Liberté - Page 3

  • Détruire l'Allemagne, disaient-ils

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    Nouvelle réflexion sur la destruction de la Ville allemande - 1945, dans le miroir de 1648 - Dimanche 04.04.21 - 11.16h
     
     
    En 1945, les villes allemandes sont détruites. C'est à dessein que les Anglo-Saxons les ont pulvérisées elles, les villes. Pas seulement parce qu'elles concentraient le secteur industriel. Mais parce que l'âme allemande, au fil des siècles, s'est forgée dans un théâtre de représentation urbain : les cathédrales, les résidences des seigneurs locaux, les collections d'art, les salles de concert, les théâtres.
     
    En 1945, tout cela est en cendres. Pas les villages ! Pas la campagne ! Non, les villes, si importantes dans la construction de l'imaginaire du Saint-Empire : Immédiateté impériale, Franchises, concentration des pouvoirs, convergences des artistes. En rasant Hambourg en 1943, puis Dresde en 1945, Harris, le chef des commandos de bombardements la Royal Air Force, ne prend pas ces décisions tout seul. Non, il obéit à un chef, le Premier Ministre, qui s'appelle Winston Churchill, un homme pétri d'Histoire, et qui sait parfaitement ce qu'il fait. Pas seulement venger Coventry, il l'a fait au centuple ! Bien pire : éradiquer la Ville allemande. La Ville allemande, pas seulement les villes allemandes !
     
    Ma mère a passé une partie de sa jeunesse en Allemagne, dans les années 1936 à 1938. Elle a connu d'éclatantes villes allemandes, au centre du pays, avant la guerre. Les trésors du Moyen Âge y étaient visibles à chaque coin de rue. Quand elle y est retournée, peu après la guerre, plus rien. J'ai moi-même visité d'innombrables villes, dans l'ensemble du pays, des Alpes jusqu'à la Baltique, du Rhin jusqu'à l'Oder, avec une prédilection pour la partie orientale (Saxe, Prusse, Thuringe) : malgré certaines splendeurs sauvées du désastre, on sent bien qu'il y a quelque chose de perdu, d'irrémédiable.
     
    J'aime passionnément Hambourg, Lübeck, Nuremberg, Würzburg, Francfort-sur-l'Oder, Weimar, Brême. J'ai passé de longs mois à Munich, du temps de mes études. Je n'aime pas trop Berlin, bien que je m'y sois rendu maintes fois. Je préfère la Prusse intérieure, austère, sévère, intellectuelle, celle qui semble retenir en elle le monde sensible, de peur qu'il n'explose. La Prusse de Kleist. J'aime les bords de l'Oder, à la frontière polonaise, il y règne un esprit de garnison, de musique et de poésie. Le monde germanique, dit-on, s'y termine. Je n'en suis pas si sûr.
     
    La Ville allemande, devenue cendres et poudres. 1945 ? Pas seulement ! En 1648, à l'issue de l'abominable Guerre de Trente Ans, la Ville allemande, de la Baltique jusqu'à Bâle, est en ruines. Les Suédois, entre autres, y sont pour beaucoup. Les Princes de toute l'Europe, à partir de la Défenestration de Prague, avaient décidé de faire des Allemagnes le terrain de jeu de leurs guerres. En 1648, il n'y a plus de Ville allemande, il n'y a plus d'Allemagne, il n'y a plus rien. 
    Il faudra un siècle pour que renaisse, en Europe, un esprit allemand : ce sera l’œuvre de Frédéric II, le Roi de Prusse (1740-1786), l'homme sans qui nul renouveau n'eût été possible.
     
     
    En visitant pour la première fois Lübeck avec toute ma famille, en juillet 1968, nous sommes allés voir ces sublimes églises de briques rouges, où chante l'âme luthérienne, et d'où semble encore poindre la musique de Buxtehude. Les murs de l'une d'entre elles étaient percés de trous d'obus. Seconde Guerre mondiale, avais-je demandé au guide : "Oui, je crois bien. A moins que ce ne soient les Suédois, au moment de la Guerre de Trente Ans".
     
    Une marge d'erreur de trois siècles ! Mais la béance, au coeur de murs, était toujours là. Comme un rappel du destin allemand, tragique et muet, à la recherche d'un fil invisible. Comme dans Wagner. Comme dans les Contes de Grimm. Comme dans "Deutschland, bleiche Mutter", l'éblouissant poème de Brecht. Quelle mère ? Et quel enfantement ? Pour quel destin ?
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Jean-Cosme !

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    Sur le vif - Vendredi 02.04.21 - 09.21h
     
     
    Immense tristesse, à la lecture du Nouvelliste, au matin de ce Vendredi Saint. Jean-Cosme Zimmermann ! Copain d'Uni, copain d'armée, grand journaliste, de ceux qui connaissent tout de la machine, parce qu'ils la travaillent de l'intérieur, chef d'édition depuis si longtemps. Et là, il nous quitte un 1er avril, à un mois de la retraite, nous rappelle Stéphanie Germanier.
     
    J'ai fréquenté avec bonheur, naguère, cet être subtil et délicat, cultivé, cet humour, cette pudeur des sentiments. Un homme, tout simplement, de ceux qui vous marquent et qui vous touchent.
     
    Pendant mes longues années comme chroniqueur au Nouvelliste, il était l'homme à qui j'envoyais mes textes. Le premier lecteur. Toujours un petit mot à la réception, une note de complicité. Le chef d'édition est un personnage central. Il met en œuvre, veille aux délais, donne au journal sa forme et sa structure. Jean-Cosme était un très grand professionnel, un journaliste dans l'âme.
     
    Je ne l'avais plus revu depuis quelques années. Je me promettais de lui faire signe, l'un de mes été valaisans, c'est toujours comme ça. Le Nouvelliste est en deuil, le métier de journaliste aussi, qui est un artisanat complexe et rigoureux, peu connu du dehors.
     
    À sa famille, ses proches, ses amis, ma profonde sympathie. Sa délicatesse, son humour, veilleront sur mon âme, pour longtemps.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Radicaux : le grand retour

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    Sur le vif - Mercredi 31.03.21 - 22.39h
     
     
    Dimanche dernier, Pierre Maudet n'a pas été réélu. Mais le radicalisme populaire, celui des indépendants, des petits entrepreneurs, celui qui lutte pour le savoir, la connaissance, la qualité de la transmission, pour le primat du travail et du mérite, l'absolue maîtrise des budgets, est redevenu, et de très loin, la première force au sein de la droite genevoise.
     
    C'est le paradoxe le plus vif, le plus rafraîchissant, le plus revigorant de cette élection.
     
    Nulle reconstruction de la droite genevoise ne se fera sans une profonde prise en compte des 34% de ce dimanche 28 mars 2021.
     
    J'ajoute une chose : nulle reconstruction ne pourra faire l'économie de la préférence cantonale. Ni d'une profonde réflexion sur une stricte régulation des flux migratoires.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Le Passage

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 31.03.21

     

    La Fête de Pâques est, pour les chrétiens, le moment le plus important de l’année. Au-delà des questions de foi, qui appartiennent à chacun de nous, en solitude et en intimité, il est passionnant de se renseigner, à travers des lectures, sur le sens de cette Fête du « Passage ». Rien que la Pâque juive, Pessa’h, bien avant la Passion du Christ, nous interroge en profondeur. Elle nous rappelle l’Exode, hors d’Egypte, dans l’Ancien Testament, mais c’est aussi le début d’un cycle agricole, célébré dans des fêtes paysannes.

     

    Les Hébreux passent la mer Rouge, le Christ revient à la vie au troisième jour : tout a déjà été écrit, par des savants, sur cette préfiguration, ce jeu de miroirs entre les deux Testaments, l’un annonce l’autre, le second cite le premier, les paroles se renvoient, les textes se confrontent. Une vie ne suffit pas à se plonger dans ce dialogue des mots, entre deux traditions spirituelles aussi importantes.

     

    Je rêve d’une école genevoise qui, bien entendu au niveau du savoir et non à celui d’une quelconque propagande pour une religion, donne aux élèves les références nécessaires à comprendre tout cela. Comprendre le judaïsme. Comprendre le christianisme. Comprendre l’Islam. Pour ne citer que trois exemples. Car il y en a tant d’autres : un minimum d’initiation aux religions antiques, complexes, multiples, décentralisées, serait aussi le bienvenu. Je rêve d’une école où tous, maîtres et élèves, vibreraient de bonheur dans la passion de la transmission. A tous, excellentes Fêtes de Pâques !

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Le pouvoir, celui qui vous fait jouir

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 31.03.21

     

    Ne croyez pas qu’il existe, sur la planète, le moindre pouvoir qui, dans l’ordre des relations humaines, soit présentable. Le pouvoir, d’où qu’il vienne, c’est pour le moins une pression, et souvent une oppression, exercée par un ou plusieurs humains, sur un ou plusieurs autres. Il existe certes des pouvoirs éclairés, des despotes séduisants, des tonalités atténuées, des petites voix doucereuses qui tonnent moins que les rugueuses injonctions des sergents-majors. Mais le pouvoir reste le pouvoir. Il y aura toujours un moment, entre le dominant et le dominé, où l’étincelle enclenchera l’explosion. Toujours un moment pour la rupture, l’affrontement, la tentative de renversement, le corps-à-corps de la colère.

     

    Prenez le monde politique. Regardez comme ils sont gentils, les doux agneaux, pendant les campagnes électorales. A votre écoute, « sur le terrain » : les stands, les tracts aimablement distribués, la patience à vos doléances, « Je note, chère Madame, nous allons nous renseigner sur ce problème, nous reprendrons contact avec vous. D’ici là, si vous voulez que les choses s’arrangent, ayez l’obligeance de voter pour moi ». Et ça marche ! Parce que l’autre, en face, toujours en quête d’un monde nouveau, se dit que tout va changer, qu’il tient là le bon numéro, que celui-là, élu, n’exercera pas le pouvoir comme les autres. On peut rêver. C’est un droit fondamental de l’être humain.

     

    On peut rêver, mais on déchante. Très vite. Elu dans un exécutif, le nouveau mettra quelques semaines à s’accoutumer, il montera autour de lui une garde noire, il se désignera mentalement les alliés et ceux à abattre, il se fera les griffes, commençant par écorner, et finalement lacérant. D’aucuns prendront plaisir à ce petit jeu. « Je suis le maître, je domine, j’ai ma cour, mes conciliabules, je ménage mon petit monde, j’incendie les autres ». C’est la vie, nul n’y échappe. Ni hommes, ni femmes, ni gauche, ni droite, ni gentils centristes : face à l’éternelle noirceur du pouvoir, nous sommes tous recommencés, nous accomplissons la liturgie, nous blessons, parfois nous humilions. Et de cette position dominante, nous jouissons.

     

    Le pouvoir, partout. Au sein de la famille. Au bureau. Sur le chantier. Sur le tapis boursier. Dans l’entreprise. C’est laid, c’est noir, c’est triste, c’est la vie, celle des pulsions, nul d’entre nous n’y échappe, et surtout pas ceux qui s’en croient affranchis. En latin, « dominus » signifie le maître, celui qui exerce le pouvoir, par exemple sur l’esclave. Mais il y a un autre mot, tellement plus beau, tellement plus fort : c’est le mot « magister ». Le maître, oui, mais celui qui enseigne. Celui qui transmet. Celui qui, par son savoir, ses compétences, donne l’exemple. Celui à qui Charles Péguy, dans les Cahiers de la Quinzaine (1913), rend hommage. Je voulais, à l’approche de Pâques, terminer ce texte par une note d’espoir et de lumière. A tous, excellentes Fêtes, quelque part, face à l’ouverture du Passage.

     

    Pascal Décaillet

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  • Médias : et si on atomisait tout ce petit monde !

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    Sur le vif - Mardi 30.03.21 - 18.57h
     
     
    En matière "d'aide à la presse", ma position a toujours été parfaitement claire : pas un seul centime d'argent public, pour personne ! Les journaux, les médias en général, ne doivent vivre que d'eux-mêmes, par eux-mêmes, par leur propre mérite. Ils ne doivent strictement rien recevoir de l'Etat . Cette position, comme toutes celles que je prends ici et sur mon blog, n'engage que moi, et pas les clients et partenaires pour lesquels j'assume des mandats. Eux c'est eux, moi c'est moi.
     
    La gauche veut "aider la presse", pourquoi ? Mais enfin, vous ne voyez pas ! Pour avoir son mot à dire, pardi ! Les collectivités publiques, aussi. Les gouvernements cantonaux. Ne parlons pas des ineffables exécutifs des grandes villes, qui sont autant de bastions de gauche, où l'on se construit une clientèle, en engraissant "collectifs" et associations.
     
    A tout cela, toute cette interdépendance malsaine, je dis NON. Entrepreneur depuis quinze ans, je n'ai jamais emprunté, jamais dû un seul centime à personne. Jamais investi dans du matériel (j'ai un studio de formation radio depuis dix ans), sans avoir, en amont, économisé les fonds pour mon entreprise. Le délire actuel, agité par la gauche, et notamment par les Verts, de "dette par investissements", va ruiner notre pays. Quand les choses vont mal, on se serre la ceinture, on réduit son train de vie, on compte les sous, on prépare patiemment ses forces pour les combats futurs.
     
    Mais l'aide à la presse, je dis NON ! C'est un fil à la patte ! Une saloperie de dépendance par rapport à des lascars qui vous ont aidé financièrement avec de l'argent qui n'est d'ailleurs par le leur, et qui se chargeront, un jour ou l'autre, de vous rappeler ce que vous leur devez.
     
    Eh puis, merde, j'avais voté OUI à No Billag ! Pendant la campagne, j'étais resté silencieux. Mais j'avais eu raison de voter OUI ! S'il faut absolument qu'existent des entreprises des médias (il faudrait en discuter, d'ailleurs), eh bien qu'elles s'autofinancent !
     
    Mais la vraie question, alors que j'écris ces lignes sur un réseau social, et que vous me faites l'amitié de m'y lire, c'est : allons-nous enfin inventer la société moderne, celle où chaque citoyenne, chaque citoyen peut s'exprimer librement, en interroger un autre librement, organiser des débats librement, partager sa culture, son savoir, ses passions, ses références, ses lectures, librement. Avec d'autres hommes et d'autres femmes libres. Loin du corset consanguin des "médias". Et loin de l'arrogance corporatiste de ce métier qui, depuis 35 ans, est pourtant le mien : le journalisme.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Les âmes abimées

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    Sur le vif - Mardi 30.03.21 - 10.22h
     
     
    Les Verts au pouvoir ? Mais c'est très simple : ils seront exactement comme tous les autres. Ils l'ont d'ailleurs déjà été, lorsqu'ils étaient en duo au Conseil d'Etat. Ils le seront à nouveau.
     
    L'archaïque noirceur du pouvoir ne touche aucun parti en particulier, aucun sexe, aucune religion : elle est de toujours et de partout, elle s'applique à tous, sans exception. Je m'exprime à ce sujet dans un commentaire rédigé vendredi, et qui paraît demain dans GHI : "Le pouvoir, celui qui vous fait jouir".
     
    Le pouvoir transforme, et il corrompt. Non d'une corruption morale, qui ne m'intéresse pas, mais de celle d'une âme abimée, ce qui relève à mes yeux de la gravité suprême. J'aurais pu mettre le chapeau, celui du mot "abîme", les gouffres de la vie, ceux qui vous perdent pour le monde sensible, pour la beauté terrestre, vous ne voyez plus que vous-mêmes, vous dans votre miroir du pouvoir.
     
    Dès qu'un individu, dès qu'un parti, dès que l'amère tristesse d'une coalition d'intérêts parvient au pouvoir, alors, inexorablement, commencent les mécanismes de l'abus. C'est valable pour tous ! Nul n'y échappe. Ni les Verts, ni aucun autre.
     
    Je déteste l'idée d'un pouvoir gentil. Pour la simple raison qu'elle est fausse. Entre 1978 et 1990, j'ai vu six fois Léo Ferré sur scène. Au moins quatre de ces six fois, juste avant de quitter le public, tout sonore encore de la puissance de ses chansons, il s'adressait à nous : "Et n'oublie pas une chose : le pouvoir, d'où qu'il vienne, c'est de la merde".
     
    Il avait mieux compris la politique que les grands clercs. Il avait saisi, comme personne, l'essence irréparable de ce qui abime les âmes.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Déjà, ils ne sont plus

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    Sur le vif - Lundi 29.03.21 - 07.36h
     
     
    Où lit-on, à longueur de journées, que "le journalisme est indispensable à la démocratie" ?
     
    Réponse : dans des... journaux !
     
    Dans l'immensité plurielle du public, on ne lit pas cela. Mais au contraire, une noire colère contre la presse.
     
    Cette colère, les "indispensables" la prennent de très haut. De leur Everest, ils dénoncent le "populisme" des réseaux sociaux.
     
    Et, dans leurs journaux, entre soi, en cercle fermé, tout heureux de se parler à eux-mêmes, ils continuent de se proclamer "indispensables".
     
    Nous nous dispensons d'eux, pourtant. Nous forgeons nos opinions hors de leur caisse de résonance. Nous vivons nos vies ailleurs. Nous publions directement nos commentaires ou réflexions sur les réseaux. Et nous nous en portons fort bien.
     
    Mais eux, là-bas, continuent de tonner : "Nous sommes indispensables".
     
    Déjà, leurs accents s'atténuent. Déjà, leur voix s'éteint. Déjà, leurs silhouettes s'estompent, dans la pénombre.
     
    Déjà, ils ne sont plus.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Les apprentis-sorciers

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    Sur le vif - Lundi 29.03.21 - 06.44h
     
     
    Aucune hausse d'impôts ? Une première nous a clairement été annoncée hier soir, sur le plateau du GRAND GAC. On y a aussi appris que le portefeuille des Finances n'intéressait plus du tout le PLR.
     
    Tout cela, le soir même du basculement à gauche du Conseil d'Etat !
     
    Soyons clairs : la gauche a de l'appétit. Elle a deux ans pour mettre le paquet. Et elle ne va pas se gêner. Elle va creuser la dette, immobiliser le trafic motorisé, nous balancer des points médians jusque dans la légèreté soluble de Verlaine. Elle va nous bassiner avec des sujets de société n'intéressant que des minorités.
     
    Merci, qui ? 60% d'électeurs sont à droite, 40% seulement à gauche. Mais c'est la gauche qui gagne le siège !
     
    Chez certains libéraux, tout contents d'avoir réussi leur petit coup, faire passer la gauche pour deux ans, en se disant que ce n'est pas grave, on risque d'osciller, d'ici 2023, entre déconvenue et désillusion. Ces apprentis-sorciers n'ont pas servi Genève.
     
     
    Pascal Décaillet

     
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  • Putain, deux ans !

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    Sur le vif - Dimanche 28.03.21 - 14.59h
     
     
    Un gouvernement de gauche, pendant deux ans. Deux Verts et deux socialistes. Ou même trois Verts (en incluant M. Dal Busco), et deux socialistes. Une libérale, convertie à la dette. Un clignotant, imprévisible.
     
    A Genève, trois cinquièmes (58,4%) de l'électorat ont voté aujourd'hui à droite. Deux cinquièmes seulement (41,5%), pour la gauche. La droite est nettement majoritaire dans ce canton.
     
    Au sein de la droite, le radicalisme historique, populaire, proche des classes moyennes, celui des indépendants, des petits entrepreneurs, des PME, emporte plus d'un tiers des voix. Le libéralisme des golden boys, ceux des années 90 et jusqu'à la crise de 2008, est mort. Les fatigues patriciennes se sont repliées dans leurs granges brûlées. La droite genevoise est nettement majoritaire, sans appel, mais en termes de dynamique, elle est en lambeaux.
     
    Autour de l'homme qui a réuni aujourd'hui près de 34% des voix, quelque chose, dans les deux ans qui viennent, va se constituer. Une force. Une puissance. Une dynamique de désir, populaire et combattante. Nul autre mouvement, parmi les éclopés de la déroute, ne lui sera comparable. Rendez-vous en 2023.
     
    Reste l'essentiel : pour deux ans, la gauche est au pouvoir. Au gouvernement, pas au Grand Conseil certes. Mais elle va faire des dégâts. Les ayatollahs de la "mobilité douce" ont de beaux jours devant eux. Nous allons "nous endetter massivement" (sic !), pour des isolations d'immeubles. La gangrène inclusive va tenter de s'incruster dans notre magnifique langue française. L’École genevoise, aujourd'hui champ de ruines, va continuer ses dégâts. La classe moyenne va continuer de se paupériser. Le délire sociétâââl, cher aux bobos urbains, va continuer de jeter son paravent sur les vraies questions sociales. Il y en a pour au moins deux ans. Putain, deux ans !
     
    Je ne reprocherai jamais à la gauche d'avoir voté pour la gauche, c'est son rôle. Mais je sais exactement qui, à droite, a tout fait pour cette victoire, par simple haine d'un homme, pourtant arrivé largement en tête de leur famille politique, au premier tour. Merci à eux ! Car les principales victimes de ce basculement à gauche, ce ne sont pas les nababs, qui s'en sortiront toujours. Ni les assistés. Mais, entre les deux, la classe moyenne. Ceux qui se lèvent le matin pour aller bosser. Ceux qui vivent de leur boulot, non de rentes. Les indépendants. Les petits entrepreneurs. Ceux qui crèvent de trouille de tomber malades parce que tout peut s'écrouler, d'un jour à l'autre. Tous ceux-là peuvent remercier les puissants tacticiens de l'Entente, qui ont sciemment fait passer la gauche.
     
    Quant à moi, je suis un homme libre. Un entrepreneur, depuis exactement quinze ans. Un indépendant, plus féroce et plus farouche que jamais. Moi aussi, de partout, j'ai subi des pressions pendant cette campagne. Aucune d'entre elles n'aura la moindre influence, ni n'exercera la moindre censure, sur ce que j'ai à dire, dans l'ordre de l'analyse et du commentaire politique. Je ne suis ni un intellectuel, ni un eunuque. Je suis un homme libre. Un entrepreneur qui se bat. Je n'ai ni patron, ni maître. Je n'ai que la puissance de mon énergie, et mon ardeur sur le champ de bataille.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Béla Bartòk : la vie qui nous attend

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    Sur le vif - Vendredi 26.03.21 - 15.22h
     
     
    Béla Bartòk a 140 ans. Pas une journée sans que je ne pense à lui. Rares sont les jours où je n'écoute pas, pour le moins, un passage de ses Quatuors. Ou la Symphonie pour orchestre, écrite à New York, juste avant de mourir, dans la solitude et la misère.
     
    Je reviendrai un jour sur ce qui me lie à ce musicien d'exception, en tentant de le définir, de le comprendre. Disons juste, très globalement, le sens infini de chaque note, la totalité d'existence de chaque instrument, le surgissement de l'imprévisible, hors de toute matrice, l'incroyable richesse des chants populaires hongrois, qui ont inspiré son oeuvre, et qu'il a sublimés.
     
    Béla Bartòk ne ressemble à personne. Très difficile de lui dégager une ascendance, ni une filiation. Il se pose là, seul au monde. Écoutez, tendez l'oreille, de la musique pour les instruments, c'est physique, le bois, le cuivre, les cordes. C'est la vie. La vie qui va. La vraie vie, celle qui nous attend.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Le Sextuor Chiquita

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 24.03.21

     

    Pour qui les Genevois voteront-ils ce dimanche 28 mars ? Je n’en sais rien. Mais une chose est sûre : la politique des peaux de banane, jetées par le Triste Sextuor pour faire glisser Pierre Maudet, et une fois enfin obtenir sa perte, est inacceptable. Elle révèle, chez les six magistrats ayant encore un Département, ou tout au moins chez deux ou trois d’entre les six, une conception particulièrement dévoyée de l’action publique. Il faudra s’en souvenir.

     

    Dimanche 21 mars, à J-7, on pouvait lire, dans le Matin dimanche, un conseiller d’Etat anonyme dézinguant son collègue Maudet, laissant entendre qu’on lui laisserait, en cas de réélection, la portion la plus congrue possible, dans la répartition des dicastères. Inutile de dire que si Pierre Maudet est réélu, le signal du peuple sera tellement dévastateur, face aux élites et aux états-majors, que le Triste Sextuor aura sacrément intérêt à ne pas jouer au plus fin, et à montrer qu’il respecte le souverain.

     

    Parce qu’en cas de réélection, la terre tremble. Les paradigmes explosent. Le peuple siffle la fin de la récréation. Il remet à sa place ce Sextuor Chiquita, tellement spécialisé dans les peaux de banane, qu’il en oblitère les secteurs de l’Etat en souffrance, dans d’autres Départements. Par exemple, au DIP, où les directeurs et directrices du Collège de Genève, qui ne sont tout de même pas les premiers venus, se sont dits « maltraités » et « malmenés » par le Département. Mais, cela on préfère le passer sous silence. Deux poids, deux mesures.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • J'aime pas.

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    Sur le vif - Mercredi 24.03.21 - 14.59h
     
     
    Les lascars qui distribuent, grands seigneurs, l'argent qui ne leur appartient pas, n'attirent que modérément mon estime. En un mot, j'aime pas.
     
    Conseillers d'Etat, membres de l'exécutif de la Ville, si prodigues d'épaisses enveloppes pour les "associations", et autres "collectifs" de leur clientèle électorale. J'aime pas.
     
    Pères Noël des "Fondations". Tonnes de fric, surgies on ne sait d'où, disons d'une version lessivée des Indulgences, chères à Luther. Le type déboule, costard coupé main, étoffes soyeuses, il brandit le pognon, rachète un journal, impair et passe, et puis avec le journal, il s'offre un site, pair et manque, et puis après, café noir, italien, tellement serré. J'aime pas.
     
    Pour moi, l'entreprise, ça n'est pas jouer avec l'argent des autres. Mais risquer le sien, en étant infiniment prudent. On économise, avant "d'investir". On fait tout soi-même, pour ne pas se ruiner. Y compris vitres, aspirateur. Et puis, on a la trouille. Ca fait mal au bide, mais ça vivifie l'âme. Et ça stimule l'imaginaire. Ca, oui, j'aime.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Second tour : notre système est insensé !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 24.03.21

     

    Ce second tour de l’élection complémentaire au Conseil d’Etat aura vu s’affronter quatre candidats. Ce dimanche 28 mars, les jeux seront faits, l’un des quatre sera élu. J’ignore absolument lequel, nous verrons bien. Mais je veux dire ici, de toutes mes forces, à quel point notre système électoral à deux tours, en tout cas pour une complémentaire, est déficient. Je n’entends pas remettre en cause ce scrutin-ci, on ne change pas les règles en cours de jeu. Mais à froid, une fois cette élection passée, il nous faudra à tout prix amender notre nouvelle Constitution genevoise, clairement défaillante sur cet aspect-là, tout au moins. La démocratie a besoin d’un minimum de sérieux pour être crédible et durable. On ne la parodie pas, on ne la travestit pas, impunément.

     

    La chose est simple. Si on se met en tête d’organiser, pour le choix d’un conseiller d’Etat dans une complémentaire, une élection à deux tours, alors on le fait correctement : pour le second tour, on garde les deux premiers. Les deux qui sont arrivés en tête du premier tour ! Deux ou trois semaines plus tard, on les oppose. Celui des deux qui gagne, donc qui obtient une majorité de 50% et des poussières, fera partie du gouvernement. Si on veut, à Genève, jouer les Français, en souvenir des belles années 1798-1813, alors on y va à fond ! Et on s’inspire du scrutin majoritaire, uninominal à deux tours, qui s’impose (à part de rares parenthèses) depuis la Cinquième République. Et ce jeu majoritaire, on le joue jusqu’au bout : le premier tour est ouvert, mais doit être impérativement éliminatoire. Sinon, nous avons deux premiers tours.

     

    Dans le système actuel, il y a des choses qui ne vont pas. D’abord, il n’est pas acceptable qu’une personne n’ayant pas participé au premier tour puisse, en usant de diverses ficelles liées à des noms de listes, venir s’engouffrer au deuxième tour. Je ne porte ici aucun jugement sur les qualités de cette personne, mais le procédé est de nature à ruiner le crédit de l’institution électorale. Car enfin, si n’importe qui, à Genève, peut se présenter au deuxième tour, de même qu’il peut (et c’est très bien) se présenter au premier, alors à quoi servent les deux tours ? Autant passer directement au deuxième tour ! Avec de tels stratagèmes, toute la logique des deux tours s’effondre : le premier pour s’ouvrir à la diversité, puis sélectionner. Le second, pour regrouper les forces derrière deux candidats opposés. Mais là, nous n’avons plus un premier tour, puis un deuxième. Non : nous avons deux premiers tours !

     

    Et puis, désolé, il n’est pas normal, non plus, que le quatrième du premier tour, aussi brillante fût sa campagne, puisse demeurer dans le second. Car enfin, si tout le monde reste dans la course, c’est le système qu’on ridiculise, et l’électeur avec lui. J’appelle donc le corps des citoyennes et citoyens, par la voie d’usage, sans doute celle d’une initiative, à réformer cette anomalie. Il en va du crédit de notre démocratie genevoise.

     

    Pascal Décaillet

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  • Et si M. Fonjallaz s'occupait du DIP ?

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    Sur le vif - Mercredi 24.03.21 - 08.37h
     
     
    Par dépêche de l'Agence DECAPROD, publiée ici même et sur mon blog, nous sortions, le samedi 6 mars 2021, à 17.53h, l'affaire des directrices et directeurs du Collège de Genève "maltraités" et "malmenés" par le DIP. Nous enquêtons sur ce sujet depuis longtemps. Nos informations, depuis le 6 mars, se sont étoffées, comme vous le constaterez dans les jours et les semaines qui viennent.
     
    Dans la foulée, la Tribune de Genève a sorti deux intéressants papiers sur le sujet, signés de ma consœur Sophie Simon. Je renvoie au second de des papiers, publié ce matin, intitulé "Deux directeurs du Collège sur onze sont en arrêt de travail". Vous y trouverez un excellent rappel de l'affaire.
     
    Dans la foulée toujours, la députée PLR Natacha Buffet-Desfayes, qui n'a pas peur de gratter les sujets qui dérangent, ni de se faire des ennemis, annonçait avant-hier, lundi 22 mars, aux Yeux dans les Yeux, qu'elle saisissait le Conseil d'Etat d'une QUE (Question urgente écrite), sur ce dossier qui relève d'un véritable tabou dans la République, tant le DIP multiplie toutes choses pour l'étouffer. D'autres députés, notamment PLR et MCG, s'intéressent de près à cette affaire, comme nous le verrons dans un avenir proche.
     
    Pour le rappel des faits, lire la TG de ce matin. Mais une chose est sûre : les directrices et directeurs du Collège de Genève ont été, c et automne - et certains le sont encore aujourd'hui - en conflit ouvert avec le Département. Ils se disent "maltraités" et "malmenés" par leur hiérarchie. Faut-il rappeler ce qu'est un directeur de Collège (entre 15 et 19 ans, les années qui mènent à la Maturité) ? C'est un personnage considérable, aimé et respecté des élèves, une référence intellectuelle et pédagogique pour ces adolescents, en pleine et passionnante période de formation. Faut-il ici citer Péguy, "L'Argent", Cahiers de la Quinzaine, 1913, ce passage de lumière où il évoque le souvenir de ses maîtres, ce qui jusqu'à la mort le lie à eux ?
     
    Les directeurs du Collège de Genève ! L'idée même que les titulaires d'une tel poste, aussi central sur le front de l'enseignement, aient pu se sentir "maltraités" ou "malmenés" par les apparatchiks de la hiérarchie byzantine du DIP, donne la nausée. Le Parlement, instance de contrôle du gouvernement et de l'administration, doit faire toute la lumière sur cette affaire. Le DIP doit collaborer, et toute tentative d'entrave à ceux qui enquêtent sur ce sujet d'intérêt public doit être dénoncée.
     
    Au surplus, on notera que surgit ici une affaire de "maltraitance" de hauts cadres de l'Etat, d'importance première sur le champ de bataille de la transmission des connaissances, par d'obscurs ronds-de-cuir d'état-major. Une affaire de "maltraitance". Ca ne vous rappelle rien ? La Présidente du Conseil d'Etat, également cheffe du DIP, prenait de grands airs de fin du monde, il y a quelques mois, lorsque, pour des motifs similaires, elle dézinguait l'un de ses collègues, le privant de tout Département, pour une affaire touchant également à la gestion des ressources humaines.
     
    Nous ne saurions imaginer que la Présidente entende appliquer, dans la République, deux poids et deux mesures. Nous ne doutons pas une seconde, donc, qu'elle confie au juge Fonjallaz, qui a désormais du temps libre, le mandat d'enquêter sur le Département de l'Instruction publique.
     
    Quant à nous, nous continuerons d'enquêter sur cette affaire, que nous avons sortie et que nous suivons d'infiniment près, quelles que soient les pressions qui tentent de nous en empêcher.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Les petits arrangements du silence

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    Sur le vif - Mardi 23.03.21 . 10.08h
     
     
    "Crise institutionnelle" ? Bof ! Les gens, dans la rue, se contrefichent bien de savoir si le Conseil d'Etat mène ses travaux dans une bonne ambiance ou s'il est ravagé, comme tout groupe de pouvoir, par les dissensions internes. Cela, c'est leur affaire à eux. Ce qui se passe entre eux, comme fluides d'amour ou de haine, le citoyen n'en à rien à faire.
     
    De même, l'ambiance entre députés, au Grand Conseil, le règlement interne du législatif, la sanction pour un verre d'eau, tout cela est strictement sans importance. C'est leur affaire. Il est plutôt normal, souhaitable même pour la vivacité démocratique, au sein d'une assemblée de cent personnes d'avis divergents, que le ton et la tension montent. L'art oratoire ne consiste pas à s'exprimer assis, masqué, arc-bouté sur un micro qui souvent déraille. Mais à s'adresser debout, tête nue, fort de la seule puissance de sa voix et de son verbe, à un public qui, lui aussi debout, adhère ou non à vos propos.
     
    Prenez les gens dans la rue. Demandez-leur ce qu'ils pensent de la "crise institutionnelle". Ils vous diront qu'ils s'en foutent. Ou qu'ils ne savent pas ce qu'il y a, derrière la laideur-barrage de cet adjectif, "institutionnel".
     
    Les gens veulent un gouvernement qui gouverne. Un Parlement qui assume ses deux missions : faire des lois, contrôler le gouvernement. Dans quelle ambiance on s'acquitte de ces tâches, cela ne les intéresse pas.
     
    Surtout, dans notre démocratie suisse, le personnage principal, ça n'est pas le ministre. Ni le député. Mais le citoyen. C'est de lui, de toutes ces femmes et tous ces hommes, que doivent surgir les impulsions. Nous avons une démocratie directe, j'affirme qu'elle est sous-utilisée ! Plus le peuple en fera usage, plus le débat politique suisse sera vivant, pertinent, proche des vraies préoccupations des gens.
     
    Et nous, le peuple, quand nous débattons, n'ayons pas peur de hausser le ton, ni de nous engueuler ! La puissance de cette catharsis est autrement salutaire que les coups bas entre ministres. Ou, pire encore : les petits arrangements du silence.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Le nouvel étalon de l'extase

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    Sur le vif - Lundi 22.03.21 - 10.26h
     
     
    Un gouvernement de gauche serait une catastrophe pour Genève.
    La dette, déjà pléthorique, deviendrait apocalyptique. Il faudrait des générations pour la rembourser.
     
    Des sommes monstrueuses engagées dans des "investissents" keynésiens complètement foireux, du sous New-Deal idéologique, repeint en vert : "Nous allons devoir nous endetter massivement (sic !) pour la rénovation des bâtiments". Ça fait envie !
     
    Des milliards engloutis pour des assistés. L'esprit d'entreprise, tué. Une fonction publique pléthorique. Des milliers de contrôleurs pour contrôler d'autres contrôleurs. L'apparatchik en perpétuelle floraison printanière.
     
    Ultra-féminisme, ultra-climatisme, érigés en religion d'Etat. Le cloaque inclusif accroché à la légèreté ailée de notre langue française. Partout, des "collectifs", des meutes, des milices de la morale, qui déboulent et qui déferlent.
     
    L'Instruction publique devenue gardiennage. Le renoncement à toute transmission. Féminisme et climatisme enracinés dans les caboches, à coups de massue, par la Congrégation pour la Doctrine du Bien.
     
    Les frontières, ouvertes. Le "migrant", sanctifié. Le bon Suisse sédentaire, qui se bat depuis des générations pour construire ce pays, ridiculisé, chez lui.
     
    Le débat public, intellectuel, culturel, réduit à une bouillabaisse verbeuse sur les questions "de genre". Le point médian en nouvel étalon de l'extase.
     
    Et si cette élection complémentaire n'était, en vérité, qu'un bon vieux combat entre la droite et la gauche ? Un combat culturel, vous m'entendez !
     
    On la disait caduque, cette césure ? Foutaise ! Elle est plus vivace que jamais ! Elle touche notre culture. Elle touche notre raison d'être. Elle touche notre rapport à la langue, aux textes, à la transmission. Voulons-nous défendre ces valeurs ? Chacun est libre, en conscience.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Les vibrations acariâtres du Triste Sextuor

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    Sur le vif - Dimanche 21.03.21 - 10.46h
     
     
    La presse dominicale, qu'on a connue plus transgressive dans la projection intellectuelle, se contorsionne pour savoir quel Département on pourrait bien "donner" à Pierre Maudet, en cas de réélection.
     
    A la vérité, Frères orangés, ne vous faites aucun souci à ce sujet. Si, par hasard, Pierre Maudet devait être réélu, ce qui est loin d'être fait à J-7, alors croyez-moi, il ne s'agira pas, pour le Triste Sextuor, de lui "donner" un dicastère. "Donner", oui, ce mot méprisant que vous osez, comme s'il s'agissait de statuer sur le nombre de miettes de pain qu'on jette à un moineau, ou sur la pièce que l'on concède à un mendiant, sur un parking de supermarché.
     
    Le Sextuor n'est pas propriétaire d'une parcelle, dont il n'aurait, à regret, qu'à bien vouloir laisser une partie, la plus infinitésimale possible, à l'enfant prodigue.
     
    Le Sextuor est au service du peuple, qui l'élit. Il doit avoir l'intelligence d'en percevoir les signaux.
     
    Si, par aventure, Pierre Maudet devait être réélu, après trois années où il fut pestiféré, alors ce sera beaucoup plus qu'une simple élection, beaucoup plus qu'un simple rapport mathématique entre lui et ses concurrents.
     
    Si Pierre Maudet est réélu, c'est un séisme. La voix du peuple, contre vents et marées, qui tonne, dans la nuée.
     
    Et il ne va pas réélire Maudet, le peuple, pour que le Triste Sextuor lui accorde, du bout des lèvres, un strapontin. Mais bel et bien, pour que le Conseil d'Etat fonctionne à nouveau à sept, sans la moindre injustice, ni la moindre inégalité, de l'un à l'autre.
     
    Si Pierre Maudet est réélu, ça n'est certainement pas lui qu'il s'agira d'avoir à l’œil. Mais les six autres ! Et, au premier chef, cette Présidente du Conseil d'Etat qui a multiplié les paroles pour dire à quel point toute collaboration avec le pestiféré lui pesait. En tirera-t-elle les conséquences ? Aura-t-elle, elle aussi, le courage de mettre son poste en jeu ?
     
    Il est un peu dommage que la presse orangée, toute à l'écoute des vibrations acariâtres du Sextuor, n'ait pas eu l'ampleur de vue de considérer la dimension tellurique, volcanique même, d'un retour du pestiféré.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Ecuries d'Augias, vite !

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    Sur le vif - Vendredi 19.03.21 - 18.02h
     
     
    Que l'Université de Lausanne soit l'un des nids de gauchistes les plus fertiles et les plus douillets entre Palerme et Narvik, personne n'en a jamais douté. Et depuis des décennies ! Pas possible d'y faire trois pas, sans tomber sur un "chercheur en sciences sociales" qui veut déconstruire les stéréotypes, vous assomme avec de l'ultra-féminisme ou de l'ultra-climatisme, vous embrigade dans des "collectifs" à coucher dehors, vous pollue avec de l'inclusif et de l'épicène.
     
    Et ils osent, maintenant, venir se plaindre sur leur canal préféré, la RTS, parce que la Rectrice veut cadrer leurs prises de parole publiques. Quand je pense que ces lascars sont payés avec les deniers du contribuable !
     
    Il y a, en ces rupestres contrées où la diphtongue nasale se referme sur le désespoir du monde, des écuries d'Augias à nettoyer, et vite !
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Il y a pire compagnie, au coeur de la nuit

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    Sur le vif - Vendredi 19.03.21 - 10.40h
     
     
    Hier soir, juste avant minuit, Mitteldeutscher Rundfunk (Sachsen-Anhalt, Thüringen, notamment). La Thomaskirche de Leipzig. L'une des versions les plus habitées de la Johannespassion, BWV 245. De celles qui vous saisissent. Par leur simplicité, leur nudité.
     
    Un concert pour le temps de Covid. L'église où Bach fut Cantor dès le Vendredi Saint 1724, vide. Pour interpréter la Passion, un clavier, un marimba (quel magnifique instrument, dans l'acoustique des pierres), un soliste à la fois. C'est tout. Le choeur est figuré par zoom, écran constellé d'hommes et de femmes qui chantent chez eux, en même temps, juste une oreillette pour le retour d'ensemble. Communauté des vivants. Communion des saints ?
     
    Et si la musique, comme aussi la poésie, se construisait à partir du vide ? Autour du vide. Dans la peur et pourtant l’attraction du vide. Tout élève confronté au solfège, que découvre-t-il, très vite ? Des soupirs. Des pauses. Des rondes. L'expression notée du silence, marqué dans la durée. Et si la première note, au premier matin du monde, était née de la première panique face au vide ? Toute musique contient du son, et elle contient aussi du vide, et le vide est son, il est son du silence.
     
    Quand on pense "Passion de Bach", on se figure une église pleine à craquer, un orchestre solide, un choeur immense, sur les gradins, quatre solistes, et un public jusqu'au fond de la salle.
     
    Là, le vide. Dans l'église même de Jean-Sébastien Bach ! Passio secundum Johannem. Première exécution ici même, le 7 avril 1724. L'église où Martin Luther avait prêché, pour la Pentecôte 1539. Des bombes, le 4 décembre 1943, mais la structure, sauvée. Le souvenir de Mendelssohn, qui redécouvre Bach. La Thomaskirche de Leipzig, c'est le coeur battant de l'âme allemande, l'un des hauts lieux de vibration spirituelle et musicale, dans le monde. Pour moi, un repère, aussi puissant que Rome ou Jérusalem.
     
    Et là, hier minuit, le vide. Le soliste à la voix douce nous chante la Passion, là où elle fut jouée pour la première fois. Et nous sommes là, emportés par la sobriété, la douceur aussi. La langue allemande, celle de la traduction de Luther, en 1522. Le marimba, qui intègre toutes les tonalités du monde. Juste être là. Chanter le texte. Jouer les notes. Accomplir la Passion. Faire office. Nul ornement. Nul pathos. Juste l'exécution du signal donné.
     
    A la vérité, dans ce concert de la Thomaskirche pour temps de Covid, nous n'étions pas si seuls. Disons, pour demeurer dans le seul ordre du temporel, qu'il y avait Bach. Et qu'il y avait Martin Luther. Il y a pire compagnie, au coeur de la nuit.
     
     
    Pascal Décaillet

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