Liberté - Page 2

  • Deutsches Requiem : sublimation d'une langue

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    Sur le vif - Jeudi 11.02.21 - 23.49h
     
     
    Depuis l'adolescence, et mon premier contact avec cette œuvre immense, le Deutsches Requiem accompagne ma vie. J'ai déjà posé, ici même et sur mon blog, les fondements textuels (traduction de la Bible par Luther) et musicologiques qui servent à Brahms de matériau pour façonner son monument. C'était, le 31 juillet 2015, l'épisode no 9 de ma Série Allemagne en 144 épisodes. https://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2015/07/31/serie-allemagne-no-9-leipzig-1869-ein-deutsches-requiem-269083.html
     
     
     
    Là, je viens de l’écouter, une fois encore, sur l'excellente chaîne Stingray Classica. Cette œuvre parle au cerveau. Et elle irradie les sens. Elle s'en va chercher, au plus profond de chacun de nous, comme une totalité enfouie, qu'elle reconstituerait, le temps d'un concert. Comme chez Wagner, chez Richard Strauss, chez Arnold Schönberg, il y a la restitution, dans un moment de grâce, d'un fil invisible qui guiderait nos vies. Et cela passe par la langue de Luther, et par les notes de Brahms.
     
    Chaque professeur d'allemand devrait faire écouter ce monument à ses élèves. En le plaçant dans son contexte historique (l'Unité allemande), mais aussi linguistique et musical.
     
    Le Deutsches Requiem est un moment de l'Histoire de la musique. Et il est une étape décisive dans le destin allemand. Il est, aussi, un acte de révélation dans la saisissante Histoire de la langue allemande elle-même, quelque part entre les Frères Grimm et Bertolt Brecht, le magicien qui enfante les mots. Cela, il faut le raconter aux élèves. Et ils aimeront - certains avec passion - la culture germanique.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Petites annonces

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    Sur le vif - Jeudi 11.02.21 - 12.33h

     

    Ancien Maire de Bernex cherche bergerie à retaper dans le Larzac. Piste cyclable indispensable. Écurie pouvant être transformée en garage à vélos. Espace méditation, pour salutations au soleil et dégustation de tomes maison, chèvres et brebis. Sabots à disposition. Puits d'eau glacée, dans la cour intérieure. Latrines à moins de quinze minutes. Silence et fraternité. Parking voitures à 33 kilomètres, à condition d'avoir le macaron de la Préfecture, le reste à pied ou à vélo, dans la joie partagée de l'ascension finale. Écrire sous chiffres. Ou, sous poste restante, Tour Baudet, Genève.

     

     
    Pascal Décaillet
     
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  • Mathias Reynard : le feu !

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    Sur le vif - Mercredi 10.02.21 - 10.52h
     
     
    Mathias Reynard : cet homme-là, c'est le feu ! Je ne partage pas ses idées, mais quel tempérament politique ! Quelle joie d'en découdre, quel sourire dans la tourmente, quelle fougue de combattant ! Voilà un homme qui me semble aimer les causes, aimer les gens, aimer son Vieux Pays. Une carrure politique de tout premier plan. Un Conseil d'Etat avec Christophe Darbellay ET Mathias Reynard, et puis éventuellement trois autres quand même, ne manquerait ni d'allure, ni de feu.
     
     
    Pascal Décaillet

     
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  • Je hais les groupes

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 10.02.21

     

    Je hais les groupes. Les groupes PRO, les groupes ANTI, tous les groupes. Je hais les « collectifs », et ce besoin de s’agglutiner sous une même bannière, pour faire valoir une idée. Les associations, les partis, ne sont pas pour moi.

     

    Que chacun d’entre nous ait le courage de parler pour soi, en signant de son nom et de son prénom. Un texte, un homme (ou une femme). Un texte, un individu. Un texte, un caractère, une souffrance, un passé, des cicatrices, un destin d’humain sur la terre. Mais par pitié, pas de signatures collectives, pas de groupes !

     

    Quand je vois, dans les journaux, des lettres de lecteurs suivies de plusieurs signatures, je vois rouge. Comment voulez-vous écrire à plusieurs ! Soit il n’y a qu’une plume, et les autres n’ont fait que co-signer. Soit ils se sont passés le brouillon, et alors bonjour le pataquès !

     

    Un texte, une prise de position, ça engage une responsabilité individuelle, une conscience, une solitude. Et cet être seul, qui publie, interpelle tous les autres. Et il en répond ! C’est son texte, sa pensée, sa vision, c’est son style. Ces choses-là ne se transmettent pas. La responsabilité, l’autorité (du mot « auteur ») sur le texte ne se liquéfient pas dans le marécage d’un « collectif ». C’est une question de rapport à la langue. C’est une question de courage, de prise de risque. Chacun s’exprime, chacun en assume les conséquences. Trop facile de se réfugier derrière le grégaire. Trop facile de fuir ses responsabilités.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Le Conseil d'Etat est déjà à gauche !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 10.02.21

     

    Certains, à droite, semblent comme paniqués. Ils déclarent, l’air grave et pénétré, que le Conseil d’Etat, en cas de victoire de la candidate Verte, Fabienne Fischer, à l’élection complémentaire des 7 et 28 mars prochains, passera à gauche. Ce qui, selon eux, serait une catastrophe. C’est juste s’ils ne nous refont par le coup des chars soviétiques sur les Champs-Élysées, comme la droite française au printemps 1981, à l’approche de l’élection de François Mitterrand. Eh bien, nous sommes là pour les rassurer : le gouvernement genevois n’aura en aucun cas besoin de passer à gauche : il y est déjà ! En voici la démonstration.

     

    Dans le sextuor en place, non concerné par la complémentaire, puisqu’élus en 2018 pour cinq ans, donc jusqu’au printemps 2023, il y a déjà trois élus de gauche : les socialistes Anne Emery-Torracinta et Thierry Apothéloz, le Vert Antonio Hodgers. Pour ces trois-là, aucun problème : ils ont annoncé la couleur, fait une campagne de gauche en 2018, été élus, ils sont cohérents et loyaux avec leurs électeurs. Et puis, il y a deux magistrats de droite, élus en 2018 sur des thèmes de droite, qui font ouvertement, dans leurs dicastères respectifs, une politique de gauche ! Trois + deux, cela fait cinq, la majorité de gauche au Conseil d’Etat est claire.

     

    Ces deux transfuges, ce sont la PLR Nathalie Fontanet et le PDC Serge Dal Busco. La première, après une excellente campagne et un fort bon début de législature, a complètement tourné casaque dans sa politique financière, depuis la crise sanitaire. Mme Fontanet, ministre genevoise des Finances, est libérale. Elle est issue (tout comme le candidat Cyril Aellen) de cette frondeuse députation qui, toutes ces dernières années, n’avait de cesse de monter au front pour dénoncer les déficits annuels de Genève, et plus encore la dette cantonale. Eh bien, depuis bientôt trois ans, Mme Fontanet est aux Finances, les déficits augmentent, la dette aussi. Pire : la Grande Argentière entre en matière sur l’opportunité de cette dette, brisant ainsi un tabou dans son propre camp. En clair, nous les contribuables, ainsi que nos enfants, nous allons passer à la caisse pour rembourser le service de cette dette. Cela, pourquoi personne ne le dit jamais ?

     

    Deuxième exemple, Serge Dal Busco. Le ministre des Transports a capitulé sans condition devant la gauche. Il nous gratifie, depuis le début de la législature, mais de façon aggravée à mesure que le temps passe, d’une politique qui serait exactement celle d’un magistrat Vert, ou socialiste. La seule idée d’une piste cyclable semble embraser ses rêves. Il ne parle plus que mobilité douce, diminution du trafic, priorité aux transports publics. Encore un peu, et on va entendre surgir du « transfert modal » et des « reports de charges », dans son langage. Pour l’électorat Vert, ce ministre est parfait. Pour les cyclistes, il a les vertus d’une icône. Pour le bon peuple de la droite cassoulet (cousine populaire de la gauche caviar), pour les livreurs, les fournisseurs, c’est un peu plus pénible.

     

    Trois + deux, cela fait cinq. Dans tous les cas, le Conseil d’Etat est à gauche. Et le restera jusqu’en 2023.

     

    Pascal Décaillet

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  • DIP : Bonne nuit, les petits !

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    Sur le vif - Mardi 09.02.21 - 16.13h
     
     
    Formation : en Valais, Christophe Darbellay prend une décision, souvent excellente et innovante, toutes les trois minutes. À Genève, on roupille ! On donne l'impression, en tout cas, de toujours subir, toujours arriver après, ne jamais dicter l'agenda. Elle fait quoi, toute la journée, l'armada des secrétaires généraux ? Un nouveau capitaine, sur le pont, avec une vision politique, audacieuse, et non administrative, serait le bienvenu. Attendre à tout prix 2023 pour cela, c'est jouer avec l'avenir de notre jeunesse.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Sur le mode de Georges Perec

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    Sur le vif - Mardi 09.02.21 - 13.33h
     
     
    Je me souviens de la DDR.
     
    Je me souviens des cabines téléphoniques.
     
    Je me souviens des bottins.
     
    Je me souviens du Ciné-Bref.
     
    Je me souviens du Stade des Charmilles.
     
    Je me souviens du Palais des Expositions, à Carl-Vogt.
     
    Je me souviens des VW Coccinelles de la Police.
     
    Je me souviens du MCG.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Dérivatif vestimentaire !

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    Sur le vif - Mardi 09.02.21 - 08.41h
     
     
    Je déteste la campagne burqa, tout comme j'avais détesté la campagne minarets. Je perdrai. J'accepterai le résultat. C'est le jeu.
     
    Ce qui me révolte, c'est qu'on fait flamber les esprits de nos compatriotes, pendant trois mois, avec ce bout d'étoffe, pour lequel je n'éprouve certes aucune sympathie.
     
    Dérivatif vestimentaire ! Que pèse-t-il, intrinsèquement (une fois épuré des fantasmes qu'il charrie), face aux VRAIES préoccupations des Suisses : crise économique et sociale induite par la crise sanitaire, fermeture de dizaines de milliers de PME, faillites en perspective, chômage, primes maladie qui repartent à la hausse, classes moyennes qui étouffent sous le poids de la fiscalité, dette qui augmente, pouvoir d'achat qui part en fumée, jeunesse sans travail, retraités qui comptent leurs sous ! Et voilà de grands esprits géométriques, logés aux meilleures enseignes philosophiques, qui nous parlent à longueur de journées de la burqa !
     
    La souffrance économique et sociale, voilà les vrais problèmes de nos compatriotes. La burqa n'en est pas un. Il est monté de toutes pièces par les auteurs de l'initiative. Ils gagneront. Je perdrai. On inscrira ce bout d'étoffe dans notre Constitution. Et je continuerai à m'intéresser, sans relâche, aux VRAIS problèmes de fond, économiques et sociaux, qui brassent et agitent notre pays.
     
     
    Pascal Décaillet

     
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  • Burqa : bravo, Pierre Kunz !

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    Sur le vif - Lundi 08.02.21 - 21.42h
     
     
    Bravo à Pierre Kunz, qui ose un texte courageux - car évidemment minoritaire - pour dire NON à l'initiative anti-Burqa.
     
    L'ancien député radical, qu'on ne saurait soupçonner de collusion avec un quelconque fondamentalisme religieux, rappelle les réalités de l'Islam de Suisse, et montre à quel point l'objet même de l'initiative est quasiment inexistant dans notre pays. Dès lors, pourquoi l'ancrer dans notre Constitution fédérale ?
     
    Le texte de Pierre Kunz rejoint largement ma prise de position, ici même, il y a quelques jours, contre cette initiative.
     
    Il est bien clair que nous perdrons largement, Pierre Kunz et moi, le 7 mars. L'initiative passera sans problème. Nous en accepterons bien évidemment le résultat, nous sommes parfaitement respectueux de notre démocratie directe suisse.
     
    Nous perdrons. Mais nous aurons donné nos arguments. Pour ma part, je ne me suis jamais, de toute ma vie, prononcé sur une initiative en fonction de ses chances de résultat, pour me frotter les mains d'être dans le camp des vainqueurs. Mais en fonction de mes convictions profondes.
     
    En l'état, j'en ai. Non sur la burqa, pour laquelle je n'éprouve nulle sympathie. Mais sur l'Islam, qui m'intéresse de près, dans toute ses complexités historiques, depuis mon enfance, et dont je déteste la stigmatisation, à fins électorales.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Rivages bienvenus

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    Sur le vif - Lundi 08.02.21 - 18.02h
     
     
    Il est excellent qu'Ignazio Cassis se déplace au Sénégal, et que la Suisse ait une politique africaine ambitieuse et fraternelle.
     
    On aimerait que le ministre affiche le même intérêt pour le monde arabe. En Afrique du Nord. Au Proche-Orient. Au Moyen-Orient. Et pour le monde persique, au-delà des régimes.
     
    Une partie de ce monde, ces dernières années, a pu légitimement se sentir exclue par certains propos du chef de la diplomatie suisse. On pense en priorité aux Palestiniens, ceux de Jérusalem-Est, de Cisjordanie et de Gaza.
     
    Il y a d'autres tropismes, sur la planète, que l'inféodation à l'atlantisme. Dans cette audace, la Suisse doit donner l'exemple. En se montrant inventive, affranchie des puissants, ouverte aux cultures, aux langues et aux enjeux de l'Orient compliqué.
     
    On aimerait que nos écoles, en Suisse, initient les élèves, avec nuances et compétence, aux civilisations de ces pays-là. Ça nous éviterait bien des préjugés. Et bien des confusions.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • La vie partagée, pour tous

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    Sur le vif - Lundi 08.02.21 - 14.49h
     
     
    Je crois de moins en moins aux débats avec, à la fin, un vainqueur et un vaincu. Pourquoi diable faudrait-il calquer la joute politique sur les antiques tournois, où l'un devrait triompher, et l'autre, suffoquer ?
     
    A ce jeu de vie et de mort, préférons la vie partagée, pour tous. Deux êtres s'affrontent, sans concessions sur le fond, mais avec respect. Les arguments s'entrechoquent, le verbe fuse, bref on s'explique. Chacun amène, dans le royaume inattendu du verbe, sa part de vie.
     
    Dans les fan's clubs de l'un et de l'autre, rien ne change. On se conforte dans le statu quo. On estime, de toute façon, que son champion a écrasé l'autre. On bombe le torse, on astique le prétendu vaincu, on se congratule entre soi, dans le camp des meilleurs.
     
    Pour les indécis, c'est, Dieu merci, plus subtil. On retient quelques chocs d'étincelles, une parole, un contrechamp, un regard. On hésite encore, ou pas.
     
    Je suis pour la clarté des mots, des idées, des attitudes, pour la réalité du combat. Mais je refuse absolument l'humiliation de l'un des deux. Je suis pour le respect. Et je suis pour la vie.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Madame Fontanet, songez au plus grand nombre !

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    Sur le vif - Dimanche 07.02.21 - 16.39h
     
     
    Madame Fontanet, regardez SVP les VRAIS PROBLÈMES de la population genevoise : économie exsangue, retraites qui stagnent, primes qui s'envolent, classes moyennes qui étouffent sous VOTRE pression fiscale, pour payer VOTRE dette, puisque désormais vous en acceptez le principe, pouvoir d'achat qui s'effondre.
     
    Comment, dans ces conditions, ne pas prendre comme un écran de fumée, ou un paravent sémantique et rhétorique, votre Croisade sociétâââle ? Parler d'autre chose, pour faire oublier l'essentiel.
     
    Madame Fontanet, songez SVP au plus grand nombre. Ceux qui souffrent de la crise. Ceux qui n'en peuvent plus de payer, et ne peuvent pas mettre un sou de côté. Ceux dont personne ne parle jamais, parce que prendre leur défense ne relève d'aucune mode. Ils sont innombrables, c'est pour eux que nous tous, citoyennes et citoyens de ce canton, devons nous mobiliser à fond.
     
    Les questions sociétâââles ? Nous les traiterons aussi. Nous n'en sous-estimons pas la substance. Mais désolé, le degré d'urgence, et surtout la masse des gens concernés, n'ont strictement rien à voir. On doit faire de la politique en priorité pour le plus grand nombre, sauf à sombrer dans une béatitude bobo à laquelle, jusqu'à récemment, vous me sembliez heureusement avoir échappé.
     
    Alors, désolé de vous le dire, mais votre credo sociétâââl, s'il a certes la fougue des néo-convertis, apparaît comme particulièrement décalé, en termes d'urgence, dans les circonstances actuelles, à une bonne partie de la population.
     
    Je pensais jusqu'ici que ce décalage était la marque de fabrique d'une certaine gauche bobo-urbaine, branchée, déracinée de la classe ouvrière et du prolétariat. Je ne pensais pas qu'il irait jusqu'à contaminer la magistrate compétente que vous êtes, soucieuse du bien public.
     
    Je m'étais apparemment trompé. Comme sur votre collègue M. Dal Busco, qui ne rêve plus que mobilité douce, pistes cyclables, transferts modaux, et reports de charges.
     
    Nous sommes bien peu de choses face à la ductilité de la nature humaine.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Les primes s'envolent ! Et personne ne bronche ?

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    Sur le vif - Dimanche 07.02.21 - 14.24h
     
     
     
    Et les primes qui vont encore augmenter drastiquement, cet automne, pour 2022 ! Et les Suisse qui découvrent cela, en lisant la Sonntagszeitung, ce matin ! Et le gentil M. Berset qui continue de promener, dans tout le pays, un visage de père tranquille de la nation. Et ses homologues, ministres de la Santé, dans les cantons, omniprésents dans les "points presse" (quel odieux anglicisme !), avec leurs grands airs d'experts !
     
    Mais où est passé, dans le public, le sens le plus élémentaire de la responsabilité qu'implique un engagement dans un exécutif ? Ce pacte avec le peuple, cette parole donnée, et respectée, qui, en sept mois (18 juin 1954 - 7 février 1955), avaient fait de Pierre Mendès France le seul véritable homme d'Etat de la Quatrième République ?
     
    D'où vient cette gentillesse des Suisses, qui confine franchement à l'obédience aveugle, face à leurs "autorités" ? Mais enfin, personne n'est obligé de devenir Conseiller fédéral, ni Conseiller d'Etat ! Ceux qui occupent ces postes l'ont voulu, ils ont tout fait pour y parvenir, ils ont écrasé des concurrents, ils règnent en plaçant leurs hommes, ils bétonnent leur place au pouvoir. Et il faudrait, Dieu sait pourquoi, les ménager ! Se prosterner. Leur faire confiance à tout prix : "Leurs journées sont longues, les pauvres, ils n'ont pas la vie facile !".
     
    Nous devons rétablir, pour les ministres, cantonaux ou fédéraux, le principe élémentaire de responsabilité. Ils s'engagent sur des projets. Ils réussissent, ou ils échouent. Dans le second cas, il doivent tout simplement partir. Sans haine de la part du peuple. Sans jugement de valeur sur leur personne. Sans les écarter du corps social. Mais simplement parce que, dans le principe de responsabilité, comme un général dans une bataille, ils n'ont pas réussi.
     
    Si les Suisses laissent passer benoîtement cette annonce sur la hausse des primes cet automne, sans songer à appliquer à personne le principe de responsabilité, alors tant pis pour eux. Il n'est pire soumis que celui qui s'en accommode.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Le droit de vote appartient aux nationaux

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    Sur le vif - Dimanche 07.02.21 - 01.38h
     
     
    Le droit de vote doit appartenir aux nationaux, et à eux-seuls. Aux membres de la communauté nationale, avec ses droits et ses devoirs. À ceux qui ont servi, et servent encore, cette communauté.
     
    Les nations, les frontières, la préférence aux nationaux, tout cela a un sens. Fruit d'une Histoire, d'une mémoire, d'un rapport au passé, à la durée, à la continuité. Souffrances communes, cicatrices communes, valeurs communes, c'est cela qui crée le sentiment d'appartenance.
     
    En allemand, cette émotion partagée porte un très beau nom, sur lequel, comme vous savez, j'ai beaucoup travaillé : cela s'appelle Gemeinschaft. Il y eut un moment, à partir des années 1770, où les Allemagnes prirent congé de l'Aufklärung, ces Lumières blafardes d'abstraction universelle, pour se plonger à corps perdu dans les retrouvailles avec leur langue, la richesses de leurs mots, de leurs dialectes, de leurs récits : ce fut le Sturm und Drang, puis le Romantisme. Ce fut le travail exceptionnel des Frères Grimm sur le trésor lexical de la langue allemande. Ce sont ces valeurs, ces démarches, qui constituent la Gemeinschaft. Et qui jettent les bases d'une nation. Nous sommes au cœur du sujet.
     
    Ceux qui veulent donner le droit de vote à toute la population, juste parce qu'elle est là, obtiendront exactement le contraire de leurs desseins. Ils feront monter, du cœur blessé des patriotes, la rage légitime de se voir dépossédés, au profit d'un maelström indifférencié, de l'acte majeur de leur qualité citoyenne : pouvoir décider du destin national. Cette différence est leur fierté, ne jouons pas avec cela.
     
    L'humanité n'est absolument pas universelle, du moins dans l'ordre politique. Elle est l'addition de nations différentes, surgies de souches multiples, avec, pour chacune, son Histoire propre, ses mythes fondateurs, ses tensions internes, son rapport à la langue, aux mots, ses lieux de mémoire. Aucune Histoire nationale ne peut être reportée sur une autre. Chacune doit être étudiée en soi, dans ses particularités. Ca passe par la langue, par les mots, par les récits. Le concept d'Histoire universelle est une imposture de Grand Horloger, déracinée du réel, glacée d'abstraction.
     
    Si un étranger veut voter, il doit d'abord accomplir le chemin de naturalisation. Il doit entrer, doucement, en prenant soin de frapper à la porte, dans cet univers de représentation (Darstellung) qui fonde une communauté nationale. Ceux qui, motivés, pleins de cœur pour leur pays futur, heureux d'en étudier l'Histoire et les institutions, se frottent à ce rite, constituent un exemple pour tous. Ils nous rappellent nos propres valeurs. Ils régénèrent notre sève nationale.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Le jaune du ciel, les secrets du passé

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    Sur le vif - Samedi 06.02.21 - 11.44h
     
     
    Ce matin, le ciel affiche le jaune sépia des albums de photos de nos parents. Me revient en mémoire l'une d'entre elles, ma mère au sommet du Catogne, 1940 ou 1941. C'était quelques mois avant qu'elle ne tombe dans une vertigineuse crevasse, au glacier d'Orny, sur la route de la Cabane du Trient (1942). Elle en ressortira après des heures d'angoisse, hissée par une corde. Mon père, et le gardien de la Cabane d'Orny, M. Formaz, l'avaient sauvée. Incarcérée dans les glaces, elle avait prié la Vierge, sur son médaillon. Cet épisode lui ôtera pour la vie, contrairement à mon père, le goût de la haute montagne. Dès lors, pour toute ma vie, le goût de la montagne, la passion du travail, c'était mon père ; la nostalgie et les livres, la sensibilité aux mots, c'était ma mère.
     
    Le ciel jaune de Genève donne l'impression de nous inclure vivants dans ce qui sera, un jour, un témoignage du passé : "Tu te souviens du 6 février 2021 ?", un peu comme "Tu te souviens de ce même 6 février, en 1934, à Paris, quand les Ligues ont tenté le coup de force ?", ou encore : "Tu te souviens de la neige de 1985, à Genève ?".
     
    Le ciel jaune de ce matin restera dans nos mémoires. Je le regarde, il me fait un peu peur, une peur d'enfant face à ces albums de ses parents, années vingt, trente, quarante, Valais, Allemagne, montagne, familles nombreuses réunies dans les fêtes, mariages, baptêmes, grillades de famille sur les bords du Trient ou dans le Val Ferret. Et puis, mes quatre grands-parents, qui hélas me furent tous inconnus : Maurice Rausis meurt en 1925 (à 33 ans), Emma en 1959 (je n'avais que quelques mois), Emile Décaillet en 1941, Marie en 1951.
     
    Le jaune de ce matin m'envahit comme la puissance du passé. Quand on n'a connu aucun de ses quatre grands-parents, on a besoin de remonter dans l'Histoire. Cela m'est advenu incroyablement tôt. Savoir ce qui s'est passé avant moi. Ce qu'on dit, et ce qu'on cache. La part du mythe, celle du réel. Toute une vie, pour corriger, ou tout au moins affiner sa vision d'une époque. C'est pour cela que je me suis lancé, en 2015, dans une monumentale Histoire de l'Allemagne.
     
    Je disserte sur le jaune, et autour de moi, des dizaines de milliers de gens doivent éprouver des sentiments similaires. Chacun l'interprétera à sa manière, ce retour de l'archaïque dans une aube d'arrière-hiver 2021. Parce que chacun de nous est unique. Avec son passé, sa mémoire, ses souffrances, ses cicatrices, l'intimité de ce qu'il garde pour lui. Ce jaune nous ramène à notre fragilité d'humains, juste interpellés par un phénomène météorologique dont nous aurons, ce soir, au téléjournal, les puissantes exégèses scientifiques. Je sais déjà que je ne les écouterai que distraitement. Je serai de retour dans mon passé. Quelque part, entre glacier d'Orny et sommet du Catogne.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Avec Joe, ça promet !

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    Sur le vif - Vendredi 05.02.21 - 07.03h
     
     
    Joe Biden a-t-il l'intention de lancer un nouveau journal en Suisse romande ? Il parle exactement comme ces bateleurs qui, avant même d'avoir réalisé quoi que ce soit, nous font miroiter monts et merveilles. Il promet. Il annonce. Il se pare de slogans, "L'Amérique est de retour !".
     
    C'est bien. Vous savez promettre, M. Biden. Mais commencez par FAIRE. Vous avez 47 mois et demi devant vous. Alors, faites. Et dans quatre ans, nous jugerons.
     
    Puissiez-vous, par exemple, comme votre prédécesseur, n'engager les États-Unis dans AUCUNE GUERRE pendant votre mandat. Cela, M. Biden, ce ne sont pas des mots. C'est un FAIT HISTORIQUE. Irréfutable.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • L'amour, la haine

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    Commentaire publié dans GHI - 03.02.21

     

     Pierre Maudet est un personnage clivant. Il suscite d’un côté l’adulation, et de l’autre le plus féroce des rejets. C’est le lot, dans la vie, de ceux qui osent, ceux qui entreprennent. Nous sommes en démocratie : chacun de nous a le droit d’éprouver face à ce magistrat les sentiments qu’il veut. Le droit, aussi, de les exprimer. Tant qu’il ne franchit pas les limites de toute parole publique : pas d’atteinte à l’honneur, pas de diffamation. C’est valable face à Pierre Maudet. Comme c’est valable face à tout humain, sur cette terre.

     La campagne du 7 mars est rude, les pro-Maudet et les antis se déchirent. Fort bien : la virulence fait partie de l’univers politique. Mais tout de même : d’un côté comme de l’autre, chez les aficionados comme chez les adversaires, on a l’impression d’être dans des chapelles. Des sectes. Une bande de Croisés, livrés à la dévotion de leur cause, se chauffant entre eux pour mieux fulminer. Avec une haine totale de l’adversaire. On s’imagine assez aisément dans les montagnes tenues par les Cathares, à l’époque où Rome les pourchassait.

     Entre ces lignes de front d’où fusent les feux croisés, comment réagiront les citoyens genevois ? Pour ma part, j’appelle à la raison. Que chacun vote selon son cœur, et nous verrons le résultat. Mais souvenons-nous d’une chose : le très grand parti d’où vient Pierre Maudet, le parti radical, est issu d’une philosophie appelée en allemand « Freisinn », ou libre arbitre. Et se revendique, derrière Kant, de la « Vernunft », la raison. Entre citoyens libres, laissons-la un peu exister.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Genève et le conformisme du semblable

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    Sur le vif - Jeudi 04.02.21 - 10.17h
     
     
    Pour graviter dans les cercles du pouvoir, à Genève, il faut désormais accepter le corset d'une Trinité idéologique bien précise : être d'accord avec la dictature sanitaire, combattre le réchauffement climatique, épouser le féminisme, en reproduisant fidèlement son sabir. Hors de cette triple allégeance, point de salut.
     
    Pour avoir donné l'impression d'enfreindre, oh certes du bout des lèvres, l'une de ces trois injonctions, Fabienne Fischer a failli payer le prix fort.
     
    Au sein de l'actuel Sextuor, une magistrate de droite a même décidé d'en surajouter, érigeant les questions sociétâââles en absolue priorité de son discours, alors qu'elle a la charge écrasante de nos Finances, qui justement vont très mal. Elle creuse la dette, en en parlant le moins possible, et dans le même temps, elle nous déplie un immense paravent de belles paroles sur l'égalité, en prenant soin de n'oublier aucune minorité, surtout pas la plus infinitésimale.
     
    Il n'y a bientôt plus de liberté d'expression à Genève. Il faut accepter le moule. Se fondre dans la doxa. Il faut être coroniste, climatiste, féministe. Sinon, vous êtes hors du Cercle.
     
    Le Valais conservateur de la pire époque, seconde partie du 19ème siècle, quand les radicaux devaient s'exiler dans les communes de l'Est vaudois pour y tenir leur droit de réunion, était-il vraiment pire que cela ? Il y avait un dogme. Il y avait une obligation d'adhérer. Il y avait le poids étouffant d'un Clergé. Il y avait un conformisme du semblable. Genève, aujourd'hui, ne vaut guère mieux : la férule d'une triple idéologie dominante s'exerce. Et tout le monde fait allégeance. A commencer par nos magistrats - et magistrates - exécutifs. La liberté de pensée, la passion des idées, valent mieux que cette triste uniformité.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Fabienne Fischer et l'orbite du convenable

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    Sur le vif - Mercredi 03.02.21 - 14.50h
     
     
     
    Candidate des Verts au Conseil d'Etat genevois, Fabienne Fischer a frôlé l'hérésie, comme une comète en fusion qui aurait eu l'audace de venir chatouiller l'écorce terrestre. Elle a frôlé, elle a joué avec la mort politique, elle a nargué Newton et les lois les plus élémentaires de la gravitation. Elle a confessé sa faute de justesse, promis la repentance. Elle pourra demeurer, mais c'est le dernier avertissement, dans l'orbite du convenable.
     
    Il est vrai que son crime tutoyait l'imprescriptible. Elle avait eu le front, dans un débat, d'émettre des doutes, ou des réserves, sur le principe de vaccination. Dans le climat actuel, c'est comme ouvrir un traité du suicide politique, et le mettre en application. On l'a sermonnée de partout, y compris de son camp, elle a fini par rebrousser chemin. In extremis, on voudra bien la garder dans le camp du Bien. Mais c'est la dernière fois. A la prochaine incartade, c'est l'ostracisme.
     
    Cette affaire, que nous révèle-t-elle ? Sur Fabienne Fischer, rien, si ce n'est qu'elle n'aurait jamais dû faire machine arrière. Cette femme intelligente, libre d'esprit, a parfaitement le droit - et peut-être même le devoir - de proposer une vision critique de la doxa sanitaire qui incarcère nos consciences, c'est même bienvenu de la part d'une force nouvelle, dégagée des contingences de l'actuel pouvoir, aspirant à y apporter fraîcheur, audace et invention.
     
    Non. Ce que l'affaire Fischer met en lumière, c'est toute l'obscure épaisseur du consensus dans lequel toute parole publique, gravitant dans les sphères du pouvoir ou aspirant à cette jouissance satellitaire, doit accepter de se fondre, sous peine de mort politique. Tout coronascepticisme, tout climatoscepticisme (sur ce second point, Mme Fischer n'a aucun souci à se faire) excluent d'emblée l'impétrant. Que nul n'entre ici, s'il n'est géomètre, il doit parler notre algèbre, poser nos équations, dissoudre nos inconnues, parvenir à nos conclusions. Sinon, toi qui brigues une place dans notre cercle d'élus, tu resteras dehors. Dans les limbes.
     
    Madame Fischer avait parfaitement le droit d'avoir des doutes. Le droit de le dire. Face à une pression innommable, celle des chasseurs d'hérétiques, elle a malheureusement cédé. Ce dernier point, seul, peut lui être reproché. Sur tout le reste, sa parole citoyenne était de nature à nourrir un débat qui, hélas, fait si cruellement défaut.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Journalisme : les bateleurs d'un nouveau monde

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 03.02.21

     

    « Dès que nous serons nés, vous allez voir ce que vous allez voir ! Nous allons vous étonner. Nous allons vous surprendre. Nous allons vous éblouir. Nous serons insolents. Nous serons impertinents. Nous serons décalés. Notre journal ne sera pas comme les autres. Nous traiterons l’information sous des angles nouveaux, comme vous n’en avez encore jamais vus. Nous vous proposerons un autre regard. Nous aurons de l’humour, à défriser les yacks. Nous saurons vous séduire. Nous ferons du journalisme comme personne, depuis Théophraste Renaudot, le père de la Gazette, sous Louis XIII, n’a jamais osé en faire. Pour les autres journaux, autour de nous, le coup de vieux sera terrible. Nous ferons tomber les murs. Nous détruirons les fortifications mentales. Nous pulvériserons les vieux schémas, qui vous étouffent. Venez, souscrivez, abonnez-vous, un jour nous naîtrons, et la vie en elle-même sera renouvelée ! ».

     

    J’exagère ? A peine ! Ce discours de bateleur, c’est celui qu’enfant, j’entendais tous les automnes, lorsque je me rendais aux Arts ménagers, avec mes parents. Il fallait harponner le quidam, de grandes gueules s’y entendaient à merveille, leur promettant les lendemains enchanteurs d’une batterie de casseroles, ou d’une friteuse. Vieux comme le monde ! Et le plus fou, c’est que ça marchait : les acheteurs faisaient la queue ! Dans le monde des médias, aujourd’hui, en Suisse romande, c’est la même chose : on ne parle plus ni du passé ni du présent, on se contente juste de faire miroiter l’avenir. « Nous allons naître, votre vie en sera transfigurée, juste un peu de patience, en attendant vos dons ou souscriptions sont bienvenus ». Et les voilà, nos camelots, qui déboulent sur toutes les ondes, invités à s’exprimer non sur ce qu’ils ont fait, une fois dans leur vie, non sur ce qu’ils auraient, dans le métier, réussi à lancer, et qui, quinze ans, vingt ans après, perdurerait, non sur un legs, une réussite, mais… sur ce qu’ils se proposent de faire, une fois qu’ils nous auront fait l’honneur, entre l’Âne et le Bœuf, de venir au monde.

     

    Eh bien moi, ces drôles, je ne peux supporter leurs discours. Je ne peux plus les entendre, ni eux, ni leurs fades complices qui leur donnent la parole. Le journalisme est un métier. Il est fort bien de lancer de nouvelles offres, des journaux, des émissions, des sites, tout ce que vous voudrez. Mais il est encore mieux de tenir : des années, ou, comme le journal que vous tenez entre les mains, des décennies. Tenir un quotidien, produire une émission, c’est se battre tous les jours, avec une férocité que le profane ignore, pour que votre journal, votre émission, contre vents et marées, survive. Et pour qu’il garde sa place dans la Cité. Tout le reste, c’est du boniment. A ceux qui, aujourd’hui, travaillent sur des maquettes, dans l’écrit, en radio, en TV, sur internet, peu importe le support, je dis fraternellement « Bonne chance ! ». Mais j’ajoute immédiatement : « Commencez à exister, durez déjà quelques années, et puis, si nous sommes encore de ce monde, nous discuterons ».

     

    Pascal Décaillet

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