Liberté - Page 2

  • La Suisse doit remettre les Américains à leur place !

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    Sur le vif - Vendredi 06.05.22 - 18.04h
     
     
    Les Américains qui insultent la Suisse, ou même qui se croient autorisés à la mettre sous pression, doivent être placés sur liste rouge. Et immédiatement interdits de séjour sur le territoire de la Confédération.
     
    Il est totalement exclu que notre pays se laisse impressionner par quelque Américain que ce soit, notamment par des parlementaires. Exclu de revivre le cauchemar des fonds en déshérence, où la Suisse s'est laissée humilier par une clique d'avocats et de politiciens de la Côte-Est. Exclu de revivre l'affaire du secret bancaire.
     
    Si notre Conseil fédéral était doté d'un minimum de courage et de panache, il remettrait aussitôt à leur place ces donneurs de leçons. Quant aux politiciens suisses qui, de l'intérieur, se font les complices de ces ennemis de notre pays, ils doivent être sanctionnés, avec une sévérité sans appel.
     
    Nous sommes un tout petit pays, fragile. Nulle puissance au monde, et surtout pas la plus impérialiste, la plus arrogante, la plus belliqueuse, n'a la moindre leçon à nous donner. Nous décidons de notre destin, nous les Suisses. Pas les Yankees.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • La guerre américaine

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    Sur le vif - Vendredi 06.05.22 - 08.15h
     
     
    Les Américains sont en guerre, depuis le premier jour. C’est leur guerre. Eux qui l’ont voulue, cherchée, provoquée. Eux qui la planifient depuis des années. Le but : pouvoir, le jour venu, implanter leurs missiles en Ukraine, serrant ainsi au plus près une Russie dont ils se rapprochent inexorablement depuis trente ans. Un plan de longue haleine. Il exige patience et méthode.
     
    L’immense erreur de Poutine, c’est d’avoir attaqué l’Ukraine : par cet acte, il entre au millimètre dans le scénario américain. Ils ont désormais un agresseur, un chef de l’Empire du Mal. Un Saddam. Un Milosevic. La routine. Plan B, page 117.
     
    Les Américains livrent les armes. Encouragent l’Europe à en livrer. Ils télécommandent la destruction du Moskva, oubliant au passage que la mémoire d’un marin, sur des générations, ne s’éteint jamais. Ils maîtrisent la guerre de l’image, pour apparaître comme les Chevaliers du Bien. Après les armes, il y aura les conseillers militaires. Routine. Plan B. Page 263.
     
    Les Américains ont leurs pantins, à Kiev. Le plus gesticulant d’entre eux passe son temps, dans une singulière tenue de camouflage destinée au théâtre d’opérations des caméras, à rameuter l’opinion internationale, lui faire cracher des milliards. Il est l’homme de Washington, l’homme de Bruxelles, l’homme du monde. En football, il serait un international.
     
    Les Américains font la guerre, depuis le premier jour. Ne pas le voir, c’est refuser le réel.
     
     
    Pascal Décaillet

     
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  • Front populaire ? Rien à voir!

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    Sur le vif - Mercredi 04.05.22 - 18.15h
     
     
    Mélenchon n’est pas Léon Blum. Il n’a pas le dixième des qualités humaines, sociales, ni même d’ailleurs littéraires, du grand esprit autour duquel s’étaient rassemblées les énergies de l’immense aventure du Front populaire, au printemps 36.
     
    Blum avait fédéré des hommes libres. Des communistes. Des socialistes. Des radicaux. Il avait su les faire travailler ensemble. Il avait le contact avec tous, ne s’imposait que par sa compétence, et jusqu’à une certaine douceur, qui est l’intelligence des grands.
     
    Mélenchon ne fédère pas. Il se comporte en suzerain, face à des vassaux. Il ramène tout à lui. C’est un prétorien, un thermidorien, un impulsif du pouvoir, un surexcité de sa propre personne.
     
    La comparaison avec le Front populaire est nulle et non avenue. Désolé si je jette un froid, mais il fallait, une fois, que ce fût dit.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • La pointe de la dague

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 04.05.22

     

    Il n’en manquait plus qu’un, et ce fut celui-là. Au moment où semblait émerger, enfin, la possibilité d’une droite unie pour Genève, il ne manquait que la pointe d’une dague : ce fut, au, douzième coup de minuit, l’étincelante lame du PDC. Toute personne, munie d’un minimum de lucidité, ayant pris connaissance des propos de la présidente de ce parti, ci-devant nommé désormais « Le Centre », a compris une chose : il n’y aura pas de droite unie, la gauche rigole déjà en coulisses, les ferments de dispersion l’emportent, la médiocrité générale peut en reprendre pour cinq ans. Que du bonheur.

     

    La droite unie, pourtant, ça n’est pas l’uniformité, sinon un parti unique ferait l’affaire. Mais c’est un socle commun. Un tel projet exige, de la part de chacun (PLR, UDC, PDC, et pourquoi pas MCG, Verts libéraux) un minimum d’ampleur de vue, de sens de la synthèse, de hiérarchie des priorités, pour mettre l’accent sur ce qui rassemble, plutôt que sur les divisions. La gauche, elle, ne s’en prive pas : malgré les différences hallucinantes entre sociaux-démocrates et certains ultras de la gauche radicale, elle parvient tactiquement à trouver des compromis. La droite, jamais. C’est un peu dommage. Parce qu’elle est nettement majoritaire, dans le Canton.

     

    Dès lors, que faire ? Se jeter dans le lac ? Offrir son corps à la voracité des brochets ? C’est une option. L’autre, c’est de construire un projet avec la vraie droite, celle qui ne passe pas son temps à louvoyer. Avec un axe fort PLR-UDC, et toutes les bonnes volontés qui voudront bien s’y joindre. C’est la voie du salut. Et les dagues, on les laisse au musée.

     

    Pascal Décaillet

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  • Profs, enseignez notre Histoire politique !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 04.05.22

     

    Profs d’Histoire, ça vous arrive, de temps en temps, d’aborder encore avec vos élèves le cheminement de nos idées politiques, la genèse et le développement de nos partis en Suisse, disons depuis la Révolution française ? Pour être exact : depuis la République Helvétique (1798), ou tout au moins depuis le printemps des peuples de 1848, l’année de la création la Suisse fédérale, la Suisse moderne. L’Histoire du parti radical, le grand parti qui a fait la Suisse, sept conseillers fédéraux sur sept, de 1848 à 1891. Ces radicaux qui ont forgé nos institutions, créé les grandes écoles fédérales, lancé le pays dans l’aventure industrielle et ferroviaire, percé le Gothard, développé la chimie bâloise, la banque, les grandes assurances. Un legs incomparable, même face à leurs homologues de la Troisième République, en France.

     

    Profs d’Histoire, parlez-vous avec vos élèves des autres courants politiques de notre destin national ? L’Histoire de ce qu’on appelle aujourd’hui la démocratie chrétienne, en bref le parti catholique, favorable au Pape, vaincu du Sonderbund, pendant ces 43 années d’opposition. Les nuances, Canton par Canton, à l’intérieur de cette famille catholique : les conservateurs, les chrétiens-sociaux, l’aile syndicale, les Noirs, les Jaunes. Totalement passionnant ! Comment voulez-vous comprendre la politique valaisanne, jurassienne, fribourgeoise, et même genevoise, sans une connaissance intime de cette palette ?

     

    Profs d’Histoire, évoquez avec vos élèves le long chemin de la gauche, en Suisse, les socialistes par exemple, pour parvenir enfin aux affaires, en pleine guerre, en 1943, au Conseil fédéral. Là aussi, donnez les nuances : entre communistes et socialistes, entre gauche participative et gauche plus radicale, entre partisans de la lutte des classes et sociaux-démocrates. Là aussi, enseignez cette Histoire Canton par Canton. Notre Suisse est plurielle, nuancée, magique et fragile jusque dans ses différences.

     

    Profs d’Histoire, enseignez la genèse de l’UDC, du parti agrarien du Bernois Rudolf Minger jusqu’à aujourd’hui, en passant par Ogi et Blocher. Ces partis-là, et puis tous les autres bien sûr, les Verts, les libéraux. Et par pitié, pas seulement les partis ! Le prodigieuse Histoire de nos assurances sociales, des premiers contrats collectifs jusqu’à la grande date de 1947, la décision d’introduire l’AVS. Et puis, plus tard, la prévoyance professionnelle, les assurances maternité, le long combat de l’égalité entre hommes et femmes. Notre Histoire suisse est l’une des plus passionnantes d’Europe. Il n’y a, en elle, rien d’ennuyeux. Juste un long chemin de destin, celui des humains qui, patiemment, ont construit ce magnifique pays. Et notre démocratie directe ! Et l’Histoire de nos initiatives !

     

    Profs d’Histoire, enthousiasmez vos élèves. La Suisse le mérite. Son chemin, au milieu de l’Europe, est absolument remarquable. Elle n’a pas à en rougir. Un élève, lorsqu’il quitte l’école pour entrer dans la vie professionnelle, doit avoir ces connaissances-là. C’est votre devoir de les transmettre.

     

    Pascal Décaillet

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  • Egocentrique. Et dangereux

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    Sur le vif - Mardi 03.05.22 - 14.57h
     
     
    L'obsession Mélenchon, mai 2022, est aussi symptomatique que l'obsession Zemmour, automne 2021. Dans les deux cas, focalisation médiatique sur un seul personnage. Avec Zemmour, on oubliait les 11 autres candidats à la présidentielle. On oubliait surtout le patient travail de labour de sa rivale, dans le camp national. Avec Mélenchon, on oublie les 577 circonscriptions des législatives, avec leurs milliers de candidats. Eux, pourtant, sont les vrais héros de l'histoire.
     
    L'obsession Mélenchon contorsionne encore plus le réel que l'obsession Zemmour. Parce que là, dans la bataille des législatives, il ne saurait, constitutionnellement, être question d'une seule personne. Mais de l'ensemble de la représentation nationale, celle déjà de Mirabeau au Jeu de Paume (20 juin 1789), dans toute sa pluralité, sa complexité. Sa légitimité collective, surgie des profondeurs du pays : "Nous sommes ici par la volonté du peuple, et n'en sortirons que par la force des baïonnettes !".
     
    Attaquer les législatives en ne parlant que de soi-même (Elisez-moi Premier ministre) constitue un absolu scandale. La présidentielle, c'est une affaire personnelle. Les législatives sont un combat collectif.
     
    Mélenchon est un type dangereux. Et je pèse mes mots.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • L'égocentrique et les morts-vivants

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    Sur le vif - Mardi 03.05.22 - 06.03h
     
     
    Que Mélenchon fasse son micmac avec les morts-vivants du PS et des Verts, c’est une chose. Mais l’incroyable pub des médias français à ce tour de passe-passe !
     
    Le moindre déplacement de M. Faure, le parfait inconnu qui dirige les ultimes lambeaux du PS (1,8%), dans les locaux de la France insoumise, est guetté par des foisons de micros et de caméras.
     
    Les médias français se conduisent comme un auteur en quête de personnage. Comme dans une présidentielle. Alors que le combat législatif est d’essence foncièrement collective. En cela, ils jouent le jeu du monstre d’égocentrisme Mélenchon.
     
    Les législatives, ce sont 577 combats, dans les circonscriptions. Obnubilés par un seul acteur, les surexcités des TV privées parisiennes transforment cette pluralité nationale en roman-photo autour d’un personnage unique. Ils refont la présidentielle. Ils mettent en musique l’égo du Fouquier-Tinville des plateaux.
     
    Pendant ce temps, pas un mot sur Marine Le Pen. Pas un mot sur les treize millions de Français, 42% des votants du 24 avril, qui épousent ses options politiques. Cette distorsion du réel fait le jeu de l’égocentrique. Elle fait surtout celui de Macron, qui pourra placer ses godillots au Palais-Bourbon. Jamais les médias français n’ont a ce point ciré les bottes du pouvoir.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Le roué aux mille tours

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    Sur le vif - Lundi 02.05.22 - 15.33h
     
     
    Le 24 avril, plus de 13 millions de Français, 42% des votants, ont accordé leur confiance à la politique défendue par la rivale de Macron au second tour. La vraie opposition, pour cinq ans, c'est elle. La vraie opposition, c'est eux.
     
    Si Mélenchon avait été au second tour, contre Macron, il n'aurait jamais fait 42%. Jamais ! Les Français aiment bien avoir Robespierre et Saint-Just dans leurs livres d'Histoire, pas en 2022 à l'Elysée.
     
    Le type de scrutin, majoritaire à deux tours, favorise les alliances et la cuisine politique de la pire espèce. Ce diable de Mélenchon, rusé comme mille-et-un renards, profite de la situation pour diviser la droite ("Républicains, vous n'allez quand même pas vous allier, aux législatives, avec la Bête immonde"), et à l'inverse accrocher les lambeaux de la gauche à son panache prétendument rassembleur. C'est un tour de passe-passe, de la pire espèce. De la cuisine rappelant les heures les plus sombres des combinards de la Quatrième République.
     
    Procédé pendable. Dans lequel s'engouffrent, par haine des 42% du 24 avril, les médias parisiens, et autres TV privées de surexcités germanopratins. Ils encensent Mélenchon. Ils le trouvent génial. Hannibal passant les Alpes, c'est lui. Déjà, ils nous le prédisent à Matignon. Déjà, un nouveau Léon Blum, un nouveau printemps 36. Déjà, un gouvernement de Front populaire, que Macron n'aurait d'autre choix que d'accepter.
     
    Le système français est vermoulu. Et c'est l'instauration du quinquennat qui l'a tué, en faisant coïncider le temps législatif avec le temps présidentiel, comme je le souligne dans mon billet précédent. Immense erreur, contraire à la philosophie politique du fondateur de la Cinquième République, Charles de Gaulle.
     
    Puissent les électeurs français, malgré cet infâme micmac, remettre l'égocentrique Mélenchon à sa place. Celle d'un tribun remarquable. Celle d'un agitateur d'idées. Mais pour le sens de l'Etat, celui de ses intérêts supérieurs, le roué aux mille tours, odysséen jusqu'à l'ultime ficelle, ne sera jamais l'homme de la situation.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Le chef, c'est Macron. Pas Mélenchon

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    Sur le vif - Lundi 02.05.22 - 09.59h
     
     
    On peinera à trouver en moi en partisan de Macron. Mais le vainqueur de la présidentielle, c'est lui. L'élu légitime, pour cinq ans, c'est lui. Le pierre angulaire, jusqu'en 2027, c'est lui. Ainsi le veut la Cinquième République. Ainsi le décrit, avec un saisissant génie prémonitoire, le Discours de Bayeux, prononcé par Charles de Gaulle le 14 juin 1946, au début d'une longue traversée du désert de douze ans, pendant laquelle la France sera livrée à l'impuissance impersonnelle des partis.
     
    Idéologiquement, je ne suis pas pour Macron. Je soutiens, en grande partie, les idées de sa rivale du second tour : indépendance, souveraineté, refus de toute supranationalité, contrôle draconien de l'immigration, et surtout droits populaires, permettant au peuple d'influer directement sur le destin national.
     
    Je ne suis pas pour la politique de Macron, mais c'est lui qui a gagné le 24 avril. La pierre angulaire, c'est lui. Le choix du Premier ministre, en absolue liberté, c'est lui. La politique étrangère, c'est lui. La défense nationale, c'est lui. Ainsi le veut, depuis plus de mille ans, la vieille séparation française entre l'Etat et le gouvernement, le Roi et le Sénéchal, le Président et le Premier ministre.
     
    Dans ces conditions, il est totalement insupportable que le troisième homme du premier tour exige des Français qu'ils le "nomment Premier ministre". On ne refait pas la présidentielle, on ne refait pas un combat personnel, alors que ce dernier, celui de l'incarnation pour cinq ans, vient justement d'être tranché. Le procédé, en plus d'être d'un égocentrisme démesuré, est pitoyable de confusion, volontairement instillée, car l'homme est très intelligent.
     
    Mélenchon a le droit de rêver d'une Sixième République. Mais on ne change pas les règles en cours. Pour l'heure, la France est sous la Cinquième. Hélas, cette stupidité de quinquennat fait coïncider, depuis vingt ans, le temps législatif avec le temps présidentiel. De quoi accentuer la confusion. Mais le Président est le Président. Il incarne l'Etat, pour cinq ans. En aucun cas ses mains ne sont liées, pour le choix du Premier ministre.
     
    Mélenchon est un égocentrique de la toute dernière démesure. Au moment d'entamer le combat législatif, d'essence éminemment collective, il arrive encore à tout ramener à sa personne : "Elisez-moi Premier ministre !". Le jour venu, cet égo le perdra.
     
    Je ne suis pas pour Macron. Mais il a été élu pour cinq ans. C'est ainsi. Il faut respecter le scrutin. Puisse-t-il, garant des institutions, préserver la France de la folie de pouvoir du Premier tambour des exécutions.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Tirez les conséquences, Mme Sommaruga !

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    Sur le vif - Dimanche 01.05.22 - 13.45h
     
     
    Mme Sommaruga n'a absolument pas préparé, ces dernières années, les scénarios de crise en approvisionnement énergétique. Alors qu'il s'agit d'un paramètre vital pour la survie de notre pays, comme nation souveraine. Sa négligence, teintée d'idéologie européiste, voire mondialiste, de croyance en un monde où tous sont gentils et nous veulent du bien, porte un nom : cela s'appelle de l'impéritie. A son niveau, qui est d'anticiper et non de gérer au jour le jour, c'est gravissime. Elle doit en tirer les conséquences.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Chemises blanches et papier glacé

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    Sur le vif - Dimanche 01.05.22 - 09.54h
     
     
    Tout bobo urbain droits-de-l’hommesque et caviardisé n’ayant pas encore accompli, en compagnie d’une délégation de photographes, son pèlerinage de Kiev, est prié de s’annoncer au plus vite à l’agence Zelensky. Pour la version Odessa, merci de contacter BHL. Et de se munir d’un lot de chemises blanches. Payable en dollars. Valable aussi pour les boboettes. Conditions privilégiées, avec tirage sur papier glacé, pour les Présidentes de Parlements nationaux.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Joe Biden et la version no 163 du Plan B

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    Sur le vif - Samedi 30.04.22 - 11.08h
     
     
    Nos bons médias semblent découvrir comme une donnée nouvelle, voire inattendue, l'accélération de l'engagement américain en Ukraine, notamment par des livraisons d'armes massives.
     
    L'analyse politique doit certes se fonder sur les faits. Pour autant, elle ne doit pas être suiviste des retournements de situations, et se contenter de les découvrir béatement. Plus l'observateur est ancré dans l'Histoire, dans le temps long, dans le jeu de causes et de conséquences, moins il aura à s'étonner, s'ébaubir, et plus il aura à expliquer, mettre en contexte. Sans morale. Sans affect. Avec juste les outils de la lucidité.
     
    Joe Biden met le paquet en Ukraine. Comme son lointain prédécesseur Johnson l'avait fait sur le Vietnam. Comme Roosevelt au soir du 7 décembre 1941. Comme Wilson, en 1917. Biden, bien sûr, contrairement aux exemples précédents, n'est pas encore en guerre, et sans doute évitera-t-il soigneusement d'y impliquer directement son pays. Mais il passe à la vitesse supérieure dans la logistique offerte à l'Ukraine.
     
    Il fait cela, et nos bonnes âmes se disent : "Quel type formidable !". Le chef du "monde libre" vole au secours des victimes de l'Empire du Mal. Ce rôle, la dramaturgie politique américaine le connaît par coeur. Elle l'a mis au point dans la Seconde Guerre mondiale, l'a peaufiné pendant toute la Guerre froide (Corée, Vietnam), en Amérique centrale et latine, en Irak, contre l'Iran, etc. On l'appellera le "Traitement B", comme chez le Docteur Müller, le médecin un peu particulier, dans l'Île Noire. Le Plan B dort dans un tiroir, on ouvre, on active le Plan. L'impérialisme américain se signale avant tout par un mot : sa parfaite prévisibilité.
     
    L'accélération de l'engagement américain en Ukraine, c'est la version no 163 du Plan B. Tous les ingrédients sont là. Il y a un Empire du Mal, un dictateur à sa tête, la sauvage agression de cet Empire contre un faible voisin. Alors, on appelle l'Oncle Sam, sauveur des peuples et protecteur du "monde libre". Et ce bon vieux Sam, toujours au service de la justice, active le Plan B. Et le Docteur Müller est content. Et les moralistes peuvent entrer en scène, étiqueter, séparer le bon grain de l'ivraie, donner lecture du Jugement dernier.
     
    Corée, Vietnam, Serbie, Irak : toujours le même scénario. Au pays d'Hollywood et des narrateurs les plus imaginatifs du monde du cinéma, la dramaturgie politique extérieure se révèle paradoxalement d'une désespérante prévisibilité. Elle est toujours la même. Elle ne change pas d'un iota.
     
    Que l'opinion publique, le Café du Commerce, se laissent avoir par le fil narratif du Plan B, c'est une chose. Mais les journalistes ! Les éditorialistes. Ceux qui prétendent donner des clefs de lecture pour saisir le réel. Aller chercher les vraies raisons. Se passionner eux-mêmes, en amont, pendant de longues années, toute une vie, pour l'Histoire et les causes réelles, derrière les paravents de la propagande. Là, c'est un peu dommage.
     
    L'accélération de l'engagement américain en Ukraine, les stratèges du Pentagone et de la Maison Blanche l'ont parfaitement prévue, dans leurs scénarios, depuis de longues années. Ne prenons surtout pas ces gens-là pour des idiots : ils préparent les guerres futures, en temps de paix, avec une précision hallucinante, tenant compte de tous les éléments : militaires, économiques, propagandistes, mouvements de l'opinion, etc. Ce sont des professionnels, vous comprenez ? Leurs gangsters aussi sont des professionnels.
     
    Depuis trente ans, les Etats-Unis avancent leurs pions sur le théâtre d'opérations d'Europe centrale et orientale. Souvent, avec la complicité de l'Allemagne qui, le jour venu, jouera son propre jeu, mais c'est là une autre affaire, la plus importante de toutes. Sous le couvert de "l'Otan" (qui a l'air, comme ça, d'une gentille organisation au service du "monde libre"), les Etats-Unis ont pris place en Pologne, en Hongrie, dans les Pays Baltes. Et ils font tout pour implanter leur influence en Ukraine. Ils y ont déjà leurs marionnettes. Il suffira d'y ériger le décor du théâtre. Les costumes sont prêts. Le scénario est écrit. L'épisode 163 du Plan B peut commencer.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • A tous les livres, émotion et reconnaissance

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    Sur le vif - Jeudi 28.04.22 - 16.24h
     
     
    Depuis l'âge de huit ans, je me passionne pour l'Histoire de la Seconde Guerre mondiale. Principalement : tout ce qui touche à l'Allemagne, à la France, à l'Italie, à la Guerre à l'Est. Ces domaines, depuis plus d'un demi-siècle, me dévorent. Il existe d'autres théâtres d'opérations que je connais fort mal, par exemple la Guerre du Pacifique.
     
    Pourquoi, dès l'âge de huit ans ? Parce que, fin 1965, ou début 1966, mes parents ont acheté le remarquable "Mémorial de la Seconde Guerre mondiale", en trois gros volumes (un vert, un bleu, un rose) de "Sélection du Reader's Digest". Et moi, comme ce triptyque venait de débarquer dans la bibliothèque familiale, je m'y suis lancé à corps perdu. On s'occupe comme on peut, quand on est enfant.
     
    Vingt ans après la guerre, c'était un ouvrage remarquable. Bien que de facture anglo-saxonne, il donnait la parole à tous les échos possibles à l'époque : aux Allemands, aux Italiens, aux Japonais, autant qu'aux vainqueurs. 56 ans plus tard, je porte évidemment, aujourd'hui, ayant lu entre-temps des milliers d'autres livres sur le sujet, ayant eu accès à tous les progrès des recherches historiques, un regard critique sur le triptyque. Sur certains thèmes, il a vieilli. Mais sur l'ensemble, l'honnêteté d'approche est remarquable pour l'époque. C'était, pour 1965, du très bon boulot.
     
    Je vous parle de cela, parce que la conscience historique se tisse patiemment, au fil des ans, des décennies. Plus on lit, plus on visionne d'archives, plus on écoute les témoins, plus on corrige, et mieux se révèle, très lentement, la photographie d'ensemble. Je ne vois évidemment plus la Seconde Guerre mondiale comme dans mon enfance, ni comme dans mon adolescence, très allemande. Mais cette correction progressive n'a rien d'une négation de la vision des époques précédentes. Je dirais plutôt : un constant travail de précision, de polyphonie : écouter toutes les voix, embrasser toutes les perspectives, s'imprégner de tous les témoignages.
     
    Bien sûr, il y eut des moments de correction plus radicaux que d'autres. Dans ma jeunesse, quand j'allais en Allemagne, et plus tard aussi, j'ai recueilli directement des témoignages qui n'existaient (à l'époque, à ma connaissance) nulle part ailleurs. Mais à part ces moments très forts, le travail de mise au point de la conscience historique se joue dans l'infinie patience du temps.
     
    Oui, j'ai lu des milliers de livres sur la Seconde Guerre mondiale, Allemagne, France, Italie, Balkans, Guerre à l'Est, depuis 1965. Et pourtant, je n'aurais pas une seule seconde l'idée de renier le brave triptyque de la Sélection du Reader's Digest, dévoré dès l'âge de huit ans. Comme ma première mappemonde, magique, illuminée de l'intérieur le soir, ces trois volumes m'ont permis d'avancer sur un terrain de la passion. Je dirais même : ils m'ont donné, comme à une fusée, la propulsion initiale.
     
    A tous les livres qui m'ont accompagné, à tous ceux qui restent à lire, émotion et reconnaissance.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Premier Tambour

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 27.04.22

     

    Le culot de Jean-Luc Mélenchon ! Faisant irruption au soir d’un second tour auquel il n’avait pas été invité à participer par le peuple français, le chef de file de La France insoumise appelle les Français à « l’élire Premier ministre ». Et puis quoi, encore ? Lui faire couler un bain chaud ? Lui offrir une édition originale des Discours de Saint-Just et Robespierre ? Lui ériger un échafaud en or, en Place de Grève ? Une intervention déplacée, prétentieuse, n’ayant au fond qu’une vertu : souligner l’égo démesuré de ce tribun surdoué, assoiffé de Lumières, et pas seulement celles de Voltaire et Montesquieu, quelques projecteurs faisant parfaitement l’affaire.

     

    C’est vrai, Mélenchon parle bien. Il fut, dans cette campagne 2022, le meilleur orateur. Son verbe est incandescent, il sait créer un rapport immédiat avec le public. Mais existe-t-il encore, de Strasbourg à Perpignan, de Nice à Dunkerque, une seule porte assez large pour laisser passer sa tête ? Il y a des moments où ce fervent républicain se prend pour le Roi.

     

    Ainsi, « Elisez-moi Premier ministre ! ». L’homme peut rêver d’une Sixième République, mais il se trouve que la France vit encore à l’heure de la Cinquième. Au suffrage universel, le peuple élit un Président. Ce dernier, et nul autre, choisit son Premier ministre. Il le fait, bien sûr, en fonction d’un rapport de forces législatif. Mais nul ne peut lui imposer la personne. Sous la Cinquième, désolé Monsieur le Premier Tambour des exécutions, on n’élit pas le Premier ministre. Vous le savez du reste très bien. Votre formule est un raccourci. Comme le sont les condamnés. Après vos réquisitoires.

     

    Pascal Décaillet

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  • L'Ukraine et les gentilles armes du "monde libre"

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    Sur le vif - Mercredi 27.04.22 - 16.59h
     
     
    Truffer l'Ukraine d'armes occidentales. Américaines, allemandes. Légitimées par le Bien : c'est pour aider les Ukrainiens à se défendre qu'on leur envoie tous ces arsenaux.
     
    Truffer l'Ukraine de chars, de lance-missiles, gracieusement mis à disposition par le "monde libre", expression chère au gentil Kennedy, dans son discours de Berlin, en 63.
     
    Truffer l'Ukraine, ou plus exactement la partie occidentale de ce pays. Celle que l'on convoite depuis tant d'années.
     
    Truffer l'Ukraine d'armes de l'Otan. Elles pourront y rester, très longtemps. On pourra en ajouter, encore et encore, au fil du temps.
     
    Truffer l'Ukraine d'une véritable armée. Les missiles de l'Otan seront sur place, avec bénédiction des bonnes âmes de la planète. Les chars. Les armes d'infanterie. Il n'y aura plus, le jour venu, qu'à envoyer aux Ukrainiens des "conseillers militaires", par milliers, comme au Vietnam. Du temps de qui ? Je vous le donne en mille. Du temps du gentil Kennedy ! Le tout premier à avoir engagé son pays dans ce qui allait devenir le cauchemar de l'Asie du Sud-Est.
     
    Truffer l'Ukraine d'armes de l'Otan. Et si c'était cela, depuis des années, l'objectif recherché par les Etats-Unis ? Il ne leur manquait qu'un prétexte. M. Poutine, sur un plateau en or, le leur a offert, le 24 février 2022.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Macron et l'océan du convenable

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 27.04.22

     

    La victoire d’Emmanuel Macron, ce dimanche 24 avril, nous invite à nous interroger sur un phénomène, d’une présence écrasante dans le monde de la presse et des médias, que j’appellerais « l’océan du convenable ». De quoi s’agit-il ? De l’incroyable propension des commentateurs, éditorialistes, pies bavardes des chaînes privées françaises (à quelques belles exceptions près), à se ranger instinctivement, comme par atavisme, du côté du pouvoir. Comme si le journaliste était devenu un être tellement faible, tellement fragile (il l’est souvent économiquement, il faut le reconnaître), qu’il aurait besoin d’un protecteur. Un mécène, comme dans la musique, jusqu’à la fin du dix-huitième siècle. Alors, pourquoi prendre des risques ? On veut bien être un bel esprit, faire briller sa plume ou sa voix, décocher des chroniques comme des flèches de curare, mais l’insolence a ses limites.

     

    Entre Marine et Macron, ce beau petit monde choisira toujours le second. Par conviction ? Sans doute, la sincérité n’est pas ici en cause. Mais c’est justement là l’inquiétant : tous sont pour Macron, ou presque, alors que plus de deux Français sur cinq (13 millions, près de 42%) ont donné leur voix à Marine. Ça pose tout de même un léger problème de représentativité des journalistes, non ? De même, en Suisse, connaissez-vous beaucoup de médias (à part la Weltwoche) qui affichent ouvertement leur sympathie pour les idées de l’UDC, premier parti du pays, près d’un Suisse sur trois ? Ils est où, l’éditorialiste sur trois qui partagerait au grand jour les valeurs de cette famille politique ? A la vérité, il n’y en a pas un sur vingt !

     

    En Suisse aussi, nous avons notre océan du convenable : il faut être à gauche, ou alors dans la droite européiste et libre-échangiste, bref PLR ou Centre. Là, vous n’aurez jamais aucun problème. Nul ne vous cherchera noise. Nul ne vous collera d’étiquettes, du style (chaque fois qu’on présente un journaliste de la Weltwoche) : « proche de l’UDC ». En clair, votre « proximité » ne sera précisée que si elle relève du camp du Mal. Pour celui du Bien, nulle estampille ne sera nécessaire. Là, on vous considère comme normal. Rafraîchissant, non ?

     

    La réélection d’Emmanuel Macron est sans appel. L’homme est légitimé, pour cinq nouvelles années, à présider la France. Il faut bien sûr en prendre acte. Mais le risque est énorme, avec la servilité naturelle des médias français, et surtout des petits marquis surexcités des chaînes privées parisiennes, d’un phénomène « Dieu », avec tout ce qu’il a de ridicule, comme au début du second septennat de François Mitterrand. Que les partisans de Macron se prosternent devant lui, grand bien leur fasse. Mais enfin, les journalistes ! Ils peuvent bien être macroniens, aucun problème. Mais, à deux ou trois exceptions près, où sont les résistants ? Où sont ceux qui oseront dire, cartes sur table : « Ces deux Français sur cinq qui soutiennent Marine, ces 42%, ces treize millions, j’en fais partie ».

     

    Pascal Décaillet

     

     

     

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  • Des chars allemands en Ukraine : la puissance mnésique d'un symbole

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    Sur le vif - Mercredi 27.04.22
     
     
    Il faut prendre la mesure de ce que représente, dans l’Histoire allemande de l’après-guerre, la livraison de chars allemands - je dis bien « de chars » - à l’Ukraine.
     
    L’Histoire des chars fait partie de l’Histoire allemande. La percée géniale des Ardennes en mai 40, ce sont les chars. Le passage de la Meuse par Rommel le 13 mai, ce sont les chars. La guerre à l’Est, dès le 22 juin 1941, ce sont les chars. Et l’un des principaux théâtres d’opérations dans cette guerre, voyage aller en 41, voyage retour en 44, c’est l’Ukraine. Le plus important choc de la Guerre à l’Est, ce ne fut pas Stalingrad, mais, six mois plus tard, la bataille de chars de Koursk, en juillet 43. Après Koursk, la Wehrmacht n’a fait que refluer.
     
    En 41, lorsque les chars allemands arrivent en Ukraine, ils sont accueillis, en maints endroits de l’Ouest du pays, comme des libérateurs. Cet élément factuel, parfaitement vérifiable, du reste largement connu, est une réalité de la guerre à l’Est. J’ai personnellement été initié à cette guerre il y a exactement cinquante ans, par un ancien combattant, chez qui j’ai passé l’été, tout au nord de l’Allemagne.
     
    Il y a donc, dans le char allemand livré à l’Ukraine, une puissante dimension symbolique. Mnésique. Pour qui connaît l’Histoire, il y a quelque chose qui parle, qui évoque. Renaissance, depuis 1989, d’une politique proprement allemande en Europe centrale et orientale. Réarmement totalement décomplexé. Budget militaire sans précédent voté par le Bundestag dès les premiers jours de la guerre en Ukraine.
     
    L’Allemagne est là, elle est de retour, elle mène sa politique à elle à l’Est, pour sauvegarder les marchés infatigablement conquis depuis la chute du Mur : Pologne, Hongrie, Pays Baltes, et bien sûr demain l’Ukraine. Là sont tous les enjeux de ce qui se passe, au-delà de Poutine, au-delà du Donbass, au-delà de Biden. Et surtout, au-delà de l’insoutenable naïveté de nos moralistes.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Le triomphe de l'illisible

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    Sur le vif - Mardi 26.04.22 - 16.17h
     
     
    Réforme du Cycle d'orientation : deux partis du centre (ou du "ni gauche, ni droite") tiennent des positions politiquement illisibles.
     
    Mais ça tombe bien, au fond : la réforme est illisible, et l'opposition à la réforme est illisible.
     
    Tout, dans cette votation du 15 mai, est nimbé, obscurci, dérobé à l'éveil des sens. Des équations truffées d'inconnues. Une mathématique d'ombre, contre une autre.
     
    Les apparatchiks de l'école sont devenus des gestionnaires d'usine à produire du brouillard. Leurs adversaires, hélas, aussi. Désertée par la clarté, la colère des référendaires court le risque de s'évanouir dans la nuit.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Plus de deux Français sur cinq

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    Sur le vif - Lundi 25.04.22 - 06.17h
     
     
    La victoire d’Emmanuel Macron est sans appel. L’homme est légitimé à présider la France pendant cinq nouvelles années. Je ne partage pas les idées libérales, européistes, libre-échangistes et immigrationnistes du Président réélu, mais la moindre des choses est de reconnaître le résultat très net du scrutin.
     
    L’homme est jeune, énergique, déjà expérimenté : il est, comme dans le premier vers de la Divine Comédie, au milieu du chemin de son parcours présidentiel. Il est à son apogée.
     
    La Cinquième République fonctionne. Les Français ont élu le Président. Ils vont maintenant procéder aux législatives, c’est une autre affaire, nous verrons. Nous n’avons strictement aucune idée de ce qui se passera ces cinq prochaines années. Mais nous vivons des temps difficiles, la France a besoin d’un capitaine, elle en a un. La Cinquième fonctionne, comme jamais.
     
    Hier, Marine Le Pen a porté les idées nationales, souverainistes et protectionnistes à leur plus haut niveau historique. Plus de 13 millions de voix, quelque 42%. Plus de deux Français sur cinq. Ça n’est pas une majorité, mais c’est une lame de fond.
     
    La vraie opposition, c’est elle. Inexorablement, ces dix dernières années, elle aura fait progresser les idées de sa famille politique. Elle croit à la nation, non aux conglomérats. Elle refuse toute tutelle, tout Empire. Elle a une conception très précise, révolutionnaire, des droits du peuple. Elle rejette l’impérialisme américain. Elle veut protéger l’industrie et l’agriculture françaises. Elle prône une régulation draconienne des flux migratoires. Bref, elle est aux antipodes de la politique de Macron. Il était juste que le binôme final fût cet antagonisme-là, et nul autre.
     
    Plus de deux Français sur cinq. Ils n’ont pas gagné, mais ils demeurent la force montante. Depuis des années, ils sillonnent. Ils labourent. Ils patientent. La progression de leur implantation, commune par commune, département par département, est saisissante. On est à des milliers de lieues marines des seuls effets de mode télévisuelle de tel autre candidat.
     
    Plus de deux Français sur cinq. L’Autre France est là, qui veille. Elle n’a pas dit son dernier mot.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Le peuple élague et clarifie

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    Sur le vif - Samedi 23.04.22 - 09.52h
     
     
    Nous, les citoyennes et citoyens, pouvons faire la politique nous-mêmes, directement. Nous disposons, en Suisse, des armes pour cela. La démocratie directe est une chance inouïe. Elle est une grâce. Elle est faite pour qu’on s’en serve, non pour qu’on la laisse dormir.
     
    Le peuple qui vote (démos) n’est pas une masse de rue, qui braille derrière des pancartes. Il est une institution de notre système politique. Comme les parlements. Comme les gouvernements. Mieux : il est celle qui prime sur les autres. Le peuple n’a pas « raison », comme on le dit faussement. Mais il tranche. Il décide, en ultime instance. Il est le souverain.
     
    Nous attachons beaucoup trop d’importance aux partis, à leur cuisine, à la vie interne des parlements, aux corps intermédiaires, aux milliers de féodalités associatives qui fragmentent l’unité de notre pays. Notre Suisse est multiple, certes, c’est son secret et c’est son charme, mais il n’est écrit nulle part qu’il faille ajouter à cette diversité naturelle des strates infinies de complexité. La Suisse a besoin de simplifier ses équations : des domaines comme la gestion de l’asile, la politique de santé, sont devenus illisibles, par surabondance d’acteurs, de baronnies.
     
    Les partis, les corps intermédiaires, la toile associative alourdissent l’équation. Le peuple simplifie. Le Nœud Gordien, il le tranche. L’initiative populaire modifie la Constitution, les parlements font des lois d’application (ils le doivent, et trahissent s’ils s’y dérobent, comme pour le 9 février 2014), et l’affaire est réglée.
     
    Nous avons besoin du peuple, pour élaguer le foisonnement d’herbes inutiles. Pour voir clair. Pour voir loin. Les droits populaires doivent être défendus de toutes nos forces. Le meilleur moyen de leur rendre hommage, c’est, tout simplement, de les utiliser.
     
     
    Pascal Décaillet

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