Liberté - Page 3

  • Les Verts en Ville : Salut, les Copains !

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    Sur le vif - Vendredi 29.05.20 - 17.06h

     

    Un excellent article de la Tribune de Genève le souligne : les nouveaux magistrats Verts en Ville de Genève n'ont même pas attendu leur entrée en fonction pour se confectionner, chacun, une Garde Noire qui ferait presque, en comparaison, passer tel ancien Conseiller d'Etat radical, et son âme damnée, pour des oies blanchâtres.

    Une Garde Noire, ou plutôt une Garde Verte : tel nouvel élu au Municipal, humide encore dans le juvénile entourage de ses oreilles, renonce à siéger, se précipite dans le cabinet de l'exécutif, pour y faire antichambre. Tel ancien du G8, observateur du tragique de l'Histoire, rejoint la Cour de la Princesse.

    Tout cela nous dit quoi ? Que les Verts, dans la pratique du pouvoir, sont comme les autres ! Eux qui n'ont cessé, depuis des années, de nous bassiner avec "la politique autrement", reproduisent exactement les travers de toute oligarchie à qui trop de pouvoir est confié : consanguinité, proximités, copinage.

    Il y a eu le pouvoir des radicaux vaudois, buveurs de Dézaley, logés à de rudes et rustiques enseignes. Il y a eu celui des conservateurs valaisans, dégustateurs de Petite Arvine, bénitier le dimanche, prébendes le lundi. Voici celui de nos braves Verts, moralistes, cyclistes, torturés du Climat, prophètes d’Apocalypse. Mais tellement fidèles à toutes les chorégraphies du pouvoir, dès qu'ils entrent dans la danse. Bonne législature, et Salut les Copains !

     

    Pascal Décaillet

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  • Le gisant et les fausses écritures

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    Sur le vif - Jeudi 28.05.20 - 05.38h

     

    Après avoir été totalement inexistante pendant la crise, l'Union européenne, fantôme hagard tiré de sa torpeur, se réveille pour claironner qu'elle va faire tourner la planche à billets. Et cracher de la fausse monnaie.

    La crise sanitaire a été gérée par les nations. Chacune seule, en fonction de son identité propre, de son trajet historique, de sa relation, tissée par les siècles, à l'exercice du pouvoir.

    De ces mois décisifs, les nations sont sorties grandies. Elles ne se sont pas battues les unes contre les autres, mais chacune pour soi, en respectant ses voisins.

    L'Union européenne, elle, a tout perdu. Déjà gisante avant la crise, elle a exténué ce qui lui restait de crédit. La voilà, comme les faux-monnayeurs de l'Île Noire, à s'extasier, dans sa grotte, devant le filigrane de ses billets.

    Qu'elle retourne dans sa léthargie ! La parole est aux nations souveraines. Amies, ouvertes les unes envers les autres. Mais chacune indépendante, maîtresse de son destin.

    La trahison multilatérale, c'est fini. Demeurent des communautés de destin juxtaposées, chacune avec son passé, son récit national, sa cohésion sociale. Le rêve d'un lien planétaire, cosmopolite, celui d'une SDN avec un Adrien Deume qui taille ses crayons à Genève, n'est que spéculation coupable. Usure du désir.

    Les Italiens, sur les balcons, chantaient le Va pensiero, de Verdi. Au cœur de la souffrance, ils revivaient le bouleversant chant national de tout un peuple, lorsqu'il se libère.

    Face à cette puissance de feu sur les âmes, que peut le gisant, dérisoire et blême, avec ses fausses écritures ?

     

    Pascal Décaillet

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  • Le vélo oui, la pensée unique non !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 27.05.20

     

    Je suis le premier à le reconnaître : le vélo, c’est sympa. Un mode de locomotion doux, silencieux, accessible à tous, absolument pas polluant. Les cyclistes doivent se déplacer en milieu urbain en toute sécurité, en se mélangeant le moins possible (voire pas du tout) à la circulation automobile. D’où les pistes cyclables, dont je reconnais qu’elles pourraient être plus nombreuses, et surtout plus sûres, sans ces ruptures de continuité qui constituent un danger inouï.

     

    Seulement voilà : le vélo, c’est un mode de locomotion, et ça n’est que cela. Comme le scooter, comme la moto, comme la voiture. Un moyen, parmi d’autres, de se mouvoir ! Le problème, c’est qu’il est devenu une idéologie. Il y a, parmi les cyclistes en milieu urbain, certains Croisés qui nous assomment avec leur prosélytisme. Sous prétexte qu’ils ont choisi ce mode-là, qui semble avoir transfiguré leur vie (les pires étant comme souvent les néo-convertis), il faudrait que le monde entier s’y mette. Ces extrémistes n’ont qu’un but : à petits pas, quartier par quartier, rue par rue, ils veulent éradiquer tout trafic motorisé privé de l’espace urbain. Ils poursuivent cet objectif depuis de longues années, font la morale à la terre entière, insultent scootéristes, motards et automobilistes, qualifient de ringarde toute personne ne partageant pas leur folie extatique de la petite reine.

     

    A ces ultras, qui rendent en passant un bien mauvais service à leur propre cause, il faut dire non. Ce sont eux – et nul autre – qui ont déclenché la guerre des transports à Genève, eux qui ont participé à la manifestation totalement illégale du lundi 18 mai, eux qui vomissent sur les automobilistes, eux qui les prennent à partie en les insultant, et cela – bel exemple de courage – dès qu’ils manifestent en groupe. A eux, nous devons dire non. D’ailleurs, qui sont-ils ? De quel droit, de quelle légitimité, se camouflant derrière d’improbables « collectifs » ou « associations », revendiquent-ils la posture de parler au nom de tous les cyclistes ? Dans ce domaine comme dans d’autres (oh, oui j’ai des exemples !), toute discussion respectueuse entre humains, où la seule force réside dans la qualité des arguments, a laissé la place à une liturgie des imprécations : on s’abrite derrière le groupe, on s’invente la raison sociale d’un « collectif » bidon, et on tente de flanquer la trouille à toute la République.

     

    Le plus fou, c’est que ça marche ! Ils étaient deux mille (estimations maximales) à la manif illégale du 18 mai, nous sommes un demi-million à Genève, leur proportion est donc fort minoritaire, mais l’imprécation, ça marche ! Jusqu’à faire peur au ministre de la Mobilité, qui est passé avec armes et bagages dans leur camp, comme d’autres passent à l’Est, dans les romans d’espionnage de la Guerre froide. A ces quelques idéologues extrémistes, il faut dire non. Oui au vélo, oui à des pistes cyclables. Oui au respect mutuel sur la chaussée. Mais non au prosélytisme furibard des ayatollahs.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Sandrine S.

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    Sur le vif - Mardi 26.05.20 - 15.13h

     

    Sandrine Salerno, qui quittera ses fonctions le 31 mai à minuit, a, pendant treize ans, très bien géré les Finances de la Ville.

    Puissent d'autres grands argentiers, aux trois niveaux de notre pays (Villes, Cantons, Confédération) s'inspirer de sa retenue dans les dépenses, de sa lutte contre les déficits, de sa prudence féline, de son souci des équilibres. Je lui souhaite le meilleur pour la suite.

    Ce que je dis déplaît à la droite revancharde, ou à la gauche ultra-dépensière, celle qui jouit de griller le pognon des contribuables, pour tout distribuer aux "collectifs" ou aux associations ? Eh bien, déplaisons !

     

    Pascal Décaillet

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  • Manif illégale : que font les députés ?

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    Sur le vif - Lundi 25.05.20 - 10.23h

     

    Le lundi 18 mai dernier, s'est déroulée à Plainpalais une manifestation de cyclistes, totalement illégale. Ils se targuaient eux-mêmes, juste après, d'avoir été 1500, voire 2000 : la limite maximale des rassemblements autorisés est de 5 personnes.

    Le Conseil d'Etat a mis 48 heures à réagir, et encore il a fallu la pression éditoriale. Pire : le Président du gouvernement, garant de l'ordre républicain, menace de rompre la collégialité si des sanctions trop méchantes à ses yeux sont prises contre les incitateurs. Car incitateurs il y a ! Pas besoin d'être officier de renseignements, ni d'avoir l'âme d'un Fouché, pour remonter la chaîne.

    Au nom des 498'000 Genevoises et Genevois qui n'ont pas participé à cette action illégale, et qui s'efforcent depuis des mois de respecter consignes et directives, l'ordre républicain, qui est notre ciment, doit s'imposer. On n'applique pas la loi avec flou : on l'applique, ou on la transgresse. Sinon, à quoi bon faire des lois, ou émettre des directives ?

    Si nos autorités ne veulent pas que les 498'000 se fassent entendre, le jour venu, avec une autre puissance que celle des gentils cyclistes du 18 mai, alors elles doivent entrer en action, et cesser de fermer les yeux. Premier concerné : le Parlement. Il est organe de contrôle ? Fort bien ! Alors, qu'il contrôle !

    Comment une transgression manifeste de l'ordre légal a-t-elle pu être commise sur la chaussée publique, le 18 mai, sans la moindre intervention des forces de police ? Que foutait là une société de sécurité privée, antithèse même du monopole régalien de l'Etat ? D'où vient l'étrange silence de la route de Chancy ? Qui a décidé quoi, qui a laissé faire quoi, qui a fermé les yeux sur quoi ?

    Parlementaires, c'est à vous d'agir. Dans le cas contraire, le peuple s'en chargera. Non par la voie immonde de la tourbe qui s'épanche dans la rue. Mais par celle du démos. Par exemple, en utilisant la démocratie directe.

     

    Pascal Décaillet

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  • Manif illégale du 18 mai : chronologie et vérité

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    Sur le vif - Dimanche 24.05.20 - 15.02h

     

    En République, la police ne prend pas ses décisions toute seule, en fonction de son humeur du jour. Elle obéit à l'autorité politique. C'est particulièrement vrai lorsqu'il s'agit de déterminer une stratégie face à une manifestation de rue : nous sommes là dans le domaine public, avec risque d'image pour le gouvernement, c'est ultra-sensible, Genève en sait quelque chose depuis des décennies, disons le G8 (2003), pour ne pas remonter au 9 novembre 1932.

    La police genevoise ne saurait être tenue pour responsable de son comportement lors de la manifestation totalement illégale du lundi 18 mai 2020. Si elle a laissé faire, c'est qu'elle en a, d'une manière ou d'une autre, reçu de plus haut la consigne, ou le signal. Si, par hasard, aucun ordre dans ce sens ne lui avait été donné, cela serait politiquement bien plus grave encore : cela signifierait que le gouvernement de la République, dûment averti de cette manifestation, n'aurait pas jugé bon d'élaborer une stratégie de réponse à un rassemblement illicite.

    De grâce, qu'on ne vienne pas nous dire qu'il n'y avait aucun signe avant-coureur : ce serait à désespérer de l'efficacité du Renseignement genevois. N'importe quel utilisateur de réseau social était, dès le début de la journée, informé de l'heure et du lieu de cette transgression de l'ordre public.

    Tomber sur la police serait, dans cette affaire, une erreur, et même une faute. Ce serait jouer le jeu de ceux qui, au sein du Conseil d'Etat, tentent de se laver les mains, et pas seulement avec la lotion de l'excellent Professeur Pittet. Ceux qui tentent de faire jouer les fusibles, en laissant entendre qu'il y aurait une "affaire de la police", donc opérationnelle, alors que la faute est stratégique, et politique.

    Reprenez la chronologie. Le 18 mai en fin d'après-midi, l'ordre républicain est clairement transgressé par quelque 1500, voire 2000 manifestants, alors que les rassemblements ne sont autorisés que jusqu'à 5 personnes. Les gentils cyclistes individuels ne sont pas en cause. Il y a eu des incitateurs, des gens qui ont appelé au rassemblement. Ces derniers tentent de nous faire croire que c'était "spontané", c'est pour se décharger de leur responsabilité. Ceux qui ont vécu de près les événements du G8, en 2003, connaissent la chanson.

    Le soir après la manif, puis le lendemain, aucune réaction du Conseil d'Etat. Même pas le surlendemain, mercredi 20, début d'après-midi, dans le communiqué de presse hebdomadaire du gouvernement ! Il aura fallu la pression éditoriale pour que les magistrats commencent à sortir du bois. Ainsi, M. Poggia, mercredi après-midi. Mais pendant près de 48 heures après la manif, nulle condamnation : on a fermé les yeux, on s'est bouché les oreilles, on s'est dit que la chose passerait. On a surestimé le capital de sympathie de la population pour un mouvement ne représentant que deux mille personnes, sur un Canton d'un demi-million. On a un peu vite oublié les 498'000 autres.

    La fin de la semaine, au sein du collège, a été un jeu de masques et de dagues, notamment une vive tension - pour se rejeter la responsabilité - entre MM Dal Busco et Poggia. Bouquet final : le Président du Conseil d'Etat menaçant, selon mon éminent confrère Raphaël Leroy (RTS), de se désolidariser de ses collègues en cas de sanctions trop sévères. On retrouve là "l'observateur" du G8, sur le Pont du Mont-Blanc.

    Les choses, restituées ici dans leur chronologie, laissent perler l'image d'un gouvernement désuni, improvisateur, incapable d'anticiper, ni de gérer politiquement son image.

    Une réserve, toutefois, et nous avons été, par le passé, assez sévères avec le PLR pour l'émettre bien volontiers aujourd'hui : le comportement républicain et responsable, dans cette affaire, des deux élus de ce parti au gouvernement genevois. Il s'agit, pour rappel, de Nathalie Fontanet, ainsi, que cela vous plaise ou non, d'un certain... Pierre Maudet.

     

    Pascal Décaillet

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  • Conseil d'Etat : la chienlit

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    Sur le vif - Vendredi 22.05.20 - 21.48h

     

    C'est mon excellent confrère Raphaël Leroy, de la RTS, qui l'annonce : le Président du Conseil d'Etat genevois, le Vert Antonio Hodgers, aurait fait part de "réserves" quant aux sanctions envisagées par Mauro Poggia contre les organisateurs - ou incitateurs - de la manifestation totalement illégale de cyclistes de lundi soir. Il se réserverait même le droit de rompre la collégialité.

    La question, à partir de ce soir, n'est absolument plus celle des pistes cyclables, ni de leur largeur, toutes choses dont on doit en effet pouvoir discuter. Les cyclistes doivent circuler en toute sécurité en ville, pas le moindre problème de ce côté-là.

    Non. La question est désormais celle de la République. Nous sommes dans un État de droit. Le gouvernement cantonal en est le premier garant. Lundi, une manifestation manifestement illégale, bafouant les consignes sanitaires que nous nous imposons tous depuis deux mois, a éhontément défié les lois de la République. Elle a piétiné les directives du Conseil fédéral, et leur mise en application par le Conseil d'Etat genevois.

    A partir de là, le problème n'est évidemment plus la largeur des pistes cyclables. Il est celui du respect de la loi, en République. Sous prétexte d'idéologie douce, ayant le vent en poupe, portée par une doxa à laquelle nul ne semble avoir le courage de s'opposer, il faudrait fermer les yeux sur une atteinte à notre ordre légal !

    Qu'un militant Vert pense comme cela, c'est une chose. Ou un religieux du vélo. Mais le Président du Conseil d'Etat genevois !

    Lundi soir, deux mille personnes (estimation maximale) ont participé à cette manifestation illégale. Nous sommes un Canton d'un demi-million d'âmes. Cela signifie que 498'000 personnes n'y ont pas participé ! Les citoyennes et citoyens qui appartiennent à cette majorité silencieuse doivent maintenant se réveiller.

    Tout Conseiller d'Etat qui conteste les sanctions envisagées par Mauro Poggia, donc qui met en cause le respect de la loi, doit être immédiatement dessaisi de ses fonctions. Et occuper, s'il le souhaite, un poste d'observateur, sur le Pont du Mont-Blanc.

     

    Pascal Décaillet

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  • La Surintendance des Cieux

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    Sur le vif - Vendredi 22.05.20 - 08.59h

     

    Dans un légitime souci d'économie, ne serait-il pas plus simple de fermer Cointrin, d'installer un radar à Plainpalais, avec un ou deux contrôleurs aériens dans les étages de la tour TV (les cadres SSR, habitués à regarder par la fenêtre, sont rompus depuis toujours à la surintendance des cieux), et d'utiliser les pistes jaunes de M. Dal Busco comme aires d'atterrissage pour les quelques aéronefs qui auront survécu à la crise ?

    Le chapiteau du Knie pourra servir de hangar. Et les crocodiles, tenir lieu de personnel rampant.

     

    Pascal Décaillet

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  • Con-version

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    Sur le vif - Jeudi 21.05.20 - 18.42h

     

    Selon nos informations, Saint Paul, alias le Centurion Saül, se rendait en voiture à Damas. Suite à une panne d'essence (précédant de peu sa nouvelle existence), il a fini son chemin à vélo. Sa vie, comme on sait, en fut transfigurée. Et, comme si souvent les néo-convertis, il a voulu que l'univers entier fasse comme lui.

     

    Pascal Décaillet

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  • Mobilité : M. Dal Busco doit partir

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    Sur le vif - Jeudi 21.05.20 - 11.01h

     

    J'ai beaucoup de considération, et même d'amitié, pour M. Dal Busco. C'est un homme pétri de valeurs, soucieux du bien public. Il a en lui une dimension d’État. Il a parfaitement sa place au gouvernement, où le peuple l'a porté.

    Mais il doit quitter la Mobilité. Il n'a pas réussi à s'imposer face aux apparatchiks. Il est passé avec armes et bagages dans le camp des Verts. Il a fait preuve, au détriment des siens, et en faveur de l'adversaire, d'une transversalité (voyez, je demeure mesuré dans mes termes, mais la journée n'est pas finie) coupable.

    Ce ne sont pas là des comportement que l'on puisse admettre.

    Je souhaite vivement que M. Dal Busco, au sein du Conseil d’État, puisse passer les trois prochaines années à servir au mieux Genève. Il en a le coeur, les capacités. Mais pas à la Mobilité.

    Il n'y a là rien de grave. La politique, ce sont des objectifs à atteindre. Si on réussit, c'est bien. Si on échoue, on doit se dessaisir de son champ de responsabilités. Soit pour aller respirer quelques mois à Limoges, comme il en allait des généraux en échec, lors de la Guerre de 14. Soit - et c'est évidemment ce que, comme citoyen, j'appelle de mes vœux - pour être investi, au sein du collège, d'une autre responsabilité.

    M. Dal Busco a réveillé à Genève la guerre des transports. Il a tout misé sur un camp, au détriment de l'autre. Il a oublié ceux qui l'avaient porté au pouvoir. Il n'a plus de marge de manœuvre, dans le secteur de la Mobilité. Ne perdons pas trois ans : il doit faire autre chose.

    On ne gouverne pas en faisant donner, la nuit, en catimini, la peinture du pouvoir sans la moindre consultation autour de soi. On ne gouverne pas en paniquant face à l'idéologie du moment, sous le seul prétexte qu'elle a le vent en poupe.

    Vous êtes, M. Dal Busco, une personne parfaitement respectable. Mais à la Mobilité, prisonnier de l'Appareil de vos hauts-fonctionnaires, inféodé à une faction, vous n'avez plus les moyens de servir Genève.

     

    Pascal Décaillet

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  • Le règne sans partage de la barbichette !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 20.05.20

     

    A quoi sert un Parlement ? A deux choses : faire des lois, et contrôler l’activité du gouvernement. La seconde tâche n’est absolument pas une option, comme un allume-cigare quand on achète une voiture. Non, elle est fondamentale, tout autant que la première. Elle est inhérente à la nature même de l’institution parlementaire. Elle est chargée d’Histoire, depuis les premiers Parlements britanniques jusqu’à nos jours, en passant par Montesquieu et son Esprit des lois (publié à Genève en 1748), par les épisodes successifs de la Révolution française, par le Printemps des peuples de 1848, par notre admirable démocratie suisse, constituée d’équilibres, où aucune institution (peuple, Parlement, gouvernement) ne doit écraser les autres. C’est l’une des clefs de notre réussite.

     

    Hélas, à Genève, cette mission de contrôle ne fonctionne pas comme elle devrait. Il y a bien quelques députés teigneux, des Thomas Bläsi, des Cyril Aellen, des Jean Burgermeister, des Jocelyne Haller, et d’autres qui me pardonneront de ne pas les citer. Oui, quelques-uns à ne pas s’en laisser conter, à exiger des réponses précises du Conseil d’Etat lorsqu’ils l’interpellent. Mais à côté, combien de dociles, de gentils, de tout inféodés aux conseillers d’Etat de leur parti, de surtout pas contrariants dès que vient poindre l’odeur de la poudre. Des députés de consensus, tiens par exemple ceux qui rêvent d’une carrière au Perchoir, en passant par cette ineffable couveuse à ambitions qui s’appelle le Bureau. On se tutoie, on est copains, on mange ensemble, on se retrouve en Commission, tu m’épargnes mon magistrat, je t’épargne le tien, je te tiens, tu me tiens, par la barbichette. Désolé, mais c’est cela, l’institution législative. Peut-être pas celle dont rêvaient Montesquieu ou Mirabeau, mais celle qui EST.

     

    Un exemple ? La session du Grand Conseil genevois, les 11 et 12 mai derniers. A l’ordre du jour, il s’agissait d’analyser sans concessions la gestion de la crise sanitaire par le Conseil d’Etat, ces deux derniers mois. Il y aurait eu tant à dire : foules à l’aéroport dans les premiers temps de la crise, impéritie dans la planification, navigation à vue concernant la fermeture des chantiers. Bien pire : mise en avant d’un expert, certes compétent (nous ne saurions envisager l’hypothèse contraire), mais tout-puissant, et donnant l’impression d’agir en roue libre, sans contrôle politique. Ces choses-là, pour le moins, méritaient un débriefing solide au Parlement. Hélas, elles tombaient le même jour que l’élection d’un nouveau Président, ainsi que d’un nouveau Bureau, missions consensuelles par excellence. Hélas, on a laissé les magistrats exécutifs se trouver finalement fort bons. Hélas, on s’est assoupi dans sa vigueur de contrôle. Hélas, on a laissé faire. Hélas, la catharsis, faute de crainte et faute de pitié, s’est achevée en queue de poisson. Notre démocratie a vécu de plus glorieux moments. Excellente semaine à tous !

     

    Pascal Décaillet

     

     

     

     

     

     

     

     

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  • Cela s'appelle des combattants

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    Sur le vif - Mercredi 20.05.20 - 08.40h

     

    Non, Raphaël, les partisans du trafic motorisé privé n'ont pas perdu la guerre des transports à Genève. Il reste la colère du peuple. Si la majorité silencieuse parvient un jour à transformer sa rage légitime en décision du démos, par le seul canal qui vaille, la démocratie directe, la situation peut se retourner.

    Pour cela, il faut, comme souvent, oublier les canaux désuets de la représentation politique. Et faire exactement (mais en respectant la loi !) ce qu'ont fait les cyclistes lundi : créer une force populaire rapide, éveillée, habitée par une stratégie du mouvement et non par celle des tranchées, capable de prendre des décisions fulgurantes, en utilisant les armes modernes que sont les réseaux. La presse traditionnelle, aussi alerte et vivace que Madame dans l'oraison de Bossuet, vous pouvez oublier. À part les colères noires des Gueux du Mercredi.

    Cette force n'a absolument pas à s'ancrer dans le monde politique. Ni à chercher des relais dans les "élus" ou "représentants" : ce sont justement eux qui ont échoué, à Genève ! Eux qui nous ont concocté le compromis vantard de la fameuse votation sur la "paix des transports". Fausse paix ! Menteuse ! Munichoise ! La défaite du trafic motorisé privé y était parfaitement visible, sous le filigrane de la tromperie et de la duplicité.

    Le camp de la "mobilité douce" a, avec lui, la triste coagulation d'intérêts de la démocratie représentative. Il a avec lui les élus, les notables, le ministre félon du PDC, le silence rusé du ministre MCG. Il a de son côté le vent de la mode, l'air du temps, Nina Ricci, les bobos urbains, le parfum des illusions, la droite qui cherche à plaire à la gauche. Ca fait du monde.

    Mais c'est oublier la colère du peuple. Implacable, rentrée, silencieuse. Ce sont souvent, à Genève, des gens très modestes qui prennent leur voiture en ville. Le vélo, c'est, tout aussi souvent, pour les bourgeois branchés. Ils habitent en ville, travaillent en ville, ne se salissent pas, n'ont rien à livrer. Alors, le frisson de la douceur, tout en se rachetant quelques indulgences par le salut de la planète. Théologie du convenable, pour Pharisiens branchés !

    Les élus, surtout pas ! La machine à se coopter, non merci ! La guerre des transports se jouera sur les fiertés intérieures, sur la noirceur des colères, sur le rejet des modes, sur la conjonction d'explosives solitudes.

    Celui qui représente désormais, en Ville de Genève, l'institution, le pouvoir, le convenable, la doxa, c'est le bobo. Face à lui, il faut des caractères trempés, guerriers, intransigeants. Des sales tronches. Qui ne craignent ni pour leur image, ni pour leur confort. Cela porte un nom, l'un de ceux que je respecte le plus au monde : cela s'appelle des combattants.

     

    Pascal Décaillet

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  • Vous avez fermé les yeux, M. Poggia ?

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    Sur le vif - Mardi 19.05.20 - 09.17h

     

    M. Poggia, vous êtes à la fois le ministre de la Police et celui de la Santé. Cette double casquette vous donne un pouvoir considérable, sans doute sans précédent dans l'Histoire de Genève, depuis les années Fazy.

    Un pouvoir immense ! A cause de la crise sanitaire. Des normes très sévères ont été édictées, principalement par Berne. Elles concernent la santé. Et elles concernent la police, chargée de veiller à leur application.

    Depuis deux mois, coiffé de ces deux casquettes, vous êtes l'homme le plus puissant à Genève. Vous paraissez, vous ordonnez, vous menacez de sanctions. Vous incarnez le pouvoir en temps de crise.

    M. Poggia, hier soir, entre 1000 et 1500 personnes ont bafoué les règles et ordonnances que vous passez votre temps, depuis plus de deux mois, à nous rappeler, nous marteler, pour qu'elles s'impriment bien dans nos consciences.

    Réseaux sociaux, films en direct, sous tous les angles, toutes les coutures : l'affaire est claire, nulle distance réglementaire n'a été respectée, on a violé la loi, transgressé les règles.

    Témoins, nombreux : la police a laissé faire. Avait-elle des ordres en ce sens ? Si oui, des ordres de qui ?

    M. Poggia, la population genevoise, brave et docile, depuis deux mois, s'efforce de respecter à la lettre les consignes de distances. Queues devant les magasins, nul attroupement, nulle grappe humaine. Hier en fin d'après-midi, à Plainpalais, ce fut la masse humaine, toutes distances abolies, tout respect dilué.

    Quelles suites juridiques entendez-vous donner à cette provocation ? Entendez-vous fermer les yeux ? Faire semblant de n'avoir rien vu ? Homme de caractère, auriez-vous, comme l'un de vos collègues, peur d'aller contre un effet de mode ? La doxa en vogue vous ferait-elle frémir ? Votre police serait-elle à deux visages, intransigeante pour les honnêtes citoyens confinés, accommodante pour un rassemblement qui défie la légalité républicaine ?

    M. Poggia, deux casquettes c'est bien. Pour couvrir le chef. Mais cela donne des responsabilités. Le rassemblement d'hier, sous l'empire des normes par vous-mêmes constamment rappelées, n'avait pas lieu d'être. Ses responsables, aisément identifiables, doivent en répondre. Ceux qui appellent publiquement à recommencer, avec dix fois plus de monde, si on ne cède pas à leurs exigences, aussi.

    Sinon, à quoi sert la loi ? A quoi sert la République ? A quoi sert un gouvernement ? A quoi sert un ministre ?

     

    Pascal Décaillet

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  • Le camp de la colère

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    Sur le vif - Lundi 18.05.20 - 10.12h

     

    Avec la complicité de Serge Dal Busco, et sans doute mercredi celle du Conseil d’État, l'idéologie Verte tente l'un de ces coups de force dont elle a le secret : donner un signal très clair d'extension du champ de la "mobilité douce", et de réduction de l'espace urbain pour les véhicules privés à moteur.

    Cette idéologie, à la faveur de l'hystérie climatique de 2019, a gagné du terrain. C'était une année électorale : les Verts ont engrangé des bénéfices (c'était le but du tintamarre), les voilà avec quatre parlementaires fédéraux pour Genève, et depuis le 1er juin deux conseillers administratifs en Ville, détenteurs des leviers de pouvoir que sont les Finances et l'Aménagement.

    Ils ont gagné du terrain, mais ne sont absolument pas majoritaires à Genève, ni en Suisse. Le problème, ce n'est pas eux. Ils participent à notre vie démocratique, et ont parfaitement le droit d'avoir leurs idées. A cela s'ajoutent des personnalités souvent compétentes et avec qui le débat est très agréable, respectueux, argumenté.

    Non. Le problème, c'est les autres. Les Verts ayant grimpé vers les strates du pouvoir, dans lesquelles ils se sont toujours sentis fort bien, et représentant aujourd'hui l'idéologie à la mode (ce qui peut parfaitement se fracasser demain), on les associe aujourd'hui au pouvoir lui-même. Comme les radicaux vaudois des grandes années, ou les conservateurs valaisans, la simple évocation de leur nom évoque la puissance.

    Les caractères faibles, peu sûrs d'eux-mêmes, n'ayant guère de valeurs propres, ni de vertus particulières pour l'esprit de résistance, aiment cela. Mimes, ils reproduisent. Moutons, ils suivent. Perroquets, ils répètent. Fidèles, ils disent la liturgie. Jusqu'à reprendre le jargon : transfert modal, transition énergétique, urgence climatique. Oui, s'il est une victoire de l'idéologie Verte, c'est bien d'avoir laissé transpirer leur sabir jusque dans les paroles des faibles, toujours là pour se mettre à la remorque.

    C'est cela, l'enjeu du coup de force nocturne sur les pistes cyclables. L'affaire n'est en rien celle de l'opportunité de ces pistes (elles sont assurément nécessaires, pour la sécurité des cyclistes), ni de la largeur. L'enjeu réel, c'est le coup de force lui-même, longuement mûri, avec la complicité d'un ministre passé avec armes et bagages dans le camp de l'idéologie Verte. Pour laquelle il roule désormais ouvertement. Entre deux virées en décapotable.

    Du Conseil d’État, il n'y a rien à attendre. L'idéologie Verte y est désormais majoritaire, avec trois ministres de gauche, un PDC ductile comme le vent qui tourne, un MCG polymorphe et aux mille ruses, un radical qui n'aime pas la voiture. Reste une inconnue sur la libérale. Mais une contre six, c'est un peu juste.

    Reste le peuple. Les cyclistes s'organisent ? Eh bien pourquoi pas les utilisateurs de véhicules privés, automobiles ou deux-roues motorisés ! Pourquoi eux, qui sont nettement majoritaires, n'ont absolument pas à se sentir coupables, ni à se justifier de prendre leur véhicule, devraient-ils raser les murs, laisser l'idéologie Verte régenter les consciences, dicter le tempo, inventer les mots, se parler de la morale, prétendre incarner la vérité et l'avenir ?

    C'est dans ce camp-là que se trouve la balle. Le camp de ceux qui travaillent, payent des impôts, des taxes, font vivre les autres. Le camp de la majorité silencieuse. Le camp de la révolte contre une idéologie qui veut tous nous placer sous sa férule. Le camp de la colère.

     

    Pascal Décaillet

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  • Celle qui nous précède et nous survit

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    Sur le vif - Dimanche 17.05.20 - 16.14h

     

    Avant-hier soir, Mezzo : au milieu d'une Philharmonie de Berlin vide comme le temps qui passe, la musique absolument sublime d'Arvo Pärt, en l'occurrence la pièce "Fratres".

    Depuis la fin de l'enfance, j'ai toujours pensé que l'expression "musique contemporaine" n'avait aucun sens : toute musique est contemporaine. Haendel, Beethoven, Wagner, Bartók, et tous les autres, sans exception, qu'ont-ils fait d'autre que de composer de la musique contemporaine ? De la musique pour leurs contemporains !

    Et même quand aujourd'hui, on joue la musique ancienne, ce sont des soeurs humaines, des frères humains d'ici et de maintenant, avec leur souffle de vie instantané, simultané au nôtre, qui lui restituent sens et vie. Le plus bel exemple : Johann Nikolaus comte de La Fontaine et d'Harnoncourt-Unverzagt (oui, il s'appelait vraiment comme ça, il descendait de l'Empereur du Saint-Empire, et a vécu entre 1929 et 2016 !), l'homme qui, avec le plus éclatant génie, nous a réactualisé, au sens le plus brechtien, cette musique, en soufflant sur sa poussière. Harnoncourt, l'un des plus contemporains de nos grands chefs.

    Avant-hier, Berlin, Philharmonie, ombre immense et silencieuse de Furtwängler, salle vide. La musique de l'Estonien Arvo Pärt, né en 1935, l'un de nos plus grands musiciens vivants. Sous la direction de Kirill Petrenko, une quinzaine de musiciens, peut-être vingt, distances respectées, c'était le 1er mai dernier, sous l'empire du confinement. Un concert sans public. Et pourtant, jamais la présence de la musique n'aura été aussi puissante. C'est elle qui est centrale. Elle qui vit. Elle qui nous précède et qui nous survivra. C'est par elle que se jouent l'absence ou la présence.

    Jamais concert ne fut à ce point contemporain.

     

    Pascal Décaillet

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  • Valets des Verts

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    Sur le vif - Dimanche 17.05.20 - 07.46h

     

    Le problème, ce ne sont pas les Verts, qui ont parfaitement le droit d'apporter leurs idées dans le débat démocratique.

    Le problème, c'est la sur-adaptation des autres, notamment chez certains gentils centristes, à l'idéologie Verte.

    C'est un défaut de caractère. Les Verts, ces temps (peut-être plus pour si longtemps, d'ailleurs), ont le vent en poupe. Leur vision constitue la doxa du moment, tout comme l'ultra-libéralisme fut celle du début des années 2000.

    Alors, certains se mettent à la remorque. Ils font tous les caprices des Verts, précèdent même leurs désirs. Ils élargissent démesurément les pistes cyclables, mais rétrécissent le champ de leur propre liberté intérieure : ils deviennent des valets de la domination des consciences par les Verts.

    Ceux-là seront toujours du côté du pouvoir du moment. Aujourd'hui, celui des Verts. Demain, un autre. C'est un défaut de caractère, oui.

    Nous avons, plus que jamais, besoin d'esprits libres. D'hommes et de femmes capables de penser par eux-mêmes. Résister à l'esprit du temps. Se contre-foutre des modes de pensée. Chacun avec sa vision, sa conception, son univers mental. Sa plume. Et sa voix

     

    Pascal Décaillet

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  • Quand le ministre voit large

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    Sur le vif - Vendredi 15.05.20 - 18.43h

     

    La question n'est pas de savoir s'il faut des pistes cyclables à Genève. Il en faut, c'est certain, et la protection des cyclistes doit être garantie. Sur certains tronçons, il y a des ruptures de continuité qui obligent les utilisateurs de vélos à surgir sur la chaussée, donc se mêler aux voitures, ou alors sur le trottoir, avec le risque d'incommoder les piétons. Bref, pistes cyclables oui.

    Mais il faut les aménager correctement. Et là, désolé, mais ce qu'on vient de nous tracer, boulevard Georges-Favon direction Coulouvrenière, ou après la place du Cirque en sens inverse, ce ne sont pas des pistes cyclables, mais des aires d'atterrissage pour jets privés, retour du Grand Prix d'Abu-Dhabi. On dira, pour demeurer courtois, que le ministre a vu large. Il a dû se rêver Baron Haussmann, Paris Second Empire, Champs-Élysées, boulevard des Italiens, Belle-Epoque, champagne avec les danseuses, Offenbach, grande vie.

    On a surtout l'impression qu'il a pris sa décision à la hache. Ou avec la machette du défricheur de la forêt amazonienne, on coupe, on tranche, on fonce. Il s'est permis cela, pourquoi ? Parce qu'hélas, cet homme de valeur, attachant, avec un vrai sens du service de l'Etat, a tendance à se sur-adapter à l'esprit du temps. Lors des très riches heures de François Longchamp, il nous faisait à sa manière du Longchamp, reproduisant sa terminologie, le verbe "indiquer" par exemple. Du Longchamp trottinant, du Longchamp en cavalcades, comme à l'hippodrome.

    Aujourd'hui, la doxa est au Vert. Des Verts partout, les uns galants, d'autres luisants, des Verts tenant toutes les manettes du pouvoir. Alors, le ministre se sur-adapte à l'idéologie Verte. Et il trace large. Et il élargit encore !

    Ce ministre, je l'ai déjà dit et n'en démords pas, est un magistrat de qualité. Tout au plus pourrait-on souhaiter qu'il se régente lui-même avec un peu plus d'autonomie, un peu moins de mimétisme aimanté sur le pouvoir du moment.

    Pour le reste, vive le vélo. Vive le respect de TOUS les modes de transports. Mort aux Torquemadas. Et longue vie à la liberté d'esprit, celle du verbe, celle des mots. Et celle des étalons étincelants, sur les pistes de lumière des hippodromes.

     

    Pascal Décaillet

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  • Têtes de bétail, têtes de pipe

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    Sur le vif - Jeudi 14.05.20 - 10.15h

     

    Le démographe, ou l'épidémiologiste, nous parlent, à longueur de journées, de "population". Bevölkerung.

    Je n'ai jamais aimé ce mot, "population", qui ne considère dans les humains que leur amas de chair physique. On décompte, on recense les gens comme des troupeaux. Têtes de bétail, têtes de pipe. Les puissants cerveaux de la crise sanitaire, M. Koch à Berne, ou tel médecin cantonal, ne parlent de nous que comme composante anonyme d'une "population" humaine.

    En politique, je n'utilise jamais le mot "population". Il a en lui quelque chose de grégaire, de massif, d'indifférencié, qui résonne à mes oreilles comme une tourbe, toute en monceaux, où toute singularité serait malaxée.

    Lorsque je m'exprime sur la politique, je parle à des citoyennes et à des citoyens. Je parle au démos. C'est un peu élitaire, j'en conviens, par rapport à l'universelle glaise du mot "population", j'assume. Citoyen (c'est le seul titre dont je me revendique), je m'adresse à des hommes et des femmes partageant mes droits et mes devoirs, mon horizon d'attente, mes responsabilités. Des hommes et des femmes formant avec moi, quatre dimanches par an, le collège électoral de ma Commune, de mon Canton, de mon Pays.

    Je m'adresse à mes pairs. À des têtes pensantes. À des cœurs. À des êtres de sensibilité, de souffrances, de cicatrices et de mémoire.

    Je m'adresse à des sœurs humaines, et à des frères humains, avec lesquels j'ai en commun la passion de construire mon pays.

     

    Pascal Décaillet

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  • Parlement, gouvernement : la barbichette intégale !

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    Sur le vif - Mercredi 13.05.20 - 17.06h

     

    Le Parlement a été bien gentil, lors de la session qui vient de se dérouler, en adoubant bien benoîtement la gestion de crise du Conseil d'Etat. Et en écoutant bien sagement les magistrats défendre - certains avec arrogance - leurs décisions "irréprochables" de ces deux derniers mois.

    Quid de la dictature sanitaire qu'on a doucement, au nom du bien commun, laissé s'imposer à Genève ? Quid des directives du médecin cantonal ? Quid de la légitimité politique, derrière ces textes ? Quid de la double casquette, Police-Santé, de Mauro Poggia, concentrant sur ce dernier à peu près tous les pouvoirs de ce temps de crise ?

    Toutes ces questions, il appartenait au Parlement, enfin réuni à nouveau, de les poser. La mission de contrôle de l'exécutif est un DEVOIR du Grand Conseil, pas seulement un droit.

    Seulement voilà : l'extrême perversité de notre système politique, c'est la composition plurielle de l'exécutif, incluant dans le gouvernement presque toutes les forces du Parlement. A part deux : l'UDC et Ensemble à Gauche. Résultat : la BARBICHETTE intégrale ! J'épargne ton ministre, tu épargnes le mien, on boit un verre, on se tutoie, on se répartit postes et prébendes, et tout le monde est content.

    Longue vie à ce système ! La consanguinité y règne. Le Perchoir y ressemble à un arbitrage de confrérie. Longue vie aux petits copains.

     

    Pascal Décaillet

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  • Non à une société du traçage !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 13.05.20

     

    L’être humain, depuis son apparition sur la terre, laisse des traces. Vous marchez sur une plage, vous en laissez ! Mais la mer, comme dans le poème, se charge aussitôt de les effacer. Vous gravez vos amours de jeunesse sur un tronc d’arbre, deux prénoms, un cœur, une flèche ? Une trace ! Jusqu’au passage du bûcheron. Vous composez la Neuvième Symphonie, avec son Hymne à la Joie ? Une trace, sublime, pour l’éternité ! Oui, la trace peut être belle, émouvante, bouleversante parfois, comme ces repères, qui marquent nos vies.

     

    Le traçage, c’est évidemment autre chose. Ce sont les signes que vous laissez, contre votre gré. Et qu’un Big Brother, quelque part, les services d’un Etat par exemple, se charge de récolter, recenser, pour votre dossier ! Là, la trace devient moins sympathique, quand elle n’est pas franchement haïssable. Avec votre carte de crédit, vous laissez des traces. Avec votre téléphone portable. Avec votre ordinateur. Avec votre véhicule. Avec vos publications sur les réseaux sociaux. Dans tous ces domaines, prudence ! Mais ça, vous le savez déjà. Ou en tout cas, vous devriez le savoir : la protection des données, celle de la vie privée, de la personnalité, sont des thèmes majeurs de nos sociétés d’aujourd’hui et de demain, ils doivent être pris en considération prioritaire.

     

    Et puis, il y a tout ce que nous ne saurions pas. Le traçage médical, par exemple. Dans la période de crise sanitaire que nous traversons, il constitue un risque majeur. D’autant plus sournois que les traceurs le justifient pour la bonne cause, l’intérêt public, la santé générale de la population. Là, Big Brother n’est pas le méchant, mais bien pire : il est celui qui veut votre bien, le gentil ! A ce stade, méfiance ! Et rappel de quelques droits fondamentaux : le secret médical, en Suisse, existe, il est garanti, et si votre médecin livre contre votre gré des données de votre dossier, il devra en répondre. Maintenant, si vous estimez que votre état santé n’a rien de secret, peut regarder tout le monde, c’est votre droit. C’est vous qui décidez, et personne ne doit le faire à votre place.

     

    La Suisse est une démocratie, l’une des plus belles au monde. Le personnage principal, c’est la citoyenne, le citoyen. Eux sont la pierre angulaire de notre système. Et certainement pas les élus. Et encore moins les hauts-fonctionnaires, chefs d’Offices, ou médecins cantonaux. Ni les experts. Les décisions suprêmes concernant nos libertés individuelles, c’est le suffrage universel qui doit les prendre. Nous ne pouvons accepter plus longtemps que, sous prétexte de crise sanitaire, des atteintes à nos droits fondamentaux passent par un autre aval que celui des citoyens. Si le peuple décide de limiter temporairement certaines de nos libertés, j’accepte ! Parce que le souverain, c’est lui. Si c’est juste un chef d’Office, c’est niet. Nous voulons demeurer des hommes et des femmes libres. Et non des sujets, repérés par des espions et des délateurs, quelque part, dans des chaînes de traçage. Excellente semaine à tous !

     

    Pascal Décaillet

     

     

     

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