Sur le vif

  • Aux portes du pouvoir, la Révolution conservatrice

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    Sur le vif - Mercredi 19.01.22 - 14.40h
     
     
    Désolé, mais Mme Pécresse, c'est Sarkozy bis. Une candidate énergique, intelligente, compétente, je n'en disconviens pas. Mais la droite de 2007 ! Libérale, orléaniste, juste quelques coups de menton sur le Kärcher, désespérément pro-européenne. Le programme de Mme Pécresse pourrait être celui de M. Macron. L’œcuménisme centriste dans sa version des beaux quartiers, un zeste d'ENA, quelques fragrances de grands magnats du privé, bref ce qu'il faut pour tenir la France, laisser la plèbe à sa place, ne surtout rien déranger à l'ordre libéral du monde.
     
    La Révolution dont la France a besoin ne pourra venir de ce conformisme des équilibres. Marine Le Pen, Eric Zemmour, incarnent (de façons fort différentes, notamment sur la question sociale et populaire, où la première est nettement meilleure que le second), une autre tradition de la droite française. La réduire à Vichy et à l'OAS, même à Joseph de Maistre et à la pensée contre-révolutionnaire, est beaucoup trop court. Il faut appréhender ces deux candidats - qu'on les aime ou on - avec d'autres grilles de lecture, et cela implique une connaissance approfondie de l'Histoire des droites en France, depuis la Révolution. Nul observateur, dans le tourbillon hystérique des chaînes françaises en continu, ne nous a, pour l'heure, apporté ce recul historique et philosophique.
     
    C'est tellement plus simple de tout ramener aux années trente. Ne décrypter la politique qu'en fonction du Bien et du Mal, passer son temps à traquer la moindre petite phrase d'un Zemmour, la découper au scalpel, l'isoler de son contexte, et titrer "Nouveau dérapage". Ces gens-là devraient commenter le patinage artistique.
     
    J'ignore absolument qui sera élu. Mais une chose est sûre : jamais cette autre droite n'a été aussi forte, depuis la guerre, qu'aujourd'hui. La droite nationale, souverainiste, est maintenant plus puissante que la droite libérale et pro-européenne. Pour qui suit avec la passion la politique française (c'est mon cas depuis décembre 1965), cette inversion des rapports de forces est tout simplement saisissante. Elle ne conduira sans doute pas l'un des deux "nationaux" à l'Elysée. Mais elle pèsera lourd, très lourd, sur le prochain quinquennat.
     
    La Révolution conservatrice est là. Aux portes du pouvoir. Elle n'est ni celle des années trente, ni celle des nostalgiques de l'Algérie française. Elle est autre chose, d'infiniment moderne, populaire auprès d'une grande partie de la jeunesse. Il faudra composer avec elle. Et pour un sacré bout de temps.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Sauver l'écrit ? Le grand mensonge du 13 février !

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    Publié sur mon site FB - Lundi 17.01.22 - 22.53h
     
     
    Il est totalement ridicule d'affirmer que l'aide à la presse va "sauver l'écrit".
     
    L'écrit ne s'est jamais aussi bien porté. Jamais les gens - avec plus ou moins de style, de finesse, d'élégance - n'ont autant écrit.
     
    Ils écrivent où ? Mais ici même, pardi ! Sur les réseaux sociaux. Là où vous êtes. Là où je suis. Là où nous sommes, tous. Par centaines de millions, sur la planète.
     
    "Sauver l'écrit" ? Ils nous mentent. En vérité, ils veulent sauver des journaux, des groupes d'intérêts constitués. Des entreprises qui périclitent, souvent par impéritie de leurs chefs. Ils veulent sauver leur parcelle de pouvoir.
     
    Ils veulent sauver cela. C'est une optique. Mais ça n'est pas sauver l'écrit. Toujours, l'écrit vivra, quels que soient les supports. Parce qu'il y a des gens, oui nous sommes des millions, dont l'âme est d'écrire, tout simplement.
     
     
    Pascal Décaillet

     
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  • Sauver l'écrit ? Le grand mensonge du 13 février !

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    Sur le vif - Lundi 17.01.22 - 22.53h
     
     
     
    Il est totalement ridicule d'affirmer que l'aide à la presse va "sauver l'écrit".
     
    L'écrit ne s'est jamais aussi bien porté. Jamais les gens - avec plus ou moins de style, de finesse, d'élégance - n'ont autant écrit.
     
    Ils écrivent où ? Mais ici même, pardi ! Sur les réseaux sociaux. Là où vous êtes. Là où je suis. Là où nous sommes, tous. Par centaines de millions, sur la planète.
     
    "Sauver l'écrit" ? Ils nous mentent. En vérité, ils veulent sauver des journaux, des groupes d'intérêts constitués. Des entreprises qui périclitent, souvent par impéritie de leurs chefs. Ils veulent sauver leur parcelle de pouvoir.
     
    Ils veulent sauver cela. C'est une optique. Mais ça n'est pas sauver l'écrit. Toujours, l'écrit vivra, quels que soient les supports. Parce qu'il y a des gens, oui nous sommes des millions, dont l'âme est d'écrire, tout simplement.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Le réseau social : la vie recommencée

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    Publié sur mon site FB - Lundi 17.01.22 - 15.03h
     
     
    Vous êtes sur un réseau social, et vous avez mille fois raison. C'est souple, c'est léger, c'est partout, c'est le passé, le présent et l'avenir, ça surgit, ça étonne, ça surprend, ça épate, c'est vif, pétillant, primesautier.
     
    Vous êtes sur un réseau social, et moi aussi. Tenez, j'aime la musique, c'est l'une de mes passions premières. Mes préférences, ainsi que les algorithmes, font que je reçois une quantité d'informations sur ce domaine. Par exemple, je suis fou de Martha Argerich. Ca doit se savoir, alors sur mon compte, ils m'envoient tout ce qu'elle fait. Tout ce qu'elle va faire. Et surtout, tout ce qu'elle a fait, en plus de soixante ans de carrière : des vidéos de génie, d'une qualité musicale à vous couper le souffle.
     
    Alors moi, j'ouvre mon ordi ou mon téléphone, j'accède à mon compte, et j'ai ces trésors-là. Je suis aussi un fou d'Histoire, d'archives sonores ou vidéo, là aussi ça se sait, là aussi je reçois, là aussi j'écoute, je visionne, je me laisse surprendre. Je ne bétonne pas la vie. Je laisse venir à moi. Le réseau social, si vous acceptez ce minimum d'abandon (allez, disons 1%, il reste 99% pour la volonté de fer et l'ivresse dionysiaque), vous rendra heureux.
     
    Les journaux ? Désolé, mais même sur leurs sites (le papier, pour moi, c'est fini, depuis longtemps), ils ne m'offrent pas le dixième de cette capacité de surprise. Ils ont d'excellentes choses, certes, mais leur mode de communication, unilatéral, appartient au passé. Sur le réseau, vous êtes receveurs, mais vous êtes aussi donneurs. Vous êtes surpris, mais vous surprenez. On vous instruit. Mais vous aussi, vous pouvez apporter des informations, vos émotions, votre style.
     
    Tout cela, simultanément. Sur une toile unique. Où se côtoient la gauche et la droite, les raisonnables et les passionnés, l'eau et le feu, la musique et le silence, la rage et l'extase, les hommes et les femmes, la poésie et le prosaïque, les chiffres et les lettres. La nostalgie, infinie, mais aussi l'étincelle de la renaissance. En un mot, la vie. La vie qui va. La vie recommencée.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Aide à la presse : en aucun cas !

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    Sur le vif - Dimanche 16.01.22 - 14.16h
     
     
    En aucun cas, le contribuable suisse n'a à verser le moindre centime pour la presse. Nos impôts, déjà exorbitants pour les classes moyennes, notamment celui sur le revenu du travail, doivent financer la sécurité, la santé publique, l'éducation, les grandes infrastructures de transports. Mais pas la presse.
     
    Et tout cas pas, sous la forme de l'aide directe qui nous est proposée le 13 février. Là, nous ne sommes même plus dans le principe de redevance, qui taxe des usagers. Non, nous sommes dans l'injection immédiate de l'argent du peuple suisse dans des entreprises privées de presse, notamment (et c'est le plus salé !) les milliardaires zurichois qui, ces dernières décennies, ont augmenté leur fortune, déjà colossale, en rachetant des titres , partout dans le pays. Pour la Suisse romande, je ne vous fais pas un dessin.
     
    "L'aide à la presse", c'est une aide aux riches, aux arrogants qui ont financiarisé les entreprises médiatiques, privilégié le rendement pour l'actionnaire, imposé depuis trente ans leur vision néo-libérale, pro-européenne, mondialiste, méprisé les cris du peuple et le besoin de nation, pris de haut les patriotes. Ils se sont enrichis comme jamais. Et en plus, il faudrait les subventionner !
     
    Cette aide aux ultra-riches est une indécence. Mais même en-dehors de cela, l'Etat ne doit jamais aider la presse. On a l'impression, à lire les arguments des partisans, au demeurant des gens très bien, cultivés, agréables à fréquenter, que la presse serait une chose gentille. Parce qu'elle se pose au milieu de la Cité, organise le débat, fait vivre la citoyenneté, promeut la culture. En contrepartie de ces vertus sacerdotales, il faudrait la soutenir. Parce qu'elle n'est plus capable, à cause des méchants géants du numérique, d'assurer son financement, notamment par la publicité.
     
    Cette vision est soit naïve, soit d'un paternalisme dont l'étape suivante sera, un jour ou l'autre, l'interventionnisme. On vous protège, on vous aide financièrement, mais alors, chers médias, charge à vous de respecter les équilibres que la doxa dominante vous dictera. Vous serez pro-Biden et anti-Trump. Vous serez pro-européens, anti-UDC. Vous serez pro-vaccin, pro-Berset. Vous serez contre le nucléaire, pour le renouvelable. Vous serez pro-Otan, anti-Russie. Vous serez pro-climat, pro-GIEC, anti-sceptiques. Bref, on vous file du fric, mais malheur aux déviants ! Vous serez anti-Zemmour, anti-Marine, vous serez pro-Pécresse. Vous serez pour la Raison triomphante, la vision multilatérale du monde, contre l'amour de la nation, que vous vous empresserez d'appeler "nationalisme". En un mot, soyez dans le moule. Et le moule, nous nous chargeons de vous le financer.
     
    Cette conception de la mission des médias n'est pas la mienne. Ce que nous, citoyennes et citoyens libres, devons défendre de toutes nos forces, n'est pas spécifiquement la presse, en tout cas pas les entreprises privées qui la constituent. Ces dernières doivent accepter le jeu de la concurrence, trouver des solutions de financement, et demeurer farouchement indépendantes des pouvoirs publics.
     
    Ce que nous devons défendre, avec la dernière ardeur, c'est la liberté des âmes. Elle peut passer par la presse. Mais de plus en plus, on la trouve ailleurs, notamment sur ces réseaux sociaux que je défends avec fougue, mais que les "rédactions" constituées, les entreprises de presse, toute la machinerie lourdingue de l'insupportable corporatisme journalistique, nous décrivent comme le diable. Par peur. Par panique. Par jalousie de leur succès phénoménal.
     
    Pour ma part, j'en ai assez. Ce corporatisme, je ne veux plus en entendre parler. Je veux des hommes et des femmes libres. Des âmes farouches. Des entrepreneurs indépendants. Des esprits passionnés par l'essentiel : le verbe, le combat, la liberté, la musique, la vie.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Abandonner le nucléaire ? Une folie !

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    Sur le vif - Samedi 15.01.22 - 18.17h
     
     
    J'ai multiplié les débats et prises de position, cet automne, sur le risque de pénurie en approvisionnement électrique. C'est peut-être, aujourd'hui, le problème no 1 que doit affronter la Suisse. Faudra-t-il attendre une grande panne nationale pour enfin réagir ?
     
    La Suisse n'est pas seule, face à ce risque : l'Allemagne, notre grand voisin du Nord, premier partenaire commercial, quatrième puissance économique du monde, a exactement les mêmes problèmes. L'Allemagne, ce géant de fer et d'acier, peine avec l'approvisionnement en produits industriels. Son inflation galope. Elle va déterrer le bon vieux charbon pour tenter désespérément de compenser sa décision insensée de sortir du nucléaire. Le charbon ! L'identité même de l'économie allemande, son ADN, depuis la campagne de Frédéric II sur la Silésie, au milieu du dix-huitième siècle !
     
    En Suisse, nous risquons la pénurie. Nous aussi, cédant à la mode de pensée des Verts, nous avons abandonné beaucoup trop vite le nucléaire, sans aucune solution de rechange nous assurant un mode de vie comparable. Et pas seulement le mode de vie : une pénurie pourrait toucher les centres stratégiques assurant la sécurité - au sens large - de notre pays.
     
    L'Allemagne a le charbon. Elle a le gaz des Russes. Mais nous, les Suisses, à part l'hydraulique (qui ne suffira pas), nous n'avons pas de solution de rechange ! Il y a, bien sûr, les énergies renouvelables, le soleil, le vent, le thermique, mais jamais l'addition de tout cela, même dans les meilleures perspectives de développement de ces énergies d'avenir, n'est de nature à nous assurer la souveraineté, l'indépendance, l'auto-approvisionnement. Je vous le dis clairement : la Suisse doit réenvisager le nucléaire, sous des formes modernes, sûres. Elle ne peut tout simplement pas, pour l'heure, s'en passer.
     
    Le Conseil fédéral ? Il dort ! Simonetta Sommaruga, toute à ses sirènes de l'idéologie Verte, totalement acquise à la novlangue des prophètes d'Apocalypse, n'a absolument pas pris la mesure de la gravité de la situation. Gouverner, c'est prévoir. Le dossier de l'énergie ne doit en aucun cas être influencé par des préférences idéologiques : il s'agit des intérêts supérieurs de notre pays, sa souveraineté, sa capacité à agir seul pour sa survie, c'est l'essence même d'une nation. On ne se terre pas dans la Ligne Maginot quand la guerre de mouvement se profile à l'horizon. La Suisse doit agir. Elle doit faire mouvement, justement, sortir de sa torpeur. En fonction, non des modes passagères, mais de ses intérêts vitaux.
     
    L'énergie n'est pas un enjeu idéologique. Mais l'une de nos armes stratégiques, pour survivre. Oui, simplement survivre, comme nation.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Vous êtes sur un réseau social. Vous avez mille fois raison !

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    Publié sur mon site FB - Vendredi 14.01.22 - 15.28h
     
     
    Vous êtes sur un réseau social, puisque vous me lisez.
     
    Vous êtes sur un réseau social, et moi aussi. J'adore ça, depuis une décennie. J'aime aussi lire des milliers de livres, j'aime passionnément la musique. J'aime mon métier, faire des émissions, donner vie au débat public, exposer mon point de vue dans des commentaires. J'ai une vie hors du réseau social. Mais j'en ai une sur le réseau, j'en suis très heureux, et c'est très bien ainsi. J'ai plusieurs vies, plusieurs cerveaux, plusieurs univers. Pas vous ?
     
    Vous êtes sur un réseau social. Vous avez mille fois raison. C'est vivant, interactif, rapide, jaillissant, surprenant. C'est une eau de source, en montagne, celle qui galope et se rit de la verticalité.
     
    Vous lisez encore des journaux papier ? Imprimés une fois pour toutes, la veille à minuit, expédiés de façon lourdingue dans des trains, ou des camions ? Sur la toile, nous avons l'intégralité du même journal, avec en plus les commentaires des lecteurs, les débats liés aux articles, les rafraîchissements des nouvelles, les compléments d'informations apportés par des inconnus, souvent d'une redoutable expertise.
     
    Le journal papier sort à minuit, sur la rotative. A deux heures du matin, un événement majeur se produit. Vous en êtes encore à attendre le journal papier du surlendemain, pour vous annoncer la nouvelle, avec 24 heures de retard ? Sur le réseau, sur la radio, les deux médias les plus rapides, vous avez tout, tout de suite. Ca vous fait hausser les épaules ? Moi pas. J'aime la rapidité. Elle a été, dans mes longues années radiophoniques, ma marque de fabrique. Contrairement à ce qu'on vous raconte, elle n'est nullement synonyme de superficialité. Un esprit bien fait est capable de fulgurance et d'approfondissement. En même temps. Pour cela, il faut avoir un peu travaillé, toute sa vie, sur la matière.
     
    Vous êtes sur un réseau social. Moi aussi. Vous et moi, nous avons mille fois raison. Nous sommes dans le mode de communication, de partage des savoirs, qui sera celui de demain. Il y aura toujours du papier, si ça vous chante, moi je n'en ai nul besoin. Pourtant, j'ai passé ma jeunesse à humer passionnément de vieux livres, dans les bibliothèques.
     
    Vous êtes sur un réseau social. Continuez. Apportez-y ce que vous avez de meilleur : votre culture, vos passions, votre verbe, vos mots, votre enthousiasme. Et les petits prétentieux du journalisme constitué en hiérarchies, en groupements d'intérêts corporatistes, en sociétés de rédaction, qui vous font la leçon sur les vices des réseaux et les vertus de leur travail à eux, sentez-vous libres de les envoyer où bon vous semble.
     
    Nous êtes sur un réseau social. Moi aussi. Nous sommes des hommes et des femmes libres. Nous échangeons nos passions. Nous partageons nos savoirs. Nous détestons le pouvoir, tout pouvoir, d'où qu'il vienne. Nous aimons le verbe, la voix humaine, la magie des mots. Nous n'avons besoin ni de "rédaction" constituée, ni de petits chefs, ni de directeurs de conscience. Nous avons juste besoin d'air, d'eau, de musique, de poésie, de liberté. Et puis surtout, nous avons besoin du verbe. Celui qui fuse, et nous arrache à l'encre noire de la terre.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Le Parlement le plus gentil du monde

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    Sur le vif - Jeudi 13.01.22 - 14.20h
     
     
    Juste avant notre débat d'hier soir, à GAC, sur les demandes de crédits supplémentaires, la Commission des finances du Grand Conseil venait justement d'accepter pour près de dix millions de ces crédits ! Ils sont liés à la rencontre Biden-Poutine, à la Conférence de l'OMC, et à la crise sanitaire. Tous acceptés, le doigt sur la couture du pantalon, par les braves Commissaires ! On a le Parlement le plus gentil du monde.
     
    Miracle, sans cesse renouvelé, de la Barbichette : j'accepte les demandes de crédits de ton magistrat, tu acceptes celles du mien. C'est ça, la réalité parlementaire. Vous commencez à le comprendre, mon combat, depuis tant d'années, pour une démocratie directe renforcée, avec davantage de pouvoir au corps des citoyennes et citoyens ? Et ma méfiance viscérale face aux corps intermédiaires ?
     
    De quoi débattions-nous, hier à GAC ? De la nécessité de faire avaliser ces constantes demandes de rallonges de la part du Conseil d'Etat, non par la seule Commission des finances, mais par le plénum du Grand Conseil. Avec débat public. Accessible à tous. Un projet de loi, du député UDC André Pfeffer, le préconise.
     
    L'argent de l'Etat, c'est notre argent. Ces dix millions, ce sont ceux des contribuables. Nous avons le droit, en toute transparence, et non dans l'opacité consanguine d'un pronunciamiento de quinze personnes, de savoir exactement ce qu'on en fait. Et en quel honneur l'exécutif vient perpétuellement frapper à la porte de la Commission des finances, pour dépasser le cadre budgétaire qui lui est alloué. Un tel comportement, dans une entreprise privée (j'en tiens une, depuis seize ans), serait purement et simplement inimaginable.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Conseil d'Etat : confiance rompue

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    Sur le vif - Jeudi 13.01.22 - 11.17h
     
     
    Scandaleux comportement du Conseil d’Etat de gauche, qui refuse de prolonger le délai de récolte des signatures contre la réforme du Cycle d’Orientation !
     
    Nous sommes au plus fort d’une pandémie sans précédent, les contacts sont prohibés, la situation est clairement exceptionnelle. Les référendaires ont, à très juste titre, demandé une prolongation du temps de récolte des signatures, pour pouvoir exercer correctement leurs droits démocratiques.
     
    Mais non ! À la fois juge et partie, le Conseil d’Etat, tout heureux d’entraver ses opposants, refuse le délai. Cette majorité gouvernementale de gauche confirme son visage partisan, idéologique à l’extrême. Cet attelage est à bout de souffle. Il reste seize mois, interminables.
     
    Sur la réforme du CO, c’est le deuxième coup fourré consécutif contre les opposants. Le premier, c’était au Grand Conseil, il y a quelques semaines. Nous l’avions immédiatement dénoncé, ici même.
     
    Avec ce gouvernement, la confiance est rompue.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Terrible faute de goût, M. Macron !

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    Sur le vif - Dimanche 02.01.21 - 10.30h
     
     
    Le drapeau européen n’a strictement rien à faire sous l’Arc de Triomphe.
     
    La paix - enfin retrouvée - entre nations européennes, ça n’est pas l’effacement des différentes identités nationales. Encore moins, l’abolition de la mémoire : c’est pour le drapeau de la Nation française, le drapeau tricolore, que des millions de soldats de la Révolution, puis du Consulat, puis de l’Empire, puis de la République, sont tombés pour la France.
     
    La France appartient à l’Union européenne, dont elle est pays fondateur depuis 1957. Fort bien. C’est son choix. Nous devons le respecter.
     
    Mais l’Europe n’est pas une Nation. Ce mot, chez Michelet comme chez Fichte, implique d’autres adhésions, autrement passionnelles, sacrificielles, que la seule appartenance à un Concordat administratif. L’Arc de Triomphe rend hommage aux enfants de la France, tombés pour elle. Il abrite la tombe du Soldat inconnu, mort dans la Grande Guerre au milieu d’un million et demi de ses frères d’armes. Ces hommes sont tombés pour la France, pour le drapeau tricolore.
     
    L’européiste Macron prouve, par ce drapeau bleu étoilé, qu’il existe dans son arrière-pays mental un autre horizon que celui de la Nation française. Un échelon qui lui serait supérieur. Et qui transformerait la France en partie d’un Empire. Lui, chef d’Etat de la France, ne serait que l’un des Princes électeurs d’un plus grand Collège. Un choix de la France qui eût littéralement ravi Charles Quint, la Maison d’Autriche, les Habsbourg, et… d’autres Empires, plus récents.
     
    En cela, Macron rompt avec mille ans de combat acharné pour l’indépendance, la souveraineté, admirablement mené par quarante rois, puis par la République, qui a parfaitement pris le relais lors de la Révolution, au moment du danger d’invasion représenté par les puissances coalisées.
     
    Terrible faute de goût, M. Macron.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Des hommes et des femmes libres

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    Sur le vif - Samedi 01.01.22 - 19.40h
     
     
    Soyons lucides. Avides de connaissances. Dévastés par l'immensité de notre curiosité. N’acceptons jamais aucune pression. N’ayons nulle crainte de nous faire des ennemis. Cherchons la vérité historique, sous toutes ses facettes, polyphoniques, contradictoires, complexes à rassembler. Aimons passionnément le verbe, les mots, la poésie, la musique. Détestons le vacarme des mondains. Haïssons le pouvoir, d'où qu'il vienne. Donnons notre âme pour quelques notes de Rameau, Beethoven, ou Bartók. Vénérons la solitude, le silence, le soupir entre deux notes. Ne cédons rien de nos rêves d'enfants, ils sont des buts de guerre. Soyons des hommes et des femmes libres.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Aux réseaux sociaux, mon infinie reconnaissance

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    Publié sur mon site FB - Mercredi 29.12.21 - 11.35h
     
     
    Les réseaux sociaux ? Mais c'est absolument génial ! Je le répète depuis des années, je le confirme ici, plus que jamais. Pour préciser ma pensée, je vous expose brièvement mon usage personnel (chacun a le sien) du réseau sur lequel nous sommes, le seul que j'utilise d'ailleurs.
     
    Pour ma part, jamais de vie privée. Pour autant, je ne fais nul procès à ceux qui exposent leurs conjoints, leurs enfants, leurs proches sur le réseau. C'est leur choix. Pas le mien.
     
    Je suis un être avide de connaissances, depuis toujours. A cet égard, bien utilisé, avec des choix précis et rigoureux dans les contacts, soigneusement ciblés en fonction des goûts et des affinités, le réseau est une prodigieuse source d'informations. Mes passions dévorantes pour l'Histoire, pour la musique, y trouvent chaque jour mille surprises. A cet égard, l'algorithme, loin d'être le barrage que d'aucuns prétendent, s'avère au contraire une extraordinaire boîte à surprises.
     
    Exemples. Telle page d'Histoire allemande (l'un des domaines intellectuels qui m'occupent le plus, depuis bientôt un demi-siècle), telle archive, telle vidéo jusqu'ici inconnue, s'offrent à mes yeux chaque heure de la journée, chaque fois que je consulte le réseau. Je prends, je ne prends pas, je suis libre. Idem, mais multiplié par dix, pour les archives musicales. Mes compagnons quotidiens du réseau s'appellent Furtwängler, Clara Haskil, Martha Argerich, Haitink, Abbado, Harnoncourt, Mariss Jansons, et des centaines d'autres. Jamais aucun journal, aucune aucune chaîne de TV (à part Mezzo, ou Stingray Classica) ne m'ont offert un tel choix, un tel enrichissement, à tout moment de la journée.
     
    A l'outil nommé réseau social, j'adresse avant toute chose mon infinie reconnaissance. Dans les domaines que j'ai choisis, la magie de l'algorithme a - mieux que moi-même, comme être conscient et volontariste - su déceler mes passions profondes. Du coup, elle fait apparaître sous mes yeux des trésors qui correspondent exactement à mes appétits cognitifs, intellectuels, esthétiques, culturels. Jamais auparavant, aucun journal, aucun média, n'a fait cela pour moi. Alors oui, je dis au réseau ma profonde gratitude.
     
    Mais je dis aussi mon exaspération. Je ne peux tout simplement plus supporter l'imbécile gravité des donneurs de leçons qui, du haut des médias traditionnels, passent leur temps à dégueuler sur les réseaux sociaux. C'est quoi, leur problème, à ces pisse-vinaigre ? Ils sont jaloux ? Ils veulent conserver leur pouvoir ? Ils s'imaginent qu'ils constituent encore l'univers de référence dans l'espace intellectuel et culturel ? Mais ils se prennent pour qui ?
     
    Je dis : "Vivent les réseaux sociaux !". Bien sûr, ils sont capables du pire : la meute, par exemple. Mais ça n'est pas l'outil (l'organon, au sens grec, celui d'Aristote) qui est responsable de ces saloperies. Ce sont certains utilisateurs. Lâches, anonymes, camouflés derrière le grégaire. Immondes, ils le seraient avec ou sans le réseau. Ils profitent juste des failles temporelles d'un système naissant. Et qui a devant lui des décennies pour se développer. Se défaire de ces scories de départ. Enrichir le monde de la connaissance partagée. La bibliothèque universelle. La phonothèque de toutes les résurrections : Lipatti, Callas, Tebaldi. L'accès, pour tous, à des milliards de documents jusqu'ici recelés furieusement par des clercs, dans des caves, des cryptes, des cavernes d'Ali Baba.
     
    J'aime les réseaux sociaux. En tout cas celui-ci, sur lequel nous sommes. Et vous aussi, vous l'aimez. Sinon, que diable feriez-vous ici, à me lire ?
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Freisinn et Patrie

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    Sur le vif - Jeudi 16.12.21 - 12.05h
     
     
    Avec toutes les personnalités du PLR, en Suisse, qui depuis bientôt huit ans me confient en privé avoir voté oui (comme votre serviteur, qui, lui, a le courage de ses opinions) à l’initiative du 9 février 2014 sur l’immigration de masse, et être au fond opposées à la libre circulation, on pourrait, croyez-moi, lancer un parti en Suisse.
     
    Et ce serait un magnifique parti ! La convergence de deux grandes idées : le Freisinn, issu de la pensée de Kant, qui a fait la Suisse de 1848. Et qui reconnaît le legs de la grande fracture historique de la Révolution française. Et, de l’autre côté, la notion, plus intime, moins rationnelle, plus chaude, plus maternelle, de Gemeinschaft. Une communauté d’appartenance, tenue par les liens de la mémoire, ombrageuse sur les exigences requises pour en faire partie. Détestant qu’on lui fasse la leçon de l’extérieur. Et pas forcément tétanisée par le grand brassage mondialisé.
     
    Cette intersection-là, en Suisse, ça fait du monde. Beaucoup de monde.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Les vitrines de Cologne, juste après la guerre

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    Sur le vif - Jeudi 09.12.21 -10.15h
     
    Je préfère mille fois les votations aux élections. Parce qu'on y parle des thèmes, et non des personnes. Notre magnifique démocratie suisse, où le suffrage universel a le dernier mot, permet de brasser, toute l'année, des sujets communaux, cantonaux ou fédéraux sur lesquels, quatre dimanches par an, les citoyennes et citoyens se prononcent. Nous parlons des thèmes, nous faisons la politique, nous tous. Nous aimons notre pays, nous sommes les acteurs de son destin. En vérité je vous le dis : en matière de démocratie, nous avons des années-lumière d'avance sur nos voisins, à commencer par la France.
     
    La France ! Ce pays que j'aime tant, dont je parcours l'Histoire avec passion depuis l'enfance (comme celles de l'Allemagne, de la Suisse, des Balkans, du Proche-Orient, de l'Afrique du Nord). Ce pays dont la littérature, et d'ailleurs aussi la musique, me captivent. Ce pays ami n'est plus que l'ombre de ce qu'il fut. En juin 1940, il a tout perdu, on sous-estime totalement cette défaite, la plus grande de son Histoire, absolument pas rachetée (méfiez-vous de la geste gaullienne) par la participation de façade de la France à la victoire de 1945. Oui, de Gaulle, génie du verbe, a brandi le cadavre comme on avait, au soir de la bataille, exhibé celui du Cid. Oui, par deux fois, en 44-46, puis en 58-69, il a raconté l'Histoire de la résurrection. Par deux fois, c'était un leurre. Et ça n'est pas, je pense, un anti-gaulliste primaire qui signe le présent billet.
     
    La France est dans un état moral hallucinant. Le cirque médiatique des chaînes en continu passe son temps à nous distraire avec le casino boursier des candidats à la Présidence. Sur ces chaînes, on bavarde. On s'étripe. On s'agrippe. On s'interrompt. De la vie quotidienne des Français, pouvoir d'achat, misère des retraites, chômage des jeunes, on ne parle jamais. On vient juste pour le spectacle. On fait briller les feux de vitrines luxuriantes, mais derrière, le magasin est vide. Comme dans Cologne, visitée un soir par mes parents juste après la guerre. Le lendemain, ils sont montés sur le dôme, ils ont découvert à leurs pieds la ville en cendres. Les vitrines, c'était juste pour maintenir le moral de la population.
     
    Nous les Suisses, restons concrets. Soyons démocrates, plus que jamais. Renforçons la démocratie directe. Lançons des initiatives. Nous les citoyennes et les citoyens, faisons la politique. Aimons notre pays. Parlons des idées, des projets. Pas des personnes.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Bernard Haitink (1929-2021) : un portrait d'homme, juste égaré dans l'essentiel

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    Sur le vif - Mardi 07.12.21 - 15.30h
     
     
    Comme je l'ai fait, ici et sur mon blog, le samedi 23 octobre dernier, à l'occasion de sa mort, je ne puis m'empêcher de vous parler de Bernard Haitink (1929-2021). Parce qu'il était un homme d'exception. L'un des plus grands chefs du vingtième siècle. L'un des plus puissamment habités, dans le tréfonds de l'intériorité spirituelle, mais aussi corporelle, par la musique. Enfin et surtout, parce que j'ai regardé hier soir, sur Mezzo, le portrait absolument saisissant consacré à cet homme. Il m'a laissé comme pétrifié. La chaîne le repassera, je pense, en boucle. S'il vous plaît, ne le manquez pas.
     
    On y découvre l'homme. Enfin, disons que Haitink, interviewé par Hans Haffmanns, homme de radio et de TV aux Pays-Bas, laisse perler de sa personne quelques éclats de diamant pur, nostalgie, tristesse apparente, émotion qui remonte, et puis soudain le regard qui éclate de mille feux lorsque l'on parle musique. Avec un sens du concret incomparable : partitions, choix de tempo, indications d'orchestre. L'exigence millimétrée d'un perfectionniste, au service de l'oeuvre, et d'elle-seule.
     
    Et puis ? Et puis, il y a ce visage, qui me frappe depuis si longtemps. Une raideur, comme il en va de ceux qui furent frappés de brûlantes souffrances, ou de crises fulgurantes. Un rideau de tristesse. Un barrage, pour contenir l'émotion. Haitink est là, dans sa maison du Sud de la France, à converser avec Haffmanns. Ils ne parlent que de musique, que de l'essentiel. Sur l'écume, rien. Toute l'émission se déroule en néerlandais, on comprend presque à l'oreille, si on est germanophone, ou (j’imagine) anglophone. Sous-titres en anglais. On pourrait se croire au Rijkmuseum, galerie des portraits.
     
    Et puis ? Et puis, la mémoire ! Elle remonte. Elle affleure. Elle arrive comme la vague, elle s'apprête à tout emporter. Premier souvenir de concert ? Haitink évoque immédiatement le Concertgebouw, 1938, Mengelberg à la baguette. Lui, Haitink, a neuf ans. Il découvre cet ensemble que plus tard il dirigera.
     
    Et puis ? Et puis, on entre dans le détail ! Haitink nous sort Mahler : la partition du Chant de la Terre, Das Lied von der Erde. Avec les annotations du grand Mengelberg ! Et Haitink nous en détaille les notes, les corrections, les indications de rythme, de la main du maître d'avant-guerre, avec des crayons de couleur. Et Haitink nous tient un discours sur le discours de Mengelberg sur le Chant de Mahler !
     
    C'est à cela qui doivent ressembler les émissions sur la musique. Pas de grandes paroles, romantiques (dans le mauvais sens), imprécises, volatiles. Mais la rigueur du concret.
     
    Haitink était un géant. Comme Furtwängler. Comme Abbado. Comme Harnoncourt. Comme Mariss Jansons. Ce portrait, soutenu par l'intense beauté tragique du visage de Haitink, mais aussi par la rugueuse splendeur de la langue néerlandaise, en version originale, est à voir de toute urgence. Il est un portrait d'homme, juste égaré dans l'essentiel.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Allemagne : la Bavière oubliée !

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    Sur le vif - Mardi 07.12.21 - 13.22h
     
     
    En oubliant d'inclure la Bavière dans sa coalition, oui la riche et puissante Bavière, 16% de la population allemande, si fière de sa singularité, Olaf Scholz commet sa première grande faute politique.
     
    J'attends pourtant beaucoup de ce Chancelier, quatrième social-démocrate de l'Allemagne de l'après-guerre (après Willy Brandt, Helmut Schmidt, Gerhard Schröder). Mais là, il commence très mal.
     
    Nul destin allemand ne peut se construire sans l'Etat libre de Bavière. Freistaat Bayern !
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Manifestations : les organisateurs à la caisse !

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    Sur le vif - Jeudi 02.12.21 - 16.27h
     
     
    Lorsque se déroulent des manifestations, la police doit engager des moyens supplémentaires, notamment en heures de présence, parfois considérables. Cela coûte de l'argent. Beaucoup d'argent.
     
    Cet argent est celui des contribuables. Il n'y a aucune raison que ces derniers, déjà tondus à Genève comme nulle part en Suisse, financent les coûts supplémentaires de présence policière lors des manifestations.
     
    L'écrasante majorité des contribuables genevois ne manifestent strictement jamais. Ils ne se reconnaissent ni dans les thèmes, ni dans la tonalité des slogans, ni dans le style de scansion martelée des hurlements, ni dans la liturgie - totalement accaparée par la gauche - de ces cortèges hurlants, bloqueurs de circulation, agressifs, diviseurs.
     
    Il faut changer la loi. Et mettre sur le compte des organisateurs les frais de sécurité publique engendrés par leurs processions. Pas seulement les frais liés à d'éventuelles déprédations, on pense au G8. Mais les frais ordinaires, liés aux déploiements de police supplémentaire.
     
    Si le Parlement se refuse à changer la loi, alors le peuple modifiera la Constitution. Par une initiative. Nous verrons , ce jour-là, où se trouve, et dans quelle nombre, la majorité silencieuse à Genève.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Ecole : la passion, pas les structures !

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    Sur le vif - Jeudi 02.12.21 - 11.42h
     
     
    La grande affaire de l’école, c’est de passionner les nouvelles générations autour du savoir, de l’éveil, de la curiosité, de l’acquisition des connaissances.
     
    Pour cela, il faut des profs passionnés eux-mêmes, enthousiasmants, charismatiques. Qui assument la parole frontale. Des gens qui vous parlent en face, en vous regardant dans les yeux.
     
    Face à cet enjeu vital, prodigieux même, les querelles de structures n’ont pas plus d’intérêt que le choix du papier destiné à porter, un jour, une partition de Beethoven, ou Bartók.
     
    Ceux qui, depuis un demi-siècle, allez disons depuis 53 ans, ont fait du débat sur l’école une affaire de structures, doivent être chassés impitoyablement du monde de l’enseignement. Ils ont fait trop de mal. Ils sont, eux, des destructeurs de liens.
     
    L’école a besoin d’éveilleurs d’âmes, pas de réviseurs d’organigrammes.
     
    L’urgence première, c’est de rétablir la compétence, la passion, le bonheur d’être ensemble, dans une classe, autour de l’enjeu le plus galvanisant de la question humaine : le chemin vers la langue (Unterwegs zur Sprache, Heidegger), le parcours initiatique vers la connaissance.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Être utile, ou se taire

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    Sur le vif - Lundi 29.11.21 - 16.25h
     
     
    Il y a des sujets dont tout le monde parle, et dont je ne parle jamais.
     
    Il y a des sujets dont je parle, et dont personne d'autre ne parle. Comme les grands basculements de l'Histoire allemande, entre 1770 et 1813. Ou, d'une manière plus générale, les innombrables champs très spécifiques d'Histoire allemande dans lesquels je patauge depuis plus de quarante ans. Politique, poésie, musique.
     
    Et puis, il y a les sujets dont tout le monde parle, et dont je parle aussi.
     
    Il ne s'agit ni de s'accrocher à la mode, ni à l'inverse de la fuir, par principe.
     
    Il faut connaître ses compétences profondes. Là où on fait la différence. Ses limites, aussi (les sujets sur lesquels on n'a strictement rien d'original à dire).
     
    Il faut transmettre au public ce qui peut lui rendre service. Lui apporter une valeur ajoutée. Une compétence. Un angle original.
     
    Il faut s'exprimer sur un thème. Pas pour le seul plaisir de la conversation. C'est très allemand, je sais, comme conception. Mais au fond de moi, jusqu'au fond de l'âme, je suis un Allemand !
     
    Le salon à la parisienne, où se superposent, dans l'assourdissant frottement des aigus, les stridences des coquelets, ça n'est pas ma tasse de thé.
     
    Apporter quelque chose. Proposer une différence. Déplaire, si nécessaire.
     
    Mais bavarder pour bavarder, non merci.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Soins infirmiers : des écoles, vite !

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    Sur le vif - Dimanche 28.11.21 - 14.53h
     
     
    Eh bien maintenant, ouvrons, à Genève, des écoles de santé, de soins infirmiers et médicaux ! Des écoles genevoises ! Des écoles suisses ! Et engageons, dans nos hôpitaux, publics et privés, les diplômés qui en sortiront !
     
    Cela aurait dû se faire depuis de nombreuses années. Il n'y a plus aucune raison, aujourd'hui, pour traîner. Il appartient à nos autorités de prendre le taureau par les cornes. Au besoin, le peuple souverain leur rappellera cette urgence.
     
    Nous avons, à Genève, l'une des meilleures médecines du monde. Et paradoxalement, nous sommes sous-dotés en écoles professionnelles pour former le personnel médical ! L'impéritie, depuis longtemps, des pouvoirs publics dans ce domaine, est dévastatrice. Les historiens étudieront un jour cette léthargie des autorités, depuis le début des années 2000, alors que la carence en écoles de santé leur est régulièrement signalée.
     
    On espère que le DIP, en lien avec le monde de la santé, prendra sans tarder des initiatives à cet effet. Ces crédits-là, les citoyens les voteront ! C'est tout de même plus concret que la nébuleuse des six milliards pour la "transition écologique" ! C'est tout de même plus stimulant, plus concernant, et d'un intérêt citoyen plus élevé (donner des emplois aux résidents, en priorité, formés chez nous, avec notre savoir-faire), que de noyer les consciences dans des réformes structurelles, regroupement A, regroupement B, usine à gaz alpha, horizon de pensée bêta. En attendant, bouche ouverte, le variant omicron.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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