Sur le vif

  • Merci, Darius !

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    Sur le vif - Samedi 19.06.21 - 18.07h
     
     
    Depuis plusieurs années, j'invite régulièrement l'excellent Darius Azarpey à venir nous apporter ses lumières sur l'Iran. Il connaît le pays, il en est issu, ses contacts sont multiples, il s'y rend régulièrement. Il s'exprime avec clarté. Il dégage les lignes de fond, plutôt que de se perdre dans les détails. Il pourrait être journaliste : le sens de la synthèse.
     
    Je m'intéresse à la politique iranienne, comme à la politique allemande, américaine, russe, israélienne, égyptienne, tunisienne, algérienne, turque, et j'en oublie. Aucune nation de ce monde, à mes yeux, n'est de moindre intérêt par rapport à une autre. Que le pays soit riche ou pauvre, que le régime du moment soit démocratique ou autocrate (il l'est souvent, dans le monde arabo-persique !), rien de cela ne constitue à mes yeux un obstacle à m'intéresser à lui. En profondeur. Dans une perspective longue, historique, avec des causes et des effets, et non des leçons de morale. Cela rejoint ma passion pour les langues, les textes, la musique, la poésie.
     
    Revenons à Darius. Il se trouve que ce garçon aimable et doué, depuis des mois, vient, sur mon invitation, nous parler de M. Ebrahim Raïssi, le chef du pouvoir judiciaire iranien, ultra-conservateur. Il nous en a parlé maintes fois, nous a appris son existence, à nous, l'auditoire de Genève. Il nous annoncé son ascension. Et ça tombe plutôt bien : Ebrahim Raïssi, 60 ans, sera le nouveau Président iranien. Je ne dis pas que c'est un gentil. Je ne dis pas que c'est un méchant. Je regarde les faits, les trajectoires, les causes et les effets. Et je remercie Darius Azarpey de nous avoir, de façon factuelle et renseignée, aidé à mieux comprendre, ces derniers mois, la politique intérieure et les enjeux géostratégiques de son pays d'origine.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Et si l'Etat nous faisait couler des bains chauds ?

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    Sur le vif - Samedi 19.06.21 - 10.24h
     
     
     
    Un "bon pour les médias", offert par l'Etat à chaque citoyen ! Avec l'argent de nos impôts. L'Etat nous prend notre pognon, mais il n'est pas une brute, alors il nous le redistribue, sous la forme d'un "bon/médias". Et, comme l'Etat est ouvert et magnanime, il vous laisse libre d'investir cet argent redistribué dans le média de votre choix.
     
    Il est bien brave, l'Etat, il ne nous abonne pas d'office à une Pravda. Il nous prend notre argent, nous le rend, et nous dit "Investissez-le dans un média, braves gens". Tout au plus, pour nous faciliter la tâche, aura-t-il pris soin de nous dresser la liste des "médias de qualité", dûment agréés, dans lesquels nous serons autorisés à placer notre pécule.
     
    Non, mais je rêve ! Pourquoi pas un bon/livres ? Un bon/cinéma ? Un bon/concerts ? Tant qu'il y est, l'Etat pourrait nous faire couler des bains chauds, bien parfumés, toutes les huit heures ? Entre le bon/coiffeur, le bon/manucure, le bon/massage, le bon/SPA, le bon/Camargue et le bon/bonbons.
     
    Il nous faudrait surtout, à nous les citoyennes et citoyens de ce pays, un bon pour le bon sens. Remettre l'Etat à sa place. Le centrer sur ses tâches régaliennes : la sécurité des personnes et des biens, celle du pays, la santé, la formation de base. Et laisser les médias très loin de tout de ce petit monde étatique.
     
    Moins l'Etat s'occupe de la presse, mieux nous nous porterons. Chacun dans son rôle. L'un, pour s'occuper du pays, au mieux de sa conscience. L'autre, pour informer, critiquer, commenter, débattre, en toute indépendance, vitrioler si ça le chante, à des millions d'années-lumière des pressions et des petites incursions du politique.
     
    C'est aussi simple que cela. La Fontaine avait tout dit. Dans un texte de lumière, où il est question d'un chien et d'un loup.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Tous les 17 juin, je pense à la DDR

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    Sur le vif - Jeudi 17,06.21 - 22.46h
     
     
    Tous les 17 juin, je pense à la DDR. Et aux événements de Berlin, en 1953. Et surtout, au traitement littéraire absolument époustouflant que leur a donné, beaucoup plus tard (1966), Günter Grass, futur Prix Nobel de littérature (1999), l'un des grands auteurs de mes jeunes années.
     
    Le livre de Grass est une pièce de théâtre. Elle s'appelle "Les Plébéiens répètent l'insurrection". "Die Plebejer proben den Aufstand". L'action se déroule au Berliner Ensemble, dont le fondateur, Bertolt Brecht (personnage de la pièce de Grass), met en scène le "Coriolan", de Shakespeare.
     
    Nous sommes le 17 juin 1953. Berlin se révolte. Les comédiens, les gens de théâtre, mettent en cause l'autorité du metteur en scène. Coriolan, c'est Shakespeare. Mais dans la mémoire intime de tout Allemand, Coriolan c'est Beethoven. On ne remet pas en cause Shakespeare. On ne remet pas en cause Brecht. On ne remet pas en cause Beethoven. L'Allemagne est encore en ruines, elle commence à peine à se relever. Il lui reste la culture. On ne remet pas en cause la culture, ultime relique de l'âme allemande. Sauf là, dans la pièce de Günter Grass.
     
    "Les Plébéiens répètent l'insurrection", que je connais depuis une quarantaine d'années, n'est pas une pièce contre le communisme. Ni contre la Stasi. Ni contre l'essence même de la DDR, sa légitimité, tout aussi fondée que celle de l'Allemagne de l'Ouest.
     
    Non. C'est une pièce sur le pouvoir. Tous les pouvoirs, d'où qu'ils viennent. Celui, vulgaire, de l'oppression sociale et politique. Celui, infiniment plus subtil, du talent. Et même, celui du génie.
     
    Il faut lire cette pièce de Günter Grass. Profs d'allemand, lisez-là, à haute voix, avec vos élèves. Parlez-leur de Grass. Parlez-leur de Brecht. Parlez-leur de Shakespeare. Parlez-leur de Beethoven. Et foutez-leur la paix avec l'écriture inclusive.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Genève, la paix du monde, les crayons d'Adrien Deume

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    Sur le vif - Jeudi 17.06.21 - 09.40h
     
     
    L'échelon multilatéral du monde n'existe pas. Il est juste une fiction, particulièrement accentuée à Genève : parce que nous hébergeons des organisations, ce qui est fort bien, nous avons tendance, depuis 1919, à nous imaginer comme le centre d'un monde cohérent : celui où la discussion prévaudrait sur les rapports de forces.
     
    Et ce monde, depuis 1919, juste après la boucherie de la Grande Guerre, serait nécessairement nouveau, délivré du Mal, affranchi des passions nationales, promesse d'une planète sans guerre, où la Raison cosmique (la Vernunft de l'Aufklärung) l'emporterait enfin sur l'archaïque noirceur de la nature humaine, du pouvoir, des liens d'intérêts.
     
    Mais enfin, comment peut-on, un siècle après, oser encore l'éloge du multilatéralisme façon 1919 ! La SDN a été, face à l'Histoire, un échec absolu. Déjà, on se pressait au Palais Wilson, dans une ambiance jamais aussi bien décrite que par Albert Cohen, avec Adrien Deume qui taille ses crayons. Déjà, on se congratulait dans les cocktails. Déjà, on était un monde en soi, déraciné, coupé du réel. On n'a vu venir ni la Marche sur Rome d'octobre 1922, ni le 30 janvier 1933 à Berlin, ni la Guerre d'Espagne, ni la montée de l'impérialisme nippon. Non, déjà on disait "Genève internationâââle", comme si la convergence géographique d'organisations, en un bout du lac habité par la grâce, constituait la moindre garantie de paix future.
     
    On n'a vu venir ni les colères allemandes, suite au catastrophique Traité de Versailles, porteur des germes d'une inévitable revanche, ni le besoin de cohérence dans une Italie en total désordre après l'Armistice. On s'est juste réjoui, à Genève, d'être entre soi, dans un monde internationââââl. Les nations, pourtant, sous ce vernis, préparaient déjà la guerre future : non seulement l'Allemagne se réarmait, mais l'Angleterre, et même la France, qui contrairement aux idées reçues, n'a cessé ce produire du matériel pour une nouvelle guerre. Eh oui, la France, et même celle du Front populaire : en 1940, au moment décisif, ses chars sont excellents, mais la doctrine d’utilisation a vingt ans de retard sur celle des Allemands. Les Français continuent de faire des chars les auxiliaires de l'infanterie ; les Allemands déboulent le 10 mai avec des divisions blindées autonomes, chaque char étant relié à l'ensemble par radio.
     
    Aujourd'hui, rien n'a changé. Le multilatéralisme politique n'existe pas, et il n'est même pas certain que Joe Biden entende le relancer. Nous avons des nations rivales, adversaires, la guerre en matière de cybersécurité fait rage, la présence de l'Otan en Pologne et en Ukraine provoque une Russie sur les Marches de son territoire. La Chine devient première puissance mondiale. Chacun lutte pour soi, pour ses intérêts profonds.
     
    Genève fut hier le théâtre d'une belle rencontre. la Suisse a magnifiquement organisé les choses. La police, les militaires, doivent être félicités, ce fut impeccable. Et en plus, il a fait un temps splendide. Mais entre 1919 et 1939, à Genève, il y eut aussi de magnifiques journées. Pendant qu'Adrien Deume taillait ses crayons. Et qu'Ariane, trottinant de félicité, s'en allait conter fleurette à Solal.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Biden-Poutine : on parle sérieusement ?

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    Sur le vif - Mercredi 16.06.21 - 16.32h
     
     
    Je suis le premier à adorer Genève, j'y suis né, j'y ai passé presque toute ma vie (à part mes années à Berne, comme correspondant parlementaire pour la RSR, et mes très nombreux séjours dans les Allemagnes), je suis infiniment sensible au charme de cette ville. Son Histoire, sa culture, son ouverture au monde du savoir, ses liens avec la planète, la marque spirituelle et intellectuelle de la Réforme, la splendeur de ses parcs et de ses arbres, tout cela m'habite, et m'accompagnera jusqu'au dernier souffle.
     
    A ce titre, je partage la fierté de beaucoup d'entre nous, celle que notre ville puisse accueillir un Sommet mondial comme celui d'aujourd'hui. Mon père, en 1954, avait vu passer les grands de ce monde, sous ses fenêtres, pour la Conférence de Genève sur l'Indochine, celle qui allait faire de Pierre Mendès France le seul véritable homme d'Etat de la Quatrième République. J'étais dans la Messe de Paul VI, avec ma mère, en juin 1969, au Parc Lagrange. Avec mon père, nous avons vu passer Hiro-Hito, Empereur du Japon, devant le Jardin botanique, je crois que c'était en 1971.
     
    De tout cela, nous pouvons être fiers. Mais de grâce, n'allons pas imaginer, une seule seconde, que l'événement unique d'aujourd'hui, le Sommet Biden-Poutine, soit le signal quelconque d'un retour au "multilatéralisme". Pourquoi ? Mais parce que nous sommes, éminemment, dans une rencontre bilatérale ! Entre l'homme qui représente les intérêts profonds, historiques, vitaux, des Etats-Unis d'Amérique, et celui qui défend exactement les mêmes, du côté de la Vieille Russie. Nous sommes là dans des mouvements de fond, séculaires, qui n'ont rien à voir avec les émulsions, les excitations provinciales de l'hôtelier qui veut bien mettre sa magnifique ville à disposition.
     
    Je vous invite donc, maintenant que nous nous sommes tous (moi le premier, depuis mon balcon) bien excités sur l'événementiel, à tenter, dans les jours qui viennent, de commenter cet événement pour ce qu'il est : un bras-de-fer impitoyable entre deux hommes qui ne s'aiment pas, autour d'intérêts vitaux, politiques, économiques, énergétiques, financiers. Et en l'absence d'un troisième larron, qui s'appelle la Chine.
     
    Des choses, à Genève, se seront passées, ce mercredi 16 juin 2021. Nous en saurons plus dès ce soir. Intéressons-nous à elles, froidement, sans idéaliser le décorum de la "Genève internationale", sans retomber dans les cruelles illusions "multilatérales" de l'Entre-Deux-Guerres, mais sans non plus bouder l'éclat renouvelé du blason de notre ville, à cette occasion.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Jeunes PLR : salutaires aiguillons !

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    Sur le vif - Lundi 14.06.21 - 16.27h
     
     
    Un aiguillon des Jeunes PLR à la Présidence nationale, ça aurait de l'allure.
     
    Pas un surexcité ultra-libéral avec attaché-case et costard rutilant, non.
     
    Un jeune homme, ou une jeune femme, de cette belle équipe, dynamique, inventive, d'une droite assumée, sans complexes. Ceux qui ont osé lancer No Billag, s'attaquer à l'âge de la retraite, s'opposer à la loi CO2 (le peuple leur a donné raison). Bref, CEUX QUI OSENT.
     
    Oh, je suis loin de partager tous leurs combats. Je suis attaché à l'Etat, à la cohésion sociale, à la solidarité. Mais désolé, il faut dire une chose : chez cette équipe de têtes brûlées, du côté de Zurich ou Genève notamment, il y a de la passion, de l'audace, de l'enthousiasme. Toutes valeurs qui n'apparaissent pas de façon aussi éclatante chez les caciques de leur parti, dès qu'ils sont bien installés dans le système.
     
    L'un des ces foldingues ferait du bien à la politique suisse. Elle a besoin de clarté, de courage, d'antagonismes franchement posés, de lutte contre les tabous. Bref, elle a besoin de défricheurs.
     
    Les apparatchiks, nous en avons bien assez. Dans tous les partis.
     
     
    Pascal Décaillet

     
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  • La politique, dans les nuages

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    Sur le vif - Lundi 14.06.21 - 15.01h
     
     
    Vous pouvez tournicoter tant que vous voudrez. Tant que vous ne résoudrez pas la question du pouvoir d'achat des classes moyennes, prises à la gorge par les taxes, les impôts, les loyers et les primes, dévorées d'inquiétude pour leurs retraites, et ne touchant pas - elles - un seul centime de subvention, vous continuerez à tourner en rond, entre vous, à des millions d'années-lumière des vraies préoccupations de nos compatriotes.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Ces jours salés où la mode se démode

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    Sur le vif - Dimanche 13.06.21 - 14.44h
     
     
    Il y a des jours, comme ça, où la mode se démode. Des jours où la petite pointe de modernité, sur l'extrême commissure de la langue, dégage comme un goût salé d'archaïsme. A force de vouloir faire jeune, il arrive qu'on prenne un méchant coup de vieux.
     
    Ce dimanche 13 juin est un jour de défaite, non pour les Verts qui mènent bataille loyalement pour leurs idées, mais pour la frange Rethondes de ceux qui n'en peuvent plus de verdir. Non par conviction, mais pour se raccrocher à l'air du temps. Pour être dans le coup, on oublie ses valeurs à soi, on s'arrime au discours dominant, on se repeint de modernité, chacun a sa manière de lutter contre la mort.
     
    Pendant toute cette campagne, j'ai dénoncé ici, non les Verts, mais l'infinie faiblesse, de coeur, d'intellect et de caractère, avec laquelle d'autres partis s'alignaient sur les Verts. Sur le discours des Verts. Sur les tics de langage des Verts : "urgence climatique", "neutralité carbone", etc. Le combat politique, dans notre magnifique démocratie directe suisse, exige courage et clarté : que les Verts soient les Verts, que les libéraux nous parlent responsabilité individuelle, que les radicaux nous parlent de l'Etat, des petits entrepreneurs, des classes moyennes, plutôt que de plagier la langue des adversaires.
     
    Le peuple suisse est profondément attaché à la nature, et à la protection de la planète. Il l'a montré, en soutenant maintes fois le prodigieux combat pour la vie, et pour les paysages, d'un homme comme Franz Weber. Nos paysans, depuis des décennies, s'engagent pour l'environnement : lequel d'entre eux aurait-il le moindre intérêt à empoisonner sa propre terre ? Depuis la seconde partie du 19ème siècle, et les premières Ligues du Patrimoine, en réaction à la surexcitation industrielle de certains radicaux zurichois, notre pays est devenu le lieu d'une conscience environnementale, bien avant l'arrivée des Verts.
     
    Mais le peuple suisse n'aime qu'on lui raconte des salades. Il a besoin d'un climat de confiance avec les autorités, non de flicage et de taxes permanentes. C'est un peuple mûr, adulte, vacciné, il n'a nul besoin que des prophètes d'Apocalypse lui dictent ses choix politiques. C'est cela, la grande leçon de ce dimanche 13 juin. Non contre les Verts, mais contre la surpuissance d'une doxa devenue étouffante. Si vous voulez convaincre nos concitoyens, il vous faudra trouver d'autres mots, d'autres tonalités. C'est cela, notre démocratie suisse.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Brecht, à haute voix : le souffle de la vie !

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    Sur le vif - Samedi 12.06.21 - 17.30h
     
     
    Profs d'allemand, lisez Brecht avec vos élèves ! Ou plutôt, faites-le lire à vos élèves, en allemand, à haute voix, chacun dans un rôle (puisqu'il s'agit, officiellement, de théâtre). Reprenez la scène dix fois, vingt fois, pour que chacun de vos disciples incorpore, par le jeu du ventre, du souffle et de la voix, chaque syllabe. Comme en musique. Et pour les parties du choeur (puisqu'il s'agit officiellement de théâtre), prenez la musique sublime de Kurt Weill, et chantez tous ensemble !
     
    "Il s'agit officiellement de théâtre", c'est la troisième fois que je le dis. Pourquoi cette insistance ? Parce que nous sommes là dans l'un de mes plus vieux combats, il a au moins 45 ans. Bien sûr que Brecht est un auteur de théâtre, c'est même le plus grand dramaturge de la littérature allemande ! Mais j'affirme, depuis la fin de mon adolescence, et cette période où je suis vraiment entré dans Brecht, que nous avons affaire à l'un des plus grands poètes, l'un des plus puissants inventeurs de mots, de la langue allemande moderne. L'autre, c'est peut-être bien Martin Luther, quand il traduit la Bible, en 1522.
     
    Et, voyez-vous, les profs qui se contentent d'instiller à leurs élèves, sur Bertolt Brecht, les puissantes théories dramaturgiques sur la distanciation, je veux dire ceux qui se contentent de ce discours, je leur en veux depuis 45 ans. Parce qu'ils répètent un topos, appliquent une matrice, une grille d'interprétation, certes pertinente. Mais ils oublient une chose : laisser parler la phrase de Brecht, ou le vers brechtien, les laisser accéder à l'univers sonore, laisser la musique propre à ce langage hors-pair (en plus de celle de Kurt Weill), envahir l'air ambiant. C'est la condition sine qua non à l'avènement de la féérie contenue dans le texte.
     
    Car Brecht est un poète. Comme on lit Hölderlin à haute voix, dans toute la rigueur de sa métrique et de sa prosodie, restituons à ces textes toute leur vertu de Hörspiel : de la langue écrite pour être dite par les uns, et entendue par les autres. Décortiquer le rythme, s'imprégner des syllabes, faire de l'élève un diseur et un acteur du texte, voilà qui me semble au moins aussi important que leur répéter des théories dramaturgiques ne touchant, au fond, que les spécialistes du théâtre.
     
    Et puis, ce mot, "Distanzierung", est tellement effrayant ! Vous déboulez avec ce vocable, et l'élève, face à vous, sera comme pris de panique en se demandant s'il va comprendre quelque chose à ces tortueuses réflexions sur le statut de l'auteur, du personnage, de l'émetteur, du public, du récepteur. Toutes choses pertinentes, certes. Mais enfin, la part du poète, du jongleur de mots, du travail sur un Hölderlin et un Sophocle (Antigone), la résurgence d'expressions souabes sous la langue allemande, cela aussi mérite d'être travaillé.
     
    Profs d'allemand, lisez Brecht ! A haute voix, avec vos élèves. Les parties du génial Kurt Weill, chantez-les, tous ensemble. Faites de votre cours un lieu de souffle et de vie. Et ne vous prenez pas trop la tête avec les théoriciens de la dramaturgie.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • La Suisse est une démocratie. Pas le G7.

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    Sur le vif - Mercredi 09.06.21 - 15.17h
     
     
     
     
    Nous avons, dans notre démocratie suisse, un patron. Il s'appelle le peuple.
     
    Au niveau des Cantons, mais aussi à celui de la Confédération, nous sortons à peine de débats démocratiques homériques sur l'imposition des entreprises. Nous nous sommes engueulés, entre nous, comme seuls les Suisses savent le faire sur les enjeux citoyens : avec vigueur, mais avec respect.
     
    Ce fut tonitruant. A la fin, pour la Confédération comme pour les Cantons, le souverain a tranché. Cela s'appelle une démocratie.
     
    Face à cette leçon de décision prise par le plus grand nombre, après des années de débats équilibrés où tous ont pu s'exprimer, que vaut une décision de cette instance totalement dépourvue de légitimité, qui s'appelle le G7 ? Juste une émanation des plus puissants de la planète, qui voudraient universaliser un système leur étant favorable.
     
    Face à la démocratie suisse, ou à tout acte souverain d'un Etat de ce monde, le G7 n'a aucune valeur. La Suisse est un tout petit pays, sans matières premières, fragile. Nos équilibres, surtout construits à partir de 1848, tiennent à peu de choses. Nous devons être d'autant plus intransigeants pour défendre nos valeurs : souveraineté, démocratie directe, primauté de la décision citoyenne sur toute puissance, toute source de pression de ce monde.
     
    Si nous renonçons à cela, nous enterrons la Suisse.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Prudence, austérité, bon sens

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    Sur le vif - Mardi 08.06.21 - 10.16h
     
     
     
    Il y a un temps pour la croissance, et un temps pour la prudence. Nous sommes entrés dans le temps de la prudence la plus extrême. Elle est absolument nécessaire au contrôle de nos Finances, à la réduction de la dette, au salut des classes moyennes, étouffées par l'impôt, les taxes, les primes. Et ne touchant pas, elles, un seul centime de subvention. Il n'est pas possible que le travail soit à ce point la vache à lait de la machine étatique.
     
    A cet égard, un mythe doit être frontalement attaqué : celui du distinguo - si subtilement avancé dans les débats - entre "dépenses de fonctionnement" et "dépenses d'investissements". Ces dernières sont souvent présentées comme sanctifiées, inattaquables, parce que relevant de la bonne cause, celle de l'avenir à très long terme, les fameux horizons 2030, 2050.
     
    Eh bien non. Citoyen, mais aussi petit entrepreneur, j'appelle à un contrôle aussi strict des "investissements" que du ménage de l'Etat. Notre dette genevoise atteint déjà des sommets hallucinants. Et il faudrait l'augmenter encore pour "investir" dans l'immense palais des glaces spéculatif que les Verts, évoquant le grand Roosevelt, appellent "Green New Deal". Ces emprunts-là devraient, on se demande bien pourquoi, échapper à toute tentative de frein à l'endettement.
     
    Non, non et non. Citoyen, entrepreneur, confronté comme tous à la gestion des modestes unités dont j'ai la responsabilité, je dis qu'on économise, AVANT d'investir. Et, si on n'a pas les fonds, eh bien on "n'investit" pas. C'est peut-être une conception timorée de l'économie. Mais c'est la mienne. Elle place l'humain avant les flux financiers, la prudence et le bon sens avant la course au profit spéculatif, la durabilité avant la création de bulles, vouées à l'éclatement. Ainsi doit se gérer un ménage, une entreprise, un Etat.
     
    Alors, pour ma part, le pacte passé entre Verts et ultra-libéraux, non merci. Lecteur infatigable de Rerum Novarum (1891), de Léon XIII, je veux une économie simple et saine, au service des gens. Et non des humains esclaves de la mathématique d'ombre du profit.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Genève dépensière : ça suffit !

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    Sur le vif - Mardi 08.06.21 - 07.58h
     
     
    Genève, canton le plus dépensier de Suisse. La TG nous révèle le rapport de l'institut bâlois BAK, et ses conclusions vont au-delà de nos appréhensions les plus folles : Genève dépense 89% de plus, par habitant, que la moyenne suisse !
     
    Et la gauche qui veut emprunter davantage (alors que nous détenons déjà le record de la dette), pour dépenser davantage, distribuer davantage !
     
    Citoyen de ce Canton, je maintiens ma position de toujours : rigueur, austérité, prudence, réduction de la dette et des dépenses, réduction drastique du train de vie de l'Etat, moins d'impôts pour les classes moyennes, moins de taxes, moins de pression fiscale sur le travail.
     
    Cela ne suffira pas. Une réflexion sur la diminution de la pression migratoire sur le Canton s'avère urgente. Et vitale. Et tant pis si ça relève du tabou.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • DECAPROD : quinze ans aujourd'hui !

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    Sur le vif - Dimanche 06.06.21 - 15.11h
     
     
    6 juin 2006 : il y a quinze ans, jour pour jour, je fondais mon entreprise. Inscription officielle, au Registre du Commerce.
     
    Quinze ans après, nous sommes toujours là, mon entreprise et moi. Pour une fois, le mot "durable " me convient. Alors que je déteste le mot "start-up".
     
    A ce succès, je vois quatre causes :
     
    1) Ma capacité de travail.
     
    2) Le lien de confiance mutuelle avec mes partenaires. A commencer par la chaîne Léman Bleu. Mais aussi GHI. Et tous les autres.
     
    3) La qualité des gens qui, au fil de ces quinze années, ont, de l'intérieur, partagé mon aventure : Marina Wutholen, Laurent Keller, Audrey Covo. Ma reconnaissance, aussi, envers les prestataires de services ponctuels (comptabilité, bilans annuels, installateurs de mon studio radio, dépanneurs informatiques, etc.).
     
    4) Mon extrême prudence dans la gestion financière, excluant tout emprunt, bannissant toute dette, finançant moi-même mes investissements. Ca n'est peut-être pas très audacieux, limite frileux, j'en conviens. Mais ça m'a permis de survivre. De me concentrer à fond sur le boulot, que j'exerce moi-même. Et ça me convient très bien.
     
    A tous ceux qui, par leur souci de finition du travail, leur qualité humaine, ont permis à ces quinze ans d'exister, j'adresse mon amitié et ma reconnaissance. Ainsi qu'à mes partenaires. Et à ma famille, souvent au premier plan pour contempler mes angoisses et mes inquiétudes. Mon épouse Caroline, mes deux filles, Pauline et Louise.
     
    Un petit entrepreneur, c'est un homme seul. C'est sa limite. C'est son extrême fragilité. C'est sa vulnérabilité. Mais c'est aussi sa puissance. Et sa fierté.
     
    Ah oui, un détail encore : mon père, Paul Décaillet (1920-2007), ingénieur en génie civil, a été, je crois, le plus jeune entrepreneur de Suisse. Il a obtenu sa Maîtrise fédérale pendant la guerre, alors qu’il construisait le Fort de Champex. C'est là, sur la Commune d'Orsières, qu'il a rencontré ma mère, Gisèle Décaillet-Rausis (1920-2010), en 1942, année de leur mariage. En ce jour, je pense à eux.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Les barbichettes, ça suffit !

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    Sur le vif - Dimanche 06.06.21 - 12.38h
     
     
    Mon excellent confrère Raphaël Leroy, de la RTS, est formel au 12.30h : le Service des votations était parfaitement au courant de la sous-traitance de la Poste à un privé.
     
    Alors maintenant, ça suffit. La responsabilité de l'Etat est engagée, ce que nous soulignons depuis le début. Elle s'ajoute à celle de la Poste.
     
    Ce qui est insupportable, depuis le début, c'est l'empressement de tout un petit monde à immédiatement exonérer l'Etat de toute responsabilité envisageable. Sans même se pencher sur les faits.
     
    Le défilé des barbichettes de tous les partis gouvernementaux, et jusqu'à un parti naguère protestataire et devenu aujourd'hui plus royaliste que le roi dans l'obédience au gouvernement, ça suffit.
     
    Vos barbiches et vos postiches, allez les acheter à la Gaîté, si ça vous chante de vous travestir en porte-parole du gouvernement. Et laissez travailler ceux qui sont rompus à la critique et à la distance face à tout pouvoir, d'où qu'il vienne.
     
    Il s'agit tout de même du vote souverain de sept mille de nos concitoyennes et concitoyens. On l'a laissé gésir trois jour, sur le trottoir.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Misérable plagiat

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    Sur le vif - Jeudi 03.06.21 - 10.55h
     
     
    Que M. Hodgers, ou Mme Fischer, nous tiennent un discours Vert, avec le langage des Verts, la liturgie verbale des Verts, je n'y vois aucun inconvénient. Ils ont leurs idées, les assument, c'est la vie démocratique.
     
    Que les gens du PLR (pas tous, Dieu merci) nous reproduisent le même discours, avec le même charabia, le même sabir, "urgence climatique", "neutralité carbone", alors là je vois rouge.
     
    Que les radicaux nous parlent de l'Etat ! Ils ont fait la Suisse moderne ! Que les libéraux nous parlent de la responsabilité individuelle ! C'est passionnant, et ça va chercher jusque dans les textes (sublimes) de Martin Luther ! Que les droites suisses nous parlent de leurs valeurs, à elles ! Plutôt que de plagier misérablement, par peur de déplaire, les mots de leurs adversaires.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Trottoirs de la négligence et loi du silence

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    Sur le vif - Jeudi 03.06.21 - 09.27h
     
     
    Service des votations : tout mettre sur la Poste, et rien sur le Canton, c'est le discours en vogue dans la classe politique genevoise, principalement dans les deux partis de l'Entente. Ce discours, je ne n'accepte pas.
     
    Bien sûr que le facteur a commis une bourde monumentale. Mais désolé, c'est le Conseil d'Etat genevois qui est responsable du parfait acheminement, en totale sécurité, de l'acte suprême des citoyennes et citoyens du Canton, leur vote souverain.
     
    Le Conseil d'Etat, dont dépend la Chancellerie, donc le Service des votations. Si ce dernier choisit l'acheminement des bulletins par la Poste, il doit en assumer toutes les conséquences. S'il est incapable, un week-end de Pentecôte, d'envoyer quelqu'un s'assurer, par acquis de conscience, que tout est en ordre (cela prend quelques minutes), s'il ne transmet pas à la Poste un code d'entrée, alors il y a un problème.
     
    Dans notre démocratie suisse, le patron, c'est le peuple. Et là, le peuple genevois, on a laissé gésir 7'000 de ses bulletins sur un trottoir, pendant 72 heures. Il y a une responsabilité de la Poste. Et il y a une responsabilité du Service des votations : impéritie, fonctionnement archaïque, manque d'anticipation, négligence. Nous sommes en plein processus de vote, liturgie républicaine sacrée, pour le 13 juin, elle inclut le long week-end de Pentecôte, eh bien on est au taquet, on envoie quelqu'un "guigner" si tout est OK : il n'est pas supportable que ces bulletins aient croupi 72 heures, sur le trottoir.
     
    Seulement voilà, dans la classe politique genevoise, notamment du côté de l'Entente, on s'y entend à merveille pour protéger les siens. Deux émanations de l'Etat sont concernées, aux mains de ces deux partis. Alors, on met tout sur la Poste, et on s'empresse de nous dire que le Canton n'a rien à se reprocher. Eh bien ce discours, je le conteste. Il suinte la barbichette. Il y a, autour du Service des votations et des opérations électorales à Genève, depuis longtemps, des réseaux de protection, et une loi du silence.
     
    Cela, il faut le dire. Et rien, ni personne, ne m'empêchera de le dire.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Le Conseil d'Etat en génuflexion devant la Vérité climatique

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    Sur le vif - Mercredi 02.06.21 - 14.35h
     
     
    Comment le Conseil d'Etat genevois, in corpore, peut-il commettre une pareille bourde ? Pour nous présenter, cet après-midi, son "Plan climat cantonal renforcé", avec "Objectif neutralité carbone", il choisit le siège de l'OMM, l'Organisation météorologique mondiale.
     
    Première erreur. L'autorité exécutive suprême du Canton de Genève n'a pas, quelles que soient les qualités de cet office, à nous faire part de ses projets politiques ailleurs que dans un lieu officiel de la République. Encore moins dans le siège d'une organisation internationale ! L'impression de subordination est dévastatrice.
     
    Mais cela n'est rien, en comparaison de la deuxième erreur. La première personne à parler n'est autre que la Secrétaire générale adjointe de l'OMM. Assurément une personne de qualité, cela n'est pas en cause. Mais cette dame ne se contente en aucune manière du discours de la maîtresse des lieux, délivrant un message d'accueil à ses hôtes. Elle nous parle du contenu, le climat, s'ingère dans les propositions que va nous faire le gouvernement genevois, par avance les adoube, les légitime. Après quoi, elle "donne la parole" au Président du Conseil d'Etat, M. Dal Busco.
     
    Désolé, mais cela ne va pas. Avant même de vous délivrer ici un avis critique sur ce fameux "Plan climat cantonal" (cela viendra), avant même de décrypter et dénoncer la totale mainmise de la liturgie verbale des Verts sur le langage gouvernemental genevois, je veux dire ici, très clairement, ma désapprobation citoyenne totale de cette mise en scène de subordination de notre gouvernement cantonal à une institution mondiale, et par essence mondialiste.
     
    Cela ne va pas. Personne, à Genève, n'a à "donner la parole" au Président du Conseil d'Etat genevois, si ce n'est le Chef du Protocole, par courtoisie, pour une conférence de presse gouvernementale. Mais tout cela, le Conseil d'Etat n'en a cure. Parce que l'OMM, où agit la Congrégation mondiale pour la Doctrine de la Foi climatique, c'est le Bien. Donc, aucun problème à donner l'impression de s'y subordonner.
     
    Il me semblait, depuis 1907, que ce Canton avait renoncé à toute allégeance à une doctrine supérieure, même inspirée des meilleures intentions. Je m'étais trompé : la laïcité, c'est pour les religions. Pas pour les théologiens de la Vérité climatique.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Service des votations : l'affaire est gravissime

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    Sur le vif - Mardi 01.06.21 - 11.12h
     
     
    22 caisses, contenant des enveloppes de vote, sont donc restées trois jours, soit tout le week-end de Pentecôte, sur le trottoir, devant l'entrée du Service des votations. Affaire révélée par mon confrère Raphaël Leroy, de la RTS. C'est un scandale, l'un des plus importants de ces dernières années. Il doit avoir des suites. Et pas seulement à la Poste. Pas seulement en jouant du fusible sur le facteur.
     
    Le facteur ? Bien sûr qu'il a commis une erreur monumentale. Il aurait dû ramener ce matériel à la poste, pour distribution remise au mardi suivant.
     
    Mais tout mettre sur le Géant jaune, c'est exonérer un peu vite le Service des votations, la Chancellerie, et, in fine, la responsabilité suprême de contrôle du Conseil d'Etat.
     
    Nous sommes en plein processus de vote pour le scrutin du 13 juin. Des milliers de gens déposent chaque jour leur enveloppe dans une boîte postale jaune, pour acheminement au Service des votations. Ce dernier, avec un minimum de jugeote, pouvait peut-être se douter que des enveloppes arriveraient un samedi, et donner à une personne la responsabilité de les recueillir, et de les placer en lieu sûr. Ou alors, pour le moins, le Service des votations aurait pu, en amont, passer un accord avec la Poste pour prévoir ce genre de cas.
     
    Il s'agit de nos votes, bon sang ! Il ne s'agit pas de prospectus publicitaires. Il s'agit de l'acte - sacré, en démocratie - par lequel les citoyennes et citoyens font part de leur décision suprême sur des affaires touchant aux intérêts supérieurs de la Cité. Nos autorités - clairement, le Conseil d'Etat - ont le devoir absolu de garantir le parfait acheminement de ces votes jusqu'à un lieu sûr, qui sera celui du dépouillement. Puisqu'on en est encore à passer par la Poste, alors le Conseil d'Etat et la Poste doivent avoir mis au point, en amont, le plus parfait des processus, incluant toutes les hypothèses. Celle d'une porte fermée, un samedi, le facteur n'ayant pas le code, et personne n'étant là pour assurer la réception, relève de la galéjade, du pataquès, de la pantalonnade, de l'incurie la plus totale, jusqu'au plus haut niveau de l'exécutif genevois.
     
    Tout mettre sur ce pauvre facteur, c'est exonérer l'autorité politique genevoise de sa responsabilité. Nous n'en sommes pas à la première bourde au Service des votations. Que fait la Chancellerie ? Qu'a fait la Présidence du Conseil d'Etat pour assurer aux citoyennes et citoyens genevois que le vote du peuple, seul souverain dans notre démocratie suisse, serait acheminé en totale sécurité vers son lieu de dépouillement ?
     
    Cette affaire doit avoir des suites. Personne ne doit être épargné, par des petites combines ou des copinages politicards. On ne peut plus laisser le Service des votations, la Chancellerie, le Conseil d'Etat, jouer ainsi avec la démocratie.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Que chacun assume ses mots, à lui !

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    Sur le vif - Lundi 31.05.21 - 13.52h
     
     
    Désolé, mais l'expression "neutralité carbone" appartient au jargon des Verts. Tout comme "urgence climatique". Les Verts ont le droit d'en user à leur guise, chacun est libre de ses choix de langage. Mais en aucun cas ces formules, qui reflètent un choix idéologique bien précis, n'ont à être reprises, telles quelles, par des gouvernements.
     
    Quand je vois le Conseil d'Etat genevois nous annoncer, pour après-demain, une conférence de presse in corpore pour nous chanter la liturgie du "Plan climat cantonal", avec comme objectif "la neutralité carbone d'ici 2050", je n'ai pas l'impression d'être à hauteur d'un langage gouvernemental, mais à celle d'une Grand-Messe des Verts.
     
    Je ne conteste en rien aux Verts le droit d'avoir leurs idées, ni de les défendre haut et fort. Mais l'empressement, par peur de déplaire au vent des modes, à reprendre leurs mots, leurs formules, leurs incantations, est insupportable. Tout le monde se met à parler comme les Verts : les gouvernements, les médias, les flous du PLR, les tièdes du Centre. A droite, seuls résistent encore les PLR non-contaminés, les conservateurs, les souverainistes, et une gauche du travail peu sensible aux bobos gentrifiés des villes. Pour le reste, c'est la débandade, le joyeux Rethondes de la capitulation, on prend les mots des Verts, on signe sans regarder, et va pour le "Plan climat cantonal", et vogue la galère pour la "neutralité carbone".
     
    Dans cette affaire, je ne reproche strictement rien aux Verts, ils jouent leur jeu sur l'échiquier politique. Mais de grâce, que chacun assume ses mots, à lui. Le plagiaire est l'incendiaire de la diversité de la pensée. Les choristes, sages repreneurs de formules, étouffent tout courage, toute puissance de solitude, toute aspiration au cisèlement individuel, pourtant fondateur de l'acte de langage.
     
    Que les Verts parlent comme des Verts ! Mais alors, que les radicaux se remettent à nous parler d'Etat, les socialistes du peuple, et la droite, qu'elle recommence à s'intéresser aux valeurs intellectuelles, spirituelles et philosophiques qui fondent, depuis la Révolution, son existence dans le débat public.
     
    J'invite chacun à être lui-même. Plutôt que de reprendre misérablement les syllabes de propagande des autres.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Plaidoyer d'un souverainiste viscéralement européen

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    Sur le vif - Jeudi 27.05.21 - 14.50h
     
     
    Je suis souverainiste, depuis toujours. Et je suis profondément européen. Non au sens de la machinerie de l'UE, mais dans celui, autrement plus fondateur, de mon appartenance totale à ce continent que j'aime, au sein duquel je voyage depuis six décennies, dont je parle une ou deux langues, en tentant d'en apprivoiser quelques autres, dont l'Histoire m'habite et me passionne.
     
    Toute ma formation, tous mes chemins de connaissance, le français, l'allemand, le latin, le grec, puis l'italien, un peu de grec moderne, me mènent à l'Europe. Elle est mon terroir, mon terreau, je lis ses écrivains, j'écoute ses musiciens. J'ai passé pas mal de temps en Allemagne, y compris à l'époque de la DDR, j'ai étudié avec passion la littérature allemande, je prépare une Histoire de l'Allemagne en 144 épisodes, dont 32 sont déjà publiés. Je lis la presse européenne en plusieurs langues, je m'essaye aux journaux grecs, mais là, j'ai encore un sacré boulot.
     
    Tout ça, pour inviter mes compatriotes à partager mon amour du continent. Je ne suis pas un occidental, encore moins un atlantiste, le monde anglo-saxon ne m'attire guère, je vibre pour l'Europe continentale, les Balkans, le Proche-Orient (où je me suis rendu maintes fois), l'Afrique du Nord. Je rends hommage à mes parents, qui nous ont permis, ma soeur et moi, de découvrir de fabuleux pays, dans notre enfance, aujourd'hui lointaine. Le Proche-Orient, justement, mais aussi par exemple la Scandinavie, été 1968, avec un voyage mémorable jusqu'au Cap Nord, et retour, dans la Mercedes 280 S de mon père. Inoubliable.
     
    Pourquoi j'écris ça ? Pour bien séparer deux choses. Le sentiment profond d'appartenance au continent européen (en Prusse, en Saxe, en Thuringe où vécurent Bach et Luther, je me sens chez moi, tout autant que dans un monastère perdu de la Grèce). Et puis, d'un autre côté, la défense d'une Suisse intraitable sur son indépendance, sa souveraineté. Non parce qu'elle est la Suisse, mais parce que toute nation doit être souveraine, ou n'être pas, sans troisième voie. Le destin de notre pays, pour moi, n'est pas de se fondre dans une entité supérieure. Collaborer, oui. Échanger. Apprendre à se connaître. Partager la culture, les langues. Mais en demeurant souverain.
     
    J'écris ça, aussi, parce que je couvre l'actualité Suisse-Europe depuis plus de trente ans, depuis Delamuraz, dont le souvenir illumine encore ma mémoire. J'ai couvert tous les combats, EEE, bilatérales, initiatives de l'UDC. Et maintenant, j'aspire à l'apaisement. Cet accord institutionnel était touffu, atrocement mal fagoté, le Conseil fédéral a mille fois bien fait de tirer la prise. Maintenant, il nous faut nous calmer. Respirer. Ne rien précipiter. Retirer le dossier aux diplomates et aux technocrates. Prendre quelques années pour nous demander, entre nous, les citoyennes et citoyens suisses, ce que nous voulons, en termes de politique européenne.
     
    Laissons, quelques années, nos amis Européens tranquilles, tout en maintenant avec eux des relations de confiance et de respect mutuel. Et instaurons le seul débat qui vaille : non pas celui des Suisses avec l'Europe, mais celui des Suisses avec la Suisse. Car à l'intérieur de notre pays complexe et fragile, la plus grande conquête n'est pas d'aller vers la connaissance de l'univers. Mais vers celle de nous-mêmes. Notre petit pays, riche de ses tranquilles inquiétudes, en vaut la peine.
     
     
    Pascal Décaillet
     
     
     

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