Liberté - Page 2

  • RTS : l'invasion des "hein ?"

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    Sur le vif - Jeudi 26.08.21 - 12.39h
     
     
    Seize siècles après le regretté Attila, voici, au 12.30h RTS, l'invasion des « hein ? ». Jusqu’à six par papier d’une minute. Un pur tic de langage, pour simuler misérablement le spontané. Le degré zéro de l’expression radiophonique.
     
    L’impro sur mots-clés, au service d’une info vivante, exacte, dense, calibrée dans le temps, et sous la forme d’un vrai entretien, non-préécrit, avec le meneur, ça n’est pas exactement cela. Ça exige à la fois une extrême rigueur, notamment dans la maîtrise de la durée (le timing imparti, ou convenu avec le meneur, doit être respecté à la seconde) et celle des articulations, et un bonheur dionysiaque, viscéral, physique, dans la valse des mots. Une prise de risque, aussi, sans filet, dans le rapport à l’oralité. C’est un métier. Cela s’apprend. Cela s’exerce. Il faut avant tout en avoir puissamment envie, sinon autant oublier.
     
    Le secret de la radio, c'est la relation intime que l'aspirant au micro entretient avec son ventre, sa gorge, sa voix. Il doit s'aimer, tout en se montrant d'une incroyable exigence avec lui-même. Il doit s'aimer, et se détester quand il faiblit. Il doit parfois se gifler, de rage. Il doit se réécouter dix fois, vingt fois, aussitôt après son passage à l'antenne. Il n'est pas rien, lui le locuteur. Il n'est pas un détail de l'histoire. Il est un être humain, doté d'une voix, d'une énergie, d'un souffle de vie. C'est lui qui a choisi le métier du micro, personne ne l'y a contraint. Alors, ce choix dément, où il est question d'amplifier les sons provenant du ventre, puis de la gorge, il doit l'assumer. Aller jusqu'au bout. On ne fait pas de la radio à moitié, sans en avoir l'air. On ne triche pas. On ne glisse pas des "hein ?", juste pour mimer le moment de vie d'une vraie conversation. La radio est un art. Elle mérite mieux que des béquilles.
     
    L'homme ou la femme de radio doit être tenaillé par la volonté d'habiter, avec toute l'intensité d'une présence, la période vocale impartie. Le temps donné, ni plus, ni moins. C'est quelque chose de très fort, à des milliers de lieues marines des relances pré-écrites, cette apothéose du scolaire, cette fausse spontanéité qui ne dupe personne.
     
    Il faut être debout, face au meneur, également debout. Sans studio, sans murs, sans mobilier, sans investissements dantesques dans une machinerie n'ayant rien à voir avec l'essentiel : canaliser le verbe qui surgit. La vraie radio, c'est dehors, là où quelque chose se produit. En phase avec l'événement ! En palpitation avec lui. Debout, et en mouvement ! Micro sans fil, casque sans fil, reliés à une valise satellite, c'est tout. Juste une montre radiocontrôlée dans l'autre main, pour rendre l'antenne à la seconde près, même à dix mille kilomètres du meneur. Un métier, je vous dis, juste un métier, exigeant, millimétré, fascinant. Pas de place pour les amateurs.
     
    La radio, c'est la liberté, surgie de la précision.
     
    Sous les yeux, tout au plus quelques mots-clés, correspondant aux trois ou quatre choses essentielles qu'on veut faire passer. Des noms propres. Des chiffres. Des dates. Rien d'autre. Parce qu'en réalité, si on a bien intériorisé sa prise de parole avant, si on a fait une "italienne", ces quelques-mots-clés, on ne les regardera même pas. Exigence absolue : une parfaite maîtrise du sujet.
     
    Dans le regard, deux objectifs : les yeux de l'interlocuteur, comme dans la vie quand on parle à une autre personne ; et, quelque part dans le champ, l'horloge radiophonique, à la seconde près. Le timing, en radio, est capital. Celui qui déborde met en péril l'ensemble de l'émission : après lui, d'autres intervenants surgissent, qui n'ont pas à être prétérités par l'absence de professionnalisme de celui qui dégouline.
     
    Au plus haut niveau radiophonique romand, dans le silence ouaté des étages, la surdité règne. La plus parfaite insensibilité à la forme, à la phrase, aux syllabes, aux silences, à tout ce qui forge les vertus de l’élocution. Pourquoi se préoccuper de ces choses-là, il est tellement plus galvanisant de projeter ses désirs vitaux sur une construction immobilière à Ecublens.
     
    Je parle ici de radio, et de radio seulement. C'est un domaine que je connais un peu.
     
    La radio est le média de l’oralité. Mais la flamme du verbe vivant n’y intéresse quasiment plus personne. À quelques exceptions près, hommes et femmes de talent, à qui j’adresse mon estime et ma fraternité. Ils sont, eux, des praticiens du micro, jamais des cadres ni des apparatchiks. Ce sont eux qui sauveront la radio en Suisse romande, pas la tristesse grisâtre des hiérarques.
     
    Pour l’heure, c’est la radio d’Attila. On y émet des sons, mais l’esprit ne repousse plus.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • L'Algérie, le Maroc, la polyphonie des morts

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    Sur le vif - Mercredi 25.08.21 - 14.37h
     
     
    L'Algérie rompt ses relations diplomatiques avec le Maroc, ce qui est tout de même une nouvelle assez fracassante pour toute personne s'intéressant peu ou prou à l'Afrique du Nord, et notamment à l'Histoire de cette grande nation qu'est l'Algérie. Et la nouvelle passe en entrefilet : tout le monde s'en fout.
     
    Dans nos pays douillets, on préfère les sujets "de société". Bien stigmatisants, et bien moralisants. Histoire de jeter la meute sur toute personne émettant une opinion n'allant pas dans le sens de la norme. La vie des peuples, le destin des nations, l'analyse politique ne semblent plus guère intéresser nos belles âmes.
     
    Lisez Lacouture. Et vous verrez à quel point le destin de l'Algérie, depuis 191 ans, peut si souvent se confondre avec le nôtre, par-delà cette Méditerranée qui nous relie.
     
    Lisez des livres d'Histoire, tous pays confondus, je passe mon temps à le faire pour l'Allemagne. Renseignez-vous. Allez sur les lieux. Ayez soif de connaissances. Laissez-vous surprendre. Ne vous contentez jamais des versions des vainqueurs, des gouvernements, des officiels, du pouvoir. Embrassez toutes les perspectives, y compris celles des oubliés, des maudits. Ne succombez surtout pas aux leçons des moralistes, qui nous dévident leurs anachronismes et leur ignorance de la complexité des faits.
     
    C'est valable pour l'Algérie. C'est valable pour l'Allemagne. C'est valable pour la France. C'est valable pour tout. D'abord, aller voir. Pénétrer les textes, les témoignages. Laisser parler la polyphonie des morts.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Villes suisses : un peu d'autocritique, SVP !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 25.08.21

     

    Marco Chiesa, président de l’UDC suisse, aurait commis un crime de sang, les réactions n’eussent pas été plus courroucées. Certes, le Tessinois avait mal choisi sa date : le discours du 1er Août a plutôt comme fonction d’appeler à l’unité nationale que de fragmenter les Suisses, par exemple entre villes et campagnes. Allons-y donc pour la faute de goût. Mais de là à déverser sur lui toutes foudres du ciel ! La pléthore des réactions, leur violence, confinant parfois à l’insulte, sont plutôt de nature à prouver que l’homme avait raison : les Villes suisses, principalement les municipalités de gauche dans des communes d’une certaine importance, brillent par leur clientélisme, leur voracité financière, leur inaptitude totale à l’autocritique. Non seulement la Ville de Genève en fait partie, mais elle détient la palme. Triste record.

     

    Clientélisme. En matière culturelle, et cela depuis trente ans, bien avant Sami Kanaan, qui n’est pas spécialement en cause, et qui aurait même plutôt tendance à vouloir rétablir une certaine rigueur. Clientélisme en matière sociale. En matière d’associations, estimant le plus naturel du monde de voir renouveler tous les ans, au moment du budget, leur petite enveloppe de subsides. Il n’y a là rien d’illégal, rien de condamnable sur le plan juridique, tout au plus le ronron de petites habitudes. C’est ainsi, en soignant savamment ses électeurs, que la gauche se maintient depuis des décennies en Ville de Genève. Oh, la droite ne ferait sans doute guère mieux, mais enfin, si on parle de la gauche en Ville, c’est parce qu’elle s’y trouve incrustée depuis si longtemps. Avec ses petites habitudes, ses rituels, son vocabulaire, ses appels aux droits de l’homme aux quatre coins de la planète. Gauche urbaine. Gauche morale. Gauche bobo. Gauche donneuse de leçons. Pourquoi diable le président du premier parti du pays n’aurait-il pas le droit de relever cela ?

     

    Alors, voilà, comme les mots irrémédiables furent prononcés par le président de l’UDC suisse, parti honni par la gauche, et qu’il n’était en effet pas très malin, un 1er Août, de monter une partie des Suisses les uns contre les autres, encore moins d’utiliser le mot « parasites », chargé d’une lourde connotation historique, tout le petit monde de gauche prit plaisir à tomber sur le baudet. A quelques exceptions près (dont Sami Kanaan, qui répondit avec chiffres et arguments), on se précipita sur le porteur du funeste message, plutôt que d’entrer en matière sur les arguments de l’accusation. C’est dommage. Car il existe bel et bien, en Suisse, un problème avec les municipalités de gauche des grandes villes. Sublimation de l’altérité au détriment des braves Suisses. Dépenses considérables avec l’argent des contribuables. Clientélisme. Comportement de caste. Ces choses-là méritent qu’on les analyse, qu’on les prenne au sérieux. Même si c’est un UDC qui les a relevées. Autant dire le diable.

     

    Pascal Décaillet

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  • Pascal Broulis, Philippe Leuba : deux magistrats à hauteur d'Etat

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    Sur le vif - Jeudi 19.08.21 - 12.37h
     
     
    Pascal Broulis et Philippe Leuba auront été, l'un et l'autre, des magistrats de grande valeur. Au-delà de leurs legs, que chacun peut évaluer comme il l'entend, ils laissent dans l'espace politique une hauteur de vue, une justesse de ton, une adéquation à la fonction, que bien des Cantons (notamment l'un, en aval du Rhône) peuvent leur envier.
     
    Pascal Broulis, dans la tradition radicale, celle qui a fait la Suisse moderne et construit l'Etat. Philippe Leuba, dans la rigueur d'une autre philosophie politique, celle de la responsabilité individuelle. Deux hommes, deux postures. La bonhommie de l'un, la raideur de l'autre, dans les deux cas au service de l'Etat. On rêverait, dans des Cantons voisins (notamment dans ce Sud-Ouest de la Suisse où le Grand Fleuve se rapproche de la Camargue), de retrouver parfois cette élévation d'Etat dans le comportement des magistrats. On les perçoit chez Nathalie Fontanet, peut-être un ou deux autres, tous partis confondus. C'est bien. Mais c'est un peu juste.
     
    On n'aurait jamais imaginé Pascal Broulis, ni Philippe Leuba, entrant dans la mêlée, blessant l'âme de citoyennes et citoyens libres de leurs opinions, de leurs critiques, qui constituent pourtant le seul véritable souverain dans notre démocratie suisse. Ces deux hommes d'autorité n'ont jamais versé dans la crise d'autoritarisme. Certains Cantons, notamment là où le Rhône redevient Rhône, pourraient s'en inspirer.
     
    Je ne suis pas Vaudois, mais Valaisan de Genève, ou Genevois d'origine valaisanne, comme on voudra. Je suis Suisse, profondément. Et il se trouve que j'admire depuis toujours, déjà à l'époque de Philippe Pidoux, la rude et intransigeante conception républicaine que les magistrats exécutifs vaudois ont de leur fonction. Je l'ai sentie, plus que chez tout autre, chez un Jean-Pascal Delamuraz, que j'ai eu l'honneur de suivre de près dans mes années bernoises.
     
    Ensuite, chacun jugera : tel ministre a-t-il fait de bonnes, de mauvaises choses, là n'est pas mon débat. Pour ma part, citoyen libre, engagé, passionné de politique et d'Histoire, j'adresse tous mes vœux à MM Broulis et Leuba pour la suite. Ils ont été, l'un et l'autre, à hauteur d'Etat.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Mai 66, la belle dame des Allinges

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    Sur le vif - Dimanche 15.08.21 - 10.15h
     
     
    Mai 1966, Les Allinges, Haute-Savoie. Retraite de quelques jours, préparation de la Première Communion. J'allais sur mes huit ans. Et j'allais découvrir en famille, deux mois plus tard, les splendeurs de l'Orient.
     
    Il y avait le village, le château médiéval en ruines, une forêt magique pour des jeux de pistes. Il y avait surtout un homme, l'un de ceux qui m'ont le plus marqué, le Père Louis Collomb, aumônier du primaire, de 1965 à 1969, date de mon entrée à l'école secondaire. Il m'a illuminé par l'intelligence de ses cours de religion, ouverts à tous les courants spirituels du monde, et surtout par sa bonté, sa douceur. Voilà des décennies qu'il nous a quittés, pas un jour pourtant sans que je ne pense à lui.
     
    Un beau jour, le Père Collomb nous lance un jeu de pistes, par équipes, à travers la forêt. "A la dernière étape, vous serez accueillis par le sourire d'une belle dame". Nous n'étions que des garçons, avec quelques hommes, ce que nous demeurerons jusqu'en juin 1973. Pour moi en tout cas, l'invitation au sourire ne manquait pas d'attrait.
     
    Nous avons cheminé à travers la forêt, dans un joyeux gazouillis. Nous avons démêlé les énigmes. A la dernière étape, je crois que c'était sur la place du village, la belle dame nous attendait, statufiée, accueillante comme une mère. Je ne l'oublierai pas.
     
    La belle dame m'a donné le sentiment d'un passage. J'ignore d'où je venais, où j'allais, mais j'ai franchi une étape.
     
    Depuis, j'ai développé mes connaissances historiques, linguistiques, rationnelles, il faut bien laisser leur chance aux Lumières. Il faut bien construire, non ?
     
    Mais la belle dame est toujours là.
     
    Aujourd'hui, je pense à elle.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Le Toûno, où souffle l'esprit

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    Sur le vif - Mercredi 04.08.21 - 00.13h
     
     
    Là-haut sur la montagne, des femmes et des hommes d'un incroyable talent, le brouillard d'un été qui ressemble à l'arrière-automne, la joie intense de l'écriture, lue à haute voix, et celle de la musique.
     
    Je vous en parle depuis des années, cela s'appelle le Festival du Toûno, à Saint-Luc. Je reviens à l'instant de la magique soirée de mardi, brouillard dans la descente, brouillard dans la remontée, autour de minuit, notes de Schubert toutes sonores encore dans l'empreinte de ma mémoire, sentiment intense d'avoir rencontré des passionnés.
     
    Le Toûno, c'est la célébration de la chose écrite, de la lecture où chaque soupir, chaque virgule, chaque silence ou semi-silence a son poids. Et c'est la sublimation de la voix humaine, accompagnée par la musique. Dans un décor de rêve, celui de l'Alpe enrobée de gris et de nimbes, celle du Romantisme allemand tel qu'on se le figure sans souvent le connaître, parce qu'on le confond avec le Sturm und Drang, qui l'a précédé dès les années 1770. Bref, Caspar David Friedrich aurait pu être l'hôte invisible de ce mardi 3 août 2021.
     
    Les lectures, c'étaient deux textes à la fois précis et troublants, Le Bleu des origines de Christiane Antoniades-Menge, puis l'Enfant lézard de Vincenzo Todisco, avec les voix de Yasmine Haller, Caroline Gasser et Roland Vouilloz.
     
    La musique, sous le titre général de "Licht und Liebe" (l’inoubliable Lied de Schubert, sur les paroles de Matthäus von Collin, l’un des Autrichiens qui se battent, au tournant des 18ème et 19ème, pour la puissance de la langue allemande sur les notes de musique allemandes, combat fondateur du Sturm und Drang, puis du Romantisme germanique primitif), c'étaient les Lieder de Schubert, puis Rossini, Donizetti, et enfin Bernstein, chantés par Laure Barras (soprano), Gabriel Courvoisier (ténor), et accompagnés au piano par l'étincelante Irene Puccia, dont la virtuosité fine et délicate nous avait déjà éblouis lors d'éditions précédentes.
     
    Le Toûno, c'est le pari de la passion. Une toute petite équipe, autour notamment de Michèle Courvoisier et Claude Darbellay, pour tout organiser. La fidélité sans faille, depuis des années, d'un public de passionnés, venant pour la performance artistique, mais aussi pour la chaleur d'une ambiance, où l'estime mutuelle atteint un rare degré de plénitude. Le Toûno, ce sont des fragments de vie autour de la note musicale, de la voix humaine, de l'amitié en altitude.
     
    Allez voir le programme. Il reste quatre jours. Mercredi et jeudi, en l'Eglise de Vissoie, ce sera Cosi fan tutte. Pour ma part, je remonterai samedi pour les Rives bleues du compositeur vaudois Carlo Hemmerling (1903-1967), avec les voix de Géraldine Cloux, Oscar Esmerode, Anthony Paccot, Cao-Thang Jeffrey Pham, le Chœur Le Jardin des Voix, la pianiste Irene Puccia, le tout sous la direction de Grégoire May.
     
    Je vous souhaite une suite d'été musicale et littéraire, avec des gens que vous appréciez, en des lieux où souffle l'esprit.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Ne partez pas, Nicolas Jutzet !

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    Sur le vif - Dimanche 18.07.21 - 09.43h
     
     
    Nicolas Jutzet annonce quitter la politique. Je le regrette immensément, et espère qu'il reviendra un jour sur sa décision.
     
    La Suisse a besoin, plus que jamais, d'esprits libres et de caractères forts, indépendants, frondeurs. Elle a besoin d'hommes et de femmes qui sachent sortir de la matrice. Nicolas Jutzet en fait partie.
     
    Ce jeune homme audacieux, atypique, a osé porter des étendards que personne ne voulait brandir. Dans No Billag, il a vu juste, avant la masse. C'est exactement le type de citoyens courageux, défricheurs, anticipateurs, dont la Suisse a besoin.
     
    Je n'ai jamais rencontré Nicolas Jutzet, mais je reconnais en lui un patriote ardent, créatif, imaginatif. Un homme de courage, qui trace lui-même le sillon, sans se soucier de son image, ni de sa réputation. C'est exactement ce que j'attends de tout humain.
     
    Les moutons et les plagiaires, qu'ils moutonnent. Et qu'ils plagient.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Hommes et femmes libres !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 30.06.21

     

    Il faudrait quand même que chacun d’entre nous comprenne qu’il est un homme ou une femme libre. Personne n’a à lui dicter ce qu’il doit penser. Nulle contrainte, dans cet ordre-là, ne doit être opérée sur lui.

    Mais cette liberté ne va pas sans contreparties. Il appartient à chaque humain de se cultiver, dans les domaines qui lui sont chers. Par exemple, lire. Se renseigner. Toute sa vie, cheminer vers la langue, vers la connaissance. Confronter les points de vue. Aiguiser le sien, au fil des années. Ne jamais rien tenir pour définitif. La connaissance historique, par exemple, se construit d’avis contradictoires, de témoignages inattendus, d’ouverture de l’historien sur ce qui peut le surprendre. Il faut accepter le changement de perspective, c’est la vie elle-même qui le veut.

    Et puis, il y a la liberté suprême, celle des mots. Que ton langage soit le tien, et non le plagiat des autres. Que chacun ait son style, ses choix. Que sa langue soit un univers. Dans ce modèle, il n’y a place ni pour les sectes, ni pour les gourous. Ni pour les chefs de bande, ou de meute, avec leurs coups de menton, leur sabir, leurs marteaux et leurs burins pour nous incruster leurs vocables, à eux, dans nos tronches, à nous.

    Que tu sois homme, femme, de gauche, de droite, peu m’importe. Mais viens avec tes mots à toi, ton rythme, tes silences. Ton style ! Chaque humain est unique. C’est le miracle de la vie.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • La guerre des mots est lancée

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 30.06.21

     

    La guerre des mots est lancée. Il ne faut en aucun cas la sous-estimer. Il ne s’agit pas du combat de quelques esthètes de salons, conservateurs de mots comme d’autres collectionnent des livres, des timbres rares, d’antiques limousines, des lépidoptères de Sumatra. Les mots n’appartiennent à personne, pour la simple raison qu’ils sont à tous. Ils sont notre trésor, notre legs. En les laissant s’envoler, nous transmettons ce que nous avons reçu, dès l’aube de l’enfance. Nous jouons de ces précieux bijoux de la famille universelle, nous les écrivons, nous les disons, nous les chantons. Ils accompagnent nos vies. Il n’y a donc pas à conserver les mots, comme des pièces de musée, ni à refuser leur évolution. Mais il y a, oui, à les apprendre, les connaître, en distinguer les variantes. Il y a à jouir, intensément, de leur usage. Ils sont de notre vie. Ils sont notre vie.

     

    Alors voilà, quand on nous massacre les mots, la syntaxe, quand on nous balance des néologismes comme un guano d’albatros portuaire, comme au début du Temple du Soleil à Callao (Pérou), au détriment des pauvres Dupondt, quand des sectaires, du climat ou du genre, tentent de nous imposer leur liturgie, leurs prières, leurs révérences, leurs prosternations, leur catéchisme, alors il convient que les âmes nobles se réveillent. Non pour défendre l’immobile, ni la conception figée d’un tissu linguistique en perpétuelle évolution, mais afin de porter l’étendard des mots. Les idiomes des allumés sectaires, on les refuse. On ne les prononce tout simplement pas, ou alors avec des guillemets de mépris. Si un halluciné, du climat ou du genre, tente de vous les imposer, vous restez calmes, vous ne réagissez pas, vous abolissez sa phrase dans un océan d’indifférence, et puis vous reprenez, avec vos mots à vous, ceux que vous aimez, ceux en qui vous croyez. Vous montrez là votre puissance de solitude, de résistance, votre indépendance, votre rejet des dogmes. Vous vous comportez en salutaire emmerdeur. Vous perdez des amis, vous renforcez votre amour du verbe.

     

    Si vous ne croyez pas à « l’urgence climatique », la solution est très simple : vous ne dites jamais « urgence climatique ». Vous laissez ces deux mots aux Croisés de la cause, c’est leur droit, ce sont leurs mots, pas les vôtres. Si la peste inclusive vous donne le moindre tourment, vous refusez absolument de vous l’inoculer. Vous laissez les allumés tournicoter comme des éphémères autour de leurs points médians, chacun jouit comme il peut. Mais vous, de marbre, vous continuez d’écrire selon le rite de votre enfance, de vos maîtres de naguère, de vos écoles, de votre temps. Ne soyez pas conservateurs, ils essaieront de vous passer comme tels. Non, soyez dans la justesse, la simplicité, la capacité d’évocation de cette belle langue qui est nôtre, le français. Au besoin, relisez Verlaine, « l’Art poétique », « De la musique avant toute chose ». Savourez chaque syllabe, le rythme de l’impair. Savourez « la menthe et le thym ». « Et tout le reste est littérature ».

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Les translucides de la 25ème heure

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    Sur le vif - Lundi 28.06.21 - 14.38h
     
     
    La double tyrannie de pensée qui empèse et empoisse les consciences, celle du climatisme et celle de l'obsession autour des questions de genre, ça n'est pas dans trois ans, dans cinq ans, qu'il faut la dénoncer. C'est maintenant.
     
    Dans trois ans, dans cinq ans, tout le monde la dénoncera. Parce que l'immensité de l'imposture aura éclaté au grand jour. Alors, ce sera la meute, ce que je déteste. La meute : les mêmes qui, aujourd'hui, se prosternent devant ces idéologies, seront les premiers à se retourner contre elles.
     
    On détruit toujours les idoles qu'on a soi-même vénérées. Les foules de la Libération, le 26 août 44 dans Paris, devaient sans doute contenir à peu près les mêmes personnes que celles qui avaient triomphalement accueilli le Maréchal, quelques semaines plus tôt. C'est terrible à dire. Mais c'est ainsi.
     
    Non. Les excès du climatisme et du genre, c'est maintenant qu'il faut les relever. Tout en étant favorables à la protection de la planète, et à la plus grande ouverture quant aux modes de vie privée que se choisissent nos frères et soeurs humains.
     
    C'est maintenant. Hic et nunc. Le pouvoir et ses dérives, la chape de plomb d'une idéologie, c'est quand ils opèrent qu'il faut les dénoncer. Pas trois ans plus tard, pas cinq ans, avec les translucides de la 25ème heure.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • La France qui souffre, la France qui parle

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    Sur le vif - Lundi 28.06.21 - 10.03h
     
     
    Ils ne tireront donc jamais aucune leçon de rien ? Les médias français, au soir de l'élection la plus désertée de leur Histoire, n'avaient déjà qu'un souci : parier, entre eux, sur les chances de tel ou tel vainqueur régional à la présidentielle du printemps 2022.
     
    Ils ne comprennent donc pas que le jeu des personnes, ces politiciens professionnels qu'on s'échange comme des photos de footballeurs en plein Euro ou Mondial, les arrière-cuisines des partis, le maquignonnage des alliances, c'est principalement cela dont les Français ont la nausée ?
     
    Ils ne comprennent donc pas que l'élection régionale, peu lisible par le peuple français lui-même, ne peut être l'objet d'aucune extrapolation sur la présidentielle ?
     
    Ils ne comprennent donc pas que venir s'exciter sur une grand-messe de la démocratie représentative, exsangue dans toute l'Europe, alors que la France est en grande souffrance, était tout simplement hors-sujet ?
     
    Grande souffrance, oui. Besoin immense de démocratie directe, sous une forme à inventer par eux. C'était la grande revendication des Gilets jaunes, méprisée par le locataire de l’Élysée, qui se croit propriétaire de la nation.
     
    Grande souffrance. Autant la crise sanitaire a été correctement traitée par le pouvoir, dans les grandes lignes, dans des pays comme la Suisse ou l'Allemagne, autant le pouvoir français, régalien dans la répression, caricature du "Surveiller et punir", le saisissant chef d’œuvre de Michel Foucault, a montré son pire visage dans cette affaire. Ca laisse des traces, des cicatrices, des flux de rancœur qui constituent l'une des clefs de l’abstention phénoménale d'hier.
     
    La France, notre voisin, notre ami, va mal. Le malaise social est immense. La surexcitation continuelle des médias autour de questions "de société", à la mode chez les bobos urbains mais pas du tout chez les chômeurs, les travailleurs pauvres, les sous-smicards, creuse la fracture entre la France qui souffre et la France qui parle. La première, sonnée par la crise et par les inégalités, se tait. Un jour, elle se réveillera, donnera de la voix. Ce retour à la parole ne se fera pas dans la douceur.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • France : bienvenue en 1788 !

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    Sur le vif - Dimanche 27.06.21 - 15.39h
     
     
    La Bérézina de la démocratie représentative, en France, ne tombe pas du ciel. Elle a des raisons, qu'il est est aisé de discerner.
     
    Au début du règne de M. Macron, un vaste mouvement venu de la base, les Gilets jaunes, a émis la volonté de voir s'instaurer en France une forme - à inventer par leur génie national - de démocratie directe. C'était la revendication principale de ce mouvement, la plus claire, la plus lisible. En haut lieu, elle fut prise de haut, dévoyée par le mépris, classée dans les tiroirs.
     
    L'abstention des Français aux régionales, un scrutin perçu de toute façon comme peu concernant, est une réponse du peuple au mépris du Prince. Il y en aura une autre dans un peu moins d'un an, en mai 2022.
     
    Partout, la démocratie représentative faiblit. A l'inverse, un immense besoin de démocratie directe, dans toute l'Europe, émerge. La France étant le pays à en avoir été le plus privé (si ce n'est dans des plébiscites déguisés), il sera celui où la réaction face au pouvoir, aux corps constitués, aux élites, aux intermédiaires (y compris les médias), sera, dans les prochaines années, la plus violente.
     
    C'est aussi simple que cela. Il n'y a pas à engueuler le peuple de ne pas aller voter. Il en a le droit. Et son abstention est un signal. En l'occurrence, en France, un signal d'alarme.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Voir le monde autrement que dans son bain

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    Sur le vif - Dimanche 27.06.21 - 10.05h
     
     
    L'obsession d'une certaine gauche bobo, n'ayant sans doute jamais entendu parler du monde ouvrier, pour les sujets dits "de société" (je ne puis user de ces mots sans le paratonnerre des guillemets), ouvre la voie, pour les temps futurs, à une réaction dont nul d'entre nous ne peut prédire la puissance, ni la violence.
     
    Réaction du peuple. Les précaires, les vrais. Les délaissés. Les oubliés de la gauche des salons urbains. Les jeunes sans emploi, ni avenir. Les seniors, aux rentes malingres, alors qu'ils ont travaillé toute leur vie. Ils ne relèvent, les uns et les autres, ni des questions de genre, ni de climat. Mais simplement de l'injustice, celle de Jaurès, celle de Blum, celle qu'ont tenté de corriger, toute leur vie, ceux qui ont construit nos assurances sociales : en Suisse, l'AVS (1948), en France la Sécurité sociale (1945), en Grande-Bretagne les grandes lois travaillistes de l'immédiate après-guerre. C'était le temps où la gauche s'intéressait encore au monde du travail.
     
    Les délaissés, les vrais. Je doute qu'ils soient si sensibles aux questions de genre, ou de climat. Pour eux, la fin du mois précède celle du monde, comme chez d'autres l'existence précède (le prix de) l'essence. A eux, personne ne pense, jamais. Ni la gauche bobo, ni la droite du Nasdaq, ni le centre mou (pardonnez le pléonasme). Tout le monde les oublie. Mais leur réaction viendra. Elle se fera sentir.
     
    Et puis, les classes moyennes. Ceux qui se lèvent le matin, bossent dur, gagnent leur vie, mais l'Etat leur pique tout : taxes, impôts (délirants, sur le revenu du travail), et puis les primes maladie, et puis les loyers, et puis les retraites qui fondent au soleil, et pour ces gens-là, jamais la moindre subvention. Ils ne sont là que pour cracher le pognon. Eux aussi, sans tarder, se révolteront.
     
    La bulle sociétale dans laquelle nous sommes, autour du climat, autour des questions de genre, éclatera un jour. Les plus défavorisés en auront marre de ce dandysme d'Apocalypse, ou de ce tropisme obsessionnel autour de la nature profonde de nos désirs. Il y aura une réaction. Elle pourrait bien être à hauteur d'Archimède, et de sa pression égale venue d'en bas. Ce jour-là, il faudra voir le monde autrement que dans son bain.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Réflexion passagère sur l'Histoire des mots allemands

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    Sur le vif - Samedi 26.06.21 - 10.14h
     
     
    Nulle Histoire des Allemagnes n'est envisageable sans une Histoire de la langue allemande, une Histoire des mots allemands.
     
    Si vous ambitionnez d'établir, sur de longues années de votre vie, une approche du monde germanique qui tienne un peu la route, vous ne pourrez vous contenter de l'Histoire politique, déjà complexe par ailleurs. Ni de l'Histoire économique, fondamentale et passionnante. Ni de l'Histoire religieuse : au pays de la Réforme, elle est centrale. Ni de l'évolution musicologique, celle qui me passionne le plus. Ni de la fréquentation des poètes, des artistes.
     
    Non. Il vous faudra entrer, en profondeur, dans l'Histoire de la langue allemande, elle-même. J'ai eu l'occasion, naguère, de me frotter au Mittelhochdeutsch, au Althochdeutsch, tout comme un étudiant en français s'initie aux textes médiévaux. Mais le Moyen-Âge, pourtant si fondateur dans l'identité germanique telle que la récupéreront le Sturm und Drang, puis le Romantisme, à partir des années 1770, j'ai choisi en 2015 de ne pas l'inclure dans mon champ d'investigations, déjà immense, circonscrit de 1522 à nos jours.
     
    1522, c'est l'acte majeur de l'Histoire allemande : la traduction de la Bible, par Martin Luther, en allemand de son temps. C'est un acte politique, qui affranchit les Allemagnes de Rome, et préfigure une existence propre du monde germanique face au Saint-Empire. Ce dernier, fondé par Charlemagne en l'an 800, tiendra tout de même jusqu'à la défaite d'Iéna, en 1806. Mais avec Luther, une certaine Allemagne est née, et c'est le grand Frédéric II de Prusse, entre 1740 et 1786, qui affirmera sa puissance, sa détermination, sa rupture des liens avec l'Autriche, son tropisme vers l'Est.
     
    C'est donc, au début du 16ème siècle, une Histoire de mots qui détermine le destin du peuple allemand. Une traduction. Luther part des langues anciennes, l'hébreu, le grec, il s'enferme dans le Château de la Wartburg, et il oeuvre jour et nuit à une transmutation philosophale : rendre ce texte accessible à tout lecteur (on vient d'inventer l'imprimerie), et surtout à tout auditeur (le dimanche, à l'église) des Allemagnes. Par rapport à Rome, c'est un acte d'affranchissement sans précédent. Luther ne l'opère pas par les armes. Mais par les mots.
     
    J'aurai l'occasion, maintes fois, de revenir sur la suite, déjà souvent abordée dans les 32 premiers épisodes de ma Série : l'Aufklärung, au 18ème, ça passe par les mots ; le Sturm und Drang, puis le Romantisme, ça passe par une prodigieuse exhumation des mots médiévaux ; le saisissant Dictionnaire de la langue allemande, des Frères Grimm, ça passe par une mise en lumière des mots allemands, dans leurs souches médiévales, leurs inflexions dialectales ; l’œuvre de Bertolt Brecht, c'est une incessante alchimie sur les mots ; le théâtre de Heiner Müller, la Cassandra de Christa Wolf, c'est une orfèvrerie de mots ; la prose de Günter Grass, complexe et picaresque, c'est une féérie de mots ; le Troisième Reich, c'est la réduction du langage à quelques mots que tous doivent utiliser ; le travail de Friedrich Hölderlin sur Sophocle, ce sont des mots appliqués à d'autres mots ; l'Hymne à la Joie, à la fin de la Neuvième Symphonie, ce sont les mots de Schiller sublimés par la musique géniale d'un homme sourd ; le principe même du Lied, c'est faire coller une note à chaque syllabe d'un mot ; l'immense poète Paul Celan, surgissant du néant après la Shoah, il ne lui reste que les mots pour continuer à vivre ; lorsqu'il choisit de quitter ce monde, à l'âge de 50 ans (avril 1970), il opte pour le Pont Mirabeau pour se jeter dans la Seine. On prend congé de la vie, sous l'ombre d'un autre poète, Guillaume Apollinaire.
     
    Dans les longues années qui me restent pour rédiger les 112 épisodes restants de ma Série (je ne suis absolument pas pressé), je continuerai à vous parler d'Allemagne en vous parlant des mots. Et je continuerai mon exploration, en profondeur, de l'évolution musicale, depuis Buxtehude et Bach jusqu'aux créateurs les plus contemporains. C'est un voyage dans les entrailles auquel je vous convie, celles de la langue, des mots, des notes et des sons. Mais il y aura aussi la sidérurgie, le charbon, la chimie, l'optique. Le destin allemand est une totalité. Dont il s'agit de retrouver, peut-être un jour, le fil conducteur. Chez Richard Wagner, on appelle cela le Leitmotiv. Tenter de le retrouver est une oeuvre de vie, face à la mort. L'affirmation d'une filiation, face à la déshérence.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Le Seco, propagande d'Etat

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    Sur le vif - Vendredi 25.06.21 - 12.04h
     
     
    Inadmissible propagande du Seco pour la libre circulation, en s'appuyant sur la crise sanitaire. Ca n'est de loin pas la première fois que cet organe de la Confédération, sous l'apparente neutralité des chiffres, nous lave le cerveau. Ce procédé doit être dénoncé, avec la dernière vigueur.
     
    Quant au personnel de santé, il nous appartient en effet d'en former davantage en Suisse. Ce que des décennies d'impéritie chez les ministres cantonaux de la Santé - y compris à Genève, bien avant l'actuel titulaire, qui n'est pas en cause - ont omis de faire.
     
    La Suisse doit contrôler drastiquement ses flux migratoires. Elle en a reçu le mandat du souverain, le 9 février 2014. Ce mandat, suite à une mémorable trahison des clercs, n'a jamais été mis en œuvre. Cette coupure entre le peuple et ses élus - ne parlons pas de la première centrale syndicale du pays - laissera des traces. On ne joue pas avec la démocratie suisse !
     
    Le débat sur ces flux - et le curseur de régulation - est toujours ouvert, mais il appartient aux citoyennes et citoyens suisses. Il n'appartient pas à un Office fédéral, encore moins à un Secrétariat d'Etat, de venir nous lessiver les neurones avec sa propagande.
     
    Privilégions le marché interne, la formation pour les nôtres. Ce sont les moteurs de notre souveraineté.
     
    Une indépendance nationale n'est jamais gagnée. Elle doit se construire jour après jour, au fil du temps, inlassablement.
     
    Pour y parvenir, on privilégiera les ministres de combat aux asticots de cocktails.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Je m'adresse à des femmes et des hommes libres

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    Sur le vif - Jeudi 24.06.21 - 14.41h
     
     
    De partout, on nous inonde. Avec le climat. Avec le genre. Il n'y en a plus que pour ces deux thèmes. Allumez vos radios, de "service public" : c'est l'invasion des "chercheurs en sciences sociales". Par pléonasme, on ajoute : "de l'Université de Lausanne".
     
    On réinvente le genre, on s'invite au Banquet de Platon, pour proposer toutes sortes de couches complémentaires à ces semi-créatures qui, séparées naguère, cherchaient à retrouver l'âme soeur. Mais ça se complique vite : l'âme soeur se trouve souvent être un frère. Alors, entre eux, les frères s'adoubent. Les soeurs fusionnent. Plus rien ne l'emporte sur le féminin. Le masculin se rhabille. On incruste l'inclusif dans nos cerveaux, avec marteau et burin. Chacun choisit son genre. Même l'orthographe, dépouillée de ses oripeaux, perd l'accent. Comme un provincial, qui tente sa chance à Paris.
     
    L'invasion des consciences, par le genre et par le climat. On abolit les barrières entre les sexes, juste le temps qu'il nous reste à savourer avant l’Apocalypse. Car elle approche, dong, dong, avec Philippulus et son gong. On nous submerge "d'urgence climatique", on nous impose les mots, les génuflexions, les prosternations, la liturgie. L'Etat se charge de la quête : cela s'appelle les taxes. Ou "Indulgences" : à l'approche du dernier jour, ça peut toujours servir.
     
    A ce Nouvel Ordre, j'ai personnellement choisi de dire NON. J'ai d'autres thèmes, autour de la souveraineté des nations, de la cohésion sociale, des classes moyennes, de la formation, de la culture. J'ai un autre agenda qui, tout en respectant la planète, ne prévoit pas la fin des temps avant celle du mois. J'ai un autre rapport au passé, à la mémoire, à l'étude de l'Histoire. J'ai une autre passion pour la langue, les mots, la poésie. Et encore une autre, viscérale, vitale, pour la musique.
     
    Telles sont mes priorités. Je ne les impose à personne. Je ne taxe pas. Je ne menace pas. Je ne voue personne à l'Enfer. Je suis un homme libre. Je m'adresse à des femmes et des hommes libres.
     
    C'est tout.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Le miracle d'un Sommet

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 23.06.21

     

    On pouvait s’attendre au pire, ce fut le meilleur. On craignait le chaos, il n’advint pas. On pestait déjà sur la congestion, la fluidité l’emporta. Je n’ai pas toujours été tendre, ici même, sur la politique de mobilité à Genève. Mais je dois le reconnaître : pour le Sommet Biden-Poutine, du 16 juin 2021, ce fut impeccable.

     

    Partout où j’étais, soit de mon promontoire privé, d’où je pus capter les limousines, soit perdu dans la circulation, j’ai été infiniment surpris en bien par la gestion des flux, en ce moment qui s’annonçait pourtant infiniment critique. Ce fut prévu, anticipé, incroyablement coordonné, circulation bloquée quelques minutes avant l’arrivée des cortèges présidentiels, débloquée quelques minutes plus tard. Ce fut souple, rapide, adapté, ajusté. Franchement, bravo !

     

    J’ignore qui je dois féliciter exactement. Mais je le fais. La population fut informée bien en amont sur les zones à éviter. Des avis de fermeture furent publiés juste avant les passages critiques, aussitôt révoqués après : on ne peut pas dire que le quidam fût laissé à croupir sans information dans le cockpit brûlant de son véhicule.

     

    Alors, rêvons. Si un tel miracle fut possible pour MM Poutine et Biden, c’est que nous avons, quelque part à Genève, un savoir-faire. Pourrait-on imaginer de le mettre en branle tout au long de l’année ? Au service, cette fois, non des seuls puissants de ce monde, mais du brave citoyen-contribuable. Qui paye ses taxes. Et aime, lui aussi, se mouvoir dans Genève.

     

    Pascal Décaillet

     

     

     

     

     

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  • Genève ou le Valais ? Les deux, Mon Général !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 23.06.21

     

    Il nous faut penser, chacun de nous, à la chance infinie que nous avons d’habiter Genève. Je parle ici de la Ville, principalement, mais cela s’applique tout autant aux quarante-quatre autres communes de notre magnifique campagne. Je suis un homme de la Ville. J’y suis né. J’y ai passé la plus longue période de ma vie, à part seize ans à Lancy (Commune à laquelle je reste attaché), plusieurs années à Berne (comme correspondant RSR au Palais fédéral), et d’innombrables séjours en Allemagne. C’est peu dire que j’aime Genève. Je l’aime autant que mon Valais d’origine, auquel me rattachent, sur des siècles, toutes mes souches familiales, Orsières par ma mère, Salvan par mon père. Ces deux identités, celle de Genève et celle du Valais, loin de se combattre, s’ajoutent l’une à l’autre. Elles se conjuguent, se mélangent, s’enrichissent mutuellement, dans l’amour partagé du destin du Rhône, et celui de la Suisse.

     

    L’amour de Genève, comme celui du Valais, procède d’abord d’une intense émotion physique. Il ne faut pas sous-estimer les paysages, ils veillent sur nos rêves, dépassent nos vies, nous renvoient à nos jeunesses, nos parents, nos amis d’antan. Ils configurent une certaine manière de voir le monde. Mes deux parents avaient grandi dans des villages de montagne, Orsières d’un côté, sur la route des Italies ; le Châtelard de l’autre, juste sur la frontière française. Le Rhône, encore et toujours, ici par la Dranse d’Entremont, là par l’Eau Noire, puis le Trient qui se glisse dans les gorges, et rejoint le « grand fleuve », en route pour les Camargues. Genève, c’est le lac, la résurgence du fil rhodanien, et puis l’intimité, oui maternelle, de ce triangle formé par les Voirons, le Salève, le Jura. La percée sur le Mont-Blanc, le Môle, parfois l’Aiguille Verte, nous rappelle la souveraine proximité des Alpes. Figures protectrices, tutélaires, Olympes qui se jouent du sentiment de proximité, un jour elles apparaissent, le lendemain se cachent. Ainsi, de l’absence à la présence, se jouent les filiations. Ainsi, dans l’Odyssée, le jeu des dieux, pour aider ou pour contrer, régner dans l’ordre de l’invisible, parfois poindre sous les traits d’un mortel.

     

    Alors oui, Valaisan de Genève, ou Genevois d’origine valaisanne, peu importe. Il y a la part commune, souvent impétueuse, combative, parfois impitoyable dans l’acte de guerre. Il y a l’apparente césure entre ville et campagne, plaine et montagne. Et puis, comme chez tout humain, et comme dans le fil d’un fleuve, il y a la continuité d’un destin. Quelque part, sur le chemin de vie des eaux, entre Gletsch et Port-Saint-Louis-du-Rhône, ou les Saintes-Maries, il y a cette ville, Genève, d’intense caractère et d’intelligences mêlées. C’est cela que j’aime, la trace des humanistes, la Réforme, le souvenir de Jean-Jacques Rousseau, les artistes, les musiciens, l’ouverture au monde, la vie qui passe, la vie qui va. Vers quel destin ?

     

    Pascal Décaillet

     

     

     

     

     

     

     

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  • Eradiquer la peste

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    Sur le vif - Mercredi 23.06.21 - 08.43h
     
     
     
    La renaissance du PLR passe par la défense de la langue, de la formation et de la culture. C'est une carte extraordinaire que ce parti est en train de jouer.
     
    Elle lui est profondément identitaire : les radicaux ont fait la Suisse moderne, ses écoles, ses Universités. Les libéraux, au premier plan desquels mon professeur Olivier Reverdin, ont défendu et illustré le livre, l'édition, la tradition philologique, le legs de la Réforme, la Genève des éditeurs et des humanistes.
     
    Là se trouve la vraie richesse de ce parti, de cette double tradition politique. La culture, non comme luxe, mais comme nécessité vitale, comme élan d'existence et de réalisation. C'est un enjeu populaire, universel, et surtout pas élitaire. Il transcende les classes sociales. Il concerne tous les humains. Leur dignité, dans le chemin vers le langage, dont parle Heidegger.
     
    L'avenir du PLR, et peut-être de toute la droite suisse, c'est cette carte-là. Nul citoyenne, nulle citoyen, ne peut accepter que l'on saccage la langue par la peste inclusive, ni que l'on confie les graphies de nos mots à des ignares, incapables d'imaginer que le verbe, réputé depuis l'Evangile de Jean début de toute chose, ait pu avoir l'audace de préexister à leur naissance.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • PLR romand : bravo !

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    Sur le vif - Mardi 22.06.21 - 14.11h
     
     
    De toutes mes mains de Shiva, j'applaudis le PLR romand, qui ose résister au catastrophique projet de réforme de l'orthographe !
     
    Enfin, le monde politique se réveille. Plutôt que de s'engouffrer tête baissée dans les modes du moment. Juste pour être dans le coup.
     
    La citoyenneté, ça passe aussi par la solitude. Le mot NON. Le contre-courant. La résistance aux vents dominants. L'affirmation de valeurs culturelles fortes. Autour de la langue, par exemple. Autour d'une esthétique du verbe, de la syntaxe. Autour d'une certaine idée de la phrase, son rythme, ses syllabes, ses silences.
     
    Autour d'un respect pour les mots. Leur Histoire. Les traces laissées, qui portent sens, ici un circonflexe, là un tréma : comprendre ce qu'ils représentent, plutôt que les abolir, d'un trait ignare, barbare. L'inanité de ceux qui ne voient pas le monde avant leur naissance.
     
    Que ce NON soit le prélude à beaucoup d'autres. Qu'il préface notre grande lutte contre les dogmes qu'on tente de nous imposer, côté climat, côté genre.
     
    Soyons des hommes et des femmes libres. Aimons les textes. La musique. La prosodie. L'infinie précision d'où surgit parfois, si la grâce le veut, la poésie.
     
    Laissons la génuflexion, la prosternation, les éternels échos recommencés, le plagiat des matrices du pouvoir, aux âmes faibles.
     
     
    Pascal Décaillet

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