! Qu'ils diminuent la pression fiscale sur les classes moyennes ! Qu'ils laissent bosser les entreprises ! Qu'ils réduisent le train de vie de l'Etat !
     
    Parce que les beaux discours humanistes, tellement faciles, ce populisme de la gentillesse prétendument accompagnante, ça va un moment.
     
    Suis-je le seul, à Genève, à n'en être pas dupe ?
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Pas dans dix mille ans !

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    Sur le vif - Jeudi 10.12.20 - 11.00h
     
     
    Dans le décryptage du réel en politique, j'aime avoir quelques longueurs d'avance. Je suis, depuis toujours, pour une conception vive, réveillée, simultanée, de mon rôle de commentateur. Parce qu'arriver après tout le monde, cinq ans après, une fois que les acteurs ne sont plus au pouvoir, qu'il n'y a plus d'enjeu, plus de prise de risque, plus de danger... Je laisse à d'autres. Innombrables, au portillon. Les courageux de la 25ème heure !
     
    François Longchamp, c'était du temps de ses réseaux de l'ombre qu'il fallait en parler, pas maintenant. Pierre Maudet, du temps où il faisait valser les fusibles, pas quand il est à terre. Le Triste Sextuor, pire Conseil d'Etat depuis Fazy, équipe grave et préjudiciable pour la République, c'est maintenant qu'il faut souligner ses errances. Maintenant, vous m'entendez, pas demain !
     
    Maintenant. Pas dans dix mille ans.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • La Sphinx

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    Sur le vif - Jeudi 10.12.20 - 01.08h
     
     
    C'est terrible à dire, mais il y a toutes les chances que le Triste Sextuor, entre le printemps 2021 et le printemps 2023, finisse par engloutir le nouvel élu. L'avaler. L'assimiler. Le faire sien, comme la Sphinx de la Machine infernale, de Cocteau, dans son éblouissant monologue.
     
    Victoire du grégaire sur l'individu. De la glaise sur le marbre. Des petits pactes entre amis, sur la puissance d'une solitude.
     
    Oui, cette digestion de l'araignée est possible. Même avec l'élection du plus brillant. Du violent admirable.
     
    Et la tristesse, alors, s'emparera du Septuor.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Le Triste Sextuor ne nous dupera plus longtemps !

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    Sur le vif - Mercredi 09.12.20 - 16.52h
     
    Catastrophique contre-prestation de Mmes Emery-Torracinta et Fontanet, à l'instant, en "point presse" du Conseil d'Etat, à propos des rapports no 1 et no 2 sur la gestion du Département de l’Économie.
     
    Sous la neutralité des airs, la fausse objectivité des mots, le jargon RH, on tente de camoufler une liquidation politique. Nous venons d'apprendre que Pierre Maudet n'a plus de bureau. On lui a retiré ses cylindres. Son secrétaire général s'est installé à sa place. Ca, ce sont les faits. La réalité d'une mise à l'écart. L'humiliation d'un ostracisme.
     
    Le reste ? Le reste, ce sont des mots. Des postures. Du vocabulaire de spécialistes en relations humaines. Un immense paravent. Ces deux Conseillères d'Etat parlent, nous entendons autre chose. Elles donnent des signes, nous en décryptons d'autres. Et en face, on se contente, bien sagement, de leur demander "des précisions".
     
    Pendant ce temps, le super-ministre-de-la-Police-et-de-la-Santé se tait. Il est habile.
     
    On pense ce qu'on veut de M. Maudet, la moitié de mes lecteurs est pour lui, l'autre est contre, chacun est libre de juger. Mais moi, je dis vous une chose : ce Triste Sextuor ne nous dupera plus très longtemps.
     
    Pascal Décaillet

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  • La burqa, problème no 1 en Suisse !

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    Sur le vif - Mardi 08.12.20 - 16.05h
     
     
    La burqa ! C'est vraiment le problème no 1 que nous ayons à régler, dans la Suisse des années 2020 !
     
    Notre pays traverse une crise économique et sociale sans précédent. Empêchés de travailler, à deux reprises, par leurs propres autorités, des dizaines de milliers de nos compatriotes sont au bord de la faillite. Ou de perdre leur emploi. Ou de finir à l'assistance sociale. Mais non, la burqa !
     
    Le chômage augmente. Ses statistiques sont éhontément trafiquées par les injections de la Confédération et des Cantons pendant la crise sanitaire. Nous pompons dans les réserves. Nous creusons la dette. Nous préparons des cadeaux empoisonnés à nos enfants. Mais non, la burqa !
     
    Notre belle démocratie suisse se porte mal. La confiance se perd. Le fossé se creuse entre le peuple et les autorités. La démocratie représentative, incapable d'assumer son rôle de contre-pouvoir aux exécutifs pendant la crise sanitaire, perd de son crédit. Notre pays a besoin de trouver un nouveau souffle, qui passera par une démocratie directe renforcée. Mais non, la burqa !
     
    Il est bien connu qu'on ne peut pas faire deux pas, en Suisse, sans tomber sur une burqa. Ou sur un minaret. Eh bien moi, je vous le dis, et tant pis pour les ennemis que je me ferai dans un camp qui partage avec moi les valeurs de souveraineté, d'indépendance, de défense des PME : initié par un homme d'exception, le Père Louis Collomb, aumônier du primaire, entre 1965 et 1969, au respect de toutes les croyances et toutes les religions, initié très jeune à une étude en profondeur des trois religions du Livre, ayant eu très jeune le privilège de me rendre dans de nombreux pays musulmans, et de visiter d'innombrables Mosquées, je ne supporte pas le climat anti-Islam véhiculé par cette histoire de burqa.
     
    Je respecte l'Islam. Je respecte le judaïsme. Je respecte le christianisme. Je respecte la foi, la non-foi, le doute, toutes les convictions sincères du monde. Bien entendu que je condamne, avec la dernière rigueur, l'islamisme combattant qui veut renverser nos valeurs, et qui sème la mort. Mais l'Islam, en tant que tel, je le respecte ! Et l'Islam en Suisse, je le respecte : l’écrasante majorité des Musulmans de notre pays ne posent strictement aucun problème.
     
    Et je dis que derrière cette histoire de burqa (mode vestimentaire pour lequel je n'ai certes aucune sympathie), la vérité des choses, c'est une haine anti-Musulmans travestie sous un prétexte de voile. Et cette haine, comme n'importe laquelle dirigée envers un groupe ethnique, ou religieux, je ne l'accepte pas. Parce que cela ne correspond pas à l'idée que, toute ma vie, je me suis faite de la Suisse.
     
    C'est tout.
     
    Pascal Décaillet

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  • Parlementaires, contrôlez l'exécutif !

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    Sur le vif - Mardi 08.12.20 - 09.38h
     
     
    Le Parlement montrera-t-il, envers les conditions de mise à l'écart de Pierre Maudet par ses pairs, le 28 octobre, la même absence de curiosité investigatrice que face à la gestion de la crise sanitaire par le Conseil d'Etat ? Dans ce second dossier, il s'est refusé à lui-même tout moyen d'enquête. Et des députés ont même applaudi un ministre qui venait de passer une bordée au premier pouvoir de notre Canton !
     
    Gestion de la crise sanitaire, mise à l'écart de Pierre Maudet : deux domaines où l'exécutif a dysfonctionné, et le mot est peut-être faible. Cela doit être étudié, en remontant de fond en comble le processus de décisions. Donc, par des enquêtes sur les actes exacts du gouvernement. Cela exige un esprit d'investigation. Cela ne viendra pas tout seul, si des citoyennes et citoyens (élus ou non) ne s'y mettent pas. Il y a sans doute une affaire Maudet (pas question de la nier, la justice tranchera). Mais il y a - et c'est politiquement beaucoup plus important - une affaire du Conseil d'Etat 2018-2023.
     
    Le contrôle de l'activité du gouvernement n'est pas, pour les parlementaires, une option, comme un allume-cigare, quand on achète une voiture. C'est une obligation ! Ca fait partie de leur job. S'ils s'y dérobent, s'ils vont jusqu'à applaudir un ministre qui leur reproche de faire leur boulot, ils n'ont rien à faire au Parlement de la République.
     
    Manque de curiosité. Manque de courage. Connivence avec les ministres. Le Parlement genevois doit se réveiller. Il est élu par les citoyennes et citoyens, pour les défendre. Il n'est pas élu pour former une caste, toute heureuse de tutoyer le pouvoir exécutif. Le parlement n'est pas l'ami du gouvernement. Il est là pour le scruter, impitoyablement, le questionner, lui demander des comptes sur sa gestion. Se réveiller, lorsque les choses ne vont pas. Ne pas attendre la fin de la législature pour se rendre que, trois ans plus tôt, il y a peut-être eu un problème.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • L'inconnu de Lübeck

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    A l’occasion du 50ème anniversaire, aujourd’hui, de la génuflexion de Willy Brandt devant le monument aux morts de Varsovie, je republie, ici, ma chronique du 6 mai 2004 dans la revue « Choisir ». Willy Brandt est, avec de Gaulle, Mendès France et Mitterrand, l’homme d’Etat européen du vingtième siècle qui m’a le plus impressionné.

     

     

    L’inconnu de Lübeck

     

     

    Il y a juste trente ans, le 6 mai 1974, Willy Brandt, le plus énigmatique, mais aussi à coup sûr le plus grand chancelier allemand du vingtième siècle, envoyait au président de la République une lettre de démission de treize lignes, écrite à la main : « J’assume la responsabilité politique de l’affaire Guillaume ». Brandt quittait la chancellerie, laissant la place à un autre grand homme, Helmut Schmidt. Il allait encore vivre dix-huit ans, présider son parti, et même l’Internationale socialiste, vivre deux décennies en vieux sage ayant tutoyé l’Histoire, cerné d’honneurs et de louanges, mais Brandt au pouvoir, cette aventure allemande de l’après-guerre, se terminait ainsi d’un coup, bêtement, suite à une histoire d’espionnage entre Allemands que plus personne, de nos jours, ne pourrait imaginer.

     

    Willy Brandt, homme du nord né à Lübeck, le 18 décembre 1913, d’une mère de dix-neuf ans qui ne lui révèlera qu’en 1947 la véritable identité de son père, et mort le 8 octobre 1992, aura donc connu l’Allemagne impériale, traversé la Grande Guerre, la République de Weimar, le Troisième Reich (en exil en Scandinavie), les années de désolation et de reconstruction, la scission en deux de sa patrie, avant de connaître enfin, peu avant sa mort, plus heureux que Moïse, la chute d’un Mur qu’il avait toujours haï, les yeux embués en cette ville de Berlin dont il avait été, de 1957 à 1966, le maire éblouissant. Avant d’être un grand homme d’Etat, celui de l’Ostpolitik et de la génuflexion de Varsovie, avant d’être ce vieillard fatigué et sublime regardant s'écrouler le Mur aux côtés de Kohl et Genscher, en cette nuit du 9 novembre 1989, avant tout cela, Willy Brandt c’est d’abord, comme Mitterrand, le charme étrange et romanesque d’un destin.

     

    La politique, aujourd’hui, n’aime plus guère les aventuriers. Elle préfère les technocrates. C’est dommage. Que serait l’Italie sans Garibaldi et le tumulte de son parcours ? Il faut lire la vie des grands hommes, à la Plutarque, si on veut saisir les véritables enjeux de leurs paris politiques. L’enfant Louis XIV traumatisé par la Fronde, le jeune Léon Blum et l’affaire Dreyfus, les rapports terribles de Frédéric II avec son père. Pour cela, il faut accepter de lire des biographies, ce genre passionnant, longtemps et scandaleusement méprisé par les historiens de la mouvance de Mai 68, ceux qui préfèrent les structures aux hommes, la matière à l’esprit, la coupe synchronique, désincarnée, au fil magique d’une vie.

     

    Il faut aussi regarder les albums de photos. Le collégien Willy Brandt, 1930, debout en pantalon de golf, posant devant un plan d’eau, sans doute un canal de sa ville natale de Lübeck. La beauté de son visage, la retenue de sa posture, le brin de mélancolie de l’ensemble, la force de solitude intérieure d’un regard pourtant porté vers le lointain. Est-ce déjà Willy Brandt, au destin scandinave et futur prix Nobel de la Paix ? Ou n’est-ce, encore, que Herbert Ernst Karl Frahm, son premier nom, celui de son enfance hanséatique, lui qui allait, d’exil en exil, en porter plusieurs, remplaçant une énigme par une autre. Tout est là, oui déjà, dans cette tristesse semi-éclairée, immensément séduisante, de l’inconnu de Lübeck. Enfin, coïncidence ou non, 1930, l’année de cette photographie si troublante, est celle de son adhésion au SPD, le parti social-démocrate : rien, jusqu’à la mort, ne l’en séparera.

     

    Willy Brandt : un destin allemand. Il aurait pu être raconté par une nouvelle d’Heinrich Mann, ou incarné dans l’un des innombrables personnages de Günter Grass, son ami. J’irais plus loin : j’irais chercher dans Schiller, celui des jeunes années, le Schiller de Don Carlos et du Sturm und Drang, le ressort exceptionnel de Brandt. Une vie nécessairement en mouvement, mais d’un chemin non-tracé, où l’invisible surpasse le prévisible, le rend futile, dérisoire. Les plans de carrière volontaristes sont pour les personnages de deuxième choix, les grands commis, les grands exécutants. L’homme de caractère, lui, accepte les chemins de traverse, la surprise du vent.

     

    Brandt, un destin. Mais aussi un certain sens de la formule, du symbole. A genoux devant le monument aux morts de Varsovie, recueilli au Mémorial de Yad Vashem, ou hagard devant les burins de fortune qui détruisent le Mur, c’est toujours le même homme, le même sens du destin et de l’Histoire. « Jetzt wächst zusammen, was zusammengehört », s’était-il contenté de déclarer en cette nuit allemande du 9 novembre 1989 (Maintenant va pouvoir croître ensemble, ce qui est du même terroir). Et si le combat social-démocrate, tout en étant parfaitement sincère, n’avait été, toute une vie, que le paravent d’un autre enjeu, plus fondamental, plus inavouable : le combat national pour enfin donner un champ d’éclosion à une patrie ravagée, et au fond tant aimée, comme une mère qu’on retrouverait, intacte et prometteuse, au soir de sa propre vie ? La force des grands hommes, Brandt, de Gaulle et les autres, c’est qu’ils nous donnent l’impression, à chaque fois, de recommencer l’Histoire.

     

    Pascal Décaillet

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  • Journalisme : le corporatisme moralisateur d'une profession qui se meurt

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    Sur le vif - Dimanche 06.12.20 - 17.55h
     
     
    Il faut arrêter de parler des journalistes et du journalisme. Ces discussions-là n'intéressent, au mieux, que les... journalistes ! Je dis cela, alors que j'exerce ce métier, avec passion, depuis 35 ans comme professionnel.
     
    Laissons les journalistes discuter entre eux. Affirmer que "les médias sont indispensables à la démocratie", et y croire, si ça les chante.
     
    Ce métier magnifique, né avec la Gazette de Théophraste Renaudot, sous Louis XIII, ayant surtout éclos avec la Révolution industrielle, atteint son apogée sous l'Affaire Dreyfus (sur laquelle, comme on sait, je me suis penché de très près, pour une Série radio, en 1994), est doucement en train de disparaître.
     
    Tout le monde a le droit d'informer ses contemporains. Tout le monde a le droit de vérifier ses sources, ça n'est pas une pratique interdite ! Tout le monde a le droit de publier. Tout humain a le droit d'interviewer un autre humain, de brosser son portrait par écrit, de rédiger des carnets de route, de nous croquer la vie, la dessiner, la filmer, la mettre en ondes. Toute citoyenne, tout citoyen, a le droit le plus absolu d'exprimer son opinion, sous la forme d'un commentaire, dans le champ politique. Nul de ces exercices n'est réservé aux journalistes.
     
    Alors, qu'est-ce qui est encore réservé aux journalistes ? Réponse : rien. STRICTEMENT RIEN. Aucun des actes recensés ci-dessus n'est réservé aux journalistes, aucun ne leur est interdit non plus.
     
    Les histoires de journalistes entre eux n'intéressent personne. Tout au plus, quelques... journalistes ! Les problèmes économiques, liés à une rédaction en faillite, un journal qui cesse de paraître, une chaîne qui se plante, ne doivent pas capter notre intérêt davantage que la fermeture de n'importe quelle PME de taille équivalente, dans le circuit économique autour de nous. Intéressons-nous aux restaurateurs ! Intéressons-nous aux cafetiers ! Intéressons-nous à tous ces commerçants, par dizaines de milliers en Suisse, jetés au bord de la faillite pas les autorités, en cette belle année 2020. Et cessons de pontifier avec l'ineffable "aide à la presse" !
     
    Bien sûr, il y a des techniques du journalisme. Notamment en radio : l'écriture, l'improvisation sur mots-clefs, le rythme, le souffle, l'énergie pour tenir une émission. Cela s'enseigne, cela s'apprend. Mais cela peut se transmettre, et se pratiquer, entre citoyens de bonne volonté, désireux d'en découdre avec le micro, l'oralité, sans se coller à la peau ce titre prétentieux de "journaliste".
     
    Qui sommes-nous, tous, dans le débat public ? Réponse : des citoyennes, des citoyens ! C'est le seul titre qui vaille, le seul dont nous ayons à nous revendiquer. Le reste, c'est le corporatisme moralisateur d'une profession qui, telle Henriette d'Angleterre, se meurt.
     
    Nous avons mieux à faire. Existons dans la Cité ! Soyons citoyens ! Tous, avec les mêmes droits. L'égalité, la vraie. Dans une démocratie totale, vitale, surgie d'en bas, sans médiateurs, sans intermédiaires. Sans moralisateurs qui, au fond, sont juste là pour défendre leur caste.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Les Fleurs du Mâle

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    Sur le vif - Dimanche 06.12.20 - 10.38h
     
    Deux hommes de droite blancs, âgés de plus de cinquante ans, vont présider les Chambres fédérales en 2021.
     
    Merci au Matin dimanche de dénoncer cet ABSOLU SCANDALE. Ca fait du bien, une telle prise de risque éditoriale, une telle impertinence. Ca vous défrise le Parthénon.
     
    L'un est paysan, l'autre assureur. Ah, les sales types ! Comment de tels lascars ont-ils osé se présenter aux élections ?
     
    Merci, aussi, d'utiliser le mot "mâles", comme le font de plus en plus souvent les féministes, avec l'infinie finesse qui les caractérise. "Vieux mâle" est leur expression favorite, pour qualifier un homme ayant dépassé la cinquantaine, ou la soixantaine. C'est si délicat, non ? C'est tellement beau, comme insolence, tellement courageux, ça vous transgresse le prévisible, on s'imagine skiant hors-piste en période de Covid.
     
    "Mâles". "Vieux mâles blancs de droite". Floraisons de grâce et de finesse ! Alchimie d'une écriture qui fera vocaliser les lendemains.
     
    Soucieux de la plus parfaite égalité, nous nous sentirons désormais autorisés, et même encouragés, constitutionnellement incités, à parler, dans l'autre sens, de "femelles".
     
    D'avance, nous savons que ça leur fera tellement plaisir.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Le petit théâtre du mercredi

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    Sur le vif - Samedi 05.12.20 - 10.38h
     
     
    Personne n'a jamais obligé un gouvernement à prendre la parole.
     
    S'il la prend, il doit endosser toute la responsabilité de son acte de pouvoir consistant à se montrer au peuple, et lui parler. Ce qu'il dit. La manière dont il le dit. Ses tonalités. Ses gestes. Les sentiments qu'il dégage, auprès du public. Quand on monte sur une scène, il y a des acteurs, un décor, une mise en scène, des lumières, des choix.
     
    Personne n'a jamais obligé un gouvernement à prendre la parole.
     
    Le Conseil d'Etat genevois est libre de se taire ou parler. Libre de délivrer des communiqués, ou monter sur les tréteaux télévisuels pour se donner à voir et à entendre.
     
    Mais, s'il monte en scène, il doit assumer.
     
    La théâtralisation du pouvoir est à double tranchant. Elle peut servir le Prince, ou terriblement l'affaiblir. La parole du chef doit être rare : plus il se commet, plus il perd son aura.
     
    Personne n'a jamais obligé un gouvernement à prendre la parole.
     
    Prenez ces trios, ces délégations du mercredi, face aux caméras, sans filtre, sans médiateurs. Le public n'est dupe de rien. Il voit tout. Le vrai chef, il l'identifie tout de suite. Les rapports de forces derrière les rodomontades, "Merci Madame la Présidente", "comme vient de l'indiquer ma préopinante", "comme l'a très bien dit Madame Fontanet", le peuple ne se laisse pas avoir par tout ce cirque, il décèle immédiatement l'hypocrisie, les rivalités internes. Ne sous-estimez pas sa lucidité sur les enjeux réels.
     
    Le peuple n'est pas dupe, non plus, des fausses douceurs, aux attitudes maternantes, voix simulant la neutralité, du type "Je n'ai pas voulu cette situation, je n'y suis pour rien, elle m'ennuie tout autant que vous, mais dans l'épreuve commune, je vais vous accompagner". Le peuple préfère encore la raideur verticale des hiérarques assumés à ces fausses pudeurs, juste pour être dans le ton. Alors qu'on est un être de pouvoir comme un autre, et peut-être pire (sous le vernis) qu'un autre.
     
    Alors, continuez, Mesdames et Messieurs les Conseillers d'Etat, à vous montrer, tous les mercredis, en irrévocable majesté. Tantôt donneuses de leçons, tantôt régents, invoquant la bureaucratie sanitaire pour atténuer une responsabilité qui est foncièrement vôtre. Fausses douceurs, voix câlines, pour être dans le ton d'aujourd'hui, qui n'est plus aux tonnerres masculins. Mais le pouvoir, toujours et partout, demeure le pouvoir. Noir. Immuable. Personne n'est dupe.
     
    Continuez ce petit jeu de la monstration hebdomadaire. Continuez, dans le même temps, à ruiner les classes moyennes en les assommant d'impôts. Continuez à mépriser les petits entrepreneurs, les indépendants, les restaurateurs. Car la réalité de ce Conseil d'Etat 2018-2023, l'un des pires depuis Fazy, oui la réalité, derrière le petit théâtre du mercredi après-midi, c'est celle d'un Triste Sextuor, tout juste bon à nous pomper, endetter l'Etat, endetter nos familles, nos enfants. Un gouvernement qui n'écoute plus les classes moyennes, il ne songe qu'à les plumer.
     
    Continuez, avec vos voix suaves. Vos fausses apparences. Continuez. Et nous verrons le résultat.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • J'écris pour tous

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    Sur le vif - Vendredi 04.12.20 - 13.17h
     
     
    J'écris pour tous. Pour toute personne voulant bien me lire. J'écris pour le peuple, dans sa totalité. Pas pour mes pairs. Pas pour les intermédiaires. Pas pour les lobbys. Pas pour les partis. Pas pour les clercs. Pas pour les initiés. Surtout pas pour les puissants. Il y a quelque chose, au fond de moi, depuis toujours, qui m'amène à rejeter le pouvoir. Tout pouvoir, d'où qu'il vienne.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Giscard, fauve politique et rêveur mélancolique

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    Sur le vif - Mercredi 02.12.20 - 23.12h
     
     
     
    Giscard est mort, je l'apprends à l'instant. J'avais seize ans à son élection, vingt-trois à son départ, c'est une partie de ma jeunesse qui s'en va, comme pour tous ceux de ma génération.
     
    Il y aurait tant à dire sur cet homme, allons à l'essentiel. Une brillante intelligence. Une connaissance parfaite des rouages de l'Etat. Un engagement européen, du temps où cette aventure-là était très belle, parce qu'elle reposait sur la réconciliation franco-allemande. Le couple formé par Valéry Giscard d'Estaing et Helmut Schmidt (que j'ai eu l'honneur d'interviewer à Hambourg, en 1999) était remarquable, doublé d'une très belle amitié entre les deux hommes.
     
    Député à 30 ans (1956, l'année de la vague poujadiste), Secrétaire d'Etat en 1959, Ministre des Finances du Général de Gaulle, puis de Georges Pompidou, Président de la République de 1974 à 1981, VGE dit "Au revoir !" aux Français en 1981, il n'a que 55 ans. Il hantera encore longtemps la vie politique, mais plus au niveau suprême.
     
    Très proche des gaullistes de gauche (eh oui !) dans ma jeunesse, puis mitterrandien, j'ai mal perçu Giscard lorsqu'il était au pouvoir. La droite orléaniste n'est pas mon fort, le libéralisme encore moins. Avec le recul, je m'en rends compte depuis quelques années, j'ai été, sur le moment, trop sévère envers cet homme aux éclatantes qualités intellectuelles, qui rappellent celles d'un André Tardieu, dans l’Entre-deux-guerres.
     
    Pendant toutes les années 1974-1981, j'étais abonné au Nouvel Observateur, qui accompagnait la montée de la gauche vers le pouvoir, et qui cassait du Giscard à longueur d'année. Nous n'avons pas reconnu la classe de l'homme, son intelligence diplomatique dans la question européenne, son savoir-faire avec l'Allemagne, son ouverture réelle sur les questions de société. Nous avons eu tort. J'ai eu tort.
     
    Et même son orléanisme, son libéralisme façon Second-Empire, ses accents d'enrichissement à la Guizot, nous les avons caricaturés, je m'en suis rendu compte en vieillissant. Car entre Giscard et les petites frappes de l'ultralibéralisme financier des années 1990, puis 2000, il y avait un monde, qui s'appelle l'Etat. VGE en était issu. Il a été un homme d'Etat, il a fait ce qu'il a pu, malgré les chocs pétroliers, la montée du chômage.
     
    Cet hommage, écrit à vif, arraché à ce début de nuit, est donc aussi l'histoire de ce qui fut, de ma part, et de beaucoup de mes contemporains, une profonde incompréhension face à un homme étiqueté comme un défenseur des seules valeurs pécuniaires, ce que manifestement il n'était pas.
     
    La France perd un homme d'Etat. Un fauve politique de première catégorie. Un rêveur mélancolique, bercé dès la naissances de tant de fées. Peut-être trop. Il nous reste une grâce, un style, une intelligence, au service de l'Etat. Au-revoir, Monsieur VGE.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Qui dirige Genève ?

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    Sur le vif - Mercredi 02.12.20 - 20.26h
     
     
    Comment le Conseil d'Etat ose-t-il nous laisser apparaître comme désormais incertaine la réouverture des restaurants pour le 10 décembre ? Alors qu'il avait lui-même allumé les espoirs, mercredi dernier, sur cette date, par lui-même décidée ?
     
    Pourquoi ce retour possible sur une parole donnée, un engagement pris face à un corps de métier en souffrance ? Où est le crédit de l'Etat ? Où est la confiance ?
     
    Le gouvernement est-il l'otage de la bureaucratie sanitaire, ou juste son porte-parole ? Qui dirige Genève ?
     
     
    Pascal Décaillet
     
     

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  • Le petit théâtre de l'exécution

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    Sur le vif - Mercredi 02.12.20 - 14.42h
     
     
    Les conditions de mise à l'écart de Pierre Maudet par ses pairs, je l'ai dit dès le premier jour, sont totalement inacceptables.
     
    Le montage savant du Triste Sextuor, avec leurs mots techniques insupportables, style "diagnostic organisationnel", ne trompe personne. Il y a eu LIQUIDATION FROIDE de l'un des membres du collège par les six autres, parmi lesquels un quarteron d'ambitieux qui veulent augmenter leur influence, à l'interne.
     
    Face à ce coup de majesté, Pierre Maudet - quelles que fussent ses errances passées - est parfaitement en droit de se rebeller. Et son avocate, de soutenir sa défense. Les grands airs pénétrés du Triste Sextuor, avec cette fausse douceur de certain(e)s, ne sont que de la piètre comédie.
     
    À cet égard, le flux direct offert, chaque mercredi, au Conseil d'Etat pour qu'il s'exprime sans filtre, sans médiateurs, sans questions dérangeantes, se retourne contre lui. Le public est de moins en moins dupe de ce petit théâtre de l'exécution.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Lisa Mazzone : compétence et ténacité

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    Sur le vif - Lundi 30.11.20 - 15.38h
     
     
    Je ne partage quasiment aucune des idées politiques de Lisa Mazzone. Mais j'apprécie au plus haut point, depuis toujours, cette jeune et courageuse politicienne. Lorsqu'elle était très jeune, toute débutante, j'ai perçu en elles de grandes qualités, une remarquable aptitude au combat politique, qui est sans merci. Il faut avoir le cuir très dur.
     
    Elle a une vision du monde. Elle se bat pour elle, avec fougue, ténacité, sincérité. Les attaques, contre elle, sont souvent innommables. Elles portent sur sa personne, non sur ses idées. Malgré cela, elle tient le coup. Elle va son chemin. Elle se bat.
     
    Je comprends très bien que l'on combatte ses idées. Mais l'acharnement sur sa personne est inacceptable.
     
     
    Pascal Décaillet

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