Liberté - Page 3

  • Colleurs d'étiquettes

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 20.04.22

     

    Se contenter de coller des étiquettes sur l’adversaire, pour le disqualifier et éviter tout débat, ça marche de moins en moins. Et bientôt, ça ne fonctionnera plus du tout. « Fasciste », « xénophobe », « populiste », les bonnes vieilles rengaines, si commodes pour jeter l’autre dans le camp du Mal, et s’ériger soi-même dans celui du Bien, c’est bientôt fini. Le truc est usé, laminé, jusqu’à la moelle.

    Elle date de quand, cette vieille ficelle ? Au moins de Mai 68, lorsque fleurissaient, sur les murs de Paris, des slogans aussi efficaces (à l’oreille) que scandaleux sur le fond. Exemple : « CRS-SS ! », où les Compagnies républicaines de sécurité, qui n’étaient certes pas des tendres dans les manifs, se voyaient comparées, 23 ans après la guerre, avec les tueurs nazis. Le slogan sifflait, il était d’une incroyable efficacité acoustique, mais l’assimilation était tout simplement scélérate. A l’âge de dix ans, très informé déjà de la Seconde Guerre mondiale, je trouvais ces cinq syllabes inadmissibles.

    Les colleurs d’étiquettes seront bientôt à bout de souffle. Parce que leur vieux truc ne marche plus. En France, en Suisse, dans toute l’Europe, les gens veulent des réponses sur le fond. La souveraineté de leur pays. Son indépendance. Un contrôle drastique des flux migratoires. Une éducation de qualité, sans fadaises. Une maîtrise nationale de l’agriculture, de l’industrie, de l’alimentaire. Une fiscalité raisonnable. Un pouvoir d’achat correct. Ils veulent que l’on parle de cela. Les étiquettes, ils s’en foutent.

     

    Pascal Décaillet

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  • Recoudre la France

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    Sur le vif - Vendredi 22.04.22 - 10.19h
     
     
    Après-demain, les Français rééliront un conservateur. L'homme de l'Ancien Régime, de l'Ancien Monde. L'homme qui a "oublié", nous dirons "omis", d'installer la proportionnelle. Il avait cinq ans pour le faire. L'homme qui est resté sourd à toutes les revendications des Gilets jaunes, pouvoir d'achat, droits populaires.
     
    Prenez le dernier chapitre de l'interminable débat de mercredi, de loin le plus intéressant : les pouvoirs du peuple. En Suisse, nous connaissons bien. Marine Le Pen arrive avec des propositions parfaitement claires, innovantes, révolutionnaires. Une conception de la primauté du peuple qui rappelle avec éclat le système suisse : le souverain, c'est lui. Emmanuel Macron ne cesse de lui dire : "En grillant les corps intermédiaires, nous irions contre la Constitution". Juste que, précisément, c'est la Constitution que sa rivale veut modifier. Il fait semblant de ne pas entendre. Il ne veut juste rien changer.
     
    En France, l'aspiration à des droits populaires donnant aux citoyennes et citoyens la possibilité d'intervenir directement sur le fond (comme, chez nous, l'initiative), est tellurique. C'était ça, les Gilets jaunes. Dans ce domaine, comme dans les sujets sociaux, Marine Le Pen incarne une volonté révolutionnaire. Face à elle, le Président sortant se cramponne aux corps intermédiaires, défend les corporations d'Ancien Régime. C'est un homme très conservateur, libéral en économie, très sceptique sur les grandes réformes sociales. Il ne rappelle absolument pas Charles de Gaulle, puissant rénovateur d'institutions, mais Georges Pompidou. La France de la prudence, du bas-de-laine.
     
    Sans doute, après-demain, la France réélira-t-elle cet homme-là. Elle l'aura voulu. Mais elle sera coupée en deux. Aux grandes colères sociales, aux souffrances, au sentiment d'oubli et d'abandon, à l'urgence d'une régulation drastique des flux migratoires, une moitié du pays n'aura pas de réponses. Ces deux France irréconciliables, il faudrait la grandeur d'un Roi Henri, oui le Quatrième, pour les recoudre.
     
    "Recoudre". Tiens, ce mot juste et simple était dans son discours, à elle. Pas dans le sien, à lui.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Ils sont artistes ? Et alors !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 20.04.22

     

    Vous aimez les spécialités parisiennes ? Il en est une qui devrait vous ravir : les pétitions « d’artistes », ou « d’intellectuels », à quelques jours d’une élection. On se donne quelques coups de téléphone, entre privilégiés du gratin, on tartine un manifeste, on le fait signer par une liste de stars, on y dénonce la bête immonde, le retour au fascisme, le syndrome des années trente, et il y a toujours un moment, dans le texte, où apparaît la formule « Plus jamais ça ! ». Ainsi, nos élites Rive Gauche auront fait leur boulot, elles pourront aller siroter leur drink sur une terrasse de Saint-Germain-des-Prés, en se prenant pour Sartre ou pour Beauvoir, ou pour Juliette, ou pour Camus : le sentiment du devoir accompli. Elle est dure, la vie d’intellectuel : on le mérite, son capuccino sur la table ronde du Flore, avec Le Monde et le Canard entre la saccharine et l’amaretto.

     

    Ils nous ont fait le coup en 1988, deuxième tour. Réélection de François Mitterrand, pour sept ans. La bête immonde s’appelait Jacques Chirac, Premier ministre de cohabitation sortant. Ce républicain pure souche, pétri des grandes valeurs qui ont fait la France, une sorte de rad-soc des Troisième et Quatrième Républiques, ils ont réussi à nous le décrire comme une antichambre du fascisme en France. Ils étaient tous là, les « artistes », les « intellos », concerts à la bougie, chœurs effarouchés, « Tonton, laisse pas béton », pour ériger François Mitterrand en saint, voire en « Dieu », et nous diaboliser Chirac. Dieu fut réélu, le Corrézien dut attendre sept ans.

     

    Ils nous ont refait le coup, puissance mille, lorsque Jean-Marie Le Pen s’est permis l’outrecuidance de se hisser au second tour, en 2002, à la place de Jospin, lamentable troisième. J’entends encore l’un d’entre eux, fort bon acteur au demeurant, prendre un air de gravité monastique, et oser nous sortir « Dès ce jour, nous entrons en résistance ». Le ridicule ne tue pas. Tant mieux pour l’acteur : il est toujours parmi nous. Et cette fois, c’était Chirac en face : le méchant de 1988 était devenu le sauveur de 2002. Et la vie, à Saint-Germain, continuait, tranquille, comme le cours de la Seine, immuable depuis Victor Hugo, Esmeralda et Quasimodo.

     

    Je vous passe 2017, Macron-Marine no 1, glissons à 2022, Macron-Marine no 2. Et ils sont toujours là, nos artistes, nos intellos ! Pétitions, dans les journaux branchés. Grandes leçons, sur l’avènement des régimes autoritaires. Les fronts, plissés. Les airs, emplis de gravité. L’index, érigé vers le ciel. Ils n’ont sans doute pas lu, pour l’écrasante majorité d’entre eux, ni Thomas Mann, ni son frère Heinrich, ni Klaus. Ils n’ont jamais étudié la République de Weimar, encore moins l’Italie de 1922. Mais pour la leçon de morale, ils sont toujours là. Ils ont compris, mieux que le peuple français, la douceur du Bien contre l’acidité du Mal. Ils sont prêts à monter sur l’autel. Non pour jouer, ni pour chanter. Mais pour prêcher.

     

    Pascal Décaillet

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  • Marine face aux plumes du paon

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    Sur le vif - Jeudi 21.04.22 - 06.57h
     
     
    Point 1 : faire fi des préférences personnelles des uns et des autres. Les partisans de Macron l’ont sans doute trouvé génial, ceux de Marine idem pour elle. Aucun intérêt, donc.
     
    Point 2 : un débat, comme d’ailleurs toute cette campagne 2022, qui entre beaucoup trop dans les détails. Le temps de lavage d’une personne de grand âge dans une maison de santé, le matin, n’est pas du ressort du Président de la République française. Ce dernier s’occupe des Affaires étrangères, de la Défense, et de la cohésion nationale. On n’a pas besoin, à ce niveau de débat, du tour de piste de chiens savants, de bêtes à concours, qui ont bûché leurs fiches pendant des jours.
     
    Point 3 : le débat fut mille fois plus équilibré que celui de 2017. Marine Le Pen est demeurée calme et rationnelle, elle n’a pas fait l’avion avec ses mains, elle a encaissé en souriant les plus basses attaques, notamment celle sur son emprunt russe, où l’ancien de la Banque Rothschild s’est montré indigne de sa fonction élyséenne sortante. Match nul, donc, ce qui est déjà une petite victoire pour la challenger.
     
    Point 4 : Macron n’a cessé d’interrompre son adversaire. Elle, l’a laissé parler. Elle a bien fait.
     
    Point 5 : les deux journalistes auraient pu lancer le débat, s’absenter pour aller dîner en ville, et juste revenir pour conclure, ça n’aurait rien changé.
     
    Point 6 : la courtoisie du débat permet de révéler avec précision les deux France qui se sont affrontées hier. En 2022 comme il y a cinq ans, l’antagonisme Macron - Le Pen souligne, mieux que n’importe quel autre, l’exacte ligne de fracture de la politique française. Souveraineté contre dépendance, Nation contre partie d’un Empire, protectionnisme contre libre-échange, bonapartisme social contre orléanisme libéral, contrôle de l’immigration contre ouverture des frontières, souveraineté du peuple contre machinerie des corps intermédiaires, etc.
     
    Point 7 : on n’a pas parlé d’obédience atlantiste. C’est dommage. Le paon aurait perdu quelques plumes.
     
    Point 8 : dans trois jours, il faudra regarder en valeur absolue, donc en millions de voix, le résultat de Marine Le Pen, quel que soit l’élu. Et prendre acte, comme je l’ai déjà écrit, de l’inexorable progression de l’idée nationale et souverainiste dans la société française, depuis quinze ans. Quel que soit l’élu, le libéralisme économique débridé, l’immigration non-contrôlée, la folie des délocalisations, c’est terminé. Un Français sur deux, au moins, n’en veut plus. Et n’en a sans doute jamais voulu. Même reconduit, l’orléaniste devra en tenir compte.
     
    Point 9 : nous avons eu hier un débat entre la droite libérale et la droite souverainiste et sociale. La gauche était aux fraises. C’est un peu tôt dans la saison. Mais bordel, ça fait du bien.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Artistes, réveillez-vous !

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    Sur le vif - Samedi - 16.04.22 - 07.44h
     
     
    Pour offrir à Marine Le Pen les quelques dizaines de milliers de voix capables de faire la différence, l’idéal serait une bonne petite pétition, contre elle, d’artistes et intellectuels parisiens. Appelant les Français à « faire barrage » à la Bête immonde. Il serait magnifique - allez, soyons fous - que le premier signataire en soit BHL. En direct d’Odessa.
     
     
    Pascal Décaillet

     
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  • Le Président qui étiquette et qualifie

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    Sur le vif - Mercredi 13.03.22 - 16.59h
     
     
    Pour ses 160 semestres, il serait gentil d'offrir à Joe Biden un Dictionnaire des Qualificatifs et Noms d'Oiseaux, pour son Bureau Ovale de la Maison Blanche. Son occupation préférée n'est-elle pas de se creuser la tête pour trouver, chaque jour, un nouveau mot d'infamie à clouer sur sa statuette de Vladimir Poutine ? Il y a les Présidents qui président. Il y a les Présidents qui gouvernent. Et puis, il y a Joe Biden, le Président qui étiquette et qualifie.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • La page de l'Après-Guerre est tournée

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    Sur le vif - Mercredi 13.04.22 - 14.04h
     
     
    Tout appel "d'artistes", ou "d'intellectuels", ou autres fadaises de clercs germanopratins, visant à "faire barrage à l'extrême droite", aura pour effet immédiat, par exaspération, d'apporter des voix à Marine Le Pen. L'effet contraire. Archimède. Nous sommes, pour les onze jours qui viennent, dans cette dynamique-là.
     
    Les gens n'en peuvent plus de ces clubs de bien-pensants, issus de la gauche caviar parisienne, qui leur dictent leur vote. Terroriser les consciences en collant des étiquettes, avec des mots-valises, "fascistes", "xénophobes", "populistes", ça ne marche plus. Ca a marché pendant 54 ans, ou disons même 77 ans. Mais là, c'est fini. La page est tournée.
     
    La page de l'Après-68 est tournée. La page de l'Après-Guerre est tournée. Vous ne comprenez pas que nous entrons dans une nouvelle ère ?
     
    Le temps des moralistes, des donneurs de leçons en chemise blanche, de l'éternelle référence aux années trente, est révolu. Ca ne marche plus !
     
    Il ne reste, dans les onze jours qui nous attendent, que l'intime conviction de quarante millions d'âmes. Chacune, indivisible. Chacune, souveraine.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Non, l'Otan n'est pas un club de gentils !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 13.04.22

     

    Le PLR serait-il devenu le parti de l’étranger ? Son président national, Thierry Burkart, appelle clairement, dans le Tages-Anzeiger du vendredi 8 avril, à un rapprochement de la Suisse avec l’Otan. Il ne dit pas « adhésion », certes, mais enfin, au nom de la Realpolitik, et d’un diagnostic sur la modestie et la fragilité de nos systèmes de défense, il estime que la Suisse doit collaborer avec cette organisation, entraînements communs par exemple, ou achats d’avions de combat américains. C’est au moins clair. Dès le lendemain, samedi 9 avril, l’UDC suisse, réunie en Assemblée, lui répondait par un non cinglant, rappelant que la neutralité du notre pays n’était pas négociable. L’UDC lui a répondu cela, et ma foi, elle a eu raison.

     

    Bien sûr que la Suisse est fragile. C’est justement pour cela qu’il ne fallait en aucun cas, ces dernières décennies, sous prétexte de fin de l’Histoire et de mirages de paix éternelle sur le continent européen, relâcher nos efforts de défense. Un pays qui renonce à assumer lui-même le prix de sa souveraineté (militaire, agricole, alimentaire, industrielle, énergétique, numérique, etc.), est un pays déjà mort, comme nation indépendante. Il ne lui reste que la soumission, ou l’intégration à un grand ensemble. Aucune de ces deux options ne correspond à l’Histoire, ni aux intérêts supérieurs de notre pays. Soumis, personne ne veut l’être, évidemment. Devenir membre d’un Empire, c’est la fin de la Suisse. Il nous faut donc nous défendre nous-mêmes, c’est la seule solution.

     

    Il nous faut surtout, très gentiment, expliquer à M. Burkart, au demeurant le meilleur des hommes, que l’Otan, ça n’est pas un club de gentils. Cela, c’est l’image qu’ils veulent donner, face à l’Empire du Mal (un jour la Serbie, vingt ans plus tard la Russie). Non, M. Burkart : l’Otan, c’est l’organisation militaire à la botte des Etats-Unis d’Amérique. Le vrai patron de l’Otan, c’est M. Biden, le reste c’est du bidon. C’est une organisation hégémonique, au service de l’impérialisme américain. Depuis la chute du Mur, et contrairement à la promesse faite aux Russes, le club des affidés de Washington ne cesse d’étendre ses griffes vers l’Est de l’Europe. Le Pacte de Varsovie s’est dissous, l’Otan continue, plus que jamais. C’est son jeu. C’est le jeu des Etats-Unis. Il nous faut au moins le savoir, et ne pas prendre tout ce petit monde atlantiste pour de gentils protecteurs du « monde libre », détestable expression qui fleure le maccarthysme, et légitime depuis trois quarts de siècle les appétits d’expansion des Américains.

     

    Nous, Suisses, ne changerons pas l’Otan. Ni la politique américaine. Nous sommes bien trop petits pour cela. Mais au moins, ayons la sagesse de demeurer à l’écart de tout Empire, toute tutelle supranationale. Et celle de garder la main sur nos systèmes de sécurité. La garder, ou la reprendre : les trois dernières décennies nous ont plutôt habitués à la niaiserie du pacifisme. Notre survie, comme nation souveraine, exige le sursaut.

     

    Pascal Décaillet

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  • La Serbie, M. Cassis, vous connaissez ?

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    Sur le vif - Mardi 12.04.22 - 16.56h
     
     
    Comment Ignazio Cassis peut-il déclarer, à un journal luxembourgeois, "qu'aucun pays souverain d'Europe n'a été attaqué, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale" ? Comment son entourage peut-il laisser le Président de la Confédération proférer une telle énormité ?
     
    M. Cassis n'a jamais entendu parler des deux mois de bombardements intensifs, nuit et jour, d'un pays souverain d'Europe, au printemps 1999 ? Ce pays porte un nom, M. Cassis, qui fait partie intégrante de la grande Histoire de notre continent : il s'appelle la Serbie. Grande nation. Grande civilisation. Incroyablement courageuse, lors des deux Guerres mondiales.
     
    Le lendemain de l'attaque américaine sur la Serbie, j'étais dans le bureau de l'ancien Chancelier d'Allemagne fédérale Helmut Schmidt, pour deux heures d'interview, l'une des plus denses et passionnantes de ma vie, au plus haut étage d'une tour, dans le port de Hambourg. Il avait glacialement condamné cette opération, ainsi que la politique balkanique de ses successeurs, MM Kohl et Schröder.
     
    Eh oui, M. Cassis : la Serbie, printemps 1999 !
     
    Comment une telle amnésie de l'Histoire peut-elle présider au discours du Président de la Confédération suisse ?
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Un frisson d'eau sur de la mousse

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    Sur le vif - Mardi 12.04.22 - 13.18h
     
     
    Chaque "ralliement", ou "consigne de vote", d'un apparatchik de la cléricature politique aura pour effet, selon le principe d'Archimède, de faire monter le courant opposé.
     
    Les Français en ont plus qu'assez des grands vicaires des corps intermédiaires. Chefs de partis. Pies bavardes des salons parisiens et des chaînes privées.
     
    Il y a maintenant deux candidats. Deux visions pour l'avenir de la France. Un homme, une femme. Face à ce choix, l'intime conviction de chaque âme, multipliée par quarante millions.
     
    Il y a cet homme, cette femme. Entre ces deux-là et le peuple, plus rien n'existe. Même pas, pour citer l'immense Verlaine, "un frisson d'eau sur de la mousse".
     
     
    Pascal Décaillet

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  • L'infinie patience de l'araignée

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    Sur le vif - Mardi 12.04.22 - 10.31h
     
     
    Le dimanche 24 avril, à 20h, il faudra regarder le nombre de voix, en valeur absolue. En clair, le nombre de millions de suffrages pour Marine Le Pen. Et il faudra le comparer aux millions recueillis par la même famille de pensée dans tous les scrutins de ces dernières années.
     
    Et contempler l’inexorable progression. Sans égale, en patience et longueur de temps, depuis l’arachnéenne conquête du pouvoir par l’opposant François Mitterrand, entre 1958 et 1981.
     
    Alors, quel que soit l’élu, nous saisirons ce qu’est, en politique, un mouvement lent. Une construction patiente, sur de longues années. Une infiltration des consciences, en laissant faire le temps, comme il en va de la croissance d’un arbre.
     
    Car après la présidentielle, il y aura les législatives. Et puis, surtout, la vie. La vie qui continuera. La question de la souveraineté des nations, leur indépendance, leur fierté d’exister, transmettre une mémoire, partager des nostalgies, respirer le même air.
     
    Quel que soit l’élu, ce qui aura été tissé, par l’infinie patience de l’araignée, sera là. Au cœur de la nation française. Pour l’inspirer, contre vents et marées, dans les années qui viennent.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • La vie des banques

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    Sur le vif - Lundi 11.04.22 - 14.05h
     
     
    Selon nos informations, la Banque Rothschild serait très intéressée à recruter, dès le lundi 25 avril, un cadre de haut niveau. Il s'agirait d'un ancien de la maison, l'ayant quittée il y a quelques années pour prendre un peu de champ. Le retour de ce précieux collaborateur, anglais courant, excellent carnet d'adresses international, aurait été vivement recommandé à la Banque par le Cabinet de conseils McKinsey.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Deux France. L'une face à l'autre.

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    Sur le vif - Dimanche 10.04.22 - 21.13h
     
     
     
    Ce soir, les consignes de vote données par les sacristains des multiples factions de la démocratie représentative n’ont jamais sonné aussi creux. Aucune voix, en République, n’appartient à une autre âme que celle qui l’enfante. Et cette voix, maternelle et possessive, intransigeante, vient du ventre.
     
    Il y a, ce soir, deux France, l’une face à l’autre. Deux projets, puissamment différents. C’est une excellente nouvelle. La démocratie, c’est cela. C’est le combat de forces antagonistes.
     
    Deux France. Deux visions. Deux conceptions adverses, antinomiques, pour l’avenir du pays.
     
    Face au choix, 45 millions d’électeurs. Chaque voix, intime, viscérale, indivisible.
     
    Un homme, une femme. 45 millions d’âmes. Chacun votera en conscience. Il n’y a plus ni gauche, ni droite, ni partis, ni états-majors, ni consignes de vote. Il y a l’intimité de chaque conviction.
     
    La cuisine des sacristains, face à cet enjeu sacré, qui inverse le serment de Reims en faisant surgir l’onction des racines, et non du ciel, que pèse-t-elle ? Que vaut-elle ?
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Nos chers amis américains

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    Sur le vif - Dimanche 10.04.22 - 12.03h
     
     
    Et la palme absolue de l’arrogance est attribuée à l’Ambassadeur des Etats-Unis en Suisse !
     
    Dans une interview, ce matin, à la NZZ am Sonntag, le cher homme intime aux banques suisses l’ordre de traquer avec davantage de zèle les fonds russes en Suisse. Sans quoi, il y aura de sévères rétorsions.
     
    Ces chers États-Unis d’Amérique ! Chantage, fin des années 90, sur les fonds en déshérence. Chantage, une décennie plus tard, sur le secret bancaire. Et voilà qu’aujourd’hui, ils se prennent pour l’organe de surveillance de la place financière suisse.
     
    L’ancien Sénateur du Delaware, État reconnu mondialement pour son éthique bancaire, peut applaudir à tout rompre. Il habite aujourd’hui la Maison Blanche. Et se nomme Joe Biden.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • La Suisse, M. Burkart, n'est pas le 51ème Etat américain !

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    Sur le vif - Vendredi 08.04.22 - 17.43h
     
     
    Nous vivons des temps thermidoriens. A une petite réserve près : les plus hautes autorités politiques suisses n'ont pas besoin d'être décapitées, elles perdent la tête toutes seules. Et cette tendance à l'auto-amputation d'un organe tout de même relativement important chez l'être humain, après avoir atteint nos deux conseillers fédéraux PLR (cf mon précédent billet), s'en vient maintenant ravager le Président du PLR suisse, Thierry Burkart.
     
    Dans un entretien au Tages-Anzeiger, publié aujourd'hui, l'héritier du grand parti qui a fait la Suisse, le parti radical, et de ses cousins patriciens libéraux, réclame une collaboration plus étroite avec l'Otan. Oh, pas une adhésion de notre pays au club des affidés de l'Oncle Sam, non, il ne va pas jusque là. Mais tout de même : entraînements communs, achats d'avions de combat américains, bref bien habituer nos quatre langues nationales à lustrer les bottes de combats de la première puissance du monde.
     
    J'ai siégé, pendant toute l'année 1990, dans le Groupe de travail fédéral "Réforme de l'armée", présidé par un homme remarquable, le Conseiller aux Etats Otto Schoch (radical, Appenzell Rhodes-Extérieures). J'avais 32 ans, ce fut pour moi une expérience inoubliable : une trentaine de séances, d'un bout à l'autre de l'année, en décentralisé dans quasiment tous les Cantons de notre Confédération. On y parlait français, allemand, italien, il y avait des élus fédéraux, cantonaux, des brigadiers, des divisionnaires. Nous cherchions ensemble à redéfinir les missions fondamentales de la politique suisse de sécurité. A la fin de l'année, nous avons remis à M. Villiger un rapport. Il en a, je crois, fait quelque usage.
     
    Dans cette Commission Schoch, il y avait déjà des partisans d'une quasi-adhésion de la Suisse à l'Otan. Nous n'étions que quelques mois après la chute du Mur, le Pacte de Varsovie s'effondrait, j'assistais à la pulvérisation de la DDR. La piste du rapprochement Suisse-Otan, je l'ai combattue de toutes mes forces, pendant toute l'année 1990. Je ne le regrette pas une seule seconde. Et c'était bien avant l'extension délirante vers les pays d'Europe centrale et orientale. Déjà, les partisans du rapprochement prenaient prétexte d'harmonisation de matériel, de pièces de rechanges pour l'aviation, etc. Ah, les juteux contrats !
     
    Il y a une chose que M. Burkart ne comprend pas. C'est la dimension symbolique de sa propre parole. Il n'est pas un quidam : il est le chef de l'un des partis les plus importants de notre pays, et de loin le plus important dans le façonnement, depuis 1848, de son Histoire moderne. Le parti radical ! Celui qui ne se serait jamais laissé ravir la première place par l'UDC, s'il était resté fidèle à ses fondamentaux : souveraineté, Patrie, liberté, indépendance.
     
    La dimension symbolique de votre propre parole, M. Burkart ! Bien sûr qu'on peut envisager des sous-traitances de matériel, il ne s'agit pas de cela. Il s'agit du signal que vous donnez, vous l'un des chefs de file de la politique suisse, en ouvrant symboliquement vos bras à l'Otan, alors que nous sommes en pleine guerre d'Ukraine ! Vos propos donnent l'impression que l'Otan, ce serait un club de gentils, sans arrière-pensée dominatrice, sans prétention hégémonique. Bref, des gens parfaitement fréquentables. Le club du Bien contre l'Empire du Mal. On nage en plein maccarthysme. Comme vision nuancée, élaborée, de la politique suisse, petit pays fragile, pluriel, complexe, infiniment soucieux des équilibres, on a connu mieux.
     
    Reste une question. Pourquoi, depuis le début de cette crise majeure, le parti le plus inquiétant, dans ses inflexions de positions et ses déclarations d'apprenti-sorcier, est-il le PLR suisse (je parle ici du parti national) ? Serait-il à ce point orphelin de ses propres valeurs ? Aurait-il peur de l'international ? Peur de déplaire ? Peur de laisser poindre la colère souveraine de nos entrailles ? Peur d'atténuer les liens avec des Etats-Unis d'Amérique qui, pourtant, nous font avaler couleuvre après couleuvre depuis un quart de siècle, chantage sur les fonds en déshérence, chantage sur le secret bancaire. Plus besoin d'aller à Nuremberg pour trouver les plus exquis des Maîtres-Chanteurs : un petit crochet par New York et Washington suffira amplement.
     
    La prochaine fois, M. Burkart, réfléchissez un peu.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Conseillers fédéraux PLR, défendez le peuple suisse, pas votre image !

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    Sur le vif - Jeudi 07.04.22 - 15.40h
     
     
    Ukraine : aucun des deux conseillers fédéraux PLR n'est bon !
     
    Ignazio Cassis manifeste contre lui-même sur la Place fédérale, ce qui n'est absolument pas le rôle d'un membre du gouvernement fédéral. A-t-il perdu la tête, juste pour aller dans le sens du courant émotionnel majoritaire ?
     
    Karin Keller-Sutter, quant à elle, se précipite à qualifier des actes de guerre. Elle leur colle des étiquettes juridiques qui sont du ressort des juges, et non de la ministre d'un pays extérieur, au demeurant neutre. On ne reconnaît pas la femme d'Etat qui siégeait naguère au gouvernement cantonal saint-gallois. Dame de fer, elle travaillait avec son cerveau, comme il sied à un politique, et ne se souciait guère de son image compassionnelle auprès de la population. Ou, peut-être, auprès des 246 grands électeurs de décembre 2023.
     
    Ignazio Cassis, Karin Keller-Sutter : ce sont là des comportements de ministres de gauche, populistes à l'extrême avec l'opinion publique, remplaçant la politique par la morale, surfant sur l'émotion du moment.
     
    De deux conseillers fédéraux venant du Parti de la Raison, le Freisinn, la Vernunft, chers à la philosophie allemande du 18ème siècle, celle de Kant et de Hegel, on attend un autre comportement en temps de guerre. Du calme. De l'analyse. Une froide détermination. Une absolue priorité à défendre, non leur sympathique image humanitaire, mais les intérêts supérieurs, économiques, politiques et stratégiques, du peuple suisse. C'est au service de ce dernier, et non pour plaire à des médias univoques et enragés, qu'ils occupent leurs fonctions.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Quand le PSS se couvre de ridicule

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    Sur le vif - Mercredi 06.04.22 - 15.48h
     
     
    Depuis quand un parti gouvernemental attaque-t-il le Conseil fédéral par voie judiciaire ? La "plainte", déposée par le Parti socialiste suisse contre le Département fédéral de l’Économie publique, sous prétexte qu'il n'applique pas correctement les sanctions contre la Russie, relève du folklore et de la Nickellerie Pédestre la plus débridée.
     
    La nouvelle équipe dirigeante de ce parti, à commencer par l'ineffable Cédric Wermuth, couvre de ridicule une formation politique qui a marqué l'Histoire de notre pays, participe au gouvernement fédéral depuis 1943, a donné à la Suisse de très grands hommes, comme le Conseiller fédéral Tschudi (1959-1973), ou le Conseiller d'Etat genevois André Chavanne (1961-1985).
     
    Le PSS est un parti gouvernemental. Il a deux Conseillers fédéraux. Il participe régulièrement aux entretiens avec le gouvernement. Il a, à Berne, un groupe aux Chambres fédérales. S'il désapprouve un comportement de l'administration, il peut saisir les Commissions de gestion du Parlement, interpeller le Conseil fédéral par une Question, déposer une Motion, un Postulat, lancer une initiative. Mais depuis quand, je vous le demande, un parti gouvernemental saisit-il les juges contre un exécutif dont il est membre ?
     
    La direction actuelle du PSS, idéologisée à outrance, moralisante à souhait, couvre de ridicule ce parti. Les militants laisseront faire, parce qu'ils sont les plus fidèles et les plus obéissants soldats du monde, jamais aussi dociles que face à leur appareil.
     
    Le socialisme, en Suisse, en est encore aux logiciels des années 80 et 90. Je parlais, dans mon commentaire GHI paru ce matin, du socialisme, génération Minitel. On pourrait ajouter, en option, le Jurassique et le Crétacé.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Socialistes, génération Minitel

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 06.04.22

     

    Les plus jeunes, parmi ceux qui me font l’amitié de lire cette chronique, ne connaissent sans doute pas le Minitel. Pour faire court, disons que c’est une invention un peu hybride, dans la France des années 80, entre un téléphone et un écran d’ordinateur, laideur verdâtre, génération préhistorique, vous en trouverez sans doute dans les musées d’Histoire de l’informatique. Aujourd’hui, ça paraît complètement ringard, mais à l’époque, premières années du règne de François Mitterrand, c’était un truc ravageur, révolutionnaire. On se l’arrachait, pour des fonctions aussi existentielles que réserver une table, au restaurant, en tapotant sur un clavier, plutôt qu’en appelant le bistrot. On pensait le Minitel éternel, et puis non, les ordinateurs ont évolué, il est très vite devenu le symbole de la mode qui se démode, la jeunesse qui vieillit.

     

    En écoutant Mme Hidalgo, candidate officielle des socialistes français, le parti de Jaurès, le parti de Mitterrand, le parti de Pierre Mauroy dans la grande tradition du Nord, des mines et de Zola, il m’arrive toujours de penser au Minitel. Intrinsèquement et sans ironie, je la trouve plutôt bien, la Maire de Paris. De la classe. De l’élégance. Des convictions. Une certaine rhétorique. Le problème, c’est le fond de ce qu’elle avance. Son discours est taillé dans le marbre des années 80 et 90. Les années Jospin. Un socialisme justicier, moralisateur, persuadé d’incarner la noirceur des colères ouvrières, mais complètement à côté de la plaque, tant il est devenu bobo, déconnecté. En un mot, le socialisme qui n’a pas vu venir ce dimanche d’avril 2002, où Jean-Marie Le Pen a ravi à Lionel Jospin la place au deuxième tour.

     

    A Genève, en Suisse, en France, le socialisme est infesté par le syndrome du Minitel. Les logiciels de pensée sont dépassés, depuis longtemps. Mais on s’y agrippe, comme à une bouée de sauvetage. C’est le cas de Mme Hidalgo. C’est le cas de toute une génération caviar de socialistes genevois, allaités aux mamelles du pouvoir partagé. Les postes. Les prébendes. Les Conseils d’administration des grandes régies. Les réceptions internationales de la Ville de Genève, droits de l’homme, canapés, flûtes de champagne, on est si bien entre soi. On milite dans une organisation onusienne, on a pour soi la rectitude morale, la justice éternelle. Les ouvriers votent maintenant pour la droite patriotique et populaire, on regarde ça de haut, avec mépris. On hausse les épaules, on enfourche son vélo, on court à la réception suivante, en anglais si possible, on condamne ces « relents populistes », on se dit que ça passera, tout rentrera dans l’ordre. Comme avant. Comme du temps de François, à l’Elysée, de Manuel à la Mairie de Genève. Ce temps des camarades qui réchauffaient les cœurs : on avait avec soi les élans de justice, l’ardeur des électeurs, les parfums de la rose, l’éternité du bien. La nuit, juste un mauvais rêve, de temps en temps, toujours le même : on est invité à l’Elysée, esturgeons et tapis rouge. Juste un détail, un peu pénible : souriante, avenante, c’est Marine qui nous y accueille.

     

    Pascal Décaillet

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  • Bobos dépités

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    Sur le vif - Lundi 04.04.22 - 06.05h
     
     
    La victoire très large de Viktor Orban, dans un processus parfaitement démocratique, et sa reconduction pour un nouveau mandat, sont choses quelque peu ennuyeuses pour nos bobos, nos médias européistes, nos donneurs de leçons aux nations souveraines.
     
    Déjà, le Temps titre « Orban conforte son emprise ». Singulière façon de qualifier un succès électoral. Une onction venue du peuple.
     
    Tous ces beaux esprits, il faudra peut-être qu’ils se creusent les méninges, dans trois semaines, pour titrer sur un autre scrutin, autrement plus proche pour nous que celui de nos amis Magyars.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Déluge de verre

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    Sur le vif - Dimanche 03.04.22 - 14.22h
     
     
    Les artistes Rive Gauche qui menacent, depuis des mois ou des années, de quitter la France en cas d'élection de Marine Le Pen, peuvent doucement songer, à tout hasard, à l'acquisition de quelques valises, chez le bagagiste de luxe de leur choix. Car enfin, ces esprits de lumière n'ont qu'une parole, non ?
     
    On leur suggérera aussi l'acquisition d'un casque, pour leurs promenades vespérales à Saint-Germain-des-Prés, dans les trois semaines à venir : les experts du GIEC sont formels, un plafond de verre pourrait bien s'écrouler sur Paris.
     
     
    Pascal Décaillet

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