Sur le vif - Page 9

  • D'un trait. Sans points, ni paragraphes.

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    Jeudi 23.07.15 - 23.15h

     

    Je macère à mort, comme un possédé, dans l'Histoire allemande. En vrac et sans prétention exhaustive, j'ai encore envie de vous raconter l'émancipation des Juifs d'Allemagne par Moses Mendelssohn (18ème siècle), la publication de Cassandra par Christa Wolf en 1983, la traduction d'Antigone par Hölderlin, la reprise d'Antigone par Brecht, le passage de la Meuse en Mai 1940, la première Diète de Francfort en 1848, la première du Deutsches Requiem de Brahms, la traduction de la Bible par Luther, la grande exposition (j'y étais) pour le 500ème de Dürer à Nuremberg en 1971, le suicide de Kleist et d'Henriette à Wannsee en 1811, le travail théâtral de Heiner Müller dans le Berlin de l'après-Brecht, le suicide de Paul Celan à Paris en avril 1970, les dernières décennies de Friedrich Hölderlin dans sa tour, le cimetière militaire allemand que nous avons visité, en famille, en Italie du Nord, en 2001, la Première de Lohengrin, Wagner, tout Wagner, rien que Wagner et encore Wagner, le rapport de Thomas Mann avec sa ville de Lübeck, ma rencontre avec Genscher (j'ai la photo et les autographes) à 14 ans, en 1972, sur un mirador du Mur de Fer, mon incroyable rencontre avec Helmut Schmidt dans son bureau de Hambourg en avril 1999, le destin de l'Allemand de Pologne chez qui j'ai vécu en 1972, la publication de la Montagne magique, de Thomas Mann, la redécouverte de Bach par Felix Mendelssohn, la guerre héroïque des sous-mariniers, la Bataille du Jutland, l'Exode des Allemands, par millions, vers l'Ouest, en 1945 (cf Günter Grass), les années et les rencontres de ma mère dans l'Allemagne de 1937 à 1939, le destin de feu mon ami August von Kageneck, officier de panzers dans la campagne de Russie, fils d'un aide de camp du Kaiser, la Rose Blanche, la Rote Kapelle, Heinrich Mann, Klaus Mann, Erika Mann, les musées coloniaux de Hambourg et de Brême, le concert de Bruckner, par le Wiener Symphoniker, auquel j'ai assisté en juillet 1973, dans la Basilique d'Ottobeuren, sous la mythique direction d'Eugen Jochum, la classe d'allemand à qui j'ai fait visiter le camp de Dachau en 1983, la représentation de Götz von Berlichingen qui m'avait bouleversé à Nuremberg en 1971, ma nuit à Brême, dans un garage, en 1972, avec des anciens combattants de la Campagne de France (mai-juin 1940), mon séjour à Weimar avec mon excellent confrère Pierre-Alexandre Joye en juillet 1999, notre visite du camp de Buchenwald, mes premiers contacts avec la DDR, ma découverte d'Hildesheim et Wolfenbüttel lors du voyage d'études de l'Uni au printemps 1978, ma couverture des manifestations syndicales à Berlin au début des années 2000, mon émission spéciale en direct de Francfort sur l'Oder en septembre 1998, juste sur la frontière polonaise, ma visite admirative des usines VW à Wolfsburg en 1972, ma baignade de minuit dans le Mittellandkanal avec des anciens combattants du front de l'Est, le Kreis de Stefan George, les premières assurances sociales sous Bismarck, mon premier séjour familial en Allemagne en 1968, ma visite d'un U-Boot avec mon père, les films de Fassbinder découverts avec passion chez Rui Nogueira au début des années 80, la vie et l’œuvre d'Ernst von Salomon, les corps-francs issus de la défaite de 1918, la Révolution du 9 novembre 1918, les Spartakistes, Rosa Luxemburg, le "Novembre 1918" de Döblin, Berlin Alexanderplatz, toute l'oeuvre de Richard Strauss, sa relation avec son librettiste Hugo von Hoffmannstahl, les oratorios de Haendel, la révolution musicologique de Bach, l'helléniste Wilamowitz, et je ne vous livre pas, ici, le dixième de mes passions.

     

     

    Et je ne vous dis rien de l'essentiel.

     

    Juste l'écume.

     

     

    Pascal Décaillet

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  • S'abandonner dans la parole de l'autre

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    Sur le vif - Samedi 18.01.20 - 17.03h

     

    La question majeure est celle du verbe. Le moteur de toute phrase. Celui qu'on produit, celui qu'on choisit, celui qui surgit, celui qu'on échange.

    Juste la musique des mots, celle qui révèle. Le contour des syllabes, précises, ciselées. Pauses, soupirs, silences : l'humain qui parle n'est pas un torrent continu, il suspend, s'arrête, reprend. Il émet du son, mais aussi du silence. C'est l'enchaînement de ces pleins et de ces vides qui constitue le discours.

    La parole échangée, d'un humain à l'autre, nous comblera non seulement par la pertinence, la puissance du verbe de l'un et de l'autre, mais - infiniment plus - par la construction à deux d'un discours commun. L'improvisation le permet. A deux conditions : d'abord, une parfaite maîtrise du contenu par l'un et par l'autre ; ensuite, la totalité d'une confiance, qui permettra au silence momentané de l'un de s'abandonner dans la parole de l'autre.

    On est loin du dialogue de commissariat, de la méfiance des "enquêteurs", de la dérobade des margoulins. On est - ou on tente d'être - dans la confiance partagée, le désir de vérité, la passion du verbe. C'est aussi simple que cela.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • La vie, par le verbe et par la musique

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    Sur le vif - Vendredi 17.01.20 - 17.53h

     

    Que seraient les Psaumes, sans Jean-Sébastien Bach ? Oui, que seraient ces textes sublimes de l'Ancien Testament, si un Allemand, ayant passé sa vie entre Saxe et Thuringe, n'avait entrepris l'oeuvre immense de les élever vers le ciel, par la musique ?

    Que serait la Bible, si un certain Martin Luther ne s'était attelé au travail gigantesque de la traduire dans la langue de son temps, créant ainsi la littérature allemande moderne ?

    Luther, Bach. Et puis, plus tard, Mendelssohn. Et puis, tous les autres. La langue allemande, avec sa souplesse inimaginable, créatrice de mots, ouverte aux inflexions dialectales, a été capable d'embrasser, d'étreindre, d'incorporer le génie de la langue grecque, celle de Sophocle (Hölderlin, Brecht), celle des présocratiques (Heidegger), celle de la tradition néotestamentaire. Mais aussi, la langue allemande a su porter en elle la langue hébraïque.

    Celui qui traduit (du grec, de l'hébreu, du français) vers l'allemand, ne se contente pas de faire tenir des mots pour les autres. Non, il fait passer dans la pensée allemande, dans l'idéologie allemande, toute la vitalité de la pensée grecque, hébraïque, française, etc. C'est exactement cela qu'a sublimement réussi Martin Luther, lorsqu'en 1520 il a publié sa traduction de la Bible. C'est un acte fondateur, bouleversant. Il en préfigure un autre, trois siècles plus tard : la publication du prodigieux Dictionnaire de la langue allemande, par les Frères Grimm.

    Et puis, un jour de 1868, deux ans après l'unité allemande, Johannes Brahms nous sort son "Deutsches Requiem, nach Worten der Heiligen Schrift". Sa musique, incomparable, c'est dans le texte de Luther qu'il la puise, dans cet allemand de 1520 qui respire les Saintes Écritures, l'affranchissement de Rome, la joie sanctifiée de chaque syllabe, les mots réinventés. Brahms, après Bach, après Mendelssohn, poursuit le fil invisible de ce destin musical et spirituel des Allemagnes. D'autres, plus tard, au vingtième siècle, le reprendront. Faut-il rappeler la puissance de feu, demeurée intacte, de la musique, à Dresde et Leipzig, sous la DDR, celle de la littérature, celle des pasteurs, hommes et femmes libres, ceux qui un jour feront tomber les murs ? De l'antique Jéricho jusqu'à la déchirure de Berlin, les forces de l'écriture et celles du Cantique finissent par s'imposer. C'est la leçon de Bach. Et c'est la leçon de Martin Luther.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Blessure solaire

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    Sur le vif - Jeudi 16.01.20 - 15.05h

     

    Il y a juste quinze ans, le dimanche 16 janvier 2005, je me suis, pour la première fois de ma vie, senti un peu faible, et peut-être même un peu plus que cela, sur le plan physique.

    Un dimanche, oui. J'attaquais ma cinquième année comme producteur responsable de l'émission Forum, à la RSR. J'adorais ça, physiquement ! J'étais à la radio, justement, à m'exciter sur l'édition dominicale, ma préférée de la semaine. J'étais dans une forme olympienne, je me pensais invulnérable. La maladie, c'était pour les autres, pas pour moi. Je bossais comme un cinglé, je dormais peu, je bouffais la vie.

    Mais là, oui, ce dimanche, vers 15.30h, je suis allé voir le rédacteur en chef de jour, je lui ai juste dit : "Je ne sais pas ce qui m'arrive, une lourde fatigue, j'espère que ça va aller pour l'émission".

    Ces mots, de ma part, ont provoqué chez lui une grande frayeur : "Pascal, tu es sûr que tu ne veux pas rentrer chez toi ?".

    Je suis resté. J'ai fait l'émission. Elle s'est parfaitement déroulée. Dans le feu du direct, tout se passe toujours bien, rien ne peut arriver. De 19h à 20h, je l'ai encore réécoutée, comme tous les soirs, puis j'ai pris ma voiture, je suis rentré à Genève, j'ai parlé de ma fatigue à mon épouse. Lundi et mardi, je suis resté chez moi. Sans trop me faire de soucis.

    Le mercredi 19, je suis allé voir mon médecin généraliste. Et très vite, j'ai su. Ce fut confirmé, de façon irréfutable, dès le vendredi 21, par une biopsie à la Tour. Puis, toute la série des scanners, je ne vous fais pas un dessin. Puis, cinq mois de "traitement lourd" (je vous épargne les détails). Puis, après une pause estivale, deux mois de rayons.

    Alors, quoi ? - Alors, rien ! Aidé par les miens, j'ai fait ce qu'il fallait. Dans un esprit d'attaque, et non de défense. C'était la guerre, il fallait la mener. Ceux qui sont passés par là savent de quoi je parle. Alors, j'ai fait la guerre.Totale. Pendant six mois. Et j'ai obtenu un armistice aux conditions favorables.

    Ceux qui sont passés par là ? Ceux qui PASSENT (ces temps !) par là ? Ils se reconnaîtront. En écrivant ces lignes, c'est à eux que je pense. Il ne faut jamais - je dis bien jamais - abandonner le combat.

    Oui, d'autres ont eu moins de chance. Avec eux, moi, plutôt solitaire, je me sens dans une communauté d'appartenance, invisible, indicible, mais d'une puissance inouïe dans l'ordre de l'être sensible. Jamais je n'ai autant senti la force de l'humain que dans cette période physiquement un peu difficile. Après, si on guérit, on redevient con, c'est la vie.

    Ces quelques lignes, c'est à eux, ceux qui souffrent maintenant, que je les dédie.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Hölderlin, Beethoven, et la réfutation des Lumières

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    Sur le vif - Mardi 14.01.20 - 14.44h

     

    Les Lumières, au dix-huitième siècle, tant dans leur version française que dans le mouvement allemand de l'Aufklärung, ne cessent de faire référence à l'universel. C'est le siècle des sciences, il y a eu Newton avec ses formules, le savoir progresse à pas de géant, l'Encyclopédie recense et rassemble, les humains aspirent à une vision éclairée de l'univers.

    Mais les Lumières ne sont qu'un moment de l'Histoire des nos peuples, en Europe. En gros, les quelques décennies ayant précédé la Révolution française. Dans l'Histoire allemande, si on veut parler de l'Aufklärung, dont l'une des immenses figures fut le philosophe Moses Mendelssohn, alors il faut aussi mentionner ce qui, en réaction à cette hyper-rationalité, est venu après.

    Dans les Allemagnes, ce furent d'abord le Sturm und Drang, prodigieux mouvement littéraire et artistique autour des années 1770, puis le Romantisme. Retour aux récits. Retour aux vieux mythes germaniques. Retour aux histoires. Retour, très puissant, à l'Antiquité grecque (le poète Hölderlin lit le grec comme il respire). Puis, avec les Frères Grimm, retour aux vieilles légendes, et retour aux racines de la langue germanique : leur Dictionnaire est un pur chef d’œuvre.

    Ceux qui, aujourd'hui, se réclament des Lumières et de l'universel, passent sous silence l'incroyable vitalité linguistique, poétique, littéraire, musicale, culturelle, des mouvements qui, précisément, se sont définis en réaction par rapport à l'Aufklärung. Il y a eu un moment, dans les consciences allemandes, une décennie avant la Révolution française, où on a rejeté, par saturation, par insatisfaction, par un impérieux désir terrestre contre les mécaniques célestes du "Grand Horloger", la Raison triomphante des physiciens et des philosophes.

    Ce moment incroyable, celui de la réfutation des Lumières dans les Allemagnes, je l'étudie de près depuis quatre décennies. On aurait tort de ne mentionner que Schiller, le Goethe d'une certaine période, Hölderlin et les Frères Grimm. Non, il y a la musique. Et, puisque nous entrons dans l'année Beethoven, comment ne pas nous plonger dans l'univers de ce géant, sa conscience aiguë d'un monde en marche, et surtout la Révolution formelle permanente, entre ses oeuvres de jeunesse qui ressemblent à Mozart ou Haydn, et celles de l'âge mûr qui préfigurent Wagner, sans oublier le génie absolu des tout derniers Quatuors, jugés dissonants par la bonne société des mélomanes viennois.

    Parler des Lumières, oui. Mais sans jamais oublier leur réfutation par des forces telluriques que les grands penseurs de l'Aufklärung n'avaient pas voulu voir.

    Parler des Lumières, oui. Mais en prenant acte du surgissement des profondeurs terrestres qui a suivi. Je parle ici surtout de l'Allemagne, que je connais peut-être un peu. En tout cas, nul ne peut saisir le fil invisible du destin allemand, sans approfondir toute sa vie le moment de cette réfutation du rationnel. Il fallait que puisse éclore quelque chose de profondément humain, de l'ordre du sensible, de l'éruption, d'une immense émotion de l'être. Ce fut Schiller. Ce fut Hölderlin. Et ce fut Beethoven.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Face aux mensonges, la vérité des nations

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    Sur le vif - Vendredi 10.01.20 - 15.11h

     

    Les nations ne sont pas mortes, c'est au contraire l'illusion multilatérale qui se déchire. A cette toile indécise, improbable, menteuse dans sa conception même, la vérité des nations, rugueuse, entêtée, factuelle, ancrée dans l'Histoire, survivra.

    Oh, le temps des nations n'est pas éternel, rien ne l'est ! Un jour, il laissera place à autre chose, tout comme la féodalité, à partir de 1789, a rendu l'âme, pour laisser éclore un monde nouveau.

    Un jour, les nations se dissiperont. Nulle organisation politique des sociétés humaines n'est immortelle, ni l'Antiquité, ni le Moyen-Âge, ni les Temps modernes, ni ce que nous appelons, depuis la Révolution française, l’Époque contemporaine.

    Les nations, un jour, auront fait leur temps. Oui, mais certainement pas aujourd'hui ! C'est beaucoup trop tôt. Toutes les expériences de supranationalité, exigeant des délégations de souveraineté à un échelon supérieur, se cassent la figure.

    L'échec patent de l'Union européenne à créer un véritable espace politique en est une preuve éclatante. A Bruxelles, à Strasbourg, on édicte, on réglemente, on tente d'huiler et d'administrer une machine à Tinguely, en réalité on tourne à vide, on patine. Il n'y a pas d'Europe politique. Et les discours du "ministre des Affaires étrangères" de l'UE (connaissez-vous seulement son nom ?), dans la crise USA-Iran, ont la force de frappe des feuilles mortes, dans la bourrasque.

    De même, l'échelon multilatéral échoue depuis exactement un siècle. La SDN, créée à Genève au lendemain de la Grande Guerre, n'aura empêché ni les pouvoirs totalitaires, ni la résurgence du tragique, ni la Seconde Guerre mondiale. L'ONU, lancée après 1945, n'aura jamais réussi à éviter la moindre guerre, ni surtout à équilibrer les forces entre les rapaces mondiaux, au premier desquels les États-Unis d'Amérique, et les plus faibles. Pire : elle aura, au final, cautionné la primauté des forts, leur pouvoir de domination, de prédation, de vie et de mort.

    Face à ces monstres, la bonne vieille nation, avec son organisation humaine, ses institutions, la consultation de son peuple, son périmètre donné, ses frontières, son décor, ses paysages, ses horizons reconnaissables, son Histoire, sa mémoire (même conflictuelle, il est sain qu'elle le soit), ses traditions, ses solidarités partagées, sa communauté de destin, sa fraternité toujours à inventer, n'est de loin pas morte.

    Oh, en 1945, elle n'avait plus trop la cote, et il y avait de quoi. Mais voilà, les temps ont changé, les grandes illusions libertaires de la fin des années soixante se sont dissipées, la toile multilatérale a montré ses limites. Elle a surtout prouvé que, loin d'équilibrer les pouvoirs, elle cautionnait les plus forts. C'est exactement ce qui arrive avec l'Union européenne depuis la chute du Mur de Berlin : l'Allemagne, depuis trente ans, ne cesse de monter en puissance, Bruxelles n'entreprend strictement rien contre ce déséquilibre.

    Alors, face au grand mensonge des constructions planétaires, ou continentales, la simplicité, la vérité, la traçabilité historique des nations refont surface. Les peuples d'Europe, aujourd'hui, se reconnaissent dans ces communautés d'appartenance, et rejettent de plus en plus les improbables toiles tissées pas des élites hautaines. La souveraineté des nations, ce sont les peuples qui vont, dans les années qui nous attendent, l'exiger. Le retour des frontières, ce sont les peuples qui le demanderont. Le contrôle des flux migratoires, ce sont les peuples qui l'imposeront.

    Être souverainiste n'a strictement rien d'incongru. C'est juste vouloir servir son pays, dans l'horizon et le périmètre qui sont les siens. Commençons par là. Cela n'empêche en rien de se passionner pour toutes les autres nations du monde, d'apprendre leurs langues, d'étudier à fond leurs Histoires, de dialoguer avec nos frères humains de la planète. Mais de grâce, commençons par organiser, là où nous sommes, dans un espace donné, la vie commune entre les humains. C'est déjà une sublime ambition.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Parler du monde, loin des cocktails

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    Sur le vif - Jeudi 09.01.20 - 13.48h

     

    De Genève, nous devons assurément parler du monde. Car le monde est là, qui se presse dans notre ville, c'est précieux.

    Nous devons parler du monde, nous montrer totalement ouverts, curieux, aux événements de la planète, aux peuples, à nos frères humains venus d'ailleurs. Lorsque nous parlons du monde, c'est d'eux que nous devons parler, dans toute leur diversité, à eux que nous devons donner la parole.

    A eux, et pas spécialement aux apparatchiks de la "Genève internationâââle" (à prononcer comme "sociétâââl"). Car enfin, le but de notre ouverture est de parler du monde, non de se faufiler dans les cocktails des Ambassades ou des Missions internationales. Donnons la parole à ceux qui ne l'ont guère, n'allons pas surajouter au cliquetis verbal des officiels.

    A cet égard, tout en réaffirmant mon attachement profond à la couverture du vaste monde, en offrant des clefs de compréhension (c'est particulièrement valable pour l'Orient compliqué, où je me suis souvent rendu, et pour lequel je me passionne depuis l'enfance), je m'insurge avec la dernière énergie contre cette prétention, répétée ces dernières semaines, à "couvrir la Genève internationâââle".

    Non, désolé. Ca n'est pas le lieu organique des rencontres qu'il s'agit de valoriser en soi, pas plus que les pierres d'un théâtre ne dépasseraient en intérêt l'action scénique. C'est l'objet même des discussions qui doit être au centre. En évitant à tout prix (de mon point de vue) le cortège des officiels et la liturgie de la pensée autorisée. Et en valorisant au maximum les acteurs, les délaissés, ceux qui souffrent et ne bénéficient guère de tribune, ceux qui se battent pour la reconnaissance d'une nation, ou tout au moins d'une dignité humaine.

    Telle est ma conception, humaine et fraternelle, ouverte, éprise de connaissance et de partage, et non engoncée dans des codes cravatés, de la couverture internationale, à partir de Genève.

     

    Pascal Décaillet

     

     

     

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  • Algèbre, angoisse, jouissance

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    Sur le vif - Mardi 07.01.20 - 13.20h

     

    Sans pour autant devenir un Fouché, ni un Carl von Linné, passe ta vie, tout de même, à récolter un maximum de renseignements. Le savoir, jamais, ne pourra te nuire. L'ignorance, le vide intellectuel ou la béatitude, si.

    Il faut d'abord avoir cent millions de choses dans sa tête, qui se bousculent, se contredisent et s'entrechoquent, pour élaguer, simplifier.

    La clarté ne surgit pas du néant, mais d'un puissant travail de simplification de ses équations internes. On construit sur du matériau, pas sur le vide, ni sur le vent. Face à ce défi, chacune de nos solitudes, indépassables. Nul, pour un autre, ne peut faire le job.

    La vie est une algèbre. Complexe, angoissante, jouissive. Avec, parfois, de sublimes inconnues.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • France, souviens-toi de l'Orient compliqué !

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    Sur le vif - Mardi 07.01.20 - 09.18h

     

    Face aux événements du Proche-Orient et du Moyen-Orient, une grande voix fait défaut : celle de la France. La voix de Charles de Gaulle, ou même encore celle de MM Chirac et Villepin, qui avaient su dire non à l'impérialisme américain, et rappeler la proximité intellectuelle, spirituelle, culturelle, affective, de la France avec les mondes arabe et persique, qui constituent la richesse de l'Orient compliqué.

    Hélas, Macron est un atlantiste. Comme l'avaient été Mitterrand, ou Sarkozy. Dans l'affaire iranienne, il multiplie (bien avant l'assassinat de Soleimani) les déclarations d'obédience à la "coalition" (terme totalement foireux) occidentale au Proche-Orient, entendez qu'il se donne en valet des Américains. Soleimani assassiné, il s'empresse d'appeler l'Iran à ne surtout pas riposter. Imaginez qu'un général cinq étoiles français soit froidement liquidé par une puissance étrangère : la France devrait rester inerte ?

    Sur l'obédience atlantiste de Macron, pour comprendre, il faut remonter à sa campagne électorale de 2017, à ceux qui l'ont financée. Il faut remonter aux adhésions libérales, financières, de Macron, à ses liens avec la haute finance internationale. Eh oui, cet homme qui se dit indépendant est en réalité celui d'un clan bien précis, d'une faction, de l'adhésion politique déterminée à un système militaro-industriel, financier aussi, qui tient les Etats-Unis sous sa coupe et fait à peu près ce qu'il veut, en laissant les locataires successifs de la Maison Blanche discourir ou pérorer.

    De la France, celle de l'expédition d'Egypte en 1798, celle de Champollion, celle des grands diplomates, celle de Jules Ferry, Mendès France, Claude Cheysson, Chevènement, celle de Jean Lacouture, et bien sûr avant tout celle de Charles de Gaulle, nous attendons une autre voix, d'autres intonations, que l'alignement derrière la simplicité manichéenne, impérialiste, et finalement destructrice des liens du cœur et des âmes, de l'Oncle Sam.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • On inverse, juste pour rire ?

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    Sur le vif - Lundi 06.01.20 - 15.21h

     

    Imaginons, une seule seconde, que les Iraniens aient fait assassiner, quelque part en Amérique centrale, non loin de la Côte Sud des États-Unis, un puissant général américain.

    Non, mais allô ! Cyclone ! Typhon des Caraïbes ! Bonjour la condamnation unanime ! ONU, Conseil de sécurité, et patatras, et tralali et tralala ! Hystérie des chancelleries. Sans doute le Conseil fédéral, un puissant ayant vacillé, serait-il, avec la témérité qui est sienne, sorti de sa réserve. La neutralité, dans son sommeil, aurait ouvert un œil.

    Et toute la "communauté internationale", gorgée d'indignation, aurait attendu avec extase les représailles yankees.

    Seulement là, c'est le contraire. C'est un ponte de l'Empire du Mal qui chancelle. Alors, bien sûr, ses exécuteurs ne peuvent être que des hommes du Bien.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • La Paix des Rois

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    Sur le vif - Lundi 06.01.20 - 14.34h

     

    J'invite chaque humain à œuvrer au mieux à sa propre tâche, celle qu'il s'est lui-même librement assignée, avec le maximum de précision, de compétence et de talent, en foutant aux autres une paix royale, et en lâchant les basques de ses contemporains avec des rapports de pouvoir et de domination.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • La mémoire courte de Mme Ocasio-Cortez

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    Sur le vif - Lundi 06.01.20 - 10.01h

     

    Parce qu'elle est jeune, parce qu'elle est femme, parce qu'elle est de gauche et vomit Trump, la fougueuse Alexandra Ocasio-Cortez, Représentante du 14ème district de New York à la Chambre, fonctionne comme une véritable égérie de nos médias, en Suisse romande. Par l'âge, par le genre, par le positionnement politique, elle incarne l'anti-Trump.

    Je suis le premier à considérer comme une faute politique colossale une entrée en guerre des États-Unis au Proche-Orient et au Moyen-Orient. Je l'ai dit, ici, depuis toujours.

    Mais de grâce, lorsque Mme Ocasio-Cortez traite Trump de "monstre" sur ses intentions belliqueuses, on a envie de lui rafraîchir un peu la mémoire. Il existe un homme, dans les huit années avant Trump, ayant, de façon continue, sur quantité de théâtres d'opérations moins médiatiques que la splendeur de l'Orient compliqué, bombardé le monde, à longueur d'années, fait tourner le complexe militaro-industriel, essayé de nouvelles armes. Cet homme, adulé par nos médias, s'appelle Barack Obama.

    Je n'ai pas le souvenir d'avoir entendu Mme Ocasio-Cortez condamner les ACTES (et non les seuls propos) de guerre de M. Obama. Car, jusqu'ici (cela peut hélas changer), Trump nous inonde surtout de MOTS, en termes de guerres possibles. Là où son prédécesseur, sobre et parfaitement présentable dans le discours, se révélait, dans les FAITS, l'un des plus grands fauteurs de guerre, dans le monde, depuis 1945.

    Seulement voilà : Obama, on l'encense, Trump on l'exècre. C'est simple, binaire, manichéen. D'un côté, le Bien ; de l'autre, le Mal. C'est ainsi que la plupart de nos médias fonctionnent, créant des diables ou des icônes, au détriment de l'observation des faits : non ce que les puissants nous RACONTENT, mais ce qu'ils FONT.

    A partir de là, qu'Obama soit un homme bien élevé et Trump une forme de rustre, quelle importance cela a-t-il , pour celui ou celle qui se trouve sous la bombe ?

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Immanence du tragique

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    Sur le vif - Dimanche 05.01.20 - 13.04h

     

    L'année 2019 fut légère, sociétâââle, céleste, poussant ses délires échevelés jusqu'à l'apesanteur du cosmique.

    Il se peut que 2020 nous ramène aux terrestres réalités. L'éternelle malédiction du pouvoir. La résurgence du tragique. Les conflits de survie entre peuples. La vanité, totale, comme avec la SDN, de toute prétention à l'universel. Le cri, sourd et légitime, pour la justice sociale.

    Pas le sociétâââl. Non. Le social.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Reichstag

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    Sur le vif - Samedi 04.01.20 - 15.01h

     

    Nous attendons tous avec impatience, sur la Place des Nations, les manifestants professionnels genevois venir hurler contre le Premier ministre australien (voire contre la Reine d'Angleterre, chef d'Etat de ce pays), avec la même véhémence que contre Bolsonaro, lorsque l'Amazonie était en feu.

    Mais ils sont en vacances, nos manifestants professionnels. Sans doute au ski. Ou peut-être à Berlin, en train de nuit. Ils sont allés y admirer le Reichstag. Les incendies, ça les connaît.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Atomic Quizzz

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    Sur le vif - Samedi 04.01.20 - 11.45h

     

    Quel est le seul État du monde, depuis le début de l'ère nucléaire (août 1945), à avoir utilisé l'arme atomique ? Deux villes japonaises, rayées de la surface du globe. L'équivalent de ces chers Anglais à Dresde 45, ou Hambourg 43, mais avec une seule bombe.

    - Je ne crois pas que ce soit l'Iran.

    Quelle est la seule puissance de la planète, depuis 1945, à avoir constamment multiplié ses arsenaux nucléaires ? Tout en instruisant des procès internationaux contre ceux qui essaient d'enrichir leur uranium.

    - Je ne crois pas que ce soit l'Iran.

    Quel est le seul pays, sur cette Terre, à avoir été quasiment toujours en guerre, sur les théâtres d'opérations du monde entier, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ? Et d'ailleurs, depuis 1776.

    - Je ne crois pas que ce soit l'Iran.

    Qui a napalmisé le Vietnam ?

    - Je ne crois pas que ce soit l'Iran.

    Qui a fomenté des coups d’État au Chili en 1973, en Amérique centrale, en Asie, en Afrique ? Qui couvre le monde de sa toile d'espions ? Qui nous vole et nous pirate nos données ? Qui nous impose sa tyrannie monétaire ? Qui nous rançonne, dans la "négociation", avec ses méthodes de gangsters, comme face à la Suisse, à la fin des années 90 ?

    - Je ne crois pas que ce soit l'Iran.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Un acte de guerre, irresponsable

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    Sur le vif - 03.01.20 - 14.41h

     

    Depuis de longues années, une certaine Amérique veut la guerre avec l'Iran. Cette guerre, implacablement, cette Amérique la prépare. Il suffit de regarder les cartes : les frontières de la vieille Perse sont littéralement encerclées par des bases américaines. Elles ne sont pas là par hasard, ni en vertu d'autres guerres, comme celle (catastrophique) menée contre l'Irak au printemps 2003. Non, ces bases ont été sciemment implantées, au fil du temps, pour le scénario d'une offensive directe des États-Unis contre l'Iran.

    Un élément, dévastateur, nous frappe : cette Amérique-là semble exister, dans sa force de frappe et d'influence, de façon constante, invariante, quelles que soient les équipes au pouvoir. Comme un complexe militaro-industriel, financier surtout, qui vivrait sa vie et réaliserait ses desseins, en parfaite indifférence des choix politiques du peuple américain.

    Deux exemples : sous Barack Obama, Président relativement passif au Proche-Orient, mais ayant eu le mérite d'arracher l'Accord nucléaire international avec l'Iran, "cette Amérique-là" a continué de vivre sa vie, laissant parler le Président, tissant néanmoins sa toile financière, militaire et industrielle pour que les États-Unis soient en mesure, un jour, d'attaquer l'Iran. Comme si le Pentagone, la Maison Blanche, n'avaient sur cette toile que le pouvoir des mots, pas celui des actes.

    Deuxième exemple, Donald Trump. Voilà un Président que, pour notre part, nous défendons ici, depuis toujours, sur ses options de politique économique et sociale à l'intérieur (protectionnisme, modernisation des infrastructures, régulation des flux migratoires, etc.). Et dont, depuis toujours également, nous dénonçons avec force les options catastrophiques au Proche-Orient : soutien sans faille à la politique coloniale israélienne dans les territoires, reconnaissance de Jérusalem comme capitale, escalade guerrière contre l'Iran, mépris du monde arabo-persique. Eh bien sous Trump, "cette Amérique-là", en parfaite indifférence des déclarations ou rodomontades de l'hôte de la Maison Blanche, poursuit ses objectifs, place ses pions, prépare la guerre.

    Oui, il existe aux États-Unis une puissance auto-portée, indépendante des fluctuations politiques, capable de réaliser ses propres desseins, sans que rien ne la dérange. Nous sommes en année électorale. Trump a besoin, pour novembre, de toutes les forces du pays pour se faire réélire. Y compris des milieux comme les évangéliques très proches d'Israël, donc acquis à l'idée d'une guerre avec l'Iran.

    Le problème, c'est que Trump joue avec le feu. Et l'assassinat , il y a quelques heures, du puissant général iranien Soleimani en Irak, acte de guerre irresponsable, a de ces parfums de poudre qui embrasent les peuples. L'Orient compliqué, Trump ne le connaît pas. Il ne l'appréhende que par le truchement de ses conseillers, dont un nombre important fait partie du camp belliciste des faucons. Le camp de la guerre, aux États-Unis, n'est pas celui du peuple. Mais il est puissant, immensément riche, il peut étendre sa toile financière sur les théâtres d'opérations qu'il a choisis. Trump n'est pas, à la base, un interventionniste. Mais, dès les premiers jours de sa présidence, par le choix des hommes, il a montré une coupable inféodation aux partisans de la guerre avec l'Iran. Le reste ne fut que prétextes à inventer, provocations à monter, excuses à trouver. Et nous voilà, en ce 3 janvier 2020, à l'aube d'un possible embrasement général de l'Orient.

    Aux peuples d'Iran, d'Irak, à tous les peuples du Proche-Orient et du Moyen-Orient qui pourraient subir les conséquences dévastatrices d'une nouvelle guerre, nous, Suisses, devons dire notre humaine fraternité. Non que nous soutenions les régimes, bien sûr. Mais entre les peuples qui tentent de survivre, et l'ivresse de pouvoir des impérialistes, notre choix doit être clair. L'Orient compliqué, qu'il soit perse ou arabe, riche de millénaires d'une Histoire incomparable, mérite autrement mieux que les bombes de l'Oncle Sam.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Tibia, péroné, et puis des ailes !

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    Sur le vif - Jeudi 02.01.20 - 01.51h

     

    2 janvier 1970 : il y a, jour pour jour, un demi-siècle, je me cassais tibia et péroné, peu avant 17h, autant dire à la tombée de la nuit, à l'issue d'une journée de ski commencée à 9h, à Verbier, avec mon père, au cours de laquelle j'avais fait trois fois le Mont-Gelé. Et puis, tout en bas, au Rouge, la piste pour débutants, juste avant de rejoindre notre chalet, un ruisseau, la fixation qui ne s'ouvre pas, et voilà le Père Décaillet, onze ans et demi, hors d'état de nuire, pour plusieurs semaines.

    Je vous passe l'agonie (sans calmants) dans la file d'attente de la minuscule clinique du Docteur Pilule (oui, tout le monde l'appelait comme ça !). L'événement, en soi, est d'un intérêt relatif pour la marche du monde. Mais pas pour votre serviteur ! Que fait un enfant immobilisé ? Réponse : il lit !

    Il lit quoi ? Mais tout ce qui se trouve dans la bibliothèque de ses parents, parbleu ! Oh, ce modeste amas n'avait rien de l'Ambrosienne, ni de la Mazarine. Mais c'était le nôtre.

    Au milieu de ma première année secondaire, je comprenais deux choses. D'abord qu'en classe, on peut être une star, rien qu'en arborant un plâtre. Et puis, qu'un humain immobile pouvait se mouvoir, mentalement, des milliers de lieues plus loin que les autres. Par le seul miracle de la lecture.

    La morale de l'histoire ? Il n'y en a pas. Juste un tournant dans ma vie. À l'époque, le réglage des fixations était approximatif. Et cet archaïsme technique aura peut-être été l'une de mes grandes chances.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Les années

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    Sur le vif - Mardi 31.12.19 - 17.05h

     

    Les années filent, les années volent, les années fusent.
    Les années passent, confuses.


    Les années rient, les années pleurent, les années chantent.
    Les années noires, méchantes.


    Les années vont, les années viennent, les années meurent.
    Les années belles demeurent.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Quand les Yankees nous lessivent le jugement

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    Sur le vif - Lundi 30.12.19 - 17.22h

     

    De grâce, qu'on cesse de reprendre servilement, comme cela se fait depuis janvier 1991 (première Guerre du Golfe), le terme de "frappes", lorsque les Américains lâchent ou déversent leurs bombes au Proche-Orient !

    Le mot "frappe" est tout, sauf innocent. Directement repris des communiqués de l'armée américaine, il laisse entrevoir quelque chose de très technique (comme un jeu de précision), précis, indolore. Une partie virtuelle de stratego.

    Le mot laisse entendre, aussi, que les gentils Américains, gardiens de la paix dans le monde, ne décochent leurs "frappes" qu'en rétorsion à des actions antérieures, où l'ignoble ennemi du moment (hier l'Irakien, aujourd'hui l'Iranien) les aurait fourbement attaqués. La frappe, ce serait le talion, œil pour œil, sans plus.

    Tissu de mensonges. Déjà lors du Vietnam, les communiqués américains mentaient, éhontément. Ils ne font que cela, depuis très longtemps : et bien plus longtemps que vous ne l'imaginez, mais je briserai ultérieurement ce tabou.

    Les Américains veulent la guerre avec l'Iran. Ils la voulaient déjà avant Trump, qui n'a rien arrangé. Leurs bases, depuis des années, encerclent les frontières de la Vieille Perse. Pour agir, comme toutes les armées du monde cherchant à justifier une offensive future, ils exploitent les "provocations". En rétorsion à ces dernières, ils nous balancent des communiqués faisant état de très sages et très scientifiques "frappes", munies de la parfaite légitimité de la contre-attaque.

    Fumisterie, bien sûr. Les Américains n'en ont certes pas le monopole (lisez les Guerres Antiques, vous trouverez exactement cela). Mais avec les Américains, chez quantité de journalistes, ça marche ! Si les Yankees ont parlé de "frappes", alors ce doit être des "frappes", alors OK, on reprend comme des moutons le mot "frappes".

    Le problème, dans l'affaire, ce ne sont pas les communiqués de propagande de l'armée américaine. Toutes les armées du monde utilisent la même ficelle, lisez les Bulletins qui relataient la (géniale, vraiment) Campagne d'Italie du jeune Général Bonaparte en 1796/97, le principe est le même.

    Le problème, ça n'est pas la propagande d'un belligérant. Non, c'est l'allégeance à son vocabulaire, de la part des médiateurs. Lorsque le propagandiste se trouve être la première puissance du monde, c'est un peu gênant. Ca pourrait presque, à un esprit chagrin, donner le sentiment d'une servilité face aux puissants. Et de beaucoup d'ignorance face à l'identité, l'Histoire, la civilisation de ceux qui sont en bas, sous les bombes du puissant.

    Tenez, on pourrait peut-être, dans une autre vie, cesser de parler de "frappes". Et puis, aussi, dans dix mille vies ultérieures, se mettre à étudier, en profondeur, les langues, Histoires et civilisations du monde arabe, et du monde perse. C'est un peu plus compliqué que le monosyllabe "frappe". Mais ça enrichit l'esprit. Et ça pourrait même, un jour, nous ouvrir les cœurs.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Les élus : des citoyens comme les autres !

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    Sur le vif - Dimanche 29.12.19 - 11.06h

     

    Toutes les citoyennes, tous les citoyens qui se sentent insultés peuvent saisir la loi. Et c'est très bien ainsi.

    Pas question de créer un statut spécial pour protéger les élus.

    Les élus ne sont pas une caste à part. Ils sont des citoyennes, des citoyens, parmi d'autres, choisis par le corps électoral pour accomplir une tâche législative.

    Ils sont cela, et rien d'autre. Ils ne doivent bénéficier d'aucun privilège, d'aucun traitement spécial, qui les différencieraient du corps des citoyens.

    Au demeurant, le débat politique ne leur appartient pas. Pas plus qu'à l'ensemble des citoyennes et citoyens. Ils sont juste là pour faire des lois. Si ces lois nous déplaisent, nous les attaquons en référendum. Ils sont là, aussi, pour appliquer sans détour la volonté du peuple, lorsqu'il s'est exprimé par voie d'initiative.

    On fait beaucoup trop de cirque, en Suisse, autour des élus. On leur accorde beaucoup trop d'importance, au détriment du fond, au détriment des thèmes.

    La démocratie directe (dont je souhaite le renforcement) met en avant les thèmes. La démocratie représentative laisse une place démesurée à l'exposition de personnes, qui sont juste des citoyens comme les autres, délégués pour accomplir un boulot législatif. La parole ultime devant toujours revenir au suffrage universel.

    La pierre angulaire de notre démocratie suisse, c'est le citoyen, la citoyenne. En aucun cas, l'élu.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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