Liberté - Page 2

  • Le PDC : à lui seul, une Odyssée

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    Sur le vif - Dimanche 06.09.20 - 10.01h

     

    Où est-elle, la mémoire ? Où est-elle, la culture ? Où s'est-il envolé, le sens de l'Histoire, vers quels rivages ?

    Prenez le PDC. Laissons l'affaire du nom, c'est leur problème : un parti a tous les droits, y compris celui d'organiser son suicide, plus ou moins assisté. Il a le droit de se fonder, celui d'exister, celui de disparaître. Nul n'est d'ailleurs éternel : que reste-t-il, aujourd'hui en France, du parti radical, fierté de la Troisième République, celle des hussards noirs, des Loges, des Équilibres ?

    Le PDC a tous les droits. Naître, mourir, changer de nom. La vie interne des partis ne devrait que distraitement nous intéresser : je plaide, vous le savez, pour une démocratie suisse totale, surgie du peuple, avec une démocratie directe renforcée, des comités ciblés d'initiatives, musclés, bosseurs, motivés, des unités mobiles avec objectifs précis, ce qui nous change sacrément de la machine à comités, assemblées, placement de petits copains, cléricature de notables, que constitue le parti traditionnel.

    Mais j'en reviens à la mémoire. S'il est, en Suisse, à côté du parti radical, une formation politique dont l'Histoire, depuis 1848, est totalement passionnante, par sa diversité, sa complexité cantonale, ses mille sources philosophiques, la puissance de ses références (je pense évidemment à Léon XIII, et son Encyclique de 1891, Rerum Novarum), c'est bien ce qu'on appelle (au niveau fédéral, depuis 1971) le PDC.

    Je me suis passionné pour cette Histoire, canton par canton. Je l'ai racontée maintes fois, à la radio. J'ai écrit des textes. La période d'opposition, 1848-1891, quand les sept conseillers fédéraux étaient radicaux, a emporté le maximum de mon attention : les conservateurs catholiques, à ce moment-là, ont condamné le progrès industriel trop rapide, le capitalisme financier, la captation des biens par des possesseurs extérieurs, les atteintes au Patrimoine, et même le saccage de la Nature. Ils étaient Verts et sociaux, avant la lettre. Ils défendaient la dimension humaine, la famille, la communauté d'appartenance, le lien à la terre.

    Où est-elle, la mémoire ? Il m'est égal que le PDC change de nom. Mais je déteste avoir, face à moi, un(e) responsable de ce parti qui n'ait pas dans ses fibres le minimum de passion pour son Histoire. Dans toute sa diversité cantonale. Car ceux qui, se croyant spirituels, se contentent de répondre "Je n'étais pas né à cette époque-là", quand on les interroge sur l'Histoire de leur parti, nous jettent le plus glaçant visage du jeunisme et de l'ignorance. Rien de durable ne se fonde sans une connaissance en profondeur du passé.

    S'il est, en Suisse, un parti où cet appel à la mémoire, à l'Histoire et à la philosophie vaut le voyage intellectuel et spirituel, c'est bien le PDC. Il est, à lui-seul, une Odyssée.

     

    Pascal Décaillet

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  • Zentrum : le PDC nous prédit le passé !

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    Sur le vif - Samedi 05.09.20 - 10.45h

     

    Il faut se méfier des promesses de renouveau. Souvent, conformément aux Écritures, elles réinventent les antiques prophéties. Ainsi, le nouveau nom du PDC. En français, Le Centre. En allemand, Die Mitte. Pourquoi, Die Mitte ? Parce qu'ils n'ont tout de même pas osé nous sortir l'autre mot : Das Zentrum ! C'est pourtant ce mot qui signifie le centre, Die Mitte ce serait plutôt le milieu.

    Ils n'ont pas osé, parce qu'il savent que la charge du mot est explosive. Le Zentrum, c'est une part inaliénable de l'Histoire allemande, en tout cas entre 1870 (sa fondation officielle, l'année de la victoire de Bismarck sur Napoléon III) et 1933 (l'avènement du Troisième Reich, qui s'empressera de dissoudre ce témoin encombrant de l'Allemagne impériale, puis républicaine).

    Le Zentrum, pour faire court (mais il faudra que je fasse un jour beaucoup plus long, que je remonte à la dissolution du Saint-Empire en 1806, à la perte du pouvoir temporel des Princes-Evêques, à la nécessité d'exister des catholiques allemands au dix-neuvième, au Kulturkampf, à la capitale et taboue question autrichienne, à la guerre austro-prussienne en 1866, soldée par la bataille de Sadowa, éclatante victoire du Général von Moltke, etc.), c'est le parti catholique dans les Allemagnes de l'Unification, de l'Empire (1871-1918), puis de la République de Weimar (1919-1933).

    C'est le parti catholique, et, bien qu'il ne fût pas celui du Prussien Bismarck, c'est le premier parti au Reichstag entre 1881 et 1912. Les fameuses lois sociales de Bismarck, protection des travailleurs, premières assurances, durée du travail, sont acquises grâce au Zentrum. D'ailleurs, à partir du moment où le Chancelier de fer joue la carte protectionniste, le Zentrum se rallie à sa politique économique et sociale.

    Le Zentrum survivra à la Révolution du 9 novembre 1918, à l'Armistice signé le surlendemain, et continuera, avec les sociaux-démocrates, à jouer un rôle important sous la République de Weimar. La CDU-CSU, parti d'Adenauer, reprendra dans l'après-guerre sa part de marché.

    Retour en Suisse. Le PDC n'est pas fou. Il veut bien changer de nom, mais en langue allemande, il ne saurait se parer d'un attribut aussi chargé de mémoire et d'émotion historique, Alors, aux splendeurs du souvenir, il a préféré le langage des géomètres et du cadastre : il s'appellera, si ses instances le veulent bien, Die Mitte.

     

    Pascal Décaillet

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  • La Fête-Dieu du Climat

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    Sur le vif - Vendredi 04.09.20 - 16.19h

     

    A Genève, on emmerde à longueur de journées les braves gens, les honnêtes pékins qui bossent et qui paient des impôts, avec des consignes à n'en plus finir, des traçages ahurissants, et on laisse les éternels agitateurs - toujours les mêmes, toujours la même gauche rugissante - se masser dans les rues. Parce qu'on n'ose rien faire contre certaines causes, sanctifiées. On n'ose pas interdire. On se plie devant le moindre "collectif". On se prosterne devant la première "coordination" autoproclamée.

    Ce ne sont plus des manifestations, puisque l'autorité les encourage. Ce sont des processions. C'est la Fête-Dieu du Valais conservateur de naguère, photos noir-blanc de mes albums d'enfance, quand les huiles du pouvoir temporel défilaient en tête du cortège, avec le Clergé. Une seule idéologie, embrassée par le pouvoir, légitimée par l'encens. C'est la nouvelle religion.

     

    Pascal Décaillet

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  • Laisser aller l'oeuvre de vie

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    Sur le vif - Vendredi 04.09.20 - 09.20h

     

    Depuis un demi-siècle, je me passionne pour la poésie allemande, pour la musique allemande, et pour l'Histoire politique allemande.

    Adolescent, je me trouvais bien tortueux. Je m'en voulais de me compliquer la vie. Je me disais : "Tu vas partir dans tous les sens, choisis ! Garde la poésie et la musique, laisse l'Histoire politique. Ou le contraire".

    Je n'ai rien choisi, jamais. J'ai tout laissé germer. J'ai laissé œuvrer l'ébullition brouillonne. Il faut dire qu'à l'époque, ceux qui s'occupaient d'Histoire n'avaient pas du tout le même profil, le même rapport au savoir, aux textes, que les passionnés de littérature. Ne parlons pas de la musique. Je faisais partie des littéraires. Nous prenions de haut le positivisme des historiens.

    J'ai vieilli. Et aujourd'hui, tout doucement, sans que cela fût un effet de ma décision, il me semble qu'une forme d'unité entre ces trois domaines, dans ma perception totale des réalités germaniques depuis 1522, commence à poindre. Ces fameux liens invisibles, qui m'obsèdent tant, que je recherche tant, commencent, ici ou là, à s'établir. Je donnerai de nombreux exemples, dans les mois qui viennent. Autour du Sturm und Drang. Autour de Hölderlin. Autour de Beethoven. Autour de Richard Wagner. Autour de Richard Strauss. Autour du Romantisme littéraire et musical. Autour du Lied. Autour de Paul Celan. Autour de Brecht. Autour de Heiner Müller. Autour de la littérature en DDR. Autour de la difficile question autrichienne. Autour de Martin Luther. Autour de Günter Grass. Autour de Thomas Mann. Pour ne prendre que quelques domaines.

    Une passion intellectuelle doit parfois se méfier du volontarisme. Il y a un moment où il faut laisser, au fond de soi, s'opérer les fusions, se dessiner le chemin de vie de ce qui, un jour, après lente maturation, vous apparaîtra cérébralement comme un thème qui s'impose. Ne rien précipiter. Laisser aller l’œuvre de vie.

     

    Pascal Décaillet

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  • Le Conseil d'Etat a-t-il peur ?

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    Sur le vif - Jeudi 03.09.20 - 14.47h

     

    L'autorisation d'une "manif pour le climat", alors que le quidam est bombardé de directives sur les masques, les annonces dans les bistrots, les quarantaines, les distances, est, de la part des autorités genevoises, tout simplement hallucinante.

    D'où vient cette peur, à Genève, de dire NON, simplement NON, à certaines manifestations ? L'atavisme démesuré du 9 novembre 1932 ? Un événement qui date de 88 ans !

    Peur de passer pour des censeurs ? Peur de se faire mal voir de la gauche rugissante ?

    Quand il s'agit d'emmerder l'honnête citoyen avec des directives parfois délirantes, ou l'honnête contribuable en surtaxant les classes moyennes, ou l'honnête automobiliste en lui pourrissant la vie au maximum, style ces temps Quai Wilson, vous n'avez pourtant pas peur, Mesdames et Messieurs les Conseillers d'Etat.

     

    Pascal Décaillet

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  • Sur les oratoires perdus de nos montagnes

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    Sur le vif - Jeudi 03.09.20 - 09.40h
     

    Ceux qui se réclament à longueur d'année des Lumières méritent une réponse. Non la réponse de l'Ombre à la Lumière. Mais une réponse républicaine et démocratique. Pour leur dire, justement, que ni la République, ni la démocratie ne leur appartiennent. Pas plus qu'elles n'appartiennent à quiconque.

    Les Lumières. Certains n'ont plus que ce mot à la bouche. Ils s'en gargarisent. De cet important mouvement de pensée qui, au milieu du 18ème, par l'action conjuguée des philosophes, des écrivains, des sciences, des éditeurs, de l'industrie et des métiers, eut pour ambition d'éclairer le monde, on dirait qu'ils font une religion.

    Ils ne jurent que par les Lumières. Ils en ont parfaitement le droit. Mais cela mérite réponse. Pas la réponse de l'Ombre. Mais la réponse de ceux qui, peut-être, évitant la capitale au mot "Lumières", préféreront les énergies, plus modestes et plus intimes, des petites lumières du monde, passage de Lune ou sourire d'une Madone, au coin d'un oratoire, quelque part en montagne.

    Car il arrive que leurs Lumières soient blafardes. A l'égal de ces néons d'hôpitaux, pâles, aveuglants. A tout vouloir illuminer, on en finit par banaliser la beauté du monde. Sa part de mystère, de musique. On aplatit les récits. On aseptise la langue.

    Ils en ont le droit. Comme ils ont eu celui d'installer l'Être suprême : on a pu apprécier sa longévité. Ils en ont le droit, et nous avons celui de leur répondre. Nul connaisseur de la littérature, de l'Histoire des idées au 18ème siècle, ne songerait une seconde à sous-estimer l'importance des Lumières en France, de l'Aufklärung en Allemagne. Ni leur vertu de préparation intellectuelle aux formidables événements de la fin du siècle, la Révolution française.

    Mais de là, chez certains aujourd'hui, à nous faire des Lumières une totalité d'adhésion, une universelle matrice ! Comme si ce mouvement constituait, dans l'Histoire humaine, la seule référence qui fût vraiment éclairante, là il faut gentiment leur répondre NON.

    Pas le NON de l'Ombre à la Lumière. Mais le NON de la chantante pluralité du monde, le NON de la diversité de l'univers, le NON des innombrables énergies locales, particulières, le NON des Mystères de la religion grecque antique, le NON des cultes familiaux des Étrusques, le NON des monastères coptes des premiers temps chrétiens, le NON de l'infinie richesse de la pensée juive, le NON de la tradition du soufisme, le NON de tout ce qui, sur la Terre, donne à entendre une autre petite voix que la seule démonstration cérébrale de la Raison.

    Si les Lumières deviennent à ce point une totalité référentielle qu'elles se transformeraient, à leur tour, en religion, incarnant l'absolu qu'au 18ème elles dénonçaient dans le pouvoir, par exemple, du Roi Louis XV, alors il nous faudra, nous, dénoncer en elles la prétention à l'éclairage universel. Nous retournerons à nos passages de Lune. Et aux sourires, si maternels, si bienveillants, si accueillants dans l'éveil du monde, de nos Madones. Sur les oratoires perdus de nos montagnes.

     

    Pascal Décaillet

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  • Lumières. Quelles Lumières ?

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    Sur le vif - 02.09.20 - 16.21h

     

    Les gens qui, à longueur d'année, se réclament des Lumières, ont-ils vraiment lu les grands auteurs et philosophes de cet important mouvement du 18ème siècle ?

    Pour ma part, je ne me réclame pas des Lumières. Mais ces auteurs, je les ai lus. Pour la France, et pour l'Allemagne. Pas pour l'Angleterre, je l'avoue.

    A l'exception du génie absolu de Jean-Jacques Rousseau (dont les Confessions, puis les Rêveries, m'ont bouleversé à l'âge de vingt ans, dans l'un des moments les plus difficiles de ma vie), je ne puis dire que, sur le plan littéraire, les Lumières françaises m'attirent particulièrement.

    Je ne parle pas des philosophes. Mais des écrivains. Je ne trouve pas toujours, dans ce moment du 18ème où Voltaire publie ses Contes, où les Encyclopédistes travaillent à leur oeuvre gigantesque, cette forme d'épaisseur stylistique dont le Roman du 19ème fera sa spécialité, puis celui du 20ème. Sans parler de la poésie.

    Je ne mets pas ici en cause ces écrivains, mais les limites de ma réception personnelle. Comme lecteur littéraire, je n'ai guère besoin qu'on me démontre, il se suffit qu'on me montre, qu'on me donne à voir. Et à entendre. La littérature des Lumières me paraît souvent sèche, aride, hyper-cérébrale, conceptuelle, dénuée de sensualité.

    Pour l'Aufklärung allemande, d'une grande richesse certes (j’admire particulièrement le grand philosophe Moses Mendelssohn, émancipateur des Juifs en Prusse), je nourris les mêmes préventions. J'ai quand même l'impression qu'à partir du Sturm und Drang (autour de 1770, au fond la sortie de Werther), c'est toute la puissance dormante de l'être sensible qui se réveille, dans la littérature germanique. Les mots renaissent à la musique. Les syllabes s'ensoleillent. Le récit revient. Les racines des mots germaniques se font à nouveau sentir, sonores, porteuses de mille chants. La seule démonstration cérébrale, abstraite, universelle, ne suffit plus. Ce moment de rupture, auquel je fus initié il y a plus de quarante ans par un très grand professeur, me fascine, vous le savez.

    Je ne me réclame pas des Lumières. Mais je respecte ce mouvement. Je me demande simplement si ceux qui, aujourd'hui, s'en réclament, en ont vraiment lu les auteurs. Ou si, pêle-mêle, ils ne jettent pas tout dans un même panier : Lumières, droits de l'homme, démocratie représentative, liberté de circulation des idées, etc.

    Les choses, à y regarder de près, sont autrement complexes. En tout cas pour les Allemagnes.

     

    Pascal Décaillet

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  • Libre circulation : la trahison syndicale

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 02.09.20

     

    L’initiative dite de limitation, proposée par l’UDC, sur laquelle nous votons le 27 septembre, demande que la Suisse gère de manière autonome l’immigration des étrangers. En clair, qu’elle recouvre sans tarder une souveraineté totalement perdue depuis l’entrée en vigueur de la libre circulation des personnes. Vous me direz que cette dernière, avec les accords bilatéraux (mai 2000), a été voulue par le peuple suisse. C’est exact. Mais le peuple a été trompé. Les flux migratoires, sur notre pays, ont atteint des dimensions infiniment supérieures à ce qu’on nous racontait il y a vingt ans. Une concurrence féroce, soutenue par une sous-enchère salariale déloyale pour les travailleurs suisses, s’est abattue sur notre pays : certains patrons (pas tous, loin de là) ont offert à des travailleurs étrangers des postes nettement moins rémunérés que les mêmes, pour des salariés suisses. Certains de nos compatriotes ont perdu leur emploi à cause de ce mécanisme.

     

    Il existe donc, dans notre corps social, parmi nos concitoyens les moins favorisés, une souffrance liée à la libre circulation. Pertes d’emploi, sentiment d’être oubliés, lâchés par la société suisse, celle de leur propre pays ! Ce sacrifice, sur l’autel de l’ouverture des frontières. Et les fameuses « mesures d’accompagnement », que la classe politique et le patronat faisaient miroiter il y a vingt ans aux travailleurs suisses, n’ont absolument pas déployé leurs effets. Elles n’ont empêché ni la sous-enchère, ni les pertes d’emplois pour des salariés suisses. Elles ont juste été des mots.

     

    Dans ces conditions, le ralliement des syndicats suisses, à commencer par leur grande centrale faîtière, au principe de libre circulation, apparaît comme une incompréhensible trahison des intérêts fondamentaux des travailleurs de notre pays. C’est le patronat qui doit se frotter les mains ! Il fut un temps où les syndicats de notre pays protégeaient les ouvriers et les ouvrières suisses. Ils étaient patriotes. Ils étaient guidés par un sentiment national de cohésion sociale. Aujourd’hui, vermoulus par une certaine idéologie internationaliste, où les nations et les frontières n’existeraient plus, ils donnent l’impression de s’être arrachés aux racines de la nation, au profit d’un universel abstrait. Ce virage, pour la cohésion sociale de notre pays, est de nature à discréditer nos syndicats, pour longtemps, dans le débat politique suisse. Ne pensent-ils plus qu’à encaisser des cotisations, grossir, gagner en influence, étoffer leurs états-majors ? Tout cela, dans l’oubli du minimum de préférence aux citoyennes et citoyens suisses qu’on peut attendre de toute organisation professionnelle, dans notre pays, qu’elle soit patronale ou syndicale, d’ailleurs.

     

    Dans ces conditions, vouloir que la Suisse « gère de manière autonome » son immigration (il ne s’agit en aucun cas de la stopper, mais de la réguler), ne relève aucunement de la chimère. Mais du bon sens. Toute nation digne de ce nom, sur la planète, a le droit – et aussi le devoir – de contrôler ses flux migratoires. Pour protéger ses propres citoyennes et citoyens.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Le rustre ne réfléchit pas, il déboulonne

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    Sur le vif - Mercredi 02.09.20 - 08.15h

     

    L'école doit enseigner le tragique de l'Histoire. Ni plus, ni moins. Elle doit présenter aux élèves le monde, tel qu'il est, et non tel qu'il devrait être, en fonction des désirs idéologiques des différents enseignants.

    Elle doit aussi dire le monde, tel qu'il fut. Cela s'appelle l'Histoire. Passionnante entreprise intellectuelle : reconstituer une époque, dans sa totalité, politique, économique, scientifique, culturelle, littéraire, musicale. Cette époque jamais ne doit être jugée sur le plan moral, mais appréciée avec les outils de l'analyse historique. C'est une ascèse, qui exige connaissance et distance.

    Aux élèves, rien ne doit être caché. Il faut dire les choses, telles qu'elles furent. Les guerres, il s'agit, en tâchant de prendre exemple sur Thucydide, dans sa Guerre du Péloponnèse, de les expliquer froidement, analytiquement, sans passion, en fonction de leurs causes réelles (économiques, bien souvent). Cela implique de lire les textes du moment, dans la langue, d'en dégager la part d'intoxication ou de propagande, de demeurer critiques face aux sources.

    Cette attitude de scepticisme constitue, en Histoire, une hygiène de la pensée. Autrement nourrissante, sur le plan intellectuel, que le jugement moral a posteriori, l'anachronisme des rustres.

    Car le rustre ne réfléchit pas. Il déboulonne. Faisant cela, il croit s'affranchir. En vérité, il s'entrave. Il s'enferme dans son jugement anachronique. Il s'incarcère dans la morale. Croyant ouvrir les yeux sur le passé, il se rend aveugle à la complexe vérité du monde.

     

    Pascal Décaillet

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  • L'état sauvage

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    Sur le vif - Mardi 01.09.20 - 13.59h

     

    Très grande violence dans les bistrots genevois : on s'étripe sur la Présidence tournante du Conseil d'Etat. Les coups et les insultes pleuvent. Le sang coule. Les muqueuses vacillent. On s'arrache les masques. On se jette au visage les reliques de Chasselas. Les portraits de François Longchamp sont extirpés des murs, on y replace ceux du Général Guisan. On s'assomme avec de vieux exemplaires du Contrat social. On vitupère. On se lacère. On injecte de sang des regards de fauves. Sujet passionnel, viscéral. Genève, martyrisée. Sulpicienne. Jouissante de souffrance. Genève, extatique.

     

    Pascal Décaillet

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  • Aimer l'allemand, c'est prêter l'oreille

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    Sur le vif - Mardi 01.09.20 - 08.06h

     

    Impossible de se figurer en profondeur l'Histoire de la Grèce, sans se pénétrer de l'Histoire de la langue grecque, dans toutes ses inflexions dialectales (dorien, ionien, attique, etc.).

    De même, impossible d'embrasser l'Histoire des Allemagnes sans s'immerger avec passion dans l'Histoire et la dialectologie de la langue allemande.

    L'Histoire allemande, c'est l'Histoire de la langue. Le Althochdeutsch, puis le Mittelhochdeutsch, puis l'allemand moderne à partir de Luther. Les innombrables dialectes. Les mots locaux. L'enfouissement de ces derniers au moment de l'Aufklärung, puis leur prodigieuse résurrection avec le Sturm und Drang (autour de 1770), puis avec le Romantisme et les Frères Grimm.

    Le rôle des mots dans la formation de l'idée nationale allemande, à partir des Discours de Fichte (1807). Des discours qui prennent d'ailleurs la langue - et le langage - comme thème.

    Luther est un inventeur de mots. Brecht est un inventeur de mots. Paul Celan est un inventeur de mots. Günter Grass est un inventeur de mots.

    Jamais la langue allemande n'a été figée par une Académie, un Richelieu. Toujours, le tissu linguistique a été malléable, évolutif, perçu comme tel par la pluralité germanique.

    L'Histoire allemande, c'est l'Histoire de la langue allemande.

    Et c'est aussi - j'y reviendrai largement - l'Histoire de l'évolution musicale allemande. Je ne pourrais concevoir une Histoire allemande sans une Histoire, en profondeur, du langage musical allemand.

    Aimer l'allemand, c'est prêter l'oreille.

     

    Pascal Décaillet

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  • DDR : le grand livre à écrire

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    Sur le vif - Lundi 31.08.20 - 16.22h

     

    A quand une grande Histoire de la DDR (1949-1989) ? Une Histoire sérieuse, documentée, fouillée, incluant non seulement la politique, mais l'économie, le social, les sciences, l'industrie, le rapport au spectacle, la littérature, la linguistique, la culture. Une Histoire évitant l'écueil de l'Ostalgie, mais tout autant, à l'opposé, celui du dénigrement systématique, sécrété dès 1949 par le camp capitaliste, à l'Ouest.

    Une Histoire vraie. Renseignée. Avec une foule de témoignages. Une Histoire littéraire, théâtrale, musicale, cinématographique. Une Histoire de la langue allemande, celle de Luther et des Frères Grimm, dans ces années-là. La langue de Brecht.

    Une Histoire où on parlerait des très grands écrivains de ce pays. De ses immenses dramaturges (avec, puis après Brecht ; je pense principalement à Heiner Müller).

    Et puis surtout, une Histoire de la Réunification (89-90), vue de la DDR et non vue de l'Ouest. Le mouvement des Eglises protestantes, dans les semaines précédant la chute du Mur. La réaction aux événements du 9 novembre 1989. L'angoisse, mêlée d'envie, oui toute l'ambiguïté des gens de l'Est, pendant ces mois où ils furent purement et simplement phagocytés par l'Ouest.

    Cela vaut bien un livre, non ? Un grand livre !

     

    Pascal Décaillet

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  • La puissance de feu cryptée du destin allemand

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    Sur le vif - Lundi 31.08.20 - 09.30h

     

    Ne soyons pas dupes. Dans la grande manifestation de ce week-end, à Berlin, le masque n'est qu'un prétexte. N'y voir qu'une vague de mécontentement contre une mesure sanitaire, c'est se laisser tromper au jeu des apparences.

    Le masque, en Allemagne comme ailleurs, c'est le signe palpable de la verticalité du pouvoir. Les autorités nous l'imposent, certains l'acceptent (j'en fais partie), d'autres se révoltent. C'est le thème de discorde du moment.

    Mais le masque, dans les foules allemandes, n'a aucune importance en soi. On manifeste contre le masque, on saisit ce prétexte pour crier son malaise aux autorités de la République fédérale. Le principe républicain lui-même, celui de la Loi fondamentale de 1949 (Grundgesetz), est contesté par une partie de la foule, qui revient au terme de "Reichsbürger". Retour aux temps bismarckiens, négation des principes d'une Bundesrepublik imposée par les vainqueurs occidentaux, quatre ans après la guerre.

    En réalité, cela va beaucoup plus loin : la Bundesrepublik de 1949, c'est l'Allemagne de l'Ouest, pas celle de l'Est. Au moment de la Réunification (89-90), Helmut Kohl impose le nom à l'Allemagne entière, gommant ainsi, d'un incroyable mépris, l'autre partie de l'Allemagne, la Deutsche Demokratische Republik, qui était tout autant allemande que celle de l'Ouest. Ne croyez pas que la violence symbolique de ce phagocytage soit demeurée indifférente aux gens de l'ex-DDR. Point n'est besoin d'avoir été communiste pour ressentir comme une profonde humiliation l'effacement brutal d'un nom, d'un système culturel et social, d'une autre manière de vivre la Gemeinschaft allemande.

    Le masque n'est qu'un prétexte. Les foules de l'ex-DDR, toujours plus nombreuses, saisissent le sujet chaud du moment pour dire la profondeur de leur mal-être face à un système économique et social qui laisse des millions d'oubliés sur le bord du chemin. Un système qui a fait mine, en 2015, de leur préférer l'altérité de la migration. Un système qui les méprise. Ils sont pourtant enfants de fières nations, riches d'Histoire : la Prusse, la Saxe, la Thuringe. L'Allemagne, c'est eux, tout autant que ceux de l'Ouest. Bach et Haendel, c'est eux. Kant, c'est eux. Kleist, c'est eux. Le Berlin théâtral de Brecht, puis celui de Heiner Müller et Christa Wolf, c'est eux. Günter Grass, c'est eux. Et même si Mme Merkel provient de leurs rangs, ils ont l'impression d'avoir été trahis par cette native de l'Est, passée dans la conservatrice et anti-communiste, la très pro-américaine CDU. Il y a là, pour qui connaît l’Histoire politique allemande, un paradoxe glaçant.

    Alors oui, dans la grande manifestation de ce week-end à Berlin, il y a eu un jeu de masques. Entre le réel et les apparences. Entre le dit et le non-dit. Entre ce qui se prête à voir, et la puissance de feu cryptée du destin allemand.

     

    Pascal Décaillet

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  • Moins civiles, plus viscérales

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    Sur le vif - Dimanche 30.08.20 - 16.55h

     

    L'après-Merkel marquera la fin de la gentille Allemagne, qui mène une gentille politique, dans la gentille Europe. La fin de l'Allemagne de l'après-guerre.

    Aucune des deux grandes forces qui tiennent le pays depuis 1949, la CDU/CSU et le SPD, ne peut plus revendiquer, en l'état, le pouvoir. Pour cette dernière législature, Angela Merkel, laborieusement, a sauvé les meubles avec une coalition de fortune. Mais déjà, plus personne n'y croit.

    En Allemagne, comme ailleurs en Europe, montent, à droite comme à gauche, des forces plus radicales. Le vieil équilibre bismarckien, appuyé sur le Zentrum et le SPD, qui a tenu jusqu'en 1919, puis est revenu en 1949, n'est plus en mesure de charpenter, comme dans une Cathédrale, l'équilibre du pays.

    De nouvelles forces, plus vives, plus frontales, à gauche comme à droite. De quoi rappeler une autre période, largement sous-estimée par les historiens, mais étudiée avec passion, depuis des décennies, par votre serviteur : celle des années 1919-1923. Pour s'en saisir, lire tous les livres d'Histoire sur la Révolution allemande, les combats entre Spartakistes et Corps-francs. Lire absolument le "Novembre 1918" du romancier Döblin. Et puis lire aussi, évidemment, les "Geachteten", les "Réprouvés", d'Ernst von Salomon.

    L'Histoire, bien sûr, ne se répète pas. Mais certaines récurrences, dans les configurations politiques, ont de quoi nous interpeller. En Allemagne, la voix de la rue est en train de monter, et pas seulement à gauche. On saisit tous les prétextes, même le masque ! Dans l'ex-DDR, région que je connais, une féroce insatisfaction, depuis des années, s'exprime. Les tonalités de Mme Merkel, championne du Zentrum et de la concertation, ont jusqu'ici réussi à atténuer cette petite musique de la Révolution.

    Mais Mme Merkel, un jour, partira. Avec ce départ, la politique des bémols et de la sourdine laissera place à d'autres intonations. Sans doute moins civiles. Et plus viscérales.

     

    Pascal Décaillet

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  • "Collectifs" et "coordinations" : des noms, SVP !

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    Sur le vif - Samedi 29.08.20 - 15.28h

     

    La TG fait état d'une "Coordination genevoise pour le droit de manifester".

    Qui sont ces gens ?

    Cette "Coordination" a-t-elle des statuts ? Sont-ils consultables, quelque part ?

    A-t-elle un Président ? Un Comité ? Une Assemblée générale ? Les responsables sont-ils élus ? En fonction de quelles règles ?

    A-t-elle la moindre légitimité sociale, ou existence juridique, pour être reconnue comme partenaire de dialogue par les autorités ?

    Dans le cas de cette "Coordination", je ne doute pas une seconde qu'on puisse, sans tarder, produire des réponses précises aux questions ici posées. Mais au-delà de cet exemple, juste saisi au vol à la faveur de l'actualité, n'importe qui, à Genève, peut-il, au bluff, se revendiquer d'une "Coordination" ? Ou d'un "Collectif" ? Où sont les statuts de toutes ces entités, brandies à la cantonade, comme des annonces au poker ? Qui sont leurs représentants ? Qui, nommément, assume la responsabilité juridique de leurs prises de position ?

    Du concret, SVP. Des statuts. Des responsables. Des noms. Des êtres humains, ayant le courage de nous regarder dans les yeux, d'assumer leurs positions, de nous dire : "Voilà. Je suis le Président, ou la Présidente, de telle association. J'ai été élu(e) tel jour, dans telle Assemblée, par tel nombre de votants, contre tel concurrent, sur la base de tel programme. Voici nos statuts, nos comptes, notre bilan d'action pour l'année écoulée, notre prochaine Assemblée aura lieu tel jour, à tel endroit, à telle heure."

    A défaut de renseignements précis, nous considérerons comme un immense bluff, et une immense esbroufe intellectuelle, la plupart de ces "Collectifs" ou "Coordinations".

    A Genève, nous avons des lois. Il s'agit de les respecter. Nous sommes des citoyennes et des citoyens libres. Mais aussi responsables. Chacun d'entre nous est totalement libre de s'exprimer. Mais en même temps, il doit assumer ses positions, si elles sont affichées dans l'espace public. Pas de liberté sans responsabilité ! Où est le courage, où est la droiture républicaine, si c'est pour se camoufler derrière des paravents ? Ou derrière des entités fictives.

    Si, par hasard, il apparaissait au grand jour que certaines "Coordinations" ou certains "Collectifs", à Genève, ne soient que du vent, du bluff, de l’esbroufe, à l'image du Chat Botté qui nous annonce l'arrivée imminente du Marquis de Carabas, alors ceux qui ont créé, de toutes pièces, ces fictions verbales, devront en répondre, y compris juridiquement, pour avoir trompé leurs concitoyens.

     

    Pascal Décaillet

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  • Nous ne surgissons pas du néant !

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    Sur le vif - Vendredi 28.08.20 - 17.44h

     

    Nous n'avons pas besoin de perroquets. Ni de perruches. Ni d'acteurs désertés par la présence, à la merci du souffleur.

    Nous n'avons pas besoin de collectifs. Ni d'associations. Ni de lâcheté anonyme.

    Nous n'avons pas besoin de mots d'ordres. Ni de paroissiens de la bonne parole.

    Nous sommes des citoyennes et des citoyens libres, dans un pays libre. Nous sommes des adultes, responsables, vaccinés. Nous avons un passé, une mémoire, des cicatrices. Nous ne surgissons pas du néant : nous avons une vie, derrière nous.

    Nous avons une Histoire.

    Nous avons besoin d'esprits libres. Indépendants. Cultivés. Des sales tronches, qui se fritent et qui se frottent. Qui sachent rompre. Partir. Larguer les amarres.

    Toutes les amarres. Sauf celles de la mémoire et de la nostalgie.

    Et puis, nous avons besoin d'hommes et de femmes qui puissent écouter Bartók, Haendel, Beethoven ou Sibelius en se laissant submerger par la beauté du monde.

     

    Pascal Décaillet

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  • Trump et la confrérie

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    Commentaire publié dans GHI - 26.08.20

     

    Les Démocrates américains pourraient – hypothèse, bien sûr – désigner un âne comme candidat à la Maison Blanche, la presse romande choisirait l’âne. Et elle roulerait pour lui, tambour battant, dans le seul but d’accomplir son dessein, depuis quatre ans : voir Trump à terre.

     

    En 2016, pendant toute la campagne, nos braves éditorialistes ont passé leur temps à démolir le candidat Trump. Début novembre, le pestiféré a eu le mauvais goût d’être élu. La presse romande a ruminé, rongé son frein, gratté en maugréant la terre de l’arène. Et elle passé quatre ans à pulvériser toute parole, tout acte politique du Président en exercice des Etats-Unis d’Amérique. Rien ne leur convenait. Ils ont systématiquement détruit tout ce qui procédait de cet homme-là, dont une éminente éditorialiste, dans un journal de révérence, avait cru bon, la veille de son élection, de souligner avec ironie la couleur des cheveux. C’est dire le niveau de certaines attaques.

     

    A deux mois de l’élection 2020, rebelote ! Tout ce qui compte peu ou prou, tout ce qui a encore quelque pignon sur quelque rue, dans l’univers éditorial romand, vomit sur Trump. Sera-t-il réélu ? Je n’en sais rien. Mais je sais qu’en quatre ans, il n’a conduit l’Amérique dans aucune guerre, alors que son prédécesseur Obama avait multiplié, en huit ans, de la Syrie à la Somalie, de la Libye à l’Afghanistan, les bombardements sur la planète. Je sais aussi que, jusque à la crise du coronavirus (dans laquelle il n’est pour rien), il a remarquablement relevé l’économie de son pays. Me voilà donc une nouvelle fois, sur ce sujet, en total désaccord avec la confrérie.

     

    Pascal Décaillet

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  • Initiative invalidée : scandale !

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    Sur le vif - Mercredi 26.08.20 - 17.00h

     

    Conseil d'Etat : invalidation TOTALEMENT SCANDALEUSE de l'initiative UDC, no 175, visant à "stopper enfin l'escalade des primes maladie".

    Nous devons changer notre Constitution cantonale : une initiative, d'où qu'elle provienne, si elle a récolté les signatures, doit passer devant le peuple. Il ne doit appartenir à PERSONNE de l'invalider. C'est le peuple, et lui-seul, qui doit juger si elle est bonne, si elle est pertinente, si elle est acceptable. C'est lui, le souverain. Lui, et pas les profs de droit ! Lui, et pas un collège de notables ! Ni un comité de Sages, ou d'experts.

    Une initiative est une affaire du peuple avec le peuple. Nul corps constitué - et surtout pas le gouvernement, totalement juge et partie ! - ne doit s'en mêler.

     

    Pascal Décaillet

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  • De même que l'on contrôle l'eau d'un barrage

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    Sur le vif - Mercredi 26.08.20 - 13.32h

     

    Depuis l'entrée en vigueur de la libre circulation, la Suisse a perdu le contrôle de son immigration. Elle a donc perdu l'un des attributs cardinaux d'une nation. Chacune, sur cette Terre, doit être libre de régler elle-même ses flux migratoires. De même que l'on contrôle l'eau d'un barrage. Cela, dans l'intérêt supérieur de ses citoyennes et citoyens, qui n'ont pas à se laisser submerger.

    Ce contrôle perdu, depuis une vingtaine d'années, par la Sainte-Alliance d'une partie du patronat et de la trahison syndicale, il s'agit simplement de le rétablir.

    Ile ne s'agit pas de fermer les frontières, ceux qui le disent nous mentent éhontément.

    Il ne s'agit absolument pas de xénophobie : réguler les flux migratoires n'implique aucune espèce de jugement dépréciatif sur l'étranger, en tant que tel. Ceux qui brandissent ce terme, xénophobie, dans le débat du 27 septembre, doivent être implacablement remis à leur place. Au besoin, par des procédures en diffamation.

    Il s'agit juste de rendre à notre pays une souveraineté qu'il a perdue. Ce pouvoir de restitution nous appartient. A nous tous, citoyennes et citoyens, hommes et femmes libres de ce pays.

     

    Pascal Décaillet

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  • Coronavirus : parlons d'autre chose !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 26.08.20

     

    Dans la crise sanitaire que nous traversons, je n’ai jamais écrit une seule ligne sur l’aspect médical. Dans la querelle autour des masques, je n’ai jamais affiché la moindre opinion. Cela, pour une raison simple : je n’en ai pas ! Je ne suis pas médecin, et, même si j’adorais la biologie à l’école, je n’ai aucune compétence sur les virus, leur mode de transmission, l’infectiologie, etc. Citoyen, je respecte les consignes : les normes, les distances. Je porte le masque, comme tout le monde, là où c’est obligatoire. Bref, je me comporte à peu près comme l’ensemble de la population, et mon avis sur la question n’a aucun intérêt.

     

    Mais, comme nous tous, je tends l’oreille. Je laisse venir à moi les nouvelles du monde. Et, pendant tout l’été, consacré en partie à la reprise de ma Série historique en 144 épisodes sur l’Histoire de l’Allemagne, j’ai vécu, comme récepteur de messages, la douce folie de la submersion par le thème unique, ou tout au moins hyperdominant, du coronavirus.

     

    Et là, je crois qu’il est temps de dire, gentiment, que ça suffit. Il faut en parler, bien sûr, du mieux qu’on peut. Mais à chaque émetteur d’informations, il appartient de doser le message. Prendre en compte la part d’angoisse que peut générer, dans le public, le matraquage. Dire les choses, le plus honnêtement possible, au service des gens, mais sans créer un climat de catastrophisme. La situation, notamment économique, de notre pays est déjà suffisamment anxiogène, avec la montée du chômage, la peur de perdre son emploi. Il nous faut parler, aussi, d’autre chose. Sinon, nous allons devenir cinglés. Et paranos.

     

    Et justement, je tiens un domaine de discussion, profondément citoyen, faisant appel à nos responsabilités, nous traitant en acteurs de nos destins, et non en gibier à directives sanitaires : la politique ! Et ça tombe bien : il ne vous a peut-être pas échappé que nous avons, le 27 septembre prochain, un dimanche de votations absolument capital pour l’avenir de notre pays. J’ai la ferme intention, dans les semaines qui viennent, de vous en parler ! Ça nous changera des histoires de masques, de distances, de traçage, de nombre d’infections. Nous sommes des citoyennes et des citoyens libres. La démocratie directe suisse, ce bijou qui permet d’actionner la politique par en-bas, s’adresse à nous comme à des hommes et des femmes capables de décider. Chacun d’entre nous, par son vote, détient un fragment indivisible de la prise de décision souveraine sur le destin du pays.

     

    Parler de politique, organiser des débats, donner la parole à tous, et parallèlement s’engager soi-même en donnant son opinion dans des commentaires, comme je le fais dans ce journal, c’est faire vivre la citoyenneté. Je n’ai, croyez-moi, aucunement l’intention de renoncer à cette ambition sous prétexte de crise sanitaire. Je vous donnerai donc, fraternellement, mon point de vue, dans les éditions qui viennent, notamment sur le contrôle de l’immigration et sur les avions de combat. Les uns seront d’accord avec moi, les autres non. C’est la vie. On se regarde dans les yeux, avec ou sans masque. Et on se dit les franchement les choses. A tous, excellente semaine !

     

    Pascal Décaillet

     

     

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