Sur le vif

  • Manifestations : les organisateurs à la caisse !

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    Sur le vif - Jeudi 02.12.21 - 16.27h
     
     
    Lorsque se déroulent des manifestations, la police doit engager des moyens supplémentaires, notamment en heures de présence, parfois considérables. Cela coûte de l'argent. Beaucoup d'argent.
     
    Cet argent est celui des contribuables. Il n'y a aucune raison que ces derniers, déjà tondus à Genève comme nulle part en Suisse, financent les coûts supplémentaires de présence policière lors des manifestations.
     
    L'écrasante majorité des contribuables genevois ne manifestent strictement jamais. Ils ne se reconnaissent ni dans les thèmes, ni dans la tonalité des slogans, ni dans le style de scansion martelée des hurlements, ni dans la liturgie - totalement accaparée par la gauche - de ces cortèges hurlants, bloqueurs de circulation, agressifs, diviseurs.
     
    Il faut changer la loi. Et mettre sur le compte des organisateurs les frais de sécurité publique engendrés par leurs processions. Pas seulement les frais liés à d'éventuelles déprédations, on pense au G8. Mais les frais ordinaires, liés aux déploiements de police supplémentaire.
     
    Si le Parlement se refuse à changer la loi, alors le peuple modifiera la Constitution. Par une initiative. Nous verrons , ce jour-là, où se trouve, et dans quelle nombre, la majorité silencieuse à Genève.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Ecole : la passion, pas les structures !

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    Sur le vif - Jeudi 02.12.21 - 11.42h
     
     
    La grande affaire de l’école, c’est de passionner les nouvelles générations autour du savoir, de l’éveil, de la curiosité, de l’acquisition des connaissances.
     
    Pour cela, il faut des profs passionnés eux-mêmes, enthousiasmants, charismatiques. Qui assument la parole frontale. Des gens qui vous parlent en face, en vous regardant dans les yeux.
     
    Face à cet enjeu vital, prodigieux même, les querelles de structures n’ont pas plus d’intérêt que le choix du papier destiné à porter, un jour, une partition de Beethoven, ou Bartók.
     
    Ceux qui, depuis un demi-siècle, allez disons depuis 53 ans, ont fait du débat sur l’école une affaire de structures, doivent être chassés impitoyablement du monde de l’enseignement. Ils ont fait trop de mal. Ils sont, eux, des destructeurs de liens.
     
    L’école a besoin d’éveilleurs d’âmes, pas de réviseurs d’organigrammes.
     
    L’urgence première, c’est de rétablir la compétence, la passion, le bonheur d’être ensemble, dans une classe, autour de l’enjeu le plus galvanisant de la question humaine : le chemin vers la langue (Unterwegs zur Sprache, Heidegger), le parcours initiatique vers la connaissance.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Être utile, ou se taire

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    Sur le vif - Lundi 29.11.21 - 16.25h
     
     
    Il y a des sujets dont tout le monde parle, et dont je ne parle jamais.
     
    Il y a des sujets dont je parle, et dont personne d'autre ne parle. Comme les grands basculements de l'Histoire allemande, entre 1770 et 1813. Ou, d'une manière plus générale, les innombrables champs très spécifiques d'Histoire allemande dans lesquels je patauge depuis plus de quarante ans. Politique, poésie, musique.
     
    Et puis, il y a les sujets dont tout le monde parle, et dont je parle aussi.
     
    Il ne s'agit ni de s'accrocher à la mode, ni à l'inverse de la fuir, par principe.
     
    Il faut connaître ses compétences profondes. Là où on fait la différence. Ses limites, aussi (les sujets sur lesquels on n'a strictement rien d'original à dire).
     
    Il faut transmettre au public ce qui peut lui rendre service. Lui apporter une valeur ajoutée. Une compétence. Un angle original.
     
    Il faut s'exprimer sur un thème. Pas pour le seul plaisir de la conversation. C'est très allemand, je sais, comme conception. Mais au fond de moi, jusqu'au fond de l'âme, je suis un Allemand !
     
    Le salon à la parisienne, où se superposent, dans l'assourdissant frottement des aigus, les stridences des coquelets, ça n'est pas ma tasse de thé.
     
    Apporter quelque chose. Proposer une différence. Déplaire, si nécessaire.
     
    Mais bavarder pour bavarder, non merci.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Soins infirmiers : des écoles, vite !

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    Sur le vif - Dimanche 28.11.21 - 14.53h
     
     
    Eh bien maintenant, ouvrons, à Genève, des écoles de santé, de soins infirmiers et médicaux ! Des écoles genevoises ! Des écoles suisses ! Et engageons, dans nos hôpitaux, publics et privés, les diplômés qui en sortiront !
     
    Cela aurait dû se faire depuis de nombreuses années. Il n'y a plus aucune raison, aujourd'hui, pour traîner. Il appartient à nos autorités de prendre le taureau par les cornes. Au besoin, le peuple souverain leur rappellera cette urgence.
     
    Nous avons, à Genève, l'une des meilleures médecines du monde. Et paradoxalement, nous sommes sous-dotés en écoles professionnelles pour former le personnel médical ! L'impéritie, depuis longtemps, des pouvoirs publics dans ce domaine, est dévastatrice. Les historiens étudieront un jour cette léthargie des autorités, depuis le début des années 2000, alors que la carence en écoles de santé leur est régulièrement signalée.
     
    On espère que le DIP, en lien avec le monde de la santé, prendra sans tarder des initiatives à cet effet. Ces crédits-là, les citoyens les voteront ! C'est tout de même plus concret que la nébuleuse des six milliards pour la "transition écologique" ! C'est tout de même plus stimulant, plus concernant, et d'un intérêt citoyen plus élevé (donner des emplois aux résidents, en priorité, formés chez nous, avec notre savoir-faire), que de noyer les consciences dans des réformes structurelles, regroupement A, regroupement B, usine à gaz alpha, horizon de pensée bêta. En attendant, bouche ouverte, le variant omicron.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Lipatti, au milieu des étoiles

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    Sur le vif - Samedi 27.11.21 - 09.56h
     
     
    Jesu bleibet meine Freude : quatre mots d’une Cantate (BWV 147), l’Allemagne de Luther et de Bach, les services du dimanche à la Thomaskirche de Leipzig. Et, au milieu du vingtième siècle, l’irruption de la grâce.
     
    Elle porte un nom, la grâce : Dinu Lipatti, mort à l’âge du Christ, 33 ans, en 1950. Mort deux siècles, exactement, après Bach. Mort à Genève, comme d’autres meurent à Venise. La maladie de Hodgkin.
     
    La grâce, pour toujours, portera ce nom-là, parce que dans cette Cantate, le toucher si délicat de Lipatti fait de chaque note le scintillement d’une étoile. C’est aussi simple que cela, justement parce que c’est mystérieux.
     
    Il y a la traduction de Luther. Il y a le génie de Bach. Il y a les dons exceptionnels d’un jeune Roumain, l’un des pianistes du siècle, fauché à 33 ans par la maladie.
     
    Il y a les doigts du destin, sur la partition d’encre noire, au milieu des étoiles.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • De Chancy à Romanshorn, la lumière jaillira !

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    Sur le vif - Mardi 23.11.21 - 15.50h
     
     
    Fantastique nouvelle : les problèmes d'énergie de la Suisse sont réglés ! Pour un prix infiniment plus modique que la construction d'un nouveau barrage, ou d'une nouvelle centrale nucléaire, notre pays pourra produire de l'électricité en quantité illimitée, à destination de toute la population.
     
    Il suffira pour cela de brancher une dynamo sur la salle accueillant la Commission de politique extérieure du Conseil national. Scintillante de mille lumières, à côté desquelles celles de Cordoue à l'époque arabo-andalouse feraient pâle figure, cette auguste assemblée dégage une telle énergie, dans ses réunions, qu'elle peut, bien canalisée, approvisionner le pays tout entier.
     
    Ainsi, la seule idée émise hier, donner deux milliards (au lieu d'un seul, voire zéro, comme le préconisent les brutes de mon espèce) à l'Union européenne, serait de nature, selon les toutes dernières statistiques de Berne, à éclairer chaque foyer suisse pendant mille ans.
     
    Encore une ou deux idées de ce genre, et la Suisse est sauvée. Deux milliards, à la réflexion, pour un club dont nous ne sommes pas membres et qui ne cesse de nous mettre le pistolet sur la tempe, c'est un peu juste ! Allons-y pour quatre milliards, pourquoi pas seize ! Plus la Commission du National nous surprendra par son sens de l'Etat, de l'indépendance, de la souveraineté, plus la lumière jaillira. De Chancy à Romanshorn. En passant par la totalité des cabinets psychiatriques de notre pays.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Le combat, toujours le combat !

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    Sur le vif - Dimanche 21.11.21 - 17.00h
     
     
    Le retour de Cyril Aellen aux Finances, pour soutenir le rapport de majorité contre le projet de budget 2022 du Conseil d'Etat, est une excellente chose. Il sera opposé à trois rapporteurs de minorité, de gauche, lors du plénum décisif des 9 et 10 décembre.
     
    Les intérêts supérieurs de notre Canton ont tout à gagner à une parole politique claire, de gauche ou de droite. Une parole fondée sur l'honneur des engagements, la confiance envers les citoyens, la loyauté dans les positions, le respect de l'adversaire, ce qui n'exclut pas (loin de là !) l'extrême âpreté du combat.
     
    Le Canton n'a rien à gagner à des positions d'opportunisme, d'atermoiement, d'intérêts particuliers, sous prétexte que l'on se place (d'office !) au "Centre de l'échiquier". Un coup à gauche, un coup à droite : on fait parfois les votes, on jouit d'être le parti charnière : où est la cohérence, où est l'honneur ?
     
    Genève a besoin de députés comme Cyril Aellen. Besoin de positions claires. La politique, c'est le choc des antagonismes. On commence par se battre, après éventuellement on discute. Parce que je suis, pour ma part, totalement inapte à cet "après", je ne fais pas de politique. Je ne supporte pas la négociation.
     
    La politique ? Mais non ? C'est la vie, toute la vie, qui est ainsi : un combat, encore un combat, toujours un combat.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Eric, ce cher cousin

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    Sur le vif - Vendredi 19.11.21 - 16.57h
     
     
    La Tribune de Genève est beaucoup plus forte que je ne l'imaginais. Dans son édition d'aujourd'hui, elle me prête des liens, de l'ordre d'un "cousinage" intellectuel, avec Eric Zemmour. Elle m'apprend, sur moi-même, sur le façonnement de ma philosophie politique, sur mes racines historiques et spirituelles, sur mes milliers de lectures depuis l’adolescence, des choses que j'ignorais.
     
    Elle est très forte, la TG, parce que je n'ai, depuis de longues années, pas dit ni écrit un seul mot sur Eric Zemmour. Cela doit faire une décennie, à vue de nez.
     
    Elle est infiniment forte, la TG, parce que, depuis le début de la campagne médiatique fracassante de Zemmour, fin août de cette année, j'ai continué à ne pas dire un seul mot, pas écrire une seule ligne, sur ce confrère. Je ne lui ai pas consacré une seule seconde d'émission. Je n'ai pas prononcé son nom.
     
    Alors, quoi ? J'aurais infiniment de choses à dire, vous vous en doutez. Un accord profond sur les notions de nation, de communauté d'appartenance, de rapport à l'Histoire, à la langue, à la culture. Mais, tout autant, un désaccord viscéral lorsque, par exemple, il dit que "L'Islam et l'islamisme, c'est la même chose".
     
    Je n'aime pas, lorsqu'il parle de l'Islam. Je n'aime pas, lorsqu'il introduit dans la nation des prédominances d'ethnies. Je n'aime pas, lorsqu'il remue inutilement les cicatrices récentes de l'Histoire de France pour diviser. Je pense connaître aussi bien que lui l'Histoire de France, auxquelles s'ajoutent - me concernant - celles de l'Allemagne et de la Suisse.
     
    Il y a, entre lui et moi, des zones de convergence, mais aussi de puissantes divergences. Il faudrait que j'y revienne largement, point par point. Je n'ai, pour l'heure, pas jugé bon de le faire. Pourquoi devrais-je me définir par rapport à un tiers ? Je préfère m'occuper, infatigablement, des vrais problèmes de mes compatriotes suisses.
     
    Mais je félicite la Tribune de Genève, plus lucide que moi sur mon être profond, de m'avoir révélé la généalogie miraculeuse d'un "cousinage".
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Solitude et combat

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    Sur le vif - Jeudi 18.11.21 - 10.25h
     
     
    N’accepte jamais de participer à un pouvoir qui ne soit pas le tien. De toi, et non d’un autre, doit surgir la singularité de ton entreprise, au sens le plus large. Passe des alliances, tisse des liens de confiance, fondés sur la compétence, mais n’accepte jamais d’être un second, un lieutenant.
     
    Je vais encore plus loin : n’accepte jamais aucun pouvoir.
     
    Ton pouvoir viendra de toi, du plus profond. Ta compétence. Ton savoir-faire. Ton imagination. Les liens nourriciers que, toute ta vie, dans la solitude (fuis les équipes !), tu auras tissés avec des maîtres, intellectuels ou spirituels, artistiques, musicaux, que tu auras choisis.
     
    L’être de caractère ne s’engage pas dans des troupeaux. Il s’en va puiser tout au fond de lui-même les ressources de son combat.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Sabine Devieilhe : précision, présence, ensorcellement

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    Sur le vif - Lundi 15.11.21 - 10.07h
     
     
    Sabine Devieilhe est une étoile, je l'ai ressenti d'un coup, il y a des années, la première fois que je l'ai entendue et vue chanter. Hier soir encore, sur la chaîne musicale Stingray Classica, dans "Il Trionfo del Tempo e del Disinganno", composé en 1707 par un jeune génie de 22 ans, Georg Friedrich Haendel, puis repris et travaillé maintes fois tout au long de la vie du compositeur, la soprano colorature française donne toute la mesure de sa capacité d'envoûtement. Pour tout dire, elle nous ensorcelle.
     
    Il faut dire que l’œuvre est incroyable. Très ancienne dans sa première mouture, avec encore des accents du Grand Siècle, mais annonçant déjà les bouleversantes tonalités baroques du dix-huitième : Haendel a encore cinquante ans à vivre. Un demi-siècle pour se dégager de l'influence italienne, triompher dans les Allemagnes, se faire happer par l'Angleterre, qui ne le lâchera plus.
     
    Le dix-huitième, c'est le siècle de Sabine Devieilhe. Rameau, Haendel, Bach, et à la fin Mozart. Cette artiste d'exception fait partie des rares cantatrices à manier l'excellence autant comme comédienne que dans l'incroyable travail de sa voix. Elle atteint les hauteurs de l'aigu sans jamais donner l'impression de nous livrer une démonstration de virtuosité. Elle bouge peu. Elle regarde souvent vers le bas, voire vers l'intérieur d'elle-même. Elle donne tout, pour arracher le son exact. Celui de la partition, mais surtout celui de l'émotion signifiée. Elle est une cantatrice de la précision, non du Romantisme, où l'on rêverait néanmoins de la découvrir, justement pour découpler ce mouvement littéraire et musical de son image - usurpée - d'approximation doucereuse.
     
    Il faut écouter Sabine Devieilhe, et l'écouter encore, toute une vie. Mais il faut aussi la voir : les chaînes musicales (Mezzo, Stingray) nous offrent ce privilège. Cette artiste est toute au service de l’œuvre, qu'elle illumine de l'intérieur. Elle chante comme Clara Haskil ou Martha Argerich jouent du piano. Elle s'en va puiser, avec une force inimaginable, physique mais aussi d'esprit, le point saillant de l’œuvre : celui qui nous touche, nous incendie, nous restitue le sens, et finalement la vie.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Glasgow : le néant, 24 fois par jour

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    Sur le vif - Dimanche 14.11.21 - 14.51h
     
     
    Les grands de ce monde, amassés dans une ville d’Écosse. Sur eux, toutes les lumières de l'univers. Pas une seule ouverture de la RTS, sauf trou providentiel à Tolochenaz, qui ne fasse écho de leur présence. Rome n'est plus dans Rome, elle est toute où ils sont. Glasgow, ombilic du cosmos.
     
    Il dissertent ? Non, ils dorment. Tentent l'éveil, mais leurs paupières se font trop lourdes. Le Président des Etats-Unis, ouvertement, roupille. On sent l'ambiance, ça vivifie, ça galvanise, ça déménage.
     
    Glasgow ? Du blabla. Même pas un catalogue d'intentions. Rien, ou si peu. Pire : ce néant était prévisible. On l'a vu venir, on a annoncé son avènement, et... il est advenu. Absolue platitude du scénario : on annonce le rien, le rien se produit. Et puis, on réveille Joe, tout en douceur, on reprend les jets privés, on s'en va poursuivre le cours de sa vie.
     
    Glasgow, c'est le non-événement, soutenu par la non-narration. Rien ne se produit, on ne raconte donc rien, on constate le banal. Restent les cordes, pour se pendre. Ou le sudoku, pour passer le temps dans le jet retour.
     
    L'extase de ce néant, la RTS nous l'a offerte, toutes les heures. Toutes les ouvertures, sauf pour le Trou.
     
    Glasgow, c'est l'inexistence, juste interrompue par le vide. Celui, miraculeux, de Tolochenaz.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Grand Conseil : le vérificateur des machines

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    Sur le vif - Vendredi 12.11.21 - 17.28h
     
     
    La manière dont le Président du Grand Conseil vient, depuis un peu plus d'une heure, de traiter certains de ses collègues, élus du peuple comme lui, est inqualifiable. Elle ne correspond pas à nos habitudes suisses. Elle n'est pas dans les tonalités de notre politique.
     
    J'ai passé des années au Palais fédéral, comme correspondant, je suis la politique dans notre pays depuis quatre décennies, j'ai animé des milliers de débats politiques, dont une quantité dans les Pas perdus des Chambres fédérales ou de Parlements cantonaux, je n'ai jamais vu un Président de législatif arborer des airs aussi caporalesques, distribuant admonestations et avertissements à la cantonade, infantilisant ses collègues, robotisant sa lecture du règlement comme un glacial vérificateur des machines dans une usine. Cela n'est pas digne de notre démocratie suisse.
     
    Je n'aborderai pas ici le fond - savoir dans quel degré d'urgence il fallait traiter le débat sur la réforme du C.O. - mais la forme. Un groupe, le PLR, s'est senti profondément lésé par une procédure qui ne lui paraissait pas conforme. Des élus de ce groupe, éminents juristes, comme Cyril Aellen ou Murat Julian Alder, ont tenté de faire valoir leurs arguments. On leur a coupé le sifflet. On leur a éteint le micro. On les a rabroués. On les a "avertis". C'est juste si le Sautier n'a pas été chargé de les coiffer d'un bonnet d'âne.
     
    Le Président, dans toute cette affaire, a fait preuve d'un autoritarisme qui ne ressemble pas à nos coutumes parlementaires. A-t-il agi pour l'intérêt général, ou pour celui de son parti ? Je n'ai pas la réponse à cette question. Mais son comportement n'a pas été digne de sa fonction. C'est tout.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Daniel Favre : homme de radio, frère d'armes

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    Sur le vif - Mardi 09.11.21 - 11.03h
     
     
    Il y a des flashes de 11h plus tristes que d’autres. La RSR nous apprend le décès, à 82 ans, de mon confrère Daniel Favre, qui fut une grande figure de l’information radiophonique en Suisse romande. Et auquel me lient tant de souvenirs de reportages communs, d’un bout à l’autre de cette Suisse qu’il aimait tant, et qu’il connaissait à fond, canton par canton, district par district.
     
    Daniel a été mon chef de rubrique lors de mes années au Palais fédéral, comme correspondant parlementaire, il y a trente ans. Je lui ai succédé à la tête de la rubrique Nationale en 1994, alors que mon confrère Béat Grossenbacher reprenait la Régionale. Mais surtout, Daniel n’a jamais autant donné la mesure de son instinct radiophonique que dans les innombrables directs, sur le terrain, aux quatre bouts de la Suisse. C’est là que j’ai partagé avec lui une fraternité d’armes. Avec Daniel, comme avec Frank Musy, qui a tant marqué mes premières années radiophoniques, on n’était jamais aussi heureux que lorsqu’on montait des coups, avec la complicité d’un technicien, ce personnage tellement important dans la vie d’un journaliste radio. Une idée, un coup de sang, un appel au technicien, un Stempel du chef de jour, une voiture, une valise-satellite, et hop, à l’autre bout de la Suisse ! Quelque part dans un champ. Là où vibre la vraie vie.
     
    Daniel Favre était un homme de radio. Un vrai. Avec lui, j’ai sillonné la Suisse centrale pour le 700ème, en 1991, mené une quantité impressionnante d’interviews politiques, à Berne ou dans les Cantons, couvert en direct les élections des conseillers fédéraux, fréquenté Jean-Pascal Delamuraz. Il représente une part inaltérable de mon chemin radiophonique.
     
    Aujourd’hui, la radio est en deuil. À ses proches, sa famille, j’adresse amitié et sympathie. Daniel Favre restera dans ma mémoire. Il était un artisan du micro. Un instinctif. Il parlait peu. Il savait faire, tout simplement.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • La langue italienne, les portes de l'univers

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    Sur le vif - Lundi 08.11.21 - 15.14h
     
     
    La langue italienne doit à tout prix être valorisée en Suisse. D'abord, parce qu'elle est d'une rare beauté : la plus sonore, à mes oreilles, après l'allemand des Lieder. Mais aussi, tout simplement, parce qu'elle est l'une de nos langues nationales. Au même titre que le français, l'allemand, le romanche.
     
    L'italien, en Suisse, n'est pas - n'a pas à être - une langue étrangère. En Suisse, on parle italien ! Au même titre qu'en Suisse, on parle français, allemand, romanche. La littérature de langue italienne, la musique italienne, les opéras italiens, le cinéma italien, la poésie italienne (celle d'un Pasolini, par exemple), c'est une part de notre patrimoine ! Une part inaltérable, sublime, que nous avons en commun avec ce magnifique voisin du Sud, ce pays de tous les rêves, de toutes les histoires. L'Italie, au fond, comme l'Allemagne, c'est un peu nous.
     
    Nous, Suisses, cheminons vers la langue italienne ! Elle n'est pas simple. Elle est exigeante, rigoureuse, tonique, fière d'elle-même, orgueilleuse de ses formes verbales, de ses exceptions. Opulente de sa richesse dialectale. La langue italienne est patrimoine d'humanité. L'avoir comme l'une de nos langues nationales, par le Tessin et les vallées italophones des Grisons, est un honneur. Un fleuron de notre diversité suisse. Un blason de notre complexité, avec ses saveurs qui nous ouvrent les portes de l'univers.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • 130 ans après, que reste-t-il du PDC ?

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    *** Dissertation sur la puissance lunaire d'un déclin - Lundi 08.11.21 - 09.15h ***
     
     
    Le grand parti qui a fait la Suisse moderne, c'est le parti radical. Il a eu tous les pouvoirs, sept conseillers fédéraux sur sept, les 43 premières années de la Suisse fédérale, de 1848 à 1891. Puis, est arrivé le premier catholique-conservateur, le Lucernois Joseph Zemp, venu d'un Canton vaincu du Sonderbund, et le début de la participation au pouvoir de l'Autre Suisse, qui avait rongé son frein pendant plus de quatre décennies.
     
    On ne disait pas encore PDC à l'époque (le nom n'apparaîtra, au niveau fédéral, qu'en 1970), mais c'était bien cette Autre Suisse, oui, celle du Valais, de Fribourg, celle d'Uri, de Schwytz, d'Unterwald, de Zoug, de Lucerne. Avec déjà, dans cette période d'opposition, prodigieusement formatrice dans la formation des idées, une incroyable diversité entre catholiques-conservateurs et chrétiens-sociaux, les Noirs et les Jaunes, les partisans de Pie IX et ceux de Léon XIII, ceux des villes et ceux des champs, ceux des plaines et ceux des monts. Mais une chose est sûre : proches de la terre, partisans (avant l'heure !) du Patrimoine et le l'environnement, défenseurs de la famille, opposés à la voracité glaciale du capitalisme zurichois, ces Suisses-là étaient de rudes patriotes. Il était temps, en 1891, qu'ils accèdent aux affaires.
     
    130 ans après, que reste-t-il du PDC ? Un nouveau nom, le Centre, qui rappelle évidemment le Zentrum bismarckien. Une conseillère fédérale, Mme Amherd, un grand nombre d'élus dans tous les Cantons, un groupe aux Chambres fédérales, des personnalités fortes, comme Christophe Darbellay, bref une implantation encore bien enracinée dans le pays profond. Pourtant, sur ses terres historiques, le PDC (je continue à l'appeler ainsi) perd des plumes. En Valais, la décroissance a commencé il y a longtemps. A Fribourg, la journée d'hier ne fut pas bonne. Et puis, à Genève, Canton où cette famille joue un rôle depuis longtemps, d'autres formations, comme les Verts libéraux, lui disputeront âprement l'occupation du centre politique, aux élections du printemps 2023.
     
    Bref, le PDC a besoin d'un nouveau souffle. Il a longtemps compté sur de flamboyantes personnes, Doris Leuthard ou Christophe Darbellay, ne parlons pas de l'immense Kurt Furgler, pour compenser les ferments de dispersion internes à ce parti polymorphe, très décentralisé, héritier à la fois de Léon XIII, avec son Encyclique Rerum Novarum (1891), et du puissant conservatisme de la Vieille Suisse, aujourd'hui capté en grande partie par l'UDC.
     
    Le PDC, le Centre si vous préférez, n'est pas mort, et de loin. Mais il doit se réinventer sur des idées qui lui sont propres, et non sur la molle moyenne entre la gauche et la droite. La famille en était une, mais ce thème, désolé (je l'affirme depuis toujours), n'a jamais été suffisant. La politique, c'est l'Etat, c'est une vision pour la Nation. Cela ne peut se réduire à de sympathiques allocations sur la naissance et autres événements de la vie quotidienne. Le PDC a besoin de voir loin, beaucoup plus loin, comme les radicaux de 1848 ont su voir la Suisse à forger, et en plus ils l'ont faite !
     
    Le PDC ne convaincra guère plus de monde en piquant aux Verts leur ineffable terminologie, "urgence climatique", "transition écologique", etc. Cela donne l'impression, dévastatrice, d'un parti sans idées propres, et qui se nourrit de celles des autres. Le PDC ne doit pas être le parti des plagiaires. Car le plagiat est une honte, non morale, mais intellectuelle, spirituelle. Une honte, dans l'ordre de ce que doit être un humain : debout, apte au combat, inventeur de ses mots, forgeron de son verbe, prêt à écrire sa propre Histoire, non celle des autres.
     
    La Suisse a besoin du PDC. Ou du Centre, comme vous voudrez. Le nom, on s'en fout. Elle a besoin d'une force de vie, entre la gauche et l'insupportable néo-libéralisme, qui se rit des frontières et méprise les peuples. Les radicaux de 1848, déjà, avaient génialement occupé cette position, mais très vite ils se laissaient déborder par les charmes de la grande finance zurichoise. Il est vrai qu'elle était nourricière, inventive, porteuse de projets pour le pays. Le percement du Gothard, ça n'est pas rien !
     
    La réinvention du PDC passe par des idées propres à ce courant. Qui ne suintent pas l'emprunt, ni l'opportunisme, ni la versatilité. Vaste programme ! Pour cela, il faudra faire de la politique avec le peuple, et pas seulement à l'échelle des parlements, de la cuisine politicarde, des conclaves et conciliabules des appareils. S'il sort de cette machine infernale, s'il se trouve la force de nous inventer un projet révolutionnaire, le PDC a encore un avenir devant lui.
     
    Révolutionnaire ? Le mot n'est pas trop fort. Rerum Novarum, le texte fondateur de Léon XIII en 1891, était révolutionnaire. Entre le marxisme d'un côté, et de l'autre le libéralisme qui faisait travailler les enfants dans les mines, il proposait une Troisième Voie. 130 ans plus tard, cette voie d'humanité et de petites lumières demeure, plus que jamais, à inventer.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Bobos, vous nous les brisez !

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    Sur le vif - Mardi 02.11.21 - 14.53h
     
     
    Arrêtez avec vos histoires de genre, de sexe, de couleur de peau ! On n'en peut plus ! En focalisant tout sur ces questions "sociétales", vous faites le jeu du vrai pouvoir en place, qui est économique et financier. Lisez Marx. Et, si c'est trop pour vous, lisez au moins Thucydide.
     
    Vous faites le jeu du pouvoir. Vous envahissez l'espace public avec des problèmes qui ne sont absolument pas ceux de l'écrasante majorité des gens. Les vrais problèmes : pouvoir d'achat, retraites, primes maladie, loyers, prix de l'essence, prix des combustibles de chauffage, prix des médicaments, soins dentaires, solitude des aînés, chômage des jeunes, apprentissage, qualité de la formation, désarroi de nos paysans, fiscalité sur le travail écrasante. Sans compter le tabou numéro 1, dans les conversations des douillets bobos urbains : l'immigration.
     
    Vous, vous nous parlez sexe. Théories du genre. Migrations d'un genre à l'autre. Ou alors, couleur de peau. Nous ne nions pas ces problèmes, et respectons tout humain ayant à en souffrir. Mais nous disons simplement que vous nous gavez, vous et les médias complices de votre invasion des consciences, à nous raconter toute la journée des histoires qui ne sont absolument pas celles du plus grand nombre.
     
    Dans ces conditions, ne vous étonnez pas que le grand nombre, lui, décide de migrer vers des bannières politiques qui vous donnent des frissons. Et auxquelles votre seule réponse est d'évoquer misérablement les années trente. Des années, au demeurant, auxquelles vous ne connaissez rien. Vous ne les avez pas étudiées ! Vous n'émettez que des jugements moraux, péremptoires.
     
    Avec votre mise en avant hystérique de questions "sociétales", vous creusez votre propre perte. Le grand public n'est pas dupe. Surtout celui qui souffre dans ses fins de mois. Vous pourrez, tant que vous voudrez, lui balancer des théories du genre, il voudra du pouvoir d'achat. Des impôts moins écrasants. Une préférence nationale. Une régulation drastique de l'immigration. Le grand public, plus vous le gavez avec vos slogans, plus il se raidira.
     
    Ces mots vous heurtent ? Eh bien, heurtez-vous ! Choquez-vous ! Etranglez-vous d'indignation ! Drapez-vous de morale ! Et laissez-nous traiter les vraies questions, qui touchent concrètement le vrai peuple. Celui qui se lève, le matin, pour aller bosser. Et qui, avec angoisse, attend la fin du mois.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Frontaliers : un chiffre effrayant

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    Sur le vif - Mardi 02.11.21 - 09.51h
     
    À Genève, nous dit la TG, le nombre de frontaliers a triplé en vingt ans.
     
    Ce chiffre est tout simplement effrayant.
     
    Nous avons voté, le 9 février 2014, sur l’immigration de masse. Le principe de contingents a été accepté. Les flux transfrontaliers n’étaient pas extérieurs à l’objet du scrutin. Genève est un Canton suisse.
     
    Le principe de préférence cantonale, lancé dès 2005 par un parti que tous conspuaient, mais qui voyait juste, est aujourd’hui acquis dans la majorité des consciences.
     
    Manifestement, il ne l’est pas chez un certain patronat. Des Genevois sont au chômage, ne parlons pas de l’aide sociale, alors qu’ils pourraient travailler. On préfère engager à l’extérieur : sous-enchère, logique de pur profit.
     
    Et puis ? Et puis, le trafic routier ! Inondé de mouvements pendulaires. Nuisances. Bouchons. On nous peinturlure de nuit des pistes cyclables. On bricole. On rafistole.
     
    Tant qu’il y aura un seul résident de Genève au chômage, le chiffre de la TG demeurera un scandale. Et même ! La croissance démesurée, ne visant qu’au seul profit, sans souci de cohésion sociale des habitants, n’est que culte du Veau d’or.
     
    L’ultra-libéralisme des trente dernières années, le mépris des frontières, des identités nationales, de la puissante nécessité de cohésion sociale, tout cela nous mène à notre perte.
     
    Croissance, oui. Mais qualitative. Mesurée. Intelligente. Respect des équilibres, de l’environnement, du paysage.
     
    Les flux migratoires doivent être diminués. Il en va de la survie de notre corps social, en Suisse.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • OCAS : M. Apothéloz, tenez bon, soyez ferme !

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    Sur le vif - Lundi 01.11.21 - 15.40h
     
     
    Décision hallucinante de l'OCAS : Monsieur Apothéloz, vous devez montrer que vous êtes un homme d'Etat. Que nous sommes en République. Que c'est l'autorité politique qui décide, et non la machine administrative. Que vous, homme de gauche, êtes avec le peuple, avec les plus démunis, avec les retraités qui souffrent, quitte à vous mettre en pétard avec l'éternité tranquille de l'administration.
     
    La décision, purement administrative, et dont il faudra dégager la part d'arbitraire, de retarder les dates de versement des rentes AVS/AI dans le Canton de Genève, est inqualifiable. La manière dont elle a été communiquée, indigne. On s'adresse à qui ? A nos aînés ! Des gens qui ont bossé toute leur vie, ont déjà (pour beaucoup d'entre eux) des retraites malingres. D'un ton sec, on leur annonce que le versement, tant attendu par d'innombrables personnes, sera retardé de plusieurs jours.
     
    L'affaire est grave. Où sont les instances de contrôle ? Où est l'autorité politique ? Où est la primauté des citoyennes et citoyens sur les fonctionnaires ? Comment la Machine, d'elle même, plus infernale que dans la pièce de Cocteau, peut-elle prendre de telles décisions, sans contrôle de l'autorité supérieure ?
     
    M. Apothéloz, je vous ai toujours admiré, du temps de Vernier. Vous étiez justement la vraie gauche, militante, sociale, populaire, proche des gens. L'antithèse des bobos, qui ne pensent plus qu'aux questions de genre, et de couleur de la peau. Cette fibre au service des plus faibles, prouvez au Canton que vous l'avez encore !
     
    Homme de droite, j'ai toujours respecté la gauche, quand elle se bat pour les plus faibles. Vous avez devant vous une occasion inespérée d'incarner l'Etat. Ne craignez pas de vous faire des ennemis dans la Machine. La vie est faite d'ennemis, de combats, de guerres, de cicatrices. La vie, c'est la guerre. Et la guerre, c'est la vie.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • 31 octobre 1517 : 95 thèses, une Révolution

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    Sur le vif - Dimanche 31.10.21 - 10.35h
     
     
    Il y a 504 ans, le 31 octobre 1517, Martin Luther placardait ses 95 thèses sur l'église de Wittenberg. C'est l'un des plus grands moments de l'Histoire allemande. Et c'est un tournant dans l'Histoire de l'Europe. Rien que sur la Réforme, à l'école où j'étais, j'ai eu droit, adolescent, à un cours d'Histoire de six mois. Et c'était absolument passionnant. Bien sûr, j'ai repris tout cela en profondeur, plus tard.
     
    Seulement voilà. Pour comprendre, à quinze ans, les grands enjeux de la Réforme, il faut avoir appris, en amont, dès l'école primaire, l'Histoire du christianisme, à la fois sous l'angle des enjeux théologiques (par rapport aux cultes sacrificiels de l'Antiquité), et bien sûr aussi sous l'aspect de son développement politique, des origines jusqu'à cette date de 1517. Qui est Luther ? Quelle est sa formation spirituelle et intellectuelle ? Dans l’Église de son temps, que condamne-t-il, à juste titre ? Quel est son rapport à la langue allemande ? En quoi s'apprête-il, cinq ans plus tard, à la révolutionner (traduction de la Bible en allemand, 1522) ?
     
    Ces choses-là, les profs d'Histoire, à l'école obligatoire (après, c'est trop tard !), doivent impérativement les enseigner. Il faut revenir à un enseignement de l'Histoire par le savoir, non stupidement cumulatif bien sûr, mais partie prenante d'une chaîne de causes et de conséquences, ainsi que parvenait à les établir le plus grand des historiens, le Grec Thucydide, dans sa Guerre du Péloponnèse, il y a 25 siècles.
     
    Le 31 octobre 1517, Luther déclare la guerre à Rome. Et il a raison. Il le fait au nom des abus de l’Église de son temps, mais là n'est pas le plus important. Il le fait au nom de deux puissances, cosmiques, inébranlables : celle du verbe et celle de l'esprit.
     
    Je vous encourage tous à aller visiter les Länder de l'ex-DDR, sublime Allemagne, demeurée simple, sévère, avide de musique et de vie de l'esprit. Si la Prusse vous fait un peu peur, commencez par les deux régions où a sévi Luther : la Saxe-Anhalt et la merveilleuse Thuringe. Vous serez là dans le coeur palpitant de l'âme allemande.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • "Indispensables à la démocratie". Et puis quoi, encore ?

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    Sur le vif - Vendredi 29.10.21 - 00.51h
     
     
    « Les médias sont indispensables à la démocratie ». Je suis totalement opposé à cette affirmation.
     
    La démocratie, je suis pour. Vivante, totale directe. Avec le peuple qui a vraiment le pouvoir, et pas seulement celui de déléguer les décisions à une caste intermédiaire.
     
    Cette démocratie totale, non seulement les médias ne sont pas nécessaires à sa mise en œuvre, mais quantité d’entre eux font tout pour l’empêcher. Ils n’aiment pas le peuple. Ils veulent l’éduquer. Ils encensent les élites. Ça n’est pas exactement le modèle de démocratie auquel j’aspire.
     
    Pour qui se prennent-ils, de se proclamer « indispensables à la démocratie » ?
     
     
    Pascal Décaillet

     
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