Liberté - Page 3

  • Rien de xénophobe, désolé !

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    Sur le vif - Mardi 25.08.20 - 18.07h

     

    Il y en a encore, à gauche, tout à leurs nomenclatures des années 68, qui osent titrer en parlant "d'initiative xénophobe de l'UDC". Et personne ne réagit ?

    Mais bon sang de bon sang ! Qu'y a-t-il de "xénophobe" à vouloir que la Suisse "règle de manière autonome son immigration" ?

    En quoi cette position implique-t-elle un quelconque rejet de l'étranger, en tant que tel ? Un quelconque rejet de l'Autre, dans notre univers d'humains ?

    Pratiquer cet amalgame relève de la dernière des forfaitures verbales. Les partisans de l'initiative ne doivent en aucun cas accepter une telle imposture. Le souverainisme n'a rien à voir avec la xénophobie !

    Insupportable gauche morale, donneuse de leçons, colleuse d'étiquettes !

    Le même stock d'étiquettes, depuis Mai 68.

     

    Pascal Décaillet

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  • Notre argent, à tous

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    Sur le vif - Mardi 25.08.20 - 16.36h

     

    Plus un seul centime, à Genève, ne doit être dépensé par l'Etat, sans être absolument justifié par l'intérêt général ! De la marge, il y en a ! Il suffit d'appliquer la rigueur, de refuser toute nouvelle dépense, de réduire la voilure, là où c'est nécessaire, dans les états-majors des Départements. Et surtout, de ne jamais oublier une chose : l'argent de l'Etat, c'est l'argent des contribuables. Notre argent, à tous. Notamment ceux qui travaillent. Notamment les classes moyennes, mises sous pression comme jamais.

     

    On ne peut plus accepter le moindre relâchement dans la gestion des dépenses publiques. Et la pression fiscale, il faudra la baisser pour les classes moyennes, parce que ceux qui bossent et ne sont pas assistés, ceux qui triment sans rien pouvoir mettre de côté, sont au bord de la révolte.

     
    Pascal Décaillet
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  • Ma Préface au Dilemme

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    Sur le vif - Mardi 25.08.20 - 14.05h
     
     
    La seule question qui vaille : entendons-nous former une communauté humaine soudée, délimitée par une frontière, codifiée par des lois, unie sur des valeurs, solidaire à l'interne, fraternelle dans ses engueulades démocratiques, soucieuse de préserver sa cohésion sociale, ses paysages, son environnement, prête au sacrifice pour défendre ce qu'elle a construit ?

    Ou voulons-nous nous fondre dans l'universelle mélasse ? Prêts à reporter sur d'autres notre souveraineté. A la guise d'une gouvernance continentale. Ou mondiale.

    Cette question-là constitue ma Préface au Dilemme.

    Ayant composé la Préface, il me reste à m'attaquer au Dilemme.

    Mais peut-être - comme chez d'autres - la Préface survivra-t-elle au Dilemme.

     

    Pascal Décaillet

     
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  • L'interprète possédée

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    Sur le vif - Mardi 25.08.20 - 07.36h

     

    En écoutant Karin Keller-Sutter à la RSR, j'ai l'impression d'une personne possédée par le discours d'autrui. Interprète, elle parle, mais c'est un autre en elle qui s'exprime. Pas un autre humain : un autre univers de pensée !

    Où est passée sa sœur jumelle, qui fut à Saint-Gall une si impressionnante Conseillère d'Etat ?

     

    Pascal Décaillet

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  • Forfaiture

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    Sur le vif - Lundi 24.08.20 - 10.54h

     

    Il fut un temps où les syndicats suisses s'intéressaient en priorité au sort des travailleurs suisses. Ils les défendaient, dans un esprit de cohésion sociale et nationale.

    Ce temps, aujourd'hui, est révolu. Et il faudra bien trouver, un jour, lorsqu'on écrira l'Histoire de la libre circulation, un titre de livre, consacré à ces syndicats suisses vermoulus par l'idéologie internationaliste, qui sonne aussi bien que l'éblouissante "Trahison des clercs", de Julien Benda (1927).

     

    Pascal Décaillet

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  • Cette fracture-là vient du ventre

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    Sur le vif - Lundi 24.08.20 - 06.32h

     

    La première ligne de fracture, entre souverainistes et internationalistes, n'est pas politique, mais culturelle.

    Pourquoi ? Parce qu'au fond, elle se joue sur une Weltanschauung. Une vision du monde. Elle passe par un univers de lectures, littéraires et poétiques tout autant qu'historiques, d'ailleurs.

    Elle passe par un vivant réseau de signes. Une idéologie, mais beaucoup plus profonde que dire "Je pense ceci", ou "Je pense cela". Non, une idéologie, au sens total. Au sens où nous l'a défini la philosophie allemande.

    Une lente formation matricielle de la vision des choses, à travers notamment l'ascèse des textes. La genèse du sentiment y rivalise puissamment avec celle de l'intellect.

    En vertu de tout cela, la ligne de front entre souverainistes et internationalistes est aujourd'hui la plus pertinente pour comprendre le théâtre d'opérations politique en Europe.

    La plus pertinente. Et aussi, la plus explosive. Parce qu'elle implique la totalité de nos êtres. Et pas seulement nos choix cérébraux.

    Cette fracture-là vient du ventre.

     

    Pascal Décaillet

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  • Pire que tout : l'autel du Bien

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    Sur le vif - Dimanche 23.08.20 - 14.04h

     

    L'attachement à la souveraineté des peuples et des nations n'est pas un dada, pour une âme incarcérée dans le passé, incapable d'entrevoir le présent et l'avenir, toutes choses que cherchent à nous faire croire, par la ficelle d'une caricature méprisable, les multilatéralistes et les internationalistes.

    Il est simple et naturel de défendre l'idée de souveraineté. Il suffit d'approcher la politique par l'observation, plutôt que par l'idéologie.

    Avant de se prononcer, avant de proférer quoi que ce soit, sur l'Histoire des peuples, la première chose est de l'étudier. Non globalement (rien de plus vain que les "Histoires du monde", ou même les "Histoires de l'Europe"), mais PARTICULIÈREMENT, idiomatiquement à chaque nation, chaque peuple.

    Évidemment, c'est une entreprise d'un peu plus longue haleine (une vie jamais n'y suffit) que de déblatérer des généralités globalistes, du style "L'Europe doit être comme ceci", "Le monde doit être comme cela". Propos de géomètres, abstraits, les cadastrés de la Lumière.

    Il faut d'abord étudier les langues. Sans connaître le grec ancien, qui permet de lire dans le texte Hérodote ou Thucydide, mais aussi Plutarque, et tous les autres, on n'ira pas très loin dans la compréhension de l'Antiquité hellénique. Idem pour le latin et l'Histoire romaine. Idem pour l'Histoire allemande, italienne, etc.

    Il s'agit de lire les textes historiques, mais il s'agit, bien au-delà, d'entrer dès sa jeunesse en intimité avec les textes littéraires. On ne va quand même pas étudier le grec sans passer par Homère, Hésiode, les trois Tragiques du Cinquième siècle, Platon, Aristote, les grands poètes, etc. On se sera immergé dans les grandes fictions comme dans les textes des historiens, faisant la part des choses entre les approches. On se sera, petit à petit, forgé une vision d'ensemble d'une civilisation. Et puis un jour, on meurt, conscient de ne rien savoir sur le fond. Mais au moins, on aura cheminé.

    Reconnaître la souveraineté des peuples et des nations, c'est d'abord avoir cheminé, oui, vers leurs Histoires, au pluriel. La logique de la construction nationale française, sur un millénaire, n'a rien à voir avec celle de l'Allemagne, ni de l'Italie, ni de la Suisse. Chaque nation se développe en fonction de critères propres. Ce qui est valable pour l'une, ne l'est pas nécessairement pour l'autre. La Suisse, l'Allemagne, sont des Confédérations. La France, non. Plutôt que de juger, il faut OBSERVER l'Histoire, et tenter de comprendre.

    Reconnaître la souveraineté des peuples et des nations, c'est s'inscrire dans un CHEMINEMENT INTELLECTUEL. Il passe par la reconnaissance et le respect des différences, l'ascèse dans l'observation, la méfiance face aux grands principes universels, le refus de confondre la politique avec la morale, la passion pour les langues, pour les récits, pour l'Histoire. C'est cela, très précisément, ce renversement de priorités par rapport aux Lumières de l'Aufklärung, ce retour à l'intimité du verbe et de la langue, que nous proposent le Sturm und Drang, puis le Romantisme, dans l'Histoire intellectuelle, littéraire et même musicale des Allemagnes (à partir des années 1770). Le prodigieux "Dictionnaire de la langue allemande", des Frères Grimm, en sera la consécration.

    On apprécierait que l’École, libérée des fadaises de Mai 68, s'attache à réinventer, avec la passion du verbe et de la transmission, ce long chemin de connaissance. Mais déjà, glacialement saisi par le réel, on sent poindre l'ombre du doute. C'est terrible. Parce qu'on sacrifie une génération, sur l'autel des grandes idées, de l'universel abstrait. Et surtout, pire que tout, dévastateur, mortifère sur le plan intellectuel : sur l'autel du Bien.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Chouette !

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    Sur le vif - Samedi 22.08.20 - 20.10h

     

    La gestion de la crise sanitaire à Genève, notamment les mesures délirantes imposées dans les restaurants et les commerces, est tout simplement catastrophique.

    On va ruiner l'économie de proximité de ce canton - la seule qui vaille - par bureaucratie et par trouille.

    Ne survivront bientôt que les fonctionnaires, les rentiers qui rotent leur deuxième pilier des Trente Glorieuses, les moralistes subventionnés en sandales, et les petits collabos de la convenance. Chouette perspective, non ?

     

    Pascal Décaillet

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  • L'universel n'existe pas

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    Sur le vif - Samedi 22.08.20 - 14.25h

     

    "La Suisse règle de manière autonome l'immigration des étrangers".

    Mais de grâce, SUR LE FOND, comment peut-on être en désaccord avec la simplicité, la clarté constitutionnelles de ces dix mots ?

    Comment les citoyennes, les citoyens d'un quelconque pays de la planète pourraient-ils abdiquer à ce point qu'ils entreraient en matière pour une régulation " NON AUTONOME" de leur immigration ?

    Alors, quoi ? Ils accepteraient qu'une AUTRE NATION (voisine, par exemple) statuerait à leur place sur les flux migratoires qui arrivent chez eux ?

    Ou alors, un ensemble multilatéral, style UE ? Mais la Suisse n'est pas membre de l'UE !

    Ou alors, une gouvernance mondiale ? Un Comité planétaire de Sages ? Ou d'Experts ?

    Pour ma part, je lutte pour des peuples libres et souverains. Chaque nation, selon son génie propre, son système politique, son Histoire, décide de son destin. Les souverainetés surgissent d'en bas, du fragmenté, de la différence. L'universel n'existe pas.

    Si ce n'est dans la tête des universalistes.

     

    Pascal Décaillet

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  • De profundis, réactionnaire !

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    Sur le vif - Jeudi 20.08.20 - 17.19h

     

    Mais enfin ! A moins que tout le monde soit devenu fou, à la question "La Suisse doit-elle contrôler son immigration de façon autonome ?", le taux de OUI, sur le principe, devrait être de 100% !

    Il devrait être de 100% en Suisse. Et il devrait être de 100% dans n'importe quelle nation de ce monde ayant encore la moindre ambition de souveraineté.

    Depuis quand est-il acceptable - sur le principe, sur le fond - qu'une nation reconnaisse que la gestion de ses flux migratoires puisse dépendre d'une autre volonté que de la sienne propre ?

    Les illusions multilatérales, depuis 1945, ainsi que le déficit effrayant, depuis 1968, d'enseignement de l'Histoire, avec un minimum de constat froid des faits, avec l'étude des grands textes, des guerres, des traités, sans morale, mais avec le réalisme intellectuel qui s'impose, toute cette démission nous précipite dans un univers de chimères.

    On ne parle plus de politique. On ne constate plus. On n'enseigne plus les qualités intellectuelles du cynisme. On ne fait plus que de la morale. On croit en un monde qui n'existe pas. On se refuse à prendre en compte les faits, le tragique de l'Histoire. On ne vibre plus que pour des questions sociétâââles, qui pour ma part m'indiffèrent.

    Homme libre, citoyen libre, esprit libre, je réfute et récuse, avec la dernière véhémence, cette vision mondialiste, moraliste, naïve. Je ne me plierai pas. Je prône la réaction. Et si prôner la réaction, c'est être réactionnaire, eh bien oui, de profundis, viscéralement, intellectuellement, culturellement, je veux bien être réactionnaire !

     

    Pascal Décaillet

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  • Helmut Hubacher (1926-2020), un vrai socialiste des temps anciens !

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    Sur le vif - Jeudi 20.08.20 - 09.59h

     

    Helmut Hubacher, que j'ai connu à Berne lors de mes premières années comme correspondant au Palais fédéral, était un vrai militant socialiste, au service des plus précaires de notre pays. Il avait la fibre sociale, un sens aigu des rapports de forces, et aussi, comme Président du PSS (1975-1990), un art du compromis entre partis, après des discussions dont l'âpreté était légendaire. Il n'était pas un type facile.

    Cette génération de syndicalistes, qui ont connu la guerre, construit la société suisse des Trente Glorieuses, vu naître la prospérité de notre pays (eh oui, elle est beaucoup plus récente qu'on ne l'imagine), participé à l'élaboration de nos grandes assurances sociales, côtoyé des figures immenses comme Hanspeter Tschudi (socialiste, Bâle-Ville, comme Hubacher), l'homme qui vient de nous quitter, à 94 ans, en était l'un des tout derniers représentants.

    Aujourd’hui ? Aujourd'hui, caviar ! Les élites socialistes font partie de la tranche supérieure de la classe moyenne. Elles préfèrent souvent la morale à la politique. Elles ont - à part quelques exceptions, bien sûr - perdu le sens des rapports de forces. Elles privilégient les grands discours cosmopolites à la défense des intérêts supérieurs de la Suisse, et surtout des Suisses. Elles sont coupées du peuple, coupées des plus précaires, coupées des chômeurs, des délaissés.

    Helmut Hubacher, bougon et revêche, n'était pas de ce monde-là. Il surgissait d'un univers où, à gauche, la défense du peuple et de la nation avaient encore un sens.

     

    Pascal Décaillet

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  • Le Conseil d'Etat, expert en catastrophes

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    Sur le vif - Jeudi 20.08.20 - 05.32h

     

    "Genève court à la catastrophe, si l'initiative de limitation est acceptée", croit bon d'annoncer le Conseil d'Etat genevois.

    La même catastrophe qu'après le rejet de l'EEE, le 6 décembre 1992 ?

    La même catastrophe qu'après l'acceptation de l'initiative contre l'immigration de masse, le 9 février 2014 ?

    Allons, citoyens ! Une initiative est une affaire surgie du peuple, à discuter par le peuple, à trancher par le peuple. L'avis des exécutifs du pays (Conseil fédéral, Conseils d'Etat cantonaux) n'y est d'aucune importance, d'aucun intérêt particulier. Si une initiative est née, si elle a recueilli les signatures, c'est justement parce qu'une partie du peuple est profondément mécontente de la gestion des affaires (l'immigration, par exemple) par les exécutifs. Alors évidemment que ces derniers disent non, puisqu'on remet en question leur politique.

    De surcroît, le Conseil d'Etat genevois est assez doué pour nous concocter lui-même toutes sortes de catastrophes. Pourquoi s'évertuer, en plus, à nous en prédire ?

     

    Pascal Décaillet

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  • Ne cassez pas l'essentiel, M. Berset !

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    Sur le vif - Mercredi 19.08.20 - 18.03h

     

    Désolé, M. Berset, mais le libre choix du médecin est une donnée fondamentale du système suisse de santé.

    Il est, à l'intérieur de ce système beaucoup trop complexe, bureaucratique à souhait, opaque quant au financement des Caisses, confiscatoire quant au montant hallucinant des primes, l'un des rares éléments où demeurent la confiance, le respect, la qualité si précieuse du lien entre un malade et la personne qu'il choisit pour le soigner.

    L'essentiel, quand on est malade (je pense notamment aux maladies lourdes), c'est l'intensité du lien de confiance entre un patient et son soignant. Ca passe, au-delà des spécialités, des connaissances, des options thérapeutiques des uns ou des autres, par une relation d'humain à humain.

    Luttons contre les abus, oui c'est sûr. Mais cette question essentielle, que j'évoque ici, n'a rien à faire dans une loi. Elle est du ressort de l'intimité profonde d'un choix personnel.

     

    Pascal Décaillet

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  • De quoi se mêle l'ancien patron de l'armée de l'air israélienne ?

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    Sur le vif - Mercredi 19.08.20 - 14.34h

     

    Hallucinants propos - gravissimes par leur ingérence - de l'ancien chef (2015-2018) de l'armée de l'air israélienne, Zvika Haimovich, contre l'achat d'avions de combat par la Suisse. Propos tenus à la SSR : dans l'émission "Rendez-vous am Mittag", sur la radio alémanique.

    Imaginons - une seule seconde - le scandale que nous ferait Israël, si une personnalité officielle suisse se permettait publiquement un jugement sur une décision politique de ce pays, quant à son avenir stratégique. On voit déjà le tableau : protestations officielles, rappel d'Ambassadeur, leçons de morale à travers toute la planète.

    Et ils auraient raison, au fond, les Israéliens, de réagir ainsi : ils sont un pays souverain, ils assurent eux-mêmes, depuis sept décennies, leur défense nationale, ils ont mené des guerres, ils savent ce que ça signifie. Et ils sont farouchement attachés à leur souveraineté.

    Et, nous les Suisses, petit pays au coeur de l'Europe, ne bénéficiant pas - pour notre part - du soutien inconditionnel de la première puissance mondiale, nous n'aurions pas le droit d'avoir la nôtre, de fierté nationale ? Ni la nôtre, d'intransigeance quant à la souveraineté ? Ni la nôtre, de volonté farouche de nous défendre ? Ni la nôtre, de susceptibilité épidermique dès qu'une personne extérieure à notre communauté nationale viendrait se mêler de notre démocratie directe ?

    Laissons M. Haimovich s'occuper du destin d'Israël. Et, pour notre part, prenons à coeur le destin suisse.

     

    Pascal Décaillet

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  • Cela sera mon combat, au milieu du tumulte

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    Sur le vif - Mercredi 19.08.20 - 09.15h

     

    Il est temps qu'émerge, en Suisse romande, sans le moindre tabou, un espace solide et référentiel pour une pensée politique centrée sur la nation et sur la souveraineté.

    Il ne s'agit pas d'exclure, ni de combattre les autres nations. Les peuples du monde sont nos amis. Nous nous passionnons pour leurs Histoires, pour leurs langues, nous aimons infiniment le chemin qui, intellectuellement, spirituellement, nous amène à tenter de les comprendre. Unterwegs zur Sprache, pour citer le titre célèbre de Heidegger.

    Mais la compréhension de l'autre, ça n'est pas la dissolution de soi-même. Ni la négation de nos valeurs. Ni l'abdication de notre identité. Nous avons construit notre Histoire, comme tous les autres peuples ont construit la leur, nous pouvons en être fiers : la Suisse est un pays prospère, équilibré, il y règne des tonalités de respect mutuel, un souci de cohésion sociale, c'est déjà beaucoup. Nous avons quatre magnifiques langues nationales, nous nous nourrissons de la culture de nos voisins : la France, l'Allemagne, l'Italie. Nous échangeons. Nous nous engueulons entre nous, quatre fois par an, ce qui est parfaitement sain en démocratie.

    Mon souci politique numéro un est celui de la souveraineté de mon pays. Parce que je crois profondément à l'échelon des nations, et me méfie viscéralement des constructions multilatérales. Je veux une Suisse capable, au maximum, tout en étant parfaitement amie avec le reste du monde, de s'en sortir par elle-même.

    Cela passe par la souveraineté alimentaire, donc une politique agricole audacieuse, encourageante pour nos paysans, respectueuse de l'environnement. Cela passe par une économie plus attentive aux équilibres internes, moins tétanisée par la tyrannie du Commerce extérieur. Cela passe, surtout, par la bonne vieille souveraineté tout court, une maîtrise autonome de notre politique de sécurité. L'un de ses aspects, n'en déplaise à la gauche, demeure militaire, c'est pourquoi je voterai OUI aux avions de combat.

    Ma vision politique est partagée par certains, combattue par d'autres. C'est normal : nous sommes en démocratie ! Sur certains points, elle est majoritaire, sur d'autres non. Mais soyez sûrs d'une chose : en aucun cas, jamais, quelles que soient les pressions, je n’abdiquerai une seule virgule de ce que je crois juste de dire. Cela plaira aux uns, déplaira aux autres. Cela sera mon combat, au milieu du tumulte.

     

    Pascal Décaillet

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  • Un Président dépassé, Mme Obama ?

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    Sur le vif - Mardi 18.08.20 - 08.52h

     

    "Un Président dépassé" : c'est ainsi que Michelle Obama vient de qualifier Donald Trump, lors de la Convention virtuelle des Démocrates pour la présidentielle de novembre.

    Un Président dépassé ? Oh certes, Madame Obama, il n'a pas la classe de votre mari, dont les propagandistes - jusque dans la presse romande - nous vantaient sous son règne les qualités de danseur élégant, raffiné. Comme si l'art de Terpsichore devenait vertu d'Etat.

    Un Président dépassé ? A coup sûr, Madame Obama, moins porté sur la guerre que votre mari. Donald Trump : en quatre ans, aucune guerre. Barack Obama : d'incessants bombardements, de la Libye à l'Afghanistan, en passant par le Yémen, le Pakistan, la Syrie, l'Irak, la Somalie. Une moyenne de trois bombes par heure, pendant huit ans. Théâtres d'opérations souvent oubliés des médias - jusque dans la presse romande - tout occupés à sanctifier le Président aimé.

    Un Président dépassé ? Des progrès exceptionnels pour relever l'économie, et juguler le chômage, jusqu'à la crise du coronavirus, dont Donald Trump, jusqu'à nouvel ordre, n'est pas responsable.

    Un Président dépassé ? Les échos de votre intervention totalement déplacée, Madame Obama, nous parviennent, grinçants et revanchards. Jusque dans la presse romande, comme la Mer de Valéry, toujours recommencée.

     

    Pascal Décaillet

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  • Tout simplement, cela est.

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    Sur le vif - Lundi 17.08.20 - 18.26h

     

    L'immense erreur du multilatéralisme, depuis 1945 (voire depuis 1919), consiste à s'imaginer qu'existerait, quelque part dans l'univers, une forme de sagesse collective de l'humanité. On gommerait les peuples, les nations, on diluerait l'Histoire, le réel. On remplacerait le concret par le rêve d'une Entente cordiale planétaire : SDN en 1919 (on a vu le résultat !), ONU depuis 1945.

    Les grandes constructions multilatérales sont des chimères. Dès que surgit le vent du tragique, tout ce beau monde, tous ces beaux parleurs, s'éclipsent. Et chaque nation, face à son destin, reste seule. Si elle est forte, si elle a puisé en elle-même la puissance du survie, elle pourra s'en sortir. Si elle est faible, elle risquera le pire.

    Cet ordre du monde, ancestral, n'a strictement pas changé depuis la nuit des temps. Il n'existe, dans l'Histoire des peuples, ni modernité, ni nouveauté, ni soudaine douceur, ni progrès. Il n'existe que des rapports de forces.

    Et les gentils diplomates des organisations politiques internationales (je ne parle pas ici de l'humanitaire) ont beau prendre l'avion à longueur d'années, se faire filmer sur les tarmacs, s'embrasser ou (plus récemment) s'accouder, arborer le masque bleu qui défie le diable, rien n'y fera. A la vérité, tout ce petit monde gesticule. De 1919 à 1939, jamais la SDN n'a réussi à empêcher la moindre guerre. Pas plus que l'ONU, depuis 1945. On parle, on parlotte, on parlemente. Mais le rapport de forces des nations, immuablement, demeure.

    Aucune de ces organisations multilatérales n'a jamais réussi à équilibrer, en faveur du faible, le rapport de pouvoirs. Qu'a fait l'ONU, depuis 1945, pour atténuer l'arrogance de l'impérialisme américain ? Rien ! Pire : elle l'a confortée !

    Dans ces conditions, une lecture réaliste de l'Histoire nous amène à constater que l'échelon le plus crédible, le plus concret, aujourd'hui, demeure celui des peuples et des nations. C'est en tout cas, pour notre part, l'unité de référence que nous voulons considérer en priorité. Cela ne nous réjouit pas particulièrement, nous n'entretenons à la nation nulle mystique. Cela ne nous attriste pas, non plus. Tout simplement, cela est.

     

    Pascal Décaillet

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  • Notre avenir, et celui de nos enfants

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    Sur le vif - Lundi 17.08.20 - 10.31h

     

    La question fondamentale, pour une nation, est celle de la souveraineté. Il n'existe de nation que souveraine, c'est sa définition même.

    Si nous voulons la souveraineté, nous devons nous en donner les moyens. Des lois, des valeurs, une fraternité à l'interne autour des objectifs majeurs, une économie forte, une agriculture encouragée et respectée, une cohésion sociale pour les membres de notre communauté nationale.

    Si nous voulons la souveraineté, nous devons la proclamer haut et fort face aux autres peuples du monde, que par ailleurs nous respectons, dont l'Histoire, les langues et les cultures nous passionnent. Ils doivent connaître notre amitié, notre capacité d'échange, mais en même temps ils doivent savoir la totalité marmoréenne de notre intransigeance. Nous sommes un peuple, une nation. Nous avons des lois, des valeurs. Nous sommes soucieux de cohésion sociale. Nous n'entendons pas nous laisser guider notre destin national par quiconque.

    Et, comme nous avons de l'Histoire une conception tragique, intensément nourrie par des milliers de lectures, profondément pessimiste sur la nature humaine, cynique dans la prise en compte des rapports de forces, totalement méfiante face à la vanité, l'inanité, l'inutilité du "multilatéral", qui s'évapore au premier danger, nous comprenons très bien que chacune des autres nations du monde lutte, elle aussi, pour sa souveraineté, à elle.

    Dans ces conditions, un peu rudes à accepter pour ceux qui préfèrent la béatitude universelle à l'étude concrète des différentes Histoires nationales, la question n'est même pas de savoir s'il faut des avions de combat. Bien sûr qu'il en faut ! Et les plus modernes, et les plus performants. Pas de guerre en Europe depuis 1945 ? Totalement faux ! Il y a 21 ans, "l'Otan", entendez les États-Unis et leurs séides, bombardaient Belgrade, capitale de la Serbie, ex-capitale de la Yougoslavie, vieille terre européenne, pays ami de la Suisse. L'avenir stratégique, nul ne le connaît ! Nul ne peut le prévoir. Alors, comme toujours dans le domaine, il faut envisager le pire. S'il ne se produit pas, tant mieux. S'il advient, nous aurons au moins accompli notre devoir.

    C'est cela, la stratégie. Ça n'a rien de gentil, rien de moral. C'est la capacité que se donne chaque nation a défendre, s'il le faut, ses intérêts supérieurs de survie, y compris par les armes.

    Bien sûr, il existe d'autres dangers : sanitaires, cybernétiques, numériques, environnementaux. Eh bien contre eux aussi, nous devons nous armer. Et nous montrer imaginatifs, performants. Mais ces périls ne gomment en aucune manière l'hypothèse d'une résurgence, un jour, d'un conflit conventionnel sur sol européen. Le risque, certes, est faible aujourd'hui. Mais la stratégie doit nous prémunir pour l'avenir. Le nôtre, et celui de nos enfants.

     

    Pascal Décaillet

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  • KKS : la votation d'une vie

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    Sur le vif - Dimanche 16.08.20 - 13.18h

     

    Karin Keller-Sutter, cheffe de campagne du NON à l'initiative du 27 septembre sur l'immigration : voilà bien, depuis la guerre, l'un des plus ébouriffants contre-emplois de l'Histoire du Conseil fédéral.

    Voilà une personne d'une rare qualité. Brillante, cultivée, polyglotte. Une femme d'Etat, dont la stature n'est pas sans rappeler celle d'un autre Saint-Gallois, que j'ai eu naguère l'honneur de connaître et d'interviewer : Kurt Furgler.

    Bref, KKS, c'est la classe. Lorsqu'elle était Conseillère d'Etat, à Saint-Gall, elle s'est montrée d'une très grande rigueur dans les dossiers de l'immigration et de l'asile, elle aurait pu être UDC. Avant beaucoup d'autres, avant l'initiative du 9 février 2014 sur l'immigration de masse, elle avait compris qu'une ouverture des frontières sans régulation conduirait à la catastrophe. Voilà une PLR qui avait un sens profond de l'Etat, ne craignait pas l'opinion publique, entreprenait ce qui lui paraissait nécessaire aux intérêts supérieurs.

    Conseillère fédérale, elle doit défendre l'option du collège, c'est la règle. Et elle défend aussi la ligne de son parti. Elle le fait avec sens du devoir et respect du jeu politique. Au soir du dimanche 27 septembre, quel que soit le résultat, elle n'aura rien à se reprocher.

    Mais au fond d'elle-même ? Comment la dame de fer du gouvernement saint-gallois vit-elle la métamorphose qui, par les nécessités du verbe et des postures, l'amène à apparaître comme la championne de l'immigrationnisme face au camp de la régulation ?

    Du paradoxe, elle est consciente. Dans le Matin dimanche, elle affirme vouloir cantonner l'immigration au strict nécessaire. On voit bien à qui elle s'adresse, quelle frange de l'électorat. Au sein même de son parti, le PLR, champion de la libre circulation, d'innombrables militants partagent la conviction qu'il faut réguler l'immigration. Pas la stopper, la RE-GU-LER ! C'est à eux que la Conseillère fédérale, ce matin, a voulu envoyer un message.

    Que voteront les Suisses le 27 septembre ? Je l'ignore. Mais il y aura un 28 septembre, et un 29 ! Et il serait peut-être temps, en Suisse, que les esprits intelligents et raisonnables du PLR et de l'UDC , au lieu de se faire la guerre sur la question européenne, élaborent ensemble des solutions vers une forme, X ou Y, de contrôle de l'immigration. C'est une question de curseur, je l'écrivais hier, et non de dogme.

    En 1992, correspondant RSR au Palais fédéral, j'ai couvert en toute première ligne la votation historique du 6 décembre sur l'Espace économique européen. Sur le front, j'ai vu la droite suisse se déchirer. Trente ans plus tard, il est temps, entre UDC et PLR, de trouver d'autres tonalités, sur la question migratoire, que celle de la discorde dogmatique. Dans ce chantier de réconciliation, une femme, en Suisse, pourra jouer un rôle majeur. Parce qu'elle incarne les valeurs de la droite et de l'intelligence. Elle s'appelle Karin Keller-Sutter.

     

    Pascal Décaillet

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  • Formidable gâchis

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    Sur le vif - Samedi 15.08.20 - 13.30h

     

    La question européenne n'a pour effet, depuis trente ans, que de diviser la droite suisse. Sur la plupart des autres sujets (Défense nationale, Finances, Fiscalité, soutien aux PME, liberté d'entreprendre, redimensionnement de l'Etat), UDC et PLR s'entendent fort bien.

    Et sur le nécessaire rééquilibrage entre Commerce extérieur (obsession PLR, aile affairiste) et soutien à l'Agriculture suisse (absolument indispensable, pour la souveraineté alimentaire et la survie de nos paysans), les esprits intelligents de ces deux partis peuvent s'entendre. C'est une question de curseur, plus que de dogme. Nulle âme sensée n'entend asphyxier l'un de ces deux secteurs d'activité de notre économie. Il s'agit juste de ré-équi-librer ! Au profit du marché intérieur. Moins de profit mondialisé, ou continentalisé ; davantage d'économie nationale, au service de l'humain, et de la prospérité interne du pays.

    De même, au PLR, d'innombrables militants, dès qu'on discute un peu sérieusement avec eux, sont d'accord de réguler l'immigration, en fonction de nos besoins. Mais ils rejetteront l'initiative le 27 septembre, pour ne pas avoir l'air de s'aligner sur l'UDC. Et parce que le libre-échangisme, dans leur parti, fonctionne hélas comme un dogme. Eh oui, il existe aussi un dogme libéral !

    Formidable gâchis, donc. Qui profite à la gauche, et à la liturgique trahison des gentils centristes de bénitier. La droite suisse, majoritaire dans le pays mais suicidaire dans ses déchirements, finira-t-elle un jour par le comprendre ?

     

    Pascal Décaillet

     

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