Liberté - Page 2

  • Daniel Favre : homme de radio, frère d'armes

    Imprimer

     
    Sur le vif - Mardi 09.11.21 - 11.03h
     
     
    Il y a des flashes de 11h plus tristes que d’autres. La RSR nous apprend le décès, à 82 ans, de mon confrère Daniel Favre, qui fut une grande figure de l’information radiophonique en Suisse romande. Et auquel me lient tant de souvenirs de reportages communs, d’un bout à l’autre de cette Suisse qu’il aimait tant, et qu’il connaissait à fond, canton par canton, district par district.
     
    Daniel a été mon chef de rubrique lors de mes années au Palais fédéral, comme correspondant parlementaire, il y a trente ans. Je lui ai succédé à la tête de la rubrique Nationale en 1994, alors que mon confrère Béat Grossenbacher reprenait la Régionale. Mais surtout, Daniel n’a jamais autant donné la mesure de son instinct radiophonique que dans les innombrables directs, sur le terrain, aux quatre bouts de la Suisse. C’est là que j’ai partagé avec lui une fraternité d’armes. Avec Daniel, comme avec Frank Musy, qui a tant marqué mes premières années radiophoniques, on n’était jamais aussi heureux que lorsqu’on montait des coups, avec la complicité d’un technicien, ce personnage tellement important dans la vie d’un journaliste radio. Une idée, un coup de sang, un appel au technicien, un Stempel du chef de jour, une voiture, une valise-satellite, et hop, à l’autre bout de la Suisse ! Quelque part dans un champ. Là où vibre la vraie vie.
     
    Daniel Favre était un homme de radio. Un vrai. Avec lui, j’ai sillonné la Suisse centrale pour le 700ème, en 1991, mené une quantité impressionnante d’interviews politiques, à Berne ou dans les Cantons, couvert en direct les élections des conseillers fédéraux, fréquenté Jean-Pascal Delamuraz. Il représente une part inaltérable de mon chemin radiophonique.
     
    Aujourd’hui, la radio est en deuil. À ses proches, sa famille, j’adresse amitié et sympathie. Daniel Favre restera dans ma mémoire. Il était un artisan du micro. Un instinctif. Il parlait peu. Il savait faire, tout simplement.
     
     
    Pascal Décaillet
     

    Lien permanent Catégories : Sur le vif 1 commentaire
  • La langue italienne, les portes de l'univers

    Imprimer

     
    Sur le vif - Lundi 08.11.21 - 15.14h
     
     
    La langue italienne doit à tout prix être valorisée en Suisse. D'abord, parce qu'elle est d'une rare beauté : la plus sonore, à mes oreilles, après l'allemand des Lieder. Mais aussi, tout simplement, parce qu'elle est l'une de nos langues nationales. Au même titre que le français, l'allemand, le romanche.
     
    L'italien, en Suisse, n'est pas - n'a pas à être - une langue étrangère. En Suisse, on parle italien ! Au même titre qu'en Suisse, on parle français, allemand, romanche. La littérature de langue italienne, la musique italienne, les opéras italiens, le cinéma italien, la poésie italienne (celle d'un Pasolini, par exemple), c'est une part de notre patrimoine ! Une part inaltérable, sublime, que nous avons en commun avec ce magnifique voisin du Sud, ce pays de tous les rêves, de toutes les histoires. L'Italie, au fond, comme l'Allemagne, c'est un peu nous.
     
    Nous, Suisses, cheminons vers la langue italienne ! Elle n'est pas simple. Elle est exigeante, rigoureuse, tonique, fière d'elle-même, orgueilleuse de ses formes verbales, de ses exceptions. Opulente de sa richesse dialectale. La langue italienne est patrimoine d'humanité. L'avoir comme l'une de nos langues nationales, par le Tessin et les vallées italophones des Grisons, est un honneur. Un fleuron de notre diversité suisse. Un blason de notre complexité, avec ses saveurs qui nous ouvrent les portes de l'univers.
     
     
    Pascal Décaillet

    Lien permanent Catégories : Sur le vif 2 commentaires
  • 130 ans après, que reste-t-il du PDC ?

    Imprimer

     
     
    *** Dissertation sur la puissance lunaire d'un déclin - Lundi 08.11.21 - 09.15h ***
     
     
    Le grand parti qui a fait la Suisse moderne, c'est le parti radical. Il a eu tous les pouvoirs, sept conseillers fédéraux sur sept, les 43 premières années de la Suisse fédérale, de 1848 à 1891. Puis, est arrivé le premier catholique-conservateur, le Lucernois Joseph Zemp, venu d'un Canton vaincu du Sonderbund, et le début de la participation au pouvoir de l'Autre Suisse, qui avait rongé son frein pendant plus de quatre décennies.
     
    On ne disait pas encore PDC à l'époque (le nom n'apparaîtra, au niveau fédéral, qu'en 1970), mais c'était bien cette Autre Suisse, oui, celle du Valais, de Fribourg, celle d'Uri, de Schwytz, d'Unterwald, de Zoug, de Lucerne. Avec déjà, dans cette période d'opposition, prodigieusement formatrice dans la formation des idées, une incroyable diversité entre catholiques-conservateurs et chrétiens-sociaux, les Noirs et les Jaunes, les partisans de Pie IX et ceux de Léon XIII, ceux des villes et ceux des champs, ceux des plaines et ceux des monts. Mais une chose est sûre : proches de la terre, partisans (avant l'heure !) du Patrimoine et le l'environnement, défenseurs de la famille, opposés à la voracité glaciale du capitalisme zurichois, ces Suisses-là étaient de rudes patriotes. Il était temps, en 1891, qu'ils accèdent aux affaires.
     
    130 ans après, que reste-t-il du PDC ? Un nouveau nom, le Centre, qui rappelle évidemment le Zentrum bismarckien. Une conseillère fédérale, Mme Amherd, un grand nombre d'élus dans tous les Cantons, un groupe aux Chambres fédérales, des personnalités fortes, comme Christophe Darbellay, bref une implantation encore bien enracinée dans le pays profond. Pourtant, sur ses terres historiques, le PDC (je continue à l'appeler ainsi) perd des plumes. En Valais, la décroissance a commencé il y a longtemps. A Fribourg, la journée d'hier ne fut pas bonne. Et puis, à Genève, Canton où cette famille joue un rôle depuis longtemps, d'autres formations, comme les Verts libéraux, lui disputeront âprement l'occupation du centre politique, aux élections du printemps 2023.
     
    Bref, le PDC a besoin d'un nouveau souffle. Il a longtemps compté sur de flamboyantes personnes, Doris Leuthard ou Christophe Darbellay, ne parlons pas de l'immense Kurt Furgler, pour compenser les ferments de dispersion internes à ce parti polymorphe, très décentralisé, héritier à la fois de Léon XIII, avec son Encyclique Rerum Novarum (1891), et du puissant conservatisme de la Vieille Suisse, aujourd'hui capté en grande partie par l'UDC.
     
    Le PDC, le Centre si vous préférez, n'est pas mort, et de loin. Mais il doit se réinventer sur des idées qui lui sont propres, et non sur la molle moyenne entre la gauche et la droite. La famille en était une, mais ce thème, désolé (je l'affirme depuis toujours), n'a jamais été suffisant. La politique, c'est l'Etat, c'est une vision pour la Nation. Cela ne peut se réduire à de sympathiques allocations sur la naissance et autres événements de la vie quotidienne. Le PDC a besoin de voir loin, beaucoup plus loin, comme les radicaux de 1848 ont su voir la Suisse à forger, et en plus ils l'ont faite !
     
    Le PDC ne convaincra guère plus de monde en piquant aux Verts leur ineffable terminologie, "urgence climatique", "transition écologique", etc. Cela donne l'impression, dévastatrice, d'un parti sans idées propres, et qui se nourrit de celles des autres. Le PDC ne doit pas être le parti des plagiaires. Car le plagiat est une honte, non morale, mais intellectuelle, spirituelle. Une honte, dans l'ordre de ce que doit être un humain : debout, apte au combat, inventeur de ses mots, forgeron de son verbe, prêt à écrire sa propre Histoire, non celle des autres.
     
    La Suisse a besoin du PDC. Ou du Centre, comme vous voudrez. Le nom, on s'en fout. Elle a besoin d'une force de vie, entre la gauche et l'insupportable néo-libéralisme, qui se rit des frontières et méprise les peuples. Les radicaux de 1848, déjà, avaient génialement occupé cette position, mais très vite ils se laissaient déborder par les charmes de la grande finance zurichoise. Il est vrai qu'elle était nourricière, inventive, porteuse de projets pour le pays. Le percement du Gothard, ça n'est pas rien !
     
    La réinvention du PDC passe par des idées propres à ce courant. Qui ne suintent pas l'emprunt, ni l'opportunisme, ni la versatilité. Vaste programme ! Pour cela, il faudra faire de la politique avec le peuple, et pas seulement à l'échelle des parlements, de la cuisine politicarde, des conclaves et conciliabules des appareils. S'il sort de cette machine infernale, s'il se trouve la force de nous inventer un projet révolutionnaire, le PDC a encore un avenir devant lui.
     
    Révolutionnaire ? Le mot n'est pas trop fort. Rerum Novarum, le texte fondateur de Léon XIII en 1891, était révolutionnaire. Entre le marxisme d'un côté, et de l'autre le libéralisme qui faisait travailler les enfants dans les mines, il proposait une Troisième Voie. 130 ans plus tard, cette voie d'humanité et de petites lumières demeure, plus que jamais, à inventer.
     
     
    Pascal Décaillet
     

    Lien permanent Catégories : Sur le vif 0 commentaire
  • Gauche contre Gauche

    Imprimer

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 03.11.21

     

    A Genève, la gauche passe ses samedis à manifester. Au fait, elle manifeste contre qui, la gauche ? Faut-il rappeler que nous avons à Genève, depuis ce printemps, un gouvernement majoritaire de gauche ? Résolu, entre autres, à nous faire dépenser 5,9 milliards pour des investissements dans la "transition écologique", alors que nous détenons déjà le record suisse de la dette (12,8 milliards). Un Conseil d’Etat bien à gauche, deux socialistes, deux Verts, un programme d’action digne du Grand Soir, des projets de dépenses inconsidérées, une inaptitude totale à envisager une restructuration de la machine de l’Etat. Bref, une vraie gauche, proche de la caricature.

     Mais nos braves manifestants professionnels, tout à la ferveur de leurs processions du samedi, avec leur catéchisme affiché sur les banderoles rouges, et le grand-prêtre pour leur hurler les slogans à scander en chœur, envahissent quand même les rues. Contre un pouvoir de gauche ! Un Conseil d’Etat de gauche ; un Grand Conseil de facto à gauche, par défection continuelle des gentils centristes et des éternels imprévisibles.

     La gauche de la rue, contre la gauche de l’institution. La scène politique genevoise est devenue un grand spectacle, technicolor, sur les infinies nuances à l’interne de la gauche. Pendant ce temps, la droite, elle fait quoi ? Elle roupille ! Ses grands esprits sont d’un autre temps. Ses grandes plumes volent au vent. Entre deux banderoles de gauche, battues par les vents de la procession.

     

    Pascal Décaillet

     

    Lien permanent Catégories : Commentaires GHI 5 commentaires
  • Plus un seul week-end sans manif !

    Imprimer

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 03.11.21

     

    Il y avait naguère le Jour du Seigneur. Voici le Jour des Brailleurs. Plus un seul samedi, à Genève, sans une manif ! Et si, par extraordinaire, les éternels organisateurs de gauche vous épargnent un samedi, c’est que la manif se sera déroulée la veille : le vendredi ! Et puis, le dimanche, pour ceux qui en voudraient encore, dans le style grandes foules joyeuses, on vous bloque la circulation, toujours aux mêmes endroits, pour de grandes manifestations sportives, marathoniennes, décathloniennes, truffées des meilleures intentions planétaires, humanitaires, sanitaires. C’est pour le bien du vaste monde. Nous avons, à Genève, une magnifique campagne. Mais ces courses populaires, il paraît qu’il leur faut la théâtralité du décor de la Ville. En quel honneur, au fond ?

     

    Nous, les citoyennes et citoyens de la Ville de Genève, devons nous interroger très sérieusement sur ces constantes et récurrentes appropriations de notre espace public, celui pour lequel nous payons taxes et impôts. A commencer par le plus important pour nos déplacements, nos courses du week-end : la chaussée ! Où, mais où diable, est-il écrit que nous devions accepter, tête baissée et en rasant les murs, cette prise en otage, toujours recommencée, samedi après samedi, de notre espace public par des gens qui hurlent et braillent derrière des banderoles rouges ? Est-ce pour cela que nous payons nos impôts, nos taxes sur les véhicules, notre essence ? Pour nous faire pourrir la vie, tous les week-ends, par une infinie minorité, n’ayant de vertu que celle du bruit ?

     

    A ce stade, il y en a toujours un pour rétorquer que le droit de manifester est garanti par la Constitution. Soit. Mais qui définit le tracé, qui l’impose ? Qui prend en compte un autre droit, parfaitement établi, celui des gens qui se lèvent la semaine pour aller bosser, de faire leurs courses le samedi, avec leur voiture familiale, sans passer des heures à se faire bloquer par les saintes processions de la gauche ? Et puis, il y a les chiffres : nous sommes, à Genève, un demi-million d’habitants. Sur ce total, quinze mille font partie de l’éternel noyau dur du « peuple des manifestants ». Pour eux, toutes les occasions sont bonnes à descendre dans la rue, scander leurs slogans, imposés par haut-parleur par le diacre de service. Bref, près de 485'000 Genevois ne manifestent jamais.

     

    Cette minorité silencieuse, il va bien falloir un jour qu’elle se réveille. Elle n’a absolument pas à se laisser pourrir ses week-ends par une minorité, toujours la même. Qui négocie les tracés ? Le pouvoir politique, à Genève, aurait-il peur ? Peur de déplaire. Peur de passer pour des censeurs. Au nom de quoi l’occupation répétée du même espace, avec les mêmes encombres pour les automobilistes, serait-elle inéluctable ? L’autorité n’a donc aucune marge de manœuvre ? Elle accepte sans sourciller les tracés des organisateurs, quand il y en a ? Dans ce tumulte accepté avec résignation, où est l’Etat ? Où est la République ? Où sont les droits des braves gens, ceux qui prennent leur voiture, le week-end, ayant trimé toute la semaine, pour aller faire leurs courses ?

     

    Pascal Décaillet

    Lien permanent Catégories : Commentaires GHI 0 commentaire
  • Bobos, vous nous les brisez !

    Imprimer

     
    Sur le vif - Mardi 02.11.21 - 14.53h
     
     
    Arrêtez avec vos histoires de genre, de sexe, de couleur de peau ! On n'en peut plus ! En focalisant tout sur ces questions "sociétales", vous faites le jeu du vrai pouvoir en place, qui est économique et financier. Lisez Marx. Et, si c'est trop pour vous, lisez au moins Thucydide.
     
    Vous faites le jeu du pouvoir. Vous envahissez l'espace public avec des problèmes qui ne sont absolument pas ceux de l'écrasante majorité des gens. Les vrais problèmes : pouvoir d'achat, retraites, primes maladie, loyers, prix de l'essence, prix des combustibles de chauffage, prix des médicaments, soins dentaires, solitude des aînés, chômage des jeunes, apprentissage, qualité de la formation, désarroi de nos paysans, fiscalité sur le travail écrasante. Sans compter le tabou numéro 1, dans les conversations des douillets bobos urbains : l'immigration.
     
    Vous, vous nous parlez sexe. Théories du genre. Migrations d'un genre à l'autre. Ou alors, couleur de peau. Nous ne nions pas ces problèmes, et respectons tout humain ayant à en souffrir. Mais nous disons simplement que vous nous gavez, vous et les médias complices de votre invasion des consciences, à nous raconter toute la journée des histoires qui ne sont absolument pas celles du plus grand nombre.
     
    Dans ces conditions, ne vous étonnez pas que le grand nombre, lui, décide de migrer vers des bannières politiques qui vous donnent des frissons. Et auxquelles votre seule réponse est d'évoquer misérablement les années trente. Des années, au demeurant, auxquelles vous ne connaissez rien. Vous ne les avez pas étudiées ! Vous n'émettez que des jugements moraux, péremptoires.
     
    Avec votre mise en avant hystérique de questions "sociétales", vous creusez votre propre perte. Le grand public n'est pas dupe. Surtout celui qui souffre dans ses fins de mois. Vous pourrez, tant que vous voudrez, lui balancer des théories du genre, il voudra du pouvoir d'achat. Des impôts moins écrasants. Une préférence nationale. Une régulation drastique de l'immigration. Le grand public, plus vous le gavez avec vos slogans, plus il se raidira.
     
    Ces mots vous heurtent ? Eh bien, heurtez-vous ! Choquez-vous ! Etranglez-vous d'indignation ! Drapez-vous de morale ! Et laissez-nous traiter les vraies questions, qui touchent concrètement le vrai peuple. Celui qui se lève, le matin, pour aller bosser. Et qui, avec angoisse, attend la fin du mois.
     
     
    Pascal Décaillet
     

    Lien permanent Catégories : Sur le vif 5 commentaires
  • Frontaliers : un chiffre effrayant

    Imprimer

     
    Sur le vif - Mardi 02.11.21 - 09.51h
     
    À Genève, nous dit la TG, le nombre de frontaliers a triplé en vingt ans.
     
    Ce chiffre est tout simplement effrayant.
     
    Nous avons voté, le 9 février 2014, sur l’immigration de masse. Le principe de contingents a été accepté. Les flux transfrontaliers n’étaient pas extérieurs à l’objet du scrutin. Genève est un Canton suisse.
     
    Le principe de préférence cantonale, lancé dès 2005 par un parti que tous conspuaient, mais qui voyait juste, est aujourd’hui acquis dans la majorité des consciences.
     
    Manifestement, il ne l’est pas chez un certain patronat. Des Genevois sont au chômage, ne parlons pas de l’aide sociale, alors qu’ils pourraient travailler. On préfère engager à l’extérieur : sous-enchère, logique de pur profit.
     
    Et puis ? Et puis, le trafic routier ! Inondé de mouvements pendulaires. Nuisances. Bouchons. On nous peinturlure de nuit des pistes cyclables. On bricole. On rafistole.
     
    Tant qu’il y aura un seul résident de Genève au chômage, le chiffre de la TG demeurera un scandale. Et même ! La croissance démesurée, ne visant qu’au seul profit, sans souci de cohésion sociale des habitants, n’est que culte du Veau d’or.
     
    L’ultra-libéralisme des trente dernières années, le mépris des frontières, des identités nationales, de la puissante nécessité de cohésion sociale, tout cela nous mène à notre perte.
     
    Croissance, oui. Mais qualitative. Mesurée. Intelligente. Respect des équilibres, de l’environnement, du paysage.
     
    Les flux migratoires doivent être diminués. Il en va de la survie de notre corps social, en Suisse.
     
     
    Pascal Décaillet

    Lien permanent Catégories : Sur le vif 3 commentaires
  • OCAS : M. Apothéloz, tenez bon, soyez ferme !

    Imprimer

     
    Sur le vif - Lundi 01.11.21 - 15.40h
     
     
    Décision hallucinante de l'OCAS : Monsieur Apothéloz, vous devez montrer que vous êtes un homme d'Etat. Que nous sommes en République. Que c'est l'autorité politique qui décide, et non la machine administrative. Que vous, homme de gauche, êtes avec le peuple, avec les plus démunis, avec les retraités qui souffrent, quitte à vous mettre en pétard avec l'éternité tranquille de l'administration.
     
    La décision, purement administrative, et dont il faudra dégager la part d'arbitraire, de retarder les dates de versement des rentes AVS/AI dans le Canton de Genève, est inqualifiable. La manière dont elle a été communiquée, indigne. On s'adresse à qui ? A nos aînés ! Des gens qui ont bossé toute leur vie, ont déjà (pour beaucoup d'entre eux) des retraites malingres. D'un ton sec, on leur annonce que le versement, tant attendu par d'innombrables personnes, sera retardé de plusieurs jours.
     
    L'affaire est grave. Où sont les instances de contrôle ? Où est l'autorité politique ? Où est la primauté des citoyennes et citoyens sur les fonctionnaires ? Comment la Machine, d'elle même, plus infernale que dans la pièce de Cocteau, peut-elle prendre de telles décisions, sans contrôle de l'autorité supérieure ?
     
    M. Apothéloz, je vous ai toujours admiré, du temps de Vernier. Vous étiez justement la vraie gauche, militante, sociale, populaire, proche des gens. L'antithèse des bobos, qui ne pensent plus qu'aux questions de genre, et de couleur de la peau. Cette fibre au service des plus faibles, prouvez au Canton que vous l'avez encore !
     
    Homme de droite, j'ai toujours respecté la gauche, quand elle se bat pour les plus faibles. Vous avez devant vous une occasion inespérée d'incarner l'Etat. Ne craignez pas de vous faire des ennemis dans la Machine. La vie est faite d'ennemis, de combats, de guerres, de cicatrices. La vie, c'est la guerre. Et la guerre, c'est la vie.
     
     
    Pascal Décaillet
     

    Lien permanent Catégories : Sur le vif 1 commentaire
  • 31 octobre 1517 : 95 thèses, une Révolution

    Imprimer

     
    Sur le vif - Dimanche 31.10.21 - 10.35h
     
     
    Il y a 504 ans, le 31 octobre 1517, Martin Luther placardait ses 95 thèses sur l'église de Wittenberg. C'est l'un des plus grands moments de l'Histoire allemande. Et c'est un tournant dans l'Histoire de l'Europe. Rien que sur la Réforme, à l'école où j'étais, j'ai eu droit, adolescent, à un cours d'Histoire de six mois. Et c'était absolument passionnant. Bien sûr, j'ai repris tout cela en profondeur, plus tard.
     
    Seulement voilà. Pour comprendre, à quinze ans, les grands enjeux de la Réforme, il faut avoir appris, en amont, dès l'école primaire, l'Histoire du christianisme, à la fois sous l'angle des enjeux théologiques (par rapport aux cultes sacrificiels de l'Antiquité), et bien sûr aussi sous l'aspect de son développement politique, des origines jusqu'à cette date de 1517. Qui est Luther ? Quelle est sa formation spirituelle et intellectuelle ? Dans l’Église de son temps, que condamne-t-il, à juste titre ? Quel est son rapport à la langue allemande ? En quoi s'apprête-il, cinq ans plus tard, à la révolutionner (traduction de la Bible en allemand, 1522) ?
     
    Ces choses-là, les profs d'Histoire, à l'école obligatoire (après, c'est trop tard !), doivent impérativement les enseigner. Il faut revenir à un enseignement de l'Histoire par le savoir, non stupidement cumulatif bien sûr, mais partie prenante d'une chaîne de causes et de conséquences, ainsi que parvenait à les établir le plus grand des historiens, le Grec Thucydide, dans sa Guerre du Péloponnèse, il y a 25 siècles.
     
    Le 31 octobre 1517, Luther déclare la guerre à Rome. Et il a raison. Il le fait au nom des abus de l’Église de son temps, mais là n'est pas le plus important. Il le fait au nom de deux puissances, cosmiques, inébranlables : celle du verbe et celle de l'esprit.
     
    Je vous encourage tous à aller visiter les Länder de l'ex-DDR, sublime Allemagne, demeurée simple, sévère, avide de musique et de vie de l'esprit. Si la Prusse vous fait un peu peur, commencez par les deux régions où a sévi Luther : la Saxe-Anhalt et la merveilleuse Thuringe. Vous serez là dans le coeur palpitant de l'âme allemande.
     
     
    Pascal Décaillet
     

    Lien permanent Catégories : Sur le vif 0 commentaire
  • "Indispensables à la démocratie". Et puis quoi, encore ?

    Imprimer
     
    Sur le vif - Vendredi 29.10.21 - 00.51h
     
     
    « Les médias sont indispensables à la démocratie ». Je suis totalement opposé à cette affirmation.
     
    La démocratie, je suis pour. Vivante, totale directe. Avec le peuple qui a vraiment le pouvoir, et pas seulement celui de déléguer les décisions à une caste intermédiaire.
     
    Cette démocratie totale, non seulement les médias ne sont pas nécessaires à sa mise en œuvre, mais quantité d’entre eux font tout pour l’empêcher. Ils n’aiment pas le peuple. Ils veulent l’éduquer. Ils encensent les élites. Ça n’est pas exactement le modèle de démocratie auquel j’aspire.
     
    Pour qui se prennent-ils, de se proclamer « indispensables à la démocratie » ?
     
     
    Pascal Décaillet

     
    Lien permanent Catégories : Sur le vif 1 commentaire
  • Ce sera leur camp, ou le nôtre !

    Imprimer

     
    Sur le vif - Jeudi 28.10.21 - 18.18h
     
     
    Insupportable époque, où des meutes de moralistes autoproclamés ne songent qu'à traquer la parole, prétendument dérapante, plutôt que d'analyser, restituer le contexte, dégager les mouvements de fond, sous l'écume.
     
    Traquer la parole. Ils ont, sous la main, leur catéchisme, dont il n'est pas question de dévier : questions de genre, couleur de peau, années trente, Seconde Guerre mondiale, colonialisme. Le code moral leur dit ce qui est tolérable, ce qu'il faut sanctionner. Et les voilà partis, à la chasse aux sorcières !
     
    Ils se posent là, au bord de l'étang, avec cannes et hameçons. Ils attendent que ça morde. Dès qu'un quidam dévie d'un millimètre de ce qu'ils ont posé, eux, comme Code d'Hammourabi, on attrape le poisson ! Versé, vivant, dans l'huile bouillante de friture. On jettera, de préférence, son dévolu sur l'homme blanc, de droite, plus de cinquante ans. Ah, si ça pouvait être un président cantonal de section UDC, la pêche serait miraculeuse.
     
    Traquer la parole. Ils ne savent faire que cela. Leur univers mental n'est qu'un immense Tribunal de l'Inquisition. Les juges ? Des chercheurs en sciences sociales de l'Université de Lausanne. Des spécialistes en études genre. Des Politburos du féminisme ultra. Ils ne s'intéressent au langage que pour le corseter. Au verbe, que pour l'anéantir. A l'esprit, que pour le niveler.
     
    La guerre première est culturelle. Elle sera impitoyable. Ce sera leur camp, ou le nôtre, celui des hommes et femmes libres, et qui entendent le demeurer.
     
     
    Pascal Décaillet

    Lien permanent Catégories : Sur le vif 2 commentaires
  • Les braillards du samedi : ça recommence !

    Imprimer

     
    Sur le vif - Jeudi 28.10.21 - 16.13h
     
     
    Et une nouvelle manif, annoncée joyeusement pour ce samedi ! Une de plus ! Plus un seul week-end sans des cortèges de gauche, en plein centre-ville, histoire de bien emmerder les dizaines de milliers de familles d'honnêtes gens, dont le samedi après-midi est le seul moment de la semaine pour faire les grandes courses, en voiture.
     
    Juste pour emmerder ? Et comment ! Ils pourrissent la vie des braves gens avec leurs cortèges, tous les samedis. Et personne n'ose rien dire. Et la police, bien brave, nous envoie la carte des zones perturbées, en nous annonçant l'enfer pour les automobilistes. Comme si c'était un fait accompli, inéluctable, irréfutable. Comme s'il n'existait aucune marge de manœuvre pour l'autorité, face aux braillards.
     
    Cette situation ne peut plus durer. Il y a, à Genève, sur un demi-million d'habitants, un maximum de quinze mille personnes - toujours les mêmes - qui constituent un réservoir d'habitués pour les manifs. Ils adorent être dehors, à brailler derrière des banderoles. Il y en a donc 485'000 qui ne manifestent jamais !
     
    Ces 485'000, il faut qu'ils se fassent entendre. Pourquoi devraient-ils se laisser pourrir la vie, tous les week-ends, par une minorité hurlante ?
     
    Quant à nos autorités, quel courage ! Surtout ne pas apparaître comme des censeurs. Toujours laisser faire. Surtout ne tenir aucun compte de la colère montante du peuple, ces classes moyennes qui, toute la semaine, se lèvent le matin pour aller bosser. Et le samedi, ont absolument le droit de prendre leurs voitures pour faire leurs courses. Ils paient pour cela, à longueur d'années, les taxes et impôts nécessaires. Ils n'ont aucune leçon à recevoir des braillards du samedi.
     
     
    Pascal Décaillet

    Lien permanent Catégories : Sur le vif 0 commentaire
  • Le Guépard, c'était lui

    Imprimer

     
    Sur le vif - Jeudi 28.10.21 - 08.00h
     
     
    Il Gattopardo. Derrière le chef d’œuvre de Visconti (1963), il y en a un autre : le livre de Giuseppe Tomasi di Lampedusa. Il faut voir mille fois le film. Il faut lire mille fois le livre.
     
    Le reportage d’Arte, hier soir, sur l’auteur du livre, m’a bouleversé. J’ai compris que le Guépard, c’était lui. Un siècle après son personnage, le Prince Salina, immortalisé par un Burt Lancaster saisissant d’intériorité, Giuseppe nous raconte sa propre vie, en palimpseste de celle du personnage.
     
    La Sicile. La fin d’un monde. Un débarquement, celui de Garibaldi. Dépossession. Continuité, par la rupture. Ce qui demeure, ce qui s’en va. La vie elle-même, qui doucement se dérobe, comme dans Thomas Mann, La Mort à Venise, encore et toujours Visconti.
     
    Dans le reportage d’Arte, Giuseppe semble, dès sa jeunesse, perdu pour la vie. Il ne sort pas de chez lui, vit au milieu de palais en ruines, passe son temps dans les livres. Il a quelque à dire, à raconter : ce sera l’austère noblesse de sa propre solitude. La nostalgie d’un monde perdu. La grandeur d’une souffrance intérieure. Ce sera Le Guépard.
     
    Le film d’Arte, hier soir, est le portrait d’un homme ordinaire, face à la mort. Les palais sont en déshérence, le vieux monde se meurt, la fragilité du décor demeure, le héros est seul face à l’immensité perdue de sa mémoire.
     
    C’est cela, le Guépard. Giuseppe Tomasi, Prince de Lampedusa, Duc de Palma, Baron de Montechiaro et de la Torretta, Grand d’Espagne de première classe, est mort en 1957, laissant dans une sacoche de cuir le manuscrit de son livre, dont aucun éditeur n’avait voulu. Quelques mois plus tard, le livre est publié, il fait le tour du monde, et quatre ans plus tard, c’est le film : Alain Delon, Claudia Cardinale, la scène du bal, et surtout l’inoubliable Burt Lancaster. Si le cinéma a été créé, c’est peut-être pour figer la fin d’un monde dans le regard et le visage de cet homme.
     
    Le film de Visconti, c’est une variation picturale sur le thème de deux visages : l’éclatante jeunesse de Delon, la maturité sublime et fragile de Lancaster. Mort à Venise aussi, deux visages : Tadzio, et Dirk Bogarde.
     
    Hier, j’ai compris que le Guépard, c’était Giuseppe. Un homme privé, aimable, discret. « Que fait-il de ses journées, il ne sort jamais ? ». Il contemplait en lui la fin d’un monde. Il vivait dans les livres. Il se préparait à écrire, sur le tard, juste avant le terme, l’ouvrage de sa vie. Il était un fauve magnifique, errant dans des décors perdus. Il était le Guépard, et c’est tout.
     
     
    Pascal Décaillet

    Lien permanent Catégories : Sur le vif 0 commentaire
  • Le tragique de l'Histoire

    Imprimer

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 27.10.21

     

    Il y a une chose que l’on doit enseigner à l’école, c’est le tragique de l’Histoire. Dans notre système scolaire genevois, beaucoup trop de bons sentiments. Parce que Genève abrite les organisations internationales (dont nous sommes juste les hébergeurs), elle finit par croire elle-même – et tenter de faire croire aux élèves – que cette toile tentaculaire sert à quelque chose. Et qu’il existerait, très sérieusement, des « intérêts planétaires », au-dessus des nations.

    C’est un leurre absolu. Transmettre cette illusion aux jeunes générations, ça n’est pas leur rendre service. Il faut, au contraire, leur dire la vérité. L’Histoire est tragique. Les peuples, depuis la nuit des temps, se font la guerre. La noirceur du pouvoir est partout. Nul n’y échappe : ni femmes, ni hommes, ni jeunes, ni vieux, ni gauche, ni gentil PDC, ni droite. Et chacune de ces catégories, si elle accède au pouvoir, l’exercera exactement comme tous les autres. Avec le même risque d’abus, la même arrogance, la même morgue, celle des puissants.

    Cela, les élèves doivent le savoir. L’humain ne doit pas leur être enjolivé. Mais montré tel qu’il est : maléfique, prédateur. Tous les humains ! Il faut enseigner, plus que jamais, l’Histoire politique, et économique, non à travers le prisme de la morale, mais avec l’indispensable cynisme intellectuel qui s’impose. Celui de luttes d’intérêts féroces pour la survie. Le reste, c’est du confort anesthésié de bobos urbains. Donc, du blabla.

     

    Pascal Décaillet

     

    Lien permanent Catégories : Commentaires GHI 2 commentaires
  • L'énergie doit être enseignée à l'école !

    Imprimer

     

    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 27.10.21

     

    Pénurie de matières premières. Pénurie de produits industriels. Pénurie de dérivés du plastique. Et même, pénurie de bois ! L’Allemagne, notre grand voisin du Nord, quatrième puissance mondiale, subit un ralentissement sensible de sa production industrielle, donc de l’ensemble de son économie, depuis la crise Covid. Nous les Suisses, dont l’Allemagne est le premier partenaire commercial, serons touchés par cette crise. A cela s’ajoute, au même moment, la pénurie possible d’électricité dont tout le monde parle, subitement, depuis mi-octobre. Pourquoi ce thème a-t-il soudain déboulé dans l’opinion publique ? A-t-il été instrumentalisé par le lobbyisme pro-nucléaire, qui demeure influent dans notre pays, pour tenter de réactiver ce secteur, malgré la votation populaire de 2017, qui acceptait qu’on en sorte ? C’est possible. Mais les scénarios de pénurie, et pas seulement en Suisse, sont bien réels ! Nous pourrions manquer d’électricité, avec des pannes, d’ici 2025. Dès lors, que faire ? La question est majeure. Elle en éclipse des tonnes d’autres, doit être prise immédiatement au sérieux par le gouvernement fédéral et nos 26 Conseils d’Etat cantonaux, dont celui de Genève !

     

    Alors, quoi ? Revenir au nucléaire, en travaillant sur les toutes dernières générations de centrales, comme celles au thorium ? Mettre le paquet sur les éoliennes, le photovoltaïque ? Construire 2000 petites centrales à gaz, pour un coût de 3,4 milliards ? Mélanger tous ces scénarios ? Une chose est sûre : la politique énergétique relève de la souveraineté des nations. Son importance est stratégique, au même titre que la politique de sécurité. Des autorités, fédérales ou cantonales, qui roupilleraient au lieu d’empoigner le problème, se rendraient coupables d’une impéritie gravissime, pour ne pas user d’un autre mot.

     

    L’énergie, c’est notre affaire, à tous. L’épopée des barrages, juste après la guerre, a été magnifique, mais l’hydraulique ne suffit pas à notre auto-approvisionnement. La question énergétique revient donc au tout premier plan de la scène, il en va de notre souveraineté, de notre indépendance, et au fond de notre survie comme nation, au sein de l’Europe. J’ajoute une chose : l’énergie doit être enseignée à l’école. Dès le primaire. Avec des profs qui informent, et non qui fassent leur propagande. Les enfants doivent être conscients que la lumière qui vient, lorsqu’ils appuient sur l’interrupteur, ne procède pas d’un miracle, mais d’une fabuleuse chaîne de travail, mise en œuvre par des humains, au service d’autres humains. Ils doivent apprendre, aussi, que chaque nation roule pour elle-même. Que chacune est responsable de son destin. Que les intérêts supérieurs de l’une ne sont pas les mêmes que ceux de l’autre. Et que la souveraineté énergétique est l’un des moteurs de la survie, comme nation indépendante. Tout cela, oui. Et certainement pas les niaiseries de grande fraternité planétaire que d’aucuns leur chantent, aujourd’hui, à longueur de journées. La réflexion sur l’énergie exige cynisme, rigueur et lucidité. Cela doit s’exercer dès les plus jeunes années.

     

    Pascal Décaillet

    Lien permanent Catégories : Commentaires GHI 1 commentaire
  • Les nuances de noirceur de nos folies

    Imprimer

     
    Sur le vif - Mercredi 27.10.21 - 10.43h
     
     
    Il est de bon ton de condamner la haine. La justice est encombrée de plaintes pour "appel à la haine". Le législateur a cru bon, pour satisfaire la tiédeur du temps, de criminaliser ce sentiment. Ce mot, qui relève de la morale, s'invite dans le débat politique. Il sert de prétexte à la censure, l'étouffement des idées non-conformes. Il est devenu le passe-partout de la bonne pensée, celle qui régit l'orthodoxie de l'expression publique.
     
    Le problème, c'est que la haine existe. Tout comme l'amour, dont elle n'est que le revers. Elle existe, elle fait partie de la nature humaine. Elle est en chacun de nous, à l'état de sommeil et parfois en phase de réveil. Je veux bien qu'il existe quelques humains délivrés de ce sentiment, tant mieux pour eux, qu'ils nous inondent de leur bonté. Mais rien n'y changera : la haine habite l'humain, se révèle dans les phases de crise. N'en point parler, ou en faire le mot-valise du moralement correct, n'en altérera en rien l'existence.
     
    C'est le grand leurre de notre monde. En censurant l'expression d'un sentiment, on s'imagine qu'on va le faire disparaître. Alors qu'on le renforce, dans les tréfonds. C'est valable pour la haine. Pour le rapport à l'Autre. D'immenses courants de rejet massif, individuels ou collectifs, traversent nos sociétés. Interdire, dans la loi, l'expression de ces mouvements, c'est ranger la poussière sous le tapis.
     
    L'humain est capable d'amour. Et il est capable de haine. Il peut accepter l'autre. Mais il peut le rejeter. Notre nature est complexe, contradictoire, protéiforme, tissée d'un peu de raison, et pourtant enracinée dans l'irrationnel. J'ai, pour ma part, une lecture pessimiste de ce que nous sommes, les humains. Enfants de la terre, non du ciel ! Fils et filles de la perdition. Combattants suprêmes, dans des guerres perdues, maudites, sans retour.
     
    Si on parle d'amour - à quoi rien ne nous oblige - alors il faut accepter de parler de haine. Reconnaître sa présence. Ses causes, ses fondements. Prendre l'humain dans sa totalité. Dans toutes les nuances de noirceur de sa folie.
     
     
    Pascal Décaillet

    Lien permanent Catégories : Sur le vif 1 commentaire
  • Facebook ? Mais c'est génial !

    Imprimer

     
    Publié sur mon site FB - Mardi 26.10.21 - 18.05h
     
     
    Ils n'en peuvent plus ! Les médias traditionnels, journaux et RTS, n'en peuvent plus de casser du sucre sur Facebook. Voilà des années que dure ce petit jeu. Maintenant, ça suffit.
     
    Les réseaux sociaux, notamment celui-ci, sur lequel vous me lisez, sont une invention extraordinaire. Chacun d'entre nous peut s'exprimer. La traditionnelle lettre de lecteur, envoyée à un journal, courrier A, en espérant que le service ad hoc voudra bien retenir votre point de vue, c'est le Moyen-Âge ! A part les personnes âgées, victime de la fracture numérique, il faut vraiment être d'un autre monde pour en faire encore usage.
     
    Je suis un homme d'éducation très classique, en aucun cas un surexcité de la nouveauté technique. J'ai fait du latin, du grec, j'ai puissamment aimé - et aime encore - les littératures grecques et allemandes, j'aime les livres, ils ont fait ma vie.
     
    Mais désolé, Facebook (j'ai choisi ce réseau il y a une décennie, et me suis tenu à celui-là, seul), pour moi c'est génial. Je l'utilise comme Journal politique, littéraire et musical. Ou alors, comme vitrine de mon travail : mise en ligne d'émissions, annonce de grands rendez-vous télévisuels. Ou encore, l'été, pour y poster des photos de montagne, ou de mes voyages en Allemagne. J'y publie, simultanément à mon blog, les 144 épisodes de ma Série sur l’Histoire allemande, de 1522 à nos jours. C'est tout. Pas de vie privée. Pas de commentaires sous les écrits des autres. Même pas sous les miens, jamais. Globalement, j'adore ce réseau, je commence et finis ma journée avec lui, j'y fais des découvertes exceptionnelles : Histoire, littérature, musique, archives. Bref, j'y suis heureux.
     
    Bien sûr, il y a, sur ce réseau, toute une quantité d'abrutis qui abusent de la liberté d'expression pour salir, se livrer à la délation, appeler aux meutes. C'est inadmissible, assurément.
     
    Mais enfin, ces nuisibles, ils sont partout. Dans la vie. Dans les journaux. Dans la rue. Le réseau n'est qu'un miroir du monde.
     
    Quant aux médias traditionnels, avec leurs grands donneurs de leçons, sur les "fausses nouvelles" (pardonnez-moi, je parle français), "l'info vérifiée", "la nécessité du journalisme pour la démocratie", ils feraient mieux de s'interroger un peu sur eux-mêmes. Pensée unique. Rapport souvent servile au pouvoir, d'où qu'il vienne. Incapacité à se remettre en question. Doxa dominante au sein des rédactions. Peur des pairs. Surtout ne pas leur déplaire. Alors, au lieu d'écrire pour le vaste public, on s'adresse à ses semblables : le début de la fin.
     
    Facebook est imparfait, truffé d'abrutis, c'est possible. Exactement comme la vie. Elle nous heurte, elle nous déçoit, elle nous livre son lot de trahisons. D'immondes cafards nous épient. Derrière notre dos, ça jacasse, ça caquette. Pourquoi le miroir de la vie serait-il épuré des défauts de la vie elle-même ?
     
    Vous venez de me lire, ici, sur un réseau social, je vous en remercie. Je me suis exprimé, vous avez pris connaissance de mon point de vue. Vous pouvez à tout moment, vous aussi, sur votre site, votre "profil", aligner des mots. Par les chemins de la Raison, ou les traverses de la passion. Comme vous voudrez. Vous êtes libres. Écrire, ou ne pas écrire. Parler, ou vous taire. Vous réjouir, ou fulminer. Oui, ici nous sommes libres. Et ça fait un bien inimaginable.
     
     
    Pascal Décaillet
     

    Lien permanent Catégories : Sur le vif 1 commentaire
  • La mode "sociétale", soubrette du pouvoir

    Imprimer

     
    Sur le vif - Mardi 26.10.21 - 10.35h
     
     
    Les classes dominantes auraient inventé les questions "sociétales" pour distraire le pékin moyen de ses turpitudes quotidiennes, elles ne s'y seraient pas prises autrement. Vieille alliance, qui date de Mai 68.
     
    Car il y a eu deux Mai 68. Celui des ouvriers, géré de main de maître par la CGT et le Parti communiste. Dès qu'ils ont arraché les Accords de Grenelle, ils se sont immédiatement retirés du jeu : un SMIC haussé de 35%, c'était au-delà de toutes leurs espérances. A cela s'ajoute une chose : les familles ouvrières, en France et ailleurs, surtout celles qui votaient communiste et aujourd'hui Rassemblement National, sont plutôt conservatrices dans leur structure et leurs rapports internes, et surtout totalement insensibles au blues des enfants de bourgeois, dans la rues de Saint-Germain des Prés.
     
    L'autre Mai 68, ce sont eux, les gosses de bourgeois. Lycéens, universitaires. Trotskistes. Maoïstes. Libertaires. Hitler, connaissent pas. L'Histoire, connaissent pas. De Gaulle, qui préside leur pays, connaissent pas : ils ne voient en lui qu'un vieillard, n'ont aucune idée de ce qu'il a fait pour la France, depuis trois décennies.
     
    Autant je comprends et respecte parfaitement le mouvement ouvrier, qui s'est battu pour de meilleures conditions sociales et salariales. Autant je hais - le mot est faible - l'éruption libertaire, la coupure amnésique de l'Histoire, des étudiants gueulards et incendiaires de bagnoles. Le slogan "CRS-SS !" est une honte absolue. Il sonne bien, mais l'assimilation est scélérate, immonde, dégueulasse. Personne ne le dit ? Moi si, depuis 53 ans.
     
    Nous sommes en 2021. Revoilà le même front, les mêmes alliances. Un vrai pouvoir, celui des élites mondialisées, ultra-libérales, détestant les nations, les patries, ne connaissant rien à l'Histoire. Le seul moyen, de droite ou de gauche, pour combattre cette pieuvre, c'est la ferveur républicaine. Chaque pays, selon son génie propre. Chez nous en Suisse, c'est le pouvoir aux citoyennes et citoyens, la démocratie directe, le combat pour une école forte, qui transmet des connaissances, et ne se contente par de "socialiser".
     
    Faire la guerre à la pieuvre, c'est aussi mettre en avant les VRAIS PROBLÈMES des gens, à commencer par ceux des classes moyennes : pouvoir d'achat, fiscalité confiscatoire sur le fruit du travail, primes maladie, soins dentaires, prix des médicaments, prix de l'essence et des combustibles de chauffage, etc.
     
    Tartiner les consciences, à longueur de journées, avec des questions de genre, ou de couleur de la peau, ou de relecture culpabilisante de notre Histoire, n'attaquera en rien le vrai pouvoir en place. Ce dernier est économique et financier, mondialisé. Que le pékin - et la pékine - se turlupinent les méninges avec de puissantes questions "sociétales", que le nouveau héros de la RTS soit le chercheur en sciences sociales de l'Université de Lausanne, tout cela les arrange très bien, les vrais dominants. Ca distrait la galerie. Ca conforte leur pouvoir.
     
    La très vieille alliance libéraux-libertaires, née sous Louis-Philippe. Adolescente en Mai 68. Cacochyme en 2021. Mais sonore. Et polluante.
     
     
    Pascal Décaillet
     

    Lien permanent Catégories : Sur le vif 2 commentaires
  • La droite, Rethondes, la survie des âmes

    Imprimer

     
    Sur le vif - Lundi 25.10.21 - 18.07h
     
     
    Tant que la droite parlera le langage de la gauche, allant jusqu'à reprendre mot à mot les mantras lexicologiques des Verts, "transition", "urgence climatique", "sortie du nucléaire", chaque syllabe qu'elle prononcera sonnera comme l'aveu d'une défaite, l'acceptation d'un armistice, un Rethondes de la pensée.
     
    Car la langue, en politique, n'est pas rien. D'elle, tout procède. Le choix des mots vous identifie. Reprendre ceux de l'adversaire, c'est déjà reconnaître qu'on a perdu. Alors, plus qu'à signer le document qu'il vous aura placé sous les yeux, une griffe à gauche, une griffe à droite, ne craignez rien, notre secrétaire d'état-major vous enverra les copies. Bienvenue à Rethondes.
     
    Il fut un temps, lointain, où la droite exerçait un magistère. Par son verbe, sa culture, son champ de références, ses écoles de pensée, elle était, dans toute sa diversité, un pilier de la Cathédrale intellectuelle où pouvaient s'élever les voix qui comptent, en politique.
     
    C'est fini, depuis longtemps. Capitulation en Mai 68, et dans les années qui suivirent. Débandade avec le libéralisme et l'argent-roi, depuis trente ans. Copié-collé des mots de gauche, aujourd'hui ceux des Verts, demain un autre.
     
    L'urgence première de la droite, c'est de retrouver un magistère. Pour cela, elle devra s'immerger dans l'Histoire, s'imprégner des grandes écoles d'idées, retrouver le goût d'écrire et de parler, se réinventer un style.
     
    La guerre, plus que jamais, est culturelle. C'est la plus féroce de toutes. Parce qu'elle engage la survie des âmes.
     
     
    Pascal Décaillet

    Lien permanent Catégories : Sur le vif 1 commentaire
  • La becquée - Les oisillons - La prédation

    Imprimer

     
    Sur le vif - Lundi 25.10.21 - 10.38h
     
     
    Dans les débats budgétaires, il y en a toujours un pour vous balancer l'expression "les besoins de la population". Les oisillons, dans le nid, en attente de la becquées providentielle de l'Etat. Il faudrait augmenter les "recettes" de l'Etat, pour garantir cette mission céleste d'approvisionnement. Et pour augmenter les "recettes", il faut bien sûr augmenter l'impôt.
     
    Le mot "recettes" relève d'un un choix lexical bien précis. Moi, j'appelle ça prédation. Rapine. L'Etat tentaculaire, par nécessité d'assurer son propre fonctionnement, multiplie les ficelles pour faucher l'argent des classes moyennes. Ceux qui paient des impôts ! Quelque 38% des Genevois, en âge de contribuer, n'en paient pas, ce qui constitue d'ailleurs un problème.
     
    Il ne faut donc pas dire "recettes". Il faut dire "prédation".
     
    Et puis, les "besoins de la population". Tout le monde le reconnaît : ils sont principalement dus, à Genève, à la pression de l'immigration. Et je ne parle pas ici de médecins allemands, qualifiés et sérieux, ni d'ingénieurs français, ni de chimistes italiens ! Je fais allusion à une autre immigration, vous voyez très bien laquelle, qui vient chez nous pour prendre, et prendre seulement.
     
    On parle des "besoins de la population". On reconnaît qu'ils augmentent de façon exponentielle avec l'immigration non-contrôlée, ce qui est d'ailleurs contraire au mandat constitutionnel du 9 février 2014. Mais pour autant, on se refuse à empoigner le problème à sa racine : l'immigration elle-même !
     
    Cette hypocrisie de la gauche et de la droite molle nous perdra tous. Parce qu'elle n'ose pas dire les choses. Nommer le problème. Déranger la torpeur consensuelle autour des flux migratoires, celle qui arrange un certain grand patronat profiteur et peu patriote.
     
    Alors, on s'invente des missions du ciel. Venir porter la becquée aux oisillons. En délestant, toujours un peu plus, les classes moyennes. Les gens qui se lèvent le matin. Et qui vont bosser.
     
     
    Pascal Décaillet

    Lien permanent Catégories : Sur le vif 0 commentaire