Liberté - Page 8

  • Pitoyable Nancy Pelosi !

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    Sur le vif - Mercredi 05.02.20 - 13.07h

     

    Pitoyable Nancy Pelosi, qui, de son perchoir, dans le dos de Donald Trump, déchire publiquement le discours du Président ! Geste totalement indigne de sa haute fonction de Présidente de la Chambre ! Indigne de son intelligence, à elle, indigne de sa classe !

    Geste qui affaiblit la dignité parlementaire, au lieu de l'affirmer.

    Pitoyables Démocrates, qui auront tout entrepris, sans répit, avec une hargne vengeresse sans comparaison, depuis le jour de son élection, pour avoir la peau de Trump. Et qui ne font, à mesure qu'ils s'agitent et gesticulent, que creuser leur propre tombe politique.

    Le spectacle donné, depuis 2016, par cette grande famille politique américaine, qui fut celle de Roosevelt, est l'un des plus lamentables de l'après-guerre. Il faut bien que, d'ici, quelqu'un le dise, puisque 99% des médias de Suisse romande sont, depuis des décennies, alignés couverts derrière les Démocrates.

    En 1974, j'avais seize ans, je suivais passionnément le Watergate, c'était déjà le même alignement, docile et moutonnier, derrière les deux grands journaux de la Côte-Est qui, pour des raisons très précises, voulaient à tout prix la peau de Nixon.

    A moins d'une énorme bêtise (qui n'est pas à exclure) sur le théâtre du Proche-Orient, Trump sera réélu, début novembre.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • L'homme qui tient bon

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 05.02.20

     

    Candidat du PLR à l’exécutif de la Ville de Genève, Simon Brandt revient de loin. Juste avant Noël, cet homme a vécu un cauchemar : arrestation par la police, avec un déploiement qui rappelle plutôt l’interpellation des adeptes du grand banditisme. Fouille complète. Interrogatoire serré. Cela, pour une affaire de violation du secret de fonction.

     

    Dans cette affaire, un volet judiciaire, sur lequel nous ne nous prononcerons pas. Mais aussi, évidemment, une résonance politique : Simon Brandt fut longtemps le lieutenant de Pierre Maudet, il prétend ne plus l’être, dont acte. Mais aussi, il est candidat à la Mairie de la deuxième Ville de Suisse, il suscite des jalousies, jusque dans son propre camp.

     

    Juste avant Noël, l’homme était proprement lessivé. Soufflé par ce qui lui était arrivé. On le serait à moins ! Et puis, courant janvier, lentement mais sûrement, nous eûmes à deux reprises le sentiment très net qu’il remontait la pente. Là où d’autres auraient flanché, il a tenu. Il est venu dans les débats, il s’est battu avec brio, il avait retrouvé son mordant.

     

    Un homme qui tient, un homme qui se bat, un homme qui ne capitule pas, mérite non seulement notre respect humain, mais aussi notre admiration politique. Plongé dans une affaire qui rappelle les premières pages du Procès de Kafka, l’homme a traversé la tourmente. Il a tenu. Et il est toujours là. Pour un candidat au stress d’un exécutif, c’est plutôt pas mal, non ?

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Pas la Lune. Juste un Etat !

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    Sur le vif -Lundi 03.02.20 - 09.41h

     

    Les adversaires d'un Etat palestinien s'imaginent nous convaincre en nous rabâchant une vieille antienne : "La Palestine n'existe pas". D'autres vont même jusqu'à dire : "Les Palestiniens n'existent pas". Cette attitude, visant à annihiler l'adversaire, le réduire au néant dans son Histoire et son identité, est simplement odieuse.

    Il est vrai qu'il n'y a jamais eu d'Etat de Palestine. Et c'est bien pour cela qu'il en faut un ! Il est vrai que la solidarité arabe fait défaut, et cela depuis 1948. Et c'est bien pour cela qu'il faut un Etat palestinien ! Pour que l’Égypte, le Liban, la Syrie, la Jordanie aient comme interlocuteur et comme voisin, au Levant, non un amoncellement disparate de "populations", les unes en Cisjordanie, les autres à Jérusalem-Est, d'autres encore sous blocus à Gaza, mais des hommes et des femmes libres, citoyens et citoyennes de ce cadre de dignité, cet échelon de reconnaissance, qui s'appelle un Etat.

    Un Etat, pas une "Autorité" paillasson, statut indigne, intermédiaire, inachevé, prétexte à la continuation de l'occupation et des annexions. Politique coloniale à laquelle Trump vient de donner un épouvantable blanc-seing.

    Il est tout de même inimaginable que ceux qui, en 1948, se sont tant battus pour la dignité d'un Etat, refusent à d'autres, leurs voisins, leurs frères humains entremêlés sur la même terre, le seul statut qui vaille : celui d'une communauté humaine organisée, avec ses lois, son Parlement, son gouvernement, son drapeau.

    Sans doute l'idée palestinienne était-elle fort vague en 1948. Mais 72 ans d'humiliation auront plus fait pour la forger que tous les discours. Lisez, je vous prie, chez Lacouture, l'Histoire de l'idée d'indépendance algérienne depuis 1830, oui depuis cet homme immense qu'était l'émir Abdelkader (1808-1883), jusqu'à 1962. Plus la France colonise, plus la Résistance monte, plus mûrit, chez des hommes comme Messali Hadj et Fehrat Abbas, l'idée d'un Etat algérien.

    Les Palestiniens ne demandent pas la Lune. Juste un Etat. C'est si compliqué à comprendre ?

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Palestine : un Etat, et rien d'autre !

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    Sur le vif - Dimanche 02.02.20 - 14.49h

     

    Je ne cesse de suivre, depuis un demi-siècle, la politique au Proche-Orient, région du monde où je me suis souvent rendu depuis 1966, soit en privé soit pour des reportages. Je me considère comme un ami de tous les peuples de la région, je dis bien tous. Je dis que tous y ont leur place.

    La question centrale, entre Israéliens et Palestiniens, celle qui doit primer sur toute chose, est celle de l'Etat. Il existe un Etat d'Israël, depuis 1948. Il n'existe pas d'Etat de Palestine. C'est aussi simple que cela.

    Bien avant la question humanitaire (Gaza, notamment), bien avant la question linguistique, religieuse ou confessionnelle, l'enjeu central est celui de l'Etat. Israël en a un, il n'est pas question de revenir sur cette réalité historique. Les Palestiniens n'en ont pas, il n'est pas question de se voiler la face sur l'immensité de ce déséquilibre, de cette injustice.

    J'avais neuf ans en juin 1967, lors de la Guerre des Six Jours, c'était déjà un an après mon premier voyage. Sur le moment, je n'y ai vu que du feu. Israël bénéficiait d'un fort capital de sympathie, on vantait le génie stratégique de Moshe Dayan, on applaudissait la progression des chars israéliens, dans le désert. Une guerre-éclair, un cessez-le-feu après moins d'une semaine, on n'en revenait pas.

    Ce n'est qu'après (à partir de 1969, me semble-t-il) que j'ai commencé à comprendre la politique des annexions sur ce qu'on appelle, aujourd'hui, les "territoires". Pour la saisir en détail, j'ai dû beaucoup lire, me renseigner, aller plusieurs fois sur le terrain, voir ce qu'est un check-point, découvrir la vie à Jérusalem-Est ou Ramallah. Et j'affirme ici que la question première n'est ni humanitaire, ni religieuse : elle est POLITIQUE. Tant que les Palestiniens ne disposeront pas d'un Etat, de même qu'Israël en a un, aucune solution viable ne sera possible.

    Il y a eu, en un demi-siècle, quelques percées de lumière. On peut penser à Camp-David (1978), ou aux Accords d'Oslo (1993). Mais la question palestinienne, depuis 72 ans, contient en elle la désespérance de Sisyphe : on croit avancer, et tout s'effondre. Cette impossibilité ne tombe pas du ciel : elle est dûment voulue, et entretenue, par ceux qui ne veulent pas d'Etat palestinien : les États-Unis et, à l'intérieur d'Israël, le clan des faucons. Voyez, je ne mets pas en cause ici le peuple d'Israël dans son intégralité, une grande partie de ceux qui le composent veulent la paix.

    Or, Trump, que vient-il de faire, avec son chiffon de papier ? Il vient démolir, pour une ou deux générations, tout espoir, pour les Palestiniens, de parvenir à la dignité d'un Etat. Il vient d'entériner la politique israélienne d'annexions. Il vient de donner raison à 120% au colon, et de jeter le colonisé dans les oubliettes de l'Histoire.

    Dans ces conditions, Mahmoud Abbas, successeur de Yasser Arafat à la tête de l'Autorité palestinienne, que pouvait-il faire d'autre que couper tous les ponts avec le colon et son puissant allié d'Outre-Atlantique ? Car à ce Jean-sans-Terre, il ne reste pas plus de pouvoir réel qu'à Charles de Gaulle, après l'échec de sa catastrophique tentative de débarquement à Dakar, en septembre 1940. Il ne lui reste rien.

    Rien, si ce n'est la dignité de sa posture. Rien, si ce n'est son regard sur l'horizon. Rien, si ce n'est la politique. C'est justement lorsque tout semble perdu qu'il faut garder la tête haute. Citoyen suisse, j'aimerais que mon pays ait un mot pour la Palestine. En attendant cette improbable officialité, et puisqu'il faut un mot, voici le mien.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • La liberté leur fait peur ?

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    Publié sur mon site FB - Samedi 01.02.20 - 09.57h

     

    L'essentiel n'est pas la survie des mammouths médiatiques. Ni des structures corporatistes. L'essentiel, c'est la capacité, pour chaque citoyenne, chaque citoyen, de rendre publique sa part de vérité. Sa lecture. Son interprétation. Et surtout, sa sensibilité.

    Il n'y a aucune raison qu'une quelconque caste - celle des journalistes, par exemple - s'accapare le monopole de cette capacité d'expression.

    En cela, le réseau social, comme celui sur lequel nous sommes ici (toi aussi, puisque tu me lis), est en soi une invention absolument géniale. Chacun d'entre nous est libre. Soit d'y raconter des fadaises. Soit d'y produire des textes d'intérêt public.

    Chacun de nous, face à sa liberté, sa responsabilité individuelles.

    Chacun d'entre nous, face à sa solitude.

    Chacun de nous choisit le thème. Produit son texte. Le corrige, l'améliore. L'édite. En assume la responsabilité.

    Cette incroyable liberté - doublée d'une implacable responsabilité - irrite au plus haut point les médias organisés.

    La liberté leur fait-elle peur ?

    Ils passent leur temps à démolir les réseaux sociaux. Ne prenant pour exemple que ce qu'il y a de pire (vie privée, bavardage, fausses nouvelles, etc.). Ignorant volontairement le meilleur : richesse et pluralité des témoignages humains, construction collective d'un savoir, émergence, chez de parfaits inconnus, de plumes et de sensibilités insoupçonnées, autodidactes de génie.

    Et surtout, ce sentiment de liberté, d'air frais, en un mot d'humanité, qui fait tant défaut à l'écrasante majorité des rédactions organisées. Écrasées de pesanteur, de hiérarchies. Incroyables d'arrogance, quand elles nous définissent elles-mêmes leurs "missions", totalement autoproclamées, dont nul ne leur a jamais donné mandat.

    Oui, ils ont peur. Peur de la mort. Peur de ce qui émerge. Peur de la naissance. Peur que puisse exister, après eux, une autre forme de vie.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Brexit : comprendre, plutôt que gémir !

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    Sur le vif - Vendredi 31.01.20 - 13.52h

     

    C'est méconnaître l'Histoire européenne que de pleurnicher sur le Brexit. Ou, pire encore : nous définir comme une affaire morale la question de l'appartenance, ou non, du Royaume-Uni à l'Union européenne.

    Il n'y a rien de moral. L'Angleterre (pour faire court), c'est près de deux mille ans d'Histoire depuis la conquête romaine. Ou encore, un millénaire depuis Hastings (1066). C'est une très grande nation, un très grand peuple, une très grande Histoire. Jamais plus grands que lorsqu'ils furent, lors de la Bataille de Londres (septembre 1940), menacés d'invasion.

    Mais l'Angleterre, ça n'est pas exactement l'Europe. Ca l'est, et ça ne l'est pas. Plutôt que geindre sur le Brexit, regardons l'Histoire. La grande aventure européenne de l'après-guerre, d'où surgit-elle ? Réponse : des décombres ! L'Allemagne, pays fondateur, est détruite en 1945. L'Italie, pays fondateur, est vaincue, humiliée, partiellement détruite en 1945. La France, pays fondateur, a quasiment cessé d'exister en mai-juin 40, elle a perdu la guerre, c'est la plus grande défaite de toute son Histoire, elle s'accroche certes aux trois grands vainqueurs en 1945, mais personne n'est dupe.

    En 1945, l'Allemagne est détruite. De grandes villes industrielles italiennes le sont. La Normandie, une partie du Nord de la France, est détruite, non par les Allemands, mais pas ses propres libérateurs. Au milieu de ce chaos, après la faim (pire que pendant la guerre), les privations, la froidure des hivers dans les années 45-49, de grands esprits prennent l'initiative de mettre en commun le charbon et l'acier. En clair, se servir à vil prix du charbon allemand : Vae Victis ! L'embryon, bien avant le Traité de Rome (1957), de la Communauté européenne, est bel et bien une affaire CONTINENTALE, dans laquelle le Royaume-Uni ne tient aucune place.

    Il n'en tiendra pas plus en 1957, ni pendant les années soixante. Il verra monter, non sans quelque inquiétude, l'amitié franco-allemande, suite au remarquable chemin de Réconciliation de deux grands hommes, Charles de Gaulle et Konrad Adenauer. Alors, au final, sur deux millénaires d'une très grande Histoire, l'Angleterre n'aura eu un pied institutionnel dans l'Europe continentale que pendant 48 ans : de 1972 jusqu'au 2020. Que représente un demi-siècle, sur deux millénaires ?

    La vraie lecture de toute l'affaire britannique n'a rien de moral. Comme je l'ai montré ici précédemment, il convient de décrypter le jeu à trois, en tout cas depuis la Guerre de Sept Ans (1756-1763), que se livrent les trois grandes puissances européennes : la France, l'Allemagne, l'Angleterre. Toujours deux, contre le troisième ! Le grand enjeu, et à vrai dire le seul grand succès de l'aventure européenne de l'après-guerre, c'est la Réconciliation franco-allemande. Malgré les hauts et les bas, elle est scellée pour un bout de temps. L'Angleterre, de son balcon maritime, n'y peut rien changer. Une partie de son âme est tournée vers le continent européen, l'autre vers le Grand Large.

    Plutôt que de gémir, prenons acte. L'Angleterre, grande nation, survivra largement à l'épisode européen. Et son départ - qui en préfigure d'autres - peut être lu comme un heureux signal : celui du recentrage de la construction européenne sur la clef de voûte des pays fondateurs. C'est plus modeste que d'aller jusqu'à la Lituanie. Mais c'est historiquement plus juste, politiquement plus réaliste. Et puis, tout de même : la Réconciliation franco-allemande, ça n'est pas rien !

     

    Pascal Décaillet

     

     
     
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  • Les bannières de la liberté

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    Sur le vif - Jeudi 30.01.20 - 13.27h

     

    Eh oui, c'est comme ça : je soutiens Trump quant à sa politique économique intérieure, son protectionnisme, son refus du multilatéral, sa volonté de contrôler les flux migratoires. Et en même temps, j'affirme - depuis toujours - que sa politique au Proche-Orient est une absolue catastrophe.

    Otage électoral d'un clan dans son pays, le Président ne comprend rien, ne veut rien comprendre, à la complexité du monde arabo-persique. Soutien aveugle non seulement à Israël, mais à ceux qui, à l'intérieur du jeu politique (complexe, également) israélien, veulent la colonisation la plus extrême des territoires palestiniens.

    Alors, les gens me disent : "Mais quoi, au final, tu es pour ou contre Trump ?". Je leur réponds qu'à bien des égards, je suis pour, ma position n'ayant pas changé depuis la campagne électorale de 2016. Mais qu'à d'autres égards, principalement sa méconnaissance crasse du monde arabe et son soutien aux faucons israéliens, je suis résolument contre.

    Voyez-vous, je suis un homme libre. Je me suis battu pour cela, croyez-moi, comme peu d'autres, dans l'univers éditorial de Suisse romande. Il m'a fallu des années, des décennies de combat, à l'intérieur même de ma profession, puis en accédant il y a quatorze ans à mon statut d'entrepreneur indépendant, pour bénéficier de cette liberté. Je n'appartiens à aucun parti, aucun clan, aucune faction. Je ne suis l'homme de personne. Je suis un homme seul.

    Alors oui, il y a le Trump que j'apprécie, et celui que je combats. Il y a Macron, dont je dénonce depuis 2017 les liens avec la grande finance internationale, les options libérales, européennes, etc. Mais dont je reconnais la classe lorsque, par exemple, il s'exprime devant Notre-Dame en feu. Soudain, le temps d'une émotion mystique, chez cet orléaniste, des accents de Péguy, celui des Cahiers de la Quinzaine.

    Il y a notre totale liberté à tous (sauf à faire allégeance, nul n'y est tenu) à produire un discours de soutien, d'opposition, ou, un peu plus subtil quand même, une analyse différenciée en fonction des sujets.

    J'encourage chacun d'entre nous à nous livrer sa pensée. Et à lutter, avec la dernière énergie, contre les étiquettes et les catégories : "Celui-là est de gauche, de droite, pro-Trump, anti-Macron", etc. Nous n'avons, nous, les citoyennes et citoyens libres de ce pays, aucune bannière particulière à défendre, si ce n'est celles de notre indépendance, de notre refus des classifications, et de notre liberté. Ne sont-elles pas les plus belles ?

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Les voix arabes, où sont-elles ?

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    Sur le vif - Mercredi 29.01.20 - 15.45h

     

    J'ai connu, dans ma jeunesse, un temps - plutôt court - où existait une forme de conscience arabe dans le monde. Lorsqu'une partie du monde arabe était attaquée, ou humiliée, on entendait d'autres voix arabes prendre sa défense.

    Un homme, unique au vingtième siècle, avait réussi cela : c'était Nasser. Son discours sur Suez, en 1956, son charisme, son intelligence, son emprise sur les foules, ses dons oratoires, son attitude d'Etat face à tous les extrémismes de son propre pays, avaient fait de lui un homme d'exception.

    Alors oui, il y eut un temps, entre la fin des années 60 et le début des années 70 (peut-être entre juin 1967 et octobre 1973, donc entre deux Guerres, celle des Six-Jours et celle du Kippour), où put fuser, dans le monde, l'idée d'une Nation arabe. Sans que les contours de cette dernière, au demeurant, ne fussent jamais définis avec exactitude : on savait toute la pluralité antagoniste - et pas seulement dans l'ordre religieux - qui se cachait sous l'identité arabe.

    Aujourd'hui, 29 janvier 2020, nous sommes face à un "plan de paix" américain qui relève de la farce et de la provocation. Jamais, depuis 1948, en tout cas depuis 1967, l'identité palestinienne n'a été aussi cyniquement niée, au profit du colon. Et en ce jour de deuil, de tristesse, de désespoir pour une partie essentielle des Arabes du Levant, où sont-elles, les autres voix arabes, pour dire leur solidarité ?

    Ami de cette région du monde, où je me suis souvent rendu, ami de tous les peuples qui s'y trouvent, je cherche vainement, aujourd'hui, l'esquisse d'une conscience arabe, au-delà des frontières, au-delà des intérêts financiers, au-delà de ces richesses qui fossilisent l'esprit et pétrifient les âmes. C'est là, le vrai drame arabe d'aujourd'hui.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Robert-la-Morale

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    Sur le vif - Mercredi 29.01.20 - 13.53h

     

    Les petits numéros d'indignation de Robert Badinter sont de plus en plus insupportables.

    Oh, je ne parle pas du fond. Il est, en effet, totalement inacceptable de brandir la tête d'Emmanuel Macron - comme, d'ailleurs, celle de qui que ce soit - sur une pique. L'ancien ministre de la Justice a raison de le dénoncer.

    Mais le problème n'est pas là. Vous avez vu ce ton ? N'oublions jamais que nous avons affaire à un avocat pénaliste, qui fut en son temps l'un des meilleurs de France. Il maîtrise l'art de convaincre, il connaît à fond les registres du théâtre, il excelle dans l'usage de la feinte. Un homme qui a réussi, avant 1981, à sauver des têtes, est un maître dans l'ordre du drame. Il sait quel visage prendre, quel sentiment jouer. Il module sa voix. Il intériorise la colère. Tout cela est de l'ordre d'une composition. Et ça marche : l'immense majorité des gens vous diront que Robert Badinter, conscience vivante de l'Esprit des lois, est un type formidable.

    Je ne partage pas ce point de vue. Oh, j'ai admiré cet homme naguère : adversaire acharné, toute ma vie, de la peine de mort, j'ai applaudi lorsque, la première année du règne de François Mitterrand, le Garde des Sceaux Badinter a fait voter la loi d'abolition. Rien que pour cela, l'homme a sa place dans l'Histoire.

    Mais je n'aime pas le Badinter d'aujourd'hui. Oh, je sais, c'est délicat à dire lorsqu'il s'agit d'un brillant nonagénaire, dont le courage, la lucidité, les qualités intellectuelles sont indiscutables. Mais, désolé, j'aime de moins en moins le systématique numéro d'indignation qu'il nous livre sur les écrans. Cet homme de qualité est devenu Robert-la-Morale. Cet avocat a changé de robe, pour endosser celle du Procureur. On l'entend de moins en moins analyser, de plus en plus s'étrangler d'indignation.

    Ce grand acteur calcule à merveille son effet. Il a saisi, mieux que d'autres, la grammaire du petit écran. Il prémédite, avant d'entrer en scène, comme jadis avant le prétoire, ce que seront son visage, ses yeux, les tonalités de sa voix. Bref, il plaide. Et, comme il connaît le temps court de l'antenne, il nous évite l'exposition, pour nous livrer uniquement le moment passionnel. Ce petit numéro peut avoir une fois, deux fois, son charme. A la dixième fois, la ficelle devient visible. A la quinzième, elle est insupportable.

    Puisse ce grand esprit venir à nous avec l'étendue de sa culture, et la puissance intrinsèque de ses arguments. Souvent, nous serons avec lui. Puisse-t-il en faire un peu moins - en tout cas, moins systématiquement - dans le petit numéro préparé où le plaideur fronce le sourcil, rentre le regard, va chercher dans sa voix la gravité du Commandeur. Et nous laisse, comme Dom Juan, face aux feux de l'Enfer.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Genève, contrôle ta croissance !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 29.01.20

     

    « Déclassements », « modifications de zones » : il n’y a bientôt plus un seul dimanche de votations, à Genève, dont le menu ne contienne un de ces mots barbares. Commençons par les traduire : il s’agit de projets de constructions, principalement pour des logements. Le Grand Conseil en a voté le principe. Il y a eu référendum. Donc, nous votons. En soi, c’est très bien : plus le suffrage universel s’exprime, mieux notre communauté humaine se porte. Il vaut mieux, à Genève, décider à plusieurs dizaines de milliers de citoyennes et citoyens, qu’à seulement cent (le Parlement). Reste, bien sûr, à voter en connaissance de cause. Producteur responsable, depuis quatorze ans, de l’émission Genève à chaud, sur Léman Bleu, je multiplie les débats sur ces sujets de proximité, mais je sais à quel point ils sont souvent techniques, le langage des juristes et des urbanistes n’étant pas toujours le plus accessible.

     

    La question essentielle, à Genève, n’est pas de savoir s’il faut construire tel ou tel immeuble, dans tel ou tel quartier. Mais, beaucoup plus fondamentalement, quel rapport notre communauté citoyenne entend entretenir avec la croissance. Le conseiller d’Etat Antonio Hodgers en a pris conscience, il demande une réflexion en profondeur sur le sujet, avant de continuer de foncer dans le mur, eh bien sur ce point il a raison. Car Genève n’est pas extensible à souhait. Né en 1958, je suis un enfant de la croissance. J’ai d’abord vécu en Ville, au bord du lac, plus seize ans à Lancy, où nous fûmes heureux, mais où nous vîmes éclore les immeubles, comme des champignons. Il y avait le baby-boom, il y avait une forte immigration (par nous-même demandée), il fallait bien construire. Parfois, avec intelligence et qualité. Parfois, hélas, avec moins de bonheur. Mais enfin, c’était l’époque, la croissance était dans l’air, et l’Expo Nationale de 1964 (que j’ai eu deux fois l’honneur de visiter en famille) incarnait cette Suisse de la production, de la multiplication.

     

    Le problème, c’est qu’à part en mathématiques, on ne peut croître à l’infini. Genève a des barrières naturelles, qui s’appellent le Salève, le Jura, les Voirons. Elle a une zone agricole, mais aussi une zone forestière, que nous devons absolument conserver, elles sont notre respiration, notre poumon. Dès lors, un jour ou l’autre, la question d’un frein à la croissance, notamment dans les constructions, se posera. Mieux vaut, assurément, l’anticiper, avec une vision prospective qui aille plus loin que l’actuel Plan directeur cantonal. Dans nos réflexions, nous devrons être sans tabou, y compris quant aux flux migratoires, et à leur potentielle régulation. Pour cela, il faut en effet souffler un peu, tout mettre sur la table, écouter les Communes, dégager un consensus. Bref, faire de l’urbanisme avec une autre vision que trois ou quatre référendums annuels sur des projets ponctuels de constructions. Il faut une vision d’ensemble. Cela mérite de s’arrêter. De discuter. Et de prendre le temps. La qualité de notre avenir en dépend.

     

    Pascal Décaillet

     

     

     

     

     

     

     

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  • Ecrire, c'est signer

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    Sur le vif - Mardi 28.01.20 - 15.39h

     

    Écriture en "résidence", textes à plusieurs mains, signatures collectives, je ne crois à rien de tout cela.

    On parle là de l'écriture comme d'un laboratoire, avec des formules qui pourraient s'apprendre. Stages de cuisine provençale, dans un Mas, face à la mer ! Le lieu, qu'on appelle "résidence", aurait son importance. La compagnie, aussi. Je n'en crois rien.

    Je ne connais rien de plus individuel que l'acte d'écrire. La seule "résidence" qui vaille, c'est la totalité d'une solitude face au verbe. Donc, n'importe où fera l'affaire. De Sade à Céline, que de chefs d’œuvre écrits au fond d'une cellule !

    Quant à l'imposture des textes à plusieurs mains ! Qui, au final, tient la plume ? Qui endosse la responsabilité ? Qui insuffle son style, ou tout au moins sa patte ? Qui assume le lien de filiation entre l'auteur et la suite de mots qui déjà, comme une fugue, s'envole et lui échappe ?

    J'attends de l'école qu'elle réhabilite, dès l'aube de l'enfance, la notion d'auteur. Tu écris bien, tu écris mal, tu aimes écrire, tu détestes (c'est souvent très proche), tu comptes, tu racontes, tu définis, tu décris, tu argumentes : à chacun, ses affinités. Mais au final, tu signes. Avec ton nom et ton prénom. C'est ton texte. Tu l'assumes.

    Dans ce domaine-là, le collectif est une imposture. Seule la plus glacée des solitudes t'aidera - peut-être - à exister.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Mahmoud Abbas dit NON. Et il a raison.

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    Sur le vif - Lundi 27.01.20 - 15.56h

     

    Le Président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, refuse de discuter avec Donald Trump du "plan de paix américain" pour le Moyen-Orient.

    Comment lui donner tort ? Depuis qu'il est aux affaires (où nous reconnaissons ici sa réussite en économie intérieure), le Président américain multiplie, pour se garder un socle électoral en novembre 2020, les provocations contre la dignité palestinienne la plus élémentaire.

    Il soutient inconditionnellement la politique coloniale de Netanyahou. Il inscrit dans son "plan de paix" la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël. Comment voulez-vous que le patron de l'Autorité palestinienne puisse avaliser un tel document ?

    Le peuple palestinien vit certaines de ses heures les plus difficiles depuis 1948. Israël tente de légitimer les annexions, la Maison Blanche suit systématiquement. La Cisjordanie, Jérusalem-Est, Gaza n'ont ni indépendance, ni dignité. On joue la montre, on atermoie, on fragmente les causes, on continue d'installer des colons, on fait reculer la langue arabe en territoire israélien. On isole, à Gaza, plus d'un million de personnes qui vivent dans des conditions inimaginables. Et il faudrait que le chef investi de ce qui reste de pouvoir palestinien, ce Jean Sans Terre, même pas le pouvoir d'un de Gaulle à Londres, se commette à aller parlementer avec un Président américain qui, sans la moindre ambiguïté, a fait son choix devant l'Histoire !

    Mahmoud Abbas a raison de dire non. Ce mot "non", dans toute sa raideur, toute son intransigeance, c'est la seule manière, aujourd'hui, en ce temps d'immense difficulté pour son peuple, d'affirmer sa dignité. Et la grandeur de sa cause.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Suzette face à la Communauté du Bien

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    Sur le vif - Dimanche 26.01.20 - 14.21h

     

    L'excellente Suzette Sandoz, dont je ne partage pas les options libérales, mais dont j'admire le combat pour la liberté de pensée, commet dans le Temps un blog jugé déplaisant par les Clercs du Climat.

    Du coup, la Congrégation pour la doctrine de la foi publie un contre-texte, où elle rappelle le dogme. Ce qui est licite, ce qui ne l'est pas. Ce qu'on peut dire, ce qu'il faut taire. Courageuse, la Cléricature multiplie les signatures. A plusieurs, on se couvre, on se protège, sous une même pourpre, cardinalice.

    Mieux : le Temps use de précautions pour se justifier d'avoir donné la parole à l'hérétique. Il coiffe le propos d'un apparat critique, de type "Attention, ce film est déconseillé aux moins de 18 ans".

    L'affaire du climat est loin d'être la seule, dans le choc des idées en Suisse romande, où règne la censure. Il en est d'autres, de plus en plus nombreuses.

    Face à une telle pesanteur, la seule réponse, pour chacun d'entre nous individuellement responsable de ses prises de position, est de s'exprimer. En tentant de préciser au mieux les contours de sa pensée. En disant ce qu'il a à dire. Parfois, cela épousera la doxa ambiante. Parfois, non. Dans ce second cas, évidemment plus difficile à vivre face aux chasses aux sorcières, il ne faudra justement renoncer en aucun cas à dire ce qu'on a sur le coeur.

    La République appartient à tous. Le combat des idées, aussi. Il n'appartient pas à la Communauté du Bien, ni à celle des Experts, ni à celle des "Scientifiques", de déterminer ce qu'on a le droit de dire, et ce qu'il faudrait taire.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • A propos du verbe et du chant

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    Sur le vif - Vendredi 24.01.20 - 16.11h

     

    La question centrale, pour moi, est celle du verbe. C'est, à part la recherche de la vérité historique, ce qui m'occupe le plus, ce qui totalement me passionne.

    Le verbe. Je le prends au sens latin, verbum, la parole. Et pour moi, avant tout, la parole physique, celle que l'on tient à haute voix. Mais aussi au sens grec, logos, un mot plus complexe, riche de sens, le mot, la parole, l'argument, ou encore au début de l’Évangile de Jean, le Verbe au sens biblique, théologique. Encore faut-il circonscrire ce que cela recouvre !

    Je ne suis pas philosophe. Je m'intéresse au langage, à la musique, à l'Histoire. Ma passion pour le verbe est physique, elle est corporelle, elle passe par la voix, comme il sied à un homme de radio. Lorsque j'écris, je dis tout haut ce que je couche sur le texte, donc en vérité je n'écris jamais : je parle, je me dicte à moi-même les mots. Dès lors, le verbe reprend le sens qui en français lui est le plus courant : le principe actif de la phrase, celui qui donne le sens, définit l'action.

    Mon rapport à l'écriture est très complexe, j'y reviendrai peut-être un jour. J'aime écrire, c'est sûr, comme beaucoup d'entre nous ici. Mais en aucun cas - je dis bien aucun - l'écriture en soi ne constitue pour moi une finalité. C'est juste un outil, un "organon", j'ai eu la chance de l'apprendre très jeune, je m'en sers, je ne suis pas sûr du tout de l'aimer, il est même possible qu'au fond de moi, pour d'obscures et complexes raisons, je le déteste.

    Pourtant, pas une journée, pas une heure, sans lire. Peut-on vivre sans respirer ? Paradoxal, je sais.

    La question centrale est celle du verbe. J'y pensais hier soir en écoutant Renata Tebaldi, l'autre géante. Lorsque, transfigurée par le chant, la parole est à ce point physique, littéralement incorporée, lorsque toute notre carcasse périssable sert de caisse de résonance à une partition, alors il n'y a plus ni verbe, ni notes, ni sons, ni soupirs. Il y a juste l'un des plus saisissants accomplissements humains : s'oublier soi-même, se fondre dans la musique. Devenir soi-même l'instrument, l'outil, l'organon.

    J'aurais voulu être cantatrice.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Jutland

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    Sur le vif - Jeudi 23.01.20 - 15.44h

     

    URGENT - Conscient du problème de visibilité que représente, sur un pare-brise, l'accumulation des macarons nécessaires, le Conseil d'Etat rend obligatoire l'achat, au 31 janvier, d'un périscope par chaque détenteur d'automobile. Agréé par la Kriegsmarine, le modèle U-Boot 41 sera en vente dans tous les garages, dès 17h.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Sans-culottes

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    Commentaire publié dans GHI - 22.01.20

     

    On ne me soupçonnera pas d’une sympathie excessive pour Emmanuel Macron : je condamne depuis trois ans tout ce qu’il incarne. Son rapport avec le monde de la grande finance internationale, ce qu’il lui doit. Ses options libérales. Son allégeance à l’Allemagne. Sa foi dans une supranationalité européenne qui fait fi de la souveraineté millénaire de son propre pays. Je suis donc, en profondeur, avec des arguments que je suis prêt à développer pendant des heures, un adversaire de ce Président.

     

    Oui, mais voilà. Adversaire de sa politique, pas de l’homme, contre lequel je n’ai rien. Dans le champ public, on combat des idées, pas des personnes. Surtout, on respecte leur vie, leur espace privé, on ne se comporte pas comme des sans-culottes pourchassant l’aristo pour accrocher sa tête au sommet d’une pique. C’est, hélas, ce qu’ont cru bon de faire quelques improbables justiciers de réseaux sociaux, s’en allant traquer le chef de l’Etat français jusque dans un théâtre, où il assistait à la pièce, comme spectateur.

     

    Ce comportement de meute, c’est le déni même de la République. C’est le degré zéro de la révolte, celui qui personnalise, stigmatise, voue à la vindicte. Jamais cela, dans un Etat de droit, ne doit être toléré. Non seulement contre le Président, mais contre quiconque ! L’attaque physique, la vindicte, la mise sous pression par une foule constituent des comportements inacceptables. Le combat – légitime – contre les idées de M. Macron mérite mieux que ces attitudes de va-nu-pieds.

     

    Pascal Décaillet

     

     

     

     

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  • L'imposture des "collectifs"

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    Sur le vif - Mercredi 22.01.20 - 14.06h

     

    Je ne peux plus supporter ces mots, les "collectifs", les "coordinations", et autres nébuleuses, qui nous enfument à longueur de journées avec leur communiqués, leurs exigences, leurs menaces.

    A Genève, n'importe quelle grappe improbable peut se revendiquer d'un "collectif". Souvent, un gourou, avec une docile bande de moutons et de brebis. Entre soi, sans autre légitimité que s'être agglutiné, avoir créé un groupe sur un réseau social, on se chauffe, on s'aiguise au fer rouge, on se surexcite, dans l'attente du Grand Soir.

    Qui sont ces "collectifs" ? Quels sont leurs formes juridiques ? Qui porte la responsabilité légale, lors "d'actions", dans la rue, ou parfois en violation de domiciles ? Qui les finance ? Au nom de quelle légitimité viennent-ils se couvrir de ces deux mots totalement fumeux, "collectifs", "coordinations" ?

    Surtout, nous les citoyennes, les citoyens de ce canton, hommes et femmes libres, détenant pour chacun d'entre nous une part indivisible du suffrage universel, en quoi devrions-nous, d'une quelconque manière, nous laisser impressionner par ces entités grégaires, qui essaient juste la loi du nombre, la détestable loi du groupe intimidant, pour faire peur ?

    La République, ça n'est pas la loi du nombre. Ca n'est pas le communautarisme associatif. Ca n'est pas ce petit jeu de matamores qui cherchent à intimider les citoyens. Ils ont certes le droit de s'agglutiner, de s'exprimer, tant qu'ils veulent. Nous, nous avons celui de les ignorer, d'exiger d'eux la transparence sur leur forme associative, leurs mécanismes réels, et la connaissance exacte, précise, assumée, de ceux d'entre eux qui portent la responsabilté juridique.

    Tout le reste n'est qu'enfumage. La République, ça passe par la confiance. Et par la clarté.

    Et si chacun d'entre nous, avant d'aller s'embrigader dans un "collectif", assumait à titre individuel, en signant de son nom et de son prénom, en prenant soi-même le risque de sa parole, ses positions dans la Cité ? Rien de pire que de s'abriter derrière un groupe. Notre démocratie, vivante et ouverte, mérite mieux que ces nuages opaques, porteurs de lâcheté.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Le pouvoir, qui noircit et corrompt

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 22.01.20

     

    J’en ai accompagnés, dans mon métier, des gens qui montaient vers le pouvoir ! Souvent, le tout premier, en radio puis en télévision, je leur ai donné la parole. Ils étaient jeunes, ils étaient frais, ils avaient cette gourmandise de la vie, cette voracité à mordre le destin, croquer le fruit défendu, s’émanciper des normes, bousculer l’ordre établi. Celui qui aspire au pouvoir n’a de chances d’y parvenir que s’il incarne le mauvais garçon, doué, frondeur, séduisant, le grand frère qui transgresse, le Grand Meaulnes, sublime héros du roman d’Alain-Fournier, dont le narrateur, juste un peu plus jeune sur les bancs de l’école, est quasiment amoureux. Un homme, en 1994/95, a parfaitement compris ce principe : Jacques Chirac, pourtant la soixantaine entamée, deux fois Premier ministre, Maire de Paris depuis deux décennies, a réussi le tour de force, face à l’orléaniste installé Edouard Balladur, de se faire passer pour un grand escogriffe charmeur, incarnant l’avenir, la justice et l’espoir.

     

    Hélas, le pouvoir un jour finit par arriver. Et c’est le début de la fin. Parce que, de l’intérieur, il vous corrompt, vous corrode, il noircit votre âme, il vous isole, il vous rend sourd aux critiques, il vous amène son lot de courtisans, il anesthésie votre être sensible, il fait de vous une machine. A ce destin, nul n’échappe. Ni hommes, ni femmes, ni jeunes, ni vieux, ni conservateurs, ni progressistes : tous à la même enseigne ! Tous prisonniers de ce même carcan. Tous à gauger dans le jus de cette hypocrisie, où il faudrait demeurer populaires, alors on multiplie les bains de foule, on se fait photographier sur les réseaux sociaux, sympas, humains, copains d’antan, mais en réalité on est seul, de plus en plus dur, on multiplie les scénarios pour survivre dans sa fonction d’homme ou de femme de pouvoir. Nul n’y échappe.

     

    Alors, quoi ? Le père Décaillet, Prussien dans l’âme, républicain rectiligne, serait-il devenu un vieil anar ? Pas vraiment ! Mais face au jeu des ambitions humaines, face la chansonnette et la ritournelle des jeunes loups – et louves – il n’entretient pas la moindre illusion. Dans chacune de ces âmes tendres, il voit déjà poindre les futurs abus de la domination. Car celui qui aspire au pouvoir est déjà entré dans la spirale de la noirceur. Tout au plus demeure-t-il encore, le temps d’accéder aux marches convoitées, dans un rôle qui séduit l’opinion. Mais déjà, il la dévoie. Notre système de démocratie représentative, qui passe par l’élection, donc par une campagne de séduction intense, favorise cette diabolique transformation. Encore une fois, nul n’y échappe, surtout pas ceux – et celles – qui prétendent « faire de la politique autrement » : ils deviennent les pires ! La seule issue : développer un système, heureusement déjà présent chez nous en Suisse, où les thèmes l’emportent sur les personnes, les votations sur les élections, la démocratie directe sur les affiches de campagne personnalisées. Excellente semaine à tous !

     

    Pascal Décaillet

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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  • DIP : ça suffit !

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    Sur le vif - Mardi 21.01.20 - 09.54h

     

    Tant que le DIP n'aura pas pris les mesures STRUCTURELLES qui s'imposent, en rééquilibrant les forces entre l'intendance et le front, au profit de ce dernier, les élus légitimes du peuple auront raison d'exiger de lui une gestion plus saine.

    Car les élus représentent le peuple. Et, dans le peuple, les contribuables de la classe moyenne, soumis à une pression fiscale inimaginable pour entretenir un appareil d'Etat qui doit se montrer exemplaire dans son utilisation des deniers publics.

    Quant à la magistrate en charge du Département, elle est la mieux placée pour constater, autour d'elle, la floraison des secrétaires généraux adjoints, et autres commis d'état-major. C'est dans cette armada que des réformes s'imposent.

    Elle doit aussi écouter les critiques, en tenir compte, et penser constamment aux Genevoises et Genevois qui se saignent pour payer l'un des impôts les plus élevés de Suisse.

    Elle doit penser aux gens du privé, qui n'ont pas la chance de bénéficier de l'incroyable répartition des taux de cotisation LPP des fonctionnaires, 2/3 à la charge des employeurs !

    Elle doit enfin montrer un peu de respect pour les indépendants, ceux qui payent plein pot leur AVS, et bien sûr aussi leur prévoyance professionnelle, s'ils ont la chance de pouvoir en contracter une. Pour eux, la précarité, la vraie, peut surgir à tout moment.

    Le DIP doit mettre de l'ordre dans sa gestion. C'est parfaitement possible sans punir les élèves. Sans les priver de prestations, comme basse vengeance face à des décisions du Parlement, donc des élus légitimes du peuple de ce canton.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Sois libre, bordel !

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    Sur le vif - Lundi 20.01.20 - 16.16h

     

    Beaucoup trop de "collectifs", de comités, d'associations ! Avec leurs hiérarchies internes, leurs gourous, leurs suiveurs, leurs moutons, leurs pleureuses, leurs hystériques.

    D'où vient-il, ce besoin de s'agglutiner ?

    Il nous faut des hommes et des femmes individuellement responsables ! Ciselés dans leur solitude. Sales tronches. Têtes de lard. Mais assumant leurs valeurs, chacun pour soi, sans se croire obligé de se référer à une appartenance grégaire : "Je dois voir avec le collectif, vous comprenez, nous décidons ensemble".

    Et pendant qu'ils "décident ensemble", la responsabilité individuelle, celle des Humanistes, des Réformateurs, des âmes libres, elle est passée où ? Au vestiaire ? Dégoulinante, comme un parapluie, tout humide encore de la rosée du matin ?

    Laissons chaque humain parler librement, individuellement, pour soi. Moins de "collectifs", davantage d'âmes errantes ! Que ta parole soit tienne, et aussi la noirceur d'ébène de ta colère. Et aussi, ta joie, ta fureur, ta lecture, ton éclairage, tes personnages, tes décors.

    Et avant tout, ton verbe. Le tien, ton style à toi. Et pas celui de ton voisin. Et pas celui, par pitié, de ton gourou.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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