Liberté - Page 6

  • Solitaires ? Oui, mais solidaires !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 18.03.20

     

    La crise que nous traversons place chacun d’entre nous dans une situation totalement inédite. Nul, il y a encore trois semaines, n’aurait pu en prévoir l’ampleur. Voilà qu’on nous appelle à demeurer chez nous, le plus possible. Limiter les déplacements. Nous tenir à distance les uns des autres. Ecoles fermées, cinémas, théâtres, salles de concerts. Pas de rassemblements. Faire nos courses, mais sans nous précipiter pour faire des réserves, comme si nous étions en pleine guerre. On sait que les hôpitaux font le maximum, produisent un travail admirable, avec un personnel qui lutte contre la fatigue. A ces gens, nous devons penser en priorité. Ceux qui sont malades, ceux qui les soignent.

     

    Appelés à être solitaires, nous sommes pourtant investis du devoir de nous montrer solidaires. Les deux mots se ressemblent, cela me frappe depuis des décennies. On pourrait y voir un paradoxe. Et pourtant ! Beaucoup d’entre nous, peut-être une majorité, sont des hommes et des femmes seuls, et cela bien avant la crise actuelle. Seuls chez eux. Seuls face à leur écran. Seuls dans leur tête. Mais la solitude, en aucune manière, ne signifie désintérêt, ni absence d’empathie, pour l’autre. A l’inverse, on peut être grégaire, toujours dans des grappes humaines, ou dans des foules, sans pour autant se sentir en communion avec son semblable. Méfions-nous des apparences.

     

    On nous invite à rester chez nous, ne pas frayer physiquement, pendant un certain temps, avec d’autres humains. Soit. Mais la vie est là, la vie oui, dans sa totalité, visible et invisible. La communauté des humains ne se réduit pas à leur capacité à produire de la foule, mais à sentir, en soi, ce qui nous relie en profondeur. Nous ne pouvons pas trop nous voir, nous toucher, pendant une période. Mais enfin, nous pouvons nous parler, nous écrire, nous entraider pour des choses très pratiques. Jusqu’à nouvel ordre, le virus n’a rien à voir avec celui des ordinateurs : nous avons là, tout de même, un prodigieux outil de communication à distance, nous aurions tort de nous en priver.

     

    De même, les réseaux sociaux. Je suis, vous le savez, un partisan très vif de ces nouveaux outils de communication. On peut les utiliser pour le pire : étalage de vie privée, curiosité malsaine, délation, effets de meute. Mais ils peuvent, tout autant, servir au meilleur : informer les gens, écrire et découvrir des textes, partager des émotions culturelles, ouvrir le débat. Notre solitude est donc toute relative ! Et autrement nourrie que celle d’un confiné du dix-neuvième siècle ! Pour ma part, et pour reprendre un mot célèbre – et magnifique – de François Mitterrand, je crois aux forces de l’esprit. Il a pu m’arriver, il y a une quinzaine d’années, de ne pas être, pendant de longs mois, au sommet de ma force physique : je ne me suis jamais senti aussi entouré d’humanité, visible ou invisible, qu’en cette période. Je souhaite à chacun d’entre nous le courage, la force morale, et aussi la capacité d’humour et de dérision pour traverser ces temps particuliers. De grâce, ne baissons pas les bras !

     

    Pascal Décaillet

     

     

     

     

     

     

     

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  • Bien sûr qu'il faut maintenir le deuxième tour !

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    Sur le vif - Mardi 17.03.20 - 15.01h

     

    Non, non et non, il ne faut pas reporter le deuxième tour des élections municipales, à Genève ! Les autorités ont maintenu cet acte final de notre processus électoral, et elles ont eu raison. Le premier tour s'est parfaitement déroulé, les débats ont été innombrables (principalement sur les ondes de Léman Bleu, mais aussi ailleurs). De nouveaux visages, de nouvelles voix, ont pu émerger. Les thèmes ont été traités à fond. Le peuple s'est prononcé. Il faut maintenant aller jusqu'au bout.

    Je déteste le discours du style "Quelle importance, ces votations, face au coronavirus ?". Bien sûr que la lutte contre l'épidémie est absolument prioritaire, nous sommes tous d'accord. Mais cette dévalorisation, sous prétexte d'impératif sanitaire suprême, de notre vie citoyenne, de nos institutions, d'une démarche électorale en cours, n'est pas acceptable.

    Les Maires, ça n'est pas rien ! Les Conseils administratifs, ça n'est pas rien ! Ce deuxième tour a un sens ! Il s'agit d'élire les exécutifs des Communes pour cinq ans ! Alors désolé, les éternels ennemis de la politique, ceux qui haussent les épaules quand on leur parle de vie citoyenne, ceux qui n'ont jamais cru aux valeurs de la République, ceux qui prônent le "tous pourris", je vous crie ici mon désaccord total. Pour ma part, je préfère être gouverné par des élus du peuple, aux trois échelons de notre Confédération, que par la ploutocratie financière, par les faîtières du patronat ou celles des syndicats, par les multinationales, ou par un ordre cosmopolite mondial.

    Les Communes constituent une force vivante de notre corps citoyen. Nous devons, malgré les circonstances très difficiles que nous traversons, et que je ne sous-estime en rien, aller jusqu'au bout d'un processus électoral engagé. Notre démocratie ne doit pas baisser les bras. Elle n'est pas dérisoire. Elle n'est pas juste un jouet de beau temps. Nous l'aimons. Elle aussi, nous voulons qu'elle vive.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • A tous, courage !

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    Sur le vif - Dimanche 15.03.20 - 15.08h

     

    A toutes celles et ceux qui ont fait vivre la Commune, dans le sens le plus noble de ce mot, en se portant candidats dans l'une des 45 élections de notre Canton, j'adresse mes remerciements. Certains sont élus, d'autres non, c'est la vie. Mais tous ont animé la citoyenneté, c'est cela l'essentiel.

    Pour ma part, avec mes confrères et consœurs, je me suis plongé comme jamais dans ces élections. J'ai découvert des visages, des voix, des idées, des enthousiasmes. La politique, ce sont des hommes et des femmes, des énergies vitales, des forces de projection dans l'avenir. Les jeunes, notamment, tous partis confondus, m'ont impressionné par leur maturité, leurs tonalités.

    Toutes ces femmes, tous ces hommes, élus ou non aujourd'hui, ne méritaient pas que l'attention du public pour la vie citoyenne fût à ce point pulvérisée par un élément totalement externe, imprévisible, le coronavirus. Je mentirais si je cachais qu'en ce dimanche, ma tête est ailleurs. Toutes nos têtes le sont !

    Contre ce sentiment, légitime aujourd'hui, sous le choc de la situation que nous vivons, je veux lutter de toutes mes forces. En 34 ans de journalisme professionnel, j'ai toujours placé la politique, la Cité, les affaires publiques, au premier rang de mes préoccupations. Cela ne changera pas.

    Et puis, tout de même, un temps viendra où ce virus prendra le large. Ce jour-là, riches des leçons que nous aurons tirées de la crise, nous aurons, pour nous administrer dans les Communes, les gens qui sortent des urnes aujourd'hui.

    En attendant, c'est vrai, la vie citoyenne, cela doit être, en absolue priorité, notre combat contre la pandémie. Appelés à être solitaires, nous devrons nous montrer solidaires. C'est le thème de mon commentaire, à paraître mercredi dans GHI.

    A tous, courage !

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Conseil d'Etat et coronavirus : clair et précis !

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    Sur le vif - Mercredi 11.03.20 - 15.14h

     

    Face à la crise que nous traversons, le Conseil d'Etat est venu in corpore pour informer la population. Il a délivré des informations claires, bien ventilées d'un membre à l'autre du collège, le tout bien orchestré par le Président.

    Chacun de nous aura son avis sur ces mesures. Il les trouvera suffisantes ou excessives. Mais l'essentiel est là : le gouvernement de la République et Canton de Genève fait face. Il prend des décisions, les communique, demeure calme, mais déterminé. C'est exactement ce dont la population a besoin.

    Il aura ainsi fallu une crise pour que l'exécutif cantonal, comme aimanté par la nécessité supérieure, retrouve cohérence et cohésion.

    La suite, nul ne la connaît. Mais à ce stade, hélas peut-être initial, l'exemple est donné. Il était important qu'il le fût. A partir de là, chacun d'entre nous est libre d'être d'accord ou non, de le dire. Les consciences s'expriment, les responsables agissent, ainsi fonctionne la République.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Le Nil, l'Amazone

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 11.03.20

     

    Le 1er novembre 1974, j’avais seize ans, je suis allé voir Georges Marchais, le tonitruant Premier Secrétaire du Parti communiste français, dans un meeting à Plainpalais. Soirée inoubliable, mon premier contact avec le Parti du Travail, qui fêtait ses trente ans, et recevait l’illustre Français. Discours interminables, autant de Jean Vincent, notre communiste suisse aux dons d’orateur remarquables, que de Marchais lui-même. Discours-fleuves : le Nil, l’Amazone.

     

    Ce qui m’avait frappé, c’étaient les échauffourées entre jeunes, à l’entrée du meeting. Quelques droitistes aux ergots de jeunes coqs étaient venus défier les jeunes communistes, des noms d’oiseaux avaient été échangés, j’avais pu me faufiler pour pénétrer dans la salle, on avait frôlé l’échange de coups. La gauche dure, contre la droite dure : un frisson d’années 30, avec les ombres fugaces d’Oltramare et de Léon Nicole.

     

    Aujourd’hui, les jeunes ont changé. Je fréquente de très près la jeunesse politique genevoise, tous partis confondus. J’ai déjà dit, et je répète, que globalement, ces garçons et ces filles m’impressionnent par leur maturité, leurs tonalités. Ils ne sont pas là pour casser l’équipe adverse, mais pour construire, avec eux, dans une ambiance remarquable de respect mutuel, la société de demain. Ils disent leurs désaccords, mais n’attaquent pas les personnes. Au centre, ils placent le contenu, le projet politique. A cette jeunesse qui pourrait nous en apprendre, je dis bravo.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Coronavirus : sortons Pierre Maudet de sa quarantaine !

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    Sur le vif - Mardi 10.03.20 - 15.27h

     

    On pense ce qu'on veut de Pierre Maudet. Mais il est là. Il a décidé, à tort ou à raison, de se maintenir. Il est là, il est ministre du gouvernement genevois, il s'occupe d'économie, il est jeune, dynamique, très intelligent, et quelque chose me dit que l'idée de se racheter est peut-être de nature à le poursuivre.

    Alors, quoi ? Alors, nous sommes en crise, celle du coronavirus. Nul d'entre nous ne l'avait prévue, mais elle est là, c'est un fait. Un autre élément factuel, c'est que nous avons, au Conseil d'Etat, un homme en pleine force de l'âge, placé par ses six collègues en quarantaine politique, et que face à la crise, c'est un véritable gâchis.

    De grâce, ne venez pas refaire ici le procès Maudet. Nous sommes le 10 mars 2020, notre économie genevoise court un risque de paralysie, ou tout au moins de puissante récession, le politique doit se mobiliser pour trouver des solutions. Peu importe qu'elles soient de gauche ou de droite, pourvu qu'elles soient salvatrices.

    Je lance ici une idée. Pourquoi le magistrat en quarantaine ne serait-il pas appelé à tenir, sur mandat de son collège, voire du Grand Conseil, un rôle signalé face à cette crise, au service de la République, dans l'intérêt supérieur du Canton ? Il a, par exemple, le sens de la logistique, la faculté de fédérer des énergies, pourquoi ne pas s'en servir ?

    Depuis qu'il est en quarantaine, Pierre Maudet s'occupe vaguement de promotion économique, sans que personne ne sache exactement à quoi il passe ses journées. Pour un tel tempérament, doté d'une telle lucidité intellectuelle, c'est peut-être un peu dommage pour Genève, non ?

    Et si Genève confiait à Maudet un mandat, cadré et précis, où il ne s'agirait pas de brasser de l'air, mais de coordonner l'aide aux entreprises meurtries ? Et, plus généralement, d'amener l'économie genevoise à se repenser, moins de mondialisation, moins de multinationales, plus de proximité, plus de solidarité, plus d'échanges circulaires.

    Voilà. L'idée est lancée. Nous avons, à Genève, un ministre qui tourne en rond et perd son temps. Il se trouve doté d'une énergie et de qualités intellectuelles au-dessus de la moyenne. Il serait dommage de ne pas en profiter.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Le réseau social, notre grande chance !

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    Publié sur mon site FB - Mardi 10.03.20 - 10.17h

     

    Je suis, depuis des années, un défenseur des réseaux sociaux. En cela, je suis en phase avec mes actes : je suis actif ici même, j'utilise ce réseau comme outil professionnel, j'y publie des commentaires, des éditos, j'y tiens depuis longtemps mon journal politique et culturel, je prends à témoin le lecteur de mes longues recherches, complexes, sur l'Histoire allemande. Bref, je serais sacrément ingrat et hypocrite, si je reniais ce prodigieux vecteur, pour en dire du mal.

    Bien sûr, il y a des choses que je déteste. La vie privée, la délation, les meutes de moralisateurs. Ces petites saloperies de l'âme humaine n'ont en rien été inventées par le réseau social, elles existaient avant, portées par d'autres organes. Je donne souvent l'exemple des premiers postes à galène : les conversations privées qui s'y tenaient ne devaient sans doute pas toujours être transcendantes, et puis tout cela est devenu la radio, le plus exceptionnel lien entre les humains jamais inventé, celui qui passe par la voix, révélatrice de l'âme.

    En ces temps difficiles que nous commençons à traverser, le réseau social sera appelé à nous rendre de fiers services. Pour une certaine durée (que nul ne peut jauger), nous voilà appelés à éviter les rassemblements, privilégier la solitude aux grandes foules. Soit. Dans ce contexte, il se pourrait bien que la juxtaposition de millions d'humains, chacun seul devant son écran d'ordinateur, soit un peu moins vilipendée par les beaux esprits et les jaloux (ceux qui veulent encore sauver les anciens modèles), et soit enfin reconnue comme le mode de communication présent et futur, pour un sacré bout de temps.

    Car enfin, la toile nous permet le contact. Elle nous relie à l'autre. Mais aussi, avec un peu de métier dans son usage, à l'ensemble des connaissances du monde. Il y a pire, comme invention.

    Sur ce réseau, où nous sommes, j'ai vu éclore des plumes insoupçonnées, venant de parfaits inconnus. J'ai découvert des âmes belles et ouvertes, des énergies, des forces de vie. Il y a bien sûr, aussi, l'exact contraire de tout cela : rien ne nous oblige à le fréquenter.

    Alors oui, une fois de plus, moi l'enfant de milliers de livres et de dizaines de milliers de journaux papiers, moi surgi de l'ancienne civilisation, je clame ici les qualités extraordinaires du réseau social. C'est un outil, rien de plus. On peut s'en servir pour bavarder, ou pour dénoncer son voisin, c'est là le pire usage. Et on peut, tout autant, accéder au meilleur : se soucier les uns des autres, se lire, s'écrire, tenir chacun son journal, proposer son univers, personnel, subjectif. Je ne sache pas que toutes ces merveilles eussent été possibles il y a encore vingt ans. Elles étaient réservées aux clercs. Ces mêmes élites qui, aujourd'hui, n'en revenant pas que le monopole de la parole leur ait échappé, déversent à longueur de journées, de séminaires, de colloques sur l'étude du journalisme, leur haine contre une révolution de communication qui, enfin, met un terme à leurs privilèges.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Soleil noir

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    Sur le vif - 07.03.20 - 11.01h

     

    Bien plus que notre résistance au virus, c'est notre capacité à nous comporter en humains, dans toute la dimension individuelle, sociale et spirituelle du mot, qui est testée ces jours.

    A ce défi majeur, ne répondons pas avec la froideur de laboratoire de l'hygiéniste. Mais avec le clair-obscur assumé de nos doutes et de nos adhésions, la conscience révoltée de nos finitudes, l'affirmation du sens.

    En affichant la fierté de nos liens, la fidélité à nos compagnons de route, l'intransigeance de notre verbe. Comme un soleil noir, au milieu du chaos.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Gérontophobie : saloperies de directives !

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    Sur le vif - Vendredi 06.03.20 - 15.51h

     

    Fantastique ! On demande expressément aux personnes de plus de 65 ans de "réduire au minimum leurs visites dans les EMS et les hôpitaux" !

    Ca signifie quoi, cette gérontophobie ? Si tu as plus de 65 ans, tu évites "au maximum" de fréquenter un hôpital ! Alors tu fais quoi, si tu es malade ? Tu restes chez toi, seul, à pourrir ? Tu te drapes de silence ? Tu attends la mort, dans ton superbe isolement ? Tu évites de contacter ton médecin, de peur de déranger, d'être de trop ? Mais tes primes, bien sûr, tu continues à les payer, en bonne poire, bien mûre, prête à la chute finale !

    Et puis, quoi, "éviter au maximum" les EMS ? Mais bordel, les pensionnaires, ce sont avant tout des gens de leur génération qui viennent leur rendre visite. Leurs vieux amis. Ceux de leur âge, qui ont grandi avec eux, fréquenté les mêmes écoles, ceux qui se sont naguère aimés, qui furent amants, jaloux, réconciliés, ceux qui avec eux ont vu le monde changer, contemporains, comme le décrit si bien Annie Ernaux, dans "Les Années".

    Alors non, il faudrait que les vieux aient la délicatesse d'éviter de fréquenter d'autres vieux. Il faudrait qu'ils aient la sagesse de demeurer chez eux, raser les murs en faisant leurs courses, en dehors des heures de pointe, surtout n'approcher personne, ne saluer personne.

    Saloperies de directives. L'hygiène, oui. La discipline collective, oui. Les précautions d'usage, oui. Mais pousser le bouchon, dans un communiqué qui eût faire rougir le Camus de la Peste, jusqu'à ostraciser de la Cité la personne âgée, déjà scandaleusement mise à l'écart par notre société de profit, là il faut réagir ! Et les courageux, qui ont édicté ces directives, ils n'ont pas, eux, la plus élémentaire des hygiènes : celle de signer.

    La précaution, oui. La mise à l'écart, froide et sans âme, de toute une catégorie de population, c'est NON, NON, et NON !

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Entre cosmos et chaos

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    Sur le vif - Vendredi 06.03.20 - 10.02h

     

    Il y aura toujours un pouvoir. Si ce n'est pas celui des frontières, ce sera celui de l'argent. Si ce n'est pas celui des peuples, ce sera celui des élites. Si ce n'est pas celui de la loi, ce sera celui de la jungle. Si ce n'est pas celui de la solidarité, ce sera celui des égoïsmes. Si ce n'est pas celui de la République, ce sera celui des communautés, des tribus, des factions. Si ce n'est pas celui de la nation, ce sera celui des multinationales, apatrides. Si ça n'est pas celui du verbe, ce sera celui du verbiage. Si ça n'est pas celui du style, ce sera celui de la fange. À nous de choisir, entre cosmos et chaos.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Contrôler les flux !

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    Commentaire publié dans GHI - 04.03.20

     

    Personne, à moins d’être fou, n’a jamais demandé que la Suisse ferme ses frontières. Mais de plus en plus de gens souhaitent une régulation de l’immigration vers la Suisse. Réguler, ça n’est pas arrêter : c’est contrôler les flux, en fonction de critères décidés par soi-même, non par les autres.

     

    Chaque pays, indépendant et souverain, a non seulement le droit, mais aussi le devoir de contrôler son immigration. Chaque pays décide de ce qu’il peut accepter, en quantité, en fonction de ses capacités territoriales, démographiques, économiques. Il n’y a là nulle espèce de xénophobie, c’est juste une protection de ses propres résidents, de la cohésion sociale interne à chaque peuple, qui nécessite sagesse, équilibre, aménagement du territoire, sens de la mesure.

     

    Nous voterons le 17 mai sur une « initiative de limitation », sans doute la plus importante depuis celle du 9 février 2014, sur l’immigration de masse. Chacun d’entre nous jugera en conscience. Mais une chose est certaine : ni les menaces du patronat, ni celles de centrales syndicales plus attachées à l’internationalisme qu’à la défense des travailleurs suisses, ni la Sainte Alliance des grands partis politiques, ne remplaceront l’intime conviction de chaque citoyenne, chaque citoyen de notre pays. Chacun d’entre nous vote comme il veut. Il n’a aucune leçon à recevoir de personne. Il est seul, face à l’urne. Il représente une part certes infinitésimale de l’ensemble. Mais souveraine. Et indivisible.

     

    Pascal Décaillet

     

     

     

     

     

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  • Coronavirus : notre immense fragilité d'humains

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 04.03.20

     

    Nous voilà donc confrontés à une épidémie. Qui d’entre nous, il y a seulement quelques semaines, aurait été capable de le prévoir ? Nous n’avons rien vu venir, juste pensé un moment que le mal se cantonnerait à la Chine. Et là, il est chez nous. Les proportions, à l’heure où j’écris ces lignes, sont encore modestes dans notre pays. Les autorités ont pris des mesures, dont certaines spectaculaires, chacun jugera. Notre pensée première va aux victimes. Celles d’ici, celles d’ailleurs : un humain est un humain, chacun à mes yeux en vaut un autre. Et la mort chinoise, si lointaine pour nous, vient faucher les existences, endeuiller les humains, tout comme la mort d’ici.

     

    Notre deuxième pensée, en importance et en chronologie, doit se diriger vers toutes les personnes, à Genève et ailleurs, qui vont souffrir économiquement des décisions annoncées par le conseiller fédéral Alain Berset. On aime ou non le Salon de l’Auto, je ne m’y suis pour ma part plus rendu depuis au moins quarante ans, mais une chose est sûre : cette manifestation entraîne d’inestimables retombées pour l’économie genevoise, hôtellerie, restauration, sous-traitants, petits boulots pour étudiants, etc. Le manque à gagner sera considérable. A ces habitants de notre canton, qui vont beaucoup perdre à cause d’une mesure de prévention, nous devons dire notre solidarité. Et sans doute les autorités cantonales devront-elles imaginer un mécanisme de compensation.

     

    Pour le reste, la crise que nous traversons amène chacun d’entre nous à se poser l’une des questions les plus fondamentales pour un humain : son rapport à l’autre. Déjà, on nous invite à éviter les foules. Pas trop de mains serrées, encore moins d’accolades, de l’hygiène, de la retenue. Là encore, chacun jugera. Mais cet appel à la distance ne manquera pas d’avoir des conséquences sur le rapport que toute personne, dans notre communauté humaine, entretient avec l’altérité. La Chine, provenance réputée du mal en question, n’est-ce pas l’autre par excellence, le lointain, le dissemblable ? Le malade, le contaminé, doit-il cesser d’être notre frère, notre sœur, sous prétexte qu’à son corps défendant, il véhiculerait le mal ?

     

    A vrai dire, le coronavirus nous brandit un miroir : celui de notre immense fragilité d’humains. Jetés là, sur cette terre, entre naissance et mort, dans les aléas d’une existence dont nous ne maîtrisons pas grand-chose. Un soir, la foule sentimentale, innombrable et magique. Au matin du lendemain, on nous invite au confinement, peut-être à la solitude. Qui croire ? Et la sagesse, d’où viendrait-elle ? Des illuminations de l’ermite, ou des chaînes de transmission, entre les humains ? Et la joie, celle de cet inoubliable choral de Bach, cette joie appelée à « demeurer », d’où peut-elle surgir, si ce n’est d’une profonde acceptation de l’Autre ?

     

    Si cette crise épidémiologique pouvait, peut-être, susciter en chacun de nous l’une ou l’autre réflexion, on constaterait assez vite que le personnage principal, le seul qui vaille, n’est pas le virus. Mais l’être humain, sur la terre.

     

    Pascal Décaillet

     

     

     

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  • PYM : le coup de poignard

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    Sur le vif - Mardi 03.03.20 - 08.37h

     

    Le 17 mai, chaque citoyenne, chaque citoyen de notre pays répondra individuellement, du plus profond de sa conscience, au coup de poignard de Pierre-Yves Maillard contre les travailleurs suisses. Nous verrons bien le résultat.

    Pour moi, cet homme naguère brillant, et même "le meilleur de tous" (j'avais titré dans ce sens un édito, il y a une vingtaine d'années), a cessé d'exister, en se posant comme l'allié des ultra-libéraux, libre-échangistes et internationalistes, dans le combat de ce printemps.

    La Suisse doit réguler son immigration. J'ai voté dans ce sens le 9 février 2014. Je le ferai le 17 mai 2020. Parce que mon souci premier est celui de la justice et de la cohésion sociales dans mon pays. Le travail, en priorité, doit être donné aux résidents. C'est aussi simple que cela. Et nous devons penser en priorité aux plus vulnérables d'entre nous, personnes âgées démunies, jeunes sans emploi.

    Les frontières sont là pour protéger, à l'intérieur du pays, les plus faibles, ceux que la mondialisation anéantit. Depuis toujours, et j'ai été bien seul dans ce sens en pleine folie ultra-libérale, il y a vingt ans, je milite pour des économies solidaires et nationales, centrées sur l'épanouissement de l'être humain, non sur le profit de casino.

    Économie nationale : à l'intérieur d'un périmètre donné, où s'exercent et s'articulent des réseaux de solidarité, d'entraide, d'intérêt public, le tout arbitré par des lois démocratiquement votées, l'activité humaine se déploie, au service de tous. Cela s'appelle une nation. Souveraine, solidaire, responsable.

    Ce modèle, auquel je crois de toutes mes forces, réhabilite le local, l'horizon du visible et du palpable, la connaissance et la fréquentation quotidienne des hommes et des femmes pour qui on travaille. Il est à des années-lumière de la spéculation mondialisée, anonyme, glaciale, meurtrière.

    Qu'un homme comme Pierre-Yves Maillard en soit encore à la sanctification conceptuelle de l'internationale des travailleurs, au nom du dogme, et au détriment de la cohésion sociale de son propre pays, me déçoit immensément.

    Les grandes faîtières syndicales, mammouths d'un autre âge, débitent leurs mots d'ordre pour aménager leur propre survie, en se gorgeant d'adhérents sans frontières. Le sort des travailleurs suisses, des chômeurs suisses, des délaissés suisses, serait-il, à leurs yeux d'apparatchiks, à ce point secondaire ?

     

    Pascal Décaillet

     

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  • 45 fiertés, une République

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    Sur le vif - Lundi 02.03.20 - 14.55h

     

    Ce qui doit sortir vainqueur du 15 mars prochain, ça n'est pas la droite, ni la gauche, ni les improbables coagulations centristes dans l'eau trouble du bénitier.

    Non. Ce qui doit gagner, c'est la Commune. Échelon premier, en proximité, en présence, en affection.

    La Commune, à Genève, est largement antérieure au Canton (1815). 45 Histoires passionnantes, où se mêlent l'époque romaine, les sites paléochrétiens, la ferme médiévale, les familles, les découpages, les échanges. La Commune est complexe, peu lisible au premier abord, elle nécessite patience et amour, passion pour la micro-Histoire, qui n'épouse pas toujours les succès et les revers des nations.

    45 Communes, 45 fiertés. Des hommes et des femmes qui s'organisent, à l'horizon du visible. C'est concret, c'est vérifiable, ça touche le voisin, il faut du doigté.

    En couvrant à fond ces municipales 2020, j'ai maintes fois pensé à la Constitution d'Athènes, d'Aristote, et ce passage sur lequel j'étais tombé, il y a si longtemps, en langue grecque, en examen. Il y était question de bornes qu'on arrachait, c'était vif et poignant, réel, c'était une forme de Commune.

    En 1871 aussi, la Commune. Celle de Paris. La guerre, les Prussiens aux portes, la misère, la révolte. Et finalement, les Versaillais, sur ordre de Monsieur Thiers, pour écraser dans le sang ce rêve d'humains.

    A Genève, 45 Communes, non comme des fiefs. Mais comme 45 organes vitaux de notre République. Elles font corps. Ensemble, elles constituent un corps supérieur, qui sans elles n'est rien.

    La Commune figure dans l'identitaire genevois l'ancestralité du passé. Elle pourrait bien, face au jacobinisme et à l'arrogance d'un Etat transformé en surintendant vorace et supérieur, préfigurer un avenir. Plus libre, plus fraternel, réconcilié avec les racines.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Juste avant la mort, le déclin

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    Sur le vif - Dimanche 01.03.20 - 14.06h

     

    La démocratie chrétienne jurassienne est historiquement, philosophiquement, culturellement, l'un des piliers de la démocratie chrétienne suisse. Autant qu'en Valais, autant qu'à Fribourg. Elle a joué, dans le dernier siècle, un rôle fondamental dans la genèse du futur canton, sa construction identitaire, son affirmation dans l'ordre de l'existence, de l'indépendance. Lisez les grands penseurs de l'entre-deux-guerres, lisez les Helvétistes, lisez Gonzague. Imprégnez-vous des racines intellectuelles et morales du mouvement jurassien d'affranchissement.

    Le revers qu'elle subit aujourd'hui marque une étape, dans la politique en Suisse romande. Non que les héritiers suisses du Zentrum bismarckien, ou de la Doctrine sociale de 1891, soient en voie de disparition. Mais de régression, oui. Car perdre, n'est rien. Ni même mourir, si c'est pour renaître, en quelque Pâque de folie et d'espérance. Mais ne plus être, là où l'on fut beaucoup... Subir le désaveu, sur la scène même où l'on porta naguère le sens. Voir s'éclipser la bannière, là où jadis elle fut imprégnée de la plus brûlante des lumières.

    Dans d'autres cantons de Suisse romande, pour ne porter son regard que sur l'aile latine des épigones de Léon XIII, un frisson, ce dimanche 1er mars 2020, peut électriser les épidermes. Non celui de la mort. Mais celui du déclin.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Jacobins pète-sec

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    Commentaire publié dans GHI - 26.02.20

     

    Plongé à fond dans les élections municipales du 15 mars prochain, je n’ai jamais autant fréquenté les gens de nos Communes. J’ai déjà, ici, rendu hommage aux candidats. Mais je veux aujourd’hui aller plus loin : nos 45 Communes genevoises ont besoin de plus de considération, plus de liberté, plus d’autonomie, moins d’interventions tatillonnes du Canton, moins de jacobinisme.

     

    Il n’est pas normal que la Commune genevoise, en 2020, ait si peu de pouvoir en comparaison intercantonale, qu’elle puisse être aussi facilement « recadrée » par les juristes ou les fonctionnaires de la Couronne cantonale, qu’un Maire ou un Conseiller administratif puisse être « révoqué », comme s’il était un employé de la fonction publique cantonale.

     

    Sur la Commune, la Constituante n’est pas allée jusqu’au bout de son travail. Cet échelon de proximité, le premier entre tous, dont l’existence historique est bien antérieure à celle du Canton, doit s’affranchir des petits jacobins pète-sec de l’administration cantonale. Pour cela, il nous faudra bien sûr amender la Constitution, par exemple par la voie d’une initiative.

     

    Un Maire, un Adjoint, un Conseiller administratif, un Conseiller municipal sont des élus du peuple. Leur légitimité, là où ils opèrent, ne doit rien avoir à envier à celle d’un élu cantonal. Dans leur Commune, les élus doivent être souverains. C’est cela, l’enjeu premier de la politique communale à Genève pour 2020-2025. Au-delà des noms ou des partis que vous choisirez, en toute liberté, de glisser dans l’urne.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Ville de Genève : la Croisière s'amuse !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 26.02.20

     

    C’est un peu comme un Vaisseau fantôme. Un navire à la dérive. Il se laisse porter sur les flots. L’exécutif de la Ville de Genève, qui vit les dernières semaines d’une législature de cinq ans, multiplie les décisions les plus étrangères à son mandat. Il interfère dans la souveraineté française, en entreprenant des démarches officielles contre une autoroute dans le Chablais. Il se mêle de modifier des signaux universels de circulation. Il débaptise les noms de rues. Il se pointe en première ligne de toutes les questions mondiales concernant les droits de l’homme. Il moralise la planète. Il instruit l’univers de la lecture genevoise du cosmos, des lois de la gravitation, pour un peu corrigerait Newton et Einstein, amenderait la pesanteur, rappellerait que Genève est le centre du monde. Comme si nous en avions douté !

     

    On ne lui en veut pas. Ce quintette est sympathique, attachant, juste un peu lourd sur les notes de frais. Il aurait pu nous emmener en taxi sur la Marne ou sur Tobrouk, nous déniaiser à la Coupole, nous vendre du vent au prix du pétrole, nous n’y aurions vu que du feu. Sur les cinq, un seul (Sami Kanaan) se représente, alors déjà les souris dansent. C’est un peu comme une classe d’école, en juin, les derniers jours avant les vacances d’été. Il fait beau, les journées sont longues, on tombe amoureux matin et soir, on se dit que l’éternité est si belle qu’il faut la mordre au plus vite. Alors voilà, dans l’équipe de rêve qui gouverne la Ville depuis cinq ans, la Croisière s’amuse. On a mis la musique sur le pont, on danse, on rit, on défie les étoiles, on a juste oublié de laisser un pilote à la barre. Le cockpit est vide, mais la vie est si belle.

     

    Bien sûr, la nouvelle équipe, dès le 1er juin, reprendra le gouvernail. D’ici là, on s’occupe de tout, sauf du bateau lui-même. Surtout pas de décisions politiques, c’est vulgaire ! Non, des sujets de société, tellement dans l’air du temps. Il faut qu’ils tournent autour du climat, du féminisme, de la mobilité douce. Que certains de ces sujets ne dépendent en rien du rayon d’action de la Ville de Genève, aucune importance ! Il faut savoir s’extraire du champ, sortir du cercle, intimider les géomètres, se laisser guider par les courbes, faire rougir les chiffres. Ainsi, on aura été moderne. Urbain, au-delà des rêves les plus fous du bobo, sur son vélo électrique. S’ingérant dans les affaires françaises, on aura montré la vanité des frontières, l’universalité des rêves, l’archaïsme des nations, l’incroyable ringardise de ceux qui veulent encore y croire. Sur le pont du navire, on aura dansé, virevolté, annoncé la fin des récifs et des tempêtes. Aux successeurs, ceux d’après le 1er juin, entrés dans l’Histoire par le Port Noir, on aura laissé le soin de tout reprendre à zéro. Aller faire un tour dans la salle des machines. Définir un cap. Reprendre en mains l’équipage. Mais ça, ce sera dans une autre vie. Juste après le Déluge.

     

    Pascal Décaillet

     

     

     

     

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  • Bravo, Simon Brandt !

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    Sur le vif - Mardi 25.02.20 - 17.09h

     

    Annoncé ce mardi 17.01h par le Ministère public, le classement partiel de la procédure contre Simon Brandt appelle un commentaire à chaud.

    "Aucun indice, après une analyse approfondie, ne vient confirmer la consultation par Simon Brandt d'une inscription au journal de la police ("main courante")", nous dit textuellement le Parquet.

    En clair, Simon Brandt est exonéré de l'essentiel.

    En clair, fallait-il onze policiers, lors de son interpellation, pour en arriver là ?

    En clair, tous les journaux ayant fait état de cette affaire rocambolesque consacreront-ils autant d'espace au classement de l'affaire ?

    En clair, voilà, comme nous l'avions écrit dans notre commentaire de GHI, un homme droit dans ses bottes, un candidat qui a su tenir sous une pression inimaginable, un type qui n'a pas flanché.

    Pour ma part, à ce candidat sérieux, soucieux du bien public, connaissant à fond ses dossiers, imaginatif quant aux réformes à adopter pour la Ville, je dis simplement : BRAVO, SIMON !

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Syndicats : la trahison des clercs

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    Sur le vif - Mardi 25.02.20 - 12.59h

     

    Pourquoi les syndicats se réjouissent-ils de l'immigration massive, générée par la libre circulation, en provenance de l'Union européenne ? Réponse : les travailleurs étrangers se syndiquent, ce qui est évidemment leur droit le plus strict. Du coup, les syndicats recueillent de nombreux nouveaux adhérents. Et la machine se nourrit d'elle-même ! Le souci numéro un des syndicats se polarise ainsi davantage sur leur propre survie que sur leur finalité essentielle : défendre les travailleurs suisses.

    Il faut en finir, en Suisse, avec les grandes faîtières, qu'elles soient syndicales ou patronales. Nous sommes un pays fédéraliste. L'unité de référence, c'est le Canton, pas la Confédération. S'il faut des syndicats, que ce soit en profonde immersion, en totale proximité avec le tissu économique local.

    La trahison des clercs, pour reprendre le titre du livre sublime de Julien Benda (1927), c'est celle de cet ancien syndicaliste de choc, brillant conseiller national il y a vingt ans, hélas transfiguré ensuite par l'exercice vaudois du pouvoir, avec sa part d'éternelle quiétude, et aujourd'hui apparatchik en chef d'une faîtière ayant passé un pacte tacite avec le patronat libre-échangiste. C'est cela, la réalité, cela la vérité, cela la triste métamorphose d'un homme, lorsque les mécanismes de conciliation s'imposent comme conditions de survie de sa propre machine.

    La trahison des clercs, face à la libre circulation, est partout. Comme elle était omniprésente dans les semaines ayant précédé le 9 février 2014. Le souverain, le 17 mai prochain, tranchera, j'ignore dans quel sens. Mais je sais qu'en politique, nul engagement durable ne peut se fonder sur le reniement de ses propres valeurs.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Trahison syndicale

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    Sur le vif - Lundi 24.02.20 - 15.23h

     

    Depuis vingt ans, la position des syndicats suisses sur la libre circulation est incompréhensible. A partir d'aujourd'hui, 24 février 2020, et des mots de Pierre-Yves Maillard sur les enjeux de l'initiative du 17 mai prochain, "Pour une immigration modérée", cette position, tournée clairement contre les travailleurs suisses, devient intenable. Et, à bien des égards, scélérate. Entre l'internationalisme idéologique et la protection des résidents, les syndicats ont fait leur choix. Devant l'Histoire, il faudra qu'ils l'assument.

    Il y a juste vingt ans, lors de la campagne sur les bilatérales, nos braves syndicats, benoîtement ouverts à la mondialisation du travail, se sont faits complètement avoir par le patronat ultra-libéral de l'époque. Au nom de l'internationalisme, ils ont donné leur blanc-seing à un déferlement démographique sans précédent sur notre pays, dont on connaît les conséquences : sous-enchère salariale, engagement de travailleurs européens à la place des Suisses, engouffrement dans une croissance non-contrôlée. Un programme juste pensé pour les années de surchauffe, devenant catastrophique dès que cette dernière se tasse un peu. Et les premiers à en faire les frais, ce sont les travailleuses et les travailleurs, les chômeuses et les chômeurs de notre pays.

    Et voilà qu'aujourd'hui, vingt ans après, l'homme qui a incarné avec le plus de fougue, le plus de talent, le combat social en Suisse, après une période d'embourgeoisement au Conseil d'Etat vaudois, vient s'afficher en allié objectif de l'aile la plus dérégulatrice du patronat suisse, celle qui avait tant donné de la voix au début des années 2000, à l'époque du Livre blanc, et dont on espérait qu'elle fût morte. Elle ne l'est pas ! Ses vassaux, non plus !

    Les syndicats suisses étaient à un carrefour de leur destin. Se cramponner, au nom des matrices idéologiques archaïques de leurs cadres, à un internationalisme du travail dont plus personne ne veut en Europe, ou bien redevenir ce qu'ils avaient un jour été : les défenseurs du travail suisse. Ils ont fait leur choix. A nous, citoyennes et citoyens de ce pays, hommes et femmes libres et vaccinés, fatigués de toutes ces structures faîtières, syndicales autant que patronales, de faire le nôtre. Tiens, par exemple le 17 mai prochain.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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