Liberté - Page 4

  • Thomas Mann, la langue allemande, la voix haute

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    Sur le vif - Mercredi 06.10.21 - 14.46h
     
     
    Lire Thomas Mann - ne parlons pas de Kafka ! - c'est passer son temps à chercher le verbe. Celui de la principale, au milieu de l'enchevêtrement des subordonnées. Il faut avoir fait du latin, aimer cette patience qui va d'abord identifier la structure de la phrase, avant d'en dégager le sens. C'est une ascèse. Et c'est une jouissance.
     
    Thomas Mann est un auteur complexe. Mais son propos touche au sublime : l'observation de l'homme, l'homme vrai, l'homme nu. Le diagnostic de ses fragilités. Prenez Mort à Venise, premières pages, balade du héros à Munich, Prinzregentenstrasse, et déjà les premiers signaux corporels du mal qui l'emportera. La phrase se ramifie, comme un tissu de cellules affolées. Il y a pourtant un sens : la maladie. La vie qui prend congé. Le chemin vers la mort.
     
    J'invite tous les profs d'allemand à faire lire Thomas Mann à leurs élèves. En classe, à tour de rôle, à haute voix. Quand une phrase est complexe, il faut commencer par la lire tout haut, en posant bien chaque virgule : alors, tout doucement, une fois l'exercice maintes fois répété, et l'oreille toujours prêtée à sa propre voix, le lecteur commencera, comme en révélation photographique, à voir affleurer le sens.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • L'Allemagne : un exemple !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 06.10.21

     

    L’Histoire de l’Allemagne est l’une de mes grandes passions, je planche d’ailleurs depuis six ans sur une fresque de 144 épisodes, de la traduction de la Bible par Luther, en 1522, jusqu’à nos jours. J’en ai encore pour des années. Politique, littérature, poésie, et aussi une immense place pour l’Histoire des formes musicales

     

    En attendant, j’ai suivi de près les débats politiques sur les chaînes allemandes, autour de leurs élections du 26 septembre, le début de l’après-Merkel. L’occasion, plusieurs fois, de voir s’affronter la Verte Annalena Baerbock, le chrétien-démocrate Armin Laschet, et le social-démocrate Olaf Scholz.

     

    Je n’aurai qu’un mot : quel bonheur ! Que plaisir, intellectuel et politique, d’assister à des débats qui ressemblent, Dieu merci, beaucoup plus aux nôtres, en Suisse, qu’à l’étripage généralisé des chaînes continues françaises. Ces « chroniqueurs » qui s’’invitent entre eux, se lacèrent, s’éviscèrent, hurlent les uns sur les autres, dans une cacophonie généralisée. L’espace médiatique français est devenu une honte.

     

    En Suisse, tant à la RTS que sur les chaînes privées, nous écoutons l’interlocuteur. C’est parfois vif, il est bien normal que les passions affleurent, mais c’est très loin de la foire d’empoigne des coquelets parisiens. En Allemagne, c’est encore mieux. C’est une autre tradition journalistique. On privilégie le fond. On laisse parler l’autre. C’est peut-être lié au génie de la langue allemande : sans verbe, on ne comprend rien. Et pour l’avoir, il faut attendre la fin de la phrase ! Vive l’Allemagne !

     

    Pascal Décaillet

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  • Le Parlement dilapide l'argent du peuple !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 06.10.21

     

    1,3 milliard d’argent des contribuables suisses, jeté au Rhône. Vous prenez les liasses, vous allez sur les berges du fleuve, vous les lancez dans les eaux galopantes, direction Camargue. C’est le geste insensé des Chambres fédérales, Conseil national et Conseil des États, le 30 septembre dernier, avec l’affaire dite du « milliard de cohésion ». 1,3 milliard, offert à l’Union européenne, pour la « cohésion » de ses nouveaux membres. 1,3 milliard, pour un club dont la Suisse n’est même pas membre ! 1,3 milliard, à des gens qui passent leur temps à nous mettre sous pression, nous traiter comme des moins que rien. 1,3 milliard, l’argent du peuple suisse, celui des contribuables, celui des gens qui se lèvent le matin pour aller bosser, sont taxés de façon hallucinante sur le fruit de leur travail, payent à Berne l’impôt fédéral direct. C’est avec cet argent-là, le nôtre, que nos chers parlementaires octroient généreusement un cadeau de 1,3 milliard pour la « cohésion » des nouveaux pays de l’UE ! Rage. Colère. L’affaire laissera des traces dans le peuple suisse, dans sa confiance déjà sérieusement entamée envers les corps intermédiaires. Il faudra s’en souvenir, nominalement, aux élections fédérales d’octobre 2023.

     

    La « cohésion » de l’Union européenne ! Mais bon sang, la Suisse n’en est pas membre ! En quoi l’élargissement précipité de ce club aux pays d’Europe centrale et orientale, en clair leur mise sous la tutelle économique des marchés allemands, devrait-il être l’affaire du peuple suisse ? Et la cohésion sociale de la Suisse, Mesdames et Messieurs les parlementaires, elle vous intéresse ? Et nos retraites, malingres, indécentes pour des dizaines de milliers de nos compatriotes ? Et nos jeunes, sans emploi ? Et nos paysans, oubliés ? Et nos cafetiers, nos restaurateurs, mis sur le carreau par la crise ? Et il y a pire, figurez-vous : ce 1,3 milliard, le Parlement l’a voté comme un arrêté, entendez comme dépense directe. Autrement dit, pas de référendum possible ! On prend l’argent du peuple, on le file à l’Union européenne, et le peuple suisse, on le prie de la boucler. Oui, cette forfaiture laissera des traces.

     

    Vous commencez à comprendre, maintenant, pourquoi je défends tant la démocratie directe, pourquoi je me méfie de la démocratie dite « représentative » : vous vous sentez « représentés », vous, par ces gens qui prennent notre argent et le donnent à l’Europe ? A la vérité, le peuple suisse doit faire lui-même la politique de notre pays. En actionnant à fond, et plus encore qu’aujourd’hui, la démocratie directe. En rappelant aux élus qu’ils sont au service du peuple, et non l’inverse. En prenant lui-même les décisions sur les grands arbitrages financiers. Ce 1,3 milliard, que le patronat suisse le paye, lui qui a tant voulu les bilatérales, la libre circulation, pour faire avec l’Europe son petit commerce ! Le patronat, oui, mais pas le peuple ! Pas comme ça ! Pas par ce putsch, ce coup de majesté de la cléricature parlementaire ! Oui, il restera des traces, y compris à Genève, en octobre 2023.

     

    Pascal Décaillet

       

     

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  • PLR genevois : une forme olympienne !

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    Sur le vif - Mardi 05.10.21 - 14.52h
     
     
    J'ai déjà souligné ici, récemment, la belle vitalité du PLR genevois, après une période que l'on s'accordera à qualifier de difficile. Aujourd'hui, je récidive : j'observe ce parti depuis dix ans, mais surtout ses deux souches (libéraux et radicaux) depuis quarante ans : jamais cette famille politique n'a été aussi prolifique qu'en cet automne 2021. Je le dis d'autant plus volontiers qu'on connaît mes positions : si je partage avec le PLR quantité de convictions fiscales et financières, entrepreneuriales aussi, il y a, entre ce parti et moi, un iceberg, qui s'appelle libre circulation.
     
    Oui, le PLR genevois est dans une forme olympienne. Coup sur coup, une initiative avec le PDC, un projet de loi avec le MCG, et (on l'apprend à l'instant) un projet de loi avec l'UDC, pour permettre l'accession à la propriété avec seulement 5% de fonds propres !
     
    Un coup avec l'allié de gauche. Un autre, avec l'allié de droite. Un autre encore, avec l'allié imprévisible. Le PLR, version automne 2021, fait de la politique : il pivote d'un partenaire à l'autre, demeure moteur sur les dossiers, il invente, imagine, bouscule la politique genevoise. On est loin des fatigues patriciennes ronronnantes, qui se reposaient sur le duvet plumé de l'éternité.
     
    Alors oui, il nous faut reconnaître que le PLR a traîné, en début de législature, une insupportable épine dans le pied. Il est maintenant libre. Il a pour lui la qualité des hommes et des femmes. On me permettra d'en citer deux en priorité : Natacha Buffet-Desfayes pour son combat en faveur d'une école républicaine ; Cyril Aellen, encore et toujours, pour sa puissance de travail et d'invention législative. Mais j'aurais pu en mentionner beaucoup d'autres : la première ressource d'un parti humaniste, ce sont les hommes et les femmes qui le composent.
     
    On imaginait que le parti renaîtrait de ses cendres. Nul d'entre nous n'aurait pu prévoir que ce retour du Phénix fût aussi rapide.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Immigration : on ose le débat ?

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    Sur le vif - Mardi 05.10.21 - 12.52h
     
     
    "Les besoins de la population" : c'est le grand mantra de la gauche, dès qu'on mène un débat sur la fiscalité, le train de vie de l'Etat, les ponctions fiscales inouïes sur les classes moyennes, l'imposition totalement excessive du travail. "Que-voulez-vous Monsieur, il nous faut bien répondre aux besoins de la population".
     
    Le peuple, considéré par un garde-faune comme un amoncellement d'oisillons dans le nid, en attente de la becquée providentielle : "les besoins de la population".
     
    On repart pour une croissance effrénée, on nous prédit une nouvelle surchauffe dans la construction, le bétonnage inévitable de zones agricoles : "les besoins de la population". Alors, nous demandons : "Quelle population, exactement ?". Et là, si l'interlocuteur a dans son tréfonds un zeste d'honnêteté, il finit par convenir : "Une grande partie vient de l'immigration". Et en général, il en reste là, parce que l'immigration, c'est tabou.
     
    On crée de nouveaux postes dans le social, on satisfait tous les caprices du DIP, tous ses appétits financiers : "les besoins de la population". On demande : "Quelle population ?". L'autre finit par convenir : "Une grande partie vient de l'immigration". Il en reste là. C'est tabou.
     
    Alors, nous posons une question : si vraiment l'immigration est à ce point l'une des causes de l'augmentation si hallucinante des "besoins de la population", alors il n'est peut-être pas inutile, en amont de l'incantation liturgique sur les "besoins de la population", d'avoir un courage : celui d'oser un grand débat national sur l'immigration.
     
    Sans tabou. En disant les choses. En donnant les vrais chiffres. Sans se laisser impressionner, ni par la gauche immigrationniste, ni (de l'autre côté) par la partie du patronat suisse qui profite de la déferlante pour ses petites affaires.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Bombe à retardement

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    Sur le vif - Lundi 04.10.21 - 11.50h
     
     
    L’étranglement financier des classes moyennes, par une fiscalité confiscatoire sur le revenu de leur travail, donc de leur sueur et de leurs sacrifices pour vivre indépendants, et non comme assistés, tel est le problème no 1 qui conditionnera les dix ou quinze prochaines années de la politique suisse. C’est une lame de fond. Une bombe à retardement.
     
    Cette réflexion est indissociable d’une autre : l’urgente nécessité d’une régulation drastique de l’immigration. Je plaide en ce sens depuis toujours. Nous en avons d’ailleurs reçu le mandat constitutionnel, le dimanche 9 février 2014. Il dort, dans un tiroir.
     
    Le reste, sujets « de société » à la mode, n’est que dérivatif. Au service du pouvoir aujourd’hui en place. Tellement plus commode de laisser le débat public envahi par les élucubrations de quelques bobos, ou « chercheurs en sciences sociales de l’Université de Lausanne », que de se soucier enfin des vraies préoccupations des Suisses : classes moyennes, retraites, primes maladie, pouvoir d'achat, emploi des jeunes, statut des aînés, apprentissage, absolue nécessité de réguler l'immigration.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Thierry Burkart : libéral, neuf fois libéral !

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    Sur le vif - Dimanche 03.10.21 - 13.50h
     
     
    Vous aimez les incantations, les danses de pluie ? Alors, écoutez les 6'32" d'interview de Thierry Burkart, nouveau Président du PLR suisse, hier soir en ouverture de Forum.
     
    L'Argovien - dont nous ne mettons en cause ici ni les compétences, ni la sympathie - a réussi à caser neuf fois le mot "libéral", et une fois le mot "libéralisme". En 6'32".
     
    Tout le monde n'est pas obligé, comme votre serviteur, de s'être passionné de longues années pour l'Histoire politique suisse, et notamment celle du Freisinn, qui a donné son nom à l'appellation alémanique du parti, et va puiser ses sources à la fois dans le libre-arbitre, la liberté de conscience, et les franchises économiques. En un mot, les grandes idées, en France puis en Allemagne, autour de la Révolution française.
     
    En martelant, en français (qu'il part fort correctement), le mot "libéral", M. Burkart pense, en allemand, au mot "freisinnig". C'est bien naturel : en allemand il n'y a qu'un mot.
     
    Mais en français, M. Burkart, il y en a deux. "Libéral", mais aussi "radical". Et en français, Monsieur le Président, la réception, dans les esprits, n'est pas la même, quand vous dites "libéral", qu'à un germanophone, quand vous lui dites "freisinnig".
     
    Le Romand, lui, entend encore, nécessairement, "Parti libéral", une mouvance qui a marqué la Suisse francophone pendant un siècle et demi, notamment Genève, Vaud et Neuchâtel. Il entend aussi, dans un sens éminemment plus contesté, la mouvance anglo-saxonne de déréglementation, de rejet de l'Etat et d'obsession des marchés, qui tente de s'imposer depuis quarante ans. Souvent, il rend hommage à la première de ces deux acceptions, avec le souvenir de grandes figures, comme Olivier Reverdin. Mais se montre infiniment plus sceptique face à la seconde. D'aucuns avancent même que celle-ci, devant l'Histoire, a déshonoré celle-là.
     
    Car il existe, dans l'oreille romande, un autre mot : le mot "radical". Le grand parti qui a fait la Suisse moderne. Celui qui a fait l'Etat fédéral, nos institutions, l’École, nos grandes Écoles fédérales, les grandes régies, notre système de sécurité. Ca n'est pas rien. Et on est très loin, là, de la seule génuflexion devant le miracle des marchés.
     
    Vous êtes, Monsieur Burkart, le Président d'un parti fusionné entre ces deux grandes traditions. On nous dit, on nous répète à l'envi, que la greffe est réussie, que les nouvelles générations sont PLR, n'ont que faire de la différence entre "libéraux" et "radicaux".
     
    Je veux bien.
     
    Mais alors, Monsieur le Président, faites attention quand vous glissez neuf fois le mot "libéral", et une fois le mot "libéralisme", dans une interview de 6.32". A un esprit chagrin, ou suspicieux, moins ouvert que votre serviteur à dégager les nuances sémantiques du français et de l'allemand, vous risqueriez d'apparaître comme un ultra, un surexcité des marchés mondialisés, un golden boy de la réussite individuelle, un tétanisé du libre-échange, de la libre-circulation, de l'immigration non-contrôlée.
     
    Je ne suis pas sûr que cette image-là, par les temps qui courent, serve au mieux votre intérêt. Ni les intérêts supérieurs de la politique suisse.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Quand le Parlement dilapide l'argent du peuple

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    Sur le vif - Vendredi 01.10.21 - 10.31h
     
     
    Le grand scandale, dans l'affaire du "milliard de cohésion" : cette somme colossale, 1,3 milliard pour être précis, est un arrêté. Donc, pas soumis à référendum !
     
    Un cénacle de 246 personnes se permet donc de balancer 1,3 milliard d'argent des contribuables suisses à un club dont notre pays n'est même pas membre ! Et cette décision, éminemment litigieuse, ultra-sensible dans l'opinion publique, ne peut pas être remise en cause par le seul souverain qui vaille dans notre pays, le peuple.
     
    Vous commencez à le comprendre, mon combat acharné pour la démocratie directe ?
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Le Vert est dans le fruit de la spéculation

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    Sur le vif - Vendredi 01.10.21 - 09.02h
     
     
    Je vais vous dire ce que nous préparent les Verts, à Genève, avec leur « plan d’investissements massifs dans la transition écologique » (5,9 milliards, dont nous n’avons pas le moindre centime).
     
    Ils nous préparent exactement le même coup qu’avec le CEVA. Pour faire passer la pilule, ils vont s’assurer de la complicité des milieux professionnels, à Genève, qui pourront voir dans ces futures commandes une aubaine de bonnes affaires.
     
    Ils vont aussi s’assurer du financement, par l’emprunt. Certains Verts, à Genève, au plus haut niveau, sont particulièrement décomplexés dans leurs relations avec les financiers. Que ces derniers soient plutôt libéraux, ou en tout cas partisans des formes les plus libérales de l’économie, ne leur pose aucun problème. Les magistrats Verts ne sont pas issus de la lutte des classes, et laissent les ultimes reliques du marxisme à leurs alliés socialistes ou de la gauche dure.
     
    Enfin, ils vont faire croire aux Genevois que les travaux seront attribués aux entreprises locales. Comme pour le CEVA. On a vu le résultat.
     
    Citoyen de la République, je dis simplement non. Non à cette répétition de la farce CEVA. Non à cette alliance entre catastrophisme climatique et spéculation. Non au recours à des milliards d’emprunt public supplémentaires, alors que nous sommes déjà le Canton le plus endetté de Suisse.
     
    Genève n’a absolument pas besoin d’un « plan massif d’investissements verts ». Elle a besoin d’austérité, de rigueur, d’une extrême prudence dans l’usage des deniers publics, d’une baisse de la pression fiscale sur les classes moyennes, d’un DIP qui cesse de créer des postes supplémentaires.
     
    En clair, pas de New Deal. Pas de relance keynésienne. Pas d’emprunt. Remboursement de la dette. Fin des déficits. Amaigrissement de la fonction publique. Pas un seul centime d’impôt nouveau. Énergies centrées sur les PME. Priorité absolue aux entreprises locales. Réduction des flux migratoires. Valorisation de l’apprentissage. Ça n’est pas un programme à la mode. Mais c’est notre seule voie de salut.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Pas un seul centime pour l'Union européenne !

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    Sur le vif - Jeudi 30.09.21 - 15.22h
     
     
    Revoici la colossale foutaise du "milliard de cohésion" ! La Suisse n'est pas dans l'Union européenne. Il n'est pas question qu'un seul centime venant des contribuables suisses serve à alimenter la "cohésion" interne à ce club.
     
    Je dis bien : "venant des contribuables". Maintenant, si le grand patronat de notre pays, qui a tant voulu la libre circulation, et tant soutenu la philosophie ultra-libérale du libre échange, entend, pour continuer ses petites affaires, mettre le prix exigé par le chantage européen, c'est son problème. Il a sans doute une cagnotte, un "fonds de cohésion". Qu'il passe à la caisse ! Mais les contribuables suisses, non !
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Les PME, notre sève !

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    Commentaire publié dans GHI - 29.09.21

     

    Et si les PME étaient les grandes oubliées du gouvernement genevois ? A force de voir grand, de raisonner par milliards, d’ériger l’emprunt massif en philosophie d’Etat, nos magistrats passent à côté de ce qui est petit, indépendant, et pourtant tellement entrepreneurial dans l’âme ! Les PME, Petites et Moyennes Entreprises, c’est 97% de notre tissu économique suisse. Sans elles, notre pays n’est rien. L’oublier, c’est se condamner à la folie.

     

    Les PME ? Quelques dizaines de personnes. Parfois, juste quelques-unes. Parfois deux ou trois. Parfois, une seule. Mais dans le cœur et les entrailles, dans la structure, dans la prise de risque, dans la peur au ventre, dans la totale incertitude de l’avenir, ce sont profondément des entreprises ! Un entrepreneur, c’est un homme ou une femme qui se réveille la nuit, rattrapé par ses angoisses.

     

    Le budget, les plans pharaoniques d’investissements, que font-ils de nos PME genevoises ? Les restaurateurs. Les cafetiers. Les cordonniers. Les couturières. Les mini-entreprises dans la construction, l’électricité. Les garagistes. Les carrossiers. Les réparateurs de vélos. Ces hommes et ces femmes, c’est la sève de notre économie. Si vraiment il faut des plans de relances, c’est à eux qu’on doit penser en priorité. Ceux qui travaillent sur Genève. Qui paient leurs impôts à Genève. Sans lesquels Genève ne serait qu’un désert économique. Hommage à elles. Hommage à eux.

     

    Pascal Décaillet

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  • Et les tombeaux des morts, offerts au ciel qui pleure

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    Sur le vif - Mercredi 29.09.21 - 15.48h
     
     
    La France décline. Elle perd de son influence dans le monde, et - ce qui est beaucoup plus grave - en Europe. Sur le continent, en cet automne 2021, elle est totalement larguée par l'Allemagne. La vitalité économique de cette dernière est tout simplement époustouflante, celle de la France est à la peine.
     
    Ca n'est pas tout, hélas. La France a perdu le pouvoir d'arbitrage qui était le sien à l'international, elle survit par de beaux éclats, des reliques étincelantes de sa puissance de naguère, mais elle vieillit, elle s'essouffle, elle se mire dans son passé, en effet prestigieux, elle se raconte son Histoire, assurément incomparable, les plus cultivés revivent les guerres de la Révolution et de l'Empire, les ploucs et les crétins se contentent de déboulonner les statues.
     
    La France est morte, c'était en mai-juin 1940. Cette défaite-là, elle ne s'en est jamais remise. Elle s'est arrangée avec l'Histoire, croit sincèrement avoir été dans le camp des vainqueurs en 1945, elle n'y usait que de vieux strapontins claudicants.
     
    La France est morte, elle a revécu avec de Gaulle. Et puis, comme tous les morts, elle a mis son génie à hanter nos nuits, nourrir nos rêves, surexciter nos passions, halluciner nos mémoires. Car la mémoire, c'est l'imagination, exercée sur le passé. Les plus cultivés ont vu resurgir quarante Rois, puis la République, la Nation en masse, Valmy, Arcole et Rivoli. Les ploucs et les crétins se contentent de hausser les épaules, sous le merveilleux prétexte "qu'ils n'étaient pas nés", donc cela ne les intéresse pas.
     
    La France est morte, elle se relève parfois, elle retrouvera sans doute un jour sa grandeur. Mais aujourd'hui, le jeu de miroirs nauséabond des chaînes en continu, avec la valse des chroniqueurs parisiens qui s'invitent entre eux, se haïssent, se lacèrent, est une danse au pays des morts. Déjà, ils sont de l'autre côté, feignent de l'ignorer, ils croient vivre, déjà pourtant ils ne sont plus.
     
    La France est morte, l'Allemagne vit. C'est aussi simple, aussi terrible que cela. La France se mire, l'Allemagne produit, invente, imagine. La France se hante. L'Allemagne se projette. Terrible déséquilibre, comme l'un des deux piliers d'une Cathédrale qui serait, face à l'autre, en voie d'effondrement.
     
    Reste la nef, à ciel ouvert. Et les tombeaux des morts, offerts au ciel qui pleure.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • La folie dépensière du Conseil d'Etat

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 29.09.21

     

    On n’a plus un seul centime, mais rassurez-vous : nous allons dépenser des milliards ! Un roman noir, sur fond de scandale panaméen ? Pas du tout ! Cette philosophie de casino, c’est celle du Conseil d’Etat. 460 millions de déficit pour le projet 2022 du Canton de Genève. 12,8 milliards de dette, chiffre confirmé par Nathalie Fontanet le jeudi 16 décembre sur le plateau de Genève à Chaud. Et pourtant, 364 nouveaux postes dans la fonction publique ! Mieux encore : onze milliards prévus au titre des « investissements », dont six pour la « transition écologique ». Transports publics, trams, rail, « mise aux normes » des bâtiments publics, diversité, arborisation.

     

    Cette philosophie économique, dite « keynésienne », du nom du grand économiste britannique John Maynard Keynes (1883-1946), c’est celle de la relance par des immenses d’investissements d’Etat. On peut aussi se référer au New Deal, la vaste politique de rénovation des infrastructures lancée en 1933 par Franklin Delano Roosevelt, l’un des plus grands Présidents de l’Histoire américaine, celui de la Seconde Guerre mondiale. Mais l’Amérique de fin 1932, lors de l’élection qui porte ce grand homme au pouvoir, sort de la terrible crise de 1929, lisez Steinbeck et vous découvrirez l’étendue du désespoir dans des millions de familles américaines. Roosevelt, oui, leur rendra la foi dans leur pays, et c’est pour cela qu’il a tant marqué les mémoires.

     

    A Genève, la gauche ne jure que par Keynes. En tout cas, la gauche gouvernementale, socialistes et Verts, entendez une majorité de quatre Conseillers d’Etat sur sept. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le projet de budget 2022, et à plus long terme ce plan « d’investissements » de onze milliards, dont six pour la « transition », portent la marque de la gauche. Le problème, c’est qu’avec une dette de 12,8 milliards, l’Etat n’a plus d’argent. Déjà, il vit à crédit. Et voilà que, non content de battre le record de Suisse de l’endettement, il projette allégrement de s’endetter encore ! Cela porte un nom : cela s’appelle une fuite en avant.

     

    La gauche, la bouche en cœur, nous dit : « Endettons-nous, les taux sont bas ». Fort bien. Et le jour où ils remonteront, ces taux, nous dirons quoi à nos enfants, à toutes ces générations auxquelles nous aurons refilé le fardeau du service de la dette à rembourser ? Quant à la droite, une partie d’entre elle pourrait bien l’accepter, ce pacte avec le diable : tous les milieux économiques à qui, déjà, on fait miroiter cette « relance », se pourlèchent les babines à l’idée d’en être les bénéficiaires. Et nous voilà partis, comme dans l’affaire du CEVA, avec un Sainte Alliance du rêve et du profit, la gauche dans sa Croisade pour le Climat, une partie de la droite dans l’appât des bonnes affaires.

     

    Et le contribuable, il pense quoi, de ce petit jeu ? Et les classes moyennes, déjà essorées jusqu’à la moelle ? Et ceux qui bossent, beaucoup trop taxés sur le revenu de leur travail ? A ce pacte malsain et mortifère, les citoyennes et citoyens que nous sommes doivent dire non. Simplement, non.

     

    Pascal Décaillet

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  • A l'Est, depuis vingt ans, l'Allemagne joue sa carte nationale

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    Sur le vif - Mardi 28.09.21 - 15.41h
     
     
    "L'élargissement" de l'Union européenne aux pays de l'Europe de l'Est, au début des années 2000, n'est qu'une appellation de paravent. Elle cache une réalité : l'extension massive de l'économie allemande sur ses Marches historiquement traditionnelles d'Europe centrale et orientale. Dans ce périmètre, d'une redoutable précision, les vingt dernières années ont permis à une Allemagne réunifiée, en pleine santé, de réimplanter ses pions dans des territoires désertés par elle, sous la pression des armées soviétiques, depuis 1944-1945.
     
    Il s'agit pas - il ne s'est JAMAIS agi - pour l'Allemagne de conquérir le monde. Nous avons affaire à un espace de langue et de civilisation éminemment continentales, aux frontières politiques fluctuantes depuis mille ans, gagnant ou perdant du terrain au fil des victoires ou des défaites, longtemps militaires, aujourd'hui économiques et financières. Le théâtre d'opération des appétits allemands en Europe demeure, depuis mille ans, très exactement le même. Les neuf dixièmes se situent en Europe centrale et orientale. L'idée de l'Ostpolitik, de Willy Brandt, était de placer ce tropisme économique sous une tutelle humaniste et ouverte, c'était une très grande idée, d'une autre altitude que la gloutonnerie de M. Kohl.
     
    Une chose est sûre : sous prétexte "européen", l'Allemagne joue depuis vingt ans sa carte économique nationale. Elle implante ses marchés en Pologne, en Tchéquie, en Slovaquie, en Hongrie, dans les Pays Baltes. Elle multiplie ses participations dans les capitaux des entreprises de ces pays. Elle commerce avec eux par camions, en quelques heures, alors qu'il faut des semaines à un cargo international pour relier Hambourg aux marchés asiatiques. L'Allemagne ne perd pas son temps à faire du mondialisme : elle joue la proximité, dans des pays avec lesquels elle fait commerce depuis des siècles, c'était un peu ça, l'idée du Saint-Empire.
     
    Depuis 1957 et le Traité de Rome, l'Allemagne utilise l'idée européenne. Les premières décennies, pour se refaire une santé, une respectabilité en Europe. Pour se réconcilier avec la France, ce qui fut un grand et noble dessein. Depuis la chute du Mur, l'Allemagne utilise les mots européens, comme "élargissement", comme couvertures d'une réalité qui lui est profondément nationale : la conquête des marchés de l'Est. Sans un seul coup de canon. Mais avec sa capacité de travail, son inventivité, son aptitude à créer avec ses voisins un espace économique. A deux conditions : qu'elle en soit l'inspiratrice, et qu'elle en tienne les rênes.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • L'Allemagne face à son destin : puissance et fragilité

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    *** Dissertation historique sur le cataclysme de l'imprévisible - Lundi 27.09.21 - 13.56h ***
     
     
    Terrible, le conformisme intellectuel de tant d'éditorialistes sur l'Allemagne. A les lire, on dirait que l'Histoire de ce pays n'aurait commencé qu'avec Angela Merkel, en 2005, au mieux avec la chute du Mur, en 1989. Dans leurs regards, où est l'Histoire ? Où est la profondeur du champ diachronique ? Où est la connaissance des réalités sociales, économiques et surtout culturelles de ce pays fascinant ?
     
    Parce que Mme Merkel est là depuis seize ans, parce qu'elle fut - c'est vrai - un gage de stabilité, parce qu'elle a inspiré confiance, il faudrait idéaliser sa période, sanctifier sa famille politique, "faire exactement comme elle" dans l'avenir. Méconnaissance de l'Histoire, application de schémas, mépris pour le roulis de l'inconnu, cet "événement", par nature imprévisible, qui, à tout moment, peut faire basculer le destin des peuples.
     
    Je suis un connaisseur de l'Histoire allemande, qui me passionne depuis l'enfance : eh bien figurez-vous que le plus grand événement de l'après-guerre, la chute du Mur, 9 novembre 1989, je ne l'avais absolument pas vu venir. On ne connaît pas plus le lot des peuples que le destin d'une vie humaine, "avant qu'elle ne soit achevée", lisez Sophocle, Œdipe Roi, derniers vers.
     
    Ceux qui voudraient l'éternité de l'ère Merkel sont les mêmes que ceux qui, à la fin des années 90, nous annonçaient la fin de l'Histoire, la victoire finale du libéralisme, l'inutilité des nations, le triomphe de l'Europe. Libéraux, libertaires, ils se sont trompés sur toute la ligne. Il convenait, à l'époque, de leur résister intellectuellement. J'ai eu l'honneur d'appartenir à ce camp.
     
    D'abord, l'alternance. Le SPD, le parti de Willy Brandt, le plus ancien parti d'Allemagne, celui qui a pensé l'Ostpolitik au tournant de 1970, est absolument légitime pour gouverner le pays. Si c'est lui, avec une coalition, il n'y aura absolument pas, une seule seconde, à regretter la CDU-CSU. Cette dernière, en 72 ans d'Allemagne fédérale, a régné 52 ans, le SPD seulement 20 ans. C'est pourtant lui, avec des hommes comme Willy Brandt et Helmut Schmidt (je serai moins affirmatif sur Schröder), qui a écrit de grandes pages de l'Histoire allemande. A l'inverse, l'Histoire revisitera un jour le rôle d'Helmut Kohl dans la "Réunification", entendez le phagocytage pur et simple de la DDR par le capitalisme glouton de l'Ouest. La Prusse, la Saxe, la Thuringe, porteuses des plus grandes heures de l'Histoire allemande, méritaient mieux que cet humiliant statut de dominion.
     
    Et maintenant, le destin. L'Allemagne d'aujourd'hui est la quatrième puissance économique du monde, son industrie est florissante, elle n'a pas - comme la France - saccagé ses hauts lieux de production. La vitalité économique allemande, aujourd'hui, je le constate à chacun de mes voyages, est tout simplement époustouflante. Seulement voilà : la puissance de l'Allemagne n'a jamais puisé ses sources dans le libéralisme, ni dans un libre-échange débridé, encore moins dans l'oubli de sa cohésion sociale.
     
    Depuis Bismarck, ce pays en constante mutation a compris l'impérieuse nécessité d'associer le grand nombre à sa prospérité. Intelligence du partenariat social, syndicats constructifs, à des années-lumière de la brutalité française, concertation, désir commun de (re)construire le pays. Parce que l'Allemagne, à deux reprises (1648, 1945), a connu l'anéantissement, à deux reprises elle a appris à se relever du néant. Ca forge un caractère national.
     
    La fragilité ? Elle réside dans le défaut de cohésion sociale, depuis la "Réunification" ! Allez dans les Länder de l'ex-DDR, vous le verrez physiquement, ce sentiment d'abandon. Là se niche la fragilité du colosse. Là sont les urgences. Une sensibilité sociale-démocrate, au plus haut niveau fédéral, ne sera de loin pas la plus mal placée pour traiter le mal par ses racines.
     
    L'Allemagne est un grand pays, une grande nation, la puissance d'un destin entamé sous Frédéric II de Prusse, l'homme qui, un siècle après la Guerre de Trente Ans, avait rendu aux peuples germaniques la conscience de jouer un rôle déterminant en Europe, et non de paillasson sous les bottes d'armées étrangères. L'Allemagne est un espace culturel, littéraire, théâtral, et surtout musical, incomparable. L'Histoire même de la langue allemande, de Luther à nos jours, en passant par les Frères Grimm et les fulgurances verbales de Bertolt Brecht ou Heiner Müller, résume à elle seule la richesse de l'âme de ce peuple. Sa richesse, mais aussi sa complexité, ses fragilités, ses incertitudes.
     
    L'Allemagne de 2021 est en mouvement. Elle n'a pas besoin de reproduire les schémas de l'ère Merkel pour survivre. Non, elle doit créer, surgir, se réinventer, ne jamais accepter l'immobile, fuir le conforme. Et elle continuera, pour longtemps, d'illuminer l'Europe.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Septembre 1998 : l'autre Francfort

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    Sur le vif - Dimanche 26.09.21 - 10.54h
     
     
    Il y a exactement 23 ans, à l'occasion des élections allemandes, je faisais une émission spéciale en direct de Francfort sur l'Oder, à la frontière germano-polonaise. Je retrouvais cette ex-DDR qui avait marqué ma jeunesse, je vivais dans ma tête les combats dévastateurs du 23 avril 1945, la prise par les Soviétiques, qui déverrouille la route de Berlin, je me pénétrais de l'Histoire incomparable, à la fois militaire et culturelle, de cette ville de garnison, d'Université, où souffle depuis toujours l'âme des vieilles valeurs prussiennes : austérité, forces de l'esprit, science, aptitude au combat.
     
    Mais surtout, y compris en passant quelques heures à me promener dans la ville polonaise de Slubice, je pensais à la puissance du génie de Kleist, natif de Francfort sur l'Oder, Kleist l'un des auteurs phares de mes jeunes années, Kleist et ses textes de feu sur les passions humaines, Kleist orfèvre de la langue allemande dans ce qu'elle a de plus incandescent.
     
    Je contemplais les reliques de la ville ancienne, pulvérisée par les combats de 1945, avec ici et là quelques miracles de survie. Je pensais à Kleist, de toutes les forces de mon esprit. Je pensais à la naissance de l'idée allemande, dans la Prusse occupée par les Français, entre 1806 et 1813. Je pensais à Fichte. Je pensais à Hölderlin, à la puissance du mouvement dans la musique de Beethoven.
     
    Je me disais, au milieu de cette autre Francfort, à quel point cette Allemagne-là, aux confins du monde slave, marquée par la grande idée prussienne et les vertus de Frédéric II, cette Allemagne orientale, austère, intellectuelle, si sensible à la langue, cette Allemagne qu'on a pendant 40 ans appelée DDR, était centrale dans mon coeur, dans mes passions, dans mes désirs les plus profonds. J'aime ce pays, simple et terriblement élevé, dans ses horizons spirituels, artistiques et cérébraux.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Au fer rouge

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    Commentaire publié dans GHI - 22.09.21

     

    Présenté le jeudi 16 septembre, le projet de budget 2022 du Conseil d’Etat porte, au fer rouge, la marque de la nouvelle majorité de gauche dans ce collège. C’est un budget de gauche, voulu par la gauche, pensé par la gauche, imposé par la gauche. Il est dépensier, peu soucieux des deniers des contribuables, prêt à griller des sommes astronomiques pour la Révolution Verte, obsédé par l’idée de répondre à tout prix, immédiatement, aux « besoins de la population ».

     

    Disséquons les mots. Interrogeons-les. C’est quoi, les « besoins de la population » ? Cette expression étrange laisse entrevoir les citoyens comme des oisillons apeurés, attendant au fond du nid la becquée maternelle, providentielle, salvatrice. Ainsi raisonne la gauche. La population a des besoins. Notre rôle est de les satisfaire sans attendre.

     

    Il ne s’agit pas ici de nier l’urgence d’aider les plus faibles, les plus nécessiteux. Justement pas ! C’est à eux que nous devons penser en priorité. Mais pour certains autres, on se dit que le goût de l’Etat-Providence a supplanté un peu vite celui du risque ou de l’effort. L’aide doit donc être ciblée.

     

    Quant aux « investissements », dada de la gauche Verte et de la nouvelle ministre, ils ne doivent en aucun cas creuser encore une dette abyssale, record de Suisse. Nous avons besoin de prudence. Nous avons besoin d’une extrême rigueur. Trop facile de prôner l’aventure avec l’argent des autres. L’argent du contribuable. Notre argent.

     

    Pascal Décaillet

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  • Le PLR genevois fait de la politique. Enfin !

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    Sur le vif - Jeudi 23.09.21 - 09.59h
     
     
    Délesté, en tout cas ces temps, de ses démons, épuré de ses ferments de dispersion, ayant laissé les querelles de personnes pour le brassage fertile des idées, le PLR genevois vit une nouvelle jeunesse. Il est, en ce début d'automne 2021, dans une bonne phase. Il crée. Il invente. Il prend l'initiative. Il ose. En un mot, il fait de la politique.
     
    La politique, ce sont des idées, et puis de l'énergie pour les mettre en oeuvre. La politique, c'est parler aux gens, aller vers eux. Chacun de nous peut en faire. Chacun est libre de s'exprimer, lancer des pistes, trouver des alliés, faire un bout de chemin dans la Cité.
     
    La politique, c'est nous tous. Chaque citoyenne, chaque citoyen qui participe à l'action publique, fait de la politique. Pour les partis, c'est la même chose : leur richesse, c'est leur imagination, leur capacité d'invention. Le PLR, à Genève, a réussi à se sortir de sa paralysie. Il s'est levé. Il marche. Le pari, il y a six mois encore, n'était pas gagné.
     
    Le PLR s'est remis à faire de la politique. Avec le PDC, son vieil allié de l'Entente, il lance une initiative pour juguler l'inflation de nouveaux postes dans la fonction publique en cas de déficit. Avec le MCG, et là c'est nouveau, il dépose un projet de loi pour faciliter l'accession des locataires à la propriété de leur logement.
     
    Le PLR fait de la politique. Il analyse le terrain. Il anticipe. Il lance des offensives. Au pire moment de la crise, nous l'appelions ici même à laisser les affaires de personnes pour embrasser le monde des idées. Il l'a fait. Ca lui réussit. On partage ou non ses idées, on connaît les miennes sur la libre circulation, césure majeure entre sa philosophie politique et la mienne, mais c'est là une affaire nationale, au niveau du Canton c'est différent.
     
    Prenez les rapports avec le MCG. Il est loin, le temps où de douteuses fatigues patriciennes prenaient de haut les Gueux. Aujourd'hui, on discute. Sur certains sujets, on part ensemble, sur d'autres non. C'est notre politique, ce sont nos usages, c'est la Suisse.
     
    La grande leçon de toute cette affaire, c'est quoi ? Tous partis confondus, laissons les personnes, ne parlons pas trop d'elles, valorisons les idées. Faisons de la politique, nous tous citoyennes et citoyens, autour des thèmes, des projets, et non en trottinant derrière des affiches incarnées par des visages. Utilisons à fond la démocratie directe, fleuron de notre système suisse. Méfions-nous viscéralement du pouvoir. Tout pouvoir, d'où qu'il vienne !
     
    Dénonçons les abus des exécutifs. Laissons les Parlements dans le jeu de miroirs de leurs Palais des glaces. Passionnons-nous pour les vraies préoccupations des vraies gens : classes moyennes, pouvoir d'achat, fiscalité étouffante sur les revenus du travail, système de santé, primes maladie, apprentissage, emploi des jeunes, retraites, statut des aînés, prix des médicaments, soins dentaires, survie de notre agriculture, qualité de l'alimentation, sécurité des personnes et des biens, régulation de l'immigration, survie de la Suisse comme nation souveraine et indépendante.
     
    Le reste, c'est le microcosme. Les bobos. Les sujets "de société". Les chercheurs en sciences sociales de l'Université de Lausanne. Les études genre. Les prophètes de l'Apocalypse climatique. Laissons ces braves gens vivre leur vie. Vivons la nôtre, en hommes et en femmes libres, aptes au combat citoyen. Chacun de nous fait de la politique. Elle est l'affaire de tous.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • La rigueur. La rigueur. Et encore la rigueur.

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    Sur le vif - Mercredi 22.09.21 - 06.15h
     
     
    On « n’investit » pas quand on n’a pas d’argent ! Et on n’emprunte pas quand on a déjà 12,8 milliards de dettes.
     
    Les 5,9 milliards « d’investissements pour la transition écologique » sont une monumentale folie. Incapable de gérer l’argent du contribuable, incapable de réduire son train de vie, incapable de soulager le fardeau des classes moyennes, le Conseil d’Etat se lance dans une fuite en avant suicidaire, sous prétexte « d’urgence climatique », le mantra des Verts. C’est un paravent pour camoufler sa faiblesse gestionnaire.
     
    Les citoyennes et citoyens de ce Canton doivent se mobiliser contre cette folie. L’argent manque à l’Etat. La dette plombe les générations futures. Genève a besoin de trois vertus pour s’en sortir : la rigueur, la rigueur, et encore la rigueur.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Par pitié, faisons de la politique !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 22.09.21

     

    Une fois que nous aurons réglé l'affaire du mariage pour tous (j'y suis, pour ma part, résolument favorable, j'ai voté oui), il va nous falloir recommencer à faire de la politique.

     De la politique, et pas seulement du "sociétal" ! La peste soit, en passant, de cet adjectif, je n’en use qu’avec les guillemets, il suinte tout ce que je rejette dans les préoccupations modernes. Je suis resté archaïque : j’aime la politique, l’Histoire, les rapports de forces, les guerres et les traités, les alliances, les grands hommes, les grands écrivains, les grands musiciens. J’aime l’industrie, et garde en moi des souvenirs d’enfance, éblouissants, de visites des grandes usines allemandes, comme VW à Wolfsburg en 1972, ou les mines de fer de Kiruna en Suède (juillet 1968), ou les dizaines de ponts ou tunnels que construisait mon père, ingénieur, lorsqu’il m’emmenait le samedi sur ses chantiers. Pour être franc, j’aime le monde des hommes. J’ai grandi dans ce monde-là, y compris à l’école, où nous n’étions, jusqu’aux trois dernières années avant la Maturité, que des garçons.

     De la politique, et pas du « sociétal » ! Le mariage pour tous, c’est important à mes yeux, il faut rattraper quelque chose, il faut le respect de tous, l’égalité, la liberté pour chacun de choisir sa vie. Alors là, je dis oui, comme j’ai toujours dit oui à l’égalité hommes-femmes. Ce sont là de grands sujets, il fallait avancer, il le faut encore, comme il fallait naguère abolir la peine de mort. Dans ces combats-là, j’ai toujours été du côté du progrès.

     Mais le « sociétal » ! La place étouffante, par exemple, que prennent les « études genre » dans un monde universitaire devenu cénacle du convenable, vecteur de pensée unique, intolérance face à ce qui dévie, et même parfois dictature de « collectifs » d’étudiants pour empêcher certains professeurs, ou conférenciers, jugés non-conformes à l’orthodoxie, de s’exprimer. A cela, à cette dictature du dogme, nous devons résister.

     Le « sociétal » ! Tellement plus facile, si on monte un débat, pour attirer le badaud. Tellement plus aisé, pour capter, que de se coltiner des confrontations politiques sur le budget de l’Etat, la fiscalité, le pouvoir d’achat des classes moyennes, les retraites, la santé, les élections allemandes, le statut des personnes âgées, l’emploi des jeunes. Eh bien pour ma part, j’ai grandi dans la politique, elle me passionne depuis décembre 1965 (deuxième tour, de Gaulle-Mitterrand), j’y ai passé ma vie, j’ai lu des centaines de biographies politiques, peut-être des milliers, beaucoup plus que de romans, tel est mon parcours, tel est mon horizon, telle est ma vie.

     Alors, je dis : faisons de la politique ! Non en nous présentant à des élections, mais en portant le débat, en prenant position dans des commentaires. Surtout, en réhabilitant la chose publique, la passion pour l’Histoire, le décryptage, la mise en contexte. C’est plus austère que les modes d’un moment. Mais ça nous mène plus loin, dans l’intensité du regard.

     

     

    Pascal Décaillet

     

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