Sur le vif

  • Le désir d'Etat, les forces de l'esprit

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    Sur le vif - Jeudi 19.05.22 - 16.19h
     
     
    Le parti radical a fait la Suisse, on le sait. La Suisse moderne, celle de 1848. Mais il a aussi fait le Canton de Vaud, et une bonne partie de l'Histoire du Canton de Genève. Moins dévorante que dans les deux premiers exemples, plus partagée avec d'autres courants de pensée, mais bien réelle, tout de même.
     
    Pourquoi j'admire les radicaux, depuis toujours ? Parce qu'ils sont un parti d'Etat. Et depuis l'enfance, j'aime l'Etat. Oh quand je dis "l'Etat", il ne faut surtout pas imaginer des armées de fonctionnaires, justement pas ! Ni une pieuvre à tentacules. Mais l'espace dans lequel peut s'organiser la mise en oeuvre d'un projet commun. Pour cela, nul besoin de sommes faramineuses. Mais du talent, de l'esprit de sacrifice, un ancrage dans l'Histoire et dans la mémoire partagée, un goût de la réforme, de l'efficacité.
     
    Sur le plateau de Genève à chaud, il y a longtemps, Pascal Couchepin avait énoncé comme principe : "Un Etat solide, ni plus ni moins". C'est court, et c'est juste. Jean-Pascal Delamuraz, que j'ai eu l'honneur de fréquenter dans mes années bernoises, aimait l'Etat. Mais il aimait aussi les gens, le vin, les assemblées sonores et joyeuses, le vent levé sur le Haut-Lac. Il était un aventurier de la vie.
     
    Bien sûr, il y a d'autres partis d'Etat, comme les socialistes. Je respecte, mais ils sont beaucoup trop gourmands en termes de ponctions fiscales sur les classes moyennes. Et pas assez exigeants sur l'efficacité de la fonction publique. Contrairement à eux, je dis : on doit faire mieux, avec moins.
     
    Tous les partis ont des qualités, mais celles des radicaux, depuis toujours, me parlent. Ils n'ont peut-être pas la richesse d'individus, le libre-arbitre intellectuel, de certains libéraux. Mais ils ont le sens du collectif. Ils sont de ceux dont on fait les armées.
     
    Alors, oui. Je suis content. De ce qui se passe dans le Canton de Vaud. Frédéric Borloz, un vrai radical populaire, qui me rappelle un peu Delamuraz, prend en mains la Formation. Et je me dis que cela, un jour, doit redevenir possible de ce côté-ci de la Versoix, après l'éternité des socialistes.
     
    Oui, je sais, on dit "PLR". Mais moi, je dis "radicaux", quand je sens passer le vent de l'Etat. Et je dis "libéraux", quand les floraisons individuelles d'un esprit - ou d'une conscience - me charment.
     
    Freisinn, le mot qui résume tout. Le mot qui rassemble. Le mot qui convoque le désir d'Etat, les forces de l'esprit, et accessoirement la puissance de feu de la langue allemande.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Volodymyr, l'archange du traveling

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    Sur le vif - Mercredi 18.05.22 - 13.28h
     
     
    Là où il y a champagne, il y a Volodymyr. En duplex, sur écran géant. Le must, dans les cocktails de nos braves pays d'Europe occidentale : accueillir le Président ukrainien en zoom, entre frissons champagnisés et extase de l'esturgeon. Public, aux anges. Décolletés, parés pour le ravissement. Smokings, prêts pour la métamorphose ailée de la chenille.
     
    Dernier exemple en date : Cannes. Le Zébulon de Kiev, c'est connu, est un expert mondial du Septième Art. Depuis des décennies, nous dévorons tous ses puissantes analyses dans les Cahiers du Cinéma. Volodymyr, l'archange du travelling. Sa présence, en ouverture d'un Festival de cette envergure, éclate de pertinence, comme une bulle de Dom Pérignon, sur le Finistère du cristal.
     
    Vous bossez dans l'événementiel ? La voie du salut : un duplex avec Volodymyr. Réservez déjà pour la fin de l'automne : soirées de boîte, juste avant Noël, mariages de vedettes à Hollywood, Prix des Droits de l'homme dans les Mairies de gauche, Vêpres caritatives dans les hôtels de luxe, présentations des modes d'été chez les grands couturiers. L'apparition de Volodymyr relèguera Lourdes et Fatima au statut d'épiphénomènes.
     
    C'est comme si Vercingétorix, en pleine Guerre des Gaules, avait multiplié les apparitions dans les villas de la plus haute société romaine. Même César en eût été soufflé. Et en fût resté sans Commentaires.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Gauche morale : "L'Autre, toujours l'Autre !"

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    Sur le vif - Lundi 16.05.22 - 10.15h
     
     
    Plus de sept Suisses sur dix plébiscitent Frontex, et la gauche immigrationniste, mauvaise perdante comme jamais, se permet de qualifier de "honte" cette majorité sans appel. Il ne faut pas laisser passer ce mot. Il ne faut rien laisser passer, d'ailleurs, désormais.
     
    Plus de sept Suisses sur dix ! Le signal est d'une clarté cristalline : protection draconienne des frontières du continent européen. Notre démocratie a fonctionné. Le débat s'est déroulé. Tous ont pu s'exprimer, et la gauche ne s'est pas gênée. Hier, elle a perdu. Et la défaite est très large. Elle doit en prendre acte. Et respecter nos institutions : le peuple en est une, il est même le souverain !
     
    Et puis, ce mot, "la honte", mantra de la gauche morale, de même que "la haine". Pour ma part, je ne les utilise jamais. Ils relèvent de la morale, ou de la psychologie des sentiments, en aucun de l'analyse politique. Cette dernière exige de prendre en compte l'état des fronts, la nature du terrain, la puissance des forces en présence, les liens de cohésion spirituelle des différents camps, autour d'une culture, d'une mémoire commune : Gemeinschaft.
     
    Cette gauche immigrationniste et moralisante, qui se permet d'insulter 71,5% du corps électoral souverain, ne vit que pour la sublimation de l'altérité : l'Autre, toujours l'Autre ! Nous disons, de notre côté : "D'abord, les Nôtres !". Entre ces deux visions, il faut choisir. Mon choix est fait, depuis longtemps. Et le vôtre ?
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Pénibles, broussailleux, les chemins de l'Histoire

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    Sur le vif - Dimanche 15.05.22 - 15.15h
     
     
    Rien de plus passionnant que l'Histoire de la Finlande. Mais quelle complexité ! Rien que la Seconde Guerre mondiale : ce pays a dû en découdre contre les Russes, qui l'ont amputé de la Carélie, puis contre les Allemands. Un peuple d'un courage exceptionnel, qui a livré bataille dans les neiges et sur des lacs glacés.
     
    Je n'ai passé qu'une journée de ma vie en Finlande, retour du Cap Nord, entre Norvège et Suède, en Laponie, au cours d'un inoubliable voyage familial dans toute la Scandinavie, en été 1968. C'est dire si je me réjouis d'y retourner, avec famille et amis, en principe l'an prochain, pour un vrai séjour dans la durée, cette fois.
     
    Oui, l'Histoire de la Finlande est complexe. Oui, il existe là-bas une peur des Russes, non sans raison. Oui, on peut comprendre que les Finnois envisagent le parapluie protecteur de l'Otan.
     
    Mais le chemin de compréhension historique exige de se mettre dans la tête de tous. Celle des Finlandais, celle des Russes. Les Russes d'aujourd'hui ! Depuis trente ans, leur pays voit se rapprocher, sous couvert "d'Otan", les armées américaines. L'avance est inexorable. Sur la partie orientale de l'Allemagne, cette ex-DDR qui m'est chère à tant d'égards et où je retourne constamment. Sur la Pologne. Sur la Hongrie. Sur les Pays Baltes.
     
    Et maintenant, la Finlande ! Si ce pays adhère, il y aura des troupes "de l'Otan" le long de toute la frontière avec la Carélie devenue russe en 40, donc avec le territoire national de la Russie. C'est un casus belli, au même titre que l'affaire ukrainienne.
     
    Oui, il faut comprendre les Finlandais. Mais il faut aussi s'intéresser à la permanence historique de la question nationale en Russie, non depuis 1917, mais depuis Pierre le Grand, et même bien avant. L'une des constantes : jamais de frontière directe avec une grande puissance hégémonique. Il ne vous a peut-être pas échappé que les Etats-Unis d'Amérique en sont une.
     
    Entrer dans l'Histoire, c'est embrasser toutes les visions. Celles des grands. Celles des petits. Celles des vaincus. Celles des vainqueurs. Celles des Finlandais. Celles des Russes.
     
    Cette perspective n'est pas affaire de morale. Mais d'observation patiente, de lectures, d'accès à des témoignages. Ainsi, les chemins qui mènent à la compréhension historique. Pénibles, broussailleux. Mais il n'en est pas d'autres.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Tournicoti, tournicotons !

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    Sur le vif - Dimanche 15.05.22 - 09.42h
     
     
    Ne vous fatiguez pas, c'est plié. Après l'Eurovision, nul doute que nous aurons une Palme d'or ukrainienne à Cannes. Une victoire ukrainienne au Tour de France (sur vélo à uranium enrichi, de conception américaine). Un triomphe ukrainien à l'Ours d'or de Berlin et à la Biennale de Venise. Et bien sûr, cet automne, un Nobel ukrainien de la Paix, attribué au Zébulon de Kiev. Tournicoti, tournicotons !
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Projeter son cerveau dans le temps historique

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    Sur le vif - Vendredi 13.05.22 - 09.52h
     
     
    Bien sûr, la guerre est en Ukraine, alors tout le monde se focalise sur les événements d’Ukraine. Jusqu’à nous raconter, dans les flashes radio, chaque micro-évènement qui vient de se dérouler dans la dernière heure, ce qui prouve d’ailleurs les effrayantes limites cognitives du terrorisme du factuel sur les consciences. Je n’ai jamais cru, une seule seconde, que le journalisme devait se limiter à donner sagement des « faits », sans les mettre constamment en perspective.
     
    Donc oui, il y a une guerre en Ukraine, cela nous l’avons compris. Mais cette guerre s’inscrit dans un ensemble. Depuis trente ans, et surtout les catastrophiques années Eltsine, la Russie est humiliée, dans ses sphères traditionnelles d’influence, par l’avancée inexorable de « l’Otan », entendez les Américains. Le plan, établi au moment de la chute du Mur, est de très longue haleine, rappelant en cela l’infinie patience de Rome, lorsqu’elle convoitait de vaincre un jour Carthage, ou les Cités grecques.
     
    Oui, il y a une guerre en Ukraine. Mais attention au rideau de fumée. Le théâtre d’opérations de la guerre globale, ce sont aussi les volontés déclarées de la Finlande, de la Suède, et du Kosovo d’adhérer à l’Otan. Dans le troisième cas, c’est un nouvel embrasement général des Balkans qui est rendu possible. Voilà les conséquences de l’impérialisme américain en Europe.
     
    Bien sûr, la guerre est en Ukraine. Mais dans l’analyse stratégique, il faut projeter son cerveau dans le temps historique et dans la volonté d’hégémonie des puissants. Bref, aller voir un peu plus loin que le bout de son nez. Et du corset factuel des flashes SSR.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • L'Ukraine, Thucydide, la propagande, le réel

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    Sur le vif - Jeudi 12.05.22 - 13.17h
     
     
    Et voilà que les gentils Allemands forment les gentils Ukrainiens sur les gentils Panzers qu'ils viennent de leur livrer. Dans la redoutable Ecole d'Artillerie de Idar-Oberstein, en Rhénanie-Palatinat.
     
    C'est ce genre de nouvelles qu'il faut prendre en considération, avec les lunettes de l'Histoire, la connaissance de l'évolution du réarmement allemand depuis trente ans, l'équation Allemagne-Ukraine entre 41 et 44.
     
    Seulement voilà. Aujourd'hui, même les décrypteurs des conflits, dans les médias, se contentent de prendre acte de ce qu'ils ont à voir, juste au bout de leur nez. Dans leur jugement, nulle diachronie. Nul recours au temps long. Nul enchaînement de causes et d'effets. On se contente de prendre acte de la toute dernière agression (bien réelle, nous n'en disconvenons aucunement) en date. Un agresseur, un agressé. Le Bien, le Mal. Et vogue la galère !
     
    Il se peut que nous n'ayez pas envie de vous pencher sur le front ukrainien, dans les années 41-44. Vous avez tort, mais libre à vous. Mais alors, s'il vous plaît, sur la méthode, la nécessité d'établir les chaînes de causes réelles, lisez absolument la Guerre du Péloponnèse. L'auteur n'est ni russe, ni ukrainien, mais grec. Il a torché ce bouquin il y a 25 siècles. Il s'appelle Thucydide.
     
    Si vous ne lisez pas le grec, je vous recommande la traduction de Denis Roussel, précédée de la lumineuse introduction de Jacqueline de Romilly, dans la Pléiade. C'est un livre austère, difficile à lire et même passablement rasoir. Mais la méthode vous saisira, vous emportera par son éblouissante modernité : exposer les motifs apparents, donnés par les puissants, et démonter le mécanisme en allant chercher les causes réelles. Économiques, le plus souvent. Il y a 25 siècles !
     
    Un autre, avec génie aussi, avait appliqué la méthode, 23 siècles plus tard, dans son analyse de l'Histoire et des mouvements sociaux. C'était un Rhénan, né à Trèves en 1818. Il s'appelait Karl Marx.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Les Maos, les trotskystes, l'Oncle Sam

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    Sur le vif - Mercredi 11.05.22 - 16.20h
     
     
    J'ai toujours été frappé par la proximité de nos soixante-huitards avec les Etats-Unis d'Amérique. Nombre d'entre eux, ayant pris ventre et double menton, sont allègrement passés du statut de libertaires à celui d'ultra-libéraux.
     
    Je dis bien "ultra" : je ne parle pas ici de la grande tradition libérale d'un Benjamin Constant ou d'un Olivier Reverdin (qui fut mon professeur de grec), mais de la petite clique de ceux qui, depuis la chute du Mur, nous pourrissent les nations, refusent toute autorité de l'Etat, tout arbitrage, au profit de la jouissance sans entraves du Capital mondialisé.
     
    Les Etats-Unis, on le sait depuis longtemps, ont soutenu et encouragé le mouvement de Mai. Parce qu'ils détestaient de Gaulle, ce géant d'austérité qui dénonçait leur impérialisme, fréquentait les non-alignés, défendait le droit de chaque peuple à prendre en mains son destin, avait eu à Phnom Penh (1er septembre 66) des mots irrévocables. Et puis, de Gaulle, depuis 44, avait un rapport privilégié avec la Russie (il ne disait jamais "URSS"), et les Américains n'en pouvaient plus d'enrager.
     
    Aujourd'hui, les soixante-huitards roulent pour les Américains, vomissent la Russie, soutiennent l'expansion de l'OTAN dans les pays les plus orientaux de l'Europe, adulent les gesticulations de l'homme de Kiev, préfèrent le marché mondialisé à la fierté de chaque communauté humaine regroupée dans une nation.
     
    Les Maos, les trotskystes du Quartier Latin, sont devenus les commis-voyageurs de l'Oncle Sam. A dix ans, partisan acharné de Charles de Gaulle, je les détestais déjà. 54 ans plus tard, je ne trouve pas de mot pour définir le noirceur de mon sentiment à leur égard.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Gens de gauche, ne boudez pas la Défense nationale !

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    Sur le vif - Mardi 10.05.22 - 16.43h
     
     
    "Désolé, M. Décaillet, j'aurais adoré venir demain à votre émission, mais je suis à l'armée". Réponse du nouveau Président des Jeunes UDC GE, dont je me réjouis de faire la connaissance à son retour.
     
    Les Jeunes UDC sont à l'armée. Le Jeunes PLR sont à l'armée. Les Jeunes PDC sont parfois à l'armée. Mais pourquoi diable les Jeunes Socialistes, les Jeunes Verts, les Jeunes Ensemble à Gauche, ne sont-ils JAMAIS à l'armée ?
     
    Il est catastrophique que seule la droite s'intéresse à l'armée. Alors que la Défense nationale doit être l'affaire de TOUS LES SUISSES. Et j'ajoute : DE TOUTES LES SUISSESSES. Sans distinction partisane. Sans différences de classes sociales, de niveau culturel. Toutes les citoyennes, tous les citoyens. Que tous ne fassent pas du service armé, mais qu'au moins chacun consacre un certain temps de sa jeunesse à la collectivité nationale. Il y a mille manières de servir son pays.
     
    J'ai moi-même accompli près de 500 jours d'armée, entre 1977 et le début des années 1990. J'ai appartenu, pendant toute l'année 1990, à la Commission Schoch, chargée de plancher sur une réforme de l'armée, après la votation du 26 novembre 1989. Trente séances décentralisées, dans toute la Suisse, sous la présidence d'un homme remarquable : le Conseiller aux Etats Otto Schoch, radical des Rhodes-Extérieures d'Appenzell. C'était passionnant. Chacun parlait sa langue, allemand, français, italien, sans traducteur : c'était la Suisse !
     
    J'invite les jeunes de gauche à s'intéresser aussi à la Défense nationale. En arrivant avec leur idées, leur esprit critique. Mais en participant, de l'intérieur ! La question, plus que jamais, est d'actualité, y compris dans ses composantes militaires les plus traditionnelles. Je pense que vous voyez pourquoi. Je ne vous fais pas un dessin.
     
    Mais de grâce, que l'armée ne soit pas l'apanage de la seule droite ! Elle doit être l'épée de la nation tout entière. Pas celle d'une caste.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Seule demeure l'emprise de chaque syllabe

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    Sur le vif - Mardi 10.05.22 - 10.14h
     
     
    Il y a 82 ans, l’attaque à l’Ouest, 10 mai 40. Le début de l’une des plus fulgurantes guerres de mouvement de l’Histoire.
     
    Il y a 41 ans, donc exactement au milieu du temps entre cette attaque et aujourd’hui, l’élection de François Mitterrand, 10 mai 81.
     
    Mitterrand, il me semble que c’était hier. Je souhaitais cette victoire, contre Giscard. J’ai vécu intensément la campagne.
     
    C’était hier. Et je n’en reviens pas que la même distance, seulement, sépare l’élection de Mitterrand de l’attaque sur les Ardennes et sur la Meuse.
     
    Le temps historique est relatif. Il est fonction de la mémoire, de l’affect, de l’implication passionnelle.
     
    Il existe, sur l’univers homérique, des études incroyablement documentées par les historiens et les archéologues, comme « Le Monde d’Ulysse » de Moses Finley, que j’ai lu en 76.
     
    Mais pour un lecteur du Monde d’Ulysse, ouvrage aride et scientifique, il y a des dizaines de milliers de lecteurs de l’Iliade. Parce que l’Iliade est l’une des plus grandes œuvres du monde. L’histoire d’un héros, Achille, dont le destin nous bouleverse. Et l’intensité musicale contenue dans chaque hexamètre - à lire en grec, à haute voix - nous transporte, nous élève, et enfin nous transforme.
     
    En Histoire, le temps est relatif. Dans les histoires, celles que raconte un poète de génie, il n’y a plus ni temps, ni vérité, ni fiction. Seule demeure l’emprise de chaque syllabe, chaque note de musique, qui vous saisit.
     
    Comme le Roi des Aulnes, Erlkönig, lorsqu’il s’empare de l’enfant, dans les bras de son père. Sur le cheval.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Un doigt de vermouth, et le Grand Soir !

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    Sur le vif - Dimanche 08.05.22 - 18.02h
     
     
    Hallucinant. Le Parti socialiste suisse exige l’expropriation des biens des « proches de Poutine » en Suisse. Rien que ça !
     
    Prendre l’argent qui appartient à ces gens, en quel honneur ? De quel droit ? En vertu de quelles normes légales ? Quelles dispositions du Code ? En fonction de quels crimes, quels délits ? « Être un proche de Poutine » ? Voilà un grief qui ravira nos profs de droit.
     
    Le Parti socialiste suisse, dont le co-président est un enragé idéologique de la pire espèce, a-t-il perdu toute boussole ? Sait-il encore ce qu’est un État de droit ? Se prend-il pour les Soviets des premières années, 1917-1924, couteau entre les dents ?
     
    À la vérité, le PSS s’enfonce dans la dérive idéologique de l’extrême. Les sections cantonales acceptent-elles cela ? Nier l’Etat de droit permet-il encore de participer à des gouvernements ? Au Conseil fédéral ? Où est passé le grand parti gouvernemental responsable, celui d’un Tschudi, d’un Willy Ritschard, d’un Chavanne ?
     
    Et personne, en Suisse, pour remettre à sa place cette présidence de toutes les folies ? Personne n’ose ? Eh bien moi, si. Et vous, qui me lisez ?
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Gehrard Pfister : Monsieur sanctions

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    Sur le vif - Dimanche 08.05.22 - 09.30h
     
     
    Les sanctions. Voilà désormais toute la politique du PDC suisse, ci-devant nommé désormais « Le Centre ». On croirait entendre les partisans les plus enragés de Clemenceau, exigeant le pire pour l’Allemagne vaincue en 1919. Ce qui fut hélas décidé, avec les conséquences qu’on sait.
     
    Les sanctions. Le Président du PDC n’a que ce mot à la bouche. Sanctions autonomes, sanctions cohérentes, sanctions, sanctions, sanctions. La neutralité ? On laisse tomber cette vieillerie.
     
    Le Président du PDC suisse n’a pas d’autres priorités pour le pays ? L’essentiel pour la Suisse : les sanctions contre la Russie. Ah, le tonifiant programme politique ! M. Pfister veut faire de la Suisse le 51ème État américain ? La prochaine fois, il pourrait faire son discours en anglais, ça en jette.
     
    On savait ce parti ductile et malléable. Apôtre de l’illisible. On le découvre en fusion. Le catéchisme de l’effusion. L’Évangile de la confusion.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Macron 2 : compteurs à zéro

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    Sur le vif - Samedi 07.05.22 - 12.04h
     
     
     
    La France, depuis quelques minutes, a un nouveau Président de la République. Je n’ironise pas. C’est un nouveau mandat qui commence, avec de nouveaux horizons. Pour ma part, ayant été très critique sur l’action du premier mandat, j’estime nécessaire de remettre les compteurs à zéro. Et de juger le nouveau Président en fonction de ses actes à partir d’aujourd’hui. Et d’aujourd’hui, seulement.
     
    Un indice, déjà : l’aspiration explicite à l’indépendance de la Nation, dans le discours d’investiture. Jamais ces mots-là n’auraient été ceux, imbibés d’européisme, d’il y a cinq ans. L’homme est intelligent. Il tire les leçons des 42% du 24 avril, sans compter les millions de voix de gauche eurosceptiques. Macron 2 fait un pas vers l’Europe des Nations. Une majorité de Français ne veut plus entendre parler de pouvoir supranational.
     
    Quant à la politique étrangère, si la France demeure en contact avec toutes les parties en conflit dans l’actuelle guerre en Ukraine, dont bien sûr la Russie, et si elle sait se garder de l’obédience atlantiste, alors cette grande Nation, celle de Valmy et des Soldats de l’An II, celle de l’Armée du Rhin, de Jules Ferry et de Charles de Gaulle, continuera de nous éclairer.
     
     
    Pascal Décaillet

     
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  • La Suisse doit remettre les Américains à leur place !

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    Sur le vif - Vendredi 06.05.22 - 18.04h
     
     
    Les Américains qui insultent la Suisse, ou même qui se croient autorisés à la mettre sous pression, doivent être placés sur liste rouge. Et immédiatement interdits de séjour sur le territoire de la Confédération.
     
    Il est totalement exclu que notre pays se laisse impressionner par quelque Américain que ce soit, notamment par des parlementaires. Exclu de revivre le cauchemar des fonds en déshérence, où la Suisse s'est laissée humilier par une clique d'avocats et de politiciens de la Côte-Est. Exclu de revivre l'affaire du secret bancaire.
     
    Si notre Conseil fédéral était doté d'un minimum de courage et de panache, il remettrait aussitôt à leur place ces donneurs de leçons. Quant aux politiciens suisses qui, de l'intérieur, se font les complices de ces ennemis de notre pays, ils doivent être sanctionnés, avec une sévérité sans appel.
     
    Nous sommes un tout petit pays, fragile. Nulle puissance au monde, et surtout pas la plus impérialiste, la plus arrogante, la plus belliqueuse, n'a la moindre leçon à nous donner. Nous décidons de notre destin, nous les Suisses. Pas les Yankees.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • La guerre américaine

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    Sur le vif - Vendredi 06.05.22 - 08.15h
     
     
    Les Américains sont en guerre, depuis le premier jour. C’est leur guerre. Eux qui l’ont voulue, cherchée, provoquée. Eux qui la planifient depuis des années. Le but : pouvoir, le jour venu, implanter leurs missiles en Ukraine, serrant ainsi au plus près une Russie dont ils se rapprochent inexorablement depuis trente ans. Un plan de longue haleine. Il exige patience et méthode.
     
    L’immense erreur de Poutine, c’est d’avoir attaqué l’Ukraine : par cet acte, il entre au millimètre dans le scénario américain. Ils ont désormais un agresseur, un chef de l’Empire du Mal. Un Saddam. Un Milosevic. La routine. Plan B, page 117.
     
    Les Américains livrent les armes. Encouragent l’Europe à en livrer. Ils télécommandent la destruction du Moskva, oubliant au passage que la mémoire d’un marin, sur des générations, ne s’éteint jamais. Ils maîtrisent la guerre de l’image, pour apparaître comme les Chevaliers du Bien. Après les armes, il y aura les conseillers militaires. Routine. Plan B. Page 263.
     
    Les Américains ont leurs pantins, à Kiev. Le plus gesticulant d’entre eux passe son temps, dans une singulière tenue de camouflage destinée au théâtre d’opérations des caméras, à rameuter l’opinion internationale, lui faire cracher des milliards. Il est l’homme de Washington, l’homme de Bruxelles, l’homme du monde. En football, il serait un international.
     
    Les Américains font la guerre, depuis le premier jour. Ne pas le voir, c’est refuser le réel.
     
     
    Pascal Décaillet

     
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  • Front populaire ? Rien à voir!

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    Sur le vif - Mercredi 04.05.22 - 18.15h
     
     
    Mélenchon n’est pas Léon Blum. Il n’a pas le dixième des qualités humaines, sociales, ni même d’ailleurs littéraires, du grand esprit autour duquel s’étaient rassemblées les énergies de l’immense aventure du Front populaire, au printemps 36.
     
    Blum avait fédéré des hommes libres. Des communistes. Des socialistes. Des radicaux. Il avait su les faire travailler ensemble. Il avait le contact avec tous, ne s’imposait que par sa compétence, et jusqu’à une certaine douceur, qui est l’intelligence des grands.
     
    Mélenchon ne fédère pas. Il se comporte en suzerain, face à des vassaux. Il ramène tout à lui. C’est un prétorien, un thermidorien, un impulsif du pouvoir, un surexcité de sa propre personne.
     
    La comparaison avec le Front populaire est nulle et non avenue. Désolé si je jette un froid, mais il fallait, une fois, que ce fût dit.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Egocentrique. Et dangereux

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    Sur le vif - Mardi 03.05.22 - 14.57h
     
     
    L'obsession Mélenchon, mai 2022, est aussi symptomatique que l'obsession Zemmour, automne 2021. Dans les deux cas, focalisation médiatique sur un seul personnage. Avec Zemmour, on oubliait les 11 autres candidats à la présidentielle. On oubliait surtout le patient travail de labour de sa rivale, dans le camp national. Avec Mélenchon, on oublie les 577 circonscriptions des législatives, avec leurs milliers de candidats. Eux, pourtant, sont les vrais héros de l'histoire.
     
    L'obsession Mélenchon contorsionne encore plus le réel que l'obsession Zemmour. Parce que là, dans la bataille des législatives, il ne saurait, constitutionnellement, être question d'une seule personne. Mais de l'ensemble de la représentation nationale, celle déjà de Mirabeau au Jeu de Paume (20 juin 1789), dans toute sa pluralité, sa complexité. Sa légitimité collective, surgie des profondeurs du pays : "Nous sommes ici par la volonté du peuple, et n'en sortirons que par la force des baïonnettes !".
     
    Attaquer les législatives en ne parlant que de soi-même (Elisez-moi Premier ministre) constitue un absolu scandale. La présidentielle, c'est une affaire personnelle. Les législatives sont un combat collectif.
     
    Mélenchon est un type dangereux. Et je pèse mes mots.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • L'égocentrique et les morts-vivants

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    Sur le vif - Mardi 03.05.22 - 06.03h
     
     
    Que Mélenchon fasse son micmac avec les morts-vivants du PS et des Verts, c’est une chose. Mais l’incroyable pub des médias français à ce tour de passe-passe !
     
    Le moindre déplacement de M. Faure, le parfait inconnu qui dirige les ultimes lambeaux du PS (1,8%), dans les locaux de la France insoumise, est guetté par des foisons de micros et de caméras.
     
    Les médias français se conduisent comme un auteur en quête de personnage. Comme dans une présidentielle. Alors que le combat législatif est d’essence foncièrement collective. En cela, ils jouent le jeu du monstre d’égocentrisme Mélenchon.
     
    Les législatives, ce sont 577 combats, dans les circonscriptions. Obnubilés par un seul acteur, les surexcités des TV privées parisiennes transforment cette pluralité nationale en roman-photo autour d’un personnage unique. Ils refont la présidentielle. Ils mettent en musique l’égo du Fouquier-Tinville des plateaux.
     
    Pendant ce temps, pas un mot sur Marine Le Pen. Pas un mot sur les treize millions de Français, 42% des votants du 24 avril, qui épousent ses options politiques. Cette distorsion du réel fait le jeu de l’égocentrique. Elle fait surtout celui de Macron, qui pourra placer ses godillots au Palais-Bourbon. Jamais les médias français n’ont a ce point ciré les bottes du pouvoir.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Le roué aux mille tours

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    Sur le vif - Lundi 02.05.22 - 15.33h
     
     
    Le 24 avril, plus de 13 millions de Français, 42% des votants, ont accordé leur confiance à la politique défendue par la rivale de Macron au second tour. La vraie opposition, pour cinq ans, c'est elle. La vraie opposition, c'est eux.
     
    Si Mélenchon avait été au second tour, contre Macron, il n'aurait jamais fait 42%. Jamais ! Les Français aiment bien avoir Robespierre et Saint-Just dans leurs livres d'Histoire, pas en 2022 à l'Elysée.
     
    Le type de scrutin, majoritaire à deux tours, favorise les alliances et la cuisine politique de la pire espèce. Ce diable de Mélenchon, rusé comme mille-et-un renards, profite de la situation pour diviser la droite ("Républicains, vous n'allez quand même pas vous allier, aux législatives, avec la Bête immonde"), et à l'inverse accrocher les lambeaux de la gauche à son panache prétendument rassembleur. C'est un tour de passe-passe, de la pire espèce. De la cuisine rappelant les heures les plus sombres des combinards de la Quatrième République.
     
    Procédé pendable. Dans lequel s'engouffrent, par haine des 42% du 24 avril, les médias parisiens, et autres TV privées de surexcités germanopratins. Ils encensent Mélenchon. Ils le trouvent génial. Hannibal passant les Alpes, c'est lui. Déjà, ils nous le prédisent à Matignon. Déjà, un nouveau Léon Blum, un nouveau printemps 36. Déjà, un gouvernement de Front populaire, que Macron n'aurait d'autre choix que d'accepter.
     
    Le système français est vermoulu. Et c'est l'instauration du quinquennat qui l'a tué, en faisant coïncider le temps législatif avec le temps présidentiel, comme je le souligne dans mon billet précédent. Immense erreur, contraire à la philosophie politique du fondateur de la Cinquième République, Charles de Gaulle.
     
    Puissent les électeurs français, malgré cet infâme micmac, remettre l'égocentrique Mélenchon à sa place. Celle d'un tribun remarquable. Celle d'un agitateur d'idées. Mais pour le sens de l'Etat, celui de ses intérêts supérieurs, le roué aux mille tours, odysséen jusqu'à l'ultime ficelle, ne sera jamais l'homme de la situation.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Le chef, c'est Macron. Pas Mélenchon

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    Sur le vif - Lundi 02.05.22 - 09.59h
     
     
    On peinera à trouver en moi en partisan de Macron. Mais le vainqueur de la présidentielle, c'est lui. L'élu légitime, pour cinq ans, c'est lui. Le pierre angulaire, jusqu'en 2027, c'est lui. Ainsi le veut la Cinquième République. Ainsi le décrit, avec un saisissant génie prémonitoire, le Discours de Bayeux, prononcé par Charles de Gaulle le 14 juin 1946, au début d'une longue traversée du désert de douze ans, pendant laquelle la France sera livrée à l'impuissance impersonnelle des partis.
     
    Idéologiquement, je ne suis pas pour Macron. Je soutiens, en grande partie, les idées de sa rivale du second tour : indépendance, souveraineté, refus de toute supranationalité, contrôle draconien de l'immigration, et surtout droits populaires, permettant au peuple d'influer directement sur le destin national.
     
    Je ne suis pas pour la politique de Macron, mais c'est lui qui a gagné le 24 avril. La pierre angulaire, c'est lui. Le choix du Premier ministre, en absolue liberté, c'est lui. La politique étrangère, c'est lui. La défense nationale, c'est lui. Ainsi le veut, depuis plus de mille ans, la vieille séparation française entre l'Etat et le gouvernement, le Roi et le Sénéchal, le Président et le Premier ministre.
     
    Dans ces conditions, il est totalement insupportable que le troisième homme du premier tour exige des Français qu'ils le "nomment Premier ministre". On ne refait pas la présidentielle, on ne refait pas un combat personnel, alors que ce dernier, celui de l'incarnation pour cinq ans, vient justement d'être tranché. Le procédé, en plus d'être d'un égocentrisme démesuré, est pitoyable de confusion, volontairement instillée, car l'homme est très intelligent.
     
    Mélenchon a le droit de rêver d'une Sixième République. Mais on ne change pas les règles en cours. Pour l'heure, la France est sous la Cinquième. Hélas, cette stupidité de quinquennat fait coïncider, depuis vingt ans, le temps législatif avec le temps présidentiel. De quoi accentuer la confusion. Mais le Président est le Président. Il incarne l'Etat, pour cinq ans. En aucun cas ses mains ne sont liées, pour le choix du Premier ministre.
     
    Mélenchon est un égocentrique de la toute dernière démesure. Au moment d'entamer le combat législatif, d'essence éminemment collective, il arrive encore à tout ramener à sa personne : "Elisez-moi Premier ministre !". Le jour venu, cet égo le perdra.
     
    Je ne suis pas pour Macron. Mais il a été élu pour cinq ans. C'est ainsi. Il faut respecter le scrutin. Puisse-t-il, garant des institutions, préserver la France de la folie de pouvoir du Premier tambour des exécutions.
     
     
    Pascal Décaillet

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