Sur le vif - Page 5

  • Résister aux modes : maintenant, ou jamais !

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    Sur le vif - Dimanche 11.04.21 - 10.37h
     
     
    Il faut savoir résister aux modes. Elles finissent toujours par passer. Et il arrive toujours un moment, après quelques années, où on finit pas les considérer avec le demi-sourire qui sied aux choses désuètes. Pire : les plus sévères, après coup, sont ceux qui, sur le moment, leur avaient succombé avec le plus d'obédience.
     
    Mais c'est trop tard, Messieurs les anciens servants enfin affranchis. Les modes, c'est du temps de leur tyrannie qu'il faut leur dire non. Je parle ici des modes de pensée, non des caprices vestimentaires, qui ne m'ont jamais intéressé.
     
    Alors, parlons d'ici et de maintenant. Pour ma part, je résiste aux excès d'un double courant : la mode féministe et la mode climatiste. Je ne remets pourtant en cause ni l'égalité la plus totale des sexes, ni la nécessité de protéger notre planète. Je parle bien des excès : colonisation du discours, postures menaçantes face aux gens qui pensent autrement, auto-proclamation tribale de "collectifs", mise à l'écart des opposants : je n'accepte pas ces procédés. Je ne les ai jamais acceptés, de personne.
     
    J'avais dix ans en mai 68, j'ai observé de près les événements, j'avais l'oreille collée à la radio : déjà, je détestais ces mouvements de foule, qui s'élevaient contre un homme que j'admirais, un homme de l'Histoire.
     
    Les années passeront. Un jour, d'autres contempleront l'empire exercé sur nos consciences, au début de ces années 2020, par des mouvements extrêmes. Le langage inclusif, cette verrue sur la langue française, ils en dégageront toute la part de Préciosité, au sens de Molière. Le sabir des "chercheurs en sciences sociales", ils le compareront au latin des médecins du Malade imaginaire.
     
    Ce sera bien. L'Histoire efface, sur le sable. Elle avance, corrige, prend distance. Ce sera bien, mais ce sera trop tard. Je m'adresse à ceux d'entre vous qui, peut-être, partagent mon scepticisme dans les domaines que j'ai évoqués ici. Je leur dis : le réveil, c'est maintenant. Le combat, c'est maintenant. La solitude, c'est maintenant. Les maux de bide parce qu'on se crée des emmerdes face à la doxa qui régente, c'est maintenant.
     
    Maintenant, ou jamais.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Thomas Mann : l'autre vie

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    Sur le vif - Samedi 10.04.21 - 20.13h
     
     
    Il y a, dans la phrase de Thomas Mann, toute l'extrémité d'une saveur qui ressemble au vertige de se perdre. Celui d'un enfant, en forêt.
     
    La phrase est complexe. Le verbe, lointain. Les incises, enracinées. C'est son style, c'est son souffle, c'est sa vie. Jamais plus saisissant que lorsqu'il laisse poindre, dans une description physique, les premiers signes d'une maladie.
     
    À lire Thomas Mann, on commence par se dire qu'on se perd. Et puis, par le miracle d'une adhésion, qui est souffrance et jouissance, on se remet à vivre. Dans l'autre vie.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • La gauche et l'altérité sublimée

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    Sur le vif - Samedi 10.04.21 - 10.27h
     
     
    Jean Ziegler se passionne pour le sort des migrants.
     
    On aimerait sentir, chez lui, la même fougue en faveur de nos jeunes sans emploi ni avenir, nos retraités qui n'en peuvent plus d'attendre la maigre rente de fin du mois, nos Suisses dans l'extrême précarité, nos sédentaires depuis des générations, dont les familles ont fait ce pays, à tous les niveaux, sans se croire obligées de céder à l'ivresse spéculative du mondialisme.
     
    On aimerait percevoir, chez la gauche, le même élan de solidarité pour les nôtres que pour l'altérité.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Logement : merci de penser à la classe moyenne !

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    Sur le vif - Samedi 10.04.21 - 08.54h
     
     
    Logement : il est raisonnable et pertinent de songer aussi à la classe moyenne. Et de mettre une limite à la frénésie de "logements sociaux" imposée par la gauche idéologique à la Praille. Le projet de loi et la motion de la droite vont dans le bon sens.
     
    Ponctionnée jusqu'à la moelle par la pression fiscale, ne bénéficiant d'aucune subvention, aucune assistance, n'étant là que pour cracher son pécule et le remettre à l'Etat, la classe moyenne doit avoir au moins - dans le premier temps d'une vaste reconquête de ses droits - la possibilité de trouver un logement à Genève.
     
    Pendant ces deux ans de gouvernement de gauche, la droite genevoise, majoritaire au Parlement et surtout au sein du peuple (60% le 28 mars), doit se montrer inflexible, frontale et unie.
     
    Dans les actes. Mais aussi, dans le vocabulaire : elle doit refuser de reprendre les mots de la gauche, à commencer par la liturgie verbale des Verts. Du courage, que diable !
     
    Les deux prochaines années seront passionnantes.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Richard Strauss : le chant de nos corps, jusqu'aux os !

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    Sur le vif - Vendredi 09.04.21 - 17.50h
     
     
    Pas un seul jour sans que je ne songe au miracle que représente pour moi l'oeuvre instrumentale de Richard Strauss (1864-1949). Pas seulement les opéras, ça on sait ! Pas seulement les Lieder, assurément sublimes ! Mais l'oeuvre instrumentale. Le sens infini, wagnérien, du "motif". L'art de la variation. Le champ de vie et d'éclosion accordé à chaque instrument, comme chez Debussy, chez Bartók.
     
    Dès l'adolescence, j'étais tombé amoureux des opéras de Strauss. Et puis, j'ai travaillé sur Hofmannsthal, il y a une quarantaine d'années, et là je suis entré encore plus dans Strauss, tant les deux hommes, le librettiste et le musicien, le dramaturge et le compositeur, étaient faits l'un pour l'autre. Miracle d'une rencontre, comme Brecht et Kurt Weill, Mozart et Da Ponte, Alban Berg et Frank Wedekind, l'auteur de Lulu.
     
    Fasciné par cette fécondité viennoise (sans oublier jamais que Richard Strauss fût Munichois), j'ai mis des années à me rendre compte de l'incomparable qualité de l'oeuvre instrumentale de l'auteur des Métamorphoses. Hier encore, sur le coup de minuit, j'écoutais sur Mezzo "Aus Italien", sous la remarquable direction de la cheffe Ariane Matiakh. Il y a, dans la musique de Richard Strauss, l'usage des cordes et des cors, dès sa jeunesse wagnérienne et jusqu'à sa mort, quelque chose qui me semble de nature à faire vibrer nos os, nos vertèbres, nos côtes. C'est une musique tellurique. On y entend la terre.
     
    Je consacrerai un épisode de ma Série Allemagne, dans les mois qui viennent, à l'exceptionnelle collaboration qui fut, au tournant des 19ème et 20ème siècles, celle entre Hugo von Hofmannsthal et Richard Strauss. L'Autriche et la Bavière sont de grandes nations. On y tutoie les sommets.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Chômage en Suisse : l'absolu scandale d'un chiffre !

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    Sur le vif - Vendredi 09.04.21 - 12.37h
     
     
    Comment osent-ils annoncer triomphalement une baisse du chômage en Suisse, alors que les chiffres sont éhontément biaisés par la mise sous perfusion de centaines de milliers de salariés par le système des RHT (chômage partiel) ?
     
    Sans compter les milliards de subventions allouées directement par la Confédération ou les Cantons, depuis un an, en puisant dans les réserves. On creuse la dette, et on vient bomber le torse en disant "Regardez comme nous sommes bons, en Suisse, avec le taux de chômage !".
     
    A la vérité, la situation économique et sociale de la Suisse est en train d'atteindre une précarité jamais vue depuis la guerre. Pour le moment, ça ne se voit pas trop (sauf dans l'hôtellerie-restauration), parce qu'on a encore les moyens de la mise sous perfusion. Mais cela ne sera pas éternel, on ne peut appauvrir à l'infini notre pays, il a besoin de réserves pour le long terme.
     
    Cette présentation des choses, avec ces prétendus miraculeux 3,4%, est un véritable scandale. Tout comme est scandaleuse, à Genève, la non-prise en compte de l'assistance sociale dans les chiffres des sans-emplois. De partout, on biaise, on distorsionne. De partout, on enjolive. De partout, on nous ment.
     
    Qu'on laisse les entreprises reprendre leur boulot. Qu'on laisse les gens bosser. Qu'on fasse, à la fin de l'année, le vrai décompte des faillites (dans la restauration, il sera hélas catastrophique). Qu'on laisse la vérité des choses poindre, une fois les perfusions asséchées. Et nous le verrons monter en flèche, le vrai chiffre du chômage en Suisse.
     
    Le Seco se conduit comme une officine de propagande, pour rassurer la population. Aucun relayeur d'informations, en Suisse, n'a le droit de recracher bien docilement ces chiffres, sans les mettre dans la perspective du réel. En vérité, notre pays va mal. Il peut et doit s'en sortir. Nous ferons tout pour cela. Mais de grâce, pas en construisant l'avenir sur du vent. Ni sur des mensonges.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Über Brecht als Dichter - Meine persönliche Empfindung

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    *** "Distanzierung" ? Ja, natürlich ! Aber vor allem ein Dichter. Ein Zauberer der Sprache. In Brecht's Texten singt eine unvergleichbare Musik. Mein Verhältnis mit diesem ungeheurem Schrifsteller.***
     
    Ostermontag, den 05. April 2021. 16.06h.
     
     
    Überall seit meiner Kindheit höre ich Bertolt Brecht fast exclusiv als Dramaturg bezeichnet, was er natürlich im höchsten Punkt war. Überall "Dramaturg", und immer mit diesem Leitmotiv : "Distanzierug". Was auch genau ist.
     
    Seit der Kindheit - oder Ende Kindheit - habe ich trotzdem persönlich eine ganz andere Empfindung von diesem unvergleichbaren Autor. Für mich ist Brecht zuerst ein Dichter. Ein Zauberer der Sprache. Ein Worterfinder. Ich habe natürlich unzahlbare Stücke von Brecht auf der Bühne gesehen. Aber ich habe vor allem das Werk von BB gelesen, und nochmals gelesen, und immer noch gelesen. Und gehört ! Mit der Musik von Kurt Weill.
     
    Ich bin normalerweise kein Theaterleser, nur Zuschauer. Aber nicht im Falle von Bertolt Brecht ! Und auch nicht im Falle von Jean Racine. Warum ? In diesen beiden Beispielen schenkt uns der Text - der Text allein ! - etwas unsagbares zu hören. Ich lese Brecht immer mit lauter Stimme, wie für jeden Dichter, und wie (zum Beispiel) die deutsche Übersetzung der Bibel durch Martin Luther. Brecht's Antigone, über die ich vor vierzig Jahren gearbeitet hatte (im Vergleich mit Sophokles), ist wie eine Musik geschrieben : die Spezialisten können sogar etwas schwäbisches wiedererkennen, wie eine Spur von Brecht's entfernten Kindheit.
     
    Gegen mächtige Dramaturgentheorien über "Distanzierung" habe ich überhaupt nichts. Bin aber kein Thetarfachmann ! Nur ein gespannter Leser, verliebt in die Dichtung und in die deutsche Sprache.
     
    Beste Grüsse an alle deutschsprachigen Leser !
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Détruire l'Allemagne, disaient-ils

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    Nouvelle réflexion sur la destruction de la Ville allemande - 1945, dans le miroir de 1648 - Dimanche 04.04.21 - 11.16h
     
     
    En 1945, les villes allemandes sont détruites. C'est à dessein que les Anglo-Saxons les ont pulvérisées elles, les villes. Pas seulement parce qu'elles concentraient le secteur industriel. Mais parce que l'âme allemande, au fil des siècles, s'est forgée dans un théâtre de représentation urbain : les cathédrales, les résidences des seigneurs locaux, les collections d'art, les salles de concert, les théâtres.
     
    En 1945, tout cela est en cendres. Pas les villages ! Pas la campagne ! Non, les villes, si importantes dans la construction de l'imaginaire du Saint-Empire : Immédiateté impériale, Franchises, concentration des pouvoirs, convergences des artistes. En rasant Hambourg en 1943, puis Dresde en 1945, Harris, le chef des commandos de bombardements la Royal Air Force, ne prend pas ces décisions tout seul. Non, il obéit à un chef, le Premier Ministre, qui s'appelle Winston Churchill, un homme pétri d'Histoire, et qui sait parfaitement ce qu'il fait. Pas seulement venger Coventry, il l'a fait au centuple ! Bien pire : éradiquer la Ville allemande. La Ville allemande, pas seulement les villes allemandes !
     
    Ma mère a passé une partie de sa jeunesse en Allemagne, dans les années 1936 à 1938. Elle a connu d'éclatantes villes allemandes, au centre du pays, avant la guerre. Les trésors du Moyen Âge y étaient visibles à chaque coin de rue. Quand elle y est retournée, peu après la guerre, plus rien. J'ai moi-même visité d'innombrables villes, dans l'ensemble du pays, des Alpes jusqu'à la Baltique, du Rhin jusqu'à l'Oder, avec une prédilection pour la partie orientale (Saxe, Prusse, Thuringe) : malgré certaines splendeurs sauvées du désastre, on sent bien qu'il y a quelque chose de perdu, d'irrémédiable.
     
    J'aime passionnément Hambourg, Lübeck, Nuremberg, Würzburg, Francfort-sur-l'Oder, Weimar, Brême. J'ai passé de longs mois à Munich, du temps de mes études. Je n'aime pas trop Berlin, bien que je m'y sois rendu maintes fois. Je préfère la Prusse intérieure, austère, sévère, intellectuelle, celle qui semble retenir en elle le monde sensible, de peur qu'il n'explose. La Prusse de Kleist. J'aime les bords de l'Oder, à la frontière polonaise, il y règne un esprit de garnison, de musique et de poésie. Le monde germanique, dit-on, s'y termine. Je n'en suis pas si sûr.
     
    La Ville allemande, devenue cendres et poudres. 1945 ? Pas seulement ! En 1648, à l'issue de l'abominable Guerre de Trente Ans, la Ville allemande, de la Baltique jusqu'à Bâle, est en ruines. Les Suédois, entre autres, y sont pour beaucoup. Les Princes de toute l'Europe, à partir de la Défenestration de Prague, avaient décidé de faire des Allemagnes le terrain de jeu de leurs guerres. En 1648, il n'y a plus de Ville allemande, il n'y a plus d'Allemagne, il n'y a plus rien. 
    Il faudra un siècle pour que renaisse, en Europe, un esprit allemand : ce sera l’œuvre de Frédéric II, le Roi de Prusse (1740-1786), l'homme sans qui nul renouveau n'eût été possible.
     
     
    En visitant pour la première fois Lübeck avec toute ma famille, en juillet 1968, nous sommes allés voir ces sublimes églises de briques rouges, où chante l'âme luthérienne, et d'où semble encore poindre la musique de Buxtehude. Les murs de l'une d'entre elles étaient percés de trous d'obus. Seconde Guerre mondiale, avais-je demandé au guide : "Oui, je crois bien. A moins que ce ne soient les Suédois, au moment de la Guerre de Trente Ans".
     
    Une marge d'erreur de trois siècles ! Mais la béance, au coeur de murs, était toujours là. Comme un rappel du destin allemand, tragique et muet, à la recherche d'un fil invisible. Comme dans Wagner. Comme dans les Contes de Grimm. Comme dans "Deutschland, bleiche Mutter", l'éblouissant poème de Brecht. Quelle mère ? Et quel enfantement ? Pour quel destin ?
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Jean-Cosme !

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    Sur le vif - Vendredi 02.04.21 - 09.21h
     
     
    Immense tristesse, à la lecture du Nouvelliste, au matin de ce Vendredi Saint. Jean-Cosme Zimmermann ! Copain d'Uni, copain d'armée, grand journaliste, de ceux qui connaissent tout de la machine, parce qu'ils la travaillent de l'intérieur, chef d'édition depuis si longtemps. Et là, il nous quitte un 1er avril, à un mois de la retraite, nous rappelle Stéphanie Germanier.
     
    J'ai fréquenté avec bonheur, naguère, cet être subtil et délicat, cultivé, cet humour, cette pudeur des sentiments. Un homme, tout simplement, de ceux qui vous marquent et qui vous touchent.
     
    Pendant mes longues années comme chroniqueur au Nouvelliste, il était l'homme à qui j'envoyais mes textes. Le premier lecteur. Toujours un petit mot à la réception, une note de complicité. Le chef d'édition est un personnage central. Il met en œuvre, veille aux délais, donne au journal sa forme et sa structure. Jean-Cosme était un très grand professionnel, un journaliste dans l'âme.
     
    Je ne l'avais plus revu depuis quelques années. Je me promettais de lui faire signe, l'un de mes été valaisans, c'est toujours comme ça. Le Nouvelliste est en deuil, le métier de journaliste aussi, qui est un artisanat complexe et rigoureux, peu connu du dehors.
     
    À sa famille, ses proches, ses amis, ma profonde sympathie. Sa délicatesse, son humour, veilleront sur mon âme, pour longtemps.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Radicaux : le grand retour

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    Sur le vif - Mercredi 31.03.21 - 22.39h
     
     
    Dimanche dernier, Pierre Maudet n'a pas été réélu. Mais le radicalisme populaire, celui des indépendants, des petits entrepreneurs, celui qui lutte pour le savoir, la connaissance, la qualité de la transmission, pour le primat du travail et du mérite, l'absolue maîtrise des budgets, est redevenu, et de très loin, la première force au sein de la droite genevoise.
     
    C'est le paradoxe le plus vif, le plus rafraîchissant, le plus revigorant de cette élection.
     
    Nulle reconstruction de la droite genevoise ne se fera sans une profonde prise en compte des 34% de ce dimanche 28 mars 2021.
     
    J'ajoute une chose : nulle reconstruction ne pourra faire l'économie de la préférence cantonale. Ni d'une profonde réflexion sur une stricte régulation des flux migratoires.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Médias : et si on atomisait tout ce petit monde !

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    Sur le vif - Mardi 30.03.21 - 18.57h
     
     
    En matière "d'aide à la presse", ma position a toujours été parfaitement claire : pas un seul centime d'argent public, pour personne ! Les journaux, les médias en général, ne doivent vivre que d'eux-mêmes, par eux-mêmes, par leur propre mérite. Ils ne doivent strictement rien recevoir de l'Etat . Cette position, comme toutes celles que je prends ici et sur mon blog, n'engage que moi, et pas les clients et partenaires pour lesquels j'assume des mandats. Eux c'est eux, moi c'est moi.
     
    La gauche veut "aider la presse", pourquoi ? Mais enfin, vous ne voyez pas ! Pour avoir son mot à dire, pardi ! Les collectivités publiques, aussi. Les gouvernements cantonaux. Ne parlons pas des ineffables exécutifs des grandes villes, qui sont autant de bastions de gauche, où l'on se construit une clientèle, en engraissant "collectifs" et associations.
     
    A tout cela, toute cette interdépendance malsaine, je dis NON. Entrepreneur depuis quinze ans, je n'ai jamais emprunté, jamais dû un seul centime à personne. Jamais investi dans du matériel (j'ai un studio de formation radio depuis dix ans), sans avoir, en amont, économisé les fonds pour mon entreprise. Le délire actuel, agité par la gauche, et notamment par les Verts, de "dette par investissements", va ruiner notre pays. Quand les choses vont mal, on se serre la ceinture, on réduit son train de vie, on compte les sous, on prépare patiemment ses forces pour les combats futurs.
     
    Mais l'aide à la presse, je dis NON ! C'est un fil à la patte ! Une saloperie de dépendance par rapport à des lascars qui vous ont aidé financièrement avec de l'argent qui n'est d'ailleurs par le leur, et qui se chargeront, un jour ou l'autre, de vous rappeler ce que vous leur devez.
     
    Eh puis, merde, j'avais voté OUI à No Billag ! Pendant la campagne, j'étais resté silencieux. Mais j'avais eu raison de voter OUI ! S'il faut absolument qu'existent des entreprises des médias (il faudrait en discuter, d'ailleurs), eh bien qu'elles s'autofinancent !
     
    Mais la vraie question, alors que j'écris ces lignes sur un réseau social, et que vous me faites l'amitié de m'y lire, c'est : allons-nous enfin inventer la société moderne, celle où chaque citoyenne, chaque citoyen peut s'exprimer librement, en interroger un autre librement, organiser des débats librement, partager sa culture, son savoir, ses passions, ses références, ses lectures, librement. Avec d'autres hommes et d'autres femmes libres. Loin du corset consanguin des "médias". Et loin de l'arrogance corporatiste de ce métier qui, depuis 35 ans, est pourtant le mien : le journalisme.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Les âmes abimées

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    Sur le vif - Mardi 30.03.21 - 10.22h
     
     
    Les Verts au pouvoir ? Mais c'est très simple : ils seront exactement comme tous les autres. Ils l'ont d'ailleurs déjà été, lorsqu'ils étaient en duo au Conseil d'Etat. Ils le seront à nouveau.
     
    L'archaïque noirceur du pouvoir ne touche aucun parti en particulier, aucun sexe, aucune religion : elle est de toujours et de partout, elle s'applique à tous, sans exception. Je m'exprime à ce sujet dans un commentaire rédigé vendredi, et qui paraît demain dans GHI : "Le pouvoir, celui qui vous fait jouir".
     
    Le pouvoir transforme, et il corrompt. Non d'une corruption morale, qui ne m'intéresse pas, mais de celle d'une âme abimée, ce qui relève à mes yeux de la gravité suprême. J'aurais pu mettre le chapeau, celui du mot "abîme", les gouffres de la vie, ceux qui vous perdent pour le monde sensible, pour la beauté terrestre, vous ne voyez plus que vous-mêmes, vous dans votre miroir du pouvoir.
     
    Dès qu'un individu, dès qu'un parti, dès que l'amère tristesse d'une coalition d'intérêts parvient au pouvoir, alors, inexorablement, commencent les mécanismes de l'abus. C'est valable pour tous ! Nul n'y échappe. Ni les Verts, ni aucun autre.
     
    Je déteste l'idée d'un pouvoir gentil. Pour la simple raison qu'elle est fausse. Entre 1978 et 1990, j'ai vu six fois Léo Ferré sur scène. Au moins quatre de ces six fois, juste avant de quitter le public, tout sonore encore de la puissance de ses chansons, il s'adressait à nous : "Et n'oublie pas une chose : le pouvoir, d'où qu'il vienne, c'est de la merde".
     
    Il avait mieux compris la politique que les grands clercs. Il avait saisi, comme personne, l'essence irréparable de ce qui abime les âmes.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Déjà, ils ne sont plus

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    Sur le vif - Lundi 29.03.21 - 07.36h
     
     
    Où lit-on, à longueur de journées, que "le journalisme est indispensable à la démocratie" ?
     
    Réponse : dans des... journaux !
     
    Dans l'immensité plurielle du public, on ne lit pas cela. Mais au contraire, une noire colère contre la presse.
     
    Cette colère, les "indispensables" la prennent de très haut. De leur Everest, ils dénoncent le "populisme" des réseaux sociaux.
     
    Et, dans leurs journaux, entre soi, en cercle fermé, tout heureux de se parler à eux-mêmes, ils continuent de se proclamer "indispensables".
     
    Nous nous dispensons d'eux, pourtant. Nous forgeons nos opinions hors de leur caisse de résonance. Nous vivons nos vies ailleurs. Nous publions directement nos commentaires ou réflexions sur les réseaux. Et nous nous en portons fort bien.
     
    Mais eux, là-bas, continuent de tonner : "Nous sommes indispensables".
     
    Déjà, leurs accents s'atténuent. Déjà, leur voix s'éteint. Déjà, leurs silhouettes s'estompent, dans la pénombre.
     
    Déjà, ils ne sont plus.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Les apprentis-sorciers

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    Sur le vif - Lundi 29.03.21 - 06.44h
     
     
    Aucune hausse d'impôts ? Une première nous a clairement été annoncée hier soir, sur le plateau du GRAND GAC. On y a aussi appris que le portefeuille des Finances n'intéressait plus du tout le PLR.
     
    Tout cela, le soir même du basculement à gauche du Conseil d'Etat !
     
    Soyons clairs : la gauche a de l'appétit. Elle a deux ans pour mettre le paquet. Et elle ne va pas se gêner. Elle va creuser la dette, immobiliser le trafic motorisé, nous balancer des points médians jusque dans la légèreté soluble de Verlaine. Elle va nous bassiner avec des sujets de société n'intéressant que des minorités.
     
    Merci, qui ? 60% d'électeurs sont à droite, 40% seulement à gauche. Mais c'est la gauche qui gagne le siège !
     
    Chez certains libéraux, tout contents d'avoir réussi leur petit coup, faire passer la gauche pour deux ans, en se disant que ce n'est pas grave, on risque d'osciller, d'ici 2023, entre déconvenue et désillusion. Ces apprentis-sorciers n'ont pas servi Genève.
     
     
    Pascal Décaillet

     
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  • Putain, deux ans !

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    Sur le vif - Dimanche 28.03.21 - 14.59h
     
     
    Un gouvernement de gauche, pendant deux ans. Deux Verts et deux socialistes. Ou même trois Verts (en incluant M. Dal Busco), et deux socialistes. Une libérale, convertie à la dette. Un clignotant, imprévisible.
     
    A Genève, trois cinquièmes (58,4%) de l'électorat ont voté aujourd'hui à droite. Deux cinquièmes seulement (41,5%), pour la gauche. La droite est nettement majoritaire dans ce canton.
     
    Au sein de la droite, le radicalisme historique, populaire, proche des classes moyennes, celui des indépendants, des petits entrepreneurs, des PME, emporte plus d'un tiers des voix. Le libéralisme des golden boys, ceux des années 90 et jusqu'à la crise de 2008, est mort. Les fatigues patriciennes se sont repliées dans leurs granges brûlées. La droite genevoise est nettement majoritaire, sans appel, mais en termes de dynamique, elle est en lambeaux.
     
    Autour de l'homme qui a réuni aujourd'hui près de 34% des voix, quelque chose, dans les deux ans qui viennent, va se constituer. Une force. Une puissance. Une dynamique de désir, populaire et combattante. Nul autre mouvement, parmi les éclopés de la déroute, ne lui sera comparable. Rendez-vous en 2023.
     
    Reste l'essentiel : pour deux ans, la gauche est au pouvoir. Au gouvernement, pas au Grand Conseil certes. Mais elle va faire des dégâts. Les ayatollahs de la "mobilité douce" ont de beaux jours devant eux. Nous allons "nous endetter massivement" (sic !), pour des isolations d'immeubles. La gangrène inclusive va tenter de s'incruster dans notre magnifique langue française. L’École genevoise, aujourd'hui champ de ruines, va continuer ses dégâts. La classe moyenne va continuer de se paupériser. Le délire sociétâââl, cher aux bobos urbains, va continuer de jeter son paravent sur les vraies questions sociales. Il y en a pour au moins deux ans. Putain, deux ans !
     
    Je ne reprocherai jamais à la gauche d'avoir voté pour la gauche, c'est son rôle. Mais je sais exactement qui, à droite, a tout fait pour cette victoire, par simple haine d'un homme, pourtant arrivé largement en tête de leur famille politique, au premier tour. Merci à eux ! Car les principales victimes de ce basculement à gauche, ce ne sont pas les nababs, qui s'en sortiront toujours. Ni les assistés. Mais, entre les deux, la classe moyenne. Ceux qui se lèvent le matin pour aller bosser. Ceux qui vivent de leur boulot, non de rentes. Les indépendants. Les petits entrepreneurs. Ceux qui crèvent de trouille de tomber malades parce que tout peut s'écrouler, d'un jour à l'autre. Tous ceux-là peuvent remercier les puissants tacticiens de l'Entente, qui ont sciemment fait passer la gauche.
     
    Quant à moi, je suis un homme libre. Un entrepreneur, depuis exactement quinze ans. Un indépendant, plus féroce et plus farouche que jamais. Moi aussi, de partout, j'ai subi des pressions pendant cette campagne. Aucune d'entre elles n'aura la moindre influence, ni n'exercera la moindre censure, sur ce que j'ai à dire, dans l'ordre de l'analyse et du commentaire politique. Je ne suis ni un intellectuel, ni un eunuque. Je suis un homme libre. Un entrepreneur qui se bat. Je n'ai ni patron, ni maître. Je n'ai que la puissance de mon énergie, et mon ardeur sur le champ de bataille.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Béla Bartòk : la vie qui nous attend

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    Sur le vif - Vendredi 26.03.21 - 15.22h
     
     
    Béla Bartòk a 140 ans. Pas une journée sans que je ne pense à lui. Rares sont les jours où je n'écoute pas, pour le moins, un passage de ses Quatuors. Ou la Symphonie pour orchestre, écrite à New York, juste avant de mourir, dans la solitude et la misère.
     
    Je reviendrai un jour sur ce qui me lie à ce musicien d'exception, en tentant de le définir, de le comprendre. Disons juste, très globalement, le sens infini de chaque note, la totalité d'existence de chaque instrument, le surgissement de l'imprévisible, hors de toute matrice, l'incroyable richesse des chants populaires hongrois, qui ont inspiré son oeuvre, et qu'il a sublimés.
     
    Béla Bartòk ne ressemble à personne. Très difficile de lui dégager une ascendance, ni une filiation. Il se pose là, seul au monde. Écoutez, tendez l'oreille, de la musique pour les instruments, c'est physique, le bois, le cuivre, les cordes. C'est la vie. La vie qui va. La vraie vie, celle qui nous attend.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • J'aime pas.

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    Sur le vif - Mercredi 24.03.21 - 14.59h
     
     
    Les lascars qui distribuent, grands seigneurs, l'argent qui ne leur appartient pas, n'attirent que modérément mon estime. En un mot, j'aime pas.
     
    Conseillers d'Etat, membres de l'exécutif de la Ville, si prodigues d'épaisses enveloppes pour les "associations", et autres "collectifs" de leur clientèle électorale. J'aime pas.
     
    Pères Noël des "Fondations". Tonnes de fric, surgies on ne sait d'où, disons d'une version lessivée des Indulgences, chères à Luther. Le type déboule, costard coupé main, étoffes soyeuses, il brandit le pognon, rachète un journal, impair et passe, et puis avec le journal, il s'offre un site, pair et manque, et puis après, café noir, italien, tellement serré. J'aime pas.
     
    Pour moi, l'entreprise, ça n'est pas jouer avec l'argent des autres. Mais risquer le sien, en étant infiniment prudent. On économise, avant "d'investir". On fait tout soi-même, pour ne pas se ruiner. Y compris vitres, aspirateur. Et puis, on a la trouille. Ca fait mal au bide, mais ça vivifie l'âme. Et ça stimule l'imaginaire. Ca, oui, j'aime.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Et si M. Fonjallaz s'occupait du DIP ?

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    Sur le vif - Mercredi 24.03.21 - 08.37h
     
     
    Par dépêche de l'Agence DECAPROD, publiée ici même et sur mon blog, nous sortions, le samedi 6 mars 2021, à 17.53h, l'affaire des directrices et directeurs du Collège de Genève "maltraités" et "malmenés" par le DIP. Nous enquêtons sur ce sujet depuis longtemps. Nos informations, depuis le 6 mars, se sont étoffées, comme vous le constaterez dans les jours et les semaines qui viennent.
     
    Dans la foulée, la Tribune de Genève a sorti deux intéressants papiers sur le sujet, signés de ma consœur Sophie Simon. Je renvoie au second de des papiers, publié ce matin, intitulé "Deux directeurs du Collège sur onze sont en arrêt de travail". Vous y trouverez un excellent rappel de l'affaire.
     
    Dans la foulée toujours, la députée PLR Natacha Buffet-Desfayes, qui n'a pas peur de gratter les sujets qui dérangent, ni de se faire des ennemis, annonçait avant-hier, lundi 22 mars, aux Yeux dans les Yeux, qu'elle saisissait le Conseil d'Etat d'une QUE (Question urgente écrite), sur ce dossier qui relève d'un véritable tabou dans la République, tant le DIP multiplie toutes choses pour l'étouffer. D'autres députés, notamment PLR et MCG, s'intéressent de près à cette affaire, comme nous le verrons dans un avenir proche.
     
    Pour le rappel des faits, lire la TG de ce matin. Mais une chose est sûre : les directrices et directeurs du Collège de Genève ont été, c et automne - et certains le sont encore aujourd'hui - en conflit ouvert avec le Département. Ils se disent "maltraités" et "malmenés" par leur hiérarchie. Faut-il rappeler ce qu'est un directeur de Collège (entre 15 et 19 ans, les années qui mènent à la Maturité) ? C'est un personnage considérable, aimé et respecté des élèves, une référence intellectuelle et pédagogique pour ces adolescents, en pleine et passionnante période de formation. Faut-il ici citer Péguy, "L'Argent", Cahiers de la Quinzaine, 1913, ce passage de lumière où il évoque le souvenir de ses maîtres, ce qui jusqu'à la mort le lie à eux ?
     
    Les directeurs du Collège de Genève ! L'idée même que les titulaires d'une tel poste, aussi central sur le front de l'enseignement, aient pu se sentir "maltraités" ou "malmenés" par les apparatchiks de la hiérarchie byzantine du DIP, donne la nausée. Le Parlement, instance de contrôle du gouvernement et de l'administration, doit faire toute la lumière sur cette affaire. Le DIP doit collaborer, et toute tentative d'entrave à ceux qui enquêtent sur ce sujet d'intérêt public doit être dénoncée.
     
    Au surplus, on notera que surgit ici une affaire de "maltraitance" de hauts cadres de l'Etat, d'importance première sur le champ de bataille de la transmission des connaissances, par d'obscurs ronds-de-cuir d'état-major. Une affaire de "maltraitance". Ca ne vous rappelle rien ? La Présidente du Conseil d'Etat, également cheffe du DIP, prenait de grands airs de fin du monde, il y a quelques mois, lorsque, pour des motifs similaires, elle dézinguait l'un de ses collègues, le privant de tout Département, pour une affaire touchant également à la gestion des ressources humaines.
     
    Nous ne saurions imaginer que la Présidente entende appliquer, dans la République, deux poids et deux mesures. Nous ne doutons pas une seconde, donc, qu'elle confie au juge Fonjallaz, qui a désormais du temps libre, le mandat d'enquêter sur le Département de l'Instruction publique.
     
    Quant à nous, nous continuerons d'enquêter sur cette affaire, que nous avons sortie et que nous suivons d'infiniment près, quelles que soient les pressions qui tentent de nous en empêcher.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Les petits arrangements du silence

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    Sur le vif - Mardi 23.03.21 . 10.08h
     
     
    "Crise institutionnelle" ? Bof ! Les gens, dans la rue, se contrefichent bien de savoir si le Conseil d'Etat mène ses travaux dans une bonne ambiance ou s'il est ravagé, comme tout groupe de pouvoir, par les dissensions internes. Cela, c'est leur affaire à eux. Ce qui se passe entre eux, comme fluides d'amour ou de haine, le citoyen n'en à rien à faire.
     
    De même, l'ambiance entre députés, au Grand Conseil, le règlement interne du législatif, la sanction pour un verre d'eau, tout cela est strictement sans importance. C'est leur affaire. Il est plutôt normal, souhaitable même pour la vivacité démocratique, au sein d'une assemblée de cent personnes d'avis divergents, que le ton et la tension montent. L'art oratoire ne consiste pas à s'exprimer assis, masqué, arc-bouté sur un micro qui souvent déraille. Mais à s'adresser debout, tête nue, fort de la seule puissance de sa voix et de son verbe, à un public qui, lui aussi debout, adhère ou non à vos propos.
     
    Prenez les gens dans la rue. Demandez-leur ce qu'ils pensent de la "crise institutionnelle". Ils vous diront qu'ils s'en foutent. Ou qu'ils ne savent pas ce qu'il y a, derrière la laideur-barrage de cet adjectif, "institutionnel".
     
    Les gens veulent un gouvernement qui gouverne. Un Parlement qui assume ses deux missions : faire des lois, contrôler le gouvernement. Dans quelle ambiance on s'acquitte de ces tâches, cela ne les intéresse pas.
     
    Surtout, dans notre démocratie suisse, le personnage principal, ça n'est pas le ministre. Ni le député. Mais le citoyen. C'est de lui, de toutes ces femmes et tous ces hommes, que doivent surgir les impulsions. Nous avons une démocratie directe, j'affirme qu'elle est sous-utilisée ! Plus le peuple en fera usage, plus le débat politique suisse sera vivant, pertinent, proche des vraies préoccupations des gens.
     
    Et nous, le peuple, quand nous débattons, n'ayons pas peur de hausser le ton, ni de nous engueuler ! La puissance de cette catharsis est autrement salutaire que les coups bas entre ministres. Ou, pire encore : les petits arrangements du silence.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Le nouvel étalon de l'extase

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    Sur le vif - Lundi 22.03.21 - 10.26h
     
     
    Un gouvernement de gauche serait une catastrophe pour Genève.
    La dette, déjà pléthorique, deviendrait apocalyptique. Il faudrait des générations pour la rembourser.
     
    Des sommes monstrueuses engagées dans des "investissents" keynésiens complètement foireux, du sous New-Deal idéologique, repeint en vert : "Nous allons devoir nous endetter massivement (sic !) pour la rénovation des bâtiments". Ça fait envie !
     
    Des milliards engloutis pour des assistés. L'esprit d'entreprise, tué. Une fonction publique pléthorique. Des milliers de contrôleurs pour contrôler d'autres contrôleurs. L'apparatchik en perpétuelle floraison printanière.
     
    Ultra-féminisme, ultra-climatisme, érigés en religion d'Etat. Le cloaque inclusif accroché à la légèreté ailée de notre langue française. Partout, des "collectifs", des meutes, des milices de la morale, qui déboulent et qui déferlent.
     
    L'Instruction publique devenue gardiennage. Le renoncement à toute transmission. Féminisme et climatisme enracinés dans les caboches, à coups de massue, par la Congrégation pour la Doctrine du Bien.
     
    Les frontières, ouvertes. Le "migrant", sanctifié. Le bon Suisse sédentaire, qui se bat depuis des générations pour construire ce pays, ridiculisé, chez lui.
     
    Le débat public, intellectuel, culturel, réduit à une bouillabaisse verbeuse sur les questions "de genre". Le point médian en nouvel étalon de l'extase.
     
    Et si cette élection complémentaire n'était, en vérité, qu'un bon vieux combat entre la droite et la gauche ? Un combat culturel, vous m'entendez !
     
    On la disait caduque, cette césure ? Foutaise ! Elle est plus vivace que jamais ! Elle touche notre culture. Elle touche notre raison d'être. Elle touche notre rapport à la langue, aux textes, à la transmission. Voulons-nous défendre ces valeurs ? Chacun est libre, en conscience.
     
     
    Pascal Décaillet

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